De Saeed Roustaee (Iran 2025)
avec Parinaz Izadyar (Mahnaz), Payman Maadi, (Hamid) Soha Niasti, (Mehri) Maziar Seyedi (Samkhanian) Fereshteh Sadr Orafaee(la mère) , Hassan Pourshirazi,(le grand père) Sinan Mohebi,(Aliyar) Arshida Dorostkar(Neda), Sahar Goldoost
Sélection officielle, Compétition, festival de Cannes 2025
Mahnaz, une infirmière veuve de 40 ans, élève seule ses enfants. Alors qu'elle s'apprête à épouser son petit ami Hamid, son fils Aliyar est renvoyé de l'école. Lorsqu'un un accident vient tout bouleverser, Mahnaz se lance dans une quête de justice.
Dénoncer la toute-puissance du mensonge qui va de pair avec celle du patriarcat dans la société iranienne, exalter le combat pour que justice soit faite d’autant qu’il est mené par une femme quasiment seule contre tous,- la famille servant de révélateur des mécanismes d’oppression -, telles seraient les intentions du cinéaste ? Le problème est que l’accumulation de catastrophes (cette jeune femme est de bout en bout écrasée comme par un rouleau compresseur), et surtout la façon de les filmer nuisent au propos ou du moins peinent à créer l’empathie souhaitée…
La construction ? Si la scène d’ouverture met en exergue la puissance de la dissimulation et le "consentement" (Mahnaz change de visage pour plaire à Hamid qu'elle va épouser), la présentation progressive des personnages avec focalisation sur son fils, un ado rebelle, est assez laborieuse. Et quand le film bascule avec la chute tragique d’Aliyar , qu’il est consacré au combat de la mère endeuillée à jamais, à la lutte d’’une femme dans une société qui favorise le "mâle" (rappelons entre autres que la tutelle des enfants a été confiée au beau-père, le mari de Mahnaz étant décédé), sa façon d’allier chagrin, soif de vengeance, et volonté de "sauver" à la fois la sœur la fille puis le neveu, verse dans la surenchère avant cette séquence finale qui d'un point de vue narratif assure une forme de circularité -Child- et que d’aucuns trouveront "sublime"...
Des effets sinon lourds du moins complaisants : espace saturé de vitres, grilles, grillages -comme autant de pièges d’enfermement-, opposition facile entre plongée -sur la cour intérieure- et mouvement ascensionnel, (épouser la double dynamique qui sous-tend le film ?) long champ contre-champ sur les regards de la gamine et du "bourreau" Samkhanian, qui avait condamné le fils et qui doit témoigner contre la mère pour lui arracher la garde de sa fille, les échos (tentatives de réanimation sur le fils et le grand-père) les très gros plans prolongés sur les blessures, etc; à tout cela s'ajoute le "poids" des larmes et du discours, -avec quelques rares moments de silence qui s'en viennent tempérer la volubilité agressive (celle des représentants de l'ordre patriarcal mais aussi celle des membres de la famille )
Trop de dolorisme dans cette volonté affichée de forcer les émotions !!
Dommage
Colette Lallement-Duchoze
Ps rappelons que le réalisateur de La loi de Téhéran 2019 et de Leila et ses frères 2022 a été condamné en 2023 à 6 mois de prison, qu'il a été interdit de tourner pendant 5 ans mais que cette peine a été diminuée. Woman and child réalisé avec les "autorisations requises", et dans le respect "des lois en vigueur", souffre peut-être de ces mesures.....
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