23 avril 2020 4 23 /04 /avril /2020 05:42

 

La sortie de En Politica , prévue le 18 mars, est à nouveau possible grâce à la plateforme de la la Vingt-cinquième heure  qui "propose des projections en ligne, où le public peut se retrouver dans un dispositif de géolocalisation calqué sur le tissu des salles, et échanger après la séance, en direct avec les réalisateurs et / ou d'autres intervenants grâce à une visio-conférence . Les billets sont vendus en ligne et les spectateurs reçoivent un lien de connexion qui leur permet d'assister à la séance de leur choix. Ils peuvent ensuite échanger avec les intervenants en visio-conférence. Les recettes sont partagées entre l’exploitant, le distributeur, et la plateforme".

 

 

Cinéma en salles virtuelles: nouvelle sortie pour En Politica

"Le documentaire (EN POLÍTICA de Jean-Gabriel Tregoat er Penda Houzangbe ) nous sert, nous, électeurs éloignés des couloirs où se jouent les conséquences réelles de nos choix. Il nous sert à comprendre que la démocratie telle qu’actuellement comprise dans nos sociétés occidentales n’est rien d’autre qu’un outil dont l’usage s’apprend, se détourne et, irrémédiablement, consume." (slate.fr : «En Política», ou comment être élu ne suffit pas pour prendre le pouvoir).

 

Ni VOD ni streaming, le e-cinéma nous permet de revivre l’expérience collective unique de la salle de cinéma, qui nous manque tant aujourd’hui. https://www.25eheure.com/

Premières séances : 

le 22 avril à 20h15 au Méliès de Montreuil, avec les réalisateurs

le 22 à 20h15 au Lux de Caen, avec Emilio León, protagoniste principal du film

le 23 à 20h15 au Luminor à Paris avec les réalisateurs

le 24 à 20h15 au Lux de Caen avec les réalisateurs

le 24 à 20h30 au Vog de Bazas (33)

le 24 à 20h15 à l'Entrepôt à Paris

le 25 à 18h00 à l'Atalante à Bayonne avec Emilio León,

le 26 à 16h00 au Luminor à Paris

le 27 à 20h15 au Méliès de Montreuil, avec Emilio León

le 28 à 20h15 à l'Entrepôt à Paris avec les réalisateurs

le 29 à 20h15 à l'Arvor de Rennes avec les réalisateurs

le 6 mai à 20h30 au Jean Vigo de Gennevilliers avec les réalisateurs

le 7 mai à 20h15 au Bel-Air de Mulhouse avec les réalisateurs 

autres séances en préparation à Marseille, Dunkerque, Dinard, Dreux, Besançon, Sarlat, Nantes, Saint-Denis, Montpellier. Toutes les infos sur notre page.

Philippe Elusse / DHR distribution - A vif cinémas 

 


 

 

 

Autre info

Et en ce moment sur UniversCiné, plus de 200 films à 0,99 € à découvrir ici https://www.universcine.com/corner/universolidaire

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17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 07:33

de Behnam Behzadi (Iran 2016)

avec Sahar Dolatshabi, Ali Mosaffa, Setareh Pesyani, Roya Javidnia, Shirin Yazdanbakhsh, Setareh Hosseini

 

Présenté au festival de Cannes 2016 (Un Certain Regard) sorti en France en juillet 2017

à voir en replay sur Arte 

Un vent de liberté

La pollution à Téhéran est telle que les écoles sont régulièrement fermées, que des malaises respiratoires peuvent être  "mortels" .La mère de Nilooflar a été hospitalisée (malgré les recommandations de ses enfants et du médecin, elle  "sort" trop et ce jour-là c’était sans sa bouteille d’oxygène).  La sentence tombe tel un couperet : ou quitter Téhéran, ou mourir. Nilooflar (35 ans)  "doit"  se soumettre aux diktats du conseil de famille (un frère violent macho, une sœur aînée corsetée dans ses principes d’épouse et de mère) ; célibataire et benjamine elle est toute désignée pour accompagner la mère... au vert ... Elle devra abandonner son atelier de couture ; elle devra renoncer à une relation amoureuse naissante... Une fois de plus dans son existence, ON a décidé pour elle. En proie à un dilemme -de type cornélien- -et c’est le coeur de l’intrigue- c’est ELLE qui finira par trancher en optant pour….(une fin à ne pas révéler)

