14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 16:40

Court métrage d'Alice Rohrwacher Italie 2021

 

à voir sur MUBI

La  propagation de la pandémie de Covid-19 nous a obligés à rester chez nous et nous a empêchés de nous rencontrer physiquement. Dans «l'exil» des connexions corporelles, ce petit court métrage parle d'autres formes de contact entre voisins, à travers un vieil appareil photo 16 mm, un zoom et quelques mètres de film périmé

Quattro strade

                                                        Image film four roads Alice Rohrwacher

Ce film de confinement d’Alice Rohrwacher échappe à la claustrophobie des vidéoconférences grâce à un appareil photo et un zoom. Un petit bijou d’humanisme sous le soleil italien, dans lequel le visage de ses voisins est immortalisé en 16 mm et accompagné d’une narration tout en douceur MUBI

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 11:39

Court métrage  de Louis Séguin (2019)

 

disponible jusqu'au mardi 18 Mai sur Brefcinéma

 

Bus 96 - Les films - Brefcinema | Le meilleur du court métrage en VOD

 

https://www.brefcinema.com › films › bus-96

 

 


 

"Pyrénées-Ménilmontant : deux amis montent dans le bus 96. Le temps d’un trajet, Hugues évoque ses projets de films. Louis l’écoute, mais il pense à autre chose. Le bus avance, et les souvenirs s’accumulent."

Bus 96

sur la page  Bus 96 - Les films - Brefcinema | Le meilleur du court métrage en VOD

 

lire la pertinente critique de Raphaêlle Pireyre

 

écouter la rencontre avec Laetitia Mikles  (Bonus)

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:20

Voir la version en ligne 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 19:41

de Valentyn Vasyanovych  (Ukraine 2019)

avec Andry Rimaruk (Sergiy) Ludmyla Bileka (Katya)

 

prix Best Film dans la section Horizons Mostra Venise 2019

Grand Prix Listapad d'or du meilleur film au festival Listapad

Prix spécial du jury au Festival international du film de Tokyo 2019

 

Ukraine orientale, 2025. Sergiy, un ancien soldat souffrant de stress post-traumatique, a du mal à s’adapter à sa nouvelle réalité : celle d’une vie éclatée et d’un pays en ruines. Il décide de rejoindre une organisation de volontaires qui exhument les cadavres des victimes de la guerre.

Atlantis

Nous sommes en 2025. La guerre Ukraine/Donbass est terminée depuis un an. Or "le plus gros problème du Donbass n’est pas la dégradation économique, mais la catastrophe écologique" affirme le réalisateur. Pour illustrer ce propos il va filmer les ravages dévastateurs, dans un paysage post-apocalyptique, en suivant le parcours de Sergiy,  depuis cette scène inaugurale dans la neige où avec un autre soldat démobilisé, il répète les gestes du « tueur » sur des « cibles », jusqu’à l’acceptation d’une vie réellement choisie, - par-delà  la résignation-, après avoir participé avec des volontaires (dont Katya) à l’exhumation des cadavres restés sans sépultures

Etrangement macabre et suggestive cette scène muette où l'acteur promène un regard impuissant sur des objets témoins d’une vie à jamais anéantie : chaussures d’enfant, piano délabré, fauteuil défoncé, vitres et vitrages fracassés, murs lacérés ; le crissement de ses pas sur les débris jouant le rôle de bande-son

Froide et funèbre cette autre séquence où debout face à un cadavre qu’on vient de « déterrer » l’employé débite sa longue litanie descriptive sur un ton monocorde, n’épargnant aucun détail (des vêtements -du moins ce qu’il en reste-  jusqu’au fond de la gorge que l’on explore avec la main pour en récupérer des balles, de la peau qui se délite jusqu’au tréfond de ce qui jadis (un an à peine) fut un corps. Et voici en écho une séquence quasi identique mais tournée en extérieur ; ils sont là les cadavres tels des gisants, corps momifiés de personnes inconnues (réduites désormais à des chiffres) Os dénudés,  portable dans la poche, police de Donbass, bras arrachés, etc.  que l'on photographie. Inventaire presque sordide dans une contrée aride et cendrée comme désertée par l’humain, inventaire qui dessine en creux les atrocités de la guerre et qui  transforme les  reliques en lambeaux de Vie, lambeaux de ce qui fut et jamais plus ne sera

Insolite cette façon de prendre un bain dans une benne sise au milieu de rocs, benne que Sergiy alimente en eau avec le réservoir de son véhicule! de l'eau non contaminée ??? 

