3 août 2026 1 03 /08 /août /2026 08:12

Akiko Ohku  (Japon 2025)

avec Riku Hagiwara (Toru) Yumi Kawai (Hana) Aoi Itô (Sacchan) Kodai Kurosaki (Yamane)

Kyo no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa

À Kyoto, entre l'université et un petit boulot dans des bains publics, Toru garde toujours ses parapluies à portée de main, tels des boucliers contre le monde extérieur. Quand il rencontre Hana, mystérieuse, lumineuse, fragile, l'évidence naît entre eux, avant qu'elle ne disparaisse soudainement

Sous le ciel de Kyoto

Comme le dit explicitement ou implicitement (c’est selon) le titre c’est bien la météo qui sera le baromètre des sentiments : la romance amoureuse est scandée par les averses et les éclaircies, le constat  « cette météo est ma préférée  a la force d’un mantra. En contrepoint ou en prolongement- si Toru Konishi  étudiant timide introverti garde son (ses) parapluie(s) c’est qu’il cherche à se protéger contre toute intrusion -malvenue- de l’extérieur.

Mais il est un autre titre (international) She Taught Me Serendipity qui dit l’alliance entre innocence et découverte -et que rappellera Sacchan (la collègue de travail aux bains publics mais aussi musicienne dans un groupe de rock) dans sa déclaration d’amour, à distance (de Toru) avant de disparaître (à la fois de l’écran et de…) dans un long plan séquence (inattendu) .et qui serait comme l’acmé du film –(auquel répondra en écho le long monologue final …)

Et la réalisatrice use de tous les procédés formels pour exprimer ou du moins illustrer les états d’âme les soubresauts d’une conscience et d’une âme qui découvre l’attirance, ses fulgurances insoupçonnées: mais aussi ses désenchantements. Le changement de format : lors de la deuxième rencontre avec Hana on passe du format 16,9 au 4,3 comme si les deux étudiants étaient  « enfermés » dans une sorte de bulle- avant que le flash back (mort de la grand-mère) vienne la percuter et ramener le format initial. Il en va de même avec ces distorsions des images (au montage) ou encore de la bande son (déglutition des nouilles, tests répétés sur le volume sonore de la TV) Le film lui-même suit une « trajectoire » qui va de la romance traditionnelle (l’éblouissement des « découvertes » grâce à Hana) vers le drame et pourquoi pas ? le roman d’apprentissage. La dernière partie soit une forme de dénouement relève à la fois du tragique (le thème du deuil était d’ailleurs omniprésent jusque dans la manif contre le génocide à Gaza)  et de la promesse (incluse dans le terme sérendipité) alors que la répétition du « monologue » entendu à mi-chemin par une autre voix est paradoxalement et simultanément déroutante et comme allant de soi…telle une évidence solaire

On pourra toujours s’étonner d’une certaine lenteur dans le déroulé, de l’exacerbation sonore (les cris les vociférations prolongées ou la bande son qui multiplie les onomatopées) ou des artifices formels, (interprétés par certains comme des afféteries)

Sous le ciel de Kyoto : n'en reste pas moins un film novateur, riche en thèmes et en procédés- qui mérite le détour !

 

Colette Lallement-Duchoze

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2 août 2026 7 02 /08 /août /2026 12:48

 d' Hélène Rosselet-Ruiz (2025)

 

avec Malou Khebizi (Laura) Soundos Mosbah(Souria) , Ziad Bakri (Emre)

 

Festival de Cannes 2026 Séance spéciale 

Pour gagner sa vie, Laura accepte un emploi au service de Souria. Installée dans un hôtel particulier du triangle d'or par son amant, un riche prince saoudien, Souria vit dans l'attente de ses visites. Tandis que Laura doit s'adapter à cet univers de luxe démesuré et de surveillance constante, un lien fragile se tisse entre les deux femmes. Mais Laura pressent qu'un danger pèse sur Souria et que cette cage dorée pourrait bien se refermer sur elles deux.

Le Triangle d'Or

Le prologue (succession d’entretiens d’embauche) donne le ton : adopter le point de vue des caméras de surveillance ; de sorte que Laura, la sélectionnée, aura été filmée à son insu avant de pénétrer dans ce labyrinthe  -et les pièces elles-mêmes restituées successivement ou quasi simultanément créent d’emblée une sensation d’étouffement que la profusion de couleurs tape-à-l’œil ne saurait contredire. Etouffement emprisonnement à l’instar de cette panthère amorphe à force de gavage, de ….drogue… ? les venues furtives du prince (il est marié il est pressé par des rendez-vous à Londres ou ailleurs) seront filmées pour la plupart par le prisme de ces  caméras de surveillance.

