De György Pálfi, (Hongrie 2025)
Avec Yannis Kokiasmenos :( le propriétaire du restaurant ) Maria Diakopanayotou (la fille) Argyris Pandazaras ( le garçon ) Machmout Bamerni ( un passeur )
- Festival international du film de Toronto 2025 : mention honorifique de la sélection « Platform »
- Festival international du film d'Istanbul 2026 : mention spéciale
Vu en avant-première dans le cadre du festival du film d'Europe de l'Est et d'Amérique latine à l'Omnia le samedi 14 mars 2026
À grand pouvoir, grandes responsabilités — mais si l'héroïne était une poule ? Échappée d'un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d'un restaurant en ruine. Là, elle découvre l'amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs.
autre synopsis Une poule Leghorn, née dans un élevage industriel est mise de côté par un employé qui estime que son patron ne la voudra pas à cause de son apparence non conforme et envisage de la faire cuisiner par sa femme. La poule parvient à s'échapper puis elle erre jusqu'à trouver refuge dans le poulailler d'un petit restaurant familial lié à un réseau de trafic de migrants clandestins
D’une ponte à l’autre (et à chaque fois très gros plan sur le cul d’une poule saisie dans l’effort avant l’expulsion de l’oeuf) voici une "aventure animalière" dominée par le besoin d’évasion et l’instinct de reproduction, soit deux "motivations" qui éloignent cette poule sans nom au plumage noir, de ses devanciers asins Balthazar et Eo -auxquels on la compare volontiers. Car si le monde des hommes est filmé à sa hauteur (caméra au sol, vues en contre plongée) en aucun cas les tragédies des hommes ne semblent l’affecter….
Refusant l’anthropomorphisme et l’IA ou encore les images de synthèse, c’est bien une gallinacée noire (en fait 8 ont été nécessaires pour le tournage) que le réalisateur nous invite à suivre dans son vagabondage depuis sa "naissance" (après que l’œuf a été couvé de façon artificielle dans un élevage industriel, et que le poussin a échappé à la mort) jusqu’à une énième ponte - et l'éclosion finale d'autres poussins en des conditions plus "chaleureuses" Vagabondage erratique dans un premier temps (on traverse avec elle les paysages de la Hongrie, au gré des rebondissements) avant l’escale prolongée au Panorama ; vagabondage musical (Ravel …chansons d’amour en grec ; caquètements en onomatopées) poétique ‘(alignement de ces cous, aigrettes rouges, pattes dansantes) empreint d’humour (Cocotte intégrant malgré elle une manif ; en position d’offrande pour le coq reproducteur). Vagabondage aux allures de conte mais ancré dans le réel..
Adoptant de bout en bout (ou presque) le point de vue de la poule, György Pálfi va reléguer au second plan les humains (la présomption de supériorité humaine sur laquelle repose le spécisme est d’emblée mise à mal) Or silhouettés ou réduits à leurs pieds, leurs sandales (que l’on peut picorer) ils n’en restent pas moins des prédateurs (le sort de migrants importe peu à ce fils expert en trafic en tout genre)
A l’espace cauchemardesque de l’élevage industriel qui ouvre le film (insistance sur les rouages qui broient la vie des poussins) semble correspondre l’univers cauchemardesque des migrants broyés eux aussi…Le cynisme des propos « vous voyez ils se bouffent entre eux » (quand Cocotte picore les restes d’un poulet) ne peut susciter qu’ un « rire jaune »
Cocotte: une aventure singulière inventive qui mérite le détour!
Colette Lallement-Duchoze
/image%2F1527451%2F20260531%2Fob_44e855_cocotte.jpg)