 

L’intérêt de ce film réside surtout dans la métaphore de la "suffocation" .On suffoque à Téhéran tant la ville est polluée ; on  "suffoque" dans le microcosme familial régi par un ordre patriarcal archaïque. Nilooflar est victime de cette  "double"  pollution. Ce dont rend compte l’alternance entre scènes de rues -trafic intense, voile délétère qui fait de la capitale une ville "fantôme" - et scènes plus intimes (entre une mère aimée aimante, une soeur manipulatrice, un frère endetté, une nièce attendrissante, un amoureux apparemment transi...mais.. )

Aspirer à une forme d’émancipation, puis la concrétiser, c’est cette authentique croisade contre la soumission, que le réalisateur met en scène. On peut légitimement faire référence au théâtre car dans Un vent de liberté -comme dans les films de Asghar Farhadi d’ailleurs (Une séparation, Le passé et plus récemment le Client) le cinéaste se plaît dans les joutes verbales comme autant de dialogues à faire réciter sur une scène et il est très sensible au jeu des acteurs (visages mimiques regards déplacement dans l’espace avec zooms et légers travellings et une prédilection pour les plans séquences). Ce qui parfois exclut finesse et nuances...

 

Un vent de liberté est certes traversé par ces petits riens à valeur universelle ou symbolique ; ces cloisons qu’on abat, comme autant d’efforts pour les femmes d’abattre les barrières ? Ces fleurs et plantes que Nilooflar -au sourire lumineux (et ce n’est pas un cliché)-, arrose chaque jour, une oasis ? la préservation de la Vie à tout prix ? La complicité de la nièce, ébauche de la lutte féministe ? 

 

Mais  ce film manque cruellement de  "souffle" et verse souvent dans des clichés (cf le catalogue des personnages dits secondaires réduits à des stéréotypes..)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

J'avais vu le film à sa sortie. Et j'avais beaucoup aimé

Pas d’accord avec ta conclusion Colette.

Peu de souffle ? Ce film tient en haleine en tous cas, l’ambiance y est, étouffante par l’environnement physique, social, idéologique. 

Que les seconds rôles soient stéréotypés n’est pas choquant car cette fiction fonctionne pour nous spectateurs français comme un documentaire sur un pays où la misogynie est caricaturale.

Le réalisateur s’expose à dénoncer les rapports hommes-femmes iraniens tels qu’ils sont en réalité dans une classe sociale pourtant éduquée.

Son portrait de femme qui a du mal à sortir des préjugés du carcan familial est une réussite qui domine le reste.

 

Serge Diaz  17/04/2020

 

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12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 07:04

De Michal Hogenauer (République tchèque/Lettonie/Pays-Bas) 2019

avec Eliska Krenkova (Mia) Roeland Fernhout (le père) Monic Hendrickx (la mère) Jacob Jutte (Sebastian) 

Présenté en sélection officielle au festival A l'Est (Rouen du 3 au 8 mars 2020), ce film (Tiché doteky - titre original) a obtenu le prix de la mise en scène au festival d'Aubagne (30 mars - 4 avril 2020)

 

Une jeune  fille au pair, d'origine tchèque, débarque dans une famille étrange du nord de l'Europe. Fascinée, elle participe à une opération aussi mystérieuse que malsaine dont elle ne prend vraiment conscience que lors de son interrogatoire par la police

A certain kind of silence

 Le film s’ouvre sur un long plan fixe : un bateau  et ses nombreuses voitures aux lumières clignotantes alors qu’envahissante, retentit la musique de leurs sirènes. Un concert qui déchire la nuit telle une alarme ? Alarme destinée à la jeune fille qui à bord de ce bateau s’en va vers un ailleurs ...insoupçonné… ? (Une interprétation que nous formulerons rétrospectivement quand le Silence aura imposé ses lois ).

