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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 11:34

Film de Pablo Giorgelli (Argentine, Espagne) avec German De Silva, Hebe Duarte, NaryaCalle Mamani

 

LES-20ACACIAS.jpg 


Sans violences et sans "prises de tête", c'est le type même du film
"sympa" qui vous remplit d'aise, même s'il ne doit pas vous marquer
profondément. Road-movie à 99 %, tout se passe dans une cabine de
poids lourd. Une femme , un homme et un bébé (adorable comme il se
doit). Très peu de dialogues et surtout une atmosphère tendue qui va
s'assouplir tout au long du voyage grâce au bébé. On peut faire le
reproche au cinéaste d'avoir "téléphoné", dès le départ; cette
évolution mais il semble que ce soit délibéré pour concentrer
l'attention sur la façon dont s'établit la communication entre les
deux adultes, dont est rompu, par petites touches, le mutisme
oppressant du départ. Interprétation tout à fait satisfaisante des
deux acteurs...sans compter l'acteur en herbe.

 

 

 
Marcel Elkaim

 

 

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 17:08

Ciné bouffe : à table!


Mercredi 11 janvier à 20h30   à l'Ariel à Mont Saint Aignan


Pour fêter la nouvelle année en courts-métrages et en mangeant !


Si vous venez avec un petit plat à déguster après la séance, l'Ariel vous offre votre place. (Attention les pop corn et les chips ne font pas partie du dispositif!)


Au menu :


- KITCHEN, de Alice Winocour,

- UN DÎNER AVEC MONSIEUR BOY ET LA FEMME QUI AIME JÉSUS de Pascale Ferran,

- TOUS À TABLE de Ursula Meier,

- L'EXPOSÉ de Ismael Ferroukhi,

- SUCRÉ de Gaël Brisou.


Programme proposé par l'Agence du Court Métrage.

Soirée en partenariat avec la Maison de l'Université et le Service des relations internationales de l'Université de Rouen.

 

un conseil de Jacqueline Marro

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 12:38

Film de Julien Donada; avec Daniel Duval, Chiara Caselli, Catherine Rouvel, Françoise Arnoul, Cyril Guei, Thomas Gonzalez et Nanou Garcia

 

 beau-rivage.jpg

 

"C’est en partant de l’image mentale de jambes de femme au soleil sur une terrasse, de souvenirs vécus ou racontés et de photographies, que le réalisateur aurait imaginé cette d’histoire d’amour". La première "rencontre" entre Michel (Daniel Duval) et Sandra (Chiara Caselli)- vue en plongée sur son corps allongé très sculptural et buriné par le soleil-, corroborerait cette allégation. Mais l'étrangeté de ce premier long métrage de Julien Donada vient de la simultanéité d'images ancrées dans un vécu et dans le fantasme. A l'instar du personnage ballotté entre ses désirs d'amour –voir la scène où pour la première fois il arbore un sourire triomphant suite sa rencontre avec Sandra – et un quotidien éreintant –dès le début ce flic vieillissant exige d'un médecin un certificat de congé maladie-; le spectateur est ballotté entre un fantasmé qui a des allures de vécu et un vécu qui se mue en fictionnel. Là est la "magie" du cinéma: par le jeu d'ellipses de temps ou d'espace, par un montage qui accorde le même traitement au quotidien, aux images mentales, aux flash back, aux projections de rêves, nous sommes dans l'illusion. Hormis dans son dernier tiers et sa fin "attendue", le film peut dérouter; au moins le réalisateur aura-t-il trouvé une adéquation entre le fond et la forme (donner à voir l'imaginaire comme du naturel sans le désacraliser) avec des allusions discrètes à Truffaut "la chambre verte" et à Preminger "Laura". L'omniprésence de Daniel Duval, -l'acteur est de tous les plans -, au visage parcheminé, au comportement qui mêle violence plus ou moins contenue et immense tendresse - contribue à cette prégnance qui enracine le "rêve" au cœur du quotidien..

