2 juin 2020 2 02 /06 /juin /2020 06:11

d'Atom  Egoyan (Canada 2019)

avec David Thawlis (Jim) Laysla De Oliveira (Veronica) Luke Wilson (le père Greg)  Rossif Sutherland  (Mike) Alexandre Bourgeois (Clive)

Musique Mychael Danna

 

À la mort de son père, Veronica se confie et démêle les multiples secrets qui jalonnent l’histoire de sa famille.

 

Guest of honour

Traumatismes personnels exacerbations des passions, deuil, mémoire, culpabilité, transmission Atom Eogoyan aime explorer « les aspects sombres de la condition humaine » On connaît aussi sa prédilection pour la chronologie éclatée et les montages complexes en forme de puzzle The guest of honour illustre tout cela ; un  film qui peut tout autant séduire que déplaire (il a été paraît-il hué à Venise)

Au tout début voici Veronica et le père Greg ; celui-ci a besoin pour son oraison funèbre d’éléments informatifs sur la vie de Jim le père de Veronica.  C'est le prétexte à ...la résurrection d'un passé, destinée tant au père Greg  qu'à son double le spectateur 

Ainsi le film sera fait de flash back où chaque scène séquence ou suite de séquences est censée dévoiler le personnage tant dans l’exercice de son métier (contrôleur sanitaire) que dans son comportement de père et d’époux. Et simultanément se dévoile la personnalité de Véronica …

Personnalité restituée par bribes dans la distorsion des temporalités (Veronica face au père Greg c’est le présent de narration, Veronica enfant et son apprentissage du piano sous l’oeil bienveillant d’Alicia qu’elle soupçonne d’entretenir une relation avec son père alors que sa mère est très malade ; c’est le passé fait de suspicion et non-dits ; Veronica en tournée avec l’orchestre qu’elle dirige sous l’oeil jaloux du chauffeur de bus ; suite à un « canular » elle sera écrouée pour un « crime » qu’elle n’a pas commis..mais refuse une libération anticipée ....pour d'autres "crimes" antérieurs!)

Une succession de saynètes illustre le métier qu’exerce avec une rigidité extrême Jim le père, muni de ses badges Pass /Fail - ; Et c’est comme une visite guidée dans le Toronto des communautés émigrées (brasserie munichoise, restaurant arménien de la communauté libanaise, trattoria italienne, fast-food asiatique, etc..) L’inquisiteur a tous les pouvoirs (précision méticulosité tatillonne de ses inspections mais aussi propos comminatoires...quand la vie privée interfère… un trop plein d’amour -le père qui veut sauver sa fille qu’il sait innocente- justifie-t-il des exactions ??)

D’abord intrigué et subjugué par la maîtrise des collisions temporelles autant que par le jeu subtil de Tweslis, l’alternance entre panoramiques et plans serrés sur les protagonistes, le spectateur va assez vite saturer : en cause moins la complexification tant l'écheveau à démêler est confus  (encore que...par moments elle vire au procédé!) que les effets de redondance (ce lapin Benjamin, sa patte porte bonheur, effets spéculaires des téléphones portables, entre autres )

Malgré sa double dynamique (mélodrame familial et thriller d’investigation) ce film peine à convaincre

Colette Lallement-Duchoze

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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 06:53

 

Avec la volonté affirmée de ne pas priver les festivaliers du meilleur du cinéma indépendant français et américain malgré les conditions sanitaires actuelles, la 9e édition de Champs-Élysées Film Festival se déroulera 100% en ligne et gratuitement du 9 au 16 juin.

 

Continuer à partager ensemble notre passion du cinéma et ne pas rompre le lien qui nous unit depuis plusieurs années, tel est le mot d’ordre de cette 9e édition. « Notre ambition aujourd’hui est de pouvoir présenter au public la jeune création du cinéma indépendant français et américain qui a plus que jamais besoin d’être soutenue et mise en lumière. Par solidarité avec tou·te·s, et pour la première fois dans son histoire, le festival sera accessible gratuitement et cela dans toute la France depuis notre site internet du 9 au 16 juin. »Sophie Dulac, Présidente et Fondatrice du festival.

