31 mai 2021 1 31 /05 /mai /2021 05:33

de Nora Martirosyan 2020 France Arménie Belgique

avec Grégoire Colin, Hayk Bakhryan, Arman Navasardyan

 

en compétition officielle au Festival de Cannes 2020 et à la sélection ACID 2020. '

le seul film dans l'histoire du festival de Cannes à avoir eu cette double sélection

 

 

Alain, un auditeur international, vient expertiser l’aéroport d’une petite république auto-proclamée du Caucase afin de donner le feu vert à sa réouverture. Edgar, un garçon du coin se livre à un étrange commerce autour de l’aéroport. Au contact de l’enfant et des habitants, Alain découvre cette terre isolée et risque tout pour permettre au pays de s’ouvrir

 

 

 

Si le vent tombe

 

 

 

 

L’auditeur français Alain Delage -même s’il est censé connaître l’historique de cette « enclave » montagneuse située à l’intérieur de l’Azerbaïdjan, de population arménienne, cet état autoproclamé République d’Artsak en 1994- mais qui n’est pas reconnu par les membres de l’ONU - est médusé quand il doit emprunter la longue route interminable qui le mène à l’aéroport de Stepanakert. C’est le prologue du film. Prologue où s’épanouit la beauté majestueuse des montagnes dans leur minérale aridité, (la réalisatrice par des plans récurrents sur leurs flancs, des panoramiques répétés sur l’enclave sculptée, ou des plans moyens sur des masses de verdure fera du paysage un personnage à part entière affichant cette naturelle beauté comme gage d’existence  ) ; prologue qui met en évidence la difficulté d’accès au Haut Karabakh (une seule route tortueuse depuis l’Arménie et 8h de trajet) ; prologue enfin qui encode le film : c’est par cette route que nous entrons dans « si le vent tombe » tout comme G Colin pénètre en territoire « inconnu» déclinant son identité à un poste frontière « Alain Delage» (ah oui Alain Delon !!) avec ce passage de la nuit à la clarté du jour -tout comme l’expertise pour laquelle il est mandaté permettrait à cet Etat de passer de l’ombre à la lumière (cf les paroles de la journaliste mandatée par la télévision locale)

Voici un aéroport (qui ressemble à s’y méprendre à un oiseau cloué au sol…(et la toute dernière scène symbolisera un envol fictif !) il est quasiment neuf ; dans le hall circulent les quelques employés (entretien billetterie) le directeur Cet aéroport ne fonctionne pas…..OR un enfant porteur d’eau traverse à intervalles réguliers les pistes d’atterrissage, les frontières seraient-elles poreuses ?… Une situation « absurde » qu’accentue le décalage entre le « sérieux » d’Alain (et il agira avec méticulosité et opiniâtreté) et la fausse impassibilité des habitants (d’autant que la réalisatrice opère souvent par ellipses ou cercles narratifs concentriques)

Grâce à la fiction (imaginer un audit, opter pour un lieu symbolique : l’aéroport carrefour de tous les possibles) et à un traitement particulier de l’absurde, « si le vent tombe »  est un film engagé : vous (la dite communauté internationale, incarnée par Alain Delage) qui ne reconnaissez pas l’existence de cet état, ouvrez les yeux !! et contemplez ces monts et forêts, écoutez ces habitants ; vous qui étiez plus préoccupés dans les années 90 par le sort de la Yougoslavie, vous avez ignoré la guerre et ses ravages sur notre « pays » dont nous portons encore les séquelles. Regardez cet enfant Edgar porteur de bonbonnes d’eau, tout comme il est porteur d’espoir (un projet certes et dans l’immédiat vendre cette eau « miraculeuse ») Envolez-vous avec lui dans cet oiseau d’acier pour découvrir la beauté de nos paysages mais aussi clamer notre reconnaissance à l’univers ! embargo levé et reconquête de notre dignité ? 

 

Le film a été tourné en 2018.

