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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 04:30

Documentaire de Wim Wemders

 

 Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète.
Sa vie et son travail nous sont révélés par les regards croisés de son fils, Juliano, qui l’a accompagné dans ses derniers périples et de Wim Wenders, lui-même photographe  

le-sel-de-la-terre.jpg

 

 

 

 

Un beau portrait intime du grand Salgado,

 

De belles images bien léchées décrivant la misère du monde , la famine,  l'extrême pauvreté ou la guerre (Rwanda, Ethiopie, ex-Yougoslavie)

   

Un homme sincère

 

Mais malgré tout cela on est peu ému et un peu agacé de l'interview Wenders -Salgado

   

A voir malgré tout 

 

Nicole Rousselet

 

 

 

 

 

Dans ce documentaire, ce qui est "agaçant"  ce sont les commentaires de l'artiste lui-même, très (trop) prolixe et/ou souscrivant allègrement à la doxa (cf. propos sur l'ex Yougoslavie ou l'Irak); ces commentaires empêchent souvent le spectateur d'admirer le travail du photographe (= celui qui écrit avec la lumière).

 

En revanche la photo qui sert de générique -des hommes par milliers à la recherche d'une pépite dans une mine d'or brésilienne- et dont la caméra va grossir des détails ou sélectionner une puis des parties, joue bien son rôle de mise en abyme...

CLD

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:56

Premier long métrage de Benjamin Naishat

Avec Mirella Pascual, Tatiana Giménez, Jonathan da Rosa, Claudia Cantero, Elsa Bois

 

Dialogue (à peine imaginaire) entre deux spectatrices à l'issue de la projection :

      

histoire de la peurC: N'est-ce pas le genre de film qui inciterait presque à rester comme "extérieur" ? (en ce sens qu'on ne se sent pas "impliqué" -contrairement à ce que suggérait le titre)

 

N: Non je ne pense pas. Car la "peur" est omniprésente, elle concerne surtout la violence entre les classes sociales (pour schématiser les "riches" qui appréhendent d'éventuelles malversations  de la part des "pauvres"; attention! Propriété privée!)

 

C Ce que confirme d'ailleurs en l'illustrant la séquence d'ouverture avec ces vues aériennes qui découpent le sol en quartiers bien différenciés: un habitat assez rupin avec ses rectangles bleus -les piscines- habitat peu dense d'une part et les zones en friches d'où s'échappent des fumées (incendie?) d'autre part et ces voix qui somment les "habitants" de rester chez eux comme à l'approche d'une catastrophe (ce qu'accentue le bruit quasi insoutenable de l'hélico)

 

N Les catastrophes auxquelles on s'attend (hormis la météorite et les coupures de courant) se révèlent bien dérisoires...Mais au cours du "récit" on voit bien que certaines personnes sont forcément reliées entre elles ne serait-ce que par les liens de maîtres à valets...et tu auras remarqué que les "pauvres" ont tendance à s'effacer alors que les "riches" pérorent (la scène du repas le prouve bien)

 

C Mais dans sa volonté de juxtaposer des saynètes le film ne perd-il pas en efficacité? Car après tout ne serait-ce pas le spectateur qui est invité à combler tous les "vides", donc le seul détenteur du signifié?

 

N Non. Il me semble que le réalisateur a bien "montré" la façon dont le sentiment d'insécurité est diffus(é) dans son pays, l'Argentine, et plus spécialement dans la capitale

 

C: Cela n'empêche que le choix d'une telle narration (avec ses ellipses ses hors-champs ses écrans noirs) fait que la "peur" (côté spectateur j'entends) ne peut être viscérale, qu'elle reste "théorique" même quand il y a suspense!

 

N Évidemment! Mais si elle ne s'impose pas vraiment elle affleure toujours car elle est suggérée...et le mélange des genres (car il y a parfois un côté farcesque) prouverait que la "peur" relève du fantasme!!!