Nous suivons dans cette séquence d’ouverture la jeune fille jusqu’à l’intérieur d’une villa cossue. Elle y sera fille au pair. Et c’est son point de vue qui nous guidera tout au long de ce film

 

Une villa  somptueuse certes  mais aux décors si froids -couleurs et mobilier- à l’ambiance si aseptisée que s’installe une forme de malaise. Impression qui se double de suspicion dès la séquence suivante : la jeune fille vue de face filmée en frontal répond à un interrogatoire (police?); nous n’entendrons pas ses réponses ; elles sont relayées par leur mise en images comme autant de flash-back et les rares réponses qui nous parviennent - destinées aux interrogateurs- sont en flagrante opposition avec la réalité vécue (surtout en ce qui concerne les sévices…infligés à l’enfant). Opposition qui rend compte d'un dilemme, et qui illustre une sorte de dislocation intérieure..

 

Le film entier est construit sur ce va-et-vient entre dualité échange fusion, passé proche-présent, réalité-mensonge. Un exercice narratif  fort habile et qui va mettre en évidence la lente descente aux enfers de Mia, depuis l'obéissance polie initiale (relation employeur/employé) jusqu'à l'anéantissement de toute barrière morale, en passant par des phases de doutes et de remise en question. Tout cela a commencé par la perte d'identité: Michaela dite Misha sera Mia : ainsi en a décidé le couple dans un énoncé plein de componction. Couple d'ailleurs sans identité propre, réduit à une fonction (le père, la mère)

 

La relation dominant/dominé prévaut dans ce système d'éducation où la moindre velléité d'émotion, d'empathie est sévèrement  réprimée, punie. C'est pour le bien de l'enfant; précepte sacro-saint partagé par tous les habitants de ce quartier bourgeois où les enfants "robotisés" sont chaque matin pris en charge (bus de ramassage n° 12853) pour se rendre dans une école "spécialisée" .

Dystopie? Il faudra attendre le générique de fin pour ....la réponse...

 

La mise en scène participe elle aussi de/à cet étrange malaise. Le cinéaste privilégie les plans fixes, construits comme des tableaux, il juxtapose souvent des séquences statiques en évitant les jeux de caméra, tout en faisant alterner plans larges et rapprochés, il joue avec les effets de miroir (au sens propre car plusieurs scènes ont pour décor la salle de bains que partagent Mia et Sebastian) ; les parents/éducateurs déambulent avec lenteur et raideur, et le déploiement d'une journée est ponctué par des "rites" . La séquence où le père en "officiant" préside une "messe" -on remet un "prix" à ...Mia...- cérémonie à laquelle sont conviés tous les voisins, des participants figés  déshumanisés, en dit long sur les ravages de l'endoctrinement!!!

 

Sobriété et froideur : un choix judicieux pour exprimer (et faire partager) le malaise que suscite inévitablement l'analyse clinique du Mal !!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 13:09
 
 
J’ai découvert le site https://www.lacinetek.com/fr/, la cinémathèque des réalisateurs …une mine!  (location des films à 1,99 euros)
 
 
Pour ceux qui ne l’auraient pas reçu, je transmets les conseils de lAriel:
 
Sur le site de la Cinémathèque française, un film rare et restauré chaque soir:
https://www.cinematheque.fr/henri/

L'Agence du court métrage pense à vous au travers de la revue Bref propositions pour les enfants:
 
 
Bonnes (re) découvertes et pensez à Cinexpressions pour les partager!
 
 Faites attention à vous
 
Jacqueline Marro 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 11:45

de Tim Mielants (Belgique Pays-Bas) 2019

avec Kevin Jansens, Jemaine Clement, Hannah Hoeskstra, Bouli Lanners 

 

Présenté en sélection officielle au festival d'Aubagne (30 mars 4 avril 2020)  ce film  a reçu le  Grand Prix pour la musique originale (compositeur Geert Hellings ) et le  prix d'interprétation pour l'ensemble de la distribution

 

Patrick est employé dans le camping naturiste de son père. Il accomplit fidèlement les tâches que les campeurs lui donnent. Sur son temps libre, il fabrique des meubles. Mais quand il perd son marteau préféré et que son père est retrouvé mort, Patrick se met à soupçonner tout le monde

De Patrick

 "Parfois, on trouve ce que l’on cherche quand on arrête de chercher ce qu’on ne trouve pas."

