15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 06:29

Documentaire réalisé par Almudena Carracedo et Robert Bahar (Espagne) 

 

Goya espagnol du meilleur documentaire

1977. Deux ans après la mort de Franco, dans l’urgence de la transition démocratique, l’Espagne vote la loi d’amnistie générale qui libère les prisonniers politiques mais interdit également le jugement des crimes franquistes.
Les exactions commises sous la dictature et jusque dans les années 1980 (disparitions, exécutions sommaires, vols de bébés, torture) sont alors passées sous silence. Mais depuis quelques années, des citoyens espagnols, rescapés du franquisme, saisissent la justice à 10.000 kilomètres des crimes commis, en Argentine, pour rompre ce « pacte de l’oubli » et faire condamner les coupables.

Le silence des autres

De ses mains ridées par les ans elle lisse ses blancs cheveux en chignon ; sa voix nous parvient étouffée dans sa raucité ; elle avance avec son déambulateur à pas comptés jusqu’au lieu de son rendez-vous : le charnier désormais recouvert de bitume où sa mère accusée d’être une  "rouge" fut tuée avec trente autres personnes au tout début de la dictature de Franco. Elle y dépose régulièrement un bouquet, la mémoire contre l'oubli! 

C’est sur cette séquence à la douleur majestueuse que s’ouvre le documentaire d’Amuldena Carracedo et Robert Bahar….Cette femme c’est Maria Martin - 4 ans au moment de la tragédie. Ses vœux les plus chers ? Que sa mère soit enterrée au cimetière du village aux côtés de son mari. Cette octogénaire nous la verrons à intervalles réguliers dans le film -tant son destin est emblématique- ainsi que cette bande passante de bitume qui masque l’horreur...Maria  a consigné -et c'est son reliquaire- tous les courriers envoyés aux différents organismes pour avoir gain de cause. En vain (quand les poules auront des dents?)

 

Au tout début du film nous voyons aussi José dit Chato conduire l’équipe devant la maison où vit Billy el Nino ce tortionnaire qui a sévi pendant plus de 20 ans et jamais condamné..C’est que la loi d’amnistie promulguée en 1977 empêche(ait) tout recours de plaignants. A 22 ans, militant  non politisé, Chato a subi  des tortures dont le récit arrache les larmes !!

 

Les autres personnes interviewées dans ce documentaire sont des enfants de républicains tués par les miliciens de Franco, des victimes de la dictature, ou encore des filles mères auxquelles furent arrachés leurs bébés (années 1950) Tous écœurés par la loi du "silence"  tentent avec pugnacité de la briser afin que triomphe la justice (rien à voir avec la vengeance comme le clament ceux qui y sont hostiles pour discréditer la démarche). Et puisque les tribunaux espagnols rejettent leur requête ils iront plaider en Argentine (rôle efficace de la juge Maria Servini)

 

Vies saccagées, Bataille opiniâtre, Luttes individuelles ou collectives , voilà ce que montre le documentaire produit par Almodovar.

Des encarts situent l’époque et les lieux ; des images d’archives rappellent aux mémoires oublieuses la tragédie. Un montage alerte efficace ; des témoignages bouleversants. Une musique expressive sans être illustrative! 

 

Contre l'oubli! 

Un documentaire à ne pas rater!!

 

Colette Lallement-Duchoze

Le silence des autres

 

 

Oui, tout à fait d'accord avec la belle critique de Colette ci-dessus.

Documentaire indispensable pour comprendre la douleur que provoque l'omerta organisée par l'Etat espagnol depuis 1977, des atrocités du franquisme.

D'une façon un tout petit peu moindre, on ne peut s'empêcher de penser à la jeunesse Française et sa méconnaissance de la guerre d'Algérie, celle-ci n'étant pas inscrite aux programme scolaires d'Histoire.

Rappelons qu'un peuple sans mémoire est un peuple sans futur...

Serge Diaz 15/02

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13 février 2019 3 13 /02 /février /2019 10:38
XIV° festival du Cinéma d'Europe centrale et orientale    A l'EST
du 26 février au 5 mars 2019
à Rouen à l'Omnia, au Kinepolis, au Musée des Beaux-Arts, au café de l’époque et au bar Mi Barrio
ainsi qu’à Fécamp, à Dieppe et au Havre. 


Plus de 40 films 
d’ Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Russie, Slovaquie et Slovénie.

