9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 07:18

de Paolo Genovese (Italie 2017)

avec Valerio Mastandrea, Marco Giallini, Alba Rohrwacher

Un individu mystérieux, assis à la même table d'un café, reçoit la visite de dix hommes et femmes qui entrent et sortent à toute heure de la journée pour le rencontrer et se confier. Il a la réputation d'exaucer le voeu de chacun en échange d'un défi à relever...

The Place

Je crois dans les détails dit l’homme à son interlocuteur ; et il les consignera avec frénésie dans son énorme agenda. Qui  est ce personnage innommé, assis du matin au soir à une table dans ce bar-restaurant « the place » (café roma en VO)?  Dieu, le Diable ou la Voix(e)  de la conscience ? Qui sont ces visiteurs qui, à intervalles réguliers, viennent se confier à lui ? Il peut -dit-on-  exaucer tous les désirs. Tous ? "oui" . Comment devenir plus belle ? Retrouver la vue ? Passer une nuit avec une star du porno ? Sentir à nouveau la présence de Dieu en soi ? Guérir son enfant atteint d’un cancer ? C’est faisable dit l’homme ; à condition d’accepter un contrat mais pas n’importe lequel : viol, infanticide, cambriolage, pose d’une bombe en un lieu public…. Univers luciférien ? Contrat faustien ? 

 

Progressivement certains  "cas" -que l’on croyait individuels - s’imbriquent les uns dans les autres ;  ainsi des surprises narratives, en créant un lien dramaturgique,  vont  éviter l’écueil de la répétitivité . De même les tentatives de rébellion, les accusations, les refus créent une autre dynamique plus idéologique ou éthique. Et pour pallier la monotonie (inhérente au dispositif choisi, le huis clos) le réalisateur sait varier  les cadrages et les angles de vue (dans les face-à-face par exemple  ) 

Le bar restaurant -avec son enseigne lumineuse rouge "the place" -  est filmé essentiellement de l’intérieur et très vite se métaphorise en habitacle de la  Conscience et de l'Injonction, alors que, filmé à travers les baies vitrées, il donne l’impression d’un aquarium où évolue l’espèce humaine taraudée par ses cas de conscience. Et c’est Angela (Sabrina Ferilli) qui chaque soir, après avoir fait le ménage, va essayer d’inverser les rôles ….alors que l’espace est envahi par la musique de « sonny »!

 

On l’aura compris : le film est une comédie grinçante qui ausculte la part la plus sombre de l’être humain tant certains défis "proposés"  dépassent l’entendement ou la morale. Et du même coup  le spectateur n'est plus simple témoin amusé ou ulcéré:  quelles sont les limites de son libre-arbitre? de ses convictions morales??

 

On peut être allergique à cet a-moralisme, à cet univers où triomphe l'injonction (renouant avec le pouvoir primitif et magique de la Parole) mais on ne saurait être insensible à la qualité de l'interprétation (Valerio Mastandrea l'homme impassible, Alba Rohrwacher la nonne qui sera  enceinte...pour retrouver la Foi !!) ni à celle de la photo signée Fabrizio Lucci....

 

Un film à voir, assurément! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 07:55

de Michaël Dacheux 

avec Paul Delbreil, Adèle Csech, Samuel Fasse, P Cervo

Martin, dans un dernier espoir, vient retrouver Léa à Paris. Ils ont tous deux vingt-cinq ans et ont vécu leur première histoire d'amour à Toulouse. Désormais chacun s'emploie vaille que vaille à construire sa vie d'adulte.....

L'amour debout

À l’instar de ces lignes qui dessinaient le générique, les déambulations dans Paris et les hasards des rencontres dessinent une trajectoire intérieure qui va faire évoluer les personnages et particulièrement Martin et Léa. Ces jeunes de 25 ans réussiront-ils à se reconstruire après un échec amoureux ? c’est tout l’enjeu du film (et l'on sait pour parodier Jérôme  "qu’avoir la gnaque tous les matins, ça ne va pas forcément de soi") 

Un film tout en nuances et délicatesse où se croisent, se mêlent une forme de contemporanéité, les traces indélébiles d'un passé culturel -la rétrospective du film culte d'Eustache en présence de Françoise Lebrun-, historique -visite guidée du XIX° arrondissement-, et cette légèreté d'un temps suspendu comme hors du temps même si le film est découpé en quatre mouvements, correspondant aux quatre saisons (chacune annoncée par en encart)

