7 mars 2026 6 07 /03 /mars /2026 12:44

Documentaire réalisé par Antoine Vazquez (2025)

 

Présenté dans de nombreux festivals 

Synopsis "

Benoît a construit son paradis à l’abri des regards, il s’est émancipé à sa manière, résolu à faire face aux contraintes d’un territoire qui, dans les imaginaires, entre en conflit avec son identité. Un jour, lui et d’autres queers du coin décident d’organiser la première Pride du Périgord vert, parce qu’il est temps de sortir du bois, de prendre l’espace pour se célébrer, se réparer et enfin ouvrir une voie."

Pédale rurale

Queers du terroir hors du placard  Pédale rurale, c’est fini la cavale ! »

Comment ces formules sont devenues "slogans festifs" arborés lors d’une gay pride en Dordogne, n’est-ce pas l’enjeu de ce long métrage documentaire ?

A Saint Paul La roche ( ?)vit Benoît le gay le solitaire le solaire.

Il raconte, il se raconte face à Antoine Vasquez qui l'a filmé pendant 5 ans. Questionnement sur le langage (être queer à la campagne ? foin des étiquettes ?) sur l’image (dans toutes les acceptions du terme) sur l’homophobie (on ne s’appesantit pas sur l’acte dont Benoît fut victime) sur le comment vivre son homosexualité en milieu rural (surtout quand on y a grandi qu'on est connu et qu’on y est revenu…)

Le film s’ouvre sur une scène de "jardinage"  le dos nu de Benoît en pleine lumière envahit l’écran ; il est en train de tondre (tondeuse mécanique d’un autre âge) ,la chaleur de l’été se répand en perles de brillance ; corps de trentenaire (ou quadra) à la beauté filiforme, éphèbe à l’antique, Benoît .peut  se revêtir d’une jupe tel un derviche tourneur, se dévêtir et plonger nu dans l’élément liquide (le bleu vert du lac qui l’habite ainsi de sa transparence ne rappelle-t-il pas un tableau de Hockney ? ) ou encore manipuler avec élégance la lice de son métier à tisser, rafistoler un épouvantail aux allures de sorcière etc.. Et se succèdent les saisons : à la lumière étincelante de l’été, aux couleurs rouges flamboyantes, ou mordorées, au vert de velours de son jardin (Un Eden moderne ce «paradis sans concessions ) au vert plus assombri ou émeraude de la forêt -réceptacle de ses airs baroques- va succéder la nature comme endeuillée en ses ramures dénudées avant que  la blancheur hivernale ne la recouvre entièrement là où le crissement des pas perturbe à peine son ensevelissement 

Or ce que nous pensions être un portrait va se parer d’accents plus "universels" d’autant que "allant vers les autres"  (cf les mini séquences au bar associatif, en vue des préparatifs d’une gay pride, en écho inversé aux séances du conseil municipal) Benoît investi avec les "autres" , peut clamer son identité la revendiquer , et s’extraire de son isolement

Oui le film bifurque sur une affirmation de soi -qui sera aussi et simultanément acceptation d’une  "démultiplication"   et le dernier plan (celui de l’affiche ) chante haut et fort cette (re)conquête

Un film que je vous recommande

D’autant que vous serez amené à "combler"  des interstices (questionnements laissés délibérément sans réponse)

 

Colette Lallement-Duchoze

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