De Christian Petzold (Allemagne 2024)
Avec Paula Beer, Barbara Auer, Matthias Brandt, Enno Trebs
Quinzaine des cinéastes Cannes 2025
Film vu en avant-première Omnia Rouen samedi 28 juin 2025
Ce drame met en scène une jeune pianiste qui, après la mort accidentelle de son compagnon, trouve refuge dans une famille qu'elle ne connaît pas. Très vite, elle découvre de sombres secrets de famille et remet en question les motivations apparemment honorables qui lui sont présentées.
Laura part avec son ami et un autre couple ; arrivée à destination elle décide de "revenir" ; Il conduit. Accident …Au duo désaccordé de ce tout début, succèdera celui formé par Laura -la miraculeuse rescapée, ébranlée physiquement certes mais apparemment non affectée (traumatisée) par le décès de son "ami" - et par Betty, seule témoin de l’accident. (un regard de connivence avait d'emblée alerté le spectateur ...) Elle s'épanouit , en compagnie de sa "protégée", car on le comprendra assez vite, elle voit en elle la force messianique de la résurrection. Laura une figure de la substitution ! Puis ce sera le quatuor quand le père et le fils regagnent le "foyer" , qu’ils avaient déserté …Le récit avance avec ses combinatoires de duos solos et quatuors en une succession de "scènes" et comme le titre emprunté à Ravel le dit explicitement, il est ainsi traversé d'effets spéculaires, un "jeu" sur les "variations"
Laura est pianiste, elle étudie à l'Université des arts de Berlin, elle s'exerce régulièrement sur le piano de la fille ...disparue..., Elle jouera Chopin, interprétera la 3ème pièce musicale "une barque sur l'océan" des Miroirs de Ravel ...alors que parallèlement se répondent en "miroirs" les différentes destinées .
La récurrence de certains itinéraires (en voiture et/ou à vélo) -comme autant de cheminements intérieurs, de lignes de conduite -, délimite en fait un espace très circonscrit où s'impose la thématique de la "réparation" (en dénotation elle illustre la fonction du garage, en connotation elle concerne de plus profondes blessures )
Simple, épuré, minimaliste (le regard souvent se substitue à la parole) et force convaincante de certains acteurs (Paula Beer en Laura et Barbara Auer dans le rôle de la mère dévastée par la perte de sa fille) tel se donne à voir "Miroirs n°3"
Et pourtant...!! si certaines ambiances rappellent l'étrange étrangeté des toiles de Hopper, que dire de la citation de Tom Sawyer, personnage de M Twain- lors de la peinture de la clôture? de ces magouilles effectuées par les garagistes père et fils -suppression du suivi GPS des automobiles Mercedes? de cette intrusion saugrenue du burlesque?
Mais surtout on a la fâcheuse impression que le récit refusant le "suspense" (c'est un choix certes) n'avancera plus dès l'instant où l'on aura compris (trop vite) les enjeux (le deuil et en miroir la famille )
Impression mitigée donc!
On aurait tant aimé passer de "l'autre côté du miroir"
Colette Lallement-Duchoze
PS sur Arte à voir ou revoir "Le ciel rouge" (2023)
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