11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 05:37
Soirée Moteur
 
 
Les 7 festivals  :   saison 2017-18  
 
 
- Regards sur la Palestine (du 6 au 10/10/17)
 
- Festival du film fantastique (du 3 au 5/11/17)
 
- This is England (du 13 au 18/11/17)
 
- A l'Est du Nouveau (du 6 au 11/2/18)
 
- Elles font leur cinéma (du 22 au 25/3/18)
 
- Ciné Friendly (du 18 au 21/4/18)
 
- Le Courtivore  (du 16/5 au 8/6/18)
 

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 04:01

 De Fellipe Barbosa

 

Avec João Pedro ZappaCaroline AbrasAlex Alembe 

 

Semaine de la Critique Cannes 2017 : Prix Révélation France 4, Prix Fondation Gan à la Diffusion

 

 

Avant d'intégrer une prestigieuse université américaine, Gabriel Buchmann décide de partir un an faire le tour du monde. Après dix mois de voyage et d'immersion au cœur de nombreux pays, son idéalisme en bandoulière, il rejoint le Kenya, bien décidé à découvrir le continent africain. Jusqu'à gravir le Mont Mulanje au Malawi, sa dernière destination.

Gabriel et la montagne
 
Difficile de ne pas aimer ce film qui fait écho à nos fantasmes de jeunesse : partir à 20 ans avec son baluchon pendant une année sabbatique faire un tour du monde loin du tourisme de masse, en s’immergeant dans les populations indigènes pour s’enrichir des autres cultures. Il faut un caractère spécial pour réussir une telle aventure.
 
Le personnage de Gabriel a des qualités qui l’autorisent à le faire.
En plus d’être simplement charmant, plein de joie de vivre, sociable, curieux et tenace, il a cette insouciance qui le perdra car Dame Nature est toujours la plus forte quand on pousse ses limites au-delà d’un certain raisonnable.
 
Le film nous montre très bien le rapport parfois difficile parfois enchanteur qu’entretient un Blanc en Afrique avec les Africains, car qu’on le veuille ou non, notre culture occidentale (en l’occurrence Gabriel est brésilien  et d’origine aisée) est aux antipodes de celle du continent noir et les surprises bonnes ou mauvaises ne manquent pas pour les visiteurs. Le réalisateur a su très bien rendre ce dosage de non angélisme et de générosité, de méfiance et d’allant, de prudence et de curiosité débridée qu’il faut avoir pour rendre son voyage le plus “durable” possible.
 
Bref, ce film est à voir car nous avons tous un Gabriel dans nos valises de routard.
Le style est léger, le scénario original,  les acteurs professionnels ou non sont justes : un prolongement de vacances bienvenu en cette rentrée grisailleuse.
 
Serge Diaz

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 15:11

 

De Olivier Lorelle

Avec Cyril Descours, (Philippe)  Audrey Giacomini (Thi) 

 

Argument: Vietnam – 1946. Philippe s’est engagé pour pacifier un pays inconnu fait de forêts denses et de montagnes spectaculaires. Ses idéaux s'effondrent lorsqu’il comprend qu’il doit torturer et tuer une jeune vietminh qui lutte pour son indépendance. Il décide de fuir avec elle dans un voyage  imprévisible au cœur de la jungle. Livrés à eux-mêmes, ils découvriront qui ils sont. Ce film est l’histoire de leur amour.

Ciel rouge

 

Fuite à travers la jungle puis long séjour au bord d'un lac où les deux fugitifs -le jeune militaire français et la jeune vietminh- (re)trouvent le bonheur d’un éden sauvage, c'est l'essentiel de "ciel rouge"

Or cette partie ( triomphe de l'amour sur les contingences politiques militaires et idéologiques)   est souvent pataude et/ou mièvre tant son traitement souffre d'artifices! 

Même la jungle filmée sous différents angles ou le lac Babe et son immensité lustrale ou encore le couple dans la sérénité d’un antan que rien ne semble galvauder, tout cela ressemble étrangement à des "clichés"; il en va de même pour les paroles: dialogues minimalistes  réduits à des constats, à des banalités (surtout quand il s'agit de militantisme ou d'engagement....) 