Les   "cibles" de la scène d’ouverture,  les voici comme déplacées dans un ailleurs sombre et théâtralisé et c’est lui Sergiy,  qui se démultiplie en ombres chinoises. Seul (son compagnon a préféré rejoindre l'acier en fusion ....à une improbable survie!!)  mais avec deux armes:  a-t-il choisi d'éliminer  ces fantômes après les avoir défiés?

 

Peu de mouvements de caméra (le plus souvent fixe); de longs plans séquences.  Le réalisateur ne commente pas il donne à voir à l’état brut la dévastation d'un univers (caméra subjective car c’est par le regard de Sergiy que nous appréhendons le réel)

Il faudra attendre les scènes finales pour entrevoir la  "lumière"' (?) Grâce à un raté- le véhicule s'est arrêté, Katya et Sergiy  dans l'attente d'une dépanneuse, abandonnent leurs corps au désir, et leurs spasmes vont se confondre avec les giclements de la pluie et les crépitements de l’eau qui ruisselle, l'espace destiné aux morts s'est converti  en chambre d'amour! 

 

Longue la route des tombes et des sépultures dans ce cimetière! 

Long le chemin de cette organisation qui se concentre sur la surveillance écologique des zones dangereuses car à cause de la guerre personne ne peut habiter ici mines inondées usines détruites eau polluée le mieux serait de s’en aller. Après 10 ans de guerre ? 10 ans pour purifier ce pays du poison de la propagande soviétique et de leurs fables...Maintenant il faut purifier la terre et l’eau

 

 « j’ai compris que je devais vivre » Vivre avec des gens normaux c’est dur. On ne peut pas se forcer. Soit on s’accepte tel qu’on est, soit on disparaît

Une nuée d’oiseaux s’en vient piailler face à l’immensité de l’usine désaffectée : métaphore et/ou prémices de l’espoir ?

 

Un film parabole étonnant, non sans ambiguïtés, que je vous recommande

 

A voir sur MUBI (en exclusivité) 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 13:32

Court métrage d'Ariane Labed 27' (France, G-B  2019)

avec  Romanna Lobach, Jenny Bellay, Grégoire Tachnakian, Gall Gaspard

 

présenté au festival de Cannes 2019  Quinzaine des Réalisateurs

Olla a répondu à une annonce sur un site de rencontre de femmes de l’Est. Elle vient s’installer chez Pierre qui vit avec sa vieille mère. Mais rien ne va se passer comme prévu.

Olla

Avec sa chevelure rousse orange, ses bottines à talons aiguille, sa mini jupe, traînant une valise à roulettes, elle émerge du brouillard. C’est Olla. Accueillie par son hôte (un célibataire endurci, médusé par tant de beauté..) elle sera la femme au foyer, la domestique (courses, ménage, préparations culinaires, toilette d’une mère ankylosée muette !)

Dès le début de cet étrange court métrage on devine le rapport dominant/dominé qui présidera aux relations  Pierre/Olla

 Ariane Lebed (que nous avons vue  dans le film  The Lobster réalisé par son mari Yorgos Lanthimos)  maîtrise et le sujet (la traite des prostituées venues de l’Est; ici le "dominant"  sera délibérément un personnage de "comédie", un ridicule   engoncé dans des principes : usage de patinettes, baiser rituel sur le front mais qui sous des apaprences "doucereuses" n’en reste  pas moins un "violent") et la forme -une mise en scène qui frise la comédie burlesque (cf la séquence de la  "pole dance" dans le salon, où le corps d’Olla aux ondulations très sexy fait face au mutisme d’une mère impotente figée dans son fauteuil et celle de la masturbation à la cuisine où l’érotisme de la caresse libératrice se marie à la dégustation de jambon).

