16 août 2020 7 16 /08 /août /2020 07:40

ANGÈLE À LA CASSE
Court métrage de fiction
de Matthieu Chatelier et Daniela de Felice
Une casse automobile en bordure de périphérique. Angèle, la vingtaine, vient d'en hériter. Elle y travaille sans relâche, faisant face à ses nouvelles responsabilités. Un matin, un homme se présente à la recherche d'une voiture rouge.

CASQUE PAS POUR TES OREILLES
Film d'atelier
de Jean-Jacques Lion
L’équipe du concert pédagogique Peace & Lobe vient au lycée pour sensibiliser les élèves aux risques auditifs. Parmi les élèves, une jeune fille porte un casque un peu particulier sur les oreilles…

LE BONHEUR EST DANS LE FOOT
Documentaire
de Fabrice Tempo
Le foot fait chavirer le cœur des supporters au gré des rebondissements du championnat. Parfois on rit, parfois on pleure, mais c’est comme ça qu’ils l’aiment. Olivia, Vincent Réo, et les autres ne sont pas les caricatures souvent présentées par les média. Au sein de leur club, ils vivent une passion qui remplit les vides et les blessures de leur existence. Leurs rendez-vous sportifs sont dès lors un prétexte pour se retrouver, nouer des liens, tisser des amitiés. Pour certains, c’est une seconde famille. 10 mois durant, nous partageons leur joies, espoirs et déceptions, en plongeant au cœur du mystère de la passion du ballon rond.

MÉTIERS ARTISANAUX ET SAVOIR-FAIRE
Montage de films amateurs
Le cinéaste amateur Michel Batel, ébéniste de métier, s'intéresse à la transmission des gestes du travail par cette série intitulée : "Nature et couleurs", tournée dans la Manche au début des années 1950. On y découvre le travail du sabotier de la Chaise-Baudouin, maniant avec habileté différents outils tel que : l'herminette, la tarière, le paroir, la cuillère, la rouanne ou encore le boutoir... ou celui d'un charron à Romagny (au lieu-dit de la Raimbodière) sollicitant bon nombre de compagnons pour ajuster le bandage lors de ce ferrage de roues à domicile.
Quand le cinéaste Guy Robert, horticulteur près d'Elbeuf, témoigne du savoir-faire des forestiers et bûcherons en forêt de Bord, près de Pont de l'Arche dans l'Eure, avec ces séquences de martelage, sciage, encrouage.

 

115 boulevard de l'Europe 76100 Rouen FR


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30 juillet 2020 4 30 /07 /juillet /2020 06:19

Documentaire de Julie Deliquet  Karim Moussaoui Sergei Loznitsa et Jafar Panahi (France Algérie Ukraine Iran) 

 

D'un village iranien au Palais Garnier, d'un hôpital de Villejuif au sud de l'Algérie, des voix s'élèvent....Quatre cinéastes internationaux filment des chants de femmes et évoquent à leur façon le monde où vit chacune d'elles...

La scène digitale de l’Opéra national de Paris 3e scène a proposé à quatre artistes, de réaliser des courts-métrages sur le chant et la musique. 

 

Programme de quatre courts métrages. «Une nuit à l'Opéra». Sergei Loznitsa recrée une soirée de gala organisée au Palais Garnier dans les années 50 et 60. En grande pompe, le Tout-Paris et les célébrités internationales de l'époque gravissent les marches de l'Opéra devant un public en liesse. - «Les Divas de Taguerabt». Accompagné de son équipe de tournage, Karim Moussaoui part dans le désert à la recherche des mystérieuses Divas du Taguerabt. - «Violetta». Dans les couloirs de l'Opéra Bastille et de l'hôpital Gustave-Roussy de Villejuif, deux femmes incarnent en miroir la maladie. -«Hidden». Jafar Panahi part à la recherche d'une jeune femme à la voix d'exception que les autorités religieuses iraniennes interdisent de chanter

Celles qui chantent

Au-delà de l’altérité bien réelle et qualitative, et par-delà des oppositions si patentes (lieux histoire culture) le film "Celles qui chantent" loin d’être une mosaïque, propose une dynamique faite de superpositions de rémanences de surgissements, qui ressemblerait étrangement au contrepoint