Une vue aérienne sur un corps  tout blanc tout nu faisant la planche sur un plan d’eau, infiniment petit face à  l'infiniment grand; ce sera notre premier contact avec Patrick le personnage éponyme, .Quand la caméra s’approche de son visage c’est le sourire ensoleillé du bien-être. Puis caméra à l’épaule, nous le suivons de dos, fesses à l'air,  regagner le camp naturiste géré par son père. Telle une déclinaison processionnaire, les salutations des estivants ponctuent son passage... " bonjour Patrick"

Mais dans son  "sanctuaire" (lieu de son épanouissement, établi où il fabrique des meubles) un constat sans appel : un marteau a disparu (gros plan sur une béance criant l’absence au milieu des 11 marteaux   restants). Une perte incompréhensible. Une obsession : retrouver l’objet précieux ; obsession qui vire à la monomanie. Tel est le sujet d’une " intrigue" où le suspense est savamment entretenu et où les rebondissements sont parfois cocasses (interrogatoire musclé, renversement des données spatiales suite à la bagarre qui oppose Patrick et Herman). La quête du marteau  "manquant" va se conjuguer  avec un autre itinéraire, celui d’une "initiation"

Le marteau en effet, devient un outil maïeutique : déclencheur de l’intrigue, il sert de révélateur (dans sa quête obstinée Patrick sera confronté aux  "bassesses" de certains et à des  "découvertes"  sur le passé de son père), il est l’instrument nécessaire à un  "éveil"  qui le guidera  vers l’autonomie (car à 38 ans le personnage de cette fiction vit sous l’égide du père -avant qu’il ne meure- et la sollicitude d’une mère bienveillante, comme un enfant dépendant et immature (?) Et l’acteur Kevin Janssens avec ses gestes dégingandés, sa frimousse de renfrogné, ses yeux absents, son mutisme (même dans ses ébats avec la femme d’Herman) interprète avec maestria le personnage (un rictus un battement de cils ou de paupières et c'est comme un  paysage intérieur qui se donne à lire)

 

C’est l’été. La lumière se diffracte. Des surplombs sur la forêt (scène d’ouverture qu’accompagne la musique de Geert Hellings; elle  servira d'ailleurs de  leitmotiv) des plans larges ou serrés mais qui n’enferment pas (et ce magnifique plan lors de la dispersion des cendres où la mère/veuve, guide suprême,  se détache des touristes lesquels seuls ou en duos font corps avec la verticalité des arbres dans une ambiance presque fantomatique); dans ce microcosme le réalisateur fait alterner scènes d’extérieur à la lumière vibrante et scènes d’intérieur aux couleurs souvent cuivrées.

Nous sommes dans un camp naturiste. À ce propos il est intéressant de constater que seule la mère (aveugle) porte des vêtements....sa cécité l’empêche de voir les corps nus, mais elle accède à d’autres vérités que précisément la nudité maquille(ait). La nudité ou le camouflage de…??  Et la jeune avocate ("compagne"  du chanteur) ne pactise pas avec le protocole de la chair mise à nu; le naturisme, une  affaire de quinquas ou sexagénaires ? (du moins dans ce film : c'est un camping namurois prisé par des naturistes flamands)

 

Un film à l'humour souvent "décalé"  -même si un spectateur français ne peut comprendre les arcanes de la langue néerlandaise- ; un film  à voir  (dans un futur proche??...)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

Dans les années 80, au cœur d’une forêt ardennaise, on découvre un camp de nudistes géré par un père âgé et malade et son fils introverti, Patrick, qui, lors de ses moments libres exerce ses talents de menuisier. Concomitamment à la mort du père, disparaît un des marteaux de Patrick. Ce dernier se lance alors dans la recherche méthodique et obsessionnelle de ce marteau, afin d’éviter d’affronter la perte de son père et les questions existentielles qui le tourmentent.