 

Le refus de la torture -qui débouche sur une prise de conscience (première partie)- et le renversement de situation (dernière partie, avec en point d’orgue le "massacre défouloir") sont engloutis dans le magma romanesque (où même les zooms sur des papillons, des insectes, des branches, frisent le ridicule alors qu'ils sont censés illustrer  l'allégresse de la découverte!!!)
 

La construction "circulaire" du film (Philippe attaché avant la sentence/exécution demande un livre comme faveur ultime, comme l'avait fait la jeune Thi au tout début) et des échos intérieurs (torture pratiquée dans les deux camps) semblent asséner des vérités d'évidence ....

 

Alors quand on entend la musique de Philip Glass, on peut fermer (momentanément) les yeux et se laisser habiter par elle….

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 06:59

De Robin Campillo 

avec Nathuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel

 

Grand Prix Festival de Cannes 2017

Les années 90. Alors que le sida tue depuis 10 ans, les militants d'Act-Up Paris multiplient les actions pour lutter contre l'indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan est touché par la radicalité de Sean qui consume ses dernières forces dans l'action...

120 battements par minute

"120 battements par minute" ou l’histoire d’Act-Up Paris dans les cinq premières années de son existence, avec ses militants, son organisation, ses actions, ses morts ? Un militantisme radical transgressif et novateur tout à la fois ?. Certes. Mais Robin Campillo s’intéresse surtout à ces personnages dévorés par le virus, abandonnés par les pouvoirs publics mais dont les pulsions de Vie sont étonnantes -le cas de Sean est exemplaire. Et sa "fiction" (qui puise dans son vécu) obéit à cette dynamique interne qui va du général (réunions hebdomadaires, discussions, manifestations offensives, soirées en boîte, recours au montage parallèle souvent) au particulier (enchevêtrement lascif de deux corps, flash-back, surimpression, jusqu’à cette mise au tombeau quasi liturgique en présence de la mère…) et vice-versa;  il en va de même pour le rythme : soutenu ou ralenti.

Eros et Thanatos ; Thanatos et Eros

Car les 120 battements par minute sont ceux du coeur, de l’amour et de la Vie tout à la fois, en harmonie avec le tempo de la house music (celle précisément qui est née dans les communautés gay et afro-américaines de Chicago)

 

La Seine s’est métamorphosée en un long ruban rouge qui sinue à travers la capitale (le rêve d’Act-Up s’est incarné à l’écran) ; l’étudiant en histoire conscient de l’imminence de sa mort récite un passage de l’Éducation sentimentale (Révolution de 1848) voix off alors que nous voyons sur l’écran une manifestation des militants d’Act -Up (continuum dans l’insurrection ? )

 

Maîtrise des cadrages, des raccords, des changements de rythme (le réalisateur est aussi monteur et scénariste), sens de la dramaturgie, séquences "chorégraphiées", tout cela à partir d’un questionnement sur des problèmes d’actualité, telle est bien "la marque" (sens aiguisé de l'écriture) de Robin Campillo (cf aussi l’excellent Eastern boys)

Bien plus son empathie pour tous ses personnages (filmés, quand ils sont isolés, en plans serrés) est désormais la nôtre! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

On peut penser que le film est un hommage aux gens qui sont morts; mais c'est aussi un hommage à ceux qui ont survécu et qui tiennent encore aujourd'hui et auxquels je pense énormément ce soir, qui ont toujours des traitements lourds et sont dans des situations précaires, parce que lorsqu’ils étaient militants, ils ont mis leur vie entre parenthèses (ainsi s'exprimait le réalisateur sur la scène du Palais du festival en recevant sa récompense)

 

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 11:54

De Sergei Loznitsa

Avec Vasilina MakovtsevaMarina KleshchevaLia Akhedzhakova

 

 

Une femme reçoit le colis qu’elle a envoyé quelque temps plus tôt à son mari incarcéré pour un crime qu’il n’a pas commis. Inquiète et profondément désemparée, elle décide de lui rendre visite. Ainsi commence l’histoire  d’un voyage, l'histoire d’une bataille absurde contre une forteresse impénétrable.

 

Une femme douce
Si le réalisateur ukrainien a voulu dénoncer la barbarie du système soviéto-russe c’est malheureusement raté.
 
Le film  n’est pas situé dans le temps, mais il est au croisement, par une série d’indices, du régime soviétique de la période stalinienne et de la Russie d'aujourd’hui.
 
