De Yeon Sang Ho (Corée du Sud 2025)
avec Kwon Hae-hyo (le père aveugle Lim Yeong-gyoo),. Park Jeong-min (le fils et Lim Yeong-gyoo jeune) ,Shin Hyun-been (Jeong Young-hee, la mère, Han Ji-hyun hyun (: Kim Soo-jin, productrice de documentaire),
Festival du film coréen à Paris 2025 : film de clôture
Festival du film de La Roche-sur-Yon 2025 : section "Séances spéciales"
Festival international du film de Toronto 2025 : section "Special Presentations "
Chunsa Film Art Awards 2025 : meilleur acteur dans un second rôle pour Kwon Hae-hyo
Aveugle de naissance, un maître artisan, admiré pour la beauté des sceaux qu’il grave, vit reclus avec son fils unique. Mais cette paix vole en éclats lorsque les ossements de sa femme, disparue quarante ans plus tôt, sont découverts. Son fils entreprend alors de mener l’enquête sur ce passé. Cette quête de vérité va dévoiler de lourds secrets, de ceux qui touchent à la laideur humaine
Adapté de son roman graphique et structuré en 5 chapitres/ interviews suivis d’un épilogue (le mot de la fin) ce film aux allures de thriller va explorer simultanément (et ce grâce aux allers et retours entre plusieurs époques) la capitale coréenne, la place du handicap dans la société, le féminicide, et le rapport individuel (et collectif) aux standards imposés et imposant tel ou tel comportement. Une démarche séduisante Mais….
Une journaliste tv en quête de scoop, et le fils de l’artisan vont réaliser un reportage sur la « disparition » de l’épouse de cet aveugle, renommé pour la confection des plus beaux sceaux Yeong-gyu (Kwon Hae-hyo).. C’est que l’on vient de « retrouver » les ossements de la défunte -disparue alors que le fils était un nourrisson
Crime ? les témoignages de tous ceux qui l’ont connue vont ressusciter le passé de cette femme dont on ne verra jamais le visage, hormis dans l’épilogue… filmée de dos ou de profil masqué par les cheveux -A noter ici que le titre anglais the ugly »(le laid) dénature le titre original Eolgul « le visage »
C’était une jeune femme audacieuse dans ses revendications prônant la « justice » un traitement plus égalitaire dénonçant les abus et l’emprise du patron (si infiltré dans tous les milieux qu’il pouvait rendre sa propre justice, entendons trucider les arrogants et révoltés …dans une totale impunité) Mais un tel comportement ne pouvait être avalisé tant par les autres employées que par le mari… C’est que la soumission servile aura été (l’est-elle toujours ?) le « rouage » nécessaire au « prétendu bon fonctionnement » de la société ; avec cette inversion subtile (antiphrase ) des « rôles » la laideur est inhérente aux revendications
Ateliers des années 70 vs la capitale fringante du XXI° mais c’est toujours à des décennies d’intervalle le marasme du capitalisme inhumain ; gros plans sur le visage de l’artisan jeune, sur ses mains magiciennes vs plans serrés sur le « patron » d’usine phallocrate, couleurs glauques vs luminosité, etc. le film est ainsi traversé par un jeu d’oppositions (plans cadrages couleurs et ambiances autant de variantes en fonction des personnes interviewées et des éléments biographiques exhumés )
Mais le film est par trop explicatif -et ce jusque dans la déclinaison des dénotations et connotations de la cécité- Bien plus il s’étire souvent inutilement
Dommage!
Colette Lallement-Duchoze
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