 Dans un premier temps la relation Souria/Laura rappelle la relation maître/esclave (Hegel et Sartre) ; mais un basculement va s’opérer quand Laura excédée par les humiliations réitérées (et surtout par la plus bestiale « tu pues ») est décidée à quitter les lieux…Souria dès lors suppliante semble s’accrocher à Laura comme à une bouée de sauvetage. Moins un « renversement » que la découverte de ce qu’on appelle « sororité » Souria dominatrice avec sa domestique corvéable à merci, est elle-même soumise aux diktats du prince (et pour l’entourage elle n’est que la pute de service) naïve (ou dans le déni) elle s’imagine être la future épouse. Laura (à qui on refusait une part d’humanité) se métamorphose en ange gardien. Apprivoisement et complicité !!  Mais l’épilogue après l’effacement de toute trace et la déposition de Laura au commissariat (entravée par le manque de « preuves » ) laisse augurer d’un futur encore plus tragique… et en toile de fond une complicité au sommet…

Ainsi dans ce « Triangle d’Or » parisien (situé entre les avenues des Champs-Élysées, Montaigne et George V, dans le 8e arrondissement) il est des hôtels particuliers loués ou achetés à des prix pharaoniques ; ainsi derrière le luxe le gaspillage indécent (garde-robe, nourriture, fleurs, billets de banque à gogo) derrière l’accumulation capitaliste obscène, se joue un théâtre des illusions mortifères où s’affrontent des destinées insoupçonnées (??) (mais le film n’est pas un documentaire)

La cinéaste évite la répétition du travail répétitif en multipliant les angles de vue (cf les exercices d’assouplissement, les positions de la dormeuse, la descente et la remontée des marches, les  brasses dans la piscine, etc.) et brise le huis clos par quelques échappées vers l’extérieur (la soirée anniversaire dans une brasserie ) ou encore (et c’est une constante) le montage permet de passer d’une mini séquence à une autre  par des raccords qui les transfigurent en  instantanés ou flashes

L’actrice Malou Khebizi,(méconnaissable depuis sa révélation dans Diamant brut) porte ce fardeau  de domestique corvéable avec subtilité et fermeté. Si les rôles féminins sont dessinés avec netteté celui d’Emre est beaucoup plus ambigu (dans sa relation au maître dont il dépend pour l’octroi d’un visa et à la femme qu’il méprise profondément)

Un film à voir !

 

Colette Lallement-Duchoze

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1 août 2026 6 01 /08 /août /2026 06:41

De   Yeon Sang Ho (Corée du Sud 2025)

avec Kwon Hae-hyo (le père aveugle Lim Yeong-gyoo),. Park Jeong-min (le fils et Lim Yeong-gyoo jeune) ,Shin Hyun-been (Jeong Young-hee, la mère, Han Ji-hyun hyun (: Kim Soo-jin, productrice de documentaire), 

Festival du film coréen à Paris 2025 : film de clôture

Festival du film de La Roche-sur-Yon 2025 : section "Séances spéciales"

Festival international du film de Toronto 2025 : section "Special Presentations "

Chunsa Film Art Awards 2025 : meilleur acteur dans un second rôle pour Kwon Hae-hyo

Aveugle de naissance, un maître artisan, admiré pour la beauté des sceaux qu’il grave, vit reclus avec son fils unique. Mais cette paix vole en éclats lorsque les ossements de sa femme, disparue quarante ans plus tôt, sont découverts. Son fils entreprend alors de mener l’enquête sur ce passé. Cette quête de vérité va dévoiler de lourds secrets, de ceux qui touchent à la laideur humaine

 

The Ugly

Adapté de son roman graphique et structuré en 5 chapitres/ interviews suivis d’un épilogue (le mot de la fin) ce film aux allures de thriller va explorer simultanément (et ce grâce aux allers et retours entre plusieurs époques) la capitale coréenne, la place du handicap dans la société, le féminicide, et le rapport individuel (et collectif) aux standards imposés et imposant tel ou tel comportement. Une démarche séduisante Mais….

Une journaliste tv en quête de scoop, et le fils de l’artisan vont réaliser un reportage sur la « disparition » de l’épouse de cet aveugle, renommé pour la confection des plus beaux sceaux Yeong-gyu (Kwon Hae-hyo).. C’est que l’on vient de « retrouver » les ossements de la défunte -disparue alors que le fils était un nourrisson

Crime ? les témoignages de tous ceux qui l’ont connue vont ressusciter le passé  de cette femme dont on ne verra jamais le visage, hormis dans l’épilogue… filmée de dos ou de profil masqué par les cheveux -A noter ici que le titre anglais the ugly »(le laid)  dénature le titre original Eolgul « le visage »