9ème édition de Champs-Élysées Film Festival

SOIRÉE D’OUVERTURE - LE 9 JUIN 2020 -

Le festival sera lancé le 9 juin avec au programme de ce rendez-vous, une performance musicale de l’artiste Barbara Carlotti à 19h suivie de la projection en avant-première du film Jumbo de Zoé Wittock, avec Noémie Merlant et Emmanuelle Bercot, à 20h30, toujours depuis champselyseesfilmfestival.com.

Le film Jumbo a été sélectionné à la dernière Berlinale, au festival de Sundance et au festival de Gerardmer.

 

 Participer à Champs-Élysées Film Festival, rien de plus simple !Il vous suffit de vous connecter à partir du 20 mai sur www.champselyseesfilmfestival.com et de créer un compte.

Ensuite, laissez-vous guider et profitez dès le 9 juin de l'intégralité du festival avec ses longs métrages, courts métrages, masterclass, showcases musicaux et de nombreux bonus exclusifs ! Au total, c'est une quarantaine de films qui seront diffusés durant la semaine, et pour un très grand nombre en exclusivité.

 

Attention, certains longs métrages ont un nombre limité de diffusions, alors pas de temps à perdre !

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 04:05

De Léonor Serraille (2017)

avec Laetitia Dosch (Paula) Souleymane Seye Ndaye (Ousmane) Nathalie Richard (la mère de Paula) Erika Sainte (la mère de Lila) Léonie Simaga (Yuki)

 

 

Présenté en Sélection Un certain regard au festival de Cannes 2017,  ce film a obtenu la Caméra d'or 

(rappelons que le prix récompense un premier film toutes sélections confondues)

 

 

 

 

Un chat sous le bras, des portes closes, rien dans les poches, voici Paula, de retour à Paris après une longue absence. Au fil des rencontres, la jeune femme est bien décidée à prendre un nouveau départ. Avec panache.

Jeune femme

 j’étais tout  pour lui je ne suis plus rien

 

Un coup de tête (sens propre) sur une porte close, une blessure au front (qui progressivement sera stigmate, marque d’une blessure plus profonde) et une logorrhée "agaçante"  (le doigt pointé autant vers le médecin qui restera longtemps hors champ que vers le spectateur) c'est ainsi que nous découvrons  Paula au tout début ….

 

Et dès lors nous allons la suivre dans son errance à travers la capitale tout comme la caméra de Léonor Serraille qui la filme de dos de face en très gros plan, au gré d’un cheminement erratique de nuit le plus souvent : travellings qui épousent la (dé)marche, caméra qui virevolte qui effleure caresse le visage lumineux ou ténébreux . Quel que soit le lieu (boîte de nuit, appartement moderne, chambre d'un hôtel miteux, « bar à culottes » dans une galerie marchande) la réalisatrice a soigné les couleurs les ambiances et le choix de Laetitia Dosch dans le rôle phare (où elle explose) opère telle une osmose entre réalisatrice et actrice. L’aspect caméléon et imprévisible sied à ce personnage (inspiré de la propre expérience de Léonor Serraille)

 

Voici une jeune femme, déboussolée -sens propre et figuré (Joachim, photographe dont elle était la Muse vient de la larguer à leur retour du Mexique) Elle est sans le sou ; elle ment pour "dénicher" quelque boulot ; mais elle a la rage au ventre, la folie en bandoulière et le ...chat blanc de ….Joachim sous le bras. À chaque rencontre une défaite, ou au contraire un semblant de conquête... sur soi et une étape vers...Et le spectateur d’abord agacé va éprouver de la sympathie voire de l’empathie -sans aller jusqu’à la compassion. Car Léonor Serraille joue avec les ruptures de rythme  et de genre : là où on attend le  "pire" -dans le réalisme ou le drame- on bascule vers le ... burlesque ou c’est le non-dit! 

 

Au terme d’une déambulation -qui est aussi l’itinéraire d’une émancipation-,voyage à la recherche de soi-même-,  Paula ferme les fenêtres de la chambre. De l’espace clos,  elle s’échappe sereine vers un ailleurs  (dont on connaît les prémices…)

Elle  est à même d'embrasser une nouvelle aurore 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

à voir sur arte-tv (jusqu’au 25/07/2020) 

 

 

Truffaut disait qu'un bon film c'était d'abord une bonne histoire, ici le scénario est indigent.

