9 novembre 2020 1 09 /11 /novembre /2020 05:24


DIFFUSION
 

e-diffusions de films documentaires
Normandie Images et Normandie Livre & Lecture ont souhaité mettre en avant la richesse et la diversité des films documentaires soutenus par la Région Normandie en partenariat avec le CNC et soutenir les auteurs, réalisateurs et producteurs.

Ainsi, pour égayer un peu cet automne, nous vous proposons, les mardis et jeudis, à partir du mardi 10 novembre 2020, deux films documentaires par semaine. Ces films seront visibles pendant 1 semaine.
 
Tout le mois de novembre
sur notre site normandieimages.fr

Sous le ciel de l'Occupation
film documentaire de Antoine Lassaigne
produit par BCI Communication

Lundi 9 novembre 2020 à 23h05 sur France 3 Normandie

Les délivrés
film documentaire de Thomas Grandrémy
produit par Mil Sabords

Les 16 et 30 novembre 2020 sur France 3 Pays de Loire et Ile-de-France

Les Inoxydables
film documentaire de Laurent Mathieu
produit par Mil Sabords

Lundi 23 novembre 2020 vers 23h dans le cadre de la collection « Senior Power » sur France 3 Normandie


PROJECTION
 

Soirée courts métrages - Online
Courts métrages soutenus et tournés en Normandie
Un court métrage soutenu en compétition nationale

Samedi 7 novembre 2020 à 16h30 et 19h
Festival Eurydice Du 6 au 8 novembre 2020

 


EN COMPÉTITION
 

Palme
court métrage de Mathilde Aplincourt
produit par Mil Sabords

Festival européen du film court Brest (29) - Online
En compétition France


PRIX FESTIVAL
 

Mille fois recommencer
film documentaire de Daniela de Felice
Produit par

Prix Meilleure réalisatrice et Meilleur Artiste
festival international Arte Non Stop Festival de Buenos Aires, Argentine


ATELIER
 

Foyer
atelier de pratique artistique

d'octobre 2020 à février 2021
Foyer Abbé Bazire, Rouen (76)

Oser écrire
atelier de pratique artistique

d'octobre 2020 à février 2021
Foyer Abbé Bazire, Rouen (76)


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8 novembre 2020 7 08 /11 /novembre /2020 08:02

DOCUMENTAIRE

«Hans la Chance», d’Est en Ouest, au rythme de Berlin

PAR TËNK & MEDIAPART

2009, vingt ans après la chute du Mur. Hans Narva a 40 ans. C’est un musicien, ancien bassiste d’un groupe légendaire d’Allemagne de l’Est, Herbst in Peking (« L’Automne à Pékin »), un nostalgique, un anticapitaliste et surtout un pur Berlinois. Sous l’œil de Claudia Lehmann, voyage dans un monde qui s’efface. En accès libre jusqu’à dimanche et en partenariat avec Tënk, plateforme du documentaire d’auteur.

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1 novembre 2020 7 01 /11 /novembre /2020 07:30

Un film pour enrayer la machine technopolicière

C’est quoi, un espace public ? Pour le pouvoir c’est un lieu à gentrifier, privatiser, fliquer. Pour nous, habitant.e.s des quartiers, précaires, sans-abris, squatteurs, artistes de rue, manifestant.e.s, c’est un lieu de vie. Nous avons donné la parole à ces invisibles, afin de voir ce que nous avons perdu –et ce qu'il nous faut reprendre. Parce qu’on peut vivre ensemble. Sans répression.
Pourtant la ville t'appartient

La Technopolice s’empare de nos villes. À Toulouse, Valenciennes, Nice ou Paris, la reconnaissance faciale est mise en essai.  À Saint-Étienne, une startup a été chargée par la mairie de poser des micros dans l’espace public afin d’épier les bruits « suspects » -et d'envoyer des drones sur place en cas de pet de travers. À Marseille et Nice, les entreprises Thalès et Engie placent leurs pions pour faire naître une « Safe City », espace urbain de contrôle et de surveillance massive des populations.

