25 janvier 2026 7 25 /01 /janvier /2026 08:23

De Mascha Schilinski (Allemagne 2024)

 

Avec Hanna Heckt (Alma) Lea Drinda (Erika) Luise Hever : (Christa) Lena Urzendowsky ( Angelika)  Laeni Geiseler : (Lenka) Claudia Geisler Bading (Irm) Luzia Oppermann (Trudi) Konstantin Lindhorst (Uwe)

BO Stranger d’Anna von Hausswolff

Musique : Michael Fiedler, Eike Hosenfeld

Prix du jury Festival de Cannes 2025

Prix du cinéma européen des meilleurs costumes

Quatre jeunes filles à quatre époques différentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la même ferme, au nord de l'Allemagne, dans l’Altmark.  Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs vies semblent se répondre.

Les échos du passé

La séquence d’ouverture en nous faisant pénétrer dans la maison (et ses secrets, ?) va encoder le film : profondeur de champ, ombre et lumière, lenteur des déplacements, vérité et mensonges -Erika simule l’amputation,- caméra subjective (lent travelling sur le corps endormi de l’amputé), pudique jouissance incestueuse quand le doigt affleure le nombril, aboiement du père « Erika les cochons » puis dans la cour une baffe retentissante sur sa joue…

Et le film débute avec le point de vue d’Alma, gamine à la coiffure impeccable , et au regard scrutateur,... Or en "regardant" le monde des adultes, par le trou de la serrure elle semble  interroger comme à distance les générations à venir (mais aussi le public) sur leur propre identité , proche de l’étrangeté …D'autant que cela était précédé par un plan circulaire très suggestif 

Si des détails permettent de situer (à peu près)  les quatre temporalités (costumes, coiffures, éclairages, technologies, allusion au suicide collectif (Erika) fin de la seconde guerre mondiale, panneau frontalier (entre RDA et RFA) enrôlement (première guerre mondiale) timbres de voix -pour les commentaires en voix off etc..) le spectateur n’en est pas moins dérouté : à la structure fragmentée, à l’éclatement chronologique, se superposent en effet et dans un même fragment  un jeu de prolepses d’analepses, l’entremêlement réel et fantasme,  ainsi que des dédoublements -visages comme décomposés  voire dupliqués par l’usure du temps qui affecte le grain de la photo, Duplication de destins et non croisement...

Véritable labyrinthe mémoriel- bribes de récits parcellaires , où se mêlent noms époques et surtout traumatismes,  cette fresque sibylline peut susciter une réaction violente (quitter la salle au bout de 40 ou 50 minutes… ) ou au contraire "envoûter"  par sa beauté plastique que la réalisatrice magnifie à l’intérieur même du format choisi (4,3) Flous clairs obscurs comme autant de fantômes du « passé » (Alma et son double à la pâleur cadavérique sur la photo, Angelika imaginant sa propre mort broyée par la moissonneuse batteuse) le suicide en héritage (Lia sœur d’Alma, ou Enrika sœur d’Irm la mère d’Angelika) l’inceste discret ou effrontément affiché, C’est là dans ce lieu unique avec ses portes fermées au regard mais non à l’imaginaire, -ou avec celles qu’on entrouvre sur l’inconscient - que s’accomplit le fatum ; mais l’environnement lui aussi peut être mortifère (grouillement des profondeurs de la rivière où l’on croit -ou désire- disparaître à jamais…)

Envoûté le spectateur n’en formulera pas moins quelques réserves : la tendance au dolorisme, la noirceur trop appuyée (quand bien même c’est la condition féminine que la réalisatrice dénonce dans ce glissement des époques- stérilisation forcée, soumission aux diktats patriarcaux entre autres ); les commentaires voix off -qui vont progressivement suppléer aux non-dits aux silences aux ellipses, hélas font redondance avec "les images" qu’ils sont censés illustrer.; les raccords (sonores musicaux ou textuels) ne sont pas toujours convaincants ; les choix esthétiques ne virent-ils pas au bout de 95 minutes au  "procédé" ?

Cela étant, les échos du passé (titre allemand in die Sonne schauen regarde(r) le soleil), est un film qui interroge bouleverse psyché et intellect. Inclassable (et c’est tant mieux) il ne doit surtout pas être boudé….

 

Colette Lallement-Duchoze

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24 janvier 2026 6 24 /01 /janvier /2026 09:19

De Abd Al Malik (France 2024)

avec Makita Samba (Furcy Madeleine) Romain Duris (procureur Boucher) Vincent Macaigne (Joseph Lory) Ana Girardot (Virginie Bega) Philippe Torreton (Philippe Bouguevin) Frédéric Pierrot (maître Godard de Saponay) André Marcon (maître Moreau)  Micha Lescot (Pol Satin)

Musique de   Bilal Al Aswad

. Adaptation de "L'Affaire de l'esclave Furcy" de  Mohammed Aïssaoui (prix Renaudot de l’Essai 2010) 

La Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l'esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l'aide d'un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits...

