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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 10:17

Documentaire réalisé par Bénédicte Pagnot 

 

 

D’Ispahan à Sidi Bouzid, en passant par Jérusalem, Cordoue, Dubaï… le film invite à un voyage en Islam. Islam avec un I majuscule, comme celui qu’Abdelwahab Meddeb a eu à cœur de faire connaître. La réalisatrice prolonge la voie tracée par le poète et intellectuel franco-tunisien aujourd’hui disparu pour qui "une des façons de lutter contre l’intégrisme est de reconnaître à l’Islam sa complexité et ses apports à l’universalité". Une navigation entre passé et présent, histoire et politique, musique et poésie.

Islam pour mémoire

Un documentaire ambitieux et qui -paradoxalement- trouve ses limites dans la simultanéité de ses différentes approches. Car il s’agit bien tout à la fois d’un hommage au penseur et poète Abdelwahab Meddeb; d’un voyage initiatique -celui de la narratrice/réalisatrice depuis ses interrogations liminaires – avec cette vue sur les toits de Rennes- jusqu’à l’élaboration d’autres questionnements à la mort du  maître, et d’une sorte de géographie de territoires musulmans ou multi confessionnels saisis à la fois dans leur spécificité et leur universalité, essentiellement culturelle (on célèbre en Iran, avec cet élan oblatif et quasi orgiaque le poète Hafez ; en écho mais pudique et muette voici la main d’Abdelwahab Meddeb posée sur la tombe du poète palestinien Mahmoud Darwich à Ramallah)

 

Un maître et son élève; l’anaphore "je vous écoute"  équivaut très souvent à je vous suis ; tout comme la caméra suit le penseur/poète dans certains de ses déplacements... Une démarche similaire? : interroger, collecter et tisser (le mot textus étant est à prendre dans sa double acception ).

 

Habitée par la pensée du poète, Bénédicte Pagnot, athée, va sur les traces d’un Islam aux antipodes de l’islamisme. Soit. Mais c’est au spectateur d’établir d’éventuelles passerelles et/ou de contextualiser. Car le documentaire -riche et bienveillant au demeurant- est du point de vue formel un peu brouillon (il s’agissait peut-être de mettre en images un patchwork couvrant horizons et époques différents, afin de faire jaillir une sorte d’entièreté ?) et le contenu explicatif (privilégier l’aspect civilisationnel) est entaché dans sa démonstration par une profusion de textes (auxquels s'ajoute la voix off de la narratrice)

 

Un documentaire traversé presque de bout en bout par une musique des chants des récitatifs au rythme typique de la mélopée

 

On retiendra la scène de liesse populaire suite à une victoire sportive, à Sidi Bouzid -là où s’était immolé le jeune Bouazizi en 2010 ; acte fondateur de la révolution tunisienne-, et surtout cette séquence où des adeptes d’une confrérie soufie gesticulent dans la frénésie

 

Colette Lallement-Duchoze

Islam pour mémoire
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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 09:40

D'Alessandro Comodin (Italie)

 

Avec Sabrina Seyvecou, Luca Bernardi, E. Sizonovas

 

Présenté au festival de Cannes 2016 (Semaine de la critique)

 

.Tommaso et Arturo sont parvenus à s'enfuir et se réfugient dans la forêt. Des années plus tard, cette forêt est infestée de loups. De nos jours, Ariane y découvre un trou étrange.....

