d’Olivia Wilde. (USA 2025)
Avec Seth Rogen, Olivia Wilde, Penélope Cruz et Edward Norton
Angela et Joe invitent leurs mystérieux nouveaux voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes...
"On devrait toujours être amoureux. C’est la raison pour laquelle on ne devrait jamais se marier.
La citation d’Oscar Wilde en "ouverture" boutade ou aphorisme encodant le film ?
Film dédié à Diane (cf générique de fin)
Le projet n’est pas original. Enième remake de ce qui au départ était une pièce de théâtre (Los vecinos de arriba) de Cesc Gay) adaptée en 2020 à l’écran avec Sentimental.. Le film d'Olivia Wilde serait la énième adaptation cinématographique (à ce qu’il paraît le succès est assuré, quel que soit le pays …ce qui pose la question de l’inventivité des remakes…travail d’exégète ? ?
Ce qui frappe d’emblée dans le film de la réalisatrice (qui est aussi actrice) c’est le rythme échevelé du prologue, le recours systématique au splitscreen, où l’on voit simultanément, les deux personnages principaux, affairés , en extérieur (nous sommes à Los Angeles) A partir de l’instant où s’affiche en majuscules le titre du film, tout va se jouer dans le huis clos de l’appartement de ce couple (avec la fameuse règle des 3 unités, de lieu de temps et d’action)
Certes pour éviter le "piège" du théâtre filmé Olivia Wilde multiplie les angles de vue et plus subtilement les points de vue (qui regarde? quand elle conjugue œil de la caméra et œil d’un protagoniste) Elle varie aussi par un travail sur l’espace les répartitions en solos, duos et quatuor. Au début de cette comédie douce/amère voici le duo Joe/Angela, un couple usé par la "routine" et les "frustrations" qui ne cesse de se chamailler voire de s'insulter; il sera relayé -avec l'arrivée des "invités" Pina et Hawk- par le quatuor filmé en plan américain ou plan serré Et plus tard voici en montage parallèle le duo Joe/Pina et Angela/ Hawk. A cette fin, la cinéaste déplace les personnages (salon, cuisine, bureau, couloir intérieur) Ce travail sur et dans l’espace est au service d’une ligne mélodique, qui oscille entre véhémence (celle des propos comme autant de reproches éructés, avec crispations sur les visages filmés de très près lors de ces joutes verbales) et accalmie (visages détendus sourires esquissés et simultanément douceur mielleuse et…hypocrite). C’est le tempo. Tempo que crée aussi le mélange (et/ou l’alternance) de comédie et de drame Procédé facile -une vaisselle brisée, des livres qui chutent de leurs étagères, des mimiques comme ersatz de la parole confisquée ou muette- procédé conventionnel aussi (cf la confession sur le changement de prénom joue le rôle de flash back attristé …mais l’explication d’Edward Norton pour justifier le choix de Hawk le faucon, trop longue, en ternit la portée; de même les recommandations de la psy (Pina/Pénélope Cruz) tombent à faux tant elles sont empreintes de "clichés"
Le couple invité parle avec franchise (le vocabulaire est réaliste) des relations échangistes torrides (des cris et couinements de plaisir, des différentes positions, etc..) et le regard du couple/hôte est à la fois ahuri et émoustillé. Que cela bouscule les (leurs) préjugés pourquoi pas ? Or le jeu de massacres annoncé, le rapport échangiste n’auront pas lieu; le discours sur..., le hors champ et les sous-entendus sont plus éloquents ; (le "voyeurisme" lié à la fenêtre du couloir, une fois "confessé" (verbalisé) perd en son efficacité croustillante suggérée, non sans avoir provoqué la "jalousie" du mari!!
Pudeur et frilosité Primauté à la performance d'acteurs (une mention spéciale toutefois à Olivia Wilde si talentueuse dans le rôle d’Angela )
Au final impression très mitigée
Le ressassement dans l’enfermement, réduit à un exercice de style, peut finir par lasser
Colette Lallement-Duchoze
/image%2F1527451%2F20260919%2Fob_a5675e_31b1faa3ca361d78ca82078f8accda1e.jpg)