C’était une jeune femme audacieuse dans ses revendications prônant la « justice » un traitement plus égalitaire dénonçant les abus et l’emprise du patron (si infiltré dans tous les milieux qu’il pouvait rendre sa propre justice, entendons trucider les arrogants et révoltés …dans une totale impunité)  Mais un tel comportement ne pouvait être avalisé tant par les autres employées que par le mari… C’est que la soumission servile aura été (l’est-elle toujours ?)  le « rouage » nécessaire au « prétendu bon fonctionnement » de la société ; avec cette inversion subtile (antiphrase ) des « rôles » la laideur est inhérente aux revendications   

Ateliers des années 70 vs la capitale fringante du XXI° mais c’est toujours à des décennies d’intervalle le marasme du capitalisme inhumain ; gros plans sur le visage de l’artisan jeune, sur ses mains magiciennes vs plans serrés sur le « patron » d’usine phallocrate, couleurs glauques vs luminosité, etc. le film est ainsi traversé par un jeu d’oppositions (plans cadrages couleurs et ambiances autant de variantes en fonction des personnes interviewées et des éléments biographiques exhumés )

Mais le film est par trop explicatif -et ce jusque dans la déclinaison des dénotations et connotations de la cécité-  Bien plus il s’étire souvent inutilement

Dommage!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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31 juillet 2026 5 31 /07 /juillet /2026 15:12

d'Avril Besson (2025)

 

avec India Hair  Raya Martigny Eric Cantona Mathias Minne

Festival de Cannes 2026 Séance spéciale

De vieux vinyles disco dans le coffre de sa Twingo, à peine remise de la mort de sa grand-mère, Charlie roule. Elle ne sait pas encore que ces disques ressusciteront les pas de danse de sa mère dans les yeux humides de Titou, un caviste rêveur, ni qu'une plage méditerranéenne désertée sera le théâtre de sa rencontre avec Marina, qui rêve son idéal de liberté dans la pizzeria du village. Pour l'instant, elle roule.

Les matins merveilleux

On pourra certes reprocher à ce premier long métrage d’Avril Besson tant ses ruptures de rythme (burlesque au tout début, une longue partie assez convenue et un faux twist en guise d’épilogue) que la façon dont la cinéaste isole ses personnages dans le cadre là où précisément elle nous invitait à les « recadrer » ensemble, dans la transcendance de leur solitude - taedium vitae pour certains  ?- hormis pour la relation …attendue… Charlie et Marina  

N’empêche.

Voici un petit bijou de fraîcheur et de poésie mêlée avec comme toile de fond une station du Var (la Cavalière) hors saison touristique. Voici surtout au premier plan l’actrice India Hair trop souvent cantonnée dans des seconds rôles ; une actrice à la spontanéité bienveillante au regard et au sourire enfantins à la moue à peine narquoise elle va porter de bout en bout ce film…

Le titre renvoie à la chanson de Dalida Histoire d’un amour. ( « l’heure où l’on s’enlace/ Celle où l’on se dit adieu/ Avec les soirées d’angoisse/ Et les matins merveilleux ».) le film est d’ailleurs traversé par les chansons des seventies jusqu’à la séance de karaoké filmée quasi in extenso le visage d India Hair face caméra  (interprétant Mon amie la rose de  Françoise Hardy)

Charlie est traductrice (dialogues et accents savoureux…) ;

Elle est orpheline ( mère décédée trop jeune d’un cancer, père inconnu et aujourd’hui en deuil de sa grand-mère) La dichotomie Vie/Mort sera un fil conducteur du film (face à l’emplacement vide qui accueillera le corps de la grand-mère Charlie avoue je n’ai rien mais je dispose d’une tombe ; en écho Marina, son "parrain" défunt et la dispersion des cendres) honorer les êtres chers disparus et simultanément chanter l’ode à la vie que les deux personnages féminins vont entonner chacune à sa manière, presque hic et nunc …

La balade qui se fera ballade (grâce aux pas de danse, aux chansons) ressuscite (grâce à Titou le destinataire des vinyles) tout un pan de son passé, celui où sa mère était la reine du disco --et ce plan qui superpose sans afféterie les deux visages celui de la fille comme une ombre portée dit simplement ce cheminement intérieur. En acceptant l’hospitalité de Marina, Charlie  a choisi un chemin qui loin de bifurquer la conduit à la découverte d'elle-même et des autres  (telle une épiphanie) hors des normes "genrées "

Oui ces matins merveilleux sont la promesse d’aubes nouvelles

Ecoutons les mezza voce

Ah que la vie est belle/ Soudain, elle éblouit. » (Brigitte Fontaine)

 

Colette Lallement-Duchoze

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28 juillet 2026 2 28 /07 /juillet /2026 08:16

De Bertrand Usclat et Martin Darondeau (2025)

 