Furcy, né libre

Le ton (sens propre) est donné dès le début Nous entendons la chanson  "Sanm Ou" "ton sang » composée interprétée par Danyel Waro;  et la musique du film, -personnage à part entière- , composée par Bilal Al Aswad servira souvent de contrepoint aux "joutes oratoires",  -la froideur du  système judiciaire opposée à la détresse des esclaves-; un système qui pendant des décennies aura emprisonné (sens propre et figuré) Furcy dans un combat …Combat que les colons blancs, tenants  du "droit" - théorie et pratique de l’esclavage légalisées par le code noir – étaient sûrs de gagner !

L’écoulement du temps de 1817 à 1843 est signalé par les encarts (mention des années calligraphiées en vert) les rebondissements (depuis le premier procès sur l’Île qui condamne le plaignant jusqu’à celui dans la métropole qui après délibéré décrétera Furcy né libre en passant par l’exil sur l’Île Maurice ) la permanence des préjugés racistes (un esclave est un « meuble » affirmation clamée sans vergogne par Pol Satin (Micha Lescot) l’hypocrisie des colons planteurs et propriétaires d’esclaves dont Joseph Lory (étonnant Vincent Macaigne),  tout cela sert de trame historique dont le factuel serait vérifiable

Certes les résonances avec l’actualité plus de 150 après sont patentes, certes les vues panoramiques sur un ciel embrasé ou sur les flots ne sauraient être esthétisantes -flamboiement rougeâtre annonciateur de douleurs et de morts dans un cas , sordidité du commerce des hommes par voie maritime, implicite dans l’autre, certes le spectateur est invité à faire lui-même le distinguo entre « être libre » et « être né libre »(dans le cas de Furcy combat pour la reconnaissance de la preuve écrite d'un d’affranchissement) A la recommandation de l’aimée "si tu reviens le maître est prêt à te pardonner" Furcy oppose sans violence mais avec aplomb, le bien-fondé de sa propre requête ; c’est là que résident toute l’incompréhension (calculée et hypocrite) du colon blanc et la violence du système… l’ordre impose la violence ? donc celle-ci  est légale et légitime à la fois (les arguments de l'abolitionniste resteront lettre morte, au moins un temps...)

Cela étant, le traitement est globalement assez décevant…. Que de clichés ! et de complaisance dans leur approche : La liste serait longue : gros plans prolongés sur les dos lacérés qui suppurent après avoir été fouettés, ronde des forçats au ralenti, plan en plongée sur la plantation de canne à sucre où les esclaves silhouettés se perdent dans son immensité , plantation lieu de survie malgré la cravache, et lieu de sépulture, aussi, cellule à peine éclairée où les chaînes qui entravent le prisonnier peinent par leur cliquetis à se débarrasser de parasites alors que clopinent des rats ; à l’intérieur des Palais de justice, lors de "plaidoiries" la caméra joue avec les gros plans sur les visages des représentants du "droit" -déclamations éructations, et déclamations récitations, trop théâtralisées;  si le "didactisme" est nécessaire à la contextualisation il verse trop souvent dans la "grandiloquence" Quant aux mini scènes plus oniriques (apparitions de la mère Madeleine, ou de la bien-aimée Virginie) si par le flou aérien et éthéré,  ou par leur lumière dorée, et par la fonction apaisante d'un baume,  elles contrastent avec la dureté tragique du sort réservé à Furcy , elles semblent plaquées artificiellement. Et l’interprétation -trop lisse- de Makita Samba (vu dans les Olympiades ou plus récemment dans Kika) n’est pas toujours convaincante …alors que ses silences ses regards sa gestuelle à peine esquissée auraient dû entraîner l’adhésion…

 

Colette Lallement-Duchoze

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23 janvier 2026 5 23 /01 /janvier /2026 05:39

De  Akihiro Hata (France Luxembourg 2025)

 

Avec Damien Bonnard (Vincent) Samir Guesmi (Saïd) Mouna Soualem (Nour) Issaka Sawadogo (Ousmane)  Sophie Mousel (Delphine) Mounir Fargoun (Farid)  Tudor Aaron Istodor (Mihai), Ahmed Abdel Laoui (Ahmed) , 

 

Festival Venise 2025

Vincent travaille au sein d’une équipe de nuit sur le chantier de Grand Ciel, un nouveau quartier futuriste. Lorsqu’un ouvrier disparaît, Vincent et ses collègues suspectent leur hiérarchie d’avoir dissimulé son accident. Mais bientôt un autre ouvrier disparait.