 

 

 

Cela étant, les deux spectatrices étaient d'accord sur les audaces formelles, les astuces de cadrages, les récurrences de gros plans (les grimaces par exemple) les incongruités (cet homme nu sur l'autoroute) et sur le rôle de la police!

 

Un premier long métrage à recommander (hélas! ce film fut très peu distribué)

 

 

CLD

 

 

 

 

 

Bravo aux deux "cinéphiles"!!!

MHL (le 23/11) 

 

 

 

 

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 06:19

Documentaire russe d'Alexander Kouznetsov

Vu en avant-première à Paris le 4/11

Sortie prévue le 31/12/2014

 

 

territoire-de-la-liberte.jpgConnaissez-vous les Stolbys? (rochers d'escalade qui ressemblent à des colonnes) et par voie de conséquence le stolbysme (style populaire d'escalade qui apparaît dès la fin du XIX° ). Le film documentaire d'Alexander Kouznetsov vous invite à découvrir cet "espace de liberté" à quelques kilomètres de la ville de Krasnoïarsk (rappelons que Krasnoïarsk est la capitale de la région centrale de Sibérie, reliée à Moscou, dont elle est distante de 3300km à l'Est, par le transsibérien; longtemps lieu de relégation des exilés de l'empire russe, important centre du goulag pendant la période du stalinisme la ville est restée longtemps fermée aux étrangers à cause de son complexe militaro-industriel)

 

Pour chanter la "liberté" et faire vivre au quotidien un espace de résistance, le réalisateur procède par alternances et oppositions: la ville et la réserve. Aux scènes de rue où l'on voit une masse compacte dont le mouvement est canalisé voire jugulé par les forces de l'ordre et les représentants de la religion il oppose les scènes d'escalade, dans une nature quasi immémoriale; à l'horizontalité de la rue qu'arpentent les "processionnaires", la verticalité du mouvement ascensionnel; à l'anonymat de la foule, l'identité revendiquée de certains protagonistes (paroles des interviewés et esquisse de portraits). Le réalisme assumé illustre une profession de foi, un credo "le stolbysme est un art de vivre" (dit un personnage) et le réalisateur lui-même qui depuis 30 ans fait partie d'une isba la Goloubka, dans la réserve naturelle, a voulu donner à son film "une dimension de résistance et d'utopie, au fond universelle; une idée philosophique expérimentée concrètement" Ce qu'illustre aussi l'opposition entre les chants (l'hymne des Stolbystes entre autres, d'après une chanson de Filatov) et les prières suppliques invocations de la foule dans l'espace urbain..."chaque nuage porte une lueur d'espoir" et "sainte Marie priez pour..."

 

Le principe de l'alternance prévaut aussi pour les scènes de la réserve; scènes d'intérieur dans les isbas (aux ambiances chaudes où agapes musique chants célèbrent la joie partagée) et scènes d'extérieur où l'homme en affrontant les éléments naturels conquiert sa liberté et vainc sa peur! Alternance entre vues d'ensemble, panoramiques, vues en plongée et contre-plongée (mettre l'homme au centre ou la nature mais sans écraser le premier); des gros plans sur les pieds ou les mains de la gamine aux prises avec la roche, disent l'effort, d'autres sur tel ou tel visage à l'intérieur d'une isba magnifient la convivialité...

 

Vers la fin du documentaire une séquence de nuit: les personnages munis de leurs lampes vont peindre à la chaux sur le minéral et en très gros caractères le mot LIBERTE . Le "pouvoir" les efface régulièrement, les hommes "libres" les inscriront régulièrement!



Un documentaire à ne pas rater!