Hélas, peu de temps après, le conflit a repris du 27 septembre au 10 novembre 2020, entre l’Azerbaïdjan équipé d’armes en provenance dIsraël et soutenu par la Turquie et les forces militaires du pays soutenues par l’ArméniePour le Haut-Karabaghles pertes en hommes ont été très importantes et une grande partie du pays se retrouve dorénavant sous l’emprise de lAzerbaïdjan.

 

Colette Lallement-Duchoze

 

pour info

Native de l’Arménie soviétique, Nora Martirosyan est dorénavant installée à Montpellier où elle se partage entre l’enseignement du cinéma et de la vidéo et la réalisation de films. Après plusieurs court-métrages, elle a choisi, pour son premier long métrage, de poser sa caméra dans un pays très particulier, un pays qui n’existe pas sur le plan juridique et géopolitique, mais qui a pourtant une capitale, un président et qui est doté d’une constitution. Ce pays, c’est le Haut-Karabagh et elle l’a visité pour la première fois en 2009. Le cheminement pour arriver à Si le vent tombe a été long : le film a été développé dans le cadre des ateliers d’Angers 2014, le projet a été sélectionné par l’Atelier Cannes 2014 et l’écriture du scénario a été finalisée avec la romancière Emmanuelle Pagano, rencontrée à la Villa Médicis

 

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 03:57

 

(That Which Does Not Kill). France, Belgique. 2019. 83 min // Autrice & réalisatrice : Alexe Poukine //
Image : Elin Kirschfink // Son : Bruno Schweisguth et Marie Paulus // Montage : Agnès Bruckert // Production & diffusion : CVB (Centre Vidéo de Bruxelles), Alter Ego Production.

En 2013, à la sortie d’une projection de l’un de ses films, la réalisatrice est abordée par une spectatrice qui lui raconte son histoire survenue neuf ans plus tôt. Dépositaire de ce récit de viol, puis de situations similaires racontées par certains de ses proches, Alexe Poukine cherche alors une forme pour faire entendre la parole des victimes : « J’avais très peur en demandant à Ada de témoigner face caméra qu’elle se reprenne la violence qu’elle avait déjà vécue multipliée par cent par les spectateurs », raconte-t-elle sur France Culture (écouter l’entretien ci-dessous). Elle songe donc à faire dire ces mots par des acteurs et des actrices. Ils les ont appris, ont repris le phrasé d’Ada, se sont mis dans sa peau, sont parfois submergés d'émotion et ont ajouté pour certains leur propre récit. Et Alexe Poukine a réussi ce qu’elle cherchait à faire : « Mettre une distance pour que le spectateur puisse entendre cette histoire. » Du viol à la plainte, de la honte au témoignage, jusqu’au moment du renversement de la culpabilité – « Au lieu de traquer ce qui n’allait pas chez moi, j’ai commencé à me demander ce qui n’allait pas dans ce que lui m’avait fait » –, ces mots tissés entre eux disent ce qu'est un viol et permettent de comprendre comment la vague #MeToo a pu se former.

 

 

 

Sans frapper

                                                         image Documentaire d'Alexe Poukine

À écouter : L’entretien avec Alexe Poukine réalisé le 21 octobre 2020 par Clara Beaudoux pour le blog documentaire de France Culture.

 

 

À voir en ce moment sur Tënk : «Sans frapper», la force des mots mis sur les violences sexuelles | Documentaires | Mediapart

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26 mai 2021 3 26 /05 /mai /2021 03:41

Voir la version en ligne 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 16:40

Court métrage d'Alice Rohrwacher Italie 2021

 

à voir sur MUBI

La  propagation de la pandémie de Covid-19 nous a obligés à rester chez nous et nous a empêchés de nous rencontrer physiquement. Dans «l'exil» des connexions corporelles, ce petit court métrage parle d'autres formes de contact entre voisins, à travers un vieil appareil photo 16 mm, un zoom et quelques mètres de film périmé

