Documentaire réalisé par Bennett Miller (1998 USA)
avec Timothy Levitch
Musique Marty Beller
Timothy "Speed" Levitch, guide touristique excentrique new-yorkais, transforme chacune de ses visites en une véritable performance. À bord d'un bus à impériale, il déclame des monologues fiévreux mêlant poésie, réflexions philosophiques et humour acerbe. Son regard singulier sur la ville fait de ce de ce rôle banal une exploration profonde de la vie, de l'amour et de l'expérience humaine. …
H. G. Wells a écrit que raconter l’histoire de New York, c’est raconter le récit du monde.
Inédit en France ce premier film de Benjamin Bennett (à qui l’on doit l’étonnant Truman Capote 2005) est un documentaire d’une singulière puissance grâce à la rencontre avec un être hors du commun (mais pas hors sol) Timothy Levitch, guide touristique que Bennett Miller a suivi pendant 3 ans, avec sa caméra Mini-DV. Volubile, érudit surnommé « speed » à cause de son débit, ce guide tient en haleine les touristes les vacanciers, à bord du bus à impériale, qui sillonne les rues de New York …Le tour de force est de faire coïncider le discours (le guide semble improviser avec brio) ses envolées lyriques poétiques souvent philosophiques, avec la psyché du personnage, l’histoire de la ville, son architecture, sa culture citant au passage les stars de la jet set ou de la politique, qui ont résidé dans telle ou telle rue, tout cela agrémenté de citations ou empreint de cet humour juif à la Woody Allen
Si l’architecture est l’histoire de toute émotion phallique, alors l’Empire State Building en est la véritable catharsis.
Filmé de près , à bord du bus , à pied ou dans le métro, quand il n’est pas allongé sur une place, Timothy Levitch ne cesse de surprendre -surtout quand le discours se fait confession Oui Timothy Levitch vit en conflit perpétuel avec la ville ; oui la ville et ses tours gigantesques tels des phallus le saisit l’enveloppe pour une forme d’orgasme tant elle est cet organisme vivant dispensateur de bien tout autant que de Mal. D’’ailleurs la Vie ne serait-elle pas la lutte de type manichéen entre Cruise (croisière) et Anti cruise (anti croisière); lui qui a opté pour the cruise se sent mis au ban comme ostracisé (une photo de son visage qu’accompagne un numéro…prouverait des démêlés avec la justice ....)
Alors si New York est la « ville du malentendu » si le plan qui la quadrille -au sol- est l’oeuvre de puritain , lui le guide ne serait-il pas son naufragé et sa parole n'aurait-elle pas la force de la ressusciter? alors que la caméra -et le choix du noir et blanc- fait se profiler en d’éblouissantes contre-plongées ou en déroutantes plongées un organe sculptural vivant bien que sépulcral par moments (le blanc qui inonde le dernier plan quand s’ouvre la porte du 42ème étage sur le vide ou vers le …ciel ?)
A ne pas manquer !
Colette Lallement-Duchoze
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