L'actrice principale est de chaque plan, et la fascination de la réalisatrice ne suffit pas à créer de l'émotion, être voyeur d'une jeune femme pétée du casque ne mène nulle part. L'improvisation poussée des scènes qui s'enchaînent pour remplir le vide du récit agacent et ennuient.

Le seul personnage qui s'en tire est le mystérieux vigile africain. il produit l'effet d'un peu de poivre dans un plat sans saveur.
Bref, film narcissique sans intérêt

Serge 1/06/2020.

Ne serait-ce pas plutôt Duvivier? ?

Truffaut parlerait plus volontiers de scénario 

(histoire = l'aventure des personnages; scénario = la façon dont cette aventure est racontée, mise en forme) 

Ténuité scénaristique n'est pas forcément synonyme de nullité

Colette 1/06/2020

 

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 07:21

 De Marc Brummund (Allemagne 2015)

avec Louis Hofmann (Wolfgang) Alexander Held (père Brockmann) Katharina Lorenz (la mère)

 

 

Été 1968. Wolfgang, 14 ans, intègre un camp de rééducation pour ados à Freistatt où il est confronté à un quotidien quasi-militaire. Les jeunes sont exploités pour de durs travaux dans le marais. Wolfgang va chercher à s’enfuir de cet enfer

Refuge

C'est l'été. 1968.  Wolfgang féru de mécanique discute avec ses potes-on parle d'alunissage USA ou Russie? Cet adolescent vit une relation "privilégiée" avec sa mère -et des images reviendront en leitmotive ponctuer le film: lumière fugitive dans la noirceur de l'enfer, onguent baume fugace sur ses blessures.

Mais son beau-père hostile à son esprit rebelle est décidé à briser ce trop-plein d'énergie ; et Wolfgang ira en maison de "redressement"

 

Un internat où sous couvert de préceptes religieux on exerce une discipline de fer, où sévices privations humiliations sont le lot quotidien de ces jeunes maintenus sous la férule du "père" Brockmann, le directeur sadique et des "frères" !

Une jeunesse réprimée au nom de la religion ! (viser à inculquer les valeurs chrétiennes au pensionnaire et l'éduquer dans la foi,  dit le prologue) Tel est l'enjeu de ce film inspiré de faits réels -le témoignage de Wolfgang Rosenkrötter un ancien pupille d'une diaconie - et tourné sur les lieux mêmes : le camp Freistatt à Diepholz

 

Un film qui -paraît-il- ne fut jamais sorti en salles  en France..

Un film qui  rappelle  une réalité sordide ( dans l'ex RFA de 68): celle de pensionnats cauchemardesques au coeur même de magnifiques paysages !!!!

Freistatt -un titre antiphrastique? comme la devise "Arbeit macht frei"?? -30 ans auparavant-

 

Les jeunes alignés comme des soldats dans les camps d'entraînement chantent "ô terre de détresse/où nous devons sans cesse/piocher" et chaque couplet de ce chant composé par des prisonniers allemands en 1933 résume leur quotidien -vivre en cage, les grands prés marécageux, du sang des cris des larmes, le travail pénible dans les tourbières- et pourtant on est en 1968 !!!

 

Subir? non se révolter!  C'est la "foi" qui anime le jeune adolescent et sa rébellion est exacerbée par l'intolérable iniquité. Mais peut-on sortir indemne d'un tel combat? Que deviendra in fine l'esclave? La perte de l'humain est-elle une fatalité? 

Autant de questionnements que pose ce film dont certaines scènes traitées avec un réalisme cru sont à la limite du supportable (mais on  connaît l'impact de la violence  fictionnelle alors qu'elle se situe souvent en-deçà de la violence réelle banalisée par les médias...)

 

On pourra toujours reprocher à ce film un manichéisme facile (qu'accentue le jeu caricatural, voire grotesque, des représentants de l'autorité), ou encore le "symbolisme" appuyé du gâteau -kalter hund- -lien avec la mère, partage, usurpation, fanatisme- et même le "passage convenu" et gradué  des tourments et tortures...

 

Malgré ces bémols,  Refuge  est un film à voir!

(en replay sur Arte) 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 05:30

d' Antoine Giorgini 

avec Eddy Suiveng, Tobias Nuytten, Fabrizio Rongione 

 

Aujourd'hui, Tony passe une audition au conservatoire d'art dramatique. Steven, son meilleur ami censé lui donner la réplique, n'est pas là. Après avoir échoué à lui trouver un remplaçant, Tony quitte les lieux, déterminé à ne plus jamais adresser la parole au traître.

