17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 06:34

Depuis le 19 mai, Normandie Images vous offre un film par semaine.
Vous pouvez voir un court métrage de fiction, un film documentaire (soutenus par le fonds d'aide de la Région Normandie en partenariat avec le CNC), un film d'atelier d'éducation et des pastilles “je me souviens” constituées de films d'archives amateurs.

Chaque film sera visible pendant une semaine en « Une » du site, avec la possibilité de revoir les films des précédentes semaines jusqu'à la fin septembre 2020.
 

Programme des 4 E-séances à venir :

Mardi 16 juin
La Chair de ma chère court métrage de Calvin Antoine Blandin

Mardi 23 juin
Cordes et liens film d'atelier d'Arthur Shelton

Mardi 30 juin
Casa documentaire de Daniela De Felice

Mardi 7 juillet
À vos marques, prêts, partez ! montages de films amateurs


bonne découverte et bonne E-séance à tous,
l'équipe de Normandie Images

 

 

 

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 08:53

de Guillaume Brac

avec Eric Nantchouang, Salif Cissé, Edouard Sulpice

 

Présenté en compétition au festival Champs Elysées (du 9 au 16 juin)

champselyseesfilmfestival.com

a obtenu le Prix de la Critique 

 

Paris, un soir au mois d'août. Un garçon rencontre une fille. Ils ont le même âge, mais n'appartiennent pas au même monde. Félix travaille, Alma part en vacances le lendemain. Qu'à cela ne tienne. Félix décide de rejoindre Alma à l'autre bout de la France. Par surprise. Il embarque son ami Chérif, parce qu'à deux c'est plus drôle. Et comme ils n'ont pas de voiture, ils font le voyage avec Edouard. Évidemment, rien ne se passe comme prévu. Peut-il en être autrement quand on prend ses rêves pour la réalité ?

A l'abordage

Rappelez-vous Contes de juillet -romances presque rohmériennes interprétées par des élèves du Conservatoire

Ici encore le réalisateur fait jouer des élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique (éblouissant Edouard Sulpice dans le rôle de ce  "chauffeur blablacar", maladroit et coincé, lui le "chaton à sa maman" ; fantastique Salif Cissé tout en rondeurs face à l’exubérant Eric Nantchouang)

 

Le titre ? la formule empruntée à la marine est reprise, mais délestée de sa connotation pirate, lors d’une scène de spectacle de rue pour enfants : l’actrice/clown tente en le ratant plusieurs fois l’assaut sol/estrade et les gamins de s’esclaffer.

C’est métaphoriquement un coup d’envoi, un assaut, une façon d’aborder l’autreet qui concernera autant Felix que ses deux comparses !

 

Une  "romance" estivale, telle une tranche de vie à la fois pudique légère et grave (en filigrane se lit tout un contexte social fait de clivages culturels)

Une  "rencontre" avec l’autre que l’on apprivoise et qui est aussi rencontre avec soi-même. (Félix accepte les limites de son amour exclusif, Edouard se désinhibe alors que Chérif vit intensément la délicatesse d’une relation avec une maman seule (Ana Blagojevic)

 

Tournée en extérieur, cette chronique à l’ambiance souvent bon enfant d’un camping, d’ébats dans la rivière, (nous sommes dans la Drôme) d’un karaoké (Aline…) est pleine d’une humanité, tendre et empreinte d’humour,  à la fraîcheur de "jouvence" 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 12:20

de Camilo Restrepo (Colombie) 

Avec Luis LozanoFernando Úsaga HiguítaCamilo Restrepo

 

prix GWFF du meilleur premier long métrage à la Berlinale (février 2020)

 

En compétition au 9ème festival 

Champs-Élysées Film Festival - 9-16 juin 2020 

A obtenu le prix du jury : meilleur réalisateur

 

(Le réalisateur s’est lié d’amitié avec Pinky et l’a convaincu de jouer lui-même son propre rôle dans le film.)

Medellín, Colombie. Pinky est en fuite. Il vient de se libérer de l'emprise d'une secte religieuse. Il se trouve un abri de fortune et un petit boulot dans une fabrique de t-shirts. Trompé par sa propre foi, il questionne tout. Mais alors qu'il tente de reconstruire sa vie, il est bientôt rattrapé par des réminiscences violentes qui demandent Revanche.

