De Bi Gan (Chine 2024)
avec Jackson Yee Shu Qi, Mark Chao, Li Gengxi, Chen Yongzhong
Cannes 2025 Compétition Prix spécial
Dans un monde où les humains ne savent plus rêver , un homme perd pied et ne distingue plus la réalité de l'illusion. Seule une femme voit clair en lui. Elle parvient à pénétrer ses rêves en quête de la vérité.
Comme le rêve, le cinéma n’est pas fait pour sauver le monde mais pour le rendre plus beau (Bi Gan)
Un film odyssée Et quand bien même il déplairait à certains spectateurs, décidés à le bouder, force est de reconnaître cette ambition -folle unique et inventive- de traverser tout un siècle de cinéma, en adoptant son évolution tout en exploitant différents genres.
Le film se déploie en 6 fragments, depuis le cinéma muet et expressionniste, ce n’est pas un continuum, plutôt la "somme" de plusieurs films où le rêvoleur (Jackson Yee) va jouer successivement l’assassin, le voleur, l’escroc et l’amoureux romantique ; où chaque fragment sera pénétré par un "sens" - la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher, que réunit la "pensée" dans l’épilogue. Où les décors sont construits comme des espaces mentaux (à la frontière du réel et du rêve comme chez Borges ?). Où tous les formats (de l’image carrée au scope), tous les supports (vidéo, pellicule), et presque tous les genres (dont le polar, le film de vampires, et de fantômes…) sont convoqués plaçant le spectateur non devant une histoire, mais dans un rêve devenu orphelin de son rêveur."
Reprenons. Nous sommes projetés dans un futur plus ou moins proche où « rêver » est interdit. (cf le synopsis) … C’est le prologue; dont le traitement formel renvoie aux caractéristiques du cinéma muet et expressionniste. L'homme/ cinéma vit meurt ressuscite d’un fragment à l’autre, traverse les strates temporelles du XX° siècle soit tout autant l’histoire du 7ème art que celle de la Chine (la censure a failli interdire la projection du film à Cannes à cause de l’incertitude du statut de cette Autre rêvoleuse ou infiltrée ? …de celui de tous les « rêvoleurs » qui préfèrent leurs propres visions à l’uniformisation quitte à survivre dans la clandestinité…)
On pourra être séduit par l’abondance des références, ( elles pullulent !!!), par le visuel composite et la bande-son composite elle aussi -Chopin semble faire bon ménage avec des groupes norvégien ou français. On pourra préférer le deuxième fragment traité sur le mode surréaliste (la démultiplication des images ou illusions, en kaléidoscope) ou encore le 5ème la course effrénée dans l’opacité nocturne et son labyrinthe de ruelles, se " poser" momentanément avec une gamine subornée (en 4) … dont le "flair" est subordonné à l’arnaque. Le tout dernier plan de l’épilogue (salle de cinéma de cire où les fantômes de spectateurs vont s’évanouissant) est-il un clin d’œil ironique ? une pirouette ?
Quoi qu’il en soit l’homme-cinéma fabriqué par le jeune réalisateur chinois est un bel hommage au 7ème art
Raison suffisante pour ne pas rater ce film exigeant et fascinant
Colette Lallement-Duchoze
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