Olla  se donne à voir comme un "collage"  -succession de "tableautins" où alternent les silences et la musique "what is love", intérieurs et extérieurs, duos avec la mère ou Pierre et solos, chorégraphiés ou théâtralisés et dont le fil conducteur serait peut-être la quête d'amour?? 

Réalisme au style  sec et efficace ? Plutôt faux prosaïsme (teintes plates et formes accentuées chères aux Nabis, pour les extérieurs, couleurs acidulées et aplats à la Adami pour les intérieurs); mais à coup sûr, une façon de filmer proche de Chantal Akerman, ne serait-ce que par le recours aux plans fixes dans l’appropriation d’un lieu et dans la manière si spéciale  de scruter un visage. Et sans aller jusqu'à  identifier Olla à Jeanne Dielman, on peut affirmer que loin des clichés, la jeune femme -apparemment soumise- maîtrise  son destin (cf la relation vénale avec un zoneur et surtout  la scène finale). Et ce, malgré la barrière de la langue, malgré les tentatives de dépossession (celle de son identité par exemple) et d’humiliations (rapport sexuel non consenti avec Pierre )

 

A voir sur MUBI

 

Colette Lallement-Duchoze

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 11:20

Court métrage de Rémi Rappe (2019)

 

Isolés sur les îles du Salut, une troupe de singes capucins et un couple de paons vivent une mystérieuse épopée. La faune et la flore effacent doucement les vestiges de ce lieu de mémoire, connu pour abriter un des bagnes les plus durs  de Guyane.

Fracas

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 15:53

de Jonathan Glazer court métrage de 12'

casting danse : Kaorito Ito, Germaine Acogny,  Andrey  Berezin,  Ditta Miranda Jafsi

musique :  Mica Levi

Plus de 500 ans après la crise frénétique qui s'était emparée des habitants de la ville de Strasbourg poussant ces derniers à danser sans relâche pendant un mois –, le réalisateur britannique Jonathan Glazer choisit lui aussi de diffuser le virus de la danse avec son nouveau court-métrage intitulé Strasbourg 1518. Dix minutes durant, les spectateurs observent les corps des acteurs s’animer de manière effrénée sur une techno explosive signée Mica Levi – ayant déjà réalisé les bandes originales d’Under The Skin (2013) et de The Fall (2019).

Strasbourg 1518

A voir  sur la plate-forme Mubi

 

 

 

Comme dans certaines  chorégraphies de Pina Bausch (deux danseurs viennent du Tanztheater Wuppertal)  on va assister à une forme de transe où chaque danseur invente son propre rituel. Des solos furieux mais  élégants, des solos virtuoses et émouvants mais aussi  tournoyants à en perdre la tête (cf les  dernières minutes filmées avec des effets stroboscopiques).

Chorégraphies dont le tracé sonore est renforcé par la musique techno de Mica Levi (compositrice entre autres de Jackie de Pablo  Larrain)

Espace clos dénudé, au faible éclairage ; sur  les murs/parois les interprètes s’en viennent buter, se cogner ou  reprendre un peu de force (?) telle l'escale obligée d’un parcours accidenté ?; un baquet rempli d'eau:  la danseuse se penche et s'asperge les mains , le visage  (fonction lustrale?) et quand le cadre s'élargit voici une fenêtre donnant sur un décor (urbain ?)  comme pour opposer non seulement un extérieur avec ses repères connus (ou rêvés?) de tous   à un intérieur de solitude,  mais aussi pour illustrer, en le rendant plus poignant,  le douloureux confinement de ces "enfermés" .

La danse comme symptôme ou thérapie? La danse expression, tout  à la fois,  de liberté et de servitude due au confinement ! 

Et cette interrogation en ouverture, puis  entendue   à plusieurs reprises   "comment allez-vous?"  est-elle ironique ou cynique?  ou les deux?