Bientôt les jours heureux

Mon plus grand malheur c’est de ne venir de nulle part avouera in fine à travers les barreaux du parloir d’une prison le jeune homme (Arturo ? )

Désorienté le spectateur l’est lui aussi de bout en bout. Certes il conviendrait pour apprécier pleinement ce film de se "laisser porter" et à l’instar des deux fugitifs qui se délestent de leurs manteaux- de ne pas s’encombrer de questionnements… Ils sont pourtant légitimes : qui sont ces deux évadés ? La jeune femme Ariane qui pénètre dans les antres de la terre est-elle la jeune fille de la légende que racontent les habitants ? Et Dino son père, celui du conte ? Les loups que l’on traque ? L’homme/loup dont s’éprend la jeune fille du conte ? Les morts ? Etc…Se poser des questions oui mais les laisser en suspens, en acceptant de traverser une sorte d’espace-temps; telle serait la condition sine qua non

C’est qu'ici l’étrange naît précisément du recours à l’ellipse, du passage assez brutal d’une histoire à une autre, d’une histoire racontée sous forme de conte à son illustration qui en captera l’essentiel (même si par moments la descente dans les entrailles de la terre à la recherche de forces telluriques ou l’interpénétration du corps dénudé couvert de boue et de l’élément liquide sont un peu appuyés..Un geste suspendu est un moment de grâce, l’éterniser le contrarie dans son évanescence même)

 

La forêt est le lieu privilégié de tous les fantasmes (son foisonnement végétal, sa luxuriance ou son aridité passagère, son bruissement qui peut se métamorphoser en mugissement, ses arcanes, son parcours labyrinthique, ses antres ses grottes ses plans d'eau, autant d’éléments constitutifs d’une réalité qui porte en elle-même  son contraire ; telle anfractuosité et c’est Eros et Thanatos ; telle grotte et c’est l’obscur de l’inconscient en lutte avec le conscient ou le passage de la lumière aux ténèbres de l’enfer ; tout comme le scintillement et  la diffraction de la lumière ne peuvent se concevoir sans l’exaltation de l’ombre ou l’inverse. Ce que vivent ont vécu et continueront à vivre Tommaso, Arturo et Ariane…..Trois personnages d’une légende qui perdure par-delà les siècles

Des travellings audacieux quand la caméra suit au tout début les fugitifs dans leur course, des plans fixes sur ces visages qui vont raconter les légendes de leur contrée (le Piémont), une alternance d’ombres et de lumière plus ou moins crue (celle-ci prédominera dans la dernière séquence : inversion ironique puisque nous sommes à l’intérieur d’une prison…) des plans larges sur les corps pénétrant dans l’élément liquide ; le jeune réalisateur italien qui est aussi cadreur manie avec dextérité sa caméra certes; mais cela ne convainc pas forcément....l'ennui peut même gagner certains spectateurs (dont je fus...)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 07:21

Premier long métrage du cinéaste turc Mehmet Can Mertoglu 

 

Avec Sebnem Bozoklu, Müfit Jacayan, Murat Kliiç

 

Présenté à la Semaine de la critique (festival Cannes 2016)

 

Album de famille

Au départ une supercherie : un couple infertile "invente" une grossesse – ventre faussement arrondi couple heureux, visage souriant, - puis procède à l'adoption - bébé dans les bras du " géniteur",  de la "parturiente", du chirurgien obstétricien etc. Ces clichés ces instantanés voire ces selfies ce sera l’album de famille !

Le réalisateur a choisi une forme laconique et le style pince-sans-rire : peu de dialogues, caméra fixe souvent, personnages en frontal figés dans leurs mensonges, ou plans larges pour dénoncer à la fois le fameux mythe de la virilité liée à la procréation, le racisme des personnages principaux (classe moyenne) et cette tendance condamnable à falsifier l’histoire en la réécrivant (apanage des dictatures et des prétendues démocraties…dont celle d'Erdogan...)

Le ton était donné dès le prologue qui tient d’un documentaire animalier sur les différentes étapes de l’insémination artificielle d’une vache ; soit trois scènes dans un univers froid -depuis la récupération du sperme du taureau jusqu’à la naissance du veau en passant par les manips en laboratoire. L’analogie s’impose dans son implacable évidence : l’homme est un animal ; le mâle a vocation de procréer ; l’être humain obéit en s’y soumettant à tous les carcans qui jugulent sa liberté ou dictent sa pensée.