Les films sont répartis dans plusieurs sections :


« A L’EST » 8 films en COMPÉTITION
« A L'EST DANS LE MONDE » films du Pérou, d‘Argentine, de Colombie et de France
« NOUVELLES DE L'EST » courts-métrages  
«  LAB’EST «  :  jeudi 28 février, vendredi 1er rmars et samedi 2 mars à 16h30, masterclass par des professionnels du cinéma au Musée des Beaux-Arts de Rouen
« KLUK » dédié aux jeunes
 
 Soirée d’ouverture

Mardi 26 février à 20h30 au Cinéma Omnia République à Rouen
projection du film slovaque Cellar en présence du comédien Jean-Marc Barr 

Soirée de clôture et palmarès

Mardi 5 mars février à 20h30 au Kinepolis à Rouen 

projection du film français Seuls, les pirates de Gaël Lépingle 

 

Venez rencontrer les nombreux invités et les membres du jury professionnel.                                                                                                                        

  Voir le programme ici                                                                                                                               
 Toutes les infos sur le site                                                                                                                                
 En vous souhaitant un très bon festival 
                                                                                                                             
  A l'Est                                                                                                                       
 Membre de Moteur,    
 Le Réseau des festivals de cinéma de Rouen

                                                                                                       

                                                                                                                                    
                                                                                                                                                                                               
Facebook : @alestfestival
 

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12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 07:18

d'Antoine Raimbault

avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas 

Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.


 

Une intime conviction

La force et l’intérêt du film d'Antoine Raimbault, résident moins dans l'adaptation à l’écran du procès en appel où Jacques Viguier fut pour la seconde fois acquitté en 2010, que dans le "couple" que forment l’avocat de la défense Maître Dupond-Moretti (interprété par un Olivier Gourmet au top de sa forme) et une ex-jurée Nora (Marina Foïs excellente!) convaincue de l’innocence de l’accusé

Ce personnage inventé de toutes pièces, devient très vite l’allégorie de l’intime conviction. Sa quête frénétique de la (sa) " vérité" -dont rend compte la succession rapide de mini scènes sur son lieu de travail, chez elle entre lécoute de plus de 250h d’entretiens et l’éducation de son fils, sa présence au Palais de justice - en dit long sur une passion qui vire à l’obsession.

Face à elle un avocat imposant ; certes il décèle les vices de l’enquête MAIS surtout il va renvoyer dos à dos tous les accusateurs et tous les procureurs dont les intimes convictions ne reposent sur rien de concret (et les extraits de sa plaidoirie finale resteront dans les anthologiesEn réalité, ce dossier est devenu un concours Lépine de l’hypothèse Vous aurez jugé mais vous n’aurez pas rendu la justice).

Un "duo" qui oppose la passion presque viscérale et le respect de la déontologie (en l’occurrence puisqu’il n’y a pas de preuves, faire prévaloir le doute);  et entre les deux, un "accusé" mutique au regard sombre, qu'interprète le (toujours) inquiétant Laurent Lucas! 

 

Ainsi loin des séries télévisées, loin des films de procès -souvent contaminés par des clichés "à l’américaine"- le film de Raimbault en s’emparant de cet espace clos (dont la théâtralisation n’est plus à démontrer: "effets de manche",  diction et élocution, silences et vitupérations) le transforme  en creuset ; où s’opère de façon presque alchimique la transformation d’une "intime conviction" (article 353 du Code pénal) en "Vérité" !…

Mais face à notre propension à "interpréter"  en comblant les "trous d’un récit", la justice doit au contraire éviter de donner du sens à l’absence et de l’espace à l’imagination.

Une intime conviction ou le procès de la fiction ? traité sur le mode d'un thriller?

À vous de juger !!

Colette Lallement-Duchoze

PS Je vous invite à lire -ou relire-  le roman de Tanguy Viel Article 353 du code pénal  (il vient de paraître dans la collection "doubles" des Editions de Minuit)


 

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11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 04:25

de Judith Davis

avec Judith Davis, Malik Zidi, Claire Dumas, Nadir Legrand, Mireille Perrier, Mélanie Bestel, Yasine Houicha

 

