28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 13:32

Film français belge et italien d'Andrea Pallaoro

Avec Charlotte Rampling, André Wilms, S. Van Vyve

 

 Coupe Volpi de la meilleure actrice au festival de Venise 2017 

Entre le soudain emprisonnement de son mari, des enfants qui ne veulent plus la voir et un métier de femme de ménage qui l'ennuie, Hannah tombe peu à peu dans l'isolement ...

Hannah
Un film au scénario réduit à zéro, sans dialogues, avec une actrice septuagénaire qu’on ne quitte pas des yeux sans même une chute qui relèverait le tout,  ça ne fait pas un film mais une simple performance d’actrice.
 
Le réalisateur a permis à Charlotte Rampling de gagner un prix d’interprétation au festival de Venise, tant mieux pour elle,  mais il laisse le spectateur à quai avec moult bâillements.
 
Lumières clignotantes qui s’allument et s’éteignent, intérieurs aux volets fermés ou intérieurs froids comme l’hiver, glacis verdâtre et brun sombre de la photo, tout est fait dans la photo pour traîner un blues à couper au couteau sans qu’on sache pourquoi, tout est volontairement mystérieux dans ce spleen qui dure sans pouvoir s’identifier, ça agace davantage que ça fascine.
Les scènes de RER ne sont guère moins glauques.
 
Bref, un film à éviter sous peine d’ennui hormis pour les gérontophiles qui voudraient voir Charlotte Rampling nue au sens tristement physique du terme.
 
Serge Diaz
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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 17:05

 

De Sergio Castellitto (Italie) 

Avec  Jasmine TrincaStefano AccorsiAlessandro Borgh Hanna Schygulla 

 

Prix d'interprétation féminine Cannes 2017 (Un Certain Regard)

À la périphérie de Rome, Fortunata, suite à un mariage raté, se bat quotidiennement pour élever convenablement sa fille Barbara. Faisant face aux difficultés, elle songe à ouvrir un salon de coiffure afin de de s'épanouir et de trouver son indépendance…

Fortunata

Fortunata, I love Torpigna (autocollant sur le réfrigérateur) Lucky (enseigne) ! Ne  pas se fier aux apparences

Fortunata est cette femme combative déterminée (l’actrice Jasmine Trinca porte le film et le personnage de bout en bout ) aussi resplendissante et lumineuse que sa masse de cheveux.

Son rêve ? ouvrir son propre salon de coiffure, aidée en cela par son ami tatoueur (et bipolaire) Elle qui vient d'un milieu social déshérité va travailler d’arrache-pied tout en vouant un amour (presque) sans faille à sa fille Barbara dont elle a la garde…

Mais quand le rêve se brise sur le bloc de l’immanence….et en l’occurrence la déraison de l’amour fou ….

Si la tonicité et le rythme du film épousent ce combat pour l’indépendance, on sent très (trop) vite un trop plein non pas d’énergie mais de profusion thématique. Et d’abord l'évocation de la diaspora chinoise : la scène d’ouverture vue en plongée a priori insolite – groupe de danseuses évoluant avec  des gestes assez raides sur la musique de l’hymne à la joie- l’illustre avec ironie ; le quartier commerçant est désormais comme colonisé. Quant à la peinture sociale quelques plans fixes et travellings suffisent à suggérer le milieu si cher aux devanciers néoréalistes de Sergio Castellitto. Mais que dire de la "peinture" du milieu psychiatrique ? Trop de clichés...La relation familiale ? Le père, un violent, un jaloux qui -au prétexte que le divorce n’est pas encore prononcé- veut toujours exercer son "droit de cuissage". Et voici en toile de fond la récurrence du mythe d’Antigone (incarnée par une Hanna Schygulla habitée par ses rêves d’antan quand elle interprétait sur scène la jeune fille rebelle ; rêves qu’elle caresse vainement jusqu’à en mourir). Or ce mythe semble trop souvent "plaqué" 

Cela étant on est subjugué par la puissance volcanique du personnage. Sa mini-jupe, ses talons hauts, ses cheveux colorés, son verbe provocateur, n’en font pas pour autant une "cagole" 

Malchanceuse au départ, elle sera Fortunata cette "force qui va" enfin libérée !