Serguei Loznitsa nous fait subir un enfer kafkaïen pendant 2 h 25 mn. Parmi les personnages, relais d’un monde absurde et totalement déshumanisé, aucun ne laisse entrevoir quelque espoir. On ne respire à aucun moment.
Vassilina Makovtseva qui interprète  la victime traverse ses épreuves comme une zombie, sorte de sainte biblique quasi mutique sans que son expression  change une seule fois : la même expression que celle sur l’affiche du film : la tristesse et le malheur incarnés. Rien d’autre.
Au bout de deux heures d’ennui à être témoin de la brutalité alcoolisée, de scènes interminables des bas-fonds de l’humanité, d’une société de non-droit déjà archi dénoncée au cinéma, le réalisateur nous fait subir un viol pendant d’interminables minutes qui finit de nous plomber complètement.
 
Bref, un film caricatural qui manque sa cible
à fuir !
 
Serge Diaz

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 06:18

De Rodrigo Sorogoyen  (Espagne 2016)

 

Avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira 

Madrid, été 2011. La ville, plongée en pleine crise économique, est confrontée à l’émergence du mouvement des « indignés » et à la visite imminente du Pape Benoît  XVI. Dans ce contexte tendu, deux policiers sont chargés de l‘enquête sur un serial killer….assez particulier

Que dios nos perdone

On s’extasie -non sans raison- devant la qualité, la vitalité du film policier espagnol….incluant que dios nos perdone 

Mais le film de Rodrigo Sorogoyen n’a pas l’envergure des deux films de Rodriguez (la isla minima, l’homme aux mille visages) ni l’ingéniosité de la colère d’un homme patient de Raùl Arévalo

Certes les personnages sont aussi -sinon plus- importants- que l’intrigue. Que le duo de policiers que tout semble opposer soit aussi « taré » que le criminel recherché, est devenu un classique du genre. L’un Alfaro une brute épaisse -mais efficace- l’autre Velarde, apparemment plus réservé desservi par son bégaiement cache en fait des pulsions de violence… Le "tueur"- dont l’identité est dévoilée bien avant la fin du film- illustre une psychopathie lourdement "expliquée" (relation à la mère, assouvissement de l’inceste gérontophile, le délire oedipien dans tous ses états…). Les trois partagent une "frustration sexuelle"  (d'où le questionnement sur la virilité...)

Que la hiérarchie tienne à "minimiser" pour la presse la violence des faits (les vieilles ne sont pas violées mais meurent suite à une chute ou une crise cardiaque), quoi de plus "banal" dans une société très catholique -et qui de surcroît attend cet été là la visite du pape Benoît XVI  Le titre renvoie d’ailleurs à la religion catholique -dont la prégnance est illustrée par des images presque sulpiciennes..-

 

Mais il y a dans ce film une sorte d’éparpillement malgré le choix d’un tempo qui fait alterner rythme fou ou saccadé et moments d’intimité et malgré la récurrence d’un thème musical.  Bien plus l’atmosphère de torridité (température et climat social politique religieux) n’est qu’un prétexte, car elle n’est pas exploitée. La ville elle-même aurait pu devenir personnage à part entière. Une vue en plongée sur la place que ce matin-là on "nettoie", ouvre le film ; en écho Alvaro perché sur le toit d’un camion scrute la foule -après une course poursuite dans les rues ; des ruelles labyrinthiques où l’on se perd caméra à l’épaule ou des rues bondées, des vieux appartements madrilènes etc... Or tout cela semble "plaqué" comme  simple décorum

 

Cela étant, les trois acteurs principaux sont "formidables" (rappelons qu’Antonio de la Torre interprétait Rodrigo, père de famille taciturne dans la isla minima et José "vengeur" placide dans la colère d’un homme patient)

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 08:31

Documentaire réalisé par Lisa Immordino Vreeland (USA)

Peggy Guggenheim, la collectionneuse

Celle qui de son propre aveu ne connaissait rien à l’expressionnisme abstrait – le confondant avec le surréalisme- aura fait connaître Pollock (grâce au flair de Mondrian), Rothko et Motherwell entre autres

Celle qui a commencé sa collection à Paris -grâce aux conseils de Marcel Duchamp et de Cocteau- puis à Londres (ouverture d’une galerie) saura user de subterfuges pour la sauver

Celle qui a aidé financièrement Varian Fry, aura permis à des artistes (dont Max Ernst qu’elle épousera d’ailleurs) et des intellectuels (dont Breton et sa famille) de fuir l’Occupation

Oui elle fut mécène et collectionneuse (art addict)

Oui elle a mené une "vie de femme libre" collectionnant aussi les hommes, diront ses détracteurs...

