De Léa Mysius (France Belgique 2025)
avec Hafsia Herzi (Nora) Bastien Bouillon (Thomas) Tawba El Gharchi (Ida) Benoît Magimel (Frank) Monica Belluci (Cristina) Paul Hamy (Flo) Alane Delhaye (Bègue)
Adapté du roman éponyme de Laurent Mauvignier (2020 Editions de Minuit)
Présenté en Compétition officielle festival Cannes 2026
Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…
Hormis quelques moments -ou plutôt instants- -de tension ou de suspense, -dont les bifurcations tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des maisons, tel un faux jeu de pistes… hormis quelques mises en abyme (assez "faciles" d’ailleurs dont la séquence animée agrandie aux dimensions de l’écran du huis clos où sont captifs les différents protagonistes), hormis le rôle dévolu à Ida (elle incarne la perte de l’innocence ),TOUT - et surtout après la première intrusion de Flo, prélude à celle du trio fauteur de troubles remuant le visqueux d’un passé refoulé - tout fait flop… par excès de…
Trop surligné et surcadré, une bande son trop illustrative (dont les claquements de portes et de portières, le crissement des pneus), jusqu’aux accords lancinants du violoncelle
Insistance sur le rouge, celui du sang qui dégouline autant des mains assassines que des corps agonisants et leurs empreintes qui maculent les cloisons (insistance inutile ou alors dictée par la volonté de faire basculer le tragique apparent dans la comédie ?). Insistance sur le noir (celui de la nuit bien "évidemment" et de ses corollaires crépusculaires, auquel les taches rouges d’éoliennes au loin sont censées servir de contrepoint, celui revendiqué par Goya, celui de la toile réalisée par Cristina et sa bande blanche horizontale … tout un programme !!!); tout de noir vêtue Cristina en prêtresse des temps nouveaux ? ou une star de la Fashion Week? la chevelure ébène de Hafsia Herzi (le "ravisseur," a exigé qu’elle dénoue ses cheveux… elle s’est pliée à cette injonction, encouragée par son mari…)
Echos intérieurs trop visibles (entendons lisibles) : (cf le canon à confettis qui explose quand Nora rejoint ses collègues après avoir "bifurqué"… et le pneu qui éclate quand elle doit rejoindre les siens pour une "fête anniversaire" ...farcesque et cauchemardesque ; les strates du passé recomposé à l’aune de … cette vidéo TikTok qui a joué le rôle de prélude à l’ensemble
Et que dire de ces dialogues aseptisés et comme récités dans le vide (propos échangés entre la peintre et Bègue sur les déterminismes sociaux , empreints de clichés) est-ce intentionnel ?
Et malgré une distribution prestigieuse les acteurs semblent parfois "patauger"
Bref une adaptation déception ! passé le premier quart d’heure, c’est l’enlisement d’un mauvais polar (qui ne saurait d’ailleurs supporter la comparaison avec Funny Games de Haneke)
Colette Lallement-Duchoze
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