Los conductos

Halluciné et hallucinatoire, réaliste et fantastique, ce film à la narration fragmentée, au mélange  d'"onirisme narcotique et de mysticisme lyrique" , et où s'entrelacent, se superposent   géographie d'une  ville post industrielle  et géographie mentale, ne peut laisser indifférent.

 

La scène d'ouverture est assez déroutante. Extérieur nuit noire, bleutée; ombre portée d'une arme à feu; détonation; zooms sur le rouge d'une blessure et le rouge du réservoir à essence d'une moto. Et pendant presque 10 minutes absence de paroles et impossibilité d'identifier les silhouettes....Nous allons suivre le "meurtrier" (d'abord une ombre puis un visage casqué); il est en cavale; seul sur l'autoroute!  Rythme accéléré! Pétarades! 

 

C'est alors que sa voix intérieure va tenter d'expliquer cette fuite. Oui Pinky a fait partie de la secte des "élus" sous l'égide -voire la férule- d'un gourou, le "père" qu'il vient de tuer ; oui il a été comme envoûté;  oui ce groupe a commis des crimes; il est temps de  s'en affranchir. Y parviendra-t-il?. Est-ce possible de se libérer de ces chaînes? C'est à un "voyage initiatique"  que nous convie Camilo Restrepo dans "Los conductos" 

 

Aux scènes dites réalistes, le réalisateur préfère des ambiances (obscurité, jeux d'ombre et de lumière, étincelles qui illuminent la ville vue en plongée; gestes répétitifs des ouvriers dans un atelier de contrefaçon). Il privilégie les gros voire très gros plans (roue de la moto, visage ou regard de Pinky, bottes des soldats qui défilent, boules de cuivre, cigarette que l'on roule.., doigt qui crochète,  trou dans le mur de la cave qui sert d'abri et en écho trous de la chaussée qui donnent accès à des forces chthoniennes (?)) comme autant de détails qui dans des plans d'ensemble perdraient leur pouvoir évocateur, symbolique ou métaphorique. Les lignes verticales alternent avec les horizontales et les formes ovales! Jeux sur  la gémellité   (cf affiche). Tout cela au service d'un montage dit impressionniste

Un montage qui suggère plus qu'il ne décrit, un montage où se mêlent la mémoire du protagoniste et celle de son pays la Colombie, le présent -celui d'une survie - transfiguré par des visions (certaines dues à la drogue), le présent confronté à un passé revisité, ou à la perspective d'un futur en marche ("au lieu de tuer ses fils, la Colombie ne peut-elle pas les rendre dignes de vivre ?) et le film se clôt -après la confrontation avec Revanche - sur un poème de Gonzalo Arango 

 

​​​​​​​On pourra toujours reprocher une  tendance à la  logorrhée philosophique (d'autant que celui qui profère et professe semble réciter)  ainsi que les similitudes avec le Christ qui s'exprimait en recourant aux paraboles (ici Pinky "racontant"  l'histoire des mendiants); mais l'abscons de la parole allégorique est  transcendé par le lyrisme omniprésent, les trouvailles de Guillaume Mazloum (éclairages photos)  et la partition originale d'Arthur B Gilette

 

Le festival international de Mar del Plata (fin 2019) qui a récompensé le film, a salué "sa vision personnelle du monde qui a une dimension esthétique politique et humaine et sa propre langue cinématographique" ​​​​​​​

 

A voir absolument!

 

 

Colette Lallement-Duchoze 

 

 

Los conductos

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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 15:44

documentaire de DAVY ROTHBART

prix du jury au Melbourne Documentary Festival, 

prix du meilleur montage  au Tribeca Film Festival.

 

 

Présenté en compétition au 9ème festival  Champs Elysées Film Champs-Élysées Film Festival - 9-16 juin 2020 

a obtenu le Prix du Jury  et le Prix du Public du meilleur long métrage américain 

une saga familiale chroniquée sur 20 ans 

En 1999, Davy Rothbart rencontre dans son quartier de Washington les frères Sandford, et devient ami avec la famille. Il prête de temps en temps sa caméra au petit frère Emmanuel, 9 ans, qui aimerait réaliser des films. Rothbart ne se doutait pas qu’au fil des années, les images filmées par la famille Sandford allaient offrir un récit à la hauteur du pays, une histoire tragique et violente....