La Quadrature du Net, « Manifeste contre la technopolice » : « Contre cette dystopie que préparent ceux qui prétendent nous gouverner, nous appelons à une résistance systématique ». Des collectifs tels l'Assemblée de la Plaine gagnent des victoires, d'autres, tels les architectes du collectif ETC,. se mettent à la disposition des habitants, certains, comme la Ligue des Droits de l'Homme, La quadrature du net donc, ou le Droit Au Logement, livrent des batailles épiques contre des géants. Et comme l'a écrit mon ami David, coréalisateur du documentaire : « Tous font les mêmes constats, qu'ils soient habitants de la rue ou vigies pour les libertés individuelles et collectives : l'espace public est progressivement privatisé selon des logiques implacables, et seule la conscientisation des citoyens peut permettre d'enrayer la machine technopolicière ».

Puisse donc ce reportage, plus qu’un document accablant, représenter un message d’espoir, et un support pour nos luttes, présentes et à venir. 

Il est visible ici (ou ici pour le voir directement sur Youtube) :

Salutations libertaires,

M.D.

 


 

Pourtant la ville t'appartient - Télé Chez Mouais et Pilule Rouge © Tele Chez Moi

Télé Chez Moi / Mouais, le mensuel dubitatif / Pilule Rouge
« Pourtant la ville t'appartient », film documentaire (durée : 1h21)

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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 15:50

 

"Céline Sciamma, Xavier Dolan, Valérie Donzelli, Mathieu Kassovitz...

Tous sont un jour passés derrière la caméra pour capturer une histoire, une vision.

Découvrez leur tout premier film dans cette collection de quatorze longs-métrages francophones"

 

Voir ou Revoir (premiers films)
Voir ou Revoir (premiers films)
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31 octobre 2020 6 31 /10 /octobre /2020 06:13

ADN

de Maïwenn 

avec elle-même (Neige) Mylan Robert (Kevin) Marine Vatch (Lilah la soeur) Fanny Ardant (Caroline la mère) , Omar Marwann  (le grand-père) Louis Garrel (François l'ex ) Alain Françon (Pierre le père ) 

 

 

Sélection officielle Cannes 2020

Neige, divorcée et mère de trois enfants, rend régulièrement visite à Émir, son grand-père algérien qui vit désormais en maison de retraite. Elle adore et admire ce pilier de la famille, qui l’a élevée et surtout protégée de la toxicité de ses parents. Les rapports entre les nombreux membres de la famille sont compliqués et les rancœurs nombreuses... Heureusement Neige peut compter sur le soutien et l’humour de François, son ex. La mort du grand-père va déclencher une tempête familiale et une profonde crise identitaire chez Neige. Dès lors elle va vouloir comprendre et connaître son ADN

ADN

Avouons-le sans ambages : ADN est un film décevant

 

Après un portrait de groupe filmé au plus près dans cette chambre d’EHPAD où survit le grand-père de Neige/Maïwenn , après la mort de ce dernier et les querelles familiales sur le  rituel  de la crémation, la réalisatrice loin de proposer une trajectoire qui irait du particulier à l’universel opère un chemin inverse. Et  la profusion de  ces plans « égotiques » (gros plans prolongés sur son visage ou son profil, sur sa chevelure déployée en Ophélie moderne, zoom sur ces lentilles qu’on enlève, comme pour mettre en évidence les "écarts" de point de vue ??) la surenchère dans le pathos (or suggérer n’est-il pas plus efficace que montrer avec insistance ….?) ou encore le sur-jeu de certains acteurs (dont Fanny Ardant qui interprète la mère, même si comme le dit froidement sa fille Neige « tu as toujours manqué de naturel »), tout cela fait d’ADN  un film aux clichés souvent lisses et lissés bien plus qu’une quête (et peu importe qu’elle soit pathétique sincère ou autre) à valeur universelle : à savoir la recherche de ses racines pour mieux se situer par rapport à son passé et mieux appréhender son futur (?) 