Des saynètes vont se dérouler comme autant de  tableaux illustrant cette quotidienneté. Si celle-ci est souvent étrange (décalage entre les propos entendus et les images qui les démentent) parfois surréaliste (dinde qui s’ébat dans le bureau du directeur de l’orphelinat) elle frappe surtout par l’antipathie que suscitent les deux personnages principaux Bahar et Cüneyt (racisme primaire, goinfrerie animale, soumission à tous les diktats). La séquence finale près de la cascade serait-elle signe d’ouverture ? ou condamnation sans appel? 

On pourra toujours affirmer que le cinéaste turc  est dans la lignée de Kaurismaki ou de Corneliu Porumboiu. Cette  comparaison vaut pour la forme elliptique et distancée ; mais l‘humour si particulier de "l’album de famille"  ne se catégorise pas ! Une chose est sûre : Il met souvent mal à l’aise.

La charge contre le régime turc en sera-t-elle plus efficace?? 

 

Colette Lallement-Duchoze

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 08:39

D'Hirokazu Kore-eda (Japon)

Avec Kirin Kiki, Hiroshi Abe, Yoko Maki, Yoshizawa Taiyo

 

Argument: "Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble  "

Après la tempête

Le titre -et ce sera presque un truisme- est à prendre dans ses sens propre et figuré ; car la  "tempête"  est cette perturbation qui affecte autant la famille qu’elle s’incarne en ce typhon annoncé ; le toboggan dans lequel vont se lover père et fils est-il annonciateur de cet "après" qui restera hors champ ??

 

Le cinéaste (cf still walking) aime peindre affects troubles drames et deuils familiaux et dans ce film chaque personnage en incarne une facette, suite à deux "traumas": la mort du père et le divorce du fils. D’abord la mère (Kirin Kiki). Veuve, elle semble "soulagée"  quand au début, elle trie avec sa fille les "affaires" ; son époux accro au jeu n’a-t-il pas dilapidé l’argent dont elle aurait eu besoin pour, entre autres, quitter cet appartement HLM (un des éléments principaux du décor qui va enserrer les personnages au moment du passage du typhon). Le fils Ryota (Hiroshi Abe) semble avoir hérité du penchant paternel; écrivain en panne d’inspiration il vit d’emprunts s’adonne aux paris et accepte d’être détective -ironie du sort : traquant les incartades d’époux infidèles -matière supposée de ses livres à venir-  il en profite pour épier son épouse et son fils ; accro au "jeu" délétère, couvert de dettes, il ne peut payer  la pension alimentaire de son fils et risque ainsi de le "perdre". Or à un moment sa mère le compare au mandarinier "il n’a ni fleurs ni fruits mais ses feuilles nourrissent ces chenilles prometteuses de papillons.. (suggestion de l’"après"?). L’enfant Shingo étonnamment "mûr" pour ses 11 ans sait -par une inversion des "rôles"- poser les questions qui fâchent et profère le fameux " deviens qui tu es " nietzschéen -précepte enseigné par son père!

 

Le cinéaste aime mêler ou alterner tendresse et cocasserie ; délicatesse et dérision, scènes d’intérieur et plongée dans l’univers des courses ou du tissu urbain frénétique. Mais surtout en sondant les  "blessures" intérieures, il sait déceler ce détail apparemment anodin qui va définir un personnage (l’exemple de la mère/grand-mère est à cet égard révélateur)

Si la tempête (typhon) -qui aura rassemblé le temps d’une nuit, des morceaux jusque-là désunis est au cœur du dispositif narratif, c’est bien l’enfant -et partant le thème de la filiation- qui imprime au film sa connotation symbolique

 

Nb le film a été présenté au festival de Cannes 2016 dans la section "un certain regard" et non en "compétition officielle" ; Thierry Frémaux en a décidé ainsi "beau film certes mais mineur". Or  les films du réalisateur japonais ne sont-ils pas "de grands films joués en mode mineur "???

à vous de juger !!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

Très déçue par ce film .... pas d'action très très lent ... je me suis presque endormie !