Grand Ciel

Emprise vorace du "libéralisme désinhibé", Indifférence collective inhumaine et glaciale !!! c’est ce que dénonce le réalisateur d’origine japonaise vivant en France, dans son premier long métrage  Grand Ciel 

Voici un groupe de travailleurs casqués qui œuvre de nuit (même en cas de panne d’électricité…) pour la construction d’un vaste et ambitieux quartier novateur baptisé Grand Ciel. Deux ouvriers y incarnent deux forces opposées contradictoires - le collectif et l’individualisme. Saïd (Samir Guesmi) représentant syndical soucieux avant tout de la sécurité, tente d’alerter la hiérarchie sur les disparitions injustifiées d’ouvriers, puis de créer un groupe de soutien, en vain…il sera évincé…Peut-on progresser dans la hiérarchie sans trahir les siens ? Dilemme auquel est confronté Vincent (Damien Bonnard) ouvrier intérimaire nouvellement embauché. Taraudé ( ?) dans un premier temps, mais désireux avant tout de se loger décemment avec sa compagne Nour et son fils, puis promu contremaître il prend sa décision: un geste brusque et des propos comminatoires : prémices à la tragédie, … La maladie du béton armé la RAG qui ronge d’abord les immeubles va s’attaquer aux corps (gros plan sur ces mains contaminées  qu’une eau lustrale tente de récurer) jusqu’à les engloutir…mais aussi aux âmes… N’est-ce pas la métaphore d’un « capitalisme désinhibé  ?

Les plans format scope, le travail sur la bande son (Carla Pallone) qui « maintient un climat anxiogène », le travail sur la lumière de David Chizallet (les néons, le bleuté, la poussière fantomatique, le corps linceul,  opposés aux lumières franches des séquences de jour), la dynamique interne -progression du « réalisme social » vers le fantastique, plutôt que vers l’enquête de type criminelle, faisant ainsi fi du « prévisible », l’espace du sous-sol -6 devenu espace mental, et la construction circulaire -la toute dernière séquence reprend en écho le prologue prouvant si besoin était que l’épisode tragique n’aura été qu’une parenthèse vite oubliée ….–tout cela concourt à transformer ainsi le chantier en monstre dévoreur et par extension le capitalisme qui le sous-tend

Raison suffisante pour ne pas opposer aux choix du réalisateur les arguments/prétextes du réalisme ou du polar

Raison majeure pour ne pas bouder ce film

 

A ne pas rater!

 

Colette Lallement-Duchoze

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22 janvier 2026 4 22 /01 /janvier /2026 20:12

Le 12ème festival de films de femmes

aura lieu

 

du 5 au 8 février 2026

 

Au Cinéma Omnia  Rue de la République Rouen

Festival Elles font leur cinéma 12ème édition

 

Accueil - Elles font leur cinéma

 

EDITO: Pour cette édition 2026, nous sommes heureuses de mettre en valeur le travail de réalisatrices talentueuses venues des quatre coins du monde.

Au programme  : une sélection de longs-métrages, dont des documentaires et une séance de courts-métrages, qui exploreront des thèmes variés avec sensibilité et audace.

Le festival offrira également l’opportunité unique d'échanger   directement avec certaines des réalisatrices   lors de temps d’échange en fin de séance.

 

Venez découvrir des histoires inspirantes, rencontrer des femmes passionnées par leur métier    et célébrer ensemble  la diversité et la richesse du cinéma féminin 

 

www.elles-font-leur-cinema.info

 

ProgrammeWeb.pdf

 

Festival Elles font leur cinéma 12ème édition
Festival Elles font leur cinéma 12ème édition

BLUE ROAD  L' HISTOIRE D'EDNA O'BRIEN DE SINEAD O'SHEA (Irlande Royaume Uni 2024)

 

SAMEDI 7 FEVRIER 17H en présence de Sabine Wespieser éditrice 

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19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 14:19

De  Chloé Zhao (USA 2025)

 

avec Jessie Buckley (Agnes Shakespeare) Paul Mescal (William Shakespeare) Emily Watson (la mère de William) Jacobi Jupe (Hamnet) Joe Alwyn (le frère d’Agnes)

Musique de Max Richter

Prix du public festival de Toronto

4 janvier 2026 Critics Choice Movie Awards   prix de la meilleure actrice pour Jessie Buckley

