21 mars 2026 6 21 /03 /mars /2026 07:31

De Mona Fastvold (USA, G-B 2025)

 

Scénario :  Mona Fastvold et Brady Corbet

 

avec Amanda Seyfried (Ann Lee) Lewis Pullman (William Lee) Thomasin McKenzie (Mary Partington), Stacy Martin (Jane Wardley)  Christopher Abbott (Abraham Standerin) Tim Blake Nelson (pasteur Reuben Wright)

 

Compétition officielle Mostra de Venise 2025

 

Fin XVIII° Mère Ann Lee fonde le mouvement Shaker, (communauté religieuse dissidente de l’Eglise anglicane jugée trop rigide), cette cheffe religieuse proclamée par ses adeptes comme le Christ féminin va construire l’une des plus grandes sociétés utopiques de l’histoire américaine.

Le testament d'Ann Lee

On était en droit d’attendre beaucoup du couple Mona Fastvold et Brady Corbet : un biopic musical et chanté comme second volet d’un diptyque (avec the brutalist) sur la solitude du rêve américain ? Dans les deux cas un personnage émigré, peu connu du public, mais ayant réellement existé, et la volonté de « créer » comme contrepoint à des traumas ravageurs…

Mais..;

La voix off ? Ce choix est certes dicté par une approche « séduisante » (chaque partie annoncée par un encart calligraphié un dessin des tailles de police variées comme si on nous invitait à « tourner la page » d’un album ou d’un livre-testament) alors que les « visions » - des épiphanies ? si personnelles, seront marquées par le sceau de la foi, celle d’Ann bien évidemment corroborée par son amie et disciple Marie ; mais le recours  systématique à cette voix off (celle de Marie donc) a ici quelque chose de pesant ou fait redondance avec l’image censée illustrer le propos

Les séquences « chorégraphiées » ? celles des « transes » (shaker) -sous l’égide de Celia Rowlson-Hall. Elles ont au départ le charme de la nouveauté (filmées sous différents angles de vue, avec des mouvements circulaires de la caméra, où la flagellation (expiatoire ? propitiatoire ?) doit être incorporée en ports de bras et avant-bras ou fausse supination) Mais trop répétitives elles perdent en efficacité (réduites à des farandoles) comme en pouvoir prétendument  hypnotique

La bande son ? Une musique trop souvent illustrative (cf la séquence de la tempête et l’éventuel naufrage…quand Ann et les siens quittent l’Angleterre pour le Nouveau Monde) L’artiste Daniel Blumberg connu du milieu pour sa musique expérimentale et indie avait reçu un Oscar en 2025 « meilleure musique de film pour the Brutalist » (à noter que certaines chansons -souvent susurrées hormis quand elles sont interprétées par Amanda Seyfried- ont été écrites par lui ) 

Des mini séquences frisent le grotesque le ridicule (Ann est arrêtée, on cherche à identifier son sexe, or les gesticulations, à ce moment qui se veut dramatique… relèvent du comique…) d’autres pactisent avec une forme de complaisance (les accouchements d’Ann cadrés dans un clair-obscur censé rivaliser avec des tableaux !)

Cela étant, il convient de saluer la prestation, la performance d’Amanda Seyfried en « mère » courage, prêtresse ou prophétesse illuminée, (une foi solaire ? capable de rallier les plus réticents, tous ceux qui sont hostiles à la guerre et à l’esclavage, qui croient en l’égalité des sexes tout en prônant l’abstinence mais faisant du corps le réceptacle de l’Esprit Saint ….)

Et comme il s’agit d’un film d’époque on pourra apprécier les costumes très épurés de Malgorzata Karpiuk et pourquoi pas certaines « reconstitutions » (même si l’ancrage historique -l’immigration, l’autarcie comme menace au capitalisme entre autres- reste superficiel, la monstration n’ayant rien à voir avec une « analyse » critique)

 

Colette Lallement-Duchoze

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