Le titre peut renvoyer aux patronymes d'hôtels plus ou moins luxueux qui bordent la Côte d'Azur; il peut désigner, en connotation, une démarcation, une frontière, une ligne de séparation entre la terre et la mer, entre les vivants et les morts (la séquence de la baignade où Michel inquiet appréhende la disparition de la femme aimée engloutie dans l'élément liquide, la séquence finale où il tente de rejoindre l'être aimé –du moins ses cendres éparpillées dans la mer- le prouveraient aisément). Et l'utilisation du contre-jour contribue à "déréaliser" la ville de Nice –ville vers laquelle nous nous approchons avec Michel au volant de sa voiture au tout début du film –en la  débarrassant de ses oripeaux/clichés…Une autre "démarcation" vient du décalage entre une musique assez rétro– chansons italiennes – et la propulsion vers un futur enchanté par le rêve…

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 19:01

 Film de Aki Kaurismäki; avec André Wilms (Marcel Marx), J-P Darroussin (le commissaire Monet), Kati Outinen (Arletty), Blondin Miguel (Idrissa), Evelyne Didi (la boulangère),  Elina Salo (Claire), J-P Léaud (le délateur), Roberto Piazza (Little Bob), P. Etaix (le médecin Becker). Décors de Wouter Zoon

 

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Grâce au festival du cinéma nordique, le public rouennais s'est depuis longtemps familiarisé avec les films du Finlandais Aki Kaurismäki… On n'est pas près d'oublier Juha (muet en noir et blanc)...Pour son dix-neuvième long métrage, ce réalisateur a  choisi la ville du Havre pour en faire non seulement le théâtre d'un drame (Idrissa émigré clandestin traqué par la police est recueilli par Marcel Marx), mais un personnage à part entière. Non la ville du "Quai des brumes" mais une sorte de métaphore de la Solidarité  réincarnée. Dans ses rues plus ou moins désertes, ses ruelles, ses bistrots, ses commerces, le cinéaste fait "revivre", comme par enchantement, des personnages aux noms d'acteurs ou cinéastes célèbres (Arletty, Marx, Idrissa, Becker) qui s'expriment dans une langue (le français) très châtiée parsemée de répliques surréalistes, et sur un ton théâtral –ce qui crée un décalage amusant-; ils se comportent au quotidien comme dans les films d'un autre temps (l'épicier tire une charrette des quatre saisons, la boulangère est très accorte, Marx est cireur de chaussures…).

Même si le thème peut rappeler Welcome l'auteur exclut tous les effets d'ordre sociologique ou politique (hormis la scène d'évacuation de la jungle à Calais retransmise à la télévision, avec la voix d'Eric Besson). Il plonge au contraire le spectateur dans une atmosphère surannée (voir la décoration des intérieurs) qui n'exclut pas l'humour (l'ananas du commissaire Monet –Darroussin- trônant sur une table du bistrot tenu par Claire) et pour éviter trauma, mélo il donne à "voir" un conte. Le choix de plans fixes, ou de panoramiques participent de l'architecture de la ville; quelques gros plans (la main de J-P Léaud le délateur, le visage d'Arletty endormie à l'hôpital) ont une fonction métonymique ou tout simplement narrative. L'ensemble très dépouillé renvoie à cette écriture qui nous avait tant fascinés…

La présence de Little Bob est comme la passerelle qui relierait passé et contemporanéité.

Se fier ou non aux apparences? Un tableau accroché sur un mur dans la maison de Marcel Marx représente une fenêtre ouverte (toile trompe-l'oeil); puis un plan fixe sur la fenêtre réellement ouverte -on devine qu'Idrissa a  réussi à s'échapper-. Rêve et réalité enfin (ré)conciliés!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 11:43

pere-noel.jpgDans notre doux pays de France on savait que le père Noël pouvait être une ordure mais alors là!

Il y a très longtemps en Finlande on savait qu'il était un monstre dévoreur d'enfants, on avait même réussi à s'en débarasser en l'enfouissant sous des tonnes de glace... mais tout le monde a oublié. Quand des archéologues américains commandités par un illuminé vont déterrer le père noël les événements dramatiques vont déferler.

Cette histoire trash de Père Noël est traitée comme un film d'aventure guerrière (sujet pour lequel j'ai peu de goût en général).