Prix du jury au festival du film francophone d'Angoulême

Angèle avait 8 ans quand s’ouvrait le premier McDonald’s de Berlin-Est… Depuis, elle se bat contre la malédiction de sa génération : être né « trop tard », à l’heure de la déprime politique mondiale. Elle vient d’une famille de militants, mais sa mère a abandonné du jour au lendemain son combat politique, pour déménager, seule, à la campagne et sa sœur a choisi le monde de l’entreprise. Seul son père, ancien maoïste chez qui elle retourne vivre, est resté fidèle à ses idéaux. En colère, déterminée, Angèle s’applique autant à essayer de changer le monde qu’à fuir les rencontres amoureuses. Que lui reste-t-il de la révolution, de ses transmissions, de ses rendez-vous ratés et de ses espoirs à construire? Tantôt Don Quichotte, tantôt Bridget Jones, Angèle tente de trouver un équilibre…

Tout ce qu'il me reste de la révolution
Cette jeune réalisatrice Judith Davis réussit un formidable film tonique qui s’adresse aussi bien aux soixante-huitards qu’à la génération de leurs enfants.
La mise en scène est alerte, on ne s’ennuie pas une seconde. Les dialogues fourmillent de réflexions sur le sens de la vie, de l’engagement, de l’indignation , de la colère, sentiments qui nous empêchent parfois de percevoir la saveur simple de l’existence.
 
Judith Davis a su trouver sa voix, son style propre parmi les jeunes réalisateurs de talent d’aujourd’hui, et contribue à enrichir ce cinéma de qualité label français qui nous régale. On suit de façon légère, avec intelligence, 3 thématiques différentes qui se nourrissent mutuellement : La question de la filiation,  la difficile fidélité à un idéal politique, enfin la rencontre inattendue avec l’amour.
La successions de scènes comiques , ironiques, graves, ou dramatiques nous surprend agréablement.
 
La jeunesse de la réalisatrice secoue le cocotier et nous embarque avec elle, dans sa drôlerie, dans une interrogation protéiforme sur la famille , la politique, et l’amour.
 
Ce film mérite le succès car il est lucide et bienveillant, donne à penser et nous distrait.
 
à voir absolument !
 
Serge Diaz

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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 07:18

de Paolo Genovese (Italie 2017)

avec Valerio Mastandrea, Marco Giallini, Alba Rohrwacher

Un individu mystérieux, assis à la même table d'un café, reçoit la visite de dix hommes et femmes qui entrent et sortent à toute heure de la journée pour le rencontrer et se confier. Il a la réputation d'exaucer le voeu de chacun en échange d'un défi à relever...

The Place

Je crois dans les détails dit l’homme à son interlocuteur ; et il les consignera avec frénésie dans son énorme agenda. Qui  est ce personnage innommé, assis du matin au soir à une table dans ce bar-restaurant « the place » (café roma en VO)?  Dieu, le Diable ou la Voix(e)  de la conscience ? Qui sont ces visiteurs qui, à intervalles réguliers, viennent se confier à lui ? Il peut -dit-on-  exaucer tous les désirs. Tous ? "oui" . Comment devenir plus belle ? Retrouver la vue ? Passer une nuit avec une star du porno ? Sentir à nouveau la présence de Dieu en soi ? Guérir son enfant atteint d’un cancer ? C’est faisable dit l’homme ; à condition d’accepter un contrat mais pas n’importe lequel : viol, infanticide, cambriolage, pose d’une bombe en un lieu public…. Univers luciférien ? Contrat faustien ? 

 

Progressivement certains  "cas" -que l’on croyait individuels - s’imbriquent les uns dans les autres ;  ainsi des surprises narratives, en créant un lien dramaturgique,  vont  éviter l’écueil de la répétitivité . De même les tentatives de rébellion, les accusations, les refus créent une autre dynamique plus idéologique ou éthique. Et pour pallier la monotonie (inhérente au dispositif choisi, le huis clos) le réalisateur sait varier  les cadrages et les angles de vue (dans les face-à-face par exemple  ) 

Le bar restaurant -avec son enseigne lumineuse rouge "the place" -  est filmé essentiellement de l’intérieur et très vite se métaphorise en habitacle de la  Conscience et de l'Injonction, alors que, filmé à travers les baies vitrées, il donne l’impression d’un aquarium où évolue l’espèce humaine taraudée par ses cas de conscience. Et c’est Angela (Sabrina Ferilli) qui chaque soir, après avoir fait le ménage, va essayer d’inverser les rôles ….alors que l’espace est envahi par la musique de « sonny »!