Colette Lallement-Duchoze

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 06:13

Après des mois sans que l'enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville.

3 Billboards  Les panneaux de la vengeance

 Violée pendant qu’elle agonisait il y a plusieurs mois/ Toujours pas la moindre arrestation/ Pourquoi, shérif Willoughby ?

Voilà ce qu’inscrit Mildred Hayes sur trois panneaux publicitaires -loués à l'année- en énormes caractères à l'encre noire sur fond carmin....C'est qu'il faut  alerter non seulement la police mais aussi les médias et toute la communauté.

Début des hostilités puis montée paroxystique de la vengeance de l’entêtement dans une folie monomaniaque jusqu’à cette fin suspendue (la Grâce ? …)

Et simultanément ce sera pour le réalisateur le plaisir d’entraîner son public dans les coulisses d’un théâtre, celui de l’Amérique du Missouri où tout semble à la fois caricatural et humain, grotesque et tendre (Dixon un flic pervers anti-noir anti-gay anti-roux au QI limité n’est pas un personnage figé; il évoluera ...vers ...la rédemption??)

Le film a d'ailleurs obtenu par deux fois le prix du meilleur scénario (Mostra de Venise et Golden Globes) 

Le corps sanglé  dans une  salopette (à l'instar des militaires) et les cheveux dans un  bandana, un visage déterminé, des paroles cinglantes à vous clouer le bec, Frances McDormand incarne cette mère rongée à la fois par la culpabilité (cf l’unique flash back) et la soif de vengeance ; elle est ou plutôt deviendra enragée (elle  a obtenu le prix de la meilleure actrice aux Golden Globes janvier 2018)

 

Le film alterne tensions et retombées (cf colère du couple interrompue par l’intrusion de la nouvelle petite amie du père ; blague sur les céréales et...couteau porté à la gorge, on pourrait multiplier les exemples) et cette alternance crée un certain tempo qu’agrémente la musique country ; la truculence de certains dialogues  (cf."si on virait tous les flics vaguement racistes, il n'en resterait plus que trois qui n'aiment pas les pédés")  provoque un rire "franc" et le trio ainsi que  les personnages dits secondaires -dont le nain tutélaire ou la mère alcoolique de Dixon- jouent efficacement leur partition.

Quant à la trame narrative, si le réalisateur  s’empare de stéréotypes ce serait  pour mieux les dépasser  en refusant le manichéisme, et s'il emprunte des chemins de traverse (entraînant le spectateur dans de "fausses" directions ou de "fausses" pistes dont celle du "faux" tueur) ce serait pour illustrer la complexité de l’être humain... Pourquoi pas ?

Et pourtant ! Si le tout début était prometteur : ensemble militons pour que le viol ne soit plus impuni, très vite le film bascule dans un genre de mélo qui frappe par ses  outrances faciles, ses digressions inutiles ou bavardes et par une "morale" simpliste égrenée tel un bréviaire dans les lettres écrites par Willoughby avant sa mort…"il suffirait de renoncer à la colère pour vivre dans l’harmonie"...

 

Non! On n'est  pas dans le sillage des frères Coen -auxquels pourtant Martin McDonagh veut rendre hommage...

 

Colette Lallement-Duchoze

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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 17:19

 13ème édition du festival A l'Est du Nouveau du 5 au 11 février 2018

 

 

Lieux

Omnia (Rouen) Ariel (Mont saint Aignan) Kinepolis (Rouen)

 

T.P. 6€ / T.R. 4€
Pass 8 séances à 36€


Programme complet sur   www.alestff.com

Festival A  l'Est

La sélection officielle  7 films, pour la plupart inédits en France.