11 janvier 2026 le Golden Globes de la meilleure actrice dans un film dramatique pour Jessie Buckley

 

Vu en avant-première dimanche 18 janvier 

sortie en salle le 21 /01/ 2026

Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel

Hamnet

Toute tentative de démêler le « vrai du faux » serait frappée d’inanité. Car en adaptant le texte de Maggie O’Farnell (co-scénariste d’ailleurs) qui fait de la douleur, du deuil, la naissance d’un chef d’œuvre, la réalisatrice imagine de manière fictive les coulisses de la création. Et de fait on assiste à une forme de déplacement /décentrement -par rapport aux attendus historiques ou autres sur le dramaturge -…Ainsi le rôle éminent joué par l’épouse Agnes, herboriste et magicienne,  (même si le passage de Wil à William Shakespeare est un des ressorts de la dynamique interne), la nature comme force tellurique voire chtonienne très puissante (cf son omniprésence au début), le pouvoir structurant du deuil - le vide éprouvé par la mort d’un enfant, au plus profond de soi dans sa chair dans son être tout entier, s’il est impossible à combler, pourra être mis en mots : seul l’art serait habilité à  dire  la perte ? Ajoutons que la mort d’Hamnet est présentée comme un rite sacrificiel (le jumeau veut sauver Judith) et que de bout en bout vie et mort loin de s’opposer en dichotomie sont corrélées (depuis la tache rouge dans le vert au tout début, l’habitacle de vie en forme de sépulcre, le bébé mort-né lors du second accouchement soudainement ressuscité, jusqu’aux larmes de William interprétant le fantôme du père dans la pièce nouvellement créée Hamlet, en passant, par l’équivalence des prénoms : Hamlet comme  variation élisabéthaine de Hamnet …Et c’est bien le récit du mythe d’Orphée et d’Eurydice qui émeut Agnès…alors que Wil précepteur de latin fauché le récitait comme  "jeu" de séduction…mythe qui s’inscrit dans la méditation sur la vie et l’art (ou l’inverse)

Le film se déploie en fragments structurés en actes (passage écran noir) avec ellipses (temporelles) qui ne nuisent pas à la « compréhension » Il privilégie le « sensoriel » (qui n’évitera pas les pièges du sensationnel). La réalisatrice alterne les ambiances ocrées des scènes d’intérieur et les couleurs plus franches des extérieurs, les gros plans sur les visages des deux protagonistes et des plans plus larges sur les membres de la famille, de même elle alterne -ou fait cohabiter- le sombre et le lumineux, le charnel et le poétique, le lyrique et le tragique, le prosaïque et le mystique, avec cette lenteur qui lui est propre. Et la métamorphose de la mère de William (surprenante Emily Watson) -la réprobation initiale se mue en bienveillance- s’inscrit elle aussi dans cet entremêlement thématique- lumière ténèbres- et qui culminera dans la dernière partie (espace scénique du Globe Theatre reconstitué)

 être ou ne pas être ! étrange résonance ! 

Mais hélas comme pour Nomadland il y aurait beaucoup de nuances  à formuler comme autant de bémols  : des étirements inutiles où se devine la complaisance - mort de l’enfant Hamnet -, cris en échos, visages déchirés dévastés par la douleur, paroles et spasticité, champs-contrechamps tout à la fin trop appuyés quand bien même il convenait d’alterner les points de vue et de "réconcilier " par l’art les époux endeuillés et comme …séparés; quand bien même   le dénouement aurait la force d’une catharsis à l’ancienne. De même  on pourra regretter cette propension à "lénifier" une légitime empathie ou carrément -après tout n’est-ce pas la même chose ? - manipuler l’émotion (et l’extrait musical signé Max Richter qui clôt le film corroborerait cette  impression) 

 

Colette Lallement-Duchoze

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17 janvier 2026 6 17 /01 /janvier /2026 09:17

D'Annemarie Jacir (Palestine Jordanie  2024)

 

avec Hiam Abbass, Karim Daoud Anaya (Yusuf) Jeremy Irons (Haut-Commissaire Sir Arthur Wauchope) Roberto Aramayo, Saleh Bakri, Billie Howle

 

Présenté dans différents festivals 

Présélectionné pour l'Oscar du meilleur film étranger 

Palestine, 1936. La grande révolte arabe, destinée à faire émerger un État indépendant, se prépare alors que le territoire est sous mandat britannique.