Tout un jeu d'échos permet d'appréhender la "nouvelle" existence de ces jeunes gens qui est aussi une nouvelle manière d'appréhender le monde et de se définir soi-même, après avoir découvert en soi ce mystère d'être et de n'être pas... A l'abandon fluvial -pour Léa- lors de cette balade sur l'eau (après ce plan magnifique où s'est ouverte l'écluse...) correspond pour Martin l'abandon sexuel (vertical) dans les bras d'un autre homme. Les architectures que l'auteur filme en changeant d'angle et de point de vue, ne seraient-elles pas des métaphores? Classiques et/ou étranges, robustes et/ou bancales...

Jeu d'échos, jeu de connexions aussi. Le tissu urbain et ses maillages ne devient-il pas un acteur à part entière? (et ce n'est pas un hasard si le film s'ouvre sur une visite du quartier de la Villette! commentée par Léa ) La musique elle-même (Ravel et Schumann) entre en résonance avec le cheminement intime des deux personnages (ce qu'expliquait le réalisateur lors de la rencontre samedi 2 février à l'Omnia)

Osons faire fi de ces tendances à tout cataloguer, étiqueter (il y a du Rohmer , il y a un hommage à Eustache, à la Nouvelle Vague etc...) et laissons-nous bercer par cette fugue délicate où les variations de lumière épousent les vibrations des corps!

A ne pas manquer!

Colette Lallement-Duchoze

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 07:07

De Boots Riley

avec Lakeith Stanfield, Tessa Thompson, Jermaine Fowler, Steven Yeun, Danny Glover, Armie Hammer

Après avoir décroché un boulot de vendeur en télémarketing, Cassius Green bascule dans un univers macabre en découvrant une méthode magique pour gagner beaucoup d'argent. Tandis que sa carrière décolle, ses amis et collègues se mobilisent contre l'exploitation dont ils s'estiment victimes au sein de l'entreprise. Mais Cassius se laisse fasciner par son patron cocaïnomane qui lui propose un salaire au-delà de ses espérances les plus folles…

Sorry to bother you

Désolé de vous déranger ET le bureau de Cassius Green (employé dans une société de télémarketing) tombe littéralement dans la pièce des destinataires troublant leur intimité (certains sont en train de forniquer) Voilà une des trouvailles de Sorry to bother you premier long métrage de Boots Riley,  chanteur compositeur de hip hop (sa musique irriguera le film)

Film frappadingue ? Film barré ? peut-être sur la forme ; mais qui n’invite nullement à se barrer…tant l’humour et le vitriol sont bien dosés (un film qui  doit autant à Karl qu’à Groucho selon Mandelbaum) et tant le jeu des acteurs est brillant ! Et si la fin nous ramène au point de départ (logement aménagé dans le garage loué par l'oncle) elle ne clôt pas une trajectoire mais ouvre la voie vers....

 

L’itinéraire du personnage principal, le réalisateur prend soin de le baliser avec netteté invitant le spectateur à découvrir petit à petit ses prises de conscience (et parallèlement à suivre les étapes de la lutte syndicale : blocage des lieux de travail, grève, alerte de l’opinion via les médias). Un brûlot bien ancré dans la réalité contemporaine (avec les aspects d’une dystopie ) Il s’agit d’une attaque radicale (sens étymologique) du capitalisme moderne qui transforme les employés en esclaves et qui par l’intox sur la réussite individuelle contraint certains, logiquement appâtés par le gain, à trahir leur classe : c’est précisément le cas de Cassius Green  afro-américain qui au sommet de sa réussite sera non seulement briseur de grève mais complice actif de l’esclavage, alors que tous ses potes -et surtout sa compagne militante- sont en lutte pour la conquête de droits sociaux

Attaque qui se double d’une dénonciation assez acide du racisme : si Cassius Green est parvenu à faire exploser les chiffres de vente de PowerCallers c’est qu’il a su convaincre les "clients" en adoptant une "voix de Blanc" (et ce, sur la recommandation de son collègue senior ...conscient de l’uniformisation imposée aux Noirs).

 

Un brûlot politique donc, traité avec une extravagante originalité au rythme souvent endiablé, et une énergie presque dévorante- Avec des moments savoureux et des instants de pur délire. Les boucles d’oreille de Detroit la compagne performeuse de Cassius affichent tout un programme!!!  Et si l’on fouille les dessous (sens propre et figuré) de la multinationale, attention à la révolte des hybridés !!!