Cette enquête nous fait découvrir les différents locataires du camp dont la nudité contraste avec la part de mystère et d’étrangeté que renferme chacun d’entre eux.

J’ai été particulièrement sensible aux jeux de lumière que créent les ombres des conifères : la lumière chaude et intense qui filtre à travers les cimes apaise et allège l’atmosphère a priori oppressante de ce décor sylvestre (quiconque s’est déjà promené dans une plantation d’épicéas comprendra).

Certaines scènes cocasses, comme ce conseil d’administration où des corps nus et marqués par le temps, assis autour d’une table en U, discutent tout naturellement de problèmes financiers, ou lorsqu’une caravane se retrouve sur le flanc lors d’une empoignade, font sourire.

 

Mais on reste sous tension, car à intervalles réguliers on retrouve l’établi de l’ébéniste avec ce marteau qui manque à l’appel. Le retrouvera-t-il ?

 

Fabien P

Bruxelles le 12/04/2020

 

 

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 07:38

de Martin Provost

avec Juliette Binoche, Yolande Moreau, Noémie Lvovsk, Edouard Baer,  François Berléand

Tenir son foyer et se plier au devoir conjugal sans moufter : c’est ce qu’enseigne avec ardeur Paulette Van Der Beck dans son école ménagère Ses certitudes vacillent quand elle se retrouve veuve et ruinée. Est-ce le retour de son premier amour ou le vent de liberté de mai 68 ? Et si la bonne épouse devenait une femme libre ?

La bonne épouse

Le public sera partagé. Forcément partagé…

 

Je ne remets pas en cause le genre choisi, celui de la comédie -pour évoquer à partir de faits vérifiables -ces écoles ménagères où l’on formait les jeunes adolescentes à leur futur rôle d’épouse, entendons de femmes entièrement dévouées à leur mari ; écoles dont la fermeture correspondra avec le mouvement d’émancipation féministe.

 

Mais la façon dont cette comédie est traitée…

 

Les acteurs -et quelle brochette- Juliette Binoche Yolande Moreau Edouard Baer Noémie Lvovsk (et même François Berléand qui disparaîtra dès la fin du "premier acte" -les passages écran noir servant de repère.dans le déroulé d’une intrigue qui a aussi la prétention d'être l'histoire d'une émancipation....) surjouent…

 

Certes on est dans la caricature….et le trait est grossi comme devrait l’être l’interprétation ? mais quand le grotesque et le mauvais goût s’érigent en valeur suprême… !!

 

Les trois  éducatrices et les quatre adolescentes mises en avant dans le groupe des "futures bonnes épouses " sont réduites à des stéréotypes - bourgeoise corsetée dans son tailleur comme dans ses principes,   jeune fille rebelle, jeune fille soumise, par exemple

 

Les références à l’actualité (l'action se passe au cours de  l'année "scolaire"  1967/1968) : chansons (Adamo), danses, infos sur le mouvement étudiant à Nanterre, puis à Paris en mai, sont comme " plaquées" pour donner l'illusion du "vrai" . Par un heureux hasard l’école ménagère alsacienne que dirige Mme Van Der Beck (J Binoche) a été sélectionnée, elle doit se rendre à Paris (le chauffeur du bus ? La nonne -méconnaissable Noémie Lvovsk) ; c’est le début de la pénurie de carburant. Qu’importe ! On fera le reste du chemin à pied. Et ce sera cette séquence finale qui emprunte à la comédie musicale...autant saugrenue qu’inaboutie ...

 

Bref, une enfilade de clichés à l’humour souvent réchauffé dans cette comédie où l’on cuisine le lapin chasseur, prépare le trousseau, repasse les chemises avec une jeannette, où il faut apprendre les « 7 piliers » indispensables à la « bonne éducation » (Un os de lapin responsable de la mort du directeur lubrique chaud lapin ?. Non ce n’est pas le destin c’est le lapin gémit Yolande Moreau qui se sent responsable de la mort de son frère. Malentendus  quiproquos et préjugés sur le clitoris ou encore  expressions prises au sens littéral censées déclencher  un  "rire communicatif"..)