17 blocks

17 blocks soit 17 pâtés de maison, soit la distance qui sépare le Capitole et le quartier de Washington DC... Deux mondes!  deux univers si proches et si distants !

Cheryl la soixantaine revient sur les lieux de son enfance. Des larmes perlent sur son visage et sa confession en est embuée. C’est le prologue ; le spectateur est intrigué, il s’interroge: Cheryl une mère aimante ? une mère Courage ? elle se dit responsable de la tragédie qui a dévasté la famille en 2009 ! pourquoi?
 

Hésitante virevoltante ou plus maîtrisée, la caméra va nous plonger dans l’intimité de la famille afro-américaine Sandford durant deux décennies. Une sorte de docu-vérité. Le réel filmé dans tous  ses états (moments festifs déboires drames) le mal à fleur de peau qui ronge le corps (drogue et violence, passages à tabac) le tragique là où personne ne l’attendait… l’incompréhension qui tétanise et la volonté de se "reconstruire"  Avec ce regard  parfois impudique et sans complaisance. Moins celui du  "réalisateur" qui s’est contenté d’orchestrer que celui de cette caméra, devenue partie intégrante de la famille 

 

17 blocks

 

Voici  Cheryl la mère (qui rêvait d’être Marilyn…) et ses trois enfants Smurf l’aîné, Denice et le jeune Emmanuel ; elle les élève seule. On se focalise sur le plus jeune. À l’inverse de son frère -dealer invétéré- il fera des études, il rêve d’être pompier, il aime la jeune Carmen, il l'aime d’un amour total ; mais cette "romance" s'en vient percuter le bloc de l' immanence -celui de la précarité et de la violence liée à la drogue- : du sang sur le carrelage et les murs de ce vestibule où le chat égaré cherche en vain ses repères,  (un plan ô combien signifiant !!) une voix off déformée  par la douleur commentera...

Viendra la nécessaire " reconstruction". La caméra se focalise sur Justin enfant puis pré-adolescent qui ressemble si étrangement à son oncle Emmanuel ; une plaque commémorative à même le sol tout comme le film est dédié à toutes les victimes d’homicide à Washington, victimes dont les noms s’affichent dans le générique de fin ...sans fin....

 

Un film coup de poing.

À la spontanéité brute souvent déconcertante

Ni voyeurisme ni pathos ni folie vengeresse.

Et pourtant à travers le portrait de cette famille, de son environnement,  le réalisateur n’épingle-t-il pas les dérives d’un pays ?

Colette Lallement-Duchoze

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 11:49

Documentaire  de Andreas Horvath  48 min  2002 (Autriche )  

 

Mention spéciale du jury du public festival  Nyon  Visages du réel en 2002

2001 : la suppression systématique de plusieurs millions d'animaux d'élevage dans le nord de l'Angleterre ordonnée par le gouvernement Blair dans le but de combattre l'épidémie de fièvre aphteuse en cours, transforme les paisibles pâturages du Yorkshire du Nord en terreau fertile pour les soupçons et les accusations. 

The silence of green

Images de verts pâturages, ciels tourmentés (à la Turner) ou immensément bleus ourlés d’un blanc cotonneux, respect de la règle d’or dans la composition, surimpression paysage réel et toile de Constable, oui the silence of green est bien l’oeuvre d’un photographe!

Mais quand Andreas Horvath donne la parole à des fermiers (qu’on ne verra pas) très suspicieux quant à la  "gestion" d’une épidémie (elle-même remise en question), quand il fait coexister la cruauté du réel (abattage d’animaux) et le religieux (cf la récurrence de plans sur l’église et surtout le leitmotiv d’une trame sonore qui fait la part belle aux chants, aux prières) le documentaire est éminemment politique !