 

À ne pas manquer !

Colette Lallement-Duchoze

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 08:18

de Valeria Bruni Tedeschi

avec VBT, Pierre Arditi, Valeria Golino, Noémie Lvovsky,  Yolande Moreau,  Laurent Stocker, Vincent Perez, Xavier Beauvois

Une grande et belle propriété sur la Côte d’Azur. Un endroit qui semble hors du temps et protégé du monde. Anna arrive avec sa fille pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis, et des employés, Anna doit gérer sa rupture toute fraîche et l’écriture de son prochain film. Derrière les rires, les colères, les secrets, naissent des rapports de domination, des peurs et des désirs. Chacun se bouche les oreilles aux bruits du monde et doit se débrouiller avec le mystère de sa propre existence.

Les Estivants

Dès la séquence d’ouverture, on sait qu’Anna (Valeria Bruni Tedeschi) est une cinéaste italienne installée en France ; elle a rendez-vous au CNC pour soumettre son projet...avant de partir en vacances avec son compagnon Luca (Riccardo Scarmarcio) Or ce dernier lui fait gentiment (euphémisme) comprendre qu’il préfère rester dans la Capitale ...scène de "rupture" dans un bar puis sur le trottoir ! Éplorée la cinéaste ne saura qu’offrir ses larmes au jury de la commission de l’avance sur recettes !

 

Le reste de l’intrigue se déroulera dans une villa somptueuse (épithète légèrement  ironique car la propriété sur la Côte d’Azur se délite à l’instar d’ailleurs des fêlures qui habitent tous les protagonistes) une propriété palatiale qui abrite outre le noyau familial, les domestiques et le temps d’un été des collaborateurs du projet d’Anna. Et ce huis clos sera à la fois théâtre (le film est découpé en 3 actes suivis d’un épilogue) d’une chronique familiale et mise en scène d’un processus créatif : comment la vie devient fiction ; le spectateur jouant le rôle de témoin et voyeur de ce vécu ainsi métamorphosé. Si beaucoup d’aspects renvoient à la "vie" de l’actrice/réalisatrice : rupture récente traumatisante, famille riche, mère pianiste, père dans les affaires, frère mort du sida -auquel le film est dédié- Valerie Bruni Tedeschi va s’efforcer de leur donner une portée universelle ...

 

Elle adopte -et adapte- le ton  de la comédie , mais d’une comédie aux accents mélancoliques et parfois ridicules. Autant la scène sur le quai de la gare est presque un morceau d’anthologie autant la discussion dans la piscine sur la "gôche" entre  Arditi (censé être un Sarkozy, qui licencie à tout-va ...) et  Noémie Lvovsky , semble suspecte ou du moins fort maladroite. Et quand  Arditi insulte son épouse (sœur d’Anna) " tu me fais chier" son éructation qui traverse les murs de la villa crée un effet de boomerang sur le spectateur

 

Les thèmes chers à la réalisatrice sont abordés... ..de façon biaisée -elle donne à tous les personnages qui entrent et sortent côté « cour » et côté « jardin » un temps de paroles bien minuté ; on met à nu qui ses problèmes de couple, qui son envie irrépressible de fuir, qui sa nostalgie, etc...le chef d’orchestre étant moins Anna (empêtrée dans sa douleur de femme abandonnée et de cinéaste progressivement  "évaporée" cf l’épilogue) que sa fille adoptée. La symbolique récurrente des barrières (celles que l’on doit dresser pour éviter le passage des sangliers et celles auxquelles se heurtent certaines pulsions) est trop appuyée ! Il en va de même en ce qui concerne la "présence" du frère disparu..."présence" censée illustrer la prégnance d'une  Douleur, celle  de la perte

 

Un film à vocation cathartique mais qui vaut surtout pour  son casting ….

 

Colette Lallement-Duchoze

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26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 08:25

de David Roux

avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot, Maud Wyler

Simon la quarantaine, pneumologue en milieu hospitalier, a consacré sa vie à cet univers chronophage. Côtoyant la maladie et la mort tous les jours dans son service de pneumologie, il a logiquement appris à s’en protéger. Mais quand sa mère est hospitalisée dans une unité voisine, la frontière entre l’intime et le professionnel se brouille. L’univers de Simon, ses certitudes et ses convictions vacillent...