Seule la dernière partie avec l'annonce du tiphôn est intéressante !!

Je ne conseille pas du tout ce film

Tia 4/05/17

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30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 06:51

 

Film écrit et réalisé par Rayhana

Co-production France / Grèce / Algérie (le film a été tourné dans un hammam à Thessalonique)

Avec Hiam Abbas (Fatima) Fadila Belkebla (Samia) Lina Soualem (Meriem) Bayouna (Aïcha) 

Dans un hammam neuf femmes algériennes de conditions et d'âges différents se livrent, à l'abri du regard des hommes, à une conversation libre  qui touche à l'intimité des corps et à tous les tabous de leur société, sur fond de bombes et de menaces intégristes

A mon âge,  je me cache encore pour fumer

Alger 1995. Vue aérienne sur le port la mer le ciel puis sur les toits et  paraboles. D'une  terrasse on entend la voix off de Samia qui dit l’attente l’espoir (elle a 29 ans et demi) la façon de contourner l’interdit en lavant puis étendant le linge . Mais une vue en plongée sur une fenêtre, et … dans le reflet d’un miroir, c'est la violence d’un rapport sexuel...(dont Fatima est la victime)

Après ce prologue -très suggestif- le spectateur va être enfermé dans le lieu clos d’un hammam que dirige la même Fatima (Hiam Abbas) -elle y trouve refuge, se lave de l’affront subi; nue et recroquevillée, elle fume avec délectation (cf l’affiche) (en Algérie fumer c’est pour les catins). Aidée de sa masseuse Samia elle est prête à  accueillir  les "femmes" 

Le choix d’un tel lieu n’est pas innocent ; de l’aveu même de la réalisatrice "c’est un des rares endroits où la femme peut aller sans réprimande. Sauf pour les islamistes qui avaient décidé que le hammam était illicite car lieu de la nudité -laquelle est réservée à l’époux !

 

Les corps se dénudent, l’eau ruisselle, les langues se délient. On fume, on chante, on danse, on crie, on rit. Chacune de ces femmes d’âge de corpulence et de milieu différents a son vécu, un vécu souvent douloureux. On retiendra le récit de cette femme âgée qui à 11 ans, a subi sa défloraison (mariage arrangé avec un homme de 30 ans) ; l’histoire de Meriem enceinte de père inconnu menacée de mort par son frère - Fatima dans un premier temps la "cache" mais l’accouchement va fédérer toutes les femmes dans une forme d’unité salvatrice où la Vie et la Dignité s’opposent aux ravages dévastateurs des islamistes. Quand les "barbus" tentent de faire irruption, Aïcha (Bayouna) sait déverser son venin sur cette meute d'enragés

 

Des corps et des cœurs mis à nu dans une atmosphère embuée de vapeurs, aux couleurs pastels ; tout cela au service d’une charge contre le traditionalisme, la dictature phallocrate et islamiste -dont le bruit des bombes  rappelle la présence prégnante! Telle est bien  la "mise en images" de "à mon âge,  je me cache encore pour fumer"

Mais l’adaptation cinématographique d'un texte destiné au théâtre est loin d'être "convaincante". Hormis prologue et épilogue qui se répondent en écho,  le film accuse  trop souvent les marques  de la  théâtralité.. Voyez ces  mouvements des corps qui se rassemblent ou se dispersent:  ne rappellent-ils pas les entrées et sorties des personnages sur scène ? entendez ces  voix,  n'ont-elles pas les modulations  de  récitantes ?

Un beau chœur à l’antique avec coryphée  oui ;  un objet cinématographique non 

 

Colette Lallement-Duchoze

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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 08:18

d'Alberto Rodriguez (Espagne)

avec Eduard Fernandez, José Coronado, M Etura 

 

Années 90. Un ex-agent secret espagnol est engagé pour résoudre une affaire de détournement d'argent risquant d'entraîner un scandale d'Etat. L'homme y voit l'opportunité de s'enrichir tout en se vengeant du gouvernement qui l'a trahi par le passé....