 

 

La bonne épouse n’est pas cette comédie ravissante jubilatoire intelligente encensée par une certaine critique, mais plutôt  une comédie qui se prétend  engagée mais  d’une lourdeur pachydermique (Wilfried Rennehan Mondociné)

 

A vous de juger (quand l'occasion d'aller au cinéma se présentera de nouveau à vous puisque tout ce qui n'est pas "vital" doit momentanément disparaître de notre quotidien...)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

Merci Colette pour cette délicieuse et sincère chronique ! vive la vie et vive le cinéma ! avec toi bien-sûr !

 

Maria Pinto

dimanche 15/03/20 

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 06:30

de Sandra Kogut (Brésil)

avec Regina Casé (Mada) Otavio Müller (Edgar) Gisele Froes (Marta) Rogiero Froes (Lira) 

Chaque année, Edgar et Marta organisent une grande fête dans leur luxueuse résidence d’été, orchestrée par leur gouvernante Mada et les autres employés de la maison. Mais, en trois étés, tout va basculer. Alors que le monde de ses riches patrons implose, balayé par des scandales financiers, Mada se retrouve en charge de la propriété dont elle est bien décidée à tirer le meilleur parti.

Trois étés

Quelles sont les conséquences sur des employés de maison quand leurs patrons débusqués et condamnés par la justice sont emprisonnés ? Quid des salaires non payés ? Quid de leur survie ? Ce sont ces problèmes qui sont au cœur de la comédie "douce-amère"-Trois étés  la réalisatrice adoptera le point de vue de la gouvernante et femme à tout faire Mada

 

Étés 2015, 2016, 2017 le film a été tourné avant l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro quand "les Brésiliens qui connaissaient par cœur les noms des joueurs de foot de l'équipe nationale, connaissent désormais ceux des juges de la Cour suprême  tant la société a été gangrenée par le virus du libéralisme, du profit à tout prix, de la corruption"

 

Trois étés soit trois séquences tournées au même endroit -une villa luxueuse en bord de mer- trois façons d'investir l'espace (de l'opulence au vide et à la réappropriation) trois atmosphères, trois tonalités pour ce théâtre-comédie  en trois actes illustrant le chaos de la société brésilienne. Au centre le personnage de Mada (en III elle sera aidée par le "patriarche" le père d'Edgar, Monsieur Lira, intellectuel intègre jusque-là en retrait); l'actrice Regina Casé qui l'interprète porte le film de bout en bout par sa faconde et sa truculence

 

D'un point de vue purement "dramatique" la comédie obéit à une double dynamique: à la chute des patrons rattrapés par la justice correspond l'ascension de Mada (de simple employée elle acquiert le statut de responsable); à la déliquescence du domaine une réappropriation: location des yachts -pour promenades aquatiques-, des chambres -AirBnB- et de la maison -tournage de films publicitaires.

D'un point de vue idéologique, si la réalisatrice évite le manichéisme: patrons voyous, domestiques asservis, et si l'histoire de cette "rébellion domestique" imite un modèle "libéral" tant le pays est marqué par la soif de l'argent, c'est bien l'ingéniosité et la solidarité d'une "classe" qui sont mises en exergue

 

Et pourtant malgré ces intentions affichées,  malgré d'évidentes  qualités formelles -ellipses, plans fixes souvent, changement de rythme et de tonalité, rares mais belles échappées hors de ce huis clos-, voilà un film qui ne saurait emporter l'adhésion, en tout cas il peine à convaincre

Cherchez l'erreur!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 15:32

Du 19 au 22 mars 2020

 

au cinéma Omnia République Rouen

 

 

 

Elles font leur cinéma donne la parole aux réalisatrices du monde entier qui, au travers de leurs films, témoignent des avancées des luttes de femmes 

 

trois fictions (Vietnam XIX°, France/Israël, Arabie Saoudite aujourd'hui) explorent les problématiques de jeunes femmes en butte aux traditions patriarcales de leur société

 

trois documentaires (USA, France, Kenya) mettent au coeur des films le désir de reconstruction et d'expression salvatrice par le biais du cinéma

 

six courts métrages, du drame à la comédie, balaient les enjeux féminins d'actualité (violence, esthétique, sororité, homosexualité, deuil) et prix du public pour le meilleur court métrage