Et pourtant des moments "forts" – le face-à-face mère/fille, la réconciliation sororale – mais ils pèchent par ces "défauts" de traitement

 

Que l’on ait apprécié ou non ce film, force est de reconnaître que l’épisode algérien tourné in situ (Neige est au milieu des manifestants dans une rue à Alger ou assise, à les regarder) manque cruellement d’authenticité et de mise en perspective

 

Et que dire de cette scène où en l‘absence de bande- son Neige et François sur le même vélo  parcourent les rues désertes de Paris  comme pour un spot publicitaire ?

 

Dans ce filmage -à fleur de peau souvent- on était en droit d’attendre mieux de la réalisatrice de Polisse ! Dommage

 

Deux bémols toutefois: l’astucieux écart entre les propos souvent salaces de François (Louis Garrel) et le contexte dramatique ; et l’opposition entre l’anémie de Neige (elle perd l’appétit en même temps que son grand-père) et l’appétence dévorante de Neige/Maïwenn (exalter sa propre  omniprésence )

 

Colette Lallement-Duchoze

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30 octobre 2020 5 30 /10 /octobre /2020 06:25

d'Albert Dupontel (2020)

avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Jackie Berroyer , Bouli Lanners, Michel Vuillermoz, 

Lorsque Suze apprend à 43 ans qu'elle est gravement malade, elle part à la recherche de l'enfant qu'elle a été forcée d'abandonner quand elle avait 15 ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB quinquagénaire en plein burn out...

Adieu les cons

« je suis parti de l’idée d’opposer quelqu’un qui veut vivre mais qui ne peut pas à quelqu’un qui pourrait vivre mais qui ne veut pas »

 

Suze Trappet (une Virginie Efira convaincante; elle ne quittera pas son pull rouge…à la couleur si symbolique!) sachant sa mort prochaine -victime des effets cancérigènes de la laque utilisée pour les cheveux de ses clientes -, est décidée à retrouver l’enfant dont elle a accouché à 15 ans.. Jean-Baptiste Cuchas (dit JB) expert en informatique, chargé de la sécurité de son entreprise, se voyant "gentiment" remplacé  par un plus jeune, prépare méthodiquement son suicide ….que forcément il ratera.. Ils vont rencontrer Mr Blin (Nicolas Marié) un archiviste aveugle expert dans les dossiers d’accouchement sous X.

 

Voilà trois éclopés cabossés de la vie, trois âmes en mal d’être, -mais aussi en quête d’amour!!  Leur parcours -recherche de l'enfant - sera forcément semé d’obstacles, souvent farfelus dont les violences policières (et l’on connaît la malice de l’auteur à épingler policiers et gendarmes) les dérives foutraques de l’administration tatillonne et du tout sécuritaire, la déshumanisation de notre univers technologique (dire que Dupontel emprunte à Terry Gilliam c’est enfoncer une porte ouverte tant son évocation du monde urbain renvoie à Brazil)

Mais la rencontre avec l’ex obstétricien (Jackie Berroyer) atteint de la maladie d’Alzheimer sera comme une épiphanie.

Car tout est affaire d’encodage et de décryptage. Au tout début le médecin (Bouli Lanners) se ridiculise en expliquant mezza voce mais doctement les résultats d’un scanner, de même que le psy de service (Michel Vuillermoz) affiche avec l’aplomb du sachant les réponses à la plus petite déviation comportementale.

Mais le décryptage du journal intime de l’ex obstétricien et les poèmes griffonnés par Adrien (le fils. retrouvé de Suze) destinés à sa dulcinée, jouent le rôle de révélateurs : c’est le triomphe de l’humain, de la Vie !