 

Il s’ouvre sur un montage assez facétieux d’archives ( pastiche ?), du réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa (voyez ces têtes couronnées ce monde du show-biz et de la politique gravissant les escaliers de l’Opéra Garnier, puis  s’installer - pleins de compoction -  avant que ne retentissent les vibratos de La Callas, seule sur le devant de la scène) alors qu’à l’extérieur la foule compacte trépigne d’applaudissements ...Il se clôt sur Hidden de Jafar Panahi ; assigné à résidence ce réalisateur iranien a su contourner les diktats de la censure (cf ceci n’est pas un film ; taxi Téhéran) Le dispositif adopté pour Hidden rappelle celui de Trois visages ; au volant de sa voiture Jafar Panahi conduit une amie qui pour son futur spectacle, recherche la jeune femme à la voix enchanteresse….Une voix qui restera sans visage car « la femme qui chante est toujours indécente là où règne l’obscurantisme » Dans Trois visages c’était la voix de la poétesse recluse Sharzad interdite de tournage depuis 1979 que nous entendions ; voix sans visage elle aussi !!!

Exubérance et ténuité,  richesse et dénuement (qui se double d'un message politique) mais une voix qui transcende! 

 

C’est un même dépouillement qui prévaut dans les divas de taguerabt (Après la « société du spectacle » d'une nuit à l'Opéra). Le réalisateur nous entraîne dans ces grottes où les femmes filmées le plus souvent dans leur compacité font retentir la pierre millénaire de leurs chants eux aussi archaïques. Une mélopée qui traverse les âges et les frontières ; une mélopée et sa dialectique mémoire et oubli, proximité et distance, simultanéité et décalage (avant d’explorer cette béance le réalisateur s'interrogeait sur l’incongruité voire l’absurdité de construire un opéra en Algérie, (proposition de la Chine) pays qui « regorge » de chanteurs traditionnels !

Les deux « faux » documentaires tournés tels des road movie « encadrent» Violetta. Un court métrage pour le moins surprenant et avouons-le assez bancal : le scénario? La maladie incarnée par deux femmes . Le procédé ? l’alternance. On suit le parcours de la soprano Aleksandra Kurzak qui interprète La Traviata mise en scène par Benoît Jacquot et le parcours d’une jeune femme atteinte d’un cancer dans le service d’oncologie à Villejuif. D’où les effets spéculaires assez artificiels : la maladie frappant à la fois l’héroïne de Verdi et le personnage de fiction. L’artificialité étant toutefois compensée par une interrogation sur les jeux de masques et sur les fonctions du double !

 

Or n’est-ce pas à ce " jeu" que nous conviaient  Sergei Loznitsa (un patchwork de plusieurs soirées de gala pour donner l’illusion de …) et Moussaoui (après des questionnements propres au documentaire sur la place de l’art dans la société algérienne il reconstitue -fiction- la scène de la grotte)

 

 

La réponse ne s’inscrit-elle pas dans le dernier plan de Hidden ?

Un drap (mortuaire) qui recouvre la voix de celle qui chante

 

Un film à ne pas rater (Omnia aux toiles)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

Nous avons vu le doc "Celles qui chantent "

 Très décevant

 En dehors de l'extrait avec la Callas, sublime, et le doc iranien vraiment intéressant.  Le reste est  sans intérêt aucun. Le doc Algérien est même pénible, beaucoup trop long et mal filmé . Sur un sujet pareil on peut facilement faire mieux! 

Bref un patchwork fait n'importe comment

Serge Diaz 

4 août 2020

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 06:11

de Rodrigo Sorogoyen (Espagne) 

avec Marta Nieto (Elena)  Jules Porier (Jean) Alex Brendemühl  (Joseba le compagnon d'Elena ) Anne Consigny (Léa la mère de Jean) Frédéric Pierrot, (Grégory le père de Jean) Raùl Prieto (Ramon le père de l'enfant disparu) 

 

 

 

Dix ans se sont écoulés depuis que le fils d’Elena, alors âgé de 6 ans, a disparu. Dix ans depuis ce coup de téléphone où seul et perdu sur une plage des Landes, il lui disait qu’il ne trouvait plus son père. Aujourd’hui, Elena y vit et y travaille dans un restaurant de bord de mer. Dévastée depuis ce tragique épisode, sa vie suit son cours tant bien que mal. Jusqu’à ce jour où elle rencontre un adolescent qui lui rappelle furieusement son fils disparu…

Madre

"Madre est l’histoire d’une mère et d’un fils, qui n’est pas le sien. Et c’est une histoire d’amour.”