A Balkan Noir de Drazen Kuljanin, Monténégro, Suède, 2017

A Heart of Love de Lukasz Ronduda, Pologne 2017

Daybreak de Gentian Koçi, Albanie, 2017

Filthy de Tereza Nvotová, Slovaquie, 2017

Little Crusader, de Vaclav Kadmka, République Tchèque, 2017

Marita de Cristi Iftime, Roumanie, 2017

3 quarters de Ilian Metev, Bulgarie, 2017

 

Autres sections « Fokus » une sélection de films basée sur une vision croisée entre la France et l’Europe centrale et orientale. Le pays choisi cette année est la Géorgie, illustré par les films Susa de Rusudan Pirveli,

Pirosmani de Georgui Chenquelia,

Khibula de Georges Ovashili, en sa présence,

et House of others de Rusudan Glurjidze.

 

« Kluk » pour le jeune public, séances spécialement réservées aux écoles, en partenariat avec le Rectorat et l’Inspection Académique de Seine-Maritime. Les projections auront lieu à l’Ariel, Kinépolis et Omnia et elles toucheront les enfants de la maternelle au collège. Des projections auront lieu aussi dans un établissement IDHEFI et un IME dans le cadre du dispositif Passeurs d’Images en direction des publics empêchés.

 

« A l’Est dans le Monde » compétition de films argentins, français et péruviens, dans le cadre d’une sélection proposée par les festival partenaires « A l’Este» d’Argentine et du Pérou dirigés par David Duponchel en présence du jeune réalisateur de documentaires Roberto Flores.


 

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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 06:49

 de Naomi Kawase Japon

Avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki.

Présenté en Sélection Officielle Cannes 2017

 Misako aime décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audio-descriptrice de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection, elle rencontre un célèbre photographe dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.

Vers la lumière

Un groupe de non ou mal voyants "travaille" avec Misako audio-descriptrice; on s’interroge sur la pertinence des mots utilisés pour capter l’intérêt et susciter l’émotion…savoir être précis sans être réducteur -d’autant que le commentaire est destiné à un public qui a forcément un autre ressenti de l’image...Quels seraient les "mots justes" pour commenter cette scène où le vieil homme filmé de dos gravit une colline vers le soleil ? Tout dire ou non ? Et selon quels critères ?.Quid de l’imagination de l’auditeur ? Car c’est par les "mots" (et Misako en dehors de son travail décrit tout ce qu’elle voit quand elle marche) que l’on peut capter la réalité tout en ayant conscience de leur impuissance, tout en sachant que le mot n’est pas la "chose" nommée  ni le sentiment éprouvé. Par le biais de cet atelier, la réalisatrice pose la question fondamentale de la création cinématographique (perception du réel et capacité à susciter des émotions)

 

Misako aime son métier et accepte avec humilité ou réticence les remarques plus ou moins désobligeantes des intervenants. Celles de Nakomari un célèbre photographe qui l'accuse d'imposer un seul point de vue. Lui qui a passé sa vie à capter la lumière et ses diffractions, à créer des ambiances, à entraîner le spectateur au-delà du cadre et donc de l’image, va perdre irrémédiablement la vue suite à une maladie et la cécité qui opacifie le réel  va détruire inexorablement le "sens" de cette vie » (mon appareil c’est "mon coeur" clame-t-il près avoir récupéré, non sans violence, son Rolleiflex)

Dès lors le film s’oriente vers une sorte de chorégraphie de lumières et d’ombres (au symbolisme parfois appuyé) alors que les deux protagonistes se cherchent et s’apprivoisent.

