4 juin 2026 4 04 /06 /juin /2026 05:17

De Charlie Polinger (USA 2025)

 

avec Joel Edgerton (Daddy Wags) , Everett Blunck,(Ben)  Kajo Martin (Jake) Kenny Rassmussen (Eli) Elliott Heffernan (Tic Tac)

 

musique Johan Lenox

 

Présenté dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes 2025 

Grand prix et Prix de la Critique au festival de Deauville 2025

2003. Dans un camp de water-polo pour garçons, un adolescent de douze ans est marginalisé par ses camarades selon une tradition cruelle qui veut que l’un d’eux soit dit porteur d’une maladie qu’ils appellent « La Peste ». Alors que la frontière entre le jeu et la réalité devient de plus en plus floue, Ben le nouveau venu commence à craindre que la blague ne cache quelque chose de réel...

The Plague

A cause de plaques rouges qui recouvrent son corps Eli subit l’acharnement de ses camarades dans un camp de water polo…Pestiféré, ostracisé…Le leader du groupe attise l’ardeur haineuse. Comment va réagir le nouveau venu, Ben, dont on  moque dans un premier temps  les difficultés de prononciation…? Ce sera la « trame » ou l’enjeu (dramatique) de ce premier long métrage. Ben a beau dire et se convaincre que la peste n'existe pas (the plague est un surnom injurieux) il est tiraillé entre son « besoin » de s’intégrer et ce faisant participer à l’ostracisme et son empathie pour la victime. Cruel dilemme…Mais quand son corps est couvert d’énormes plaques rouges, quand il subit l’acharnement méthodique et cruel des camarades …. Affolement?  volonté d’en découdre ?

Hélas ce premier long métrage a la tendance fâcheuse à tout surligner De la bande-son surdimensionnée (elle doit illustrer le cauchemar que représente l’adolescence ; trop c’est trop) à la démonstration souvent outrancière et complaisante. Certes le dispositif mis en place -une communauté, un club ado, avec sa hiérarchie et la servitude consentie, l’espace du bassin comme espace de pouvoir les couleurs froides-   et les corps filmés enveloppés de cette puissance verdâtre  (cf affiche) "plongent"  le spectateur dans un univers  sordide et glauque, réel et fantastique ; certes  l’alternance entre les séquences sous l’eau et hors d’eau est censée conforter une double approche du mal - : il y a ce que l’on voit à la surface  et ce que l’on ne voit pas mais qui peut être mortifère (tels des abysses qui engloutissent) ; de même qu’elle fait écho aux deux forces contradictoires qui tiraillent Ben.

Mais cela n’apporte pas grand-chose à la thématique du harcèlement chez les ados, ni à la peinture d’une jungle ado mâle et qui se voudrait viriliste. Et si l’on ajoute toutes les formules clichés (cf face à face entraîneur/Ben quand ce dernier est prêt à tout lâcher ou encore la leçon de "morale" assénée avec virulence par Ben dans son face à face avec Eli vers la fin du film) si l’on ajoute les clins d’œil appuyés à Kubrick (Eli double de Baleine ? pourquoi pas …mais surtout la façon de filmer les regards par en dessous rappelle Orange mécanique) ou si l’on ose mettre en parallèle The Plague et ‘sa majesté les mouches  (pour la régression tribale) ou encore Carrie (pour la coexistence réel fantastique et horreur) on devinera aisément de quel côté penche la balance…

Tout cela ne saurait remettre en cause la formidable interprétation des jeunes acteurs  

 Impression très mitigée

 

 Colette Lallement-Duchoze

 

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