 

On l’aura compris : le film est une comédie grinçante qui ausculte la part la plus sombre de l’être humain tant certains défis "proposés"  dépassent l’entendement ou la morale. Et du même coup  le spectateur n'est plus simple témoin amusé ou ulcéré:  quelles sont les limites de son libre-arbitre? de ses convictions morales??

 

On peut être allergique à cet a-moralisme, à cet univers où triomphe l'injonction (renouant avec le pouvoir primitif et magique de la Parole) mais on ne saurait être insensible à la qualité de l'interprétation (Valerio Mastandrea l'homme impassible, Alba Rohrwacher la nonne qui sera  enceinte...pour retrouver la Foi !!) ni à celle de la photo signée Fabrizio Lucci....

 

Un film à voir, assurément! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 07:55

de Michaël Dacheux 

avec Paul Delbreil, Adèle Csech, Samuel Fasse, P Cervo

Martin, dans un dernier espoir, vient retrouver Léa à Paris. Ils ont tous deux vingt-cinq ans et ont vécu leur première histoire d'amour à Toulouse. Désormais chacun s'emploie vaille que vaille à construire sa vie d'adulte.....

L'amour debout

À l’instar de ces lignes qui dessinaient le générique, les déambulations dans Paris et les hasards des rencontres dessinent une trajectoire intérieure qui va faire évoluer les personnages et particulièrement Martin et Léa. Ces jeunes de 25 ans réussiront-ils à se reconstruire après un échec amoureux ? c’est tout l’enjeu du film (et l'on sait pour parodier Jérôme  "qu’avoir la gnaque tous les matins, ça ne va pas forcément de soi") 

Un film tout en nuances et délicatesse où se croisent, se mêlent une forme de contemporanéité, les traces indélébiles d'un passé culturel -la rétrospective du film culte d'Eustache en présence de Françoise Lebrun-, historique -visite guidée du XIX° arrondissement-, et cette légèreté d'un temps suspendu comme hors du temps même si le film est découpé en quatre mouvements, correspondant aux quatre saisons (chacune annoncée par en encart)

Tout un jeu d'échos permet d'appréhender la "nouvelle" existence de ces jeunes gens qui est aussi une nouvelle manière d'appréhender le monde et de se définir soi-même, après avoir découvert en soi ce mystère d'être et de n'être pas... A l'abandon fluvial -pour Léa- lors de cette balade sur l'eau (après ce plan magnifique où s'est ouverte l'écluse...) correspond pour Martin l'abandon sexuel (vertical) dans les bras d'un autre homme. Les architectures que l'auteur filme en changeant d'angle et de point de vue, ne seraient-elles pas des métaphores? Classiques et/ou étranges, robustes et/ou bancales...

Jeu d'échos, jeu de connexions aussi. Le tissu urbain et ses maillages ne devient-il pas un acteur à part entière? (et ce n'est pas un hasard si le film s'ouvre sur une visite du quartier de la Villette! commentée par Léa ) La musique elle-même (Ravel et Schumann) entre en résonance avec le cheminement intime des deux personnages (ce qu'expliquait le réalisateur lors de la rencontre samedi 2 février à l'Omnia)

Osons faire fi de ces tendances à tout cataloguer, étiqueter (il y a du Rohmer , il y a un hommage à Eustache, à la Nouvelle Vague etc...) et laissons-nous bercer par cette fugue délicate où les variations de lumière épousent les vibrations des corps!

A ne pas manquer!

Colette Lallement-Duchoze

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2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 07:07

De Boots Riley

avec Lakeith Stanfield, Tessa Thompson, Jermaine Fowler, Steven Yeun, Danny Glover, Armie Hammer

Après avoir décroché un boulot de vendeur en télémarketing, Cassius Green bascule dans un univers macabre en découvrant une méthode magique pour gagner beaucoup d'argent. Tandis que sa carrière décolle, ses amis et collègues se mobilisent contre l'exploitation dont ils s'estiment victimes au sein de l'entreprise. Mais Cassius se laisse fasciner par son patron cocaïnomane qui lui propose un salaire au-delà de ses espérances les plus folles…

Sorry to bother you

Désolé de vous déranger ET le bureau de Cassius Green (employé dans une société de télémarketing) tombe littéralement dans la pièce des destinataires troublant leur intimité (certains sont en train de forniquer) Voilà une des trouvailles de Sorry to bother you premier long métrage de Boots Riley,  chanteur compositeur de hip hop (sa musique irriguera le film)

Film frappadingue ? Film barré ? peut-être sur la forme ; mais qui n’invite nullement à se barrer…tant l’humour et le vitriol sont bien dosés (un film qui  doit autant à Karl qu’à Groucho selon Mandelbaum) et tant le jeu des acteurs est brillant ! Et si la fin nous ramène au point de départ (logement aménagé dans le garage loué par l'oncle) elle ne clôt pas une trajectoire mais ouvre la voie vers....