 

À rappeler (comme il est dit dans le générique d’ouverture) que la fièvre aphteuse (foot and mouth disease) fait les gros titres ; en mai, tout semble sous contrôle, mais bizarrement, le Ministère de l’Agriculture décide de faire abattre des troupeaux dans le Nord du Yorkshire, région où aucun cas n’a été signalé. Cette fois-ci, les médias sont tenus à l'écart. Pas question que des images de bûchers fassent à nouveau le tour du monde. Quelques semaines plus tard, on apprendra (cf générique de fin) que seulement 25% des cheptels étaient atteints, les autres ayant été éliminés par mesure de précaution.

Ce carnage était-il vraiment nécessaire ?

La réponse des personnes interrogées est "non"; elles incriminent non seulement Tony Blair mais l’Union européenne. Un fermier affirme péremptoire que dans les pays européens (Irlande Allemagne France ) tout a été « étouffé dans l’oeuf ». Un autre évoque la perte douloureuse de son cheptel sa ferme ayant été  "désignée par erreur" une erreur de ...logiciel. Une femme accuse l’Union européenne de vouloir "décimer" une partie du monde agricole Tous savent que pour "bénéficier" d’une "compensation",  ils ne doivent pas alerter les médias...n’empêche !!

 

Pour rendre compte de tout cela Andreas Hovarth va convoquer simultanément ou successivement des modalités et codages de filmage du réel, et ceux  plus proches de la  fiction (mais on sait que la frontière entre fiction et documentaire est souvent  poreuse, que les « genres » ne sont pas forcément antinomiques, qu’il s’agit avant tout de deux façons d’interroger le monde,  le regard primant sur le genre…). Le "document"  porte sur un événement (la fièvre aphteuse qui a sévi en 2001) un fait social (fermiers britanniques sceptiques emportés, impuissants,  dans la tourmente d’une gestion  "calamiteuse") mais il est filmé à distance (recours au téléobjectif) ; le regard scrute le paysage (à la beauté ...faussement innocente) l’environnement (avec et sans les animaux : une étable vide une prairie comme inviolée le silence est éloquent) il s’arrête sur des détails (des points qui soudain prennent forme ….prémices...d’un massacre,  en présence d’équarrisseurs ?)

Et en inscrivant le "réel"  dans un contexte « religieux » le réalisateur le chorégraphie en une danse liturgique de la mort, le silence  a les accents d’un requiem !

A voir absolument! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

PS le réalisateur était venu en décembre 2019 à l’Omnia présenter son premier long métrage Lilian

The silence of green

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3 juin 2020 3 03 /06 /juin /2020 17:59
FIFAM: 3 films documentaires en accès libre jusqu'au 8 juin

http://www.fifam.fr/cadeau-3-films-en-acces-libre/

"Cette semaine, nous avons choisi de vous offrir trois films, trois œuvres signées Jean Rouch, Raoul Ruiz, et Jean-Pierre Duret, sans autre point commun qu’une appétence à nous conter le réel avec un regard d’artiste".

  • Madame l’eau de Jean Rouch

France, 1993, 120 min.

Trois amis du Niger partent étudier les systèmes hydrauliques en Hollande. Une fiction documentaire où se confrontent les cultures.

Cliquez-ici, pour voir ce film

FIFAM: 3 films documentaires en accès libre jusqu'au 8 juin

La chouette aveugle de Raoul Ruiz

France, Suisse, 1987, 93 min.

Au cours d’un débat, Raoul Ruiz a déclaré : « je n’adapte pas une œuvre littéraire, je l’adopte ». Cette déclaration trouve dans La chouette aveugle une parfaite illustration car cette version du livre de Sadegh Hedayat additionne les transpositions et, dans sa grande liberté, en restitue fidèlement l’essence.

Cliquez-ici, pour voir ce film

FIFAM: 3 films documentaires en accès libre jusqu'au 8 juin

Un beau jardin, par exemple de Jean-Pierre Duret

Belgique, France, 1986, 55 min.