Palestine 36

La réalisatrice palestinienne aborde avec Palestine 36 un épisode de l’histoire de son « pays » moins connu que la Nakba (la catastrophe 1948) : celui du soulèvement des Arabes en 1936 alors que la Palestine  est sous mandat britannique. La préparation du film fut très longue (reconstitution, restauration d’un village, construction des véhicules militaires, culture de terres etc..  et au moment où allait commencer le tournage en octobre 2023, tout recommencer …..en Jordanie …mais en novembre 2024 elle  parvient  à « boucler » en filmant à Jérusalem. Si l’on ajoute les 9 années de recherches, les heures de visionnage des documents d’époque (les Britanniques filmaient tout) Palestine 36 est une entreprise quasi titanesque. Qu’on ne peut éreinter d’un revers de main ou par de prétendus jugements – non argumentés et péremptoires (Se rappeler -et c’est un minimum- les épisodes marquants depuis la fin du XIX° … ou même juste après la première guerre mondiale, les accords de Sykes-Picot, la déclaration Balfour, le mandat britannique, l'implantation de colonies, car précisément le film Palestine 36 « s’enracine dans ce contexte »)

Annemarie Jacir a voulu que les images d’archives (en noir et blanc) soient « colorisées »  Insérées dans sa fiction, elles semblent faire partie de ce tout (elles seront repérables au changement de format…) Nous sommes face à une œuvre hybride -où la « petite » histoire, celle  de Yusuf s’entremêle à la grande,-  celle d’un soulèvement cruellement réprimé, (pour 1 Britannique tué des mesures répressives s’abattent sur tout un village ….ce que fait fera hélas tout pays occupant et colonisateur …)

1936 ce fut la première rébellion de masse contre la règle coloniale, mais hélas déplore la réalisatrice nous continuons à payer le prix fort….

On pourra certes reprocher une forme de démonstration « théâtralisée» (répartition des groupes dans l’espace, diction ou gestique, discours sentencieux appuyés, classicisme de la mise en scène) mais force est de reconnaître que le récit labyrinthique dans ses ramifications (encore que chaque partie soit annoncée par des images d’archives..) aura permis à la cinéaste de « tisser un fil » entre des personnages aux motivations différentes et aux choix d’abord opposés (accepter ou se rebeller, fuir ou rester  ) qui -et ce sera la dynamique interne- vont finir par se rejoindre. ( "pluralité" d'un système "choral") De plus la « création » de personnages palestiniens assez composites (à la différence des personnages britanniques non inventés ) , le rôle dévolu aux femmes (la journaliste Khuloud, la mère figure de la résistance au village) et les questionnements individuels ou collectifs résonnent encore aujourd’hui (la course de la gamine et du jeune frère en seraient les prémices....)

Et ce n’est pas pur hasard si le film se clôt sur le son de la cornemuse (instrument qui selon des « spécialistes » serait né au Levant…)

Un film à voir !

 

Colette Lallement-Duchoze

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14 janvier 2026 3 14 /01 /janvier /2026 05:49

De Lee Sang-il (Japon 2025)

avec Ryo Yoshizawa, Ryusei Yokohama, Ken Watanabe

 

Adapté du roman Kokuho (2018), (trésor national) de Shuichi Yoshida

Présenté à la Quinzaine des Cinéastes, Festival de Cannes, 2025

 Représentera le  Japon aux Oscars 2026

Nagasaki, 1964 - A la mort de son père, chef d’un gang de yakuzas, Kikuo, 14 ans, est confié à un célèbre acteur de kabuki. Aux côtés de Shunsuke, le fils unique de ce dernier, il décide de se consacrer à ce théâtre traditionnel. Durant des décennies, les deux jeunes hommes évoluent côte à côte, de l’école du jeu aux plus belles salles de spectacle, entre scandales et gloire, fraternité et trahisons... L'un des deux deviendra le plus grand maître japonais de l'art du kabuki.

Le Maître du Kabuki

MAGNIFIQUE

Oui ce film "magnifie" un art traditionnel japonais où les gestes millimétrés et codifiés, les costumes somptueux les maquillages impressionnants, les déclamations des onnagata  (dans le kabuki les rôles de femmes sont interprétés uniquement par des hommes) la musique (les percussions surtout) créent un spectacle visuel grandiose voire hypnotique. Et le cinéaste alterne gros plans sur les visages et plans plus larges et serrés -changement de costumes sur scène, vues en frontal ou en plongée (espace scénique savamment quadrillé avec la répartition acteurs instrumentistes, percussionnistes,) et caméras au sol ou à hauteur du personnage. Une caméra dynamique pour un spectacle  "figé" dans ses codes

Tout cela concerne les séquences sur scène…Or, nous pénétrons aussi dans les coulisses : répétitions, exigences du maître dans la recherche du geste et de l’intonation, des mouvements quasi imperceptibles de la nuque, loges et maquillages avant le spectacle ; mais surtout -et c’est la dynamique interne -, le film évoque les tensions entre les deux danseurs (l’un Kikuo le plus doué mais fils de yakuza), l’autre Shunsuke, fils unique du maître, seul habilité à perpétuer la tradition –(ce que revendique l’épouse et mère..) Tensions qui iront s’exaspérant sur plusieurs décennies; car le film propose une vaste fresque de 1964 à 2014 depuis l’apprentissage, la formation du duo d’onnagata jusqu’aux séparations forcées et trahisons, (en passant par la décision du maître Hanjiro blessé de voir Kikuo le remplacer) avec frustrations et rebondissements spectaculaires.