Les amateurs de films nordiques y retrouveront l'athmosphère violente et délirante qu'on y rencontre souvent (ça chauffe dans le froid, ça saigne dans la neige...).

Les hommes de cette contrée extrème (limitrophe de la Russie) sont des brutes épaisses, capables quand même de sentiments paternels (quand aux sentiments amoureux... il n'y a pas une seule femme dans le film, seule plane la présence d'une mère disparue et un sèche cheveux, trace de l'existence d'une autre) mais surtout aux raisonnements très limités.

Quand les elfes du père Noël (viellards nus et invulnérables) déferlent sur la contrée, seul un enfant lecteur va pouvoir sauver la situation.

La suprématie de la connaissance face à la force brute, le sujet n'est pas nouveau ( E T, le petit Poucet et autres contes) mais cette fois ci n'y amenez pas les enfants, ça leur gacherait les fêtes de noël!

Pour les adultes un film à savourer au 2ème degré!


Jacqueline Marro

 

ce film passe au Melville

lien synopsis: 

http://www.cinefil.com/film/pere-noel-origines



 

 

 

 

 

 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 07:14

Film d'animation de Jean-François Laguionie, scénario d'Anik Le Ray; création graphique: Jean Palenstijn, J-F Laguionie, Rémi Chayé, Julien Bisaro; musique Pascal Le Pennec

 

 

Une leçon de "cinéma"; une leçon "d'humilité"

le-tableau-564948.jpg

Ecoutons le réalisateur "j'aimerais convaincre les gens qui me connaissent que mon travail c'est de "faire du cinéma" bien avant que du dessin. Je suis à l'origine des dessins, mais ensuite je fais appel à une équipe et pour moi faire du cinéma c'est avoir des gens beaucoup plus compétents que moi dans le dessin, l'animation, le décor, la technique. Ensuite c'est mon affaire, mon travail de cinéaste, la mise en scène. Quand on aborde la finalisation de l'image -le compositing- là, je suis très présent, les lumières, tout ce qui est éclairages, dosage de la couleur, sans oublier le son qui est d'une importance capitale. Mais je ne voudrais surtout pas qu'on sous-estime l'apport des artistes avec lesquels j'ai travaillé dont Rémi Chaillet, mon assistant réalisateur, qui a finalisé les personnages et Jean Palenstijn, le chef décorateur qui est peintre. Ses décors, c'est vraiment de la peinture"

 

Film d'aventures, conte philosophique -sont abordés entre autres les problèmes de la représentation esthétique du monde  et  de la "compassion" (quand Plume ravive Gom)- Le tableau est aussi  un bel hommage au CINEMA!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

  Ajout: certes le film est classé dans la rubrique "kid"; mais un adulte appréciera les couleurs typiques des Nabis, les reproductions de toiles de Picasso, Matisse, Manet ou même Chagall; les allusions à "l'action painting"; les confrontations entre l'artiste et son auto-portrait; l'omniprésence de "volutes" (jusqu'aux tubes de gouaches). Et en prime cette "leçon": puisque les Toupins vont modifier leurs propres couleurs (les Pafinis exclus attendaient...), cela ne signifie-t-il pas que l'on peut toujours se "reprendre" en main ou à l'instar de Claire (la Pafinie très pâle) s'accepter tel que l'on est ?

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 13:23
Dans sa façon de montrer les compromissions auxquelles peut mener le pouvoir, ce film est très original.
c'est une vraie radiographie des cercles ministériels, des personnages qui les habitent, de leur manière de travailler, de la petitesse, de la morgue mais aussi du dévouement de certains. on n'arrive pas à trouver le ministre antipathique, c'est pourtant lui qui laissera tomber son meilleur ami.
c'est très subtil. quand on est sorti, on y pense encore. c'est bon signe

