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15 octobre 2017 7 15 /10 /octobre /2017 07:42

Film expérimental réalisé par  Pierre Creton 

Avec lui-même, Ghislaine Paul-Cavallier, Vincent Barré, Pierre Lavenu

 

Argument: Tourné en Normandie ce film entremêle trois histoires d'hommes et d'animaux: Madeleine amoureuse d'un marcassin qu'elle a recueilli; Vincent qui règle sa fascination/répulsion pour les singes lors d'un voyage en Inde;  Joseph dont l'appareil qui l'aide à respirer provoque des rêves de chats... 

Va, Toto!

Tout d’abord Va, toto!  est une histoire de famille : Pierre Creton, ouvrier agricole et cinéaste, évoque son amitié indéfectible, voire son amour pour des proches Ghislaine Monette Vincent – tous habitants de Vattetot-sur-Mer. Il met comme en exergue les sentiments que ces humains éprouvent pour les animaux - Toto le marcassin, les singes de Shimla en Inde. Ce sera le fil conducteur. En effet, le scénario a été écrit à partir d’une histoire vraie -celle de Toto et Ghislaine, qu’il a filmée pendant 5 mois, puis à cette histoire d’amour entre la septuagénaire et le marcassin, Pierre Creton va ajouter des "morceaux de vie" de personnes très proches "avec des choses communes comme les animaux et un rapport difficile avec l’autorité".  Son long métrage serait ainsi fait de trois histoires vraies ….mais ….

Pour la narration -commentaires, flash back, échappée dans le rêve- le cinéaste a fait le choix de voix off , non pas celles des personnes que nous voyons à l’écran mais celles de Rufus, J-F Stévenin, Evelyne Didi, Françoise Lebrun, Grégory Gadebois. Ce choix de "voix intérieures" s’est imposé comme une évidence "nécessité de donner une distance à chacun par rapport au récit de sa vie"" Je crois qu’on fait tous ça, se raconter sa propre vie. et que ce n’est pas tout à fait avec sa propre voix, mais avec une voix fictionnelle, romanesque. Je crois qu’on a tous des voix, pas juste une voix.

Autre originalité de ce film:  le recours aux split screens,  du moins pour l’histoire de Toto. Si le choix du format 4/3 s’imposait pour filmer le marcassin, comment au montage le concilier, l’arranger avec le 16/9 (du deuxième tournage) sinon en « accolant deux images 4/3 » ?. Cet argument purement formel s’est vite doublé d’une autre considération plus métaphorique donner la forme "d’un livre ouvert page de gauche et page de droite"

Ces procédés dits de "fragmentation" ne sont-ils pas en harmonie avec l’hybridité propre à l’homme et à l’animal ?? D'ailleurs pour en rendre compte, le philosophe Michel Surya (cité  dans ce film, cf le générique de fin) a inventé le terme d'humanimalité!

 

Invité à ouvrir ce livre -qui est aussi celui de la vie du rêve et de la mort – le spectateur se laisse vite "habiter'. De la ferme de Vattetot-sur-Mer, à l’Inde, de l’intimité d’une cuisine ou d’une chambre aux Bains d’Odessa, il voyage dans une sorte d’espace/temps où l’homme- en position d’orant parfois-, le chien en passeur tutélaire, les singes facétieux, les paysages bruissant de vert ou enneigés, s’interpénètrent dans une symphonie, célébrant des fragments de « discours amoureux » ...

 

Un film à voir absolument!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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7 octobre 2017 6 07 /10 /octobre /2017 06:04

     Film d'animation de Ali Soozandeh

Téhéran Tabou

C’est un film d’animation pour adultes, si réaliste qu’on en oublie la technique de la roto scopie. On pense à Persepolis dont c’est un petit cousin sur le contenu.

 

Ali Soozandeh est un réalisateur iranien émigré en Allemagne depuis une vingtaine d’années, mais sa description de l’étouffement produit par la société théocratique à mentalité féodale est bien actuelle.

