5 août 2026 3 05 /08 /août /2026 04:55

de Cole Webley (USA 2025)

avec John Magaro: le père) Moly Belle Wright (Ella) Wyatt Solis: (Charlie)

 

Musque Christopher Bear

Présenté en avant-première mondiale, édition 2025 du festival de Sundance.

Sélectionné dans de nombreux festivals internationaux dont Miami, Munich, Melbourne

 Prix du jury festival du Cinéma Américain de Deauville 2025

Ella et son frère Charlie sont réveillés en pleine nuit par leur père. Sans explication, il les embarque pour un long voyage sur les routes du Midwest. Alors que les deux jeunes enfants découvrent un monde qu’ils n’ont jamais vu, leur père demeure mutique et soucieux. Ella commence alors à entrevoir la vérité derrière ce voyage improvisé

Sur la route d'Omaha

La paternité mise à mal en période de crise économique, (2008 et les subprimes) – un père quitte brusquement la maison bientôt sous scellés avec ses deux enfants, pour…une destination qui restera délibérément inconnue (quand bien même le trajet est balisé par des signes avant-coureurs). Un roadtrip avec la  traversée de trois états l’Utah, le Wyoming et le Nebraska, où chaque station-service où chaque arrêt motel est comme le théâtre de mini psychodrames (prolongement de ce qui se tramait dans l’habitacle de la voiture) où les vastitudes des paysages traversés aux couleurs ocres ou rouge flamboyant (au soleil couchant) ont la netteté chromatique des cartes postales mais surtout où le « pacte » avec le public est plombé par le « suspense » du non-dit (l’info qui se veut vérifiable est donnée au moment du générique de fin : la loi de 2008 au Nebraska dont l’interprétation est sujette à caution)

Lacrymal pourquoi pas Mais quand la sensiblerie est pontifiante non Le prétendu label (tiré d’une histoire vraie) n’y changera rien.

Cole Webley a fait ses armes dans la publicité et cela se ressent dans son esthétique tapageuse avec effets d'insistance de grossissements, - gueule du chien, zoo de pacotille, feux d’artifice - qu’accentue souvent la bande son qui s’en vient saturer l’espace sonore  Soyons clair : ce que fut l’envers du rêve américain est certes « éprouvé » du côté du père avec la pudeur mutique de qui souffre en silence, de qui refuse révéler l’atroce vérité à ses propres enfants Mais ce qui est « vraisemblable » est entaché (esthétiquement parlant) par la profusion de clichés ou d’emprunts (Malick ou Aftersun) A force de lier intimité familiale et recherche de l’émotion coûte que coûte, le cinéaste aura peut-être fait pleurer dans les chaumières mais sacrifiant l’esthétique il n’aura pas vraiment convaincu (on se laisse prendre au jeu mais pas au-delà d’une demi-heure !)

Cela étant il convient de saluer ’la talentueuse interprétation de Moly Belle Wright’ dans le rôle d’Ella ; et certains spectateurs seront sensibles à ces musiques entendues dans l’habitacle : mélange de rock country électro et le fameux mony mony repris à tue-tête

 

Colette Lallement-Duchoze …

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