 

Le  film s’ouvre sur une séquence qui restera dans les annales ; un plan séquence de plus de 15 minutes ; de son appartement de Madrid, une mère affolée tente de  "guider"   son fils de 6 ans seul sur la plage (sud-ouest de la France?) -le père s’étant absenté momentanément ; un homme s’approche ; menace : le gamin est en danger ;  brisure de l’univers apollinien ; la mère zigzague dans l’appartement ; s’arrête , gros plan sur son visage hébété, son regard affolé ; elle respire , suffoque tout comme l’enfant au bout du fil...; la ligne est coupée ; plus de tonalité. Enfant disparu ?

Ellipse

10 ans après.

Ce sera le film, l’après drame

 

Elena travaille dans un restaurant en bord de mer sur la côte basque française là où précisément 10 ans plus tôt son fils a disparu. Pendant ses moments de "loisir" elle arpente, seule,  hagarde la plage (récurrence d’un plan filmé en grand angle,  bande son qui amplifie le mugissement sauvage des vagues,  flux et reflux épousant la sidération d’une mère dévastée par la perte de son enfant, le ressassement ad libitum ad nauseam « la mer la mer toujours recommencée »)

 

. Jusqu’ au jour où elle croit reconnaître son fils …en la personne d’un adolescent... de 16 ans...Jean.

Ce fut comme une apparition.

Dès lors se noue une amitié amoureuse étrange. Dès lors vont triompher les non-dits et les ambiguïtés dans un univers où les frontières entre amour maternel, amour incestueux, amitié amoureuse semblent fragiles et  poreuses -d'autant que de très gros plans sur les visages des deux protagonistes ou sur les mains qui se cherchent semblent célébrer le frémissement de la peau et que la lascivité de certaines positions n'échappe pas à Joseba -le fiancé d'Elena- alors que les parents de Jean laissent éructer leur verbe accusateur !!!

 

Si ce « thriller » psychologique se veut assez tortueux, si l’actrice incarne avec brio la « madre » la « folle de la plage » (elle a reçu un prix d’interprétation à la Mostra de Venise) que dire du jeu de Jules Porier ? Des rôles secondaires ? Et surtout de cette mise en scène par trop insistante ? Co-existence deuil (disparition et trauma) et animation (<anima le souffle) celle des surfeurs des feux de camp des bains de nuit .. 

Si certains plans par leur cadrage et leur lumière renvoient à E Hopper et si l’on retrouve avec plaisir la prédilection du cinéaste pour les plans séquences, force est de constater que le transfert affectif -thème majeur du film- et une "possible" reconstruction souffrent de complaisance dans cette "dilatation" (espace temps )

 

Dommage

Rappelons que la séquence d’ouverture est en réalité la reprise d’un court métrage tourné en 2017 (qui fut nommé  aux Oscars et récompensé d’un Goya du meilleur court métrage) 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

Madre

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 10:41

DANS LA FAMILLE CROQUE-MORT
documentaire de Valérie Denesle et Anne Peyrègne

En 1995, Valérie Denesle et Anne Peyrègne réalisaient un documentaire sur les frères Girard, entrepreneurs de pompes funèbres depuis deux générations à Semur-en-Auxois. 20 ans se sont écoulés et les enfants prennent la relève, engageant l'entreprise familiale dans la modernité. 
Entre les images du passé et celles du présent, "Dans la famille croque-mort…" explore l'histoire d'une transmission familiale et l'évolution de notre rapport collectif et intime à la mort.