 

12' de spasmes et de frénésie à ne pas rater 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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26 avril 2021 1 26 /04 /avril /2021 11:47

Court métrage réalisé par Anthony Giacchino (2019). 25'

Productrice Alice Doyard,

avec Colette  Marin-Catherine et Lucie Fouble

 

Colette vient d'obtenir l'Oscar du meilleur court métrage documentaire

Cette récompense, ce film, c’est un hommage aux femmes, partout dans le monde, des femmes qui se tiennent par la main pour la justice. Vive Colette, et vive la France  (Alice Doyard)

 

à voir sur la plate-forme du Guardian 

 

https://www.theguardian.com/world/ng-interactive/2020/nov/18/colette-a-former-french-resistance-member-confronts-a-family-tragedy-75-years-later

 

https://www.troiscouleurs.fr/swipe/a-voir-colette-un-court-metrage-sur-la-resistance-en-lice-pour-les-oscars/

Pour la première fois, à 91 ans, Colette entreprend  un pèlerinage en Allemagne avec sa nouvelle complice Lucie, à qui elle confie ses histoires de fantômes, notamment celle de ce frère (déporté et mort à Dora à 19 ans)  dont elle n’était pas forcément proche, celle de sa mère qui lui en a voulu d’être en vie à sa place.

 

Colette

 2021  Colette  Marin-Catherine a 93 ans et c'est  l'année de la 93ème cérémonie des Oscars (simple coïncidence?) 

 

Esprit vif, sens de la formule, franc parler,  Colette va guider  la jeune Lucie (et le spectateur) dans cette archéologie de  flux mémoriels. 

 

Le court métrage  suit  en effet l'itinéraire de cette femme depuis son départ de Caen jusqu'au camp de Dora, en Allemagne. Dans les premières "séquences" nous voyons successivement Colette chez elle, et Lucie étudiante en histoire  passionnée par la Seconde guerre mondiale. Puis, côte à côte, les deux femmes entreprennent ce   "pèlerinage" sur les traces de Jean-Pierre Catherine, ce frère "si beau et si étonnamment brillant" (quand il avait décidé de traverser un mur tant pis pour le mur) déporté et tué en 1945. Un pèlerinage où se mêlent  les réponses de Colette aux questions de Lucie, des souvenirs, des images, des documents  et des films d'archives 

 

Refusant le pathos (et pourtant  quelle émotion quand les deux femmes franchissent la porte du "crématorium"....) le réalisateur insiste  " sur la transmission mémorielle et sur le témoignage de la solidarité entre les générations"  (dont la bague serait l'emblème). Une  thématique qui a influé sur le choix du jury? 

 

Un court-métrage de facture très classique,  dont l'intérêt majeur résiderait peut-être  dans cette "rencontre"  entre la recherche du vrai (vérité historique) et  la béance de  blessures ravivées, tout en refusant le "tourisme morbide " (celui que fustige précisément le personnage éponyme)

 

Florilège

"On ne rentre pas dans la Résistance comme on rentre dans une banque, en disant : « Bonjour, ouvrez-moi un compte résistance » 

 

Quand je vais franchir la frontière avec l'Allemagne, je sais que je ne serai plus la même

 

C'est pire que l'horreur c'est Dante sur terre

 

écoute les oiseaux (c'est peut-être le recueil de nos peines et de nos chagrins) 

 

"Je suis très reconnaissante aux initiateurs de cette rétrospective, sans laquelle Jean-Pierre serait encore dans la nuit et le brouillard de Dora. Je suis Colette, simplement, mais très honorée d’être le socle sur lequel Alice, Anthony, Lucie et toute l’équipe sont venus construire cette émouvante œuvre de mémoire. »

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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23 avril 2021 5 23 /04 /avril /2021 08:47

"En attendant le 29e Festival du Cinéma Russe, qui aura lieu en novembre 2021 à Honfleur, voici notre édition “SPÉCIALE DOCUMENTAIRES” qui sera disponible en ligne du 23 au 29 avril 2021.


Le programme spécial en ligne que nous avons le plaisir de vous présenter ici, est pour nous une expérience tout à fait nouvelle.
Ce programme inclut trois films que nous avions prévu de montrer au Festival 2020, et six films des années précédentes.
On y découvre les relations qui existaient entre l’Afrique et l’URSS, un portrait de la danseuse étoile du Théâtre Mariinsky, une histoire de la nourriture à l’ère soviétique, un reportage ethnographique sur un éleveur de chevaux du Grand Nord de la Russie, des cours à l’intention de jeunes femmes qui rêvent d’épouser un millionnaire, et encore d’autres sujets.