Avec Pauline  Clément, Laurent  Stocker, Julien  Frison  Marina Hands   Adeline D'Hermy, Danièle Lebrun, Sefa Yeboah, Christian Hecq, Florence Viala, Serge Bagdassarian, Sephora Pondi, Guillaume Gallienne, Benjamin Lavernhe, Elissa Alloula  , 

 

Prix : Festival de l'Alpe d'Huez : - Prix du Public - Prix Spécial du Jury - Coup de cœur de la Région Auvergne Rhône Alpes - Prix des abonnés CANAL +

Dans trois heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l'agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d'égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n'a pas d'autre choix que d'aller jusqu'au bout, car s'il y a bien une règle d'or à la Comédie-Française, c'est qu'on n'annule pas. Commence alors une course contre-la-montre pour sauver la représentation.

De la Comédie-Française

Dans le concert de louanges, osons quelques bémols

"Désacraliser"  une institution "prestigieuse" (elle fut créée  en 1680  par Louis XIV comme le rappellera le fantôme de Molière/Benjamin Lavernhe en jouant allègre sur l'anachronisme...) "pénétrer" ses coulisses, pourquoi pas!  La démarche n'est pas novatrice..., N'est-ce pas  le propre de toute "métafiction "? (et la préposition  "de" du titre signe l'appartenance,  l'apanage, la référence singulière )  Accumuler en si peu de temps  (soit à 3h du lever du rideau, ce que sont censés rappeler les encarts d'indices temporels, -découpage clin d'oeil à celui de la comédie classique??? ) et de surcroît pour la première de Macbeth en présence de la Ministre de la Culture, accumuler donc tous les déboires techniques autant qu’humains,  n’est-ce pas l’illustration de l’exagération, de l'outrance, soit un des ressorts de la caricature ? Dont acte

Mais transformer une comédie (qui se prétend légère) en grand guignol… assez convenu d’ailleurs… ne saurait convaincre 

Tous les acteurs sont pensionnaires ou sociétaires de ladite institution …Pauline Clément "interprètera" une jeune actrice, c’est sa première mise en scène, elle doit TOUT gérer,  (.en tant qu'actrice metteuse.en scene et mère); elle est entourée de "partenaires illustres" Guillaume Gallienne,  le concierge psychorigide-, Laurent Stocker -imbu de lui-même et simultanément cocufié par une Marina Hands vedette volage, Danièle Lebrun star de la dernière garde et ses pétards comme anti dote au trac, Christian Hecq régisseur son et lumière volubile et prétentieux, Sephora Pondi maquilleuse habituée des plateaux TV catapultée in extremis, Florence Viala, costumière gouailleuse, Sefa Yeboah  ouvreur aussi élégant que pétri de culture  théâtrale…Un rythme soutenu (quasiment de bout en bout)  où un vélo puis un couffin vont nous guider dans certains couloirs jusqu’alors invisibles au public; des coucheries vite expédiées, des propos machos, des déclamations qui virent aux hurlements (Molière/ B Lavernhe  triomphant,  devenu triomphaliste, le concierge éructant sa paranoïa) des commentaires saugrenus (la culotte telle la banane de Cattalan, symbole d’avant-gardisme…) un épilogue qui en donnant la parole à Shakespeare battant sa coulpe et forcené de l’autodérision, frise le ridicule,  auparavant le Molière ressuscité se gaussait des quinquennats contemporains comparés au règne de Louis XIV , etc..etc

Ne serait-on pas invité à monter sur les planches d’un théâtre de boulevard ? (censé être ici l’envers du théâtre de la Comédie Française)

Certes on devine l’urgence (cf la genèse et la réalisation du projet) est-ce une excuse pour justifier cette  "paresse d’écriture" qui se contente de "formatages préétablis" ? Certes les réalisateurs se sont "inspirés" des anecdotes collectées in situ, mais c’est leur traitement  qui cabosse l’ensemble et altère les ressorts de la (C)comédie….(dont le fil conducteur est l'inépuisable  compte à rebours...)

Décevant ! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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25 juillet 2026 6 25 /07 /juillet /2026 10:33

d'Ulrich Köhler (Allemagne France 2025)

 

Avec Jean-Christophe Folly, Maren Eggert, Nathalie Richard, Anna Diakhere Thiandoum

Sur le plateau du tournage d'une adaptation de Médée au Sénégal, Maja trouve du réconfort auprès de son partenaire, Nourou. Quelques mois plus tard, ils se retrouvent à la première du film à Berlin. Les sentiments refont surface, mais un incident raciste vient troubler leurs retrouvailles.

Gavagai et autres malentendus

Le titre énigmatique annonce(rait) un débat d’ordre linguistique sur les limites de la traduction…. ???.  En fait le cinéaste allemand revisite le mythe des Argonautes et plus précisément la relation Médée/Jason En l’actualisant il interroge moins le choc de deux cultures, de deux pensées philosophiques (Médée Pasolini) que le regard européen sur l’Afrique. En une forme d’autocritique.