Jean et Thérèse Duret sont des savoyards. Dans la ferme familiale où ils ont “trimé” toute leur vie, ils continuent de travailler la terre obstinément, alors que tout ce qui fut leur univers disparaît sous leurs yeux

Cliquez-ici, pour voir ce film

FIFAM: 3 films documentaires en accès libre jusqu'au 8 juin

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2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 06:11

d'Atom  Egoyan (Canada 2019)

avec David Thawlis (Jim) Laysla De Oliveira (Veronica) Luke Wilson (le père Greg)  Rossif Sutherland  (Mike) Alexandre Bourgeois (Clive)

Musique Mychael Danna

 

À la mort de son père, Veronica se confie et démêle les multiples secrets qui jalonnent l’histoire de sa famille.

 

Guest of honour

Traumatismes personnels exacerbations des passions, deuil, mémoire, culpabilité, transmission Atom Eogoyan aime explorer « les aspects sombres de la condition humaine » On connaît aussi sa prédilection pour la chronologie éclatée et les montages complexes en forme de puzzle The guest of honour illustre tout cela ; un  film qui peut tout autant séduire que déplaire (il a été paraît-il hué à Venise)

Au tout début voici Veronica et le père Greg ; celui-ci a besoin pour son oraison funèbre d’éléments informatifs sur la vie de Jim le père de Veronica.  C'est le prétexte à ...la résurrection d'un passé, destinée tant au père Greg  qu'à son double le spectateur 

Ainsi le film sera fait de flash back où chaque scène séquence ou suite de séquences est censée dévoiler le personnage tant dans l’exercice de son métier (contrôleur sanitaire) que dans son comportement de père et d’époux. Et simultanément se dévoile la personnalité de Véronica …

Personnalité restituée par bribes dans la distorsion des temporalités (Veronica face au père Greg c’est le présent de narration, Veronica enfant et son apprentissage du piano sous l’oeil bienveillant d’Alicia qu’elle soupçonne d’entretenir une relation avec son père alors que sa mère est très malade ; c’est le passé fait de suspicion et non-dits ; Veronica en tournée avec l’orchestre qu’elle dirige sous l’oeil jaloux du chauffeur de bus ; suite à un « canular » elle sera écrouée pour un « crime » qu’elle n’a pas commis..mais refuse une libération anticipée ....pour d'autres "crimes" antérieurs!)

Une succession de saynètes illustre le métier qu’exerce avec une rigidité extrême Jim le père, muni de ses badges Pass /Fail - ; Et c’est comme une visite guidée dans le Toronto des communautés émigrées (brasserie munichoise, restaurant arménien de la communauté libanaise, trattoria italienne, fast-food asiatique, etc..) L’inquisiteur a tous les pouvoirs (précision méticulosité tatillonne de ses inspections mais aussi propos comminatoires...quand la vie privée interfère… un trop plein d’amour -le père qui veut sauver sa fille qu’il sait innocente- justifie-t-il des exactions ??)

D’abord intrigué et subjugué par la maîtrise des collisions temporelles autant que par le jeu subtil de Tweslis, l’alternance entre panoramiques et plans serrés sur les protagonistes, le spectateur va assez vite saturer : en cause moins la complexification tant l'écheveau à démêler est confus  (encore que...par moments elle vire au procédé!) que les effets de redondance (ce lapin Benjamin, sa patte porte bonheur, effets spéculaires des téléphones portables, entre autres )

Malgré sa double dynamique (mélodrame familial et thriller d’investigation) ce film peine à convaincre

Colette Lallement-Duchoze

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:53

 

Avec la volonté affirmée de ne pas priver les festivaliers du meilleur du cinéma indépendant français et américain malgré les conditions sanitaires actuelles, la 9e édition de Champs-Élysées Film Festival se déroulera 100% en ligne et gratuitement du 9 au 16 juin.

 

Continuer à partager ensemble notre passion du cinéma et ne pas rompre le lien qui nous unit depuis plusieurs années, tel est le mot d’ordre de cette 9e édition. « Notre ambition aujourd’hui est de pouvoir présenter au public la jeune création du cinéma indépendant français et américain qui a plus que jamais besoin d’être soutenue et mise en lumière. Par solidarité avec tou·te·s, et pour la première fois dans son histoire, le festival sera accessible gratuitement et cela dans toute la France depuis notre site internet du 9 au 16 juin. »Sophie Dulac, Présidente et Fondatrice du festival.