 

Une comédie grinçante  où l’on retrouve les obsessions de son auteur (besoin d’amour filial, pièges et sortilèges d’une société déshumanisante), sa façon de filmer qui fait la part belle au flamboiement de couleurs vives, au virevoltage de la caméra, à certains effets spéciaux -récurrence des surimpressions et prédilection pour les vues en plongée, souvent vertigineuses-, un humour omniprésent du plus gras au plus fin, des blagues potaches, un comique de situation plus ou moins éculé (ou qui renvoie à Charlot) ….

 

 

Et pourtant plus c’est con plus on rit….

Effet pervers du (re)con-finement imposé ?

Le rire pour exorciser cette infantilisation anxiogène générée en haut lieu,  pour nous mettre sous cloche ?

Peut-être ! ....

 

Colette Lallement-Duchoze

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 15:13

de Jon Garano, Aitor Arregi et José Mari Goenaga (Espagne 2019)

 

avec Antonio de la Torre, Belèn Cuesta 

Espagne, 1936. Higinio, partisan républicain, voit sa vie menacée par l’arrivée des troupes franquistes. Avec l’aide de sa femme Rosa, il décide de se cacher dans leur propre maison. La crainte des représailles et l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre condamnent le couple à la captivité.

Une vie secrète

Le film s’ouvre sur un long plan fixe sur des façades -telle une palissade, telle une frontière entre le dehors et le dedans. Puis la caméra pénètre dans la chaude intimité du couple Rosa et Higinio. Des bruits suspects venus de l’extérieur lacèrent le calme de cette nuit. Les corps se désenlacent ; la peur a remplacé la moiteur amoureuse. Higinio est un partisan républicain;  il est arrêté…mais...il réussit à s’enfuir et blessé, rentre au village. Nous sommes en 1936 en Andalousie

Dès lors nous allons suivre sa lente et longue reptation, en sous-sol. Nous allons être au plus près de ce corps contraint à se recroqueviller dans la soupente de sa maison puis dans celle de son père...30 ans d’une vie de mort vivant avec la complicité d’une femme aimante -au départ non politisée- qui saura prodiguer conseils et contourner par des subterfuges maints obstacles (dont les perquisitions et les éventuelles dénonciations)

30 ans où vont défiler les événements majeurs de l’Histoire d’Espagne : guerre civile, dictature franquiste, Seconde guerre mondiale (Higinio est attentif à la position des Alliés ), rencontre Franco Eisenhower (décembre 1959) débuts du tourisme de masse, amnistie de 1969.

Un film où des définitions lexicales jouent le rôle de titres et ce faisant, de découpage en chapitres (Franco, enfermement, sortir etc.) ironie car souvent les « mots » sont polysémiques (dans ce mariage entre l’histoire personnelle et la « grande » histoire)

 

Les trois réalisateurs (qui se sont inspirés de faits réels) ont su rendre palpable l’écoulement des heures des années tout en filmant -pour l’essentiel- un huis clos -le « dehors » est vu à travers les interstices d’une porte d’une cloison par l’oeil agrandi hébété du reclus. Une gageure ! Des scènes « intimistes », des scènes de genre où les effets de clair obscur et les couleurs « chaudes » ocreuses composent des tableaux vivants. L’acteur (que vous avez pu découvrir dans la isla minima, la colère d’un homme pressé, que dios nos perdone ou encore plus récemment dans El Reino) porte de bout en bout ce film.

Un corps qui palpite de sueur, un corps qui envahit l’écran, et ce regard de bête traquée !