Réplique

                                                 

https://normandieimages.fr/40-normandie-images/diffusion/247-replique

Antoine Giorgini se plaît à nous tendre des "embuscades" de même qu'il joue avec la polysémie de "réplique" 

 

Confrontant deux langages, il met en "situation" son personnage principal Tony : lui faire réciter du Shakespeare -alors que son milieu à peine évoqué aurait pu y  être hostile..., il va lui faire passer deux formes d'audition celle du théâtre et celle de la police; le tempérament violent et impulsif de Tony joue en sa défaveur (on peut être agacé ) alors que sa foi en l'amitié jusque-là inébranlable est mise à mal.

Réplique ou une forme de dialectique qui va jusqu'à innerver la "trame"  en faisant la part belle au réalisme - propre au documentaire? 

 

En toile de fond un milieu social défavorisé qu'Antoine Giorgini  suggère (cf la séquence d'ouverture où Tony (re)cherche -en vain- son pote Steven traitée en plans larges et resserrés au service d'une forme de "quête" );  une accumulation de contretemps (les "fameux" coups de théâtre ou "péripéties"...  jusqu'à la scène finale!!!)  créant un engrenage (c'est le sens premier de "drama") dans un monde géré par des adultes autoritaires,  sans omettre ce travail sur la lumière (Thomas Bataille);  oui ce court métrage est construit comme une mini -pièce de théâtre où le personnage principal -qui n'a rien d'un héros-  choisit précisément le théâtre comme tremplin à son "émancipation" ! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

Normandie Images 

 

En raison de la crise sanitaire qui frappe de plein fouet le monde du cinéma, Normandie Images s'adapte, se mobilise et se réinvente avec une nouvelle forme de diffusion pour promouvoir et valoriser un panel de films réalisés et/ou produits en région. Normandie Images vous offre jusqu'au mercredi 30 septembre 2020 un film par semaine (court métrage de fiction, film documentaire soutenus par le fonds d'aide de la Région Normandie en partenariat avec le CNC), film d'atelier d'éducation et des pastilles « je me souviens » constituées de films d'archives amateurs.Chaque film sera visible pendant une semaine en « Une » du site, avec la possibilité de revoir les films des précédentes semaines jusqu'à la fin septembre 2020. Bonne découverte et bonne e-séance à tous.

Programme des 4 E-séances à venir :

Mardi 19 mai
Réplique court métrage d'Antoine Giorgini

Mardi 26 mai
Le Royaume des Dragons film d'atelier d'Adrien Rivollier

Mardi 2 juin
Le Havre cité rock, never cry about the past documentaire de Jean-Marie Châtelier

Mardi 9 juin
Cinéastes (amateurs) à la caméra montages de films amateurs

 

https://normandieimages.fr/

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 05:36

Court métrage de Sophie Thouvenin (2018) 19'

avec Gémi Diallo, Antoine Chappey, Idrissa Diabaté

Lala est la seule fille d’un groupe de quatre jeunes coureurs de demi-fond venus du Mali. Leurs visas arrivent à terme. Menés par Loïc, leur coach, il leur reste une dernière chance pour être remarqués par un sélectionneur et accéder à leur rêve : intégrer un club français.

 

Le bout de la piste

"mon corps est une Ferrari" affirme déterminée  -mais sans outrecuidance -  Lala au sélectionneur qui hésite à lui donner  "sa"  chance (elle est trop vieille; elle a plus de 18 ans...)

 

L'immigration?  Sophie Thouvenin a choisi de  traiter ce problème  par le biais du sport (la sélection est redoutable pour ces jeunes Maliens; ils mettent en jeu leur Vie,  leur Survie surtout quand leurs visas arrivent à terme..)  Après l'entraînement  (un long plan séquence) voici le  moment du verdict (il sera traité  hors champ -hormis pour Lala- ) mais  les affres de l'attente et le tragique du refus  la réalisatrice a su les rendre "palpables" 

 

Ambiances nocturnes  (nimbées de toutes leurs connotations) peu de dialogues (les regards, certains gestes ne sont-ils pas plus éloquents que des paroles?) une prédilection pour les plans séquences (qui correspondent d'ailleurs aux différentes étapes qui structurent le récit) une bande-son efficace (qui restitue à la fois le souffle des coureurs et leur douleur empreinte de l'espoir de "vaincre" ),  autant de raisons pour être aux côtés de Lala et de ses camarades 19 minutes durant....