En effet la réalisatrice dans sa fiction, interprétée par Nathalie Richard, est tyrannique sur le tournage (première partie), trop condescendante quand elle doit répondre aux questions de la presse lors de la Berlinale. Autodérision ? Critique du cinéma d’auteur ? Or si la ressemblance avec Claire Denis est patente la satire serait mal venue ; Claire Denis est une des rares cinéastes européennes qui a porté (et depuis longtemps) un regard lucide sur les rapports coloniaux (à moins qu’il ne s’agisse d’un »malentendu »).

Plus intéressant est le déplacement du  mythe grec (version d’Euripide) sur le continent africain actuel (où Médée est la "Blanche" rejetée par les autochtones). Jouant avec les "mises en abyme", leurs effets de miroir (film dans le film du film) le réalisateur  de Gavagai et autres malentendus imagine une histoire d’amour entre les deux acteurs: Maja (Maren Eggert), actrice allemande, et Nourou (Jean-Christophe Folly), acteur sénégalais résidant en France. Séparés par la fin du tournage (qui correspond à la fin du long prologue), les deux comédiens se retrouvent à l’occasion de la première lors de la Berlinale Si un changement notoire a eu lieu, il est opposé à celui relaté dans le mythe (abolis l’odieux et le sanguinaire si patents dans l’adaptation de Caroline/ Nathalie Richard, place à la bienveillance; ce que confirme Nourou/Jean-Christophe Folly en quête de « réparation », victime d’un acte « raciste » il a provoqué  -malgré lui- le renvoi d’un vigile et veut s’en excuser… mais les clichés et préjugés ont la vie dure… )

Deux temporalités, deux intrigues, deux villes, deux continents mais à chaque fois une façon de filmer où la relation postcoloniale sera patente même là où on ne l’attendrait pas (ainsi autant dominent superpositions fondus enchaînés dans le « rendu » de Berlin et sa fameuse Potsdamer Platz, autant s’impose la netteté dans celui de Dakar -ruelles façades plages …). Les relations Nord Sud, leurs relents postcoloniaux(ou néocoloniaux)  éclatent par bribes comme autant de brisures (catalogué Français par son père, Nourou star de la jet set "ose" maltraiter le personnel) ; la Médée africaine serait « néocoloniale » (reproche formulé par la presse)  Quoi qu’il en soit les « enjeux » invisibles à Dakar vont se révéler au grand jour à Berlin (Nourou est, il sera restera  l’étranger MAIS  qui sert de caution en  "légitimant" un film européen tourné en Afrique; Nourou à qui on a confisqué la parole   on prétend "agir  pour son bien"

FIN le mot apparait en majuscules à l’écran ; fin du film « Médée » auquel viennent d’assister à Berlin l'équipe du film et la presse entre autres « Fin » de Gavagai auquel le public vient d’assister et pourtant c’est l’ouverture à d'autres  possibles comme autant d'autres "malentendus" ....

Un film surprenant à voir! 

 

 Colette Lallement-Duchoze

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24 juillet 2026 5 24 /07 /juillet /2026 08:22

 De Valeska Grisebach. (Allemagne Bulgarie Autriche 2025)

Avec Yana Radeva (Veska), Syuleyman Alilov Letifo (Said), Stoicho Kostadinov (Ilya), Nikolay Shekerdjiev (Velko) Tiana Georgieva (Tiana)

Photographie : Bernhard Keller

Musique : Bettina Böhler

Prix du Jury festival de Cannes 2026

À Svilengrad, une petite ville à la frontière bulgare, aux confins d'une Europe délaissée, Veska, archéologue, renoue avec Said, un ami d'enfance, dont la voiture vient d'être volée. En voulant l'aider, Veska glisse progressivement au cœur d'une société criminelle dont l'emprise règne sur la ville. Veska va devoir affronter ce monde à la fois trouble et dangereux.

L'aventure rêvée

Fouiller les strates du passé avec méticulosité extraire tel "objet" tel tesson tel bout d'os,  répertorier puis  identifier contextualiser etc. Pour exercer ce métier, diriger le chantier,  Veska est "revenue" sur les lieux de son propre passé -après un séjour dans la capitale bulgare Sa rencontre avec le mafieux Said un ami de jeunesse ( scène d'ouverture et de clôture)  sera un atout majeur dans cette "anatomie" (ou plutôt "ethnographie" eu égard au contexte) de l’aventure rêvée (titre qui se prête d’ailleurs à une lecture plurielle). Il en va de même pour le choix de la ville de Svilengrad, dont nous apprendrons par bribes ou du moins nous devinerons qu’elle fut après la chute du Mur, le lieu idéal de tous les trafics et du libéralisme conquérant et sauvage.