Un monde qui s’écroule ? Une foi militante qui vacille ? De remontrances en objurgations (celles de l’aimée, admirable Belen Cuesta) de mises au point proférées par le fils Jaime (il sait que la donne a changé depuis …tant de décennies) en querelles, le parcours de Higinio ne peut être « compris » que par ceux qui comme lui ont choisi d’être les « taupes »,  de vivre comme des sous-hommes dans la crasse et la peur pour ne pas être exécutés

Et pourtant quel hymne à la vie. Écoutez cette palpitation tel un instinct de survie, ces spasmes du désir charnel dans la plénitude des corps retrouvés. Et quand (c’est la dernière partie du film) le personnage  quitte définitivement l’ombre, il est auréolé de lumière

 

Un film à ne pas rater!!! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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25 octobre 2020 7 25 /10 /octobre /2020 04:39

d'Andreï Konchalovsky (Italie, Russie) 

avec Alberto Testone, Jakob Diehl, Francesco Gaudella, Frederico Vann

 

Italie début XVI° siècle. Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti) apprécié pour son génie créatif, traverse des moments d’angoisse et d’extase tandis que deux familles nobles rivales se disputent sa loyauté....

Michel-Ange (il peccato)

J’ai cherché Dieu je n’ai trouvé que les hommes

 

Le film s’ouvre et se clôt sur une scène quasi identique : en gueux dépenaillé Michel-Ange avance sur une route en Toscane; il se parle. Son dialogue intérieur ? Un questionnement sur tout ce qui entrave son "génie" : l'argent, la politique, la dépendance.

Entre ces deux scènes, des années de fluctuations, de changements de mécènes (Jules II de la famille Della Rovera  lui a commandé un tombeau, puis ascension de la famille rivale des Médicis, le pape Léon X  lui intime l’ordre d’achever la façade de la basilique San Lorenzo). L’artiste est  "pris en étau" tiraillé...  Obsédé par sa quête quasi mystique de la beauté, hanté par " l’inachèvement"  Michel Ange (dont la réputation n’est plus à faire :  la Piéta (1499) David (1501) la Chapelle Sixtine 1508 1512) lui, l’enjeu de ces querelles politiques, aura menti pour garder l’intégralité de son art  Avec les florins que les familles rivales lui versent, il aide son père, ses frères, il subvient aux besoins de Peppe et Pietro ses apprentis, et surtout il investit dans ... le marbre...cette pietra viva !!

 

 

Le film de Konchalovsky n’est pas un biopic. S’il rend compte de l’acte créateur (imaginer sculpter créer afin que sa volonté se fasse sur la pierre écrivait Léonor de Récondo dans Pietra viva) c’est par ellipse ou sous-entendus -nous ne verrons pas l’artiste à l’oeuvre. Si l’acte est marqué du sceau de l’hubris c’est pour illustrer une furie hallucinée (cf les séquences spectaculaires des carrières de Carrare où l’énorme bloc de marbre d’un blanc éclatant et d’un seul tenant, concrétise la démesure de l’artiste et simultanément la monumentalité de son œuvre). Furie et déraison que l’acteur Alberto Testone a su faire siennes.

Ce qui intéresse le cinéaste russe c’est la quête du beau, le désir refoulé, la prégnance de fantômes ces visiteurs qui troublent le sommeil, le ballottement entre contingences et nécessité avec son cortège d’infamies et de tourments, la place de l’artiste dans et par rapport à son époque, et le " portrait"  qu’il fait de Michel-Ange est loin d’être flatteur….

 

De même sa reconstitution de la Renaissance fait fi de certains clichés : dans les scènes de groupes (repas, beuveries, carrières, rue) le réalisateur insiste sur la rudesse et la trivialité, donne à "respirer" des odeurs nauséabondes, à "entendre"  des éructations sordides. Ces séquences alternent avec d’autres plus contemplatives que le Diable -ou du moins fantasmes et hantises- s’en vient troubler.

 

Mais à chaque fois un travail étonnant sur les éclairages les lumières les couleurs (qu’elles soient d’apparat  plus terreuses ou solaires) un travail que sublime le choix du format 4,3 ; format qui enserre non seulement les visages et les personnages mais aussi les décors les ambiances (Arrêt sur image et vous contemplez un tableau digne de la Renaissance!!!)