Filmés de très près ou en très gros plans comme si la caméra se faisait tactile, (et le toucher est très signifiant dans ce film) ils incarnent tous les questionnements chers à la cinéaste : parole et silence, présent et passé revisité, vie et mort, perte inexorable de l’enfance, lumière et mystères, nature panthéiste (voir la scène où Misako -elle a failli s’embourber…- rejoint sa mère.dans les arcanes d’une forêt qui mêle en des réseaux inextricables et foisonnants le souvenir du père, l’attente d’un futur que le passé révolu a pourtant absorbé, la projection vers cet ailleurs qui célèbre les noces de la mer et du soleil)

 

Le titre français suggérait -avec l’emploi de la préposition "vers"- un cheminement. Ibrahim Maalouf qui a composé la musique résume ainsi le symbolisme Quand tu es au fond du fond il y a toujours une lumière qui revient 

 

Vers la lumière ou  la  mise en abyme du cinéma de Naomi Kawase ?

 

Colette Lallement-Duchoze

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 05:59
 Le ciné-piscine  (samedi 20 janvier )

Le Samedi 20 janvier 2018, le Courtivore et la Ville de Rouen vous proposent de participer à une expérience originale : regarder des films dans la piscine !

(piscine Guy Boissière Ile Lacroix Rouen)

Le principe est simple. Installez-vous confortablement dans votre bouée et assistez à une séance de 6 courts métrages sélectionnés par le Courtivore, le festival rouennais du court métrage.

Petit Bassin (18h30-19h15) : Programmation jeune public (6/14 ans) 

A 20h30, nous lancerons deux heures de programmation de courts métrages "à la piscine". 

Boissons et gourmandises seront proposées pour les participants. 

 

 

Tarif: 

3,80€ (TR : 3,05€) pour les Rouennais

5,20€ (TR : 3,80€) pour les non Rouennais.

Réservation possible à la caisse de la piscine. 

 

Attention, nombre de places limité !

 

Renseignements au 02 35 07 94 70. Plus d'informations ici ou sur facebook.

 

 

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 16:32

De Paolo Virzi (Italie USA) 

avec  Helen MirrenDonald SutherlandChristian McKay

 

Les années ont passé, mais l'amour qui unit Ella et John Spencer est resté intact. Un matin, déterminés à échapper à l'hospitalisation qui les guette, ils prennent la route à bord de leur vieux camping-car et mettent le cap sur Key West. Ils découvrent alors une Amérique qu'ils ne reconnaissent plus...et se remémorent des souvenirs communs, mêlés de passion et d'émotions

 

L’Échappée Belle

Ce film sur "la fin de vie" (John est Alzheimer,  Ella en phase terminale d’un cancer) film sur un ultime voyage (sens propre et figuré) est -il faut bien l’admettre- décevant; même si le réalisateur a choisi l’humour et  la dérision -pour ne pas verser dans une forme de misérabilisme ou de mièvrerie

Fausses blagues salaces d’un vieillard incontinent, immersion artificielle dans une forme de culture américaine (dont les rires béats d’obèses qui scandent la campagne électorale de Trump) paysages cartes postales (du New Jersey à la Floride) et profession de foi en l’amour "éternel", l’échappée belle (nom du camping-car) est sauvé de justesse par l’excellente prestation de Donald Sutherland (l’inoubliable Hawkey Pierce de M.A.S.H) et d’Helen Mirren (qu’on ne présente plus…)

Faire coïncider les différentes haltes qui jalonnent la longue route avec les "pauses" sentimentales où l’on ressuscite le passé (diapositives sur petit écran improvisé ou rencontres d’ex-étudiantes -lui était prof d’anglais spécialiste d’Hemingway) pourquoi pas ? Au tempo créé par cette alternance se superposerait la "partition" du souvenir. À condition que....

Et que dire de ces scènes quasi inutiles (celle du fusil…par exemple)? Autant de digressions qui obèrent un scénario déjà lourd de clichés…

 

Léger bémol : on entend Bob Dylan ….et Janis Joplin...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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5 janvier 2018 5 05 /01 /janvier /2018 05:18

La Cordillera (titre original)

De  Santiago Mitre (Argentine) 

Avec: Ricardo Darín (le président argentin Hernán Blanco), Érica Rivas (Luisa Cordero), Dolores Fonzi (Marina Blanco), Paulina García (la présidente chilienne Scherson), Daniel Giménez Cacho (le président mexicain Sastre), Elena Anaya (Claudia Klein), Alfredo Castro (García l'hypnotiseur), Gerardo Romano (Castex), Leonardo Franco (le président brésilien Oliveira Prete), Christian Slater (Dereck McKinley), Gabriela Pastor (Natalia)...