L'Ordre des médecins

L’ordre des médecins c’est d’abord un Corps- Corps médical certes!  

Corps de l’Hôpital (il y aura très peu de scènes hors de ce vaste huis clos) dont nous arpentons les couloirs presque dédaléens jusqu’aux sous-sols, en suivant Simon filmé de face ou de dos -Ce plan qui revient de façon récurrente semble ponctuer l’itinéraire intérieur du personnage qui de spécialiste au service des autres va privilégier sa relation avec sa mère -quand il est confronté à la Douleur de la perdre...

Corps tentaculaire réparti en services, et à l’intérieur en chambres dont certaines dédiées aux soins palliatifs, en salles de réunion -où les décisions sont prises collectivement- en salles de restauration. Des portes, des ascenseurs,  etc. etc. Un univers aux couleurs froides mais où palpite la Vie (cf soirées bien arrosées pour fêter un anniversaire entre autres). Car il s’agit bien d’une dichotomie que le réalisateur (dont c’est le premier long métrage) traite avec ce qu’il faut de justesse et d’émotion. Équilibre assuré par le choix des interprètes dont Jérémie Renier -acteur fétiche des frères Dardenne- qui incarne avec sobriété le pneumologue et Marthe Keller qui au seuil de la mort sait garder ce côté chaleureux nécessaire au personnage de cette fiction

Corps écartelé -tout comme la conscience- entre l’intime et le professionnel. Corps meurtri, corps avide de sensations (cf cette jeune patiente atteinte de mucoviscidose)

Corps et Paroles (celles des patients, de leurs proches saisis par l’Innommable ; celles du personnel soignant, à leur écoute…)

Un film émouvant -pour ne pas dire bouleversant- à déconseiller peut-être aux  personnes sensibles ayant vécu dans leur chair, la perte d’un être cher – à moins que de miroir grossissant il ne joue le rôle de catharsis ....

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Melocoton, où elle est Maman ?
J’en sais rien; viens, donne-moi la main...

 

 

 


 


 

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 11:34

du 30 janvier au 10 février 2019

 

Cinéma l'Ariel

Place Colbert 76130  Mont-Saint-Aignan

 

tél. adm: +33 (0)2 35 15 25 99
rép. prog :+33 (0)2 35 70 97 97

 

 

 

 

Soirée d'ouverture mercredi 30 janvier à 20h30

En première partie, la chorale du Circolo Italiano sous la direction de Patricia Duchesne

En seconde partie, projection du film La Strada 

et verre de l'amitié

 

 

 

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan

Films en avant-première

EUFORIA vostf  Valeria Golino, Italie, couleur, 2018, 1h55
samedi 2 : 20h45*
SANTIAGO, ITALIA vostf  Documentaire de Nanni Moretti, Italie, couleur, 2018, 1h20
lundi 4 : 20h*
LES RECRUES vostf  version restaurée Bernardo Bertolucci, Italie, N&B, 1962, 1h40
dimanche 10 : 18h*
* échange à l’issue de la séance

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan

Les autres films et séances

LA STRADA vostf Mostra de Venise 1954 : Lion d’Argent, Oscar 1957
mercredi 30 : 20h30 ouverture   jeudi 31 : 16h15 samedi 2 : 18h30
PINOCCHIO vf Séances Galopins dès 6 ans Enzo D’Alo, Italie, couleur, 2012,1h20
mercredi 30 : 15h dimanche 3 : 14h15 mercredi 6 : 14h dimanche 10 : 14h  

LE CONFORMISTE vostf Bernardo Bertolucci, Italie-France, couleur, 1970, 1h51
mercredi 6 : 17h45 vendredi 8 : 16h

TROPPA GRAZIA vostf Cannes 2018 Label Europa Cinema Gianni Zanasi , Italie, couleur, 2018, 1h50
mercredi 30 : 17h vendredi 1er : 18h dimanche 3 : 20h

SUBURRA vostf  Int – 16 ans  Stefano Sollima, Italie-France, couleur, 2015, 2h15
mardi 5 : 18h jeudi 7 : 20h15 dimanche 10 : 16h

FRÈRES DE SANG vostf Int – 12 ans Ruban d’argent du meilleur nouveau  réalisateur Damiano et Fabiano D’Innocenzo, Italie, couleur, 2018, 1h35
dimanche 3 : 18h    jeudi 7 : 16h samedi 9 : 14h

