16 mars 2026 1 16 /03 /mars /2026 08:49

D'Álvaro Olmos Torrico (Bolivie Pérou Uruguay 2025)

 

 

Avec Maria Magdalena SANIZO, Marisol VALLEJOS, Nely HUAYTA

Photographie: Nicolás Wong

 

 

Prix de l'Arthouse Cinema Award 44ème édition de la section "Cinéma en Construction - Rencontres de Toulouse de Cinélatino.

Présenté dans le cadre du festival A L EST samedi 14 mars à Rouen; débat  en présence de Djam Zerrifi fondatrice de l’association Awinskâa Tribe

 

Clara est une doula quechua qui chante pour apaiser la douleur des femmes enceintes. Sa mère Ana, sage-femme chevronnée, considère ce don comme un miracle. Influencée par une amie, et après une dispute avec sa mère, la jeune femme décide de partir pour la grande ville. Depuis la communauté subit la mort mystérieuse d'animaux et des récoltes, les villageois attribuent cette punition au départ de Clara. Sa mère décide de la retrouver

La Fille Condor

En justifiant son choix le jury (à Toulouse) a évoqué outre la puissance des deux actrices et la simplicité élaborée du filmage une sublimation par le cadre à couper le souffle des Andes. Et de fait la lenteur du rythme, le minimalisme des dialogues s’inscrivent dans un cadre contemplatif  où l’image de Nicolas Wong Díaz frappe par son immense délicatesse. Alternance entre gros plans sur la fille Clara, la mère Ana accoucheuse, dans les intérieurs aux clairs obscurs savamment élaborés et les plans larges sur les paysages alentour -où souvent les personnages sont comme silhouettés courbés sous le labeur, Oui l’image semble glorifier une "sororité" partagée non seulement le temps d’un accouchement – mais dans la perpétuation de coutumes plus que séculaires (les chants se conjuguent aux massages sans passer par les directives plus "scientifiques" pour la délivrance en présence du mari)

Or -et c’est la dynamique du film ,(ô cette loquacité qui se lit dans  le silence de ces regards !) -la trajectoire toute tracée va se briser dans le heurt entre modernité et tradition. La jeune fille à la voix "divine" veut s’émanciper de cette tutelle dans un acte libérateur qui la conduit à la ville (maquillages lumières artificielles, exploitation aussi) ;  la longue marche de la mère à la recherche de sa fille, la découverte sidérante d’un autre univers, et l’acceptation muette, dramatisent la double finalité de l’itinéraire choisi par Clara: en allant de la campagne à la ville c’est le choix de la modernité contre la tradition c’est aussi celui du projet individuel contre le collectif. Est-ce pur hasard si depuis son départ les animaux meurent, les cultures se dessèchent ? Rompre un élément dans le tout et c’est l’équilibre qui est menacé…...

Ce film aux allures de conte initiatique (on ne dévoilera pas la fin ni l’épilogue) tourné en langue quechua et espagnole vaut plus que le détour

Le  condor: cet oiseau si majestueux  aux ailes déployées apparait  dans cet espace azuréen; oiseau menaçant? La quotidienneté  et son osmose  quasi mystique avec l'univers  serait-elle menacée d’extinction ???

 

Un film à ne pas manquer

Colette  Lallement-Duchoze

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