 

Michel-Ange : ou les affres de la Création -connotées dans le requiem de Verdi- ?

Il peccato : ou le monstre de marbre ?

 

Michel-Ange il peccato un film que je vous recommande

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 06:41

De Thomas Vinterberg (Danemark) 

Avec Mads MikkelsenThomas Bo LarsenLars Ranthe Magnus Millang

 

 

Sélection Officielle Cannes 2020

Prix des Cinémas Art & Essai 2020

 

Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle.

Drunk

Même si dans les pays nordiques  prévaut une culture de l’alcoolisme (et la femme de Martin le rappellera un soir à son mari éméché... dans ce pays tout le monde boit) le film Drunk -quoi que suggère le titre- est surtout et avant tout un hymne à l’amitié, à la vie, une ode à la jeunesse ; un hymne en forme de quête -même et surtout si elle est inspirée par la détresse et le "désespoir" -pour parodier le titre d’une œuvre du philosophe danois Kierkegard ; philosophe que précisément Vinterberg cite en exergue  La jeunesse ? Un rêve. L’amour ? Ce rêve  Et la construction circulaire conforte cette approche: à la séquence époustouflante du prologue (course lycéenne, concours de boisson … avec parcours quantité et vomissements imposés ; puis les mêmes jeunes fortement alcoolisés dans le métro s’adonnant à... ) répond en écho celle de l’épilogue (la fête des jeunes diplômés bien alcoolisés et la danse de Martin qui retrouve sa souplesse de jeune acrobate jusqu’à ...)

D’ailleurs le réalisateur n’a-t-il pas dédié ce film à sa fille Ida (cf générique de fin) tuée à 19 ans dans un accident de voiture ?

 

Mettre en pratique un précepte du psychologue norvégien Skarderud (à savoir entretenir une consommation d’alcool capable de combler le déficit de 0,5g/litre) en montrer les effets (désinhibition lâcher prise mais aussi délitement de la cellule familiale pour deux des quatre professeurs), mêler comique (de mots et de situation essentiellement) et tragique, c’est la dynamique apparente, celle qui concerne la forme:  la marche vers... avec ses paliers et ses pauses; sa progression méthodique et inéluctable;   l’humidité du regard de Martin qui illustre dans un premier temps son taedium vitae puis, après l'ingestion d'alcool, sa luminosité prouvera un état de bien-être. De même que les pertes d’équilibre (tituber dans la salle de réunion au grand dam du  proviseur et des  professeurs, tituber et chuter dans les allées d’une supérette) sont le signe extérieur de l’emprise de l’alcool. Mais l’essentiel est ailleurs : la quête d’échappatoires, le désir de vivre jusque (paradoxalement) dans et par-delà la mort : le plan où Tommy est à bord de son bateau avec son chien claudiquant, seul compagnon de fortune et d’infortune, puis disparaît du cadre … celui où Martin déclare, après dislocation du couple, l’éternité de son amour sont tout simplement bouleversants dans leur épure et leur suggestivité

 

 

Vinterberg en retrouvant "ses" acteurs -Thomas Bo Larsen ( Festen, La chasse) , Mads Mikkelsen (La Chasse) Lars Ranthe   (La chasseLa communauté)  et  Magnus Milang (La communauté) -, les filme caméra à l’épaule, afin d’être au plus près, à un point tel que le visage de Mads Mikkelsen peut envahir tout l’écran. Une façon de filmer qui épousera -mais en les accentuant- l’euphorie et le déséquilibre….La prestation de Mads Mikkelsen (Martin) est impressionnante ainsi que celle de Thomas Bo Larsen (Tommy) lui qui - dans la vie-  est inscrit aux Alcooliques anonymes…

 

 