HEUREUX COMME LAZZARO vostf Cannes 2018, Prix du scénario Alice Rohrwacher, Italie-France- Suisse-Allemagne, couleur, 2018, 2h07
samedi 2 : 14h lundi 4 : 16h vendredi 8 : 20h30 samedi 9 : 18h
DOGMAN vostf (int – 12 ans) Cannes 2018 Prix d’interprétation masculine : Marcello Fonte Matteo Garrone, Italie-France, couleur, 2018, 1h39
jeudi 31 : 18h30 vendredi 1er : 16h mercredi 6 : 20h

THÉORÈME vostf Int – 16 ans Pier Paolo Pasolini, Italie, couleur,1968, 1h38 Mostra de Venise 1968 : Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine : Laura Betti  

Les 50 ans de l'Ariel 
jeudi 31 : 20h30* lundi 4 : 18h30 mardi 5 :1 6h
L’ENFER DANS LA VILLE vostf Donatello 1959 meilleure actrice : Anna Magnani
Renato Castellani, Italie-France, N&B, 1959, 1h46
mercredi 6 : 15h45 jeudi 7 : 18h samedi 9 : 20h30
MA FILLE vostf Laura Bispuri, Allemagne-Italie-Suisse, couleur, 2018, 1h37
samedi 2 : 16h30 dimanche 3 : 16h mardi 5 : 20h30
LAURA NUE vostf Nicolo Ferrari, Italie, N&B, 1961, 1h40
vendredi 8 : 18h samedi 9 : 16h dimanche 10 : 20h

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan


Restauration proposée par le Circolo italiano vendredi 1er à partir de 19h30 samedi 2 à partir de 19h30 lundi 4 à partir de 19h jeudi 7 à partir de 19h30 vendredi 8 à partir de 19h30 samedi 9 à partir de 19h30 

Les billets pour les adhérents du Circolo italiano sont en vente uniquement au local de l’association, 30 rue des charrettes, 76 000 Rouen et les soirs de restauration (carte d’adhérent en cours de validité obligatoire).
Les séances sont ouvertes à toutes et à tous dans la limite des places disponibles (sauf soirée d’ouverture : billets Circolo “ouverture” prioritaires).
Tarifs : plein 6,30 € / réduit 3,40 €


Cinéma Ariel place Colbert - 76130 Mont-Saint-Aignan

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan
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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 09:31

d'Olivier Assayas 

avec Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaigne, Nora Hamzavi

Film présenté à la Mostra  de Venise 

Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Léonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

Doubles vies

Doubles vies ? ou  castigat ridendo mores ?

Il y a celles des personnages. Et là on est en plein vaudeville si l’on adopte un point de vue réaliste ou marivaudage -si l’on joue l’élégant hypocrite. Alain l’éditeur couche avec Laure sa conseillère à la transition numérique alors que sa femme Séléna a des rapports avec l’écrivain Léonard édité par son mari. La conseillère elle-même mène une double voire triple vie...Séléna joue dans la série télévisée Collusion (et non collision) à défaut d’obtenir des rôles au théâtre ; Valérie la femme de l’écrivain est conseillère parlementaire au service d’un élu qui mène une "double vie"...

 

Plus intéressante serait la problématique moins sur le passage au numérique (double vie du livre?) que sur la pertinence de ce passage (quasi obligé?) mais elle est galvaudée par le ressassement de clichés récités avec plus ou moins de pédantisme ; quant à celle du contenu romanesque -l’autofiction ne renvoie-t-elle pas au roman à clés? -elle est délibérément discréditée (je sais il s’agit d’une caricature) à la fois par l’écrivain (et là Vincent Macaigne semble s’en donner à cœur joie pour interpréter un écrivain empêtré dans ses apories et ses comportements d’enfant gâté) et par un panel de lecteurs qui s’interrogent plus sur l’image littéraire que sur l’être du langage...L’éditeur quant à lui constate une baisse des ventes (même si les critiques sont très positives) et rechigne à éditer le nouveau manuscrit de son protégé !

 

Bien sûr le réalisateur propose un miroir déformant sur le monde de l’édition germanopratin  (les discussions dans ces "soirées" entre-soi se réduisent à des verbiages plus ou moins convenus) mais ce qui m’a le plus gênée est ce dévergondage de champs-contrechamps (même s’ils sont censés illustrer la dualité). Le ton était donné dès la longue séquence d’ouverture dans le face-à-face entre l’éditeur et l’écrivain !

