De Fernanda Tovar (Mexique 2025)
avec Darana Alvarez, (Paula) Rocio Guzman (La Maestra), Monica del Carmen (Valeria) , Lucio Lemus (Daniel)
Prix Ours de Cristal du meilleur film et Grand Prix du Jury International au festival de Berlin en 2026.
La Maestra et Paula, deux amies inséparables, sont les meilleures nageuses de leur équipe. Jusqu'à ce qu'un évènement traumatique, survenu au cours d'une soirée, les oblige à choisir entre garder le silence et prendre la parole, quitte à mettre leur amitié à rude épreuve.
Encadré par le miroir- au sol- et un avion– direction le Brésil- comme s’ils étaient aimantés à distance par le scintillement métallique, le film évoque avec finesse la thématique du viol et du consentement à travers la relation amicale de deux nageuses, une amitié mise à mal après la rupture du "pacte de silence"
La réalisatrice inscrit la problématique du viol, dans une apparente « normalité » L'histoire n'aurait pas été la même si Paula vivait la même chose avec un garçon qu'elle ne voit pas tous les jours", Daniel fait partie du groupe d’entraînement -épreuve de natation pour les jeux panaméricains juniors, il plaît à Paula ; de plus les personnages masculins (le père le frère l’ami transgenre) sont très proches d’elle et très compréhensifs. Refusant certains clichés, et les caricatures faciles Fernanda Tovar va dénouer avec subtilité et délicatesse la « complexité » de la question du consentement, de tout ce qui gravite autour d’une relation non consentie, (dégoût honte de soi, refus d’en parler) - l’amie rongée par la culpabilité (c’est moi qui ai dit à Daniel qu’il te plaisait ;c’est moi qui en ai parlé pour t’aider) Inscrivant cette problématique au sein d’entraînements sportifs la réalisatrice propose un élargissement spatial presque métaphorique avec des images à prendre au pied de la lettre « la tête hors d’eau » remous ou encore onde de choc (la corporéité si sensible en est comme transcendée !!)
On sera sensible à ce travail sur l’image quand la caméra si proche des visages ou des corps ne se contente pas de scruter les nuances des non-dits mais précisément dans le « flux » de l’eau brassée fait jaillir des « ondes de choc tels des séismes et leurs répliques » A cela s’ajoute tout un travail sur le « son » Tant et si bien que le cheminement doit épouser l’âpre difficulté à vivre et dire l’ineffable – cheminement qui va des rires du bonheur partagé, d’un duo quasi fusionnel, jusqu’à la rupture, l’éclatement en deux solitudes taraudées par le remords d’avoir parlé (pour l’une) ou la douleur de la perte (pour l’autre) avant une forme de …réconciliation…
Oui ce premier long métrage est saisissant d’humanité. Cette ode à l’amitié à la sororité est imprégnée d’un certain ésotérisme où les cartes du tarot « divinatoire » (les amants à l’envers le chariot et les deux chats noirs…) ont la prégnance d’un réel réinventé
A voir !
Colette Lallement-Duchoze
NB "Mon film cherche à montrer comment, même dans les moments difficiles, on peut parler avec amour, tendresse et empathie, comment on trouve des éclats de lumière dans des situations complexes" Fernanda Tovar
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