 

 

www.elles-font-leur-cinema.info 

 

9ème Festival de Films de Femmes

PROGRAMME

 

jeudi 19 mars

 

18 h pot d'ouverture au labo Victor Hugo 27-29 rue Victor Hugo Rouen

 

20h30  avant-première 

The end of love       de  Keren Ben Rafael, fiction (France) 

la séance sera suivie d'une rencontre avec Elise Benroubi, co-réalisatrice du film 

 

 

vendredi 20 mars

 

18h  Serendipity        de Prune Nourry (documentaire USA) 

 

20h  The Third Wife  d'Ash Mayfair (fiction Vietnam)

 

 

 

samedi 21 mars 

 

15h  FilmmakErs  de Julie Gayet et Mathieu Busson (documentaire France)

séance suivie d'un débat

 

17h   6 courts métrages 

vote du public à l'issue de la séance et remise du trophée La Lucie réalisé par Isabelle Poupinel, céramiste 

 

20h30 avant-première

The Perfect Candidate  d'Haïfa Al-Mansour (fiction Arabie Saoudite, Allemagne) 

 

 

 

dimanche 22 mars

 

10h30 In Search de Beryl Magoko (documentaire Kenya Allemagne) 

séance suivie d'un débat avec Pierrette Rita-Soumbou de ASIFA (association internationale du film d'animation) 

Tarifs 

5,50 € tarif normal

4 € moins de 26 ans et demandeur d'emploi 

 

Possibilité de repas

au restaurant japonais Sushi Tong 2 place de la République (à proximité du cinéma) 

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 08:47

de Gregor Bozic (Slovénie) 

avec  Massimo de Francovic, Giusi Merli, Anita Kravos, Ivana Roscic, Janez Skof

 

Présenté en compétition au festival A l'Est (qui a lieu à Rouen du 3 au 8 mars 2020)

Quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, à la frontière de la Yougoslavie et de l'Italie, le destin d'un vieux charpentier va croiser le destin de Marta une vendeuse de châtaignes

Il était une fois un châtaignier

On connaît les choix du festival A l'Est -dont c'est la 15ème édition-  des  films à l'écriture belle dans leur exigence et leur plasticité; le film slovène présenté hier soir en compétition en est une fois de plus  l'illustration

 

Un parterre de feuilles mortes couleur cuivre et or, et au milieu une "fosse"; vue en plongée; caméra et plan fixes; des personnages entrent dans le champ et leurs paniers emplis de châtaignes exécutent un ballet aérien en déversant leur contenu. puis ce seront des femmes qui, avec leurs râteaux recouvrent ce "trésor" des feuilles mortes et leurs mouvements ressemblent à un autre ballet chorégraphié à même le sol. Le ton est donné dès cette scène d'ouverture: une composition minutieuse (cadrage répartition dans l'espace couleurs et lumière) et "sacralisation" des châtaignes (Marta dans une séquence perpétue -peut-être en vain-  le commerce des châtaignes)

 

Un homme marqué par les ans, assis au pied d'un arbre se prend à rêver du moins il se souvient...alors qu'il attend la charrette-navette- et ce sera à bord de celle-ci que la conversation ou les rires fous des deux jeunes filles vont impulser le souvenir

 

Dès lors vont s’éployer en une série de flash-back et traitées de façon très picturale (souvent des tableaux d’une beauté indomptée) des séquences qui auront marqué sa vie. On passe de l’une à l’autre par un titre

(A rappeler ici que Stories from the chesnut woods traduction anglaise, insiste sur la pluralité et  impose un certain découpage narratif, alors que la traduction française,  "il était une fois...."  rappelle l’incipit des contes)

 

La plus émouvante des "histoires/séquences" est sans conteste celle qui évoque les derniers moments de l’épouse Dora. Le beau visage de l’actrice Giusi Merli ses déplacements à pas comptés ses paroles laconiques illustrent le rôle de ces femmes soumises qui jusqu’à leur dernier souffle auront trimé comme des bêtes de somme, au service de l’époux mâle et macho !!!

