10 mars 2026 2 10 /03 /mars /2026 06:32

de Mélisa Godet (France 2025)

 

avec Karin Viard: (Diane) Laetitia Dosch (Manon) Eve Haïdara (Awa) Ouleya Amamra (Inès) Pierre Deladonchamps (Alexandre) Juliette Armanet (Lucie) Jean Charles Clichet (Gilles) Laurent Stocker (l’inspecteur) Aure Atika (la mère d’Inès)

À la Maison des femmes, entre soin, écoute et solidarité, une équipe se bat chaque jour pour accompagner les femmes victimes de violences dans leur reconstruction. Dans ce lieu unique, Diane, Manon, Inès, Awa et leurs collègues accueillent, soutiennent, redonnent confiance. Ensemble, avec leurs forces, leurs fragilités, leurs convictions et une énergie inépuisable.

La Maison des femmes

Mélisa Godet découvre La maison des femmes de Saint-Denis (fondée en 2016) à travers la voix de sa fondatrice Ghada Halem, entendue à la radio ; séduite par son engagement elle décide d’en faire une fiction. Problème : Comment pour un genre hybride -mélange de réalisme documentaire et de fiction- trouver le ton juste sans verser dans une forme de misérabilisme tire-larmes ou de voyeurisme de la violence,  ou encore de féminisme outrancier ? comment restituer au plus près le travail de "reconstruction" ou du moins de "réparation" (dans ses sens propre et figuré)?  La violence sexiste et sexuelle dont ces femmes furent victimes, restera hors champ (mais elle s’exprimera par de gros plans sur des yeux hébétés, sur des larmes ou par des plans prolongés sur un visage muet et pourtant si éloquent ou dans les mots quand la parole se libère)

Le décor dira dans sa pluralité même, la diversité propre  à cette maison (bureau et accueil de la parole, salles d’examen et corporéité des patientes, couloirs et croisement des situations, cafétéria et "reconstruction"  souvent plaisante du personnel soignant) et le casting (essentiellement des actrices) sera à l’image de la société (où les métiers du soin sont encore largement occupés par des femmes - et où  les victimes de violences sexuelles sont  des femmes,  en grande majorité)

Au début tout en reprenant un "marronnier" du cinéma social (une nouvelle recrue, ses découvertes qui seront simultanément celles du spectateur) voici une succession rapide des différentes activités proposées à ces femmes en souffrance (nous passons d’un atelier à un autre d’un service à un autre) Puis grâce au procédé de l’alternance (groupes et face à face -plans courts hachés et plans séquences  ; personnel « soignant » intra et extra muros soit travail et vie privée,-,  grâce à l’intrusion régulière de forces extérieures (visite des inspecteurs) qui menacent l'existence de cette  Maison.....grâce au mélange d’humour (le franc parler de Manon ou de Awa, les réflexions de Gilles, les situations comiques ) et de gravité (les témoignages bouleversants de ces femmes au corps mutilé  ou sous l’emprise de leurs "conjoints"),  oui grâce à tout cela,  le travail pluridisciplinaire de la Maison des femmes se métamorphose en "un film choral" . Et  la longue séquence au moment de la Covid,  du confinement  imposé, vaut surtout pour ses non-dits hors champ (au spectateur d'imaginer  ce qu'ont subi des femmes cloitrées d'office... en présence de leurs bourreaux)

Le plan récurrent du corps qui embrasse l’eau d’une piscine en la chorégraphiant de ses battements de pieds et de mains comme pour y puiser force calme et volupté semble scander un parcours fait de méandres (administratifs et/ou personnels) d’avancées prometteuses et de menaces d’abandon.

Et pourtant !

On a trop souvent l’impression d’assister à un catalogue/défilé des violences faites aux femmes, catalogue inévitable à force de vouloir les rendre palpables ?  Et comme à l’accoutumée,  Karin Viard (elle incarne la gynéco Ghada Halem) a tendance à sur-jouer, à l’opposé d’autres actrices (mention spéciale à Ouleya Amamra hormis dans le face à face final où elle éructe ses reproches  face à sa mère…) …Et que dire de ces longueurs ou redondances ...évitables !!

Malgré ces réserves  le premier long métrage de Mélisa Godet n’en reste pas moins un film ….à découvrir ! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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