Superposer passé individuel et passé collectif, mettre comme en exergue les séquelles de la corruption qui perdure (incarnée entre autres par Ilya, un amour ( ?) de jeunesse de Veska) faire éclater les mécanismes d’un virilisme et d’une misogynie éhonté.es (propos gestes comportements, transgénérationnels d’ailleurs…) dans une Bulgarie d’après la dislocation du bloc soviétique, confier le rôle principal à une femme et actrice non professionnelle (ex-géologue, ex-croupière de casino, présentement vendeuse de cosmétique) tel est le pari de la cinéaste allemande. Pari réussi et récompensé par le prix du jury à Cannes 2026

Voici une piste dans une plaine montagneuse, et voici des rochers géants… traquenard ? Au volant d’une voiture, un homme au teint buriné, au sourire ambigu, c’est la scène d’ouverture ; en mêlant habilement éléments du paysage et silence plein de sous-entendus, la cinéaste donne le ton…Bien plus, ce personnage -après le vol de sa voiture et sa rencontre avec Veska et le trafic d'essence -va quitter non seulement le bar de nuit où il est « indésirable » mais aussi l’écran, avant de réapparaitre in fine, convié par Ilya qui fait appel à ses services au nom d’une complicité …passée…  et c’est à lui que sera confié le « mot de la fin »….dédié à Veska,… mais aussi à….…

L’alternance entre mini séquences de "fouilles" sur ce monticule en surplomb, scènes de nuit (personnages attablés bien imbibés, palabres décousues sur le passé confronté au présent) duos (Veska face à ses propres démons, face à certains habitants qu’elle cherche à protéger, face à Ilya qu’elle seule peut déconcerter par son franc parler) et surtout les va-et-vient en voiture d’un lieu à un autre, créent le tempo tout en laissant comme en marge des  " parts d’ombre " (du moins ressenties comme telles à l’instar d’ailleurs de ces "ruines vestiges" qui parsèment le paysage, de ces fractures géopolitiques et surtout de ces frontières plus qu’incertaines…) . Alors que progressivement tous les personnages vont former un  "paysage"  assez composite et complexe (voyez ces ex-mineurs ferrailleurs devenus, ces « vieilles » encore alertes du flingue, ces jeunes mafieux, ces Polonaises immigrées, voyez ce paysan attaqué par des plus jeunes âpres au gain, suivez cette fillette déjà futée et mature, gâtée par son père véreux -Ilya-) et c’est précisément Veska qui les relie tous alors que le spectateur s’interroge sur les motivations profondes de son retour…à. Svilengrad…Une dialectique au service du suspense (ou l’inverse ?)

Ne pas rater ce film aux allures de western, porté de bout en bout par l’admirable et surprenante Yana Radeva

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Nb si certains spectateurs dénoncent une forme de lenteur rappelons que cette dernière est au service d’une tension -qui d’ailleurs sera quasi permanente…

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20 juillet 2026 1 20 /07 /juillet /2026 06:27

De Anders Thomas Jensen ( Danemark Suède 2025)

Avec Mads Mikkelsen (Manfred) Nikolay Lie Kaas (Anker), Lars Brygmann (Dr Lothar), Nicolas Bro (Flemming)  Bodil Jørgensten (Freja) Sofie Gräbel (Margrethe) Søren Malling  (Werner)

Mostra de Venise 2025, présenté Hors Compétition

Roberts 2026 : prix du public (Roberts, équivalents danois des Oscars américains ou des César français. Comme ces derniers, ils doivent leur nom à celui du créateur de la statuette du prix, le sculpteur danois Robert Jacobsen)

Après quinze ans derrière les barreaux, un braqueur de banque sort de prison et veut récupérer le butin qu’il avait confié à son frère avant son arrestation. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable…

The Last Viking

« Les gens ne sont pas qu’une seule chose »,

« on ne peut pas toujours être gentil »

Anders Thomas Jensen, cinéaste danois et le duo d’interprètes Mads Mikkelsen Nikolaj Lie Kaas, le public rouennais les avait découverts au début des années 2000 -grâce au festival du cinéma nordique- dans Les Bouchers verts et plus récemment dans Men and chiken .( Men & Chicken - Le blog de cinexpressions )

Dans the last viking -sorte de buddy movie- s’imposent une fois de plus l’absurde déjanté, la violence qui fait bon ménage avec l’humour et une quête profondément humaine, celle  qui passe par l’acceptation de l’autre… Encadré par un mini film d’animation - conte scandinave cruel, dans lequel une voix off explique les raisons d’un sacrifice "collectif" … le cinéaste va nous entraîner dans une course vers le magot enterré près de la maison d’enfance  -course et remontée dans le passé des deux frères –et les préparatifs assez farfelus d’un concert en l’honneur des Beatles ; concert organisé par un « drôle » de psy - le docteur Lothar (Lars Brygmann),  -il a recruté un Paul McCartney, un George Harrison ou encore un Ringo Starr.  …soit des personnes enfermées à l’HP , celles qui confondaient réel et rêve de musique !! 