 

Colette Lallement-Duchoze 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 10:20

Film américain de Ira Sachs

Avec Alfred Molina, John Lithgow, Cheyenne Jackson

 

Après 39 ans de vie commune, George et Ben décident de se marier. Mais, au retour de leur voyage de noces, George se fait subitement licencier. Du jour au lendemain, le couple n'est plus en mesure de rembourser le prêt de son appartement new yorkais. Contraints de vendre et déménager, ils vont devoir compter sur l'aide de leur famille et de leurs amis. Une nouvelle vie les éloignant l'un de l'autre, s'impose alors dans leur quotidien.

 

 

love-is-strange.jpg

 

Beaucoup de films sur l'homosexualité surfent sur la connotation sulfureuse de ce thème héritée du passé.

 

Love is strange non.

 

Tout en délicatesse, il remet l'homosexualité dans la normalité quotidienne : emploi, logement...

 

A voir et à soutenir !

 

M. E.


 

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 08:10
De Xavier Dolan
Prix du jury à Cannes
Avec Anne Dorval Suzanne Clément et Antoine-Olivier Pilon
 
Une  veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent   TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l'aide inattendue de l'énigmatique voisine d'en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d'équilibre et, bientôt, d'espoir.
 
Acteurs d'exception, mise en scène originale, rythme euphorique, noirceur et lumière (dans la thématique abordée), le corps dans tous ses états (gestes et paroles d'une violence inouïe ou d'une incommensurable tendresse): Xavier Dolan conscient de ses "prouesses" briguait à Cannes la palme d'Or! Mais remporter à 25 ans le prix du jury (ex-aequo avec Godard) n'est-ce pas une récompense suprême? 
      .
 Prouesses! mommy   Le réalisateur a choisi le format carré: c'est celui des pochettes de disque (et le film est d'ailleurs traversé de nombreuses chansons/hommages); c'est aussi celui du portrait (éliminant toute fioriture, il permet de se concentrer sur un visage et il se prête aux gros plans); mais c'est surtout celui de l'enfermement (un tel cadre emprisonne les trois personnages dans un engluement phobique, une forme de triolisme à la libido délibérément  non assouvie; trois personnages fusionnant en un seul mais chacun se démenant avec des problèmes spécifiques dont la pathologie est connue de tous!); et quand suite à une révélation à valeur d'épiphanie le cadre va s'élargir c'est le personnage qui de ses bras l'agrandit aux dimensions d'un bonheur édénique ou d'une joie reconquise.
A certains moments de la narration les acteurs sont filmés au ralenti: la joie exulte explose dans une bande son volontairement muette, tout comme la vision du futur (un avenir somme toute banal qu'imagine la mère : son fils  mature heureux en ménage et père comblé) est restituée en images floutées (usage de filtres?) et sans bande son; or c'est précisèment après cette intrusion onirique que la mère va "livrer" son fils au Corps Médical!
Les alternances entre gueulantes et rires, entre fusion et rejet scandent la narration et lui imposent un rythme d'une époustouflante énergie...Et là il faut rendre hommage aux trois acteurs (ils auraient mérité une récompense!!!) 
Et pourtant, malgré tout cela, subsiste une impression désagréable de "complaisance" (à la fois dans la façon de filmer et dans la direction d'acteurs); impression qui altère -sans vraiment le saper- le pur plaisir de Voir! 

Colette  Lallement-Duchoze
 
 
 
 
 
 
Tout à fait d'accord avec le dernier paragraphe....
Mais pour le reste non: trop c'est trop!
Cadrage rythme musique  sans compter l'intervention un peu incongrue de la voisine d'en face.
Le problème reste le concert de louanges de la plupart des critiques.
 
Marcel Elkaim 8/11
  
    
.