Que de Tartuffes ! société sous le joug de principes religieux tyranniques, de mensonges, d’hypocrisie, de transgressions chèrement payées. On nage en plein absurde avec ces interdits islamistes vivaces où chacun(e) est une menace pour l’autre, où les rapports humains sont tous biaisés, aliénés et aliénants. Le  réalisateur montre avec talent et intelligence comment il peut être honteux d’être un homme en Iran et la malheur d’y être née femme. La fin est une surprise de plus dans ce tableau noir d’un pays au régime oppressant auquel chacun participe malgré tout,  tantôt victime tantôt bourreau, sans pouvoir en sortir  en dehors d’un visa et d’un avion.

 

L’Iran débarrassé de ses mollahs fous ne sera pas débarrassé de l’idéologie ultra machiste tellement ancrée dans ce pays hélas, et qui pourrait perdurer encore des décennies à moins de suivre le chemin de l’Espagne post-franquiste....

On peut espérer au vu de tous ces artistes iraniens qui témoignent à travers leur art respectif avec talent et courage.

 

A voir !

 

Serge Diaz

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 16:58

Film de Raoul Peck

 

avec August Diehl Stefan Konarske  Vicky Krieps Olivier Gourmet

 

 

Présenté à la Berlinale 2017 hors compétition 

 

 

 

 

 

Le jeune Karl Marx

C’est le premier film de fiction, à ma connaissance, sur le jeune Karl Marx. C’est dire l’incroyable courage et mérite de Raoul Peck.

Les marxistes comme les anti-marxistes l’attendaient au tournant....Faisant partie de la première catégorie et a priori méfiant,  j'avoue avoir été séduit par ce film honnête,  de bonne facture classique

Bon choix d’acteurs, dialogues crédibles, et surtout une couleur, une lumière à la fois froide -malgré les bruns dominants-  et faible irrigue ce film pour dépeindre (presque au sens premier du mot) de manière réaliste un 19ème siècle impitoyable pour les pauvres.

 

Le passage d’une langue à l’autre (français, anglais, allemand) rend très bien cet universalisme de la pensée et de l’action des deux génies Marx et Engels. Internationalisme déjà rendu nécessaire pour combattre un capitalisme féroce et tentaculaire de l’Europe aux Etats-Unis. Le réalisateur nous donne les moyens de comprendre le contexte idéologique de l’époque, les différents courants politiques de la classe ouvrière, et la naissance de la théorie marxiste à l’origine de tant de révolutions.

 

Un hommage à Jenny (épouse de Karl Marx), remarquable personnage ainsi que le traitement attribué à la femme d’Engels transforment le sujet sérieux, grave, du film en belle histoire d’amour également.

 

A voir pour tous publics, essai réussi.

 

Serge Diaz

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 12:00

Film russe d'Andrey Zvyagintsev

Avec Alexey Rozin, Maryana Spivak, Mariana Vasilyeva, Matvey Novikov

 

 

Prix du jury Festival de Cannes 2017

Argument: Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent; enchaînent les visites de leur appartement pour le vendre. Ils  préparent déjà  leur avenir respectif. Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente  un homme aisé prêt à  l'epouser. Aucun ne semble avoir de l'intérêt pour Aliocha leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse

Faute d'amour

Andrey Zvyaguintsev a amplement mérité le prix du jury au dernier festival de Cannes !

Tout est puissant dans cette histoire, a priori banale, d’un enfant non aimé qui fuit le domicile de ses parents en instance de divorce.

Le scénario prend le spectateur par surprise, loin des déroulés habituels d’enquête sur un enfant disparu.

Mais ce qui captive d’emblée, c’est la photographie magnifique, les cadrages envoûtants, les couleurs qui donnent le ton à tout moment, les mouvements de caméra d’une suavité troublante sur fond de violence morale extrême, la musique remarquable qui accompagne.

Dans cette Russie contemporaine à la dérive il y a néanmoins une source saine : les volontaires bénévoles ultra professionnels qui viennent au secours du drame. Cette note d’espoir n’est pas négligeable et nous fait sortir du glauque total des films russes que nous avions l’habitude de voir.  

Bref, FAUTE D’AMOUR est à voir absolument, à contempler pour sa beauté, pour la psychologie complexe et bien écrite des personnages, pour tout ce qu’il dit sur la Russie actuelle, pour la dénonciation de ceux qui engendrent sans savoir ce qu’ils font.