Quattro strade

                                                        Image film four roads Alice Rohrwacher

Ce film de confinement d’Alice Rohrwacher échappe à la claustrophobie des vidéoconférences grâce à un appareil photo et un zoom. Un petit bijou d’humanisme sous le soleil italien, dans lequel le visage de ses voisins est immortalisé en 16 mm et accompagné d’une narration tout en douceur MUBI

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 11:39

Court métrage  de Louis Séguin (2019)

 

disponible jusqu'au mardi 18 Mai sur Brefcinéma

 

Bus 96 - Les films - Brefcinema | Le meilleur du court métrage en VOD

 

https://www.brefcinema.com › films › bus-96

 

 


 

"Pyrénées-Ménilmontant : deux amis montent dans le bus 96. Le temps d’un trajet, Hugues évoque ses projets de films. Louis l’écoute, mais il pense à autre chose. Le bus avance, et les souvenirs s’accumulent."

Bus 96

sur la page  Bus 96 - Les films - Brefcinema | Le meilleur du court métrage en VOD

 

lire la pertinente critique de Raphaêlle Pireyre

 

écouter la rencontre avec Laetitia Mikles  (Bonus)

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 05:20

Voir la version en ligne 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2021 2 11 /05 /mai /2021 19:41

de Valentyn Vasyanovych  (Ukraine 2019)

avec Andry Rimaruk (Sergiy) Ludmyla Bileka (Katya)

 

prix Best Film dans la section Horizons Mostra Venise 2019

Grand Prix Listapad d'or du meilleur film au festival Listapad

Prix spécial du jury au Festival international du film de Tokyo 2019

 

Ukraine orientale, 2025. Sergiy, un ancien soldat souffrant de stress post-traumatique, a du mal à s’adapter à sa nouvelle réalité : celle d’une vie éclatée et d’un pays en ruines. Il décide de rejoindre une organisation de volontaires qui exhument les cadavres des victimes de la guerre.

Atlantis

Nous sommes en 2025. La guerre Ukraine/Donbass est terminée depuis un an. Or "le plus gros problème du Donbass n’est pas la dégradation économique, mais la catastrophe écologique" affirme le réalisateur. Pour illustrer ce propos il va filmer les ravages dévastateurs, dans un paysage post-apocalyptique, en suivant le parcours de Sergiy,  depuis cette scène inaugurale dans la neige où avec un autre soldat démobilisé, il répète les gestes du « tueur » sur des « cibles », jusqu’à l’acceptation d’une vie réellement choisie, - par-delà  la résignation-, après avoir participé avec des volontaires (dont Katya) à l’exhumation des cadavres restés sans sépultures

Etrangement macabre et suggestive cette scène muette où l'acteur promène un regard impuissant sur des objets témoins d’une vie à jamais anéantie : chaussures d’enfant, piano délabré, fauteuil défoncé, vitres et vitrages fracassés, murs lacérés ; le crissement de ses pas sur les débris jouant le rôle de bande-son

Froide et funèbre cette autre séquence où debout face à un cadavre qu’on vient de « déterrer » l’employé débite sa longue litanie descriptive sur un ton monocorde, n’épargnant aucun détail (des vêtements -du moins ce qu’il en reste-  jusqu’au fond de la gorge que l’on explore avec la main pour en récupérer des balles, de la peau qui se délite jusqu’au tréfond de ce qui jadis (un an à peine) fut un corps. Et voici en écho une séquence quasi identique mais tournée en extérieur ; ils sont là les cadavres tels des gisants, corps momifiés de personnes inconnues (réduites désormais à des chiffres) Os dénudés,  portable dans la poche, police de Donbass, bras arrachés, etc.  que l'on photographie. Inventaire presque sordide dans une contrée aride et cendrée comme désertée par l’humain, inventaire qui dessine en creux les atrocités de la guerre et qui  transforme les  reliques en lambeaux de Vie, lambeaux de ce qui fut et jamais plus ne sera

Insolite cette façon de prendre un bain dans une benne sise au milieu de rocs, benne que Sergiy alimente en eau avec le réservoir de son véhicule! de l'eau non contaminée ??? 