 

Par bonheur le casting est une bouée de sauvetage

(mention spéciale à l’humoriste Nora Hamzavi pour son être-là et sa diction)

 

Colette Lallement-Duchoze

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 17:35

Le 2ème volume du "Ciné-Piscine" s'annonce samedi 26 janvier 2019 à l'île Lacroix. L'événement, porté par Le Courtivore et la Ville, propose, à partir de 18h, de plonger dans une bouée gonflable installée à la piscine Guy-Boissière et ainsi profiter d'une expérience "aqua-cinéphile".

Au menu, deux programmes de courts-métrages, le "Petit bassin" - à destination du jeune public - et le "Grand bassin", pour les plus grands.

En détails, le "Petit bassin" (à partir de 18h30) verra la diffusion de :

  • "5 m 80", de Nicolas Deveaux
  • "Drôle de poisson", de Krisna Chandran
  • "Déluge à sous bois les bains", de Mathieu Auvray

Pour le "Grand bassin" (dès 20h30), seront projetés :

  • "Grand bassin", de Héloïse Courtois, Chloé Plat, Victori Jalabert et Adèle Raigneau
  • "Aquabike", de Jean-Baptiste Saurel
  • "Lucky Day", de Julien Léo Wolfenstein
  • "La piscine", de Rosa Bursztein
  • "5 m 80", de Nicolas Deveau
  • "Quand j'ai remplacé Camille", de Nathan Otano, Rémy Clarke, Leïla Courtillon
  • "Vihta", de François Bierry

Les réservations sont d'ores et déjà possibles au guichet de la piscine.

Rens. au 02 35 07 94 70 sur courtivore.com et sur l'événement Facebook Ciné-Piscine vol.2

2ème édition du Ciné-Piscine samedi 26 janvier

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20 janvier 2019 7 20 /01 /janvier /2019 07:05

De Sergey Dvortsevoy (Russie,  Kazakhstan) 

Avec Samal Yeslyamova, Zhipargui Abdilaeva, David Alavverdyan 

Présenté en Compétition Officielle au festival de Cannes.

Prix  d'interprétation féminine 

 

Ayka vient d'accoucher. 
Elle ne peut pas se permettre d'avoir un enfant.
Elle n'a pas de travail, trop de dettes à rembourser, même pas une chambre à elle.
Mais c'est compter sans la nature, qui reprendra ses droits
.

Ayka

Aux allures de documentaire Ayka invite le spectateur à suivre le "calvaire" d’une jeune femme de 25 ans, pendant 5 jours.

Ayka personnage éponyme vient d’accoucher. Désespérée (elle doit impérativement trouver du travail pour rembourser ses dettes) elle fuit la maternité, perd son sang, se vide de son lait, se fait rabrouer, insulter, cherche vainement des petits jobs, vit dans un gourbi tenu de main de maître par des marchands véreux, elle est talonnée par des mafieux de son pays d’origine qui lui feront la peau si elle ne rembourse pas ses dettes….Contexte social noir, apparemment sans issue pour cette réfugiée kirghize. Ajoutons les conditions climatiques exceptionnelles : Moscou est paralysée par une tempête de neige : les doigts d’Ayka sont engourdis par le froid, la capuche de son anorak dessine un ovale aux cristaux de givre (voir l'affiche)

Caméra portée, gros plans insistants, bande son qui amplifie l’halètement de celle qui court, fuit, s’égare, alors que les perles de sueur qui suintent sur le visage trahissent son état de fébrilité. Le réalisateur emprisonne son personnage avec cette façon de filmer au plus près et n’épargne aucun détail au spectateur (sang qui dégouline le long des cuisses, lait expulsé comme au forceps)

 

Le ton était donné dès le premier plan : trois bébés ligotés dans un chariot  ; où les conduit-on ? Et cet écho inversé quand, dans une clinique vétérinaire, on verra trois chiots bien traités se nourrissant avec avidité aux mamelles de leur "mère" . La "morale" ? on traite mieux les chiens que les humains, à condition de payer bien évidemment! (viens donne la papatte on va te soigner;  Ayka employée-remplaçante dans cette clinique, s’échine à laver le sol maculé par le sang  l’urine et les excréments de  cette  "opérée" de la gent canine ....)

