D'Antonin Baudry (2025)
Avec Simon Abkarian (Charles de Gaulle) Florian Lesieur (Fernand Bonnier de la Chapelle) Karim Leklou (Blazey dit Blaise) Simon Russell Beale (Winston Churchill) Niels Scneider (général Leclerc) Benoît Magimel (Pierre Koenig) Mathieu Kassovitz (François Darlan) Kacey Mottet-Klein (Geoffroy Chodron de Courcel) Anamaria Vartolomel (Livia) Adèle Jayle (Yvonne de Gaulle) Loïc Borbery (René Pleven) Felix Kysyl (Jean Moulin dit Rex) Campbelle Scott (Roosevelt) Grégoire Colin (Georges Thierry d'Argenlieu le prêtre Père Louis de la trinité) )
Scénario Antonin Baudry et Bérénice Vila (sa compagne)., d'après De Gaulle : une certaine idée de la France (A Certain Idea of France: The Life of Charles de Gaulle) de Julian T Jackson
Musique Volker Bertelmann,dit Hauschka,
Présenté au festival de Cannes 2026 Hors compétition
Juin 1940. La France s'effondre et signe l'armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n'a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort.
Mon Colonel [De Gaulle n'est alors pas encore Général], c'est la débandade !". Réponse impérieuse "Ai-je l'air de débander ?!"
Le président de Pathé, Jérôme Seydoux mûrissait depuis une vingtaine d'années le projet de consacrer une grande fresque historique au général de Gaulle et à la France libre. Pourquoi ? c’est à ce moment-là que De Gaulle est devenu le De Gaulle que nous connaissons, un héros national, et nous explorerons ses succès, ses revers, ses turbulences, sa relation avec Churchill, et ses actions pour reconquérir la France par le biais des colonies françaises pendant ces années
Le réalisateur, Antonin Baudry, ex diplomate, est connu du public pour sa BD Quai d’Orsay (adaptée à l’écran par Tavernier) Et cela se ressent dans le portrait qu’il propose du général (dont l’amour sans compromis de la France est chevillé à son corps et récité tel un mantra) Mû (comme le distributeur) par le sensationnel l’épique il use (et abuse) de ces angles de vue mais où la succession de plans ressemblerait à une succession de vignettes formant une planche (gros plan sur le visage, ou sur le dos qui envahit l’écran, contre plongée sur le bâtiment de la BBC, face à face Churchill De Gaulle, énormes contrastes, bottes qui martelant le sol imposent un rythme -un colosse aux pieds d’argile ??, planéité d’un désert riche en souterrains insoupçonnés etc.) et des répliques savoureuses figureraient en bonne place dans les phylactères. Deux calligraphies pour signaler les passages d’une séquence à l’autre, d’une période à l’autre. Décors stylisés, (les bureaux anglais reconstitués en studio) immenses cartes d’état-major, (un peu plus loin sur la droite…vers l’est…) compacité des foules (en Afrique) !!!
La bataille de Bir Hakeim (en Libye du 26 mai au 11 juin 1942) frappe dans son rendu (dont les explosions sablonneuses et la musique tonitruante) par le recours aux moyens qui font la gloire des super productions. Bataille décisive : la résistance sous les ordres de Koenig (Benoît Magimel) face aux mastodontes allemands et italiens …n’a pas capitulé…
Ce qui est censé " pimenter " cette première partie (l’Age de fer) est le montage alterné D’une part la solitude d’un général méprisé bafoué condamné qui lutte contre l’abdication de la France de Pétain, qui cherche imperturbable à opposer la force d’une France libre et simultanément l’engagement au quotidien du jeune Fernand Bonnier de la Chapelle (formidable Florian Lesieur) rallié à cette cause - (dommage que l’aventure de ce jeune homme s’engouffre dans la facilité de la romance, celle d’un jeune idéaliste éperdument amoureux d’une juive) Mais les raccords témoigneraient d’une certaine pertinence entre le refus de la soumission, de l’abdication et les balbutiements de la Résistance Les deux personnages ne se rencontreront pas - la méprise à Alger est d’autant plus décevante douloureuse « soudain joyeux il dit De Gaulle c’était Darlan … » elle sera déterminante dans le geste ultime de l’assassinat, avant l’exécution… sommaire… sans bandeau
C’est bien la vassalisation de la France (orchestrée par les USA) qu’a refusée le général (propos visionnaires ou storytelling… ?) malgré les louvoiements de Churchill et la prégnance de la « sacro-sainte » realpolitik
Une première partie globalement assez hétérogène (que dire entre autres du plombier polonais devenu secrétaire ?) et qui n’incite(ra) pas forcément à voir le second volet du diptyque …
Colette Lallement-Duchoze
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