L'Homme aux mille visages

Un rythme fou, une musique électrisante (signée Julio de la Rosa) un imbroglio de situations qu'illustrent des jeux labyrinthiques narratifs - chronologie éclatée par des flash-back, des prolepses-; une voix off -celle du pilote, seul personnage de fiction- censée expliquer au spectateur tenants et aboutissants d'une vaste escroquerie de barbouzes de tout poil....un scandale qui aura coûté des milliards de pesetas ....mais aussi  la chute du gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez...Le réalisateur -qui s'est inspiré d'une histoire "vraie"- nous égare dans ce vertigineux dédale tout comme Paco s'est ingénié à égarer tous les "acteurs" de sa  supercherie rondement menée  

 

L'homme aux mille visages c'est lui Paesa dit Paco -dont le prologue au rythme survolté rappelle son passé d'ex-agent secret. Trahi par son gouvernement, il est décidé à le trahir si une opportunité se présente. La voici précisément: Luis Roldan -le patron de la Garde Civile- a détourné une coquette somme d'argent et sollicite son aide pour protéger son magot! alors que Paco est  parallèlement et officiellement engagé pour ....résoudre cette arnaque ...

Si l'argent est bien en cavale dans ce thriller qui nous entraîne de Madrid à Singapour en passant par Genève et les paradis fiscaux -et j'en passe, l'homme le plus recherché Luis Roldan est resté, lui, planqué dans un minuscule appartement à Paris grâce aux "services"  bien monnayés de l'ex-agent; puis ce sera une "simulation" de reddition au  Laos (supercherie qui provoquera la démission du ministre de la Justice Belloch!)

 

Impassible, en costume sombre, la cigarette aux lèvres,  Eduard Fernandez incarne ce gangster  élégant, cet arnaqueur ingénieux  - "être riche coûte cher" affirme-t-il sans vergogne; il ira jusqu'à embaucher sa nièce pour détourner  le pactole de Roldan planqué provisoirement à Singapour !

Ainsi Paco aura trahi à la fois son gouvernement et Roldan (qui après hésitation avait souscrit à son credo "vous avez toute ma confiance")

 

Est-il mort ? Peut-être l’a-t-on croisé dans le VI° arrondissement à Paris….

 

Ultime pied de nez  ! 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

PS cela étant j'ai préféré "La Isla Minima" 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 08:23

 

 

les mercredi 10 17 et 24 mai  20h à l'Ariel  Mont-Saint-Aignan

 

et vendredi 2 juin 20h à l'Omnia Rouen 

 

 

Le Courtivore - 17ème festival du Court Métrage

"De l’évasion et un savoureux cocktail de films, voilà ce que le Courtivore souhaite vous offrir du 10 mai au 2 juin 2017 à l’occasion de la 17ème édition de son festival.

Vous retrouverez au programme une sélection de 24 courts-métrages en compétition aux ingrédients et aux couleurs très variés (comédie, drame, thriller, animation…). Passés au “shaker” du Courtivore, ces films de moins de 20 minutes et choisis par notre équipe parmi près de 1100 candidatures seront répartis en 3 actes (les 10,17 et 24 mai à l’Ariel).

Comme toujours les spectateurs seront consultés lors des projections pour élire les 6 films finalistes puis le lauréat du prix du public (finale le 2 juin à l’Omnia).

La sélection “En short” permettra à nos jeunes cinéphiles en culottes courtes (7 ans et plus) de découvrir 7 films (sans alcool) et de remettre également un prix dédié.

Deux projections thématiques vous seront servies bien frappées elles aussi avec “Courtivore sous les toits” – mettant en scène l’architecture et le logement dans le cinéma (à la Maison de l’Architecture) – puis une thématique “science-fiction” lors d’une soirée spéciale “Courts du 3ème type” avec plein d’autres animations festives et ludiques (jeux vidéo, installations numériques, “maison hantée”…) dans un lieu atypique du centre-ville de Rouen"

 

Les prix :

  • Prix du public : En votant lors de la finale, le 2 juin à l’Omnia, le public récompensera le film lauréat du festival dont le réalisateur remportera un prix de 1000€ offert par le Crédit Agricole Normandie Seine.