 

Mais le film ne manque pas d’humour (scènes de bistrot où les hommes s’adonnent à un jeu d’adresse; visite chez l’unique médecin qui prescrit un médicament unique, telle une panacée ) ; il peut être «sordide » (quand Massimo prend les mesures pour fabriquer un cercueil à sa femme, alors qu’elle exhale encore le souffle de la vie)

 

Un film tout en nuances-voire ellipses- pour évoquer des conditions de vie dans l’après- guerre (certaines personnes comme Marta,  sont contraintes au départ pour leur survie).

Quelques plans et c’est tout un pan de l’Histoire qui s’impose au spectateur ( à lui de reconstituer....)

 

Un film dont le réalisateur est à la fois grand portraitiste et brillant paysagiste

 

Et malgré un bémol (une musique parfois trop illustrative) "il était une fois un châtaignier" est un film à ne pas rater! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

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6 mars 2020 5 06 /03 /mars /2020 12:06

de Martti Helde (Estonie) avec Rea Lest et Reimo Sagor

 

Présenté en compétition au festival A l'Est (Rouen du 3 au 8 mars 2020)

 

sortie  prévue  le 3 juin 2020

Deux personnages, une obsession : empêcher le passé de tout submerger

 

Silence scandinave

Un film c’est l’image et le son avant tout, affirmait Knut Erik Jensen à chacune de ses interviews lors du festival du cinéma nordique. Ces propos valent aussi pour le jeune cinéaste estonien Martti Helde....Et d’ailleurs la vocation du cinéma serait  "moins de raconter des histoires que de donner à voir "

 

 

Si le choix de la mise en scène était radical et novateur dans Crosswind  celui de Silence scandinave -plusieurs versions d’une même réalité- n’est pas inédit certes, mais il n’en est pas moins original dans son traitement (que le titre révèle  partiellement )

 

Dans ce film en noir et blanc ,épuré, beau sans être esthétisant où le drame familial ne sera restitué que par bribes et avec parcimonie, l’essentiel est centré sur les deux personnages du frère et de la sœur et sur les paysages -ceux-ci deviennent  des êtres à part entière tout comme le silence est revendiqué à un moment comme moyen d’expression

 

Une route de forêt enneigée, à la verticalité des arbres dont les branches ont accueilli, bienveillantes, les flocons, fait écho la silhouette d’un homme minuscule qui chemine vers…..Une voiture s’arrête une jeune femme le prend à bord. Cette scène inaugurale sera reprise trois fois (avec des variantes) comme point de départ à trois "versions" du même drame  (deux versions « parlées » :Tom est le premier locuteur puis ce sera Jenna).

Trois "versions" trois découpages de l'espace. Si la caméra est proche des visages dans l'habitacle de la voiture (devenu par métaphore lieu de la conscience et de la mémoire) elle s’en éloigne et donne à voir des immensités d’un blanc quasi virginal (alors que l’esprit est taraudé de noirceurs), des forêts striées de noir (en contrepoint, ou en harmonie avec l’évocation nostalgique que fait la sœur d’un passé heureux, par exemple).

 

Un noir et blanc  au plus près du  "pictural" ou/et du graphisme, avec la majesté du grand angle ou des vues aériennes. Certaines dans leur éblouissement et l’éclosion de motifs floraux pourraient illustrer des désirs, emplir ces interstices où la parole s’est tue, relayée par l'imaginaire (?)

 

Mouvement et immobilité, arrêts et retours (dans l'espace et le temps) confusion des paysages extérieur et intérieur, pudeur du récit (pourtant parfois assez glauque) distanciation dans l’énonciation, réflexion sur la douleur et le sens de la vie,  que scande à la fin des deux premières versions la reprise du thème musical (bande-son) ; un parcours avec des cahots (alors que le tracé de la seule route dans ce  "désert" scandinave , semblait aplani, les deux passagers tressautent - soubresauts d’une mémoire qui exhume le passé ?

 

Oui Silence scandinave est un film dont la magie des images ne peut que séduire..

Un film à ne pas manquer ! (Il aura ses détracteurs comme pour Crosswind...)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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