De Bertrand Usclat et Martin Darondeau (2025)
Avec Pauline Clément, Laurent Stocker, Julien Frison Marina Hands Adeline D'Hermy, Danièle Lebrun, Sefa Yeboah, Christian Hecq, Florence Viala, Serge Bagdassarian, Sephora Pondi, Guillaume Gallienne, Benjamin Lavernhe, Elissa Alloula ,
Prix : Festival de l'Alpe d'Huez : - Prix du Public - Prix Spécial du Jury - Coup de cœur de la Région Auvergne Rhône Alpes - Prix des abonnés CANAL +
Dans trois heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l'agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d'égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n'a pas d'autre choix que d'aller jusqu'au bout, car s'il y a bien une règle d'or à la Comédie-Française, c'est qu'on n'annule pas. Commence alors une course contre-la-montre pour sauver la représentation.
Dans le concert de louanges osons quelques bémols
"Désacraliser" une institution "prestigieuse" en pénétrant ses coulisses, (créée en 1680 par Louis XIV comme le rappellera le fantôme de Molière/Benjamin Lavernhe qui invite Nina/Pauline Clément à ne pas " flancher" ; et dans le titre la préposition "de" signe à la fois appartenance, apanage, référence) ; cela n’est pas novateur..., et d’ailleurs n’est-ce pas le propre de toute "métafiction "? Accumuler en si peu de temps (soit à 3h du lever du rideau ce que sont censés rappeler les encarts d'indices temporels) et…pour une avant-première, en présence de la Ministre de la Culture, accumuler donc tous déboires techniques autant qu’humains, n’est-ce pas l’illustration de l’exagération, soit un des ressorts de la caricature ? Dont acte
Mais transformer une comédie (qui se prétend légère) en grand guignol… assez convenu d’ailleurs… ne saurait convaincre
Tous les acteurs convoqués sont pensionnaires ou sociétaires de ladite institution …Pauline Clément "interprètera" une jeune actrice, c’est sa première mise en scène (Macbeth) elle doit TOUT gérer, elle est entourée de "partenaires illustres" Guillaume Gallienne, le concierge psychorigide-, Laurent Stocker -imbu de lui-même et simultanément cocufié par une Marina Hands vedette volage, Danièle Lebrun star de la dernière garde et ses pétards comme anti dote au trac, Christian Hecq régisseur son et lumière volubile et prétentieux, Sephora Pondi maquilleuse habituée des plateaux TV catapultée in extremis, Florence Viala, costumière gouailleuse, Sefa Yeboah ouvreur aussi élégant que pétri de culture théâtrale…Un rythme soutenu (quasiment de bout en bout) où un vélo puis un couffin vont nous guider dans certains couloirs jusqu’alors invisibles au public; des coucheries vite expédiées, des propos machos, des déclamations qui virent aux hurlements (Molière triomphant est devenu triomphaliste, le concierge éructe sa paranoïa) des commentaires saugrenus (la culotte telle la banane de Cattalan, symbole d’avant-gardisme…) un épilogue qui en donnant la parole à Shakespeare battant sa coulpe et forcené de l’autodérision, frise le ridicule, auparavant le Molière ressuscité se gaussait des quinquennats contemporains comparés au règne de Louis XIV , etc..etc
Ne serait-on pas invité à monter sur les planches d’un théâtre de boulevard ? (censé être ici l’envers du théâtre de la Comédie Française)
Certes on devine l’urgence (cf la genèse et la réalisation du projet) est-ce une excuse pour justifier la "paresse d’écriture" qui se contente de "formatages préétablis" ? Certes les réalisateurs se sont "inspirés" des anecdotes collectées in situ, mais c’est leur traitement qui cabosse l’ensemble et altère les ressorts de la (C)comédie….(dont le fil conducteur est l'indéboulonnable compte à rebours...)
Décevant !
Colette Lallement-Duchoze
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