Les détracteurs habituels -ceux qui confondent esprit critique et esprit de critique -  pourront toujours reprocher un côté "philosophie de comptoir" , une insistance complaisante sur les "pochtrons" de l’Histoire (Churchill) ou de l’Art (Hemingway), la prévisibilité de certains parcours (celui de Tommy) ou encore la "fausse leçon" de l’apologue (les pièges et artifices  de l'alcool)

N’empêche ! Je persiste et signe : Drunk est un film sans prétention philosophique (même si les références à Kierkegard sont patentes l’homme doit pouvoir accepter d’être faillible il doit même avoir failli pour pouvoir vivre et aimer)  mais plutôt une fable douce amère de type épicurien (ne serait-ce que dans sa célébration de la Vie ou son plaidoyer pour le  "lâcher prise")

 

Drunk un film où l'alcool est symptôme de ...et non sujet

Drunk un film sur l’amour?

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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17 octobre 2020 6 17 /10 /octobre /2020 06:37

Bekzat est un jeune policier qui connaît déjà toutes les ficelles de la corruption des steppes kazakhes. Chargé d’étouffer une nouvelle affaire d’agressions mortelles sur des petits garçons, il est gêné par l’intervention d’une journaliste pugnace et déterminée. Les certitudes du cow-boy des steppes vacillent.

A DARK, DARK MAN

Un champ de maïs aux couleurs mordorées qui crépite de lumière,  un homme les yeux bandés y joue à colin-maillard.. Le prologue dont les plans et cadrages rappellent une peinture,  a de quoi surprendre. Puis par petites touches  et quelques gros plans bien ciblés le film se « révèle ». Ce personnage aux allures de Pierrot lunaire sera le coupable idéal : il avouera -moyennant finance- être l’assassin de ce jeune homme dont le corps gît sous un drap maculé de sang…Un flic qui suborne ! Une police provinciale archi corrompue !!!

Non, nous ne sommes pas en Absurdie...

 

Nous voici immergés dans un décor qui frappe par son aridité, son austérité, sa désolation ou parfois sa blancheur qui recouvre l’espace comme un linceul. Un monde où évoluent des personnages à valeur archétypale: le flic corrompu, les mafieux, la justicière. Peinture d’une police kazakh provinciale où un vieil immeuble -vestige de l’empire soviétique- sert de commissariat, la voiture de Bekzat est un tas de ruine...Face à eux, des prétendus « simples d’esprit » dont le personnage du début qui de ses gestes maladroits et avec sa compagne et l’enfant s’approprie cette nature "mère-nourricière". 

 

La dynamique du film? L'arrivée d'une journaliste va conduire Bekzat,  de la corruption à un "semblant" de rébellion contre ses supérieurs encore plus corrompus - tant il semble impressionné par la probité de cette femme, un chemin   parsemé d’indices à valeur de  "symboles" (dont le ballon ou la voiture brisée)

 

Dans une guerre on sait que la première victime est la vérité ; dans le « despotisme » -et la journaliste intègre citant l’Esprit des Lois de Montesquieu le rappellera à ses ravisseurs- la "crainte" est un principe stérilisant et destructeur qui fait régresser les hommes en-deçà des lois de la natur

 

Mais ne nous méprenons pas :  le film apparemment "noir" est en fait un mélange astucieux de poésie et de macabre, traité de façon minimaliste, avec une prédilection pour les  plans fixes,  les vues en légère contre plongée et les lents travellings avant.

Certains vont déplorer une complaisance dans le " gore" (gros plan sur un visage tuméfié ou un corps sanguinolent) et quitter la salle…

Pourtant l’humour,  l'ironie  (même si comme Bekzat, nous ne comprenons pas les blagues racontées par ce supérieur hiérarchique le seul à rire à gorge déployée) et la poésie jouent le rôle de contrepoint

 

A dark dark man,  un "conte moral" ?

 

Je vous laisse juge

 

Colette Lallement-Duchoze

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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