 

 
 


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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 05:01

de Amin Sidi-Boumédiéne (Algérie 2019)

avec Slimane Benouari, Lyes Salem Azouz Abdelkader 

 

présenté au festival de Cannes 2019 (Semaine de la critique)

Algérie, 1994. S. et Lotfi, deux amis d’enfance, traversent le désert à la recherche d’Abou Leila, un dangereux criminel. La quête semble absurde dans l’immensité du Sahara. Mais S., dont la santé mentale est vacillante, est convaincu d’y trouver Abou Leila. Lotfi, lui, n’a qu’une idée en tête : éloigner S. de la capitale. C’est en s’enfonçant dans le désert qu’ils vont se confronter à leur propre violence.

 

 

Abou Leila

La traque d’un supposé terroriste dans le désert qui par le jeu de trajectoires déviées, d’ellipses et de secrets, par la confusion réel surréel fantastique devient très vite un polar mental : telle est bien l’originalité de ce premier long métrage. Un film qui déroute car il fonctionne surtout de façon allégorique mais sa puissance visuelle et sonore ne saurait être remise en question ...

 

Abou Leila s'ouvre sur un long plan-séquence: assassinat d'un notable en pleine rue à Alger. Nous sommes en 1994- ce sera l'unique repère historique; 1994 l'année la plus noire de la décennie? l'année de l'intensification des attentats et de la lutte anti-terroriste??. Fuite du meurtrier après un échange de coups de feu avec des policiers

Puis nous voici à bord d’une voiture ; passager clandestin, le spectateur est entraîné dans une sorte de "road movie" : au volant,  Lotfi, et à ses côtés  S son ami  (?) malade;  deux personnages énigmatiques et peu bavards. Quel est donc le lien avec la scène inaugurale ? est-on en droit de se demander . On le découvrira  progressivement…mais là n’est pas l’essentiel !!! 

Le réalisateur donne à voir, en les explorant, les failles et les cicatrices causées par le terrorisme  surtout à travers le personnage de S à la santé défaillante (état nauséeux et fébrile comme symptôme d’un trauma?) que Lotfi  tente d’éloigner de la capitale . Conscient de l'inanité de la mission qui obsède son comparse  (retrouver Abou Leila à partir d'un seul portrait) , il sait aussi que la folie s'est emparée de tous ...

Traversée du désert. Désert dont la vastitude se prête au déploiement des cauchemars ; désert où la frontière entre humanité et animalité est abolie (Abou Leila le terroriste est devenu dans la vision cauchemardesque de S ce guépard qui tue et se nourrit des viscères de l’homme…) Désert où l’inconscient s’éploie sans contrainte. Désert et interrogation philosophique  "si on extirpe la violence de son contexte originel continue-t-elle de s’exprimer ? La violence a-t-elle besoin de son objet ?" Et ce qui intéresse le réalisateur, c’est précisément l’origine de la violence et non son objet.... (d'où la portée universelle de Abou Leila) 

La progression dans ce film énigmatique (parfois suffocant voire oppressant)  est mentale et non pas narrative même si la dernière partie se veut explicative,  ce que renforce d’ailleurs la bande-son à la puissance immersive -elle plonge en effet le spectateur dans la « tête » de S : ainsi la récurrence du bruit de crépitement marque le passage vers l’hallucination, le son amplifié des mains de villageois qui frappent sur les vitres de la voiture illustre sa paranoïa

Un film à ne pas rater!!

 

 

Colette Lallement-Duchoze


 

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21 juillet 2020 2 21 /07 /juillet /2020 16:13

de François Ozon (2020)

avec Félix Lefebvre (Alex) , Benjamin Voisin (David), Melvil Poupaud (le professeur), Valeria Bruni Tedeschi (la mère de David)

L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu'un été ? L’été 85...

Été 85

Labellisé Cannes 2020 , salué par la critique, le film de François Ozon était magnifié avant même sa sortie le 14 juillet. Adapté (librement dit le générique de fin) du roman d’Aidan Chambers  "dance on my grave" (1982) cette parenthèse estivale (sens littéral du titre) frappe surtout par son ambivalence et son ambiguïté à tel point que les clichés (et ils pullulent) s’inscriront dans cette dualité. Voix intérieure et écriture, collision des temporalités (le moment présent et le passé proche ressuscité) vécu et fantasme, l’amour et sa sublimation, Eros et Thanatos de surcroît.