 

Ce court métrage est en accès libre jusqu'au 19 mai inclus  sur 

 

https://svod.brefcinema.com/nouvelles-generations/le-bout-de-la-piste.html

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

Même si le thème est un peu différent, cela m’a fait penser au film « Comme un lion. »

Dans l’un, une sélection légale de coureurs. Mais, qu’arrive-t-il à celui qui n’est pas sélectionné ? Retour au pays et rejet des siens pour avoir échoué... à moins de s’échapper et de mener une vie de « sans papier… »

Dans l’autre, un joueur récupéré par un réseau mafieux, qui finalement parvient à s’en sortir, mais pour combien qui ont échoué ?

Dans les deux cas un système qui exploite à la fois le talent et la misère des Africains.

Fabien 18/05/20

 

 

 

Communiqué de Brefcinema 

https://www.brefcinema.com/

 

"Il était tentant de revenir sur un florilège de courts métrages découverts sur place ces dernières années, que ce soit à la Semaine de la critique ou à la Cinéfondation. En attendant, bien sûr, de pouvoir reprendre les routes du sud dès 2021…

Et d'ici la réouverture des salles, que nous attendons tous, Brefcinema remet en avant chaque mercredi, en accès libre durant 7 jours, l'un des films se trouvant à la veille de sortir de sa programmation"

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13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 11:04

 "Pas de Festival de Cannes cette année, ni en mai, ni fin juin avec la tentative de report balayée également par la pandémie de coronavirus. Faute de pouvoir découvrir la fournée 2020 du cinéma mondial, Arte offre l'occasion de revisiter des films du Festival et propose une sélection de longs et courts métrages, distingués ou primés, de webmagazines et de documentaires cinéphiles pour fêter à domicile le plus prestigieux des festivals.. "

Du 10 au 27 mai, la chaîne de télévision programme ainsi un "Spécial Festival de Cannes chez vous".  

On retrouvera sur le petit écran, à l'antenne ou en "replay", des films de Milos Forman, Spike Lee, Michael Haneke, Jim Jarmush, Michael Winterbottom et autres qui ont marqué le festival. Une programmation spécifique est aussi prévue sur Arte TV, la chaîne numérique, avec des classiques comme "La belle Noiseuse" de Jacques Rivette, "Le genou de Claire", d'Eric Rohmer, "Paranoid Park" de Gus Van Sant »

Spécial Festival de Cannes "chez vous"

                                          Prix Un certain regard Cannes 2014

Spécial Festival de Cannes "chez vous"

                                               Prix du jury Cannes 2017

Spécial Festival de Cannes "chez vous"

                                             Caméra d'or  Cannes 2017

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 04:24

de Chad Chenouga (2017)

avec Khaled Alouach, Yolande Moreau, Theo Fernandez

Nassim est en première dans un grand lycée parisien et semble aussi insouciant que ses copains. Personne ne se doute qu’en réalité, il vient de perdre sa mère et rentre chaque soir dans un foyer. Malgré la bienveillance de la directrice, il refuse d’être assimilé aux jeunes de ce centre. Tel un funambule, Nassim navigue entre ses deux vies, qui ne doivent à aucun prix se rencontrer…

De toutes mes forces

Le cas de Nassim est assez singulier : c’est un « dandy » ; il cherche à intégrer le milieu bourgeois qu’il fréquente via ses relations au lycée. Lui, vit dans un petit appartement avec sa mère dépressive qu’il s’efforce de protéger. Une succession assez rapide de saynettes ou de flashes nous introduit ainsi et dans le milieu et dans les pensées du personnage. Au retour d’un week end, il découvre sa mère, inanimée (suicide ?) Enterrement. Fin du prologue

 

Nassim est placé dans un foyer. C’est le début d’un autre  "calvaire".  Ce sont aussi les prémices d’un parcours initiatique. Deux forces écartèlent le personnage : la culpabilité (Nassim écoute régulièrement sur son portable, le dernier message de sa mère, c’était un appel au secours !!) et la ruse mensongère : il invente une prise en charge par un oncle -pour ses amis du lycée- il ment à son référent, à madame Cousin la directrice  (formidable Yolande Moreau), quand il est au centre il snobe -dans un premier temps- les autres jeunes.