 

Serge Diaz

Lorsque l’enfant disparaît, les parents jusque-là presque odieux dans leur égoïsme forcené deviendraient-ils plus humains ? Le réalisateur s’intéresse à ce cheminement;  mais quel que soit l’itinéraire, celui-ci est balisé de repères plus métaphoriques les uns que les autres. D’abord cette musique des frères Evgueni -en ouverture et clôture- une partition de piano basée sur un unique accord qui s’en vient happer le spectateur ...le propulser dans ce prélude où se succèdent des plans prolongés sur des arbres tordus moribonds ou couverts de givre -et que l’on reverra en écho à la fin.  (musique funèbre, univers putride?) Quand Aliocha  à la sortie de l’école entre dans ce paysage, il récupère un ruban ; tracé métonymique d’un lieu désormais aboli ;? accroché aux branches sera-t-il le témoin de son ultime passage ??..

En opposant un appartement cossu celui que partage Genia avec son nouvel amant -appartement dont le luxe est décuplé par le jeu de miroirs comme dans Elena- et la maison-masure de la mère, il s’agit moins du contraste facile entre deux époques de la Russie, que d’un constat sans appel : le modernisme l’individualisme d’une certaine classe sociale est aussi écœurant aujourd’hui que le misérabilisme de la Russie d’un autre âge.

Alors certes l'équipe bénévole - face à l'impéritie de la police officielle - est signe d'espoir, comme le souligne Serge...mais son traitement semble se limiter à une fonction "narrative" 

Colette

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 16:38

 

 

Pio a 14 ans et veut grandir vite. Comme son grand frère Cosimo, il boit, fume et apprend l’art des petites arnaques de la rue. Et le jour où Cosimo n’est plus en mesure de veiller sur la famille, Pio va devoir prendre sa place. Mais ce rôle trop lourd pour lui, va vite le dépasser et le mettre face à un choix déchirant.

A Ciambra

 

Tourné à Gioia Tauro (Calabre) en  caméra portée le plus souvent, avec des acteurs non professionnels ; -ils interprètent en fait leur propre rôle, celui d’une famille rom condamnée à la précarité à cause de son oisiveté et qui survit « grâce » à la  délinquance…- le film A Ciambra est plus un récit initiatique -  illustrant le rite du passage de l’enfance à l’âge adulte- qu’un documentaire. En effet, le réalisateur s’intéresse surtout à Pio (il est d’ailleurs de tous les plans) un adolescent entre deux âges qui rêve d’être un caïd comme son frère Cosimo et qui se lie d’amitié avec un Burkinabé réfugié clandestin (lequel  incarne une certaine morale) -Et là on comprendra vite que le sort des "Africains" est cruel, victimes eux-mêmes de l’ostracisme des rom!!

 

Ce qui frappe d’emblée c’est une effervescence frénétique soutenue par la musique de Dan Romer. Oui un film décapant. Oui un film sans complaisance. Oui les traditions (rôle dévolu à la  mère, code d'honneur) sont la spécificité de la communauté.  Alors on fera abstraction de certaines redondances (scènes du train, motos qui pétaradent) ou lourdeurs (repas tablées), voire de clichés qui frisent la caricature (la séquence un peu longue avec le "parvenu" , un mafieux gitan, par exemple)

 

 

Un homme vu de dos avance lentement vers son cheval ; ambiance crépusculaire ; ellipse ; gros plan sur sa main qui caresse amoureusement la crinière ; puis plan moyen sur le même personnage qui mange assis sur une pierre de fortune un repas frugal, au bord du campement. C’était le prologue…

L’imaginaire (fantôme d’un autre âge, présence du cheval) s’en viendra par trois fois rompre et le rythme trépidant et la dureté du réel. Ne  serait-ce pas aussi la vision d’une génération à jamais disparue ???

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 07:45
C’est une biennale !
C’était en 2015,  
donc maintenant c’est en octobre 2017 ! 