 
 

 
 
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 18:26

Drame allemand de Christian Schwochow

Avec Jördis Triebel, Tristan Göbel, Alexander Scheel

 

 

 

Fin des années 70, quelques années après la mort de son fiancé, Nelly décide de fuir la RDA avec son fils afin de laisser ses souvenirs derrière elle. La jeune femme croit à un nouveau départ de l’autre côté du mur, mais en Occident où elle n’a aucune attache, son passé va la rattraper…
La jeune femme va-t-elle enfin réussir à trouver la liberté ? de-l-autre-cote-du-mur.jpg 

 

 

 

Il y a eu un certain nombre de films sur la vie en RDA (La vie des autres, Barbara, Good Bye Lenine) mais jamais aucun sur les transfuges et l'accueil qui leur était réservé.
En cela, le film est intéressant. Croyant trouver la liberté, Nelly se retrouve dans un camp de transit, en butte aux soupçons des Allemands de l'ouest et du FBI en raison de sa profession (chercheur en chimie) et surtout de son fiancé disparu.
Les humiliations (déshabillage) et interrogatoires n'ont rien à envier à ce qu'elle a vécu en RDA. La vie dans ce camp de transit et les relations bonnes ou exécrables qui s'y nouent sont bien montrées. Quelques personnalités du camp sont attachantes et désespérées.
Les acteurs sont très bons en particulier l’héroïne qui a eu un prix pour son interprétation.
Il manque pourtant je ne sais quoi pour en faire un grand film -comme par exemple Barbara-. peut-être quelques longueurs.....
Le film mérite pourtant d'être vu

Allez-y pour vous faire une opinion.

 

 

Isabelle Lepicard

 

 

 

Très juste

Il faut y aller

Marcel Elkaim  (8/11)

 

 

 

 

 

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 07:16

de Dietrich Brüggemann

Avec Lea Van Acken, Franziska Weisz

Ours d'argent du meilleur scénario (Festival de Berlin)

 

 

"Maria est une adolescente de 14 ans qui se prépare à faire sa Confirmation. Très pieuse, elle est élevée dans une famille catholique fondamentaliste. Ce qui ne manque pas d'intriguer un camarade d'école. Alors qu'elle se prépare activement à la cérémonie religieuse, elle s'investit de plus en plus dans la foi, se pose des questions sur le sens de son existence et ses défauts comme l'arrogance. De plus en plus mystique, elle ambitionne d'être une sainte. Sa mère a du mal à comprendre ses tourments...

 

 

chemin-de-croix.jpg

 

 

 

 

Vous avez dit :

 

"eau bénite" je réponds puanteur maléfique;

 

"chemin de croix"? Dispensez-vous des 14 stations (filmées en plans fixes comme des tableaux)

 

Miracle ? Un abominable troc " je me donne à Jésus, et mon petit frère muet sera guéri"

 

 "Coups de pied au culte qui se perdent'  (écrit joliment Alain Spira)

 

J-M Denis

 

 

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 07:05
une-chinoise.jpgMont-Saint-Aignan, cinéma Ariel
 
du jeudi 9 au dimanche 12 octobre;
(du jeudi au samedi thé d'accueil à partir de 19h30)
En partenariat avec l'association Chine-Rouen
 
une-jeunesse-chinoise.jpg
 
 PROGRAMMATIONmariage-de-tuya.jpg
XIAO WU ARTISAN PICK-POCKET, LE MARIAGE DE TUYA,  UNE JEUNESSE CHINOISE, UNE CHINOISE
  
  
SEANCES
 
LE MARIAGE DE TUYA, vostf
jeudi 9 à 20h ; vendredi 10 à 18h; dimanche 12, à 16h15
 
UNE JEUNESSE CHINOISE vostf
vendredi 10 à 20h; samedi 11, à 14h; dimanche 12 à 18h
 
UNE CHINOISE vostf
vendredi 10 à 16h; samedi 11 à 18h45; dimanche 12 à  20h45
 
XIAO WU ARTISAN PICK-POCKET vostf
samedi 11 à 16h45 et 20h30;  dimanche 12 à 14h
 
 
 
 
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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 05:26

De Naomi Kawase

Avec Nijiro Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsauda

Film japonais présenté au festival de Cannes en CO

 

still-the-water.jpg

 

 

Un hymne à la nature : sur l'île japonaise d'Amami 
Deux ados: Kaito le garçon, solitaire et bougon et Kyoko la fille en osmose avec la mer, vont s'ouvrir au monde, confrontés à l'amour, à la mort (cadavre sur la plage au début du film et mort de la mère de Kyoko ensuite..).