 

Écartèlement dont rend compte une construction qui joue sur les prismes les fractures les ruptures de rythme. Un va-et-vient permanent entre deux univers. Une alternance aussi  entre rébellion et accalmie. Et si des mini-séquences se reproduisent à intervalles réguliers (Nassim dans le métro, en salle de classe, dans la cour du lycée ; Nassim au réfectoire, dans sa chambre) elles insistent moins sur une répétition que sur la fragmentation ! Certaines se font écho (convocation chez le proviseur et chez la directrice ; rapports sexuels avec deux jeunes femmes ....dissemblables)

Quand s’opérera la prise de conscience -qui est résolution du dilemme- le portrait en sera-t-il plus lisse ? ..La fin reste ouverte alors qu’on assistait à un lent mais inexorable cheminement vers la mort dont la portée symbolique - trop appuyée d’ailleurs – était dans l’embrasement et la danse des flammèches 

 

 

Khaled Alouach  le  "beau gosse"  incarne Nassim avec justesse et talent. Il est quasiment de tous les plans : qu’il soit isolé, en groupe, en tête à tête. Un visage à la Michel Ange : à un moment Mme Cousin y lira la beauté tragique de la Douleur ! (alors que la plupart du temps il cultivait l’impassibilité)

Une énergie folle et communicative : celle des adolescents du centre; ces cabossés de la vie disent leur foi en la camaraderie, par-delà trips et comportements répréhensibles. Que de joies dérisoires, d’espoirs insensés, de fêlures et de déficiences ! Une volonté de s’affranchir d’un passé consigné dans ces « fameux » dossiers collés à vous tels des " tatouages".  Le cas de Zawady est exemplaire de cet acharnement à  "s’en sortir" : travailler réviser pour réussir ses examens de médecine (en cas d’échec elle sait qu’elle n’aura plus droit à une aide financière!!! Or ......malchance?  injustice? 

 

 

Certes on peut déplorer l’accumulation (dernier tiers du film) des maux et obstacles, traitée d’ailleurs à la manière de clips, tout comme le systématisme trop prononcé dans tous les va-et-vient (d’ordre spatial temporel ou psychologique) mais à aucun moment le film ne verse dans le mélo ni le misérabilisme. L'arrière-plan social et les clivages Paris/banlieue, dominants/dominés, évidents, palpables -avec toutefois une légère tendance à la caricature- parlent d’eux-mêmes et un « discours » sociologique ferait l’effet de surenchère.

 

Amoureux des belles lettres, de la littérature, Nassim consigne dans son carnet des poèmes dédiés à sa mère

ton corps est brisé/je suis une part de toi que tu as emportée/ tu ne peux pas mourir

 

Colette Lallement-Duchoze

 

PS  Chad Chenouga s'est inspiré de sa propre vie pour réaliser cette fiction. Une rencontre en sa présence -et celle de Yolande Moreau entre autres-  est d'ailleurs prévue en ligne (Zoom)  dimanche 17 mai à 21h sur le thème : l’autobiographie au cinéma

 

 

 

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10 mai 2020 7 10 /05 /mai /2020 07:14

documentaire de Raymond Depardon et Claudine Nougaret  (24') 2019

 

Mon Arbre

 

 

Réalisé à l’occasion de l’exposition Nous les Arbres (Fondation Cartier 2019) ce film donne la parole à celles et ceux qui vivent auprès des arbres, les côtoient, les chérissent, les observent, plaident pour eux, les soignent, les admirent ou qui sont aussi un peu fatigués de vivre à leur côté.

Mon arbre

Une " mer" dans les arbres ? Oui c’est la conviction de ce guide de la nature à Lodève moins sensible au prestige du cèdre du Liban qu’amoureux de tous ces arbres « communs » porteurs d’une histoire, d’une mémoire !

Des branches balançoires, une frondaison comme pare-soleil, un siècle de grandeur et de confidence, une valeur marchande (noyer) qui s’amenuise, des feuilles chues qui encombrent un boulodrome au grand dam des joueurs.