 

L’itinéraire du personnage principal, le réalisateur prend soin de le baliser avec netteté invitant le spectateur à découvrir petit à petit ses prises de conscience (et parallèlement à suivre les étapes de la lutte syndicale : blocage des lieux de travail, grève, alerte de l’opinion via les médias). Un brûlot bien ancré dans la réalité contemporaine (avec les aspects d’une dystopie ) Il s’agit d’une attaque radicale (sens étymologique) du capitalisme moderne qui transforme les employés en esclaves et qui par l’intox sur la réussite individuelle contraint certains, logiquement appâtés par le gain, à trahir leur classe : c’est précisément le cas de Cassius Green  afro-américain qui au sommet de sa réussite sera non seulement briseur de grève mais complice actif de l’esclavage, alors que tous ses potes -et surtout sa compagne militante- sont en lutte pour la conquête de droits sociaux

Attaque qui se double d’une dénonciation assez acide du racisme : si Cassius Green est parvenu à faire exploser les chiffres de vente de PowerCallers c’est qu’il a su convaincre les "clients" en adoptant une "voix de Blanc" (et ce, sur la recommandation de son collègue senior ...conscient de l’uniformisation imposée aux Noirs).

 

Un brûlot politique donc, traité avec une extravagante originalité au rythme souvent endiablé, et une énergie presque dévorante- Avec des moments savoureux et des instants de pur délire. Les boucles d’oreille de Detroit la compagne performeuse de Cassius affichent tout un programme!!!  Et si l’on fouille les dessous (sens propre et figuré) de la multinationale, attention à la révolte des hybridés !!!

 

À ne pas manquer !

Colette Lallement-Duchoze

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31 janvier 2019 4 31 /01 /janvier /2019 08:18

de Valeria Bruni Tedeschi

avec VBT, Pierre Arditi, Valeria Golino, Noémie Lvovsky,  Yolande Moreau,  Laurent Stocker, Vincent Perez, Xavier Beauvois

Une grande et belle propriété sur la Côte d’Azur. Un endroit qui semble hors du temps et protégé du monde. Anna arrive avec sa fille pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis, et des employés, Anna doit gérer sa rupture toute fraîche et l’écriture de son prochain film. Derrière les rires, les colères, les secrets, naissent des rapports de domination, des peurs et des désirs. Chacun se bouche les oreilles aux bruits du monde et doit se débrouiller avec le mystère de sa propre existence.

Les Estivants

Dès la séquence d’ouverture, on sait qu’Anna (Valeria Bruni Tedeschi) est une cinéaste italienne installée en France ; elle a rendez-vous au CNC pour soumettre son projet...avant de partir en vacances avec son compagnon Luca (Riccardo Scarmarcio) Or ce dernier lui fait gentiment (euphémisme) comprendre qu’il préfère rester dans la Capitale ...scène de "rupture" dans un bar puis sur le trottoir ! Éplorée la cinéaste ne saura qu’offrir ses larmes au jury de la commission de l’avance sur recettes !

 

Le reste de l’intrigue se déroulera dans une villa somptueuse (épithète légèrement  ironique car la propriété sur la Côte d’Azur se délite à l’instar d’ailleurs des fêlures qui habitent tous les protagonistes) une propriété palatiale qui abrite outre le noyau familial, les domestiques et le temps d’un été des collaborateurs du projet d’Anna. Et ce huis clos sera à la fois théâtre (le film est découpé en 3 actes suivis d’un épilogue) d’une chronique familiale et mise en scène d’un processus créatif : comment la vie devient fiction ; le spectateur jouant le rôle de témoin et voyeur de ce vécu ainsi métamorphosé. Si beaucoup d’aspects renvoient à la "vie" de l’actrice/réalisatrice : rupture récente traumatisante, famille riche, mère pianiste, père dans les affaires, frère mort du sida -auquel le film est dédié- Valerie Bruni Tedeschi va s’efforcer de leur donner une portée universelle ...