 

La dramaturgie elle-même est  "double" : la scène d’ouverture (reprise en écho vers la fin) correspond à un aboutissement : si Alex(is) comparaît devant un juge, c’est parce qu’il a commis l’irréparable (du moins nous prévient-il dès les premières minutes -voix off- il a  "tué" ; Alex,  un adolescent blond à la figure d’ange , un criminel? il avoue être  fasciné par la mort et passionné d’Egypte ancienne.  À partir de ces aveux liminaires, -effet de mise en abyme- le film va restituer les éléments d’un  "puzzle" : le spectateur est intrigué alors que la romance amoureuse va se doubler d’une forme d’enquête -(qui renverrait au genre policier?)

 

La relation " amoureuse" -depuis la rencontre : Alexis sauvé des eaux par  David-, jusqu’à la rupture et la "mort" de David -en passant par les balades en moto cheveux au vent, l’effervescence, l’exaltation, que commente la voix off,  est-elle celle qu’Alex a réellement vécue ou celle que sublime son écriture ? (Sur les conseils de son professeur  Alex raconte par écrit ce que la parole est incapable d’exprimer).  Le pacte du romancier avec le lecteur sera ici celui du réalisateur avec le spectateur ! Et l’histoire d’Alexis devient le roman d’Alex (ou l’inverse ? ). Encore faut-il qu’un tel "pacte"  soit fluide, sans trop d’aspérités et comme allant de soi….Ce qui hélas n’est pas le cas!

 

 

Alexis est devenu Alex, son corps fétichisé par les cadrages - certaines poses de par leur complaisance sont loin de rendre palpables les frémissements de la sensualité. Mais ce premier "acte" a au moins l’évidence solaire de la fougue amoureuse -que renforcent le goût prononcé de David pour la vitesse et son duel avec la mort,  l’impossible épuisement du désir et l’ambiance musicale (on aura reconnu in between days  et   sailling

Mais que dire de cet « après » la mort ? La scène de la morgue vire au grotesque, la séquence au cimetière (Alex a promis de « danser sur la tombe » ) frise le ridicule. Et c’est à Kate que revient le rôle de pédagogue énonçant des vérités prétendues philosophiques. Est-ce qu’on invente toujours les gens qu’on aime ? Lui demandera le « disciple » Alex

 

Il faut échapper à son histoire.

 

Impression plus que mitigée !!!

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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18 juillet 2020 6 18 /07 /juillet /2020 04:31

Rie, une journaliste danoise, visite le chantier du métro de Copenhague pour réaliser un projet sur la coopération européenne. Mais sous terre, un accident se produit. Rie se retrouve bloquée dans un sas de décompression aux côtés de Bharan et Ivo, deux ouvriers. Chacun doit apprendre à coopérer pour espérer survivre.

Exit

Certes le travail visuel et sonore est indéniable dans ce film (dénuement progressif jusqu’à la confusion entre l’humain  la boue et  le minéral ; une mécanique respiratoire  amplifiée par la bande-son qui heurte de plein fouet les entrailles délétères  du métro de Copenhague ; jeux des lumières artificielles; visages de plus en plus crasseux aux regards  hébétés). Certes le réalisateur a le sens du suspense (procédés de gradation : chaque étape  est signalée par un écran noir ou du moins sans image, le hors champ sonore  suggérant tous les possibles ; choix de cadrages qui vont enfermer de plus en plus les humains  en même temps que monte la tension; absence de temps morts ; parallélisme de plus en plus prégnant entre les strates de la terre et celles de la psychologie humaine; )

 

Et pourtant d’où vient que l’on peut s’ennuyer dès l’annonce de la cata?

 

Un mur couvre l’écran;  il s’écroule progressivement avec fracas. Puis sans transition une vue aérienne sur la capitale , c’est le prologue d'où émergent   deux forces antagonistes, le bas et le haut, l'ombre et la lumière, l’asphyxie et l’air libre- 

Le film débute comme un documentaire : nous suivons la journaliste guillerette qui descend dans les différentes strates de la terre ; dans les goulots d’étranglement ; elle filme discute avec les ouvriers.

