De Huston Fischer et Eleanor Wilson (USA 2025)
Avec Olivia Colman (la pêcheuse) Peter Dinklage (le vannier) Alexander Skarsgard,(le mari en osier) Elizabeth Debicki (l'épouse du tailleur) Marli Siu (la sœur de l'épouse du tailleur) Nabhaan Rizwan (le tailleur) Richard E Grant (le docteur) Gustav Lindh (le plongeur) Elia Bruccoleri (la femme du boulanger) ben Ashenden (le boulanger)
Melbourne International Film festival (nommé au Bright Horizons Award. )
Présenté au Woodstock Film Festival et au Mill Valley Film Festival.
Mise au ban de son village, une pêcheuse solitaire commande au vannier local un mari en osier. Cet époux improbable se révèle doté d'une sensibilité et de talents qui dépassent toutes ses attentes.
Des chapitres -aux titres descriptifs, à la calligraphie gothique- des décors comme sortis d’un livre d’images –(maisons intérieurs, marché, environnement) des villageois identifiés par leurs fonctions (le vannier le tailleur le médecin etc.) ou leur "genre réducteur" ( la femme de..) des traditions "bizarres", (on passe un collier de chien au cou des nouvelles épousées…) une psychologie volontairement "simpliste primaire", une "intrigue" qui mêle étrange fantastique et réalisme cru, censée progresser jusqu’au twist épilogue, tout -formellement du moins- se doit de rappeler le conte médiéval. Le fantastique naît de l’irruption de l’étrange/surnaturel (un vannier capable de fabriquer des humains en osier, hommes ou bébés) mais un étrange "qui va de soi"...
Une pêcheuse (admirable Olivia Coleman, cf son interprétation de la fille dans Father) moquée de tous solitaire, hostile au mariage, va se "plier" à certaines coutumes de ses voisins villageois. Elle prie le vannier de lui fabriquer un mari…. Prière exaucée. L’homme-osier, époux devenu, est non seulement un " puissant étalon" (ébats torrides sueurs chaudes cris de pâmoison) mais un homme à la bonté extrême et sachant tout faire (dès le premier rapport sexuel il constate que le lit est défaillant…il se doit de le réparer…).Il suscite envie et jalousie chez les villageois et par-delà le conte, s’inscrit dans une satire contemporaine (la plus acerbe étant celle du patriarcat;)
Dommage que cette fausse utopie humanoïde -certes aux accents féministes et empreinte d’humour- peine à trouver une forme d’équilibre entre les différentes tonalités (paillardise, trivialité, religiosité, sensiblerie et sensibilité, sérieux drame et légèreté) Elle semble s’étirer inutilement - quand elle prétend passer en revue tous les possibles incarnés par les villageois (la lourdeur ne fait plus rire ni même sourire) Enfin l’énergie rythmique brute. de la musique (signée Anna Meredith) est susceptible d'irriter par ses dissonances …
Colette Lallement-Duchoze
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