De Félix de Givry (2026)
avec Milo Machado Graner (Otto) Jane Beever (Léna) Emmanuelle Destremau ( Sophia) Maia sandoz (Anne) Ewan keposa falé (Henrik) Catherine Artigala (Prefesseur de SVT) Françoise Lebrun (narratrice)
Musique Arnaud Toulon
Directeur de la photographie Tara-Jay Bangalter
Présenté en clôture de la Semaine de la Critique festival Cannes 2026
Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville.
Extérieur nuit. Obscurité granuleuse. Un souffle. Un halètement tel celui d’une bête traquée. C’est Otto poursuivi par une « meute » de garnements dont on n’entendra que les vils propos et dont on ne verra, avec les yeux du fugitif, que les pieds… Séquence d’ouverture. Alors que va s’imposer la voix si douce de Françoise Lebrun, modulée parfois flûtée, alors que la calligraphie du générique renvoie à celle des années 60, 70, Guidé par les commentaires de la narratrice le spectateur va suivre Otto depuis l’envoi d’une lettre à 52 destinataires,(jugés responsables de ses souffrances devenues insurmontables) sa tentative de suicide ratée, puis sa volonté de disparaître malgré tout, en vivant en marge, (sorte de voyage immobile avec enfermements successifs) sa rencontre avec Lena, leur connivence amoureuse, jusqu’à la décision finale, Soit un parcours qui va de l’ombre à la lumière « l’histoire commence par la fin (sous- entendu la mort) et se termine par le début ‘(une renaissance) avait d’emblée prévenu la narratrice
Oui ce premier long métrage aux allures de conte (comme l’affirme la narratrice) ne peut que séduire et entraîner l’adhésion (même celle des plus récalcitrants, qui confondent trop souvent esprit critique et esprit de critique) Pourquoi ?
Moins à cause de références ancrées dans l’histoire du cinéma (tournage en 16mm, clins d’œil à Truffaut), de ses aspects autobiographiques, que de la prestation toute en finesse et délicatesse des deux jeunes acteurs (Milo Machado Graner l’enfant aveugle d’Anatomie d’une chute et Jane Beever une Félicité à la rousse luminosité) mais surtout grâce à l’adéquation entre la thématique --le harcèlement en milieu scolaire la fugue hors du monde, avant la rencontre épiphanique de l’amour et la forme : Oui les choix musicaux par exemple – cordes et piano avec reprises mélodiques- s’harmonisent avec la voix off et les silences. Oui la construction qui progressivement va vers la lumière illustre un passage avec ses contrastes et des effets spéculaires peut-être plus subtils (se voir à la une des infos télévisées ou de la presse écrite alors qu’on a "disparu" ne serait-ce pas faire de la disparition la condition sine qua non pour être regardé et mettre à nu la souffrance qui taraude. ? et quand dans un premier temps Otto traqué se camoufle, il est filmé telle une silhouette fantomatique presque spectrale. Ajoutons cette volonté de ne jamais "montrer" la violence en refusant le sensationnalisme mais la suggérer en la filmant comme "à rebours "
Et voici que triomphe une vision de la jeunesse persuadée comme Otto que " fuir la vie c’est la préserver" (la mort c’est juste une fois, la vie c’est tous les jours)
D’aucune voient en Otto un fantôme de personnage, càd un personnage sans "consistance" inapte à exprimer le mal-être des jeunes Mais le film n’est pas un documentaire sur ce mal-être La voix de Françoise Lebrun ne le sublime-t-elle pas en conte universel, que la présence assumée de stéréotypes transforme en apologue ?
A NE PAS RATER !
Colette Lallement-Duchoze
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