 

du 6 au 8 octobre 2017 : Cinéma Omnia République (Rouen)

le 9 octobre à Yvetot et à l'Ariel (Mont st Aignan) 

 

 

vendredi 6/10 à 20h avant-première  de Ghost Hunting de Raed Andoni 

projection suivie d'un débat "Que peut le cinéma pour la  Palestine? " en présence du premier assistant Wadee Hanani 

 

 

 

 

 

Festival    Regards sur la Palestine
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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 09:26

De Philippe Van Leeuw

Avec Hiam AbbassDiamand Bou AbboudJuliette Navis 

 

prix: Valois du Public au Festival d’Angoulême

 

 

Dans la Syrie en guerre, d'innombrables familles sont restées piégées par les bombardements. Parmi elles, une mère et ses enfants tiennent bon, cachés dans leur appartement. Courageusement, ils s’organisent au jour le jour pour continuer à vivre malgré les pénuries et le danger, et par solidarité, recueillent un couple de voisins et son nouveau-né. Tiraillés entre fuir et rester ils font chaque jour face en gardant espoir.

Une famille syrienne

Écran noir. Bande-son : déflagrations (bombes ? mitraillettes?). On est averti. Et dès les premiers plans (dont un prolongé sur le visage d’un vieillard vu de face, dans l’embrasure d’une fenêtre, scrutant l’extérieur; lents travellings sur la bibliothèque, les canapés, les buffets d’un appartement) on sait que tout va se passer à huis clos ; et l’on sera enfermé avec cette famille syrienne confinée dans un appartement en quête de survie. L’extérieur -les combats- restera  hors champ

Comment rendre tangibles, palpables la claustration et la peur ? Caméra à l’épaule, le réalisateur filme les déplacements de ses personnages dans cet intérieur comme sur une scène de théâtre ; pris isolément, en duos ou en groupe ils vont se figer ou se terrer dans la cuisine, quand retentit le feu ou le martèlement de pas à l’étage supérieur ou dans la cage d’escalier. Dans cet enfer, la mère (admirable Hiam Abbass) tente d’organiser le désordre, d’imposer un "semblant" de Vie (rituel de la toilette, du repas ; même s’il y a pénurie d’eau…).

Son entêtement à vouloir rester dans un immeuble déserté par tous les autres occupants -et qui est devenu la cible des pillards, n’est pas la preuve d’un déni du réel. Le réalisateur montre avec subtilité ce que l’oppression et l’effroi peuvent engendrer chez les êtres humains (ici une foi inébranlable en la Vie) . Et de toute façon, partir ne serait-ce pas déserter ? Partir oui, mais pour aller Où ?? La même femme est capable au nom de l’intérêt général, de "sacrifier" une personne (en l’occurrence la voisine Halima qu’elle avait recueillie) -et la scène de viol imaginée par la famille cloîtrée derrière la porte et simultanément vécue par la victime dans la chambre est comme l’acmé de ce film. Le silence refoulé, les regards accusateurs sont plus éloquents que les cris de douleur….Théâtre de la guerre ; théâtre intérieur, théâtre de la cruauté!

 

On pourra  reprocher des insistances inutiles (les gros plans sur Halima présentée telle une madone) ou des métaphores appuyées (rôle de la table, des objets, des rideaux). Mais globalement le film (tourné dans un appartement à Beyrouth) a su mettre en évidence un aspect sordide de la guerre, de toute guerre : des civils en état de siège -dont le huis clos est la métaphore. Une telle dénonciation de la guerre est plus efficace que les "images" de dévastation dont nous abreuve la presse, sans discernement !

 

 

Passé dépassé ? Présent déserté ? On ne saura pas ce que le regard du grand-père (dernier plan du film en écho à un des premiers) a entrevu après cette journée d’enfermement (réminiscences telles de discrets fantômes ? Méditation sur une mort annoncée ?)

 

"laisse le monde dehors il ne vaut plus rien"

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 06:37
Soirée Moteur
 
 
Les 7 festivals  :   saison 2017-18  
 
 
- Regards sur la Palestine (du 6 au 10/10/17)
 
- Festival du film fantastique (du 3 au 5/11/17)
 
- This is England (du 13 au 18/11/17)
 
- A l'Est du Nouveau (du 6 au 11/2/18)
 
- Elles font leur cinéma (du 22 au 25/3/18)
 
- Ciné Friendly (du 18 au 21/4/18)
 
- Le Courtivore  (du 16/5 au 8/6/18)
 
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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 05:01

 De Fellipe Barbosa

 

Avec João Pedro ZappaCaroline AbrasAlex Alembe 

 

Semaine de la Critique Cannes 2017 : Prix Révélation France 4, Prix Fondation Gan à la Diffusion

 

 

Avant d'intégrer une prestigieuse université américaine, Gabriel Buchmann décide de partir un an faire le tour du monde. Après dix mois de voyage et d'immersion au cœur de nombreux pays, son idéalisme en bandoulière, il rejoint le Kenya, bien décidé à découvrir le continent africain. Jusqu'à gravir le Mont Mulanje au Malawi, sa dernière destination.