 

Le film s'ouvre sur une mer déchaînée (plans fixes et larges); des paysages magnifiques et luxuriants;  puis il prend son rythme.

 

Un film zen où les éléments de la nature sont omniprésents et font corps avec l'être.

 

Quelques beaux moments d'émotion ( le garçon retrouvant son père à Tokyo, la jeune fille accompagnant sa mère mourante.)

 

A voir

 

N.Rousselet
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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 10:21
De Gustav Deutsch (Autriche)
Avec Stephanie Cumming, Christoph Bach, Florentin Groll
Musique David Sylvian; directeur de la photographie Jerzy Palacz
 
La fusion  titre (Shirley visions of reality)  et sous-titre (voyage dans la peinture d'Edward Hopper) s'opère dès la scène d'ouverture: une femme prend place dans un wagon, elle lit un ouvrage d'Emily Dickinson; ce plan renvoie au tableau Chair car (1965); or sur la couverture du livre, est reproduit un autre tableau,  gros plan (zoom)  puis floutage; le spectateur est ainsi invité à pénétrer dans un univers pictural et simultanément dans la conscience de Shirley. Voyage peu convaincant, hélas! On reste extérieur à cet "exercice de style". Pourquoi?
hopper.jpg
 
 Le projet est certes audacieux  -dans la reconstitution minutieuse (voire quasi maniaque) de 13 toiles d' Edward Hopper-, mais il n'exclut pas le systématisme et la facticité -dans cette volonté de leur donner vie (par une mise en scène de ce qui a précédé puis suivi l'instantanéité de la toile). À commencer par le principe de construction: un dispositif trop répétitif: écran noir, cartons, voix off d'un "journaliste" qui énonce des infos "ciblées"...(New York, La Havane ou Paris, sur trois décennies). Les bruitages -l'eau qui s'écoule dans la salle de bains, un glougloutement attendu et outrancier, le martèlement des pas de Steve ou d'autres personnages hors champ, le vrombissement d'un taxi, les fenêtres que l'on ouvre et/ou ferme. Quant au monologue intérieur de Shirley s'il informe sur ses questionnements (actrice elle ne peut comprendre les positions abjectes d'Elia Kazan pendant la période noire du maccarthysme; épouse, elle se sent comme une étrangère quand Steve la photographie, etc.), si cette voix intérieure est censée restituer sa personnalité et mettre en évidence son "évolution" sur 30 ans, elle semble trop souvent plaquée artificielle ...          
Pour éviter la monotonie du plan fixe à l'intérieur d'un décor (qui à chaque fois reproduit ambiance couleurs objets lumière architecture d'une toile de Hopper) le cinéaste opte pour quelques zooms, légers travellings; pour pallier la fixité qui fige les personnages, il les fait évoluer avec une certaine nonchalance mais qui se confond parfois avec de la raideur. Et que dire de ces "redondances"? Dans la toile/saynète "excursion into philosophy 1959" Shirley lit "le mythe de la caverne" et à l'instant précis où elle prononce le terme "ombres" voici que surgissent sur le pan du mur soudainement illuminé, des ombres de volatiles...     
 
Faut-il rappeler qu'une toile de Hopper ne serait-ce que par  son "inquiétante étrangeté" se prête à un "récit" (pour mémoire cette anecdote: un acheteur s'en vint rendre à la galerie sa dernière acquisition, car il avait interprété "l'histoire" -du tableau-  comme une collusion avec le communisme...c'est dire!!)
 
 
Colette Lallement-Duchoze

 
 
 
 
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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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