Un des intérêts du film est d’entremêler étroitement vie et théâtre (un jeu d’interférences et de mises en abyme trop appuyé parfois…)

Le film s’ouvre sur une séquence de gangsters (affrontement de bandes rivales de yakuzas) puis il nous immerge très vite  dans l’univers des comédiens de kabuki. Etrange ? En fait nous passons d’un monde régi par des lois strictes avec effusion de sang (nous sommes à Nagasaki 1964) à un autre qui obéit lui aussi à des conventions drastiques -mais où le refus des liens du sang va enrayer (définitivement ?) le système….(du moins dans la fiction) 

Oui le kabuki est un  "héritage sacré"; malheur à l’usurpateur ; enfreignant une règle jusque-là inamovible, la promotion d’un danseur ultra doué mais hors conventions aura de douloureuses répercussions MAIS contre l’ordre établi Kikuo sera "sacré"  (2014) meilleur danseur de kabuki -trésor national - c’est le sens littéral du roman dont s’est inspiré le réalisateur

Oui la perpétuation de cet héritage implique des zones d’ombre qui contrastent violemment avec la magnificence du  "spectacle" et parmi elles la mégalomanie qui dicte à des "acteurs" leur choix de vie inhumains (dont le reniement, le  "pacte avec le diable") ; or par un effet- twist,  le face à face final entre la fille "illégitime" devenue photographe et le père vieillissant récemment promu semble résonner comme une "réconciliation"…

Et ce hors champ à la fois poignant et prégnant dans son invisibilité même : comment un individu peut jouer sa vie durant le rôle d’un personnage de l’autre sexe, sans ridicule ? (la mini séquence de tabassage homophobe n’étant qu’un épiphénomène …)

Un film où la lenteur calculée a la grâce et l’élégance d’un geste impalpable (idéal car idéalisé ?)

A ne pas rater !

 

Colette Lallement-Duchoze

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13 janvier 2026 2 13 /01 /janvier /2026 06:00

De Craig Brewer. (USA 2025)

 

Avec Hugh Jackman, Kate Hudson, Ella Anderson,  Michael Imperioli,  King Princess, Mustafa Shakir, Hudson Hensley, Fisher Stevens,  Jim Belushi

 

 

Film inspiré d'une  histoire vraie. Mike et Claire Sardina, un couple de musiciens fauchés, décident de redonner vie à la musique de Neil Diamond, légende vivante de la variété américaine. Ils forment un groupe pour lui rendre hommage 

Sur un air de blues

Le film quitte l'affiche ce jour ....

Il fallait se méfier du titre français. Car ni Neil Diamond (artiste de variétés encore vivant, artiste méconnu en dehors des USA ) ni le duo qui dans les années 90 l’a "pastiché" Mike Sardina (interprété par Hugh Jackman) et sa femme Claire (Kate Hudson) ne se sont illustrés dans ce genre…."le blues"  Le titre original étant Song Sung Blue (titre d’une chanson de Neil Diamond)

Sur un rythme assez trépidant  - du moins  en I et III-,  avec paillettes et prestations parfois outrancières,  où la temporalité est scandée par les "anniversaires"  de sevrage alcoolique (Mike vétéran du Vietnam, ancien alcoolique, annonce ses 20 puis 21 et 22 années d’abstinence (B A B A des alcooliques anonymes), le film suit une trajectoire qui va du feel good movie (première partie) au mélo (suite à un accident qui laisse Claire à la fois mutilée et dépressive) avant un regain de…jusqu’à la mort de l’un des protagonistes -mort qui coïncide avec la gloire ...tant rêvée!

Deux instants de rupture -écran vide et/ou noir, musique hallucinée- au moment de l’accident brutal -inattendu- et lors du passage de vie à trépas -une mort annoncée..  -deux instants surprenants, alors que l’ensemble est assez décevant…

On aura assisté au défilé de tous les « poncifs », tomber amoureux au premier regard, rôle des AA, musiciens fauchés, les vétérans du Vietnam, psychanalyse de comptoir -pratiquée avec sérieux par les deux filles, reproduction du métier de garagiste, dégoulinement huile et sang, duplication des écrans -le fils de Claire apprenti vidéaste filme son beau-père lui-même filmé, la grossesse non désirée de la fille de Claire, gros plans  inefficaces  et ridicules sur la prothèse, etc..