  • Prix du jury 18/30 : Composé de 7 jeunes de 18 à 30 ans, les membres du jury, épaulés par le CRIJ et les Rencards Étudiants, auront la charge de désigner ensemble leur gagnant parmi les 24 films en compétition.

  • Prix “en short” : Désigné par les jeunes spectateurs (de 7 ans et plus) des projections “Courtivore en short”.

http://courtivore.com/edition-2017/

 

Pour vous donner un aperçu des films projetés, visionnez le courteaser :

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 08:30

De Maysaloun Hamoud (Palestine, Israël)

Avec Mouna Hawa, Sana Jammelieh, Shaden Kanboura

Je danserai si je veux

Le titre à valeur programmatique -soit l'expression d'une farouche volonté d'émancipation- trois jeunes femmes vont l'illustrer; trois Arabes israéliennes; trois incarnations de la société civile et religieuse; une avocate athée qui ne cesse de cloper, Layla; une DJ, qui travaille dans un restaurant et affiche son homosexualité, Selma issue d'une famille chrétienne, et une étudiante en informatique, Nour, une musulmane portant le voile et dont l'avenir est déjà tracé car elle est fiancée au pire macho religieux.

Mais le titre originel était plus adapté : littéralement "entre terre et mer" en arabe traduit par  "ni  ici ni là-bas" en hébreu. D'emblée en effet l'appartement que les trois jeunes femmes partagent à Tel-Aviv est chargé de symboles: microcosme de la société arabe israélienne, il est un refuge contre l'extérieur -entendons la famille et le poids des traditions d'une part, et la ville où le statut mixte est difficilement accepté, d'autre part. C'est aussi le lieu privilégié d'une liberté à conquérir; elle s'élabore dans cet entre-deux, celui de la sororité, avant de jaillir à l'extérieur -et ce sera précisément la dynamique du film

La réalisatrice procède par montage parallèle et alterné; cela permet au spectateur de suivre le parcours de chacune; on pourra reprocher le systématisme d'une telle approche. Mais elle est largement compensée par une forme accumulative de "situations" , par une  maîtrise des cadrages, par l'alternance de scènes nocturnes frénétiques  et de blessures à suturer,  et par le choix d'une musique vivifiante

 

Comme il est dit dans le générique de fin, le film a été produit par Shlomi Elkabetz, le frère de Ronit cette actrice israélienne décédée en 2016 (ce film lui est d'ailleurs dédié) 

Ecoutons la réalisatrice " Comme eux je mets en lumière le patriarcat qui règne au sein de la société israélienne dans son ensemble. Comme eux je mets les outsiders devant la scène, je donne la voix à ceux qui en sont privés. J'ai simplement continué à marcher dans la voie que Shlomi et Ronit ont commencé à tracer"

NB tant pis pour les spectateurs qui ont quitté la salle avant le générique de fin; ils n'auront pas pris la peine de lire remerciements, témoignage et dédicace... pourtant si éclairants...

 

Colette Lallement-Duchoze

Je danserai si je veux
Je suis partagé par ce film. Est-ce vraiment un film féministe ?
Oui si l’on se limite à la juste description de la violence machiste en tous genres que subissent les femmes arabes en Israël par les hommes arabes, en premier lieu. Non si on considère que ce film n’apporte aucun élément de réflexion - qui aurait pu être au travers d’un dialogue- à la désaliénation.
Deux des protagonistes boivent, fument, se shootent à qui mieux mieux. La troisième reste dans la tradition de la femme soumise totalement aliénée...
Au final on se demande quelle idée a la réalisatrice de la libération de la femme arabe ? On n’en voit pas dans son film hormis une description primaire de l’asservissement et une réaction infantile pour s’en dégager.
Dommage, c’était bien parti pour en faire un film qui dépasse l’anecdote.
 