Les   "cibles" de la scène d’ouverture,  les voici comme déplacées dans un ailleurs sombre et théâtralisé et c’est lui Sergiy,  qui se démultiplie en ombres chinoises. Seul (son compagnon a préféré rejoindre l'acier en fusion ....à une improbable survie!!)  mais avec deux armes:  a-t-il choisi d'éliminer  ces fantômes après les avoir défiés?

 

Peu de mouvements de caméra (le plus souvent fixe); de longs plans séquences.  Le réalisateur ne commente pas il donne à voir à l’état brut la dévastation d'un univers (caméra subjective car c’est par le regard de Sergiy que nous appréhendons le réel)

Il faudra attendre les scènes finales pour entrevoir la  "lumière"' (?) Grâce à un raté- le véhicule s'est arrêté, Katya et Sergiy  dans l'attente d'une dépanneuse, abandonnent leurs corps au désir, et leurs spasmes vont se confondre avec les giclements de la pluie et les crépitements de l’eau qui ruisselle, l'espace destiné aux morts s'est converti  en chambre d'amour! 

 

Longue la route des tombes et des sépultures dans ce cimetière! 

Long le chemin de cette organisation qui se concentre sur la surveillance écologique des zones dangereuses car à cause de la guerre personne ne peut habiter ici mines inondées usines détruites eau polluée le mieux serait de s’en aller. Après 10 ans de guerre ? 10 ans pour purifier ce pays du poison de la propagande soviétique et de leurs fables...Maintenant il faut purifier la terre et l’eau

 

 « j’ai compris que je devais vivre » Vivre avec des gens normaux c’est dur. On ne peut pas se forcer. Soit on s’accepte tel qu’on est, soit on disparaît

Une nuée d’oiseaux s’en vient piailler face à l’immensité de l’usine désaffectée : métaphore et/ou prémices de l’espoir ?

 

Un film parabole étonnant, non sans ambiguïtés, que je vous recommande

 

A voir sur MUBI (en exclusivité) 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 13:32

Court métrage d'Ariane Labed 27' (France, G-B  2019)

avec  Romanna Lobach, Jenny Bellay, Grégoire Tachnakian, Gall Gaspard

 

présenté au festival de Cannes 2019  Quinzaine des Réalisateurs

Olla a répondu à une annonce sur un site de rencontre de femmes de l’Est. Elle vient s’installer chez Pierre qui vit avec sa vieille mère. Mais rien ne va se passer comme prévu.

Olla

Avec sa chevelure rousse orange, ses bottines à talons aiguille, sa mini jupe, traînant une valise à roulettes, elle émerge du brouillard. C’est Olla. Accueillie par son hôte (un célibataire endurci, médusé par tant de beauté..) elle sera la femme au foyer, la domestique (courses, ménage, préparations culinaires, toilette d’une mère ankylosée muette !)

Dès le début de cet étrange court métrage on devine le rapport dominant/dominé qui présidera aux relations  Pierre/Olla

 Ariane Lebed (que nous avons vue  dans le film  The Lobster réalisé par son mari Yorgos Lanthimos)  maîtrise et le sujet (la traite des prostituées venues de l’Est; ici le "dominant"  sera délibérément un personnage de "comédie", un ridicule   engoncé dans des principes : usage de patinettes, baiser rituel sur le front mais qui sous des apaprences "doucereuses" n’en reste  pas moins un "violent") et la forme -une mise en scène qui frise la comédie burlesque (cf la séquence de la  "pole dance" dans le salon, où le corps d’Olla aux ondulations très sexy fait face au mutisme d’une mère impotente figée dans son fauteuil et celle de la masturbation à la cuisine où l’érotisme de la caresse libératrice se marie à la dégustation de jambon).