Poncifs, pourquoi pas ? Mais surenchère, Non!  surtout dans la mièvrerie…

Quid du contexte social (les banlieues pavillonnaires la paupérisation) à peine esquissé…

 

Colette Lallement-Duchoze

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11 janvier 2026 7 11 /01 /janvier /2026 09:19

De Lav Diaz (Portugal Espagne Philippines 2024)

 

Avec Gael Garcia Bernal  (Fernand Magellan) Roger Alan Koza : (Afonso de Albuquerque) Ângela Ramos : (Beatriz), Amado Arjay Babon  (Enrique)

 

 

Sélection officielle Cannes Première , Festival de  Cannes 2025

Représentant des Philippines aux Oscars 2026

Porté par le rêve de franchir les limites du monde, Magellan défie les rois et les océans. Au bout de son voyage, c'est sa propre démesure qu'il découvre et le prix de la conquête. Derrière le mythe, c'est la vérité de son voyage.

Magellan

Ce qui frappe d’emblée dans le film du réalisateur philippin Lav Diaz, c’est l’extrême lenteur (malgré ici et là quelques accélérations); les plans fixes prolongés,  la maîtrise (cadrages composition) qui les transforme en tableaux, loin d’hypnotiser les spectateurs, auront eu raison des attentes de certains - ils quittent la salle après 40’ (durée du film 2h40)…Or le film -en dehors de ses qualités formelles indéniables-  adopte un point de vue très intéressant qui fait table rase de certains préjugés coloniaux érigés en force civilisatrice (ici l'évangélisation contre l’ennemi le Musulman mais en fait conquête de territoires, appropriation des richesses par la violence) et qui déconstruit certains « mythes » idéalisant les navigateurs « ces grands conquérants bienfaiteurs » (Magellan blessé à Malacca, méprisé à Lisbonne, le premier d’une circumnavigation dont il ne put  réaliser que la moitié, Magellan et sa folie des grandeurs, instigateur des pires exactions, commises tant sur son équipage que sur les autochtones) Le film ne verse pas pour autant dans le manichéisme. Magellan, malgré son hubris éhontée sa violence forcenée, apparaît aussi comme un être mélancolique (ce dont témoigne la récurrence des mini séquences oniriques en noir et blanc où la parole de l’épouse Beatriz dispense une vision à la fois élargie et intime du pouvoir et de la conquête)

Mon sujet c’est l’histoire philippine proclame le cinéaste. Tout en sublimant les paysages de l’archipel, il met au cœur de son (faux) "biopic"   Humabon (roi de la communauté rencontrée par Magellan à son arrivée sur l’archipel et dont il va sauver le fils) Lapu Lapu (ce chef qui a tué l'explorateur navigateur) et surtout Enrique, l’esclave philippin -acheté par Magellan à Malacca et qui va le suivre en Europe et jusqu’à Cebu- Enrique  témoin et narrateur qui, au final serait la figure de proue de tout le film (?)  Mais  Lav Diaz remet  aussi en cause les "mythes" de son pays (dont le prétendu Lapu Lapu) et partant le pouvoir mystificateur de dirigeants philippins après des siècles de « colonisation » outrancière (dont Magellan fut le pionnier)

Le film s’ouvre sur une séquence assez désarmante…. Voici une femme nue dans une rivière ; hébétée elle voit la  "venue de l’homme blanc" : regard effaré, course effrénée (prévenir les siens) et commentaire dans la langue locale "c’est un signe des dieux ; un signe de notre émancipation" …. Or tout le film qui illustre le "contraire" ne se départira pas de cette cruelle ironie

Refusant le "spectaculaire" (batailles sanglantes par exemple) préférant l’ambiance à l’action, optant pour le format 1,33 Lav Diaz propose une vision parfois hallucinée (corps mutilés, visages crispés de douleur et figés ainsi pour l’éternité,) que sublime la photo d’Artur Tort, réaliste souvent (flots impétueux que renforce la bande son) naturaliste aussi (dans les tons ocre foncé le quotidien d’une communauté et sa ferveur animiste) Une vision esthétisante mais pas toujours convaincante : ainsi les plans fixes sur les membres de l’équipage moribonds ou sur ces corps entremêlés gisant à même le sol suite à une bataille restée hors champ, ou encore sur les lamentations de cette personne suite à la démolition des totems protecteurs, trop prolongés ces plans sont vidés de leur puissance suggestive, de leur force persuasive..