Mais d’emblée le décalage est  "lourd"  entre cette Occidentale sûre d’elle, confiante dans le fabuleux projet européen et des ouvriers casqués habitués aux durs travaux du  monde des Ténèbres  (une main d’oeuvre étrangère ….surexploitée !!) Quelle est la meilleure chose dans votre travail ? Ose-t-elle demander (elle a besoin de témoignages pour réaliser  ses portraits ! Portraits qu’elle affichera au siège social,  pour la "monstration" parade! portraits dont se moquent les intéressés!!)

 

Puis après l’accident Exit se veut à la fois film catastrophe et film à thèse (la crise de l'Europe ici miniaturisée). Dans le huis clos où tentent de  "survivre" les trois personnages,- la journaliste et deux ouvriers-, les échanges vont porter  sur leurs conditions et attentes respectives : Rie s’étonne de n’avoir pas pensé à sa fille quand elle s'extirpait du sas de décompression ; Ivo le Croate avoue trimer comme un dingue pour nourrir sa famille, Bharan le jeune érythréen, sans-papier,  évoque à un moment l’Enfer qu’il a vécu -l’essence remplaçant  l’eau afin de limiter la consommation pendant la traversée...du désert..  par exemple… Un périple dont il doit rembourser le coût !!

 

On n’échappera pas à la traîtrise ! à la stratégie du "chacun pour soi"  ; à ces comportements typiques de  "survie"….

 

Alors oui, on peut rester extérieur à ce huis clos ...catastrophe ..(ce fut mon cas)

 

Ou tout au contraire sortir de la salle comme "lessivé"  après avoir vécu une descente aux Enfers !!! 

 

Colette Lallement-Duchoze 

 

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 10:29

De Frédéric Farrucci

Avec Guang HuoCamélia JordanaXun Liang

 

 

Présenté en compétition  au festival Champs Elysées (9 au 16 juin 2020) ce film  a obtenu le prix du public du meilleur long métrage français 

Paris 2018. Jin, jeune immigré sans papiers, est un chauffeur de VTC soumis à la mafia chinoise depuis son arrivée en France, il y a cinq ans. Cet ancien DJ, passionné d'électro, est sur le point de solder "sa dette" en multipliant les heures de conduite. Une nuit, au sortir d'une boîte, une troublante jeune femme, Naomi, monte à bord de sa berline. Intriguée par Jin et entêtée par sa musique, elle lui propose d'être son chauffeur attitré pour ses virées nocturnes. Au fil de leurs courses dans la ville interlope, une histoire naît entre ces deux noctambules solitaires et pousse Jin à enfreindre les règles du milieu.

La nuit venue

Domination, aliénation dues aux ravages de l'ubérisation, dans un Paris de phosphorescences nocturnes, c'est la toile de fond de La nuit venue.  Film noir, thriller, film de gangsters,  mais aussi  de romance amoureuse...! Avant tout, un film d'atmosphère(s) qu'électrise la musique de Rone

 

Voici Jin, un chauffeur de VTC d'origine chinoise, sans papier, soumis aux diktats d'un compatriote  mafieux. Nous allons suivre ses "tribulations" que scande une double dynamique : le "collectif" et "l'individualisme"  sachant que le premier (à la chinoise) est perverti et que le second (à l'occidentale) obéit au schéma de domination!!

 

Il suffit de quelques touches (repas à la va vite, dortoirs immondes, campements de migrants etc...) pour que le Paris des bas-fonds, le Paris interlope éclate dans sa torpeur et sa sordidité!!!

 

Une "romance"? Certes mais d'emblée "condamnée". Dès l'instant où Jin rencontre la call-girl  Naomi, qu'il devient son chauffeur particulier, et  qu'ils préparent leur fugue, le spectateur devine que le rêve d'évasion sera frappé d'inanité...tant ils sont pris l'un comme l'autre dans les rets de l'esclavage moderne! . 

 

les gens de la nuit vieillissent plus vite 

 

Premier long métrage de F Farrucci 

Un film choc que je vous recommande

 

Colette Lallement-Duchoze

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 06:39

 De Isabel Sandoval (USA Philippines) 