Bon visionnage, et à bientôt"

 

Festival du cinéma russe, "Spéciale documentaires" du 23 au 29 avril 2021

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 08:02

Court métrage documentaire de John Smith (Royaume Uni 2020)

 

présenté en sélection au 43ème festival international du film documentaire (mars 2021) cinéma du réel

 

bande annonce et interview du réalisateur https://www.cinemadureel.org/film/citadel/

 

à voir sur MUBI

 

Filmé depuis la fenêtre de l’artiste pendant le confinement, le film associe des fragments de discours de Boris Johnson sur le coronavirus à des images du paysage urbain londonien. Conscient de la décision du gouvernement britannique de placer les intérêts économiques avant la santé de la population, John Smith déplace le centre du pouvoir en le faisant passer du Parlement au quartier financier de la City.

Citadel

                                                      Citadel, John Smith © 2021

"Place fortifiée d’une ville" (et/ou "coeur d’une place forte") la citadelle désigne - dans ce court métrage étrange, surprenant, percutant-, la City et son architecture hétéroclite. La bande son - extraits de discours de Boris Johnson (entre février et mai 2020) prouve qu’elle est devenue "centre du pouvoir" comme le prône l’ultralibéralisme. Les exhortations du Premier ministre ? Retirer les lunettes de Clark Kent, se changer en super héros du libre échange"  Buy and sell  acheter et vendre Business as usual   les affaires comme d’habitude...Le coronavirus ou l’aubaine économique !!! Or six mois plus tard on apprendra que le Royaume Uni a atteint le plus grand nombre de morts en Europe (Covid 19) et qu'il est entré dans sa plus profonde récession économique depuis le début de la pandémie .....

 

De son appartement (immeuble situé à Hackney) le vidéaste va filmer pendant plusieurs mois (caméra fixe sur trépied), enregistrer des sons (travaux de chantiers, jappements de chien, piaillements d'oiseaux). Son pari, qui est aussi parti pris? Filmer le politique "de l'extérieur" en dénoncer les aberrations, par des suggestions audacieuses et ironiques au montage. Au début par exemple la formule  "acheter et vendre" est répétée tel un mantra  alors que tout dans le "décor" semble figé dans une sorte de Chaos malgré -ou à cause de- la beauté démoniaque et presque irréelle de l'architecture de la City. Lumières et leurs variations au gré des saisons, et selon les moments de la journée? On pense au tableau de Magritte L'Empire des lumières !!!

 

Voici au premier plan un jeune arbre dénudé. Voici des flocons de neige gelée qui s'en viennent strier l'écran. Entre la fenêtre et la City voici des bâtiments où sont confinés les habitants. Clignotements éclairages furtifs sur leur intimité (qui s'adonnant à des exercices physiques, qui à l'ordinateur, qui préparant le dîner, qui regardant la télévision (écoutant le Premier ministre??). Non pas intrusion voyeuriste : John Smith s'intéresse plus à la façon dont la "crise sanitaire" a été gérée; il opte pour l'ironie (décalage entre les propos du Premier ministre et la réalité suggérée) il refuse le "sentimentalisme" -même si on devine son empathie pour ses congénères "je voulais capturer la mélancolie ....une sorte de tristesse dans leurs postures et leurs actions"

Mais surtout cette pseudo intrusion dans l'intime sert l'opposition entre "le pouvoir d'entreprise sans visage et les particularités de la vie individuelle" 

 

La citadelle, ce bloc imprenable,  qui a relayé la parole politique, imposant des diktats -tel un Minotaure des temps modernes- opposée à ces fragments d'humanité : femmes et hommes, marionnettes dans leur maison de poupée, condamnées pendant le confinement à jouer le théâtre de l'Absurde !

 

 

Un documentaire ( 16') à ne pas rater

 

Colette Lallement-Duchoze

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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