Isabelle Lepicard


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La scène d'ouverture -à mettre dans les annales - encode  le film.
Dans un bureau somptueux des hommes encagoulés s'affairent et disposent tous les accessoires nécessaires à l'exercice des "fonctions ministérielles"; puis dans le champ de la caméra surgit une femme nue, sous l'oeil goguenard d'un crocodile; elle s'accroupit, écarte les cuisses puis va  sereinement s'engouffrer dans la gueule du reptile. Cut. Plan suivant: le ministre des transports (Olivier Gourmet) dans sa chambre se réveille, en état d'érection: rêve/cauchemar? Ainsi dès le départ, le réalisateur (Pierre Schoeller), lie intimement exercice du pouvoir et désir (fantasme) érotique; invite à une réflexion sur le masque et la nudité, sur le corps dans toutes les acceptions du terme...
Une autre scène est assez éloquente. Le ministre se rend sur les lieux d'une usine en grève; on le voit de dos seul, face à lui, la "masse" des grévistes; du discours qu'il est censé tenir, le spectateur ne saura rien -le son est "coupé";  quelques gesticulations de ce pantin devenu, semblent ponctuer ses dires, comme si un énorme fossé séparait le monde du travail et celui qui le régit en haut lieu....et que le Verbe était frappé d'inanité...
Ce qu'illustrent d'ailleurs les propos du réalisateur "Oublions pendant 1h50 les questions de droite ou de gauche. Regardons le pouvoir, ses rituels et ses humeurs, la sueur, le sang, la libido. Et aussi cette permanence de l’Etat. On y croise notre propre rapport à la démocratie, ce divorce grandissant entre eux et nous.»

 

Colette Lallement-Duchoze

 


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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 11:41

americano.jpgsynopsis: http://www.cinefil.com/film/americano-2

 

J'ai vu Americano de Mathieu Demy juste avant le 3ème de Welcome in Vienna. C'est là que l'expression "il n'y a pas photo" prend son sens. (Un adagio de Mahler à coté d'une musique techno.)

Americano : un film sans aucun intérêt ! comment peut on gâcher son temps, utiliser tant d'énergie pour faire un film qui ne dit rien ? alors que la trilogie de Corti : une mine de réflexions et d'émotions.


Serge Diaz

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 13:24

 

 

Dernière séance de Laurent Achard avec Pascal Cervo (Sylvain), Karole Rocher (la mère), Brigitte Sy (la conductrice de taxis)

 

 

 

 

  Caissier, placeur, projectionniste le jour, meurtrier la nuit, Sylvain (Pascal Cervo) est pour le moins u19808085 jpg-r 640 600-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-20110907 110537n personnage étrange. Une même passion/obsession dicte son comportement dual. Des flash back vont donner une dimension quasi psychanalytique à ses actes de tueur en série : un trauma originel (une mère autoritaire lui faisait répéter inlassablement un texte en vue d'un casting, car elle souhaitait pour l'enfant un destin digne des grands acteurs!! Et à la fin de l'extrait, il devait arracher sa boucle d'oreille…)

Le film oscille ainsi entre plusieurs niveaux de "lecture". L'amour du cinéma, c'est une évidence et les plans sur la façade de l'Empire Cinéma –qui doit fermer très prochainement--montrent à intervalles réguliers et en contre-plongée, les affiches de ces films dont Sylvain est amoureux: Last Days (Gus van Sant) La Captive (Chantal Akerman) "Femmes femmes" (Vecchiali) –le mimétisme avec le film semble un peu appuyé- et surtout French Cancan (Renoir) qui sera comme le fil conducteur –la fin du film de Laurent Achard, correspond aussi à la dernière scène du film de Renoir. A cela s'ajoutent de nombreuses références à des films/culte –certaines là encore appuyées: la lame du couteau et Psychose, par exemple.

La cinéphilie de Sylvain va de pair avec celle du réalisateur qui multiplie les allusions aux films d'horreur mais en les vidant de leur teneur habituelle –les crimes sont perpétrés hors champ, seuls les cris des victimes ou un objet en attestent l'horreur-. Allusions aux films policiers aussi; mais ici on ne recherche pas le coupable -et le seul témoin d'un des assassinats qui apparaît deux fois  (visage cadré dans l'embrasure d'une fenêtre du hall d'entrée) ne pipe mot; les victimes ne "survivront" que par leurs oreilles/trophées que Sylvain épingle sur les photos des stars féminines du cinéma, qui "décorent" les murs de son antre. Antre au sous-sol du cinéma, auquel on accède par une porte coulissante tapissée par une immense affiche de Playtime, antre  qui devient par métaphore une sorte de grotte utérine

 

Le film s'interroge aussi sur l'avenir du cinéma, en province certes, mais partout ailleurs. Or le cinéma était un lieu de rencontres, d'échanges et M. Paul (Noël Simsolo) spectateur assidu que Sylvain accueille avec aménité, sait de quoi il parle. L'Empire cinéma dans cette ville quasi déserte va mourir. Sylvain n'en a cure. Son amour obsessionnel du cinéma –légué par la mère - lui aura appris le don de soi et le "sacrifice"...