9ème édition de Champs-Élysées Film Festival

SOIRÉE D’OUVERTURE - LE 9 JUIN 2020 -

Le festival sera lancé le 9 juin avec au programme de ce rendez-vous, une performance musicale de l’artiste Barbara Carlotti à 19h suivie de la projection en avant-première du film Jumbo de Zoé Wittock, avec Noémie Merlant et Emmanuelle Bercot, à 20h30, toujours depuis champselyseesfilmfestival.com.

Le film Jumbo a été sélectionné à la dernière Berlinale, au festival de Sundance et au festival de Gerardmer.

 

 Participer à Champs-Élysées Film Festival, rien de plus simple !Il vous suffit de vous connecter à partir du 20 mai sur www.champselyseesfilmfestival.com et de créer un compte.

Ensuite, laissez-vous guider et profitez dès le 9 juin de l'intégralité du festival avec ses longs métrages, courts métrages, masterclass, showcases musicaux et de nombreux bonus exclusifs ! Au total, c'est une quarantaine de films qui seront diffusés durant la semaine, et pour un très grand nombre en exclusivité.

 

Attention, certains longs métrages ont un nombre limité de diffusions, alors pas de temps à perdre !

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 04:05

De Léonor Serraille (2017)

avec Laetitia Dosch (Paula) Souleymane Seye Ndaye (Ousmane) Nathalie Richard (la mère de Paula) Erika Sainte (la mère de Lila) Léonie Simaga (Yuki)

 

 

Présenté en Sélection Un certain regard au festival de Cannes 2017,  ce film a obtenu la Caméra d'or 

(rappelons que le prix récompense un premier film toutes sélections confondues)

 

 

 

 

Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

Jeune femme

 j’étais tout  pour lui je ne suis plus rien

 

Un coup de tête (sens propre) sur une porte close, une blessure au front (qui progressivement sera stigmate, marque d’une blessure plus profonde) et une logorrhée "agaçante"  (le doigt pointé autant vers le médecin qui restera longtemps hors champ que vers le spectateur) c'est ainsi que nous découvrons  Paula au tout début ….

 

Et dès lors nous allons la suivre dans son errance à travers la capitale tout comme la caméra de Léonor Serraille qui la filme de dos de face en très gros plan, au gré d’un cheminement erratique de nuit le plus souvent : travellings qui épousent la (dé)marche, caméra qui virevolte qui effleure caresse le visage lumineux ou ténébreux . Quel que soit le lieu (boîte de nuit, appartement moderne, chambre d'un hôtel miteux, « bar à culottes » dans une galerie marchande) la réalisatrice a soigné les couleurs les ambiances et le choix de Laetitia Dosch dans le rôle phare (où elle explose) opère telle une osmose entre réalisatrice et actrice. L’aspect caméléon et imprévisible sied à ce personnage (inspiré de la propre expérience de Léonor Serraille)

 

Voici une jeune femme, déboussolée -sens propre et figuré (Joachim, photographe dont elle était la Muse vient de la larguer à leur retour du Mexique) Elle est sans le sou ; elle ment pour "dénicher" quelque boulot ; mais elle a la rage au ventre, la folie en bandoulière et le ...chat blanc de ….Joachim sous le bras. À chaque rencontre une défaite, ou au contraire un semblant de conquête... sur soi et une étape vers...Et le spectateur d’abord agacé va éprouver de la sympathie voire de l’empathie -sans aller jusqu’à la compassion. Car Léonor Serraille joue avec les ruptures de rythme  et de genre : là où on attend le  "pire" -dans le réalisme ou le drame- on bascule vers le ... burlesque ou c’est le non-dit! 

 

Au terme d’une déambulation -qui est aussi l’itinéraire d’une émancipation-,voyage à la recherche de soi-même-,  Paula ferme les fenêtres de la chambre. De l’espace clos,  elle s’échappe sereine vers un ailleurs  (dont on connaît les prémices…)

Elle  est à même d'embrasser une nouvelle aurore 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

à voir sur arte-tv (jusqu’au 25/07/2020) 

 

 

Truffaut disait qu'un bon film c'était d'abord une bonne histoire, ici le scénario est indigent.