Oui ce documentaire illustre la façon d’appréhender le quotidien d’un arbre, dans son interdépendance avec celui de l’homme (social, économique psychologique ou scientifique) En l’absence d’un langage « commun » le documentaire en fait se côtoyer deux jusqu’à leur interpénétration. Comment ?

 

Avant chaque interview voici un plan fixe : l’arbre (platane, arbousier, noyer, cèdre pleureur, magnolia, pin parasol etc..) s’impose dans sa magnificence (isolé, ce tronc séculaire de robustesse) son environnement de verdure (allée de parc) ou de pierre (place de village) une bande son discrète (cloches de l’église, pépiement d’oiseaux, une seule fois une pétarade) . Puis l’écran affiche à la fois le nom de l’arbre et celui du village (Saint Guilhem le Désert, Tharaux) C’est l’été, et nous sommes dans le sud de la France.

Alors apparaît le visage de la personne interviewée (que l’on identifie par son prénom et son nom) filmée en frontal, parfois en plan américain rarement de pied en cap, elle dit sincère, convaincante parce que convaincue, sa relation à l’arbre (son arbre). Elle envahit les 3/4 de l’écran comme occultant « son arbre » Or celui-ci vit dans le discours (de botaniste, d’amoureux, de pragmatique) avant de « réapparaître » à la fin de l’interview.

Ainsi l’arbre écoute respire il peut être confident ami complice ; et si ce paysan lozérien plein de « bon sens » doute de la « sensibilité » de son noyer il lui voue néanmoins un certain respect (« à chacun ses croyances »)

 

Un documentaire-ballade (presque au sens premier de ce terme : poème à forme fixe avec envoi) composé de tableaux tels des strophes-couplets.

Et ce n’est pas pur hasard si le premier (Pin Parasol Montpellier) donne la parole à Francis Hallé (botaniste biologiste et dendrologue) "on a cru pendant très longtemps (cf Platon) que les arbres sont une forme de vie inférieure qu'ils sont insensibles. On sait maintenant qu'ils ont autant de sensibilité que nous, et même qu'ils ont des sensibilités que les humains n'ont pas" 

.Le dernier (Cyprès Saint Philibert)  un long plan fixe, sans commentaire,  semble célébrer le mariage entre l’arbre le réalisateur (?) assis sur un banc le regard perdu vers la baie, dans la fixité du présent réinventé 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Mon arbre

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 06:42

Documentaire d'Ariane Doublet (2019) 

 

 

Communiqué de l'association Welcome Rouen Métropole :https://welcomerouen.org contact@welcomerouen.org 

à partir du 6 mai diffusion sur Vimeo du documentaire d'Ariane Doublet 

Comme tant d’autres films, ce documentaire n’a pas pu sortir en salle ce printemps. Le collectif #Achacunsonart (à l’initiative de Expo-Vente à l’Abbatiale Saint Ouen en septembre dernier) encourage le visionnement du film sur Vimeo et invite les personnes qui le souhaitent, après inscription préalable, à participer à un échange via ZOOM avec Ariane Doublet le vendredi 15 mai à 20h30.

Merci de relayer l’information auprès de vos proches afin que le film puisse recevoir tout l’accueil qu’il mérite.

Des précisions sur les modalités de connexion au film et à l’échange seront données ultérieurement.

Lien vers la Bande Annonce : https://vimeo.com/400530832

 

 

 

 

Green boys

Ce  pourrait être un " Petit Prince " du millénaire de l'exil.: Au milieu des champs de lin et des pâturages avec vue sur la mer, dans le Pays de Caux, Louka 13 ans et Alhassane 17 ans, jouent au foot, pêchent à l’épuisette, montent aux arbres, se donnent des leçons de choses. Alhassane vient de loin, Louka est d’ici mais tous deux semblent être apparus là dans le paysage instantanément,   Jour après jour ils s’apprivoisent et au rythme de l’amitié qui se noue, construisent une cabane. La cabane c’est celle que l’on bâtit en Guinée, le pays d’Alhassane, et plus que le refuge de leur enfance, elle est comme un bout d’Afrique posée là à flanc de colline.

 

2019 Cinéma du réel - Paris (France) - Mention Spéciale du Prix de l'Institut Français - Louis Marcorelles

2020 FIPADOC - Festival International Documentaire - Biarritz (France) - Sélection "En famille"

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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