 

Malgré toutes les qualités –traitement des bleus, des lumières, cadrages, humour, ambiances, etc. –j'avoue être restée comme "extérieure", alors que "Le voyeur" de Michael Powell –auquel Laurent Achard fait peut-être référence, ne serait-ce que par la présence d'un voyeur/criminel- emportait le spectateur jusqu'à l'habiter!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 16:41

SHAME de Steve McQueen avec Michael Fassbender, Carey Muligan James Badge Dale.

Le synopsis "le film aborde de manière très frontale la question d'une addiction sexuelle, celle de Brandon, trentenaire new-yorkais, vivant seul et travaillant beaucoup….." ne rend pas bien compte de la thématique essentielle du film qui est la SOLITUDE –fondamentale quasi existentielle- (interview du réalisateur pour Arte et la Mostra de Venise    " la vie misérable d'un privilégié, perdu dans la capitale du monde moderne, New York"

  ...  

 

Certes le pshameersonnage Brandon (Michael Fassbender que nous avions tant apprécié dans Hunger, dans le rôle de Bobby Sands figure mythique de l'IRA, et qui vient de recevoir le prix d'interprétation à Venise pour Shame) est un accro du sexe et ce, quels qu'en soient les formes les circonstances et les lieux "paradis" réels ou virtuels! Mais le propos du réalisateur me semble être ailleurs…Même si la vie sexuelle du personnage est "montrée", c'est sans voyeurisme, sans "vulgarité"  -dans la scène du triolisme par exemple, la caméra fait office de participant; les courtes scènes de masturbation sont suggérées. En fait, le spectateur va assister à un "voyage", prélude à une métamorphose. Ce dont rendent compte la construction du film et le changement de position de la caméra. Comme dans Hunger, deux grandes parties; avec au centre un long plan/séquence –face à face prêtre/prisonnier dans Hunger, tête-à-tête Brandon/Marianne au restaurant dans Shame - qui sert de "pivot". Dans un premier temps la caméra est fixe (sur un trépied) et avec l'arrivée de la sœur Sissy (élément perturbateur? Ou annonciateur?), ce sera filmé caméra à l'épaule. Ce changement correspond à celui qui va s'opérer chez le personnage (prise de conscience de l'inanité de son existence? Sentiment de honte?)

Mais certains plans en disaient déjà long sur la solitude de Brandon –et la solitude en général. Au début nous le voyons en plongée, le corps nu comme enseveli dans des drapés bleus (voir l'affiche)… la scène récurrente du métro –c'est d'ailleurs assis que lui reviennent en flash back les soirées passées en compagnie de femmes dans son appartement; les plans sur les vitres des appartements new-yorkais où s'exhibent des corps nus; un long travelling latéral qui suit Brandon lors de son footing nocturne, (avec en fond sonore du Bach) autant de moments forts du film, autant de moments de solitude obsédante!

Il y aurait tant dire!

Un film qui m'a subjuguée

Le président du jury à Venise avait été ébahi par "la puissance cinématographique" de Shame "ce voyage hors du commun"

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

C'est effectivement sans voyeurisme que ce film aborde le sujet (qui pourrait être glissant) de la vie d'un homme addict au sexe qui n'arrive pas à associer amour et sexualité.

Les scènes récurentes du métro viennent ponctuer le film, le découpant en châpitres.

L'ensemble est construit avec une montée de l'angoisse, de la culpabilité, portée par des musiques particulièrement sereines qui jouent le contraste.

En toile de fond également une relation difficile avec sa soeur qu'on devine liée à un passé qui nous restera inconnu.

Ce film est aussi fort de ses silences.

 

Jacqueline Marro

 


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