Olla  se donne à voir comme un "collage"  -succession de "tableautins" où alternent les silences et la musique "what is love", intérieurs et extérieurs, duos avec la mère ou Pierre et solos, chorégraphiés ou théâtralisés et dont le fil conducteur serait peut-être la quête d'amour?? 

Réalisme au style  sec et efficace ? Plutôt faux prosaïsme (teintes plates et formes accentuées chères aux Nabis, pour les extérieurs, couleurs acidulées et aplats à la Adami pour les intérieurs); mais à coup sûr, une façon de filmer proche de Chantal Akerman, ne serait-ce que par le recours aux plans fixes dans l’appropriation d’un lieu et dans la manière si spéciale  de scruter un visage. Et sans aller jusqu'à  identifier Olla à Jeanne Dielman, on peut affirmer que loin des clichés, la jeune femme -apparemment soumise- maîtrise  son destin (cf la relation vénale avec un zoneur et surtout  la scène finale). Et ce, malgré la barrière de la langue, malgré les tentatives de dépossession (celle de son identité par exemple) et d’humiliations (rapport sexuel non consenti avec Pierre )

 

A voir sur MUBI

 

Colette Lallement-Duchoze

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5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 11:20

Court métrage de Rémi Rappe (2019)

 

Isolés sur les îles du Salut, une troupe de singes capucins et un couple de paons vivent une mystérieuse épopée. La faune et la flore effacent doucement les vestiges de ce lieu de mémoire, connu pour abriter un des bagnes les plus durs  de Guyane.

Fracas

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4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 15:53

de Jonathan Glazer court métrage de 12'

casting danse : Kaorito Ito, Germaine Acogny,  Andrey  Berezin,  Ditta Miranda Jafsi

musique :  Mica Levi

Plus de 500 ans après la crise frénétique qui s'était emparée des habitants de la ville de Strasbourg poussant ces derniers à danser sans relâche pendant un mois –, le réalisateur britannique Jonathan Glazer choisit lui aussi de diffuser le virus de la danse avec son nouveau court-métrage intitulé Strasbourg 1518. Dix minutes durant, les spectateurs observent les corps des acteurs s’animer de manière effrénée sur une techno explosive signée Mica Levi – ayant déjà réalisé les bandes originales d’Under The Skin (2013) et de The Fall (2019).

Strasbourg 1518

A voir  sur la plate-forme Mubi

 

 

 

Comme dans certaines  chorégraphies de Pina Bausch (deux danseurs viennent du Tanztheater Wuppertal)  on va assister à une forme de transe où chaque danseur invente son propre rituel. Des solos furieux mais  élégants, des solos virtuoses et émouvants mais aussi  tournoyants à en perdre la tête (cf les  dernières minutes filmées avec des effets stroboscopiques).

Chorégraphies dont le tracé sonore est renforcé par la musique techno de Mica Levi (compositrice entre autres de Jackie de Pablo  Larrain)

Espace clos dénudé, au faible éclairage ; sur  les murs/parois les interprètes s’en viennent buter, se cogner ou  reprendre un peu de force (?) telle l'escale obligée d’un parcours accidenté ?; un baquet rempli d'eau:  la danseuse se penche et s'asperge les mains , le visage  (fonction lustrale?) et quand le cadre s'élargit voici une fenêtre donnant sur un décor (urbain ?)  comme pour opposer non seulement un extérieur avec ses repères connus (ou rêvés?) de tous   à un intérieur de solitude,  mais aussi pour illustrer, en le rendant plus poignant,  le douloureux confinement de ces "enfermés" .

La danse comme symptôme ou thérapie? La danse expression, tout  à la fois,  de liberté et de servitude due au confinement ! 

Et cette interrogation en ouverture, puis  entendue   à plusieurs reprises   "comment allez-vous?"  est-elle ironique ou cynique?  ou les deux?

 

12' de spasmes et de frénésie à ne pas rater 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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