 

Elle adopte -et adapte- le ton  de la comédie , mais d’une comédie aux accents mélancoliques et parfois ridicules. Autant la scène sur le quai de la gare est presque un morceau d’anthologie autant la discussion dans la piscine sur la "gôche" entre  Arditi (censé être un Sarkozy, qui licencie à tout-va ...) et  Noémie Lvovsky , semble suspecte ou du moins fort maladroite. Et quand  Arditi insulte son épouse (sœur d’Anna) " tu me fais chier" son éructation qui traverse les murs de la villa crée un effet de boomerang sur le spectateur

 

Les thèmes chers à la réalisatrice sont abordés... ..de façon biaisée -elle donne à tous les personnages qui entrent et sortent côté « cour » et côté « jardin » un temps de paroles bien minuté ; on met à nu qui ses problèmes de couple, qui son envie irrépressible de fuir, qui sa nostalgie, etc...le chef d’orchestre étant moins Anna (empêtrée dans sa douleur de femme abandonnée et de cinéaste progressivement  "évaporée" cf l’épilogue) que sa fille adoptée. La symbolique récurrente des barrières (celles que l’on doit dresser pour éviter le passage des sangliers et celles auxquelles se heurtent certaines pulsions) est trop appuyée ! Il en va de même en ce qui concerne la "présence" du frère disparu..."présence" censée illustrer la prégnance d'une  Douleur, celle  de la perte

 

Un film à vocation cathartique mais qui vaut surtout pour  son casting ….

 

Colette Lallement-Duchoze

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26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 08:25

de David Roux

avec Jérémie Renier, Marthe Keller, Zita Hanrot, Maud Wyler

Simon la quarantaine, pneumologue en milieu hospitalier, a consacré sa vie à cet univers chronophage. Côtoyant la maladie et la mort tous les jours dans son service de pneumologie, il a logiquement appris à s’en protéger. Mais quand sa mère est hospitalisée dans une unité voisine, la frontière entre l’intime et le professionnel se brouille. L’univers de Simon, ses certitudes et ses convictions vacillent...

L'Ordre des médecins

L’ordre des médecins c’est d’abord un Corps- Corps médical certes!  

Corps de l’Hôpital (il y aura très peu de scènes hors de ce vaste huis clos) dont nous arpentons les couloirs presque dédaléens jusqu’aux sous-sols, en suivant Simon filmé de face ou de dos -Ce plan qui revient de façon récurrente semble ponctuer l’itinéraire intérieur du personnage qui de spécialiste au service des autres va privilégier sa relation avec sa mère -quand il est confronté à la Douleur de la perdre...

Corps tentaculaire réparti en services, et à l’intérieur en chambres dont certaines dédiées aux soins palliatifs, en salles de réunion -où les décisions sont prises collectivement- en salles de restauration. Des portes, des ascenseurs,  etc. etc. Un univers aux couleurs froides mais où palpite la Vie (cf soirées bien arrosées pour fêter un anniversaire entre autres). Car il s’agit bien d’une dichotomie que le réalisateur (dont c’est le premier long métrage) traite avec ce qu’il faut de justesse et d’émotion. Équilibre assuré par le choix des interprètes dont Jérémie Renier -acteur fétiche des frères Dardenne- qui incarne avec sobriété le pneumologue et Marthe Keller qui au seuil de la mort sait garder ce côté chaleureux nécessaire au personnage de cette fiction

Corps écartelé -tout comme la conscience- entre l’intime et le professionnel. Corps meurtri, corps avide de sensations (cf cette jeune patiente atteinte de mucoviscidose)

Corps et Paroles (celles des patients, de leurs proches saisis par l’Innommable ; celles du personnel soignant, à leur écoute…)

Un film émouvant -pour ne pas dire bouleversant- à déconseiller peut-être aux  personnes sensibles ayant vécu dans leur chair, la perte d’un être cher – à moins que de miroir grossissant il ne joue le rôle de catharsis ....

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Melocoton, où elle est Maman ?
J’en sais rien; viens, donne-moi la main...