L'actrice principale est de chaque plan, et la fascination de la réalisatrice ne suffit pas à créer de l'émotion, être voyeur d'une jeune femme pétée du casque ne mène nulle part. L'improvisation poussée des scènes qui s'enchaînent pour remplir le vide du récit agacent et ennuient.

Le seul personnage qui s'en tire est le mystérieux vigile africain. il produit l'effet d'un peu de poivre dans un plat sans saveur.
Bref, film narcissique sans intérêt

Serge 1/06/2020.

Ne serait-ce pas plutôt Duvivier? ?

Truffaut parlerait plus volontiers de scénario 

(histoire = l'aventure des personnages; scénario = la façon dont cette aventure est racontée, mise en forme) 

Ténuité scénaristique n'est pas forcément synonyme de nullité

Colette 1/06/2020

 

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 07:21

 De Marc Brummund (Allemagne 2015)

avec Louis Hofmann (Wolfgang) Alexander Held (père Brockmann) Katharina Lorenz (la mère)

 

 

Été 1968. Wolfgang, 14 ans, intègre un camp de rééducation pour ados à Freistatt où il est confronté à un quotidien quasi-militaire. Les jeunes sont exploités pour de durs travaux dans le marais. Wolfgang va chercher à s’enfuir de cet enfer

Refuge

C'est l'été. 1968.  Wolfgang féru de mécanique discute avec ses potes-on parle d'alunissage USA ou Russie? Cet adolescent vit une relation "privilégiée" avec sa mère -et des images reviendront en leitmotive ponctuer le film: lumière fugitive dans la noirceur de l'enfer, onguent baume fugace sur ses blessures.

Mais son beau-père hostile à son esprit rebelle est décidé à briser ce trop-plein d'énergie ; et Wolfgang ira en maison de "redressement"

 

Un internat où sous couvert de préceptes religieux on exerce une discipline de fer, où sévices privations humiliations sont le lot quotidien de ces jeunes maintenus sous la férule du "père" Brockmann, le directeur sadique et des "frères" !

Une jeunesse réprimée au nom de la religion ! (viser à inculquer les valeurs chrétiennes au pensionnaire et l'éduquer dans la foi,  dit le prologue) Tel est l'enjeu de ce film inspiré de faits réels -le témoignage de Wolfgang Rosenkrötter un ancien pupille d'une diaconie - et tourné sur les lieux mêmes : le camp Freistatt à Diepholz

 

Un film qui -paraît-il- ne fut jamais sorti en salles  en France..

Un film qui  rappelle  une réalité sordide ( dans l'ex RFA de 68): celle de pensionnats cauchemardesques au coeur même de magnifiques paysages !!!!

Freistatt -un titre antiphrastique? comme la devise "Arbeit macht frei"?? -30 ans auparavant-

 

Les jeunes alignés comme des soldats dans les camps d'entraînement chantent "ô terre de détresse/où nous devons sans cesse/piocher" et chaque couplet de ce chant composé par des prisonniers allemands en 1933 résume leur quotidien -vivre en cage, les grands prés marécageux, du sang des cris des larmes, le travail pénible dans les tourbières- et pourtant on est en 1968 !!!

 

Subir? non se révolter!  C'est la "foi" qui anime le jeune adolescent et sa rébellion est exacerbée par l'intolérable iniquité. Mais peut-on sortir indemne d'un tel combat? Que deviendra in fine l'esclave? La perte de l'humain est-elle une fatalité? 

Autant de questionnements que pose ce film dont certaines scènes traitées avec un réalisme cru sont à la limite du supportable (mais on  connaît l'impact de la violence  fictionnelle alors qu'elle se situe souvent en-deçà de la violence réelle banalisée par les médias...)

 

On pourra toujours reprocher à ce film un manichéisme facile (qu'accentue le jeu caricatural, voire grotesque, des représentants de l'autorité), ou encore le "symbolisme" appuyé du gâteau -kalter hund- -lien avec la mère, partage, usurpation, fanatisme- et même le "passage convenu" et gradué  des tourments et tortures...

 

Malgré ces bémols,  Refuge  est un film à voir!

(en replay sur Arte) 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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