 

Une vision bien pessimiste d’une société qui - hormis les soins médicaux - "propose"  aux réfugiés des conditions de vie indignes, des jobs précaires, alors que règne souveraine et despotique la corruption!!

 

En filmant son personnage souvent plein cadre (et l’actrice Samal Yeslyamova interprète à merveille ce rôle de damnée de la terre,  jouant sur la "seule note de souffrance imposée"  ), le réalisateur emprisonne du même coup le spectateur dans cette peinture crue abordée frontalement à tel point qu'on en vient à oublier les intentions louables (dénonciation de tout un système, hommage au courage d’une femme vaillante) et ne pas être convaincu par ces partis pris de mise en scène, de mise en images 

 

A vous de juger!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 08:03

d'Ali Abbasi (Suède Danemark) 

avec Eva Melander, Eero Milonoff, Jörgen Thorsson

Prix "Un Certain Regard" Cannes 2018

Tina, douanière au physique étrange et à l’efficacité redoutable, est connue pour son odorat extraordinaire. Comme  si elle pouvait flairer la culpabilité d’un individu. Mais quand Vore, un homme d'apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités sont mises à l'épreuve pour la première fois. Tina sait que Vore cache quelque chose, mais n’arrive pas à identifier quoi. Pire encore, elle ressent une étrange attirance pour lui...

Border

Border ; la frontière. C’est bien aux confins de l’humain et du non-humain que le réalisateur nous entraîne ; et son film  renverse les frontières habituelles de "genre" en mêlant fantastique naturalisme et thriller. Une œuvre éminemment organique où nature et culture se marient harmonieusement ou s’opposent avec violence ; une œuvre parabole sur l’identité (sa découverte son acceptation ou son refus) ; une œuvre qui peut déranger tant elle renvoie -comme un effet de boomerang- à notre propension à l’ethnocentrisme ; une lecture plurielle pour un film suédois réalisé par un Iranien exilé au  Danemark  qui s’interroge sur la dualité (par le biais de personnages hybrides empruntés à la mythologie scandinave)

 

Tina au physique de Neandertal, appréciée des siens (le père, le "compagnon parasite" Roland, les voisins) constamment sollicitée pour son flair hors pair (au poste de douane à l’aéroport de Stockholm, elle sait déceler en retroussant ses lèvres/babines des produits illicites mais aussi subodorer la culpabilité, la honte) vit en fait "en marge"  "à la marge": son milieu de prédilection est la nature (elle est à l’écoute de son micro et macrocosme); la caméra la suit, pieds nus, caressant du regard un animal ou de ses doigts un insecte ; dans ce milieu originel (soit l’inné) sauvage (soit "non domestiqué" par l’homme) elle devra faire un autre apprentissage : la quête de ses origines -suite à sa rencontre avec Vore son alter ego masculin…(à la douane elle a "senti" chez ce "passager suspect" une bizarrerie qu’elle n’avait pu identifier!)

 

Comme le film procède par dévoilements progressifs et "rebondissements" inattendus (à l’instar des quêtes initiatiques) il convient de ne pas entacher le plaisir de la découverte chez le spectateur !

 

Un film parfois grandiose (cf cette symphonie des sens qu’accentue la bande-son alors que retentit l’énorme cri primal des deux partenaires) et sublime (quand Tina a flairé le passage de cerfs et qu’elle arrête momentanément le moteur de la voiture ou qu’elle tente de communiquer avec un renard à travers la vitre) ; un film qui fait alterner les gros (voire très gros) plans sur les mimiques bestiales des deux protagonistes (saluons au passage la performance d’Eva Melander et d'Eero Milonoff) et les plans d'ensemble sur l'environnement; un film fait de va-et-vient constants, d'allers et retours entre des "genres" et des sentiments multiples dont certains sont exacerbés; un film qui nous interpelle sur notre certitude "d’être humain" face à l’autre et à l’altérité, face à l’étranger et à l’étrangeté !

 

Un film à ne pas rater !!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Dans le cinéma fantastique :"Ce qui m'intéresse c'est de regarder la société à travers le prisme d'un univers parallèle, de parler de politique de façon subtile, plus souterraine" (propos du réalisateur)

 

Monstre-moi qui tu humes,  je te dirai qui tu es   David Fontaine (Canard Enchaîné )

 

 

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