 

 

 


 


 

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25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 11:34

du 30 janvier au 10 février 2019

 

Cinéma l'Ariel

Place Colbert 76130  Mont-Saint-Aignan

 

tél. adm: +33 (0)2 35 15 25 99
rép. prog :+33 (0)2 35 70 97 97

 

 

 

 

Soirée d'ouverture mercredi 30 janvier à 20h30

En première partie, la chorale du Circolo Italiano sous la direction de Patricia Duchesne

En seconde partie, projection du film La Strada 

et verre de l'amitié

 

 

 

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan

Films en avant-première

EUFORIA vostf  Valeria Golino, Italie, couleur, 2018, 1h55
samedi 2 : 20h45*
SANTIAGO, ITALIA vostf  Documentaire de Nanni Moretti, Italie, couleur, 2018, 1h20
lundi 4 : 20h*
LES RECRUES vostf  version restaurée Bernardo Bertolucci, Italie, N&B, 1962, 1h40
dimanche 10 : 18h*
* échange à l’issue de la séance

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan

Les autres films et séances

LA STRADA vostf Mostra de Venise 1954 : Lion d’Argent, Oscar 1957
mercredi 30 : 20h30 ouverture   jeudi 31 : 16h15 samedi 2 : 18h30
PINOCCHIO vf Séances Galopins dès 6 ans Enzo D’Alo, Italie, couleur, 2012,1h20
mercredi 30 : 15h dimanche 3 : 14h15 mercredi 6 : 14h dimanche 10 : 14h  

LE CONFORMISTE vostf Bernardo Bertolucci, Italie-France, couleur, 1970, 1h51
mercredi 6 : 17h45 vendredi 8 : 16h

TROPPA GRAZIA vostf Cannes 2018 Label Europa Cinema Gianni Zanasi , Italie, couleur, 2018, 1h50
mercredi 30 : 17h vendredi 1er : 18h dimanche 3 : 20h

SUBURRA vostf  Int – 16 ans  Stefano Sollima, Italie-France, couleur, 2015, 2h15
mardi 5 : 18h jeudi 7 : 20h15 dimanche 10 : 16h

FRÈRES DE SANG vostf Int – 12 ans Ruban d’argent du meilleur nouveau  réalisateur Damiano et Fabiano D’Innocenzo, Italie, couleur, 2018, 1h35
dimanche 3 : 18h    jeudi 7 : 16h samedi 9 : 14h

HEUREUX COMME LAZZARO vostf Cannes 2018, Prix du scénario Alice Rohrwacher, Italie-France- Suisse-Allemagne, couleur, 2018, 2h07
samedi 2 : 14h lundi 4 : 16h vendredi 8 : 20h30 samedi 9 : 18h
DOGMAN vostf (int – 12 ans) Cannes 2018 Prix d’interprétation masculine : Marcello Fonte Matteo Garrone, Italie-France, couleur, 2018, 1h39
jeudi 31 : 18h30 vendredi 1er : 16h mercredi 6 : 20h

THÉORÈME vostf Int – 16 ans Pier Paolo Pasolini, Italie, couleur,1968, 1h38 Mostra de Venise 1968 : Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine : Laura Betti  

Les 50 ans de l'Ariel 
jeudi 31 : 20h30* lundi 4 : 18h30 mardi 5 :1 6h
L’ENFER DANS LA VILLE vostf Donatello 1959 meilleure actrice : Anna Magnani
Renato Castellani, Italie-France, N&B, 1959, 1h46
mercredi 6 : 15h45 jeudi 7 : 18h samedi 9 : 20h30
MA FILLE vostf Laura Bispuri, Allemagne-Italie-Suisse, couleur, 2018, 1h37
samedi 2 : 16h30 dimanche 3 : 16h mardi 5 : 20h30
LAURA NUE vostf Nicolo Ferrari, Italie, N&B, 1961, 1h40
vendredi 8 : 18h samedi 9 : 16h dimanche 10 : 20h

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan


Restauration proposée par le Circolo italiano vendredi 1er à partir de 19h30 samedi 2 à partir de 19h30 lundi 4 à partir de 19h jeudi 7 à partir de 19h30 vendredi 8 à partir de 19h30 samedi 9 à partir de 19h30 

Les billets pour les adhérents du Circolo italiano sont en vente uniquement au local de l’association, 30 rue des charrettes, 76 000 Rouen et les soirs de restauration (carte d’adhérent en cours de validité obligatoire).
Les séances sont ouvertes à toutes et à tous dans la limite des places disponibles (sauf soirée d’ouverture : billets Circolo “ouverture” prioritaires).
Tarifs : plein 6,30 € / réduit 3,40 €


Cinéma Ariel place Colbert - 76130 Mont-Saint-Aignan

Semaine du cinéma italien à l'Ariel Mont-Saint-Aignan
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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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