Akiko Ohku (Japon 2025)
avec Riku Hagiwara (Toru) Yumi Kawai (Hana) Aoi Itô (Sacchan) Kodai Kurosaki (Yamane)
Kyo no Sora ga Ichiban Suki, to Mada Ienai Boku wa
À Kyoto, entre l'université et un petit boulot dans des bains publics, Toru garde toujours ses parapluies à portée de main, tels des boucliers contre le monde extérieur. Quand il rencontre Hana, mystérieuse, lumineuse, fragile, l'évidence naît entre eux, avant qu'elle ne disparaisse soudainement
Comme le dit explicitement ou implicitement (c’est selon) le titre c’est bien la météo qui sera le baromètre des sentiments : la romance amoureuse est scandée par les averses et les éclaircies, le constat « cette météo est ma préférée a la force d’un mantra. En contrepoint ou en prolongement- si Toru Konishi étudiant timide introverti garde son (ses) parapluie(s) c’est qu’il cherche à se protéger contre toute intrusion -malvenue- de l’extérieur.
Mais il est un autre titre (international) She Taught Me Serendipity qui dit l’alliance entre innocence et découverte -et que rappellera Sacchan (la collègue de travail aux bains publics mais aussi musicienne dans un groupe de rock) dans sa déclaration d’amour, à distance (de Toru) avant de disparaître (à la fois de l’écran et de…) dans un long plan séquence (inattendu) .et qui serait comme l’acmé du film –(auquel répondra en écho le long monologue final …)
Et la réalisatrice use de tous les procédés formels pour exprimer ou du moins illustrer les états d’âme les soubresauts d’une conscience et d’une âme qui découvre l’attirance, ses fulgurances insoupçonnées: mais aussi ses désenchantements. Le changement de format : lors de la deuxième rencontre avec Hana on passe du format 16,9 au 4,3 comme si les deux étudiants étaient « enfermés » dans une sorte de bulle- avant que le flash back (mort de la grand-mère) vienne la percuter et ramener le format initial. Il en va de même avec ces distorsions des images (au montage) ou encore de la bande son (déglutition des nouilles, tests répétés sur le volume sonore de la TV) Le film lui-même suit une « trajectoire » qui va de la romance traditionnelle (l’éblouissement des « découvertes » grâce à Hana) vers le drame et pourquoi pas ? le roman d’apprentissage. La dernière partie soit une forme de dénouement relève à la fois du tragique (le thème du deuil était d’ailleurs omniprésent jusque dans la manif contre le génocide à Gaza) et de la promesse (incluse dans le terme sérendipité) alors que la répétition du « monologue » entendu à mi-chemin par une autre voix est paradoxalement et simultanément déroutante et comme allant de soi…telle une évidence solaire
On pourra toujours s’étonner d’une certaine lenteur dans le déroulé, de l’exacerbation sonore (les cris les vociférations prolongées ou la bande son qui multiplie les onomatopées) ou des artifices formels, (interprétés par certains comme des afféteries)
Sous le ciel de Kyoto : n'en reste pas moins un film novateur, riche en thèmes et en procédés- qui mérite le détour !
Colette Lallement-Duchoze
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