Serge Diaz 30/04/17
 

 

La réponse est dans les "images" ; particulièrement deux scènes -celle du viol et celle du bain dans la mer; Nour s'est quasiment dénudée (= s'est débarrassée du corset des traditions) et l'eau a une fonction à la fois lustrale et symbolique

Il ne s'agit pas de "description primaire" ni de "réaction infantile" mais d'une "évocation" ; et la conquête de la liberté (que suggère le titre français) s'est élaborée "collectivement"...(cf les moyens mis en oeuvre pour prendre en flagrant délit le fiancé de Nour; voir aussi  ce plan final  sur les 3 femmes assises sur un muret,  filmées de face)

On est loin de la pure "anecdote"...

Colette 1/05/17

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21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 07:35

De K. Grozeva et P. Valchanov (Bulgarie) 

Avec Margarita Gosheva, Stefan Denolyubov 

 

Le cantonnier Tsanko, la cinquantaine, trouve des billets de banque sur la voie ferrée qu'il est chargé d'entretenir. Plutôt que de les garder, l'honnête homme préfère les rendre à l'Etat qui en signe de reconnaissance organise une cérémonie en son honneur et lui offre une montre.... qui ne fonctionne pas!

Glory

Cette comédie douce-amère inspirée d'un fait divers dénonce la corruption qui gangrène le pouvoir en Bulgarie -mais aussi toute la société. Dans Godless film sombre voire glauque, c'était une mafia et son trafic de cartes d'identité usurpées à des vieux impotents par une infirmière. Ici c'est le ministère des Transports, le pouvoir maléfique et cynique de ses communicants dirigés par Julia Staikova, qui sont épinglés. Un homme simple -pour ne pas dire simplet- bégayant de surcroît, est confronté -à cause précisément de trop d'honnêteté - à l'impudence éhontée de cette caste politique. David contre Goliath!!

 

Pendant le générique d'ouverture, on entend l'horloge parlante décliner avec l'impeccable précision que l'on sait, heure, minute et seconde. Tsanko peut ainsi régler sa montre -une Glory- et commencer sa journée de cantonnier. Filmé de dos il arpente la voix ferrée, vérifie les boulons et il revisse ceux qui n'ont pas "fait le bon bruit" (gros plan sur sa lourde clé à mollette); sa marche est interrompue par la découverte d'une sacoche éventrée et ses billets de banque...Ellipse. Déclaration à la gendarmerie. Il bègue. Récupération en haut lieu; cérémonie officielle bien médiatisée et réglée au millimètre près; retransmission en direct; etc.. On connaît la mainmise du pouvoir sur les médias et l'intox par l'image... Or Julia avait pris la Glory  ...afin d'offrir sous l'oeil de la caméra une autre montre - preuve  manifeste  d'une honnêteté récompensée.. Les ennuis vont commencer, début d'un calvaire. Tsanko qui amoureusement caressait les oreilles de ses lapins, leur donnait régulièrement à boire, lui qui exerçait son métier avec la minutie du professionnel va être pris malgré lui dans un engrenage et n'aura de cesse de retrouver sa Glory -cadeau familial, incarnation de son exactitude et symbole de sa probité.

 

L'histoire est cruelle, pour ne pas dire "tragique". Les réalisateurs ont opté pour le mode du comique "dit décalé" qui rappelle parfois Tati. On ne rit pas mais on sourit du bégaiement de Tsanko; on se moque légèrement de ses maladresses et le personnage est parfois englué dans des situations que n'aurait pas reniées Keaton!!!