Gabriel et la montagne
 
Difficile de ne pas aimer ce film qui fait écho à nos fantasmes de jeunesse : partir à 20 ans avec son baluchon pendant une année sabbatique faire un tour du monde loin du tourisme de masse, en s’immergeant dans les populations indigènes pour s’enrichir des autres cultures. Il faut un caractère spécial pour réussir une telle aventure.
 
Le personnage de Gabriel a des qualités qui l’autorisent à le faire.
En plus d’être simplement charmant, plein de joie de vivre, sociable, curieux et tenace, il a cette insouciance qui le perdra car Dame Nature est toujours la plus forte quand on pousse ses limites au-delà d’un certain raisonnable.
 
Le film nous montre très bien le rapport parfois difficile parfois enchanteur qu’entretient un Blanc en Afrique avec les Africains, car qu’on le veuille ou non, notre culture occidentale (en l’occurrence Gabriel est brésilien  et d’origine aisée) est aux antipodes de celle du continent noir et les surprises bonnes ou mauvaises ne manquent pas pour les visiteurs. Le réalisateur a su très bien rendre ce dosage de non angélisme et de générosité, de méfiance et d’allant, de prudence et de curiosité débridée qu’il faut avoir pour rendre son voyage le plus “durable” possible.
 
Bref, ce film est à voir car nous avons tous un Gabriel dans nos valises de routard.
Le style est léger, le scénario original,  les acteurs professionnels ou non sont justes : un prolongement de vacances bienvenu en cette rentrée grisailleuse.
 
Serge Diaz
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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 16:11

 

De Olivier Lorelle

Avec Cyril Descours, (Philippe)  Audrey Giacomini (Thi) 

 

Argument: Vietnam – 1946. Philippe s’est engagé pour pacifier un pays inconnu fait de forêts denses et de montagnes spectaculaires. Ses idéaux s'effondrent lorsqu’il comprend qu’il doit torturer et tuer une jeune vietminh qui lutte pour son indépendance. Il décide de fuir avec elle dans un voyage  imprévisible au cœur de la jungle. Livrés à eux-mêmes, ils découvriront qui ils sont. Ce film est l’histoire de leur amour.

Ciel rouge

 

Fuite à travers la jungle puis long séjour au bord d'un lac où les deux fugitifs -le jeune militaire français et la jeune vietminh- (re)trouvent le bonheur d’un éden sauvage, c'est l'essentiel de "ciel rouge"

Or cette partie ( triomphe de l'amour sur les contingences politiques militaires et idéologiques)   est souvent pataude et/ou mièvre tant son traitement souffre d'artifices! 

Même la jungle filmée sous différents angles ou le lac Babe et son immensité lustrale ou encore le couple dans la sérénité d’un antan que rien ne semble galvauder, tout cela ressemble étrangement à des "clichés"; il en va de même pour les paroles: dialogues minimalistes  réduits à des constats, à des banalités (surtout quand il s'agit de militantisme ou d'engagement....) 

 

Le refus de la torture -qui débouche sur une prise de conscience (première partie)- et le renversement de situation (dernière partie, avec en point d’orgue le "massacre défouloir") sont engloutis dans le magma romanesque (où même les zooms sur des papillons, des insectes, des branches, frisent le ridicule alors qu'ils sont censés illustrer  l'allégresse de la découverte!!!)
 

La construction "circulaire" du film (Philippe attaché avant la sentence/exécution demande un livre comme faveur ultime, comme l'avait fait la jeune Thi au tout début) et des échos intérieurs (torture pratiquée dans les deux camps) semblent asséner des vérités d'évidence ....

 

Alors quand on entend la musique de Philip Glass, on peut fermer (momentanément) les yeux et se laisser habiter par elle….

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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