Mads Mikkelsen excelle en autiste souffrant « de trouble dissociatif de l’identité » -il est John Lennon Avec Anker il forme un duo assez hilarant, tant leurs dissemblances sont criantes ; un braqueur au grand cœur un autiste tourmenté aux cassures en forme d’exploits –Capable de sauter de voiture d’une fenêtre Manfred surprend tout en créant ces  "ruptures"  chères au réalisateur ;La singularité d’Anders Thomas Jensen est en effet là précisément où chaque plan ou chaque scène va « trancher avec l’image suivante  » et Manfred est lui-même rupture permanente (cf ses sorties du cadre)

La forêt tel un personnage (mais attention : ne pas se laisser piéger par toutes les connotations dont l’inextricabilité et l’arborescence) ainsi que la maison (comme habitée par le souvenir de légendes qui se confond avec celui d’un passé abhorré) créent le cadre d’un microcosme où la violence (incarnée par le père défunt et le redoutable Flemming) n’exclut pas un « retour » non à l’état sauvage mais à une forme d’innocence (sens étymologique : ce qui ne nuit pas) On est loin d’un pacte benêt …et si comme l’affirme Anker « on ne peut pas toujours être gentil » reste cet apprentissage de  "l’empathie, l’acceptation et la possibilité d’être pleinement soi"

The Last Viking une "comédie noire décapante" ? peut -être

The Last Viking un film qui vaut plus qu’un détour…

 

Colette Lallement-Duchoze

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12 juillet 2026 7 12 /07 /juillet /2026 18:58

De Brandt Andersen   (Jordanie USA 2025)

Avec Yasmine Al Massri (Amira la médecin), Yahya Mahayni (Mustafa le soldat) Omar Sy (Marwan le passeur) Ziad Bacri (Fathi le poète) Constantine Markoulakis (Stavros le capitaine)

Festival du film américain de Deauville 2024 Prix du Public de la ville

Amira travaille dans un grand hôpital à Chicago. Un message d'anniversaire fait vibrer son téléphone et le passé refait surface. Des années plus tôt, le soir de ses 40 ans, une bombe pulvérise son appartement à Alep. Amira n’a alors qu’un réflexe : saisir sa fille et fuir. Sur le chemin de l'exil, elle découvre que l'espoir a parfois le visage d'un inconnu, la force d'un geste simple et le pouvoir immense de changer une vie. Jusqu'où iriez-vous pour sauver ceux que vous aimez ? 

Le passage

Une longue citation de Shakespeare en exergue plaidoyer en faveur des immigrés prend le spectateur à partie Imaginez que vous voyez ces misérables étrangers, /Leurs bébés sur le dos et leurs pauvres bagages,/S’acheminant vers les ports et les côtes pour s’embarquer,/Et que vous trôniez, rois comblés de vos désirs /L’autorité tout à fait muette devant votre tumulte,/ Mais que des droits leur soient reconnus./Que penseriez-vous d’être ainsi traités ?/ tel est le triste sort  des étrangers./telle est votre incommensurable inhumanité

Spectateur qui va assister à une pièce en 5 actes chacun étant consacré à une personne en particulier si l’on se réfère aux encarts, (la médecin le soldat le passeur le poète et le capitaine)- ainsi qu'aux indications spatio-temporelles  (prologue Chicago, 8 ans plus tôt Alep ; Turquie, Grèce (Lesbos) mais tous les personnages sont reliés entre eux sans se connaître,  dont certains sur ce « canot de fortune » Et si le cinéaste a une prédilection pour les effets « coupes » d’un acte à l’autre, d’une séquence  à l’autre et pour le suspense, il reprend les mêmes éléments informatifs mais appréhendés d’un point de vue différent -certains qualifient le passage de  « film choral » ;  ce serait plutôt un enchevêtrement un entrelacement de 5 destins -chaque personnage identifié par sa « fonction » cherchant sa propre rive, entraîné malgré lui dans les soubresauts de l’Histoire avec comme toile de fond la guerre civile en Syrie à l’époque de Bachar. Des mini  scènes d’un réalisme très cru ponctuent la tragédie (on abat à bout portant et peu importe si la victime est un enfant (terroriste en puissance…)