Mais dans cette parabole,  la mécanique -trop souvent- tourne à vide 

Et que d'insistance sur les séances de procréation assistée (Julia)! Que de complaisance quand la bouche bégayante est montrée en très gros plan -même si le bégaiement peut symboliser le musellement de la parole quand il s'agit des "petits". Que d'étirements inutiles de scènes a priori comiques (changement de pantalon et plus tard de chemise); des mélanges douteux ou simplistes - comique farcesque et sa symbolique latente: nudité et dépouillement moral par exemple. 

 

Le film n'en reste pas moins une charge ... fût-elle décevante dans son traitement 

 

Colette Lallement-Duchoze

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 07:58

Documentaire réalisé par Stéphane de Freitas et Ladj Ly

 

 

Chaque année à l'Université de Saint-Denis se déroule le concours Eloquentia qui vise à élire "le meilleur orateur du 93". Des étudiants issus de tout cursus décident d'y participer et s'y préparent grâce à des professionnels qui leur enseignent le difficile exercice de la prise de parole en public...

A voix haute, la force de la parole

J’avais l’impression l’année dernière quand je suis arrivée à la fac que toutes mes origines sociales, la catégorie socioprofessionnelle de mes parents, […] ça se dessinait sur mon visage mais surtout sur ma parole" "nique ta mère ça en impose plus que bonjour voici le fond de ma pensée ...bien parler c'est plus une tare qu'autre chose"     Ces confidences liminaires formulées par deux compétiteurs, l’apprentissage de la "rhétorique" va les faire exploser. De même le documentaire de Stéphane de Freitas et Ladj Ly  tord le cou aux clichés sur le 9-3 que véhiculent certains médias, hommes politiques et adeptes fanatiques de philosophies essentialistes...

 

Nous suivons un groupe sélectionné pour le concours d’art oratoire Eloquentia (créé rappelons-le par Stéphane de Freitas lui-même réalisateur de "à voix haute" ). Depuis la séquence de "présentation" -qui allie plusieurs "techniques"- jusqu’à la finale. Un apprentissage à la fois ludique et sérieux que dispensent différents professionnels, tous bienveillants au demeurant (le truculent avocat Bertrand Périer, des professeurs de chant, de slam, de théâtre).

Qui sont ces étudiants ? Comme le documentaire fait alterner scènes de groupe et scènes plus intimes, nous pénétrons dans le quotidien de certains ; surtout celui d’Eddy Moniot, unique enfant d’un couple franco-tunisien parcourant chaque jour 10 kilomètres A-R à pied en pleine campagne  -la caméra le suit de dos sur la route ou à l’intérieur dans sa maison de Corcy où le père adulé, Chuck Norris de la résistance au cancer, lui apprend à caresser les mots découvrir leur richesse latente. Voici aussi Elhadj Touré qui a dû vivre dans la rue tout en faisant  ses études en sociologie ; un témoignage sincère bouleversant dénué de haine ou de vengeance.

Chacun a son histoire ; chacun est confronté à ses inhibitions. Prendre la parole est un exercice périlleux. C'est d’abord un travail sur soi. Respiration, élocution, lâcher prise. C’est aussi apprendre à émouvoir -en faisant appel à la sensibilité- et à persuader, -en faisant appel à la raison. La parole est alors une "arme" (Leïla Alaouf, étudiante en Lettres modernes d’origine syrienne, féministe engagée rêve justement d’avoir une voix qui compte)

 

La parole, une arme! N'est-ce pas un truisme ? Bien évidemment. Mais ici s’opère le charme d’une mini épopée collective qui mixe des parcours très différents. Et la foi des documentaristes dans les potentialités de ces jeunes est si grande généreuse et sincère qu’elle éclate à chaque plan -ah ces rires et sourires, ces gros plans sur des visages devenus icônes, ce rythme parfois frénétique qui scande la bonne volonté de tous

 

Un documentaire tonique, une bouffée d'air pur, un message d’espoir.

Alors  refusons ces critiques -vindicatives ?- telles que " un plaidoyer pro domo"….

 

Colette Lallement-Duchoze

 

PS Eddy "je veux être comédien", sa mère "je veux que tu sois heureux" 

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