Un film exigeant, âpre et élégiaque  à la fois? Assurément

Un film qui peut tout autant fasciner séduire – l’épisode maritime et ses bateaux "cercueils flottants",  les paysages paradisiaques, les ciels tourmentés par exemple- , que rebuter …

 

Colette Lallement-Duchoze

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10 janvier 2026 6 10 /01 /janvier /2026 06:44

De Victor Erice (Espagne 1983 version restaurée)

 

avec Omero Antonutti (Agustín Arenas, le père) Sonsoles Aranguren (Estrella enfant) Iclar Bollain (Estrella à quinze ans) Lola Cardona (Julia, la mère) Rafaela Aparicio (Milagros, la nourrice) Aurore Clément : (Laura/Irene Ríos)

 

Le réalisateur a reçu en décembre 2025 le prix d'honneur du festival Laceno d'Oro à Avellino, en Italie, 

 

Dans l’Espagne des années 1950, Estrella, une jeune fille de huit ans, vit avec ses parents au nord du pays, dans une maison appelée “La Mouette”. Son père, Agustín Arenas, médecin taciturne et mystérieux, radiesthésiste à ses heures, est originaire du sud de l’Espagne, région qu’il n’évoque jamais. Intriguée par ses silences, Estrella grandit en essayant de percer le mystère qui entoure la jeunesse et les blessures passées de cet homme qu’elle admire profondément...

Le Sud

"Le nœud essentiel du Sud n'est pas la perte, la mort du père. Mais la reconstruction de sa personnalité à travers l'accession de sa fille à l'âge adulte " (Victor Erice)

 

Le film aurait dû comprendre deux parties dont une consacrée au Sud…(à l’instar du texte dont il s’inspire) mais pour des raisons financières le producteur en a décidé autrement. Or, la fin brutale est loin de résonner comme un « couperet » ou quelque chose d’inachevé ; n’ajoute-t-elle pas une part de mystère à ce Sud -que nous ne verrons pas…Un Sud énigmatique que les fantasmes de la jeune Estrella ses questionnements sur les non-dits du père (dont il est originaire) non-dits devenus stigmates de douleur -, transforment en mythe. Mythe des origines, mythe de la Vie (amour caché) et de la Mort (guerre civile, choix du père ostracisé par les siens, combattant « dormeur du val » …)

La toute première séquence -écran noir bleuté, présence d’une fenêtre, alors que progressivement émergent quelques touches de couleur et que se dessine le drapé d’un lit - alors que retentit l’appel répété « Augustin » alors qu’Estrella découvre l’écrin (du pendentif) et que sa voix off commente les faits, cette scène inaugurale semble contenir le tout : une chambre comme caisse de résonance et chambre noire, une voix off explicative, un père régulièrement absent (l’absence sera d’ailleurs déclinée dans sa polysémie) le rôle du pendentif et surtout le traitement très pictural de la thématique : enfance, secret, ombre et lumière ; une scène qui reviendra comme pour scander ce récit rétrospectif

Récit intimiste et contemplatif aussi fait d’une succession de mini scènes comme autant de tableaux (dont certains rappellent les peintures de Vermeer ou du Caravage), paysages et ambiances de clairs-obscurs tout cela en harmonie avec la dialectique de l’ombre et de la lumière, avec celle du conscient et du rêve, de la réminiscence et du fantasme, en harmonie aussi avec le contraste entre le Nord (là où vit a vécu Estrella dans cette maison La Mouette à la périphérie d’une bourgade innommée) et le Sud (sa connotation de chaleur et de passion) De même les ouvertures et fermetures au noir qui jalonnent le récit n’illustrent-elles pas la dichotomie perte et remémoration ? Récit initiatique enfin car après s’être interrogée sur les énigmes d’un père adulé, -que percer les mystères se fasse à pas feutrés ou plus frontalement -, après avoir idéalisé ce père médecin, sourcier, ce cavalier lors de la cérémonie de sa première communion, cet homme qui aurait aimé en secret Irène, Estrella se rend à l’évidence -et le face à face au restaurant, le dernier de son vivant, le prouverait aisément- il n’y a pas de magie, il n’y a pas de héros ...

Malgré les qualités formelles indéniables, et surtout le traitement de la lumière diffuse rasante ou réfractée, malgré le rôle du hors champ, la puissance suggestive des non-dits et des ellipses, la voix off est beaucoup trop présente, démonstrative et explicative

Dommage

 

Colette Lallement-Duchoze

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