Et son nom restera immanquablement lié au Musée  qu’elle a créé à Venise

 

Hélas le documentaire de Lisa Immordino Vreeland, certes très riche en images d’archives est "plombé" par la profusion d’interviews (des spécialistes en art le plus souvent, ayant ou non  connu Peggy Guggenheim, et qui face à la caméra, imposent, doctes et sentencieux, leurs interprétations). Il est entaché  par le classicisme de sa structure chronologique en 6 chapitres, et par des musiques souvent illustratives. Même si ça et là affleurent des séquences qui marqueront les mémoires (l’inauguration de la galerie à New York dans les décors de Kiesler  par exemple) Alors que le rythme saccadé censé  épouser  les déplacements de cette femme -entre les  USA et l'Europe-, souffre de troublants raccords 

Dès lors le portrait d’une femme -pourtant hors norme- va entrer dans le cadre "réducteur" d’un portrait télévisuel... une compilation (qui se veut érudite) sans grâce hypnotisante (le spectateur ne se sent pas habité...)

Vilipendons le faux message subliminal : propos sexistes du biographe de Picasso, A cause de son physique ingrat elle n’allait jamais devenir une figure glamour, désirable, de la haute, mais bon Dieu elle s’est imposée comme collectionneuse

 

Seule originalité, l’interview audio réalisée au début des années 70 comme "fil conducteur" ; (la documentariste a retrouvé la cassette dans la cave de la biographe… hasard objectif ???)

Peggy de sa voix chuintante, nasillarde répond sans fard aux questions de Jacqueline Bogard, (même si elle feint la légèreté quand on évoque le suicide de sa fille Pegeen...même si faussement naïve elle prévient parfois "cela ne doit pas figurer dans ma biographie")

 

Sa vie ne fut-elle pas un roman ?

 

Colette Lallement-Duchoze

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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 06:54

Out

Film slovaque, hongrois et tchèque de György Kristof.

Avec Sandor Terhes, Eva Bandor, Judit Bardos, Ieva Norvele Kristof

 

Présenté à Cannes dans la catégorie Un Certain Regard

 

Out

Bratislava. Des ouvriers -filmés en un lent travelling latéral- écoutent silencieux la parole amplifiée par le mégaphone qui leur signifie leur licenciement -un discours qui dépasse les frontières tant il est enrobé d'arguments fallacieux.... Puis en quelques instantanés voici l’intimité d’Agoston mise à nu dans son rôle de père et d’époux jusqu’à la prise de décision : partir ...à la recherche d’un emploi.

C’est le prologue:  son contenu -crise de l’emploi- dont le lave-linge déglingué serait la métaphore ?? - et la façon de le filmer -distanciée- rappellent les ambiances à la Kaurismaki !

 

 

À partir de là, nous allons  suivre le personnage dans un périple qui le conduit en Lettonie ; un parcours fait de déconvenues, d’aventures, de rencontres; l’incongruité et l’extravagance de certaines font sourire: une femme hyper botoxée compagne d’un Russe;  une basketteuse taxidermiste qui se balade avec son lièvre empaillé; dans un bar le patron offre une chope de bière à qui se met à poil et voici filmés  les fessiers des buveurs assis au zinc; comment le gardien d’un hôtel entretient un cactus avec une lampe importée du Mexique, etc.. D’autres sont plus cruelles -gros plan sur le visage du docker qui éructe des propos racistes "des gens comme vous viennent nous prendre notre emploi", avant de renvoyer Agoston ; bagarres avec le Russe à cause du lièvre naturalisé ….sans oreilles.. Certaines semblent artificiellement "plaquées" (ce pêcheur jupitérien !)