Présenté au festival de Cannes (Un Certain Regard)

Argument

Au cours d’un sommet rassemblant l’ensemble des chefs d’État latino-américains dans un hôtel isolé de la Cordillère des Andes, Hernán Blanco, le président argentin, est rattrapé par une affaire de corruption impliquant sa fille. Alors qu’il se démène pour échapper au scandale qui menace sa carrière et sa famille, il doit aussi se battre pour des intérêts politiques et économiques à l’échelle d’un continent.

El Presidente

Fable politique? Docu-fiction? Thriller psychologique? 

Le réalisateur joue  sur ces différents  registres. Au début triomphe le réalisme : la caméra nous entraîne -après avoir franchi avec Emilio la porte réservée aux "petits"- à l'intérieur de  la résidence présidentielle de Buenos Aires. Nous faisons la connaissance des hommes du président -briefing (étouffer l'affaire de corruption) préparation du "sommet" : la création d’une OPEP sud-américaine. Puis ce sera l’installation sur les hauteurs enneigées dans un hôtel luxueux au Chili ; avec les séances très protocolaires, de présentations et d’interviews.(on pourrait même reconnaître des hommes politiques actuels….) .Mais dès que la fille Marina a rejoint son père (or  le scandale est arrivé suite à la dénonciation de son ex mari) et que se manifestent ses  "pouvoirs quasi magiques" (ce dont rend compte la longue séquence d’hypnose) le film bascule dans l’étrange; il devient même "construction mentale" et cette étrangeté va contaminer les séquences finales des négociations -même si apparemment on est de nouveau dans le " réalisme"

Vues aériennes sur les routes en lacets épousant dans leur forme dédaléenne les circonvolutions de la pensée et les circonlocutions du langage diplomatique tacticien?? ; en écho à l’intérieur de l’hôtel les travellings circulaires lors des confrontations entre participants....Scènes plus intimes filmées caméra à l'épaule. Un jeu d'alternance au service de la "dualité " du personnage éponyme . Filmé en groupe, en duo ou plus souvent pris isolément, Ricardo Darin vu de face de  profil ou de dos impose non seulement sa stature à l’écran mais un jeu distancié malgré le flegme apparent ; un jeu toujours en harmonie avec l’image "équivoque" du président qu’il incarne : un président récemment élu sur le slogan  un homme comme vous  pris au piège de la corruption- ...qui doit en outre "imposer" sa marque sur l’échiquier politique : servir des enjeux pétroliers et reconnaître la toute puissance du courant anti-libéral du Brésil, faire allégeance à  son président très populaire? pactiser en coulisses avec l’émissaire américain ? En frondant avec l’ami mexicain  pro-américain? El Présidente est à l'écran ce requin politique et ce séducteur au regard bleu acier

Privilégier la part d’ombre et la sphère privée du "président" c’est le choix du réalisateur.  Et certes il entretient le doute -comme dans un thriller psychologique- ; les souvenirs et les imprécations de la fille -instable psychologiquement- seraient-ils moins crédibles que les arguments du père qui se protège derrière une posture convenue ? Cette carapace de père aimant, d'homme affable ne cache-t-elle pas le pire des assassins?

El presidente n’en est pas pour autant un film corrosif et convaincant. Pourquoi? On devine trop les difficultés à nouer les deux aspects de cette politique/fiction (suspense politique et psychologique) et  le manque d'aisance à  superposer deux trames narratives. De même le choix de métaphores plus ou moins éculées (le patronyme Blanco, les secousses dans l’avion au moment de l’atterrissage comme prémices d’autres "perturbations", le gros plan sur la fenêtre brisée et celui du fauteuil renversé dans la neige; les couloirs dérobés empruntés pour rencontrer l'agent américain comme illustration des "coulisses" du pouvoir...etc...) et l’option d’une fin "ouverte" auront quelque peu entaché le plaisir du spectateur!!