Voilà un film qui affiche son ambition : une chaîne migratoire où les enfants paient un lourd tribut, où chaque personnage même le plus odieux et cynique (le passeur) est tourmenté par  le sort de sa progéniture ou écœuré comme le soldat par le sort réservé aux enfants…Ampleur des mouvements de caméra et de la tempête en mer, encerclement d’une humanité qui tente de « survivre » au chaos (cf les travellings sur les corps de souffrance en mode apnée, gros plans sur des visages dévastés par  la peur de mourir) mais le sensationnalisme (images choc) une tendance fâcheuse au manichéisme, une bande son qui sature l’espace sonore, empêchent un « semblant » d’émotion ; on regarde extérieur à la tragédie (peut-être  quelque empathie pour le capitaine grec) tant l’artifice semble la règle ; si l’on ajoute le ton mélodramatique et l’indigence des dialogues on peut affirmer que le film est décevant.

Un bémol toutefois la dernière séquence (épilogue ?) où en fondu-enchaîné se lit le « sort » de chacun des protagonistes avant qu’Amira n’appose sur une radio de poumons …(mais ne pas spoiler) 

 

Colette Lallement-Duchoze

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8 juillet 2026 3 08 /07 /juillet /2026 07:07

Long métrage  d’animation réalisé par Phuong Mai Nguyen (France belgique 2025)

Avec les voix de Lyna Khoudri Paul Kircher Rio Vega  

Musique Oklou & Rob

Présenté en ouverture de la Semaine de la Critique Cannes 2026

Festival d'Annecy 

À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre l’adversité, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan.

In Waves

La réalisatrice franco-vietnamienne adapte la bande dessinée éponyme d’AJ Dungo (Casterman 2019) un récit autobiographique : l’amour confronté à la maladie et le combat contre la perte hélas irrémédiable

Idylle ado (teenage movie) qui vire au mélodrame pour adulte, le scénario est certes embué de larmes et n’est pas à l’abri de « faiblesses » (dont la surenchère explicative quand bien même Kristen et AJ d’origine philippine inscrivent In waves dans une sorte de melting pot culturel … le fait que le père de Kristen ne s’exprime que dans sa langue est révélateur moins d’une forme de réticence qu’illustration d’un ancrage dans des racines inviolées)

Cela étant, l’aspect visuel est impeccable et l’expressivité indéniable

Le choix de la mise en abyme :- incorporer à intervalles réguliers les vraies créations de AJ – s’inscrit dans l’hommage (avant le générique de fin on peut lire cette dédicace « à Kristen ») tout en jouant sur les contrastes de couleurs (planches et cases de la BD en noir et blanc ou en bichromie) ou sur les oppositions images fixes et animation (encore que des substituts de mouvement ne figent jamais les images de BD)

Si le film se déploie sur trois périodes (passé d’Hawaï, Los Angeles années 2000 et histoire plus récente) chacune étant repérable par un traitement spécifique (couleur et graphisme-  noir et blanc, dessin en volutes ; couleurs mordorées et rues rectilignes ou tons plus désaturés )–la cinéaste les entrelace; ainsi son film est encadré par des séquences quasi mythiques -qui renvoient à des croyances du peuple hawaiien.  Il est en outre  construit comme des vagues autour de ces temporalités  et l’éclatement chronologique ne serait qu’apparent car il participe au thème de la pérennité (récit amoureux et immersion dans l’esprit d’AJ étant étroitement lié.es)

Essentiel, le  trait sera délicat sans  l'épaisseur propre au  cerne (quelquefois en très gros plan il épouse une courbe sur ou sous l’eau, un œil agrandi tout à la fin qui se ferme à tout jamais.) le trait qui par-delà les objets (planche de surf, de skate, prothèse, lit hôpital,) par-delà les paysages (urbain ou abyssal) est capable de délimiter des corps en même temps que leurs  existences. Le trait se conjugue au motif de la courbe celle de la vague bien évidemment et avec toutes ses connotations (dont le symbole de la puissance naturelle et du chaos.  (Un plan sur l’immense impétuosité d’une vague n’est pas sans rappeler l’estampe de Hokusai) Ondulation Déferlement Enveloppement (mortifère?)   qu'amplifie  la musique d’Oklou &  Rob

Trait , vague,  volute,  et de grands aplats (souvent couleurs pastel,  le bleu rappelant Hockney) avant que le blanc de la mort ne s’en vienne tout opacifier…et avant que des pétales roses telles des perles -mer et pleurs mêlées- ne se déploient en myriades, célébrant  la Vie

In waves un film que je vous recommande

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Ps "plus de deux ans et demi ont été nécessaires pour le développement, l’écriture, le storyboard et la recherche technologique, puis environ deux ans consacrés à la fabrication avec quelque trois cents personnes mobilisées, via Silex, mais aussi Gao Shan, studio d’animation français fondé à La Réunion, et Panique! en Belgique". Priscilla Bertin Silex films producteur

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