 

Certes dans ce périple assez picaresque, nous partageons les décalages dus aux différences de langue et de culture (sources de malentendus) et nous sommes constamment aux côtés de ce quinquagénaire un peu hébété parfois même sonné, admirablement interprété par l’acteur hongrois Sandor Terhes

Mais nous restons "à côté" car le film ne nous entraîne pas "out"

La "dérive" d’Agoston (si dérive il y a) est circonscrite dans des limites….presque "convenues" même si l’objectif initial -trouver du travail- a cédé la place au rêve : pêcher un gros poisson et que la "dynamique" du film semble illustrer l'adage "partir, se perdre  pour mieux se retrouver"

 

Presque 20 ans après la chute du Mur que sont les anciennes républiques soviétiques… devenues....??

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 08:12

De  Tarik Saleh

Avec Fares FaresMari MalekYasser Ali Maher 

 

Le Caire, janvier 2011, quelques jours avant le début de la révolution. Une jeune chanteuse est assassinée dans une  chambre d’un des grands hôtels de la ville. Noureddine, inspecteur revêche chargé de l’enquête, réalise au fil de ses investigations que les coupables pourraient bien être liés à la garde rapprochée du président Moubarak.

Le Caire Confidentiel

Un polar à l’égyptienne...ça intrigue ! en plus on voyage.

Ce film méritait bien le grand prix du film policier à Beaune.

 

L’histoire est bien construite et s'inscrit en 2011 en plein dans le commencement des révoltes du peuple égyptien place Tahir.

 

L’ambition du réalisateur est d’abord de nous distraire avec une histoire bien ficelée mais surtout bien ancrée dans son contexte pré-insurrectionnel. On visite le Caire dans ses recoins reculés où vivent des migrants soudanais comme des esclaves. L’acteur principal a le charisme voulu pour que l’on croie à son personnage, ni ange ni bête, mais tenace et juste au milieu d’une foule de policiers corrompus, d’un homme d’affaires  proche du pouvoir et donc tout puissant, d’un pays de non-droit.

Les scènes sont en huis clos ou de nuit mais jamais étouffantes, simplement anxiogènes, dans cette ville grouillante, sale, où les riches ont établi un état qui les sert exclusivement et où les les pauvres trinquent.

Dépaysement garanti et fin ouverte sur une situation qui n’en finit pas d’être violente, et globalement désespérante.

 

Cette fiction nous donne le sentiment de voyager dans un univers que les touristes ne voient pas. C’est captivant et édifiant. Qu’on aime les films policiers ou pas, ce film réussi sur le plan de la mise en scène est à voir avec plaisir et intérêt sans risque aucun d’être déçu.

 

Serge Diaz

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 06:46

Emir Kusturica

avec E Kusturica, Monica Bellucci, Predrag Manojlovic, Sloboda Micalovic

 

 

Sous le feu des balles, Kosta, un laitier, traverse la ligne de front chaque jour au péril de sa vie pour livrer ses précieux vivres aux soldats. Bientôt, cette routine est bouleversée par l’arrivée de Nevesta, une belle réfugiée italienne. Entre eux débute une histoire d’amour passionnée et interdite qui les entraînera dans une série d’aventures rocambolesques.

On the Milky Road

 

 

Un déluge d’images abracadabrantesques, une course folle dans les Balkans, du loufoque vraiment dingue et des moments de grâce..Kusturica est un poète de l’image parfois tragique mais toujours drôle.

 

Les spectateurs se diviseront certainement en deux camps : ceux qui comme le critique de Télérama n’a pas aimé, n’y a vu qu’une hystérie de metteur en scène en panne, d’autres comme moi qui ont beaucoup aimé, transporté par le foisonnement des images toutes superbes, la mise en scène maîtrisée, le rythme soutenu de l’imaginaire et ses plages de grâce.

 

Difficile de ne pas être bercé par le charme fou de Kusturica acteur dans un rôle d’homme à part, limite anormal, et la beauté des deux actrices. Monica Bellucci nous donne du bonheur rien qu’à la regarder sourire et marcher, l’autre actrice, genre Carmen, est aussi fascinante de par sa fantaisie, sa vitalité, sa liberté.

On voyage ! On rit on a peur on souffle.

Kusturica ne prend rien au sérieux mais prend soin de faire un film soigné en dépit du désordre.

 

Ce film est à voir comme un conte, très beau, qui fait des pieds de nez à la guerre absurde des Balkans.

Un film sensuel qu’une musique extra accompagne à merveille.

A ne pas manquer pour ceux qui comme moi.... !

 

Serge Diaz

 

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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