 

Colette Lallement-Duchoze 

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31 décembre 2017 7 31 /12 /décembre /2017 03:16

De Marc Dugain 

Avec Lambert WilsonOlivier GourmetAnamaria Vartolomei Juliane Lepoureau

 (adaptation du livre de Chantal Thomas qui a cosigné le film)

 

 

argument:

1721. Une idée audacieuse germe dans la tête de Philippe d’Orléans, Régent de France : Louis  XV, 11 ans, va bientôt devenir Roi et un échange de princesses permettrait de consolider la paix avec l’Espagne après des années de guerre qui ont laissé les deux royaumes exsangues. 
Il marie donc sa fille, Mlle de Montpensier, 12 ans, à l’héritier du trône d’Espagne, et Louis XV doit épouser l’Infante d’Espagne, Anna Maria Victoria, âgée de 4 ans.
Mais l’entrée précipitée dans la cour des Grands de ces jeunes princesses, sacrifiées sur l’autel des jeux de pouvoirs, aura raison de leur insouciance…

L'échange des princesses

Film grand public – à voir l’affluence à l’Omnia de  Rouen un samedi après midi- on se dit que les films de princesses font toujours rêver le bon peuple. Sauf que là il ne s’agit pas de niaiseries royales mais d’un film crépusculaire sur le malheur des femmes au 18ème siècle, fussent elles de la plus haute naissance.

Monnaie d’échanges pour réconcilier deux pays en guerre ou prétexte à en déclarer de nouvelles, cette tradition de mariages consanguins cachait des petites tragédies. Il n’est pas question d’amour même si la bonne volonté des jeunes protagonistes tend à nous démontrer qu’on peut finir par aimer quiconque avec un peu de volonté.

 

L’image est soignée, les lumières qui donnent le ton au film sont remarquables.

Mais on regrettera que le réalisateur ait fait jouer la fille de Philippe d’Orléans de manière anachronique, en décalage complet avec les autres acteurs, son parler contemporain était-il nécessaire pour montrer son caractère rebelle ? C’est très maladroit.

Idem pour le frère du jeune Louis XV  qui  joue très mal et Lambert Wilson qui en fait trop.

La grande actrice Catherine Mouchet, qui joue la gouvernante des jeunes princes, apporte une intériorité émouvante comme un pavé au milieu de ces cours aux moeurs glacées et glaçantes.

 

Serge Diaz

 

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30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 14:53

argument

De son enfance difficile en Pologne, en passant par son adolescence sous le soleil de Nice, jusqu’à ses exploits d’aviateur en Afrique pendant a Seconde Guerre mondiale… Romain Gary a vécu une vie extraordinaire. Mais cet acharnement à vivre mille vies, à devenir un grand homme et un écrivain célèbre, c’est à Nina, sa mère, qu’il le doit. C’est l’amour fou de cette mère attachante et excentrique qui fera de lui un des romanciers majeurs du XXème siècle, à la vie pleine de rebondissements, de passions et de mystères. Mais cet amour maternel sans bornes sera aussi son fardeau pour la vie…

La promesse de l'aube

Une adaptation qui fera hérisser d’horreur les amoureux de l’écriture de R Gary (et de « la promesse de l’aube » en particulier ) ;

quant aux autres je parie qu’ils n’apprécieront pas du tout les surcharges;  l’accent de Charlotte Gainsbourg, le recours aux filtres, les pâles reconstitutions, la voix off de Niney -Gary adulte- et  et

 

promesse de daube (j’ai lu ça quelque part : c’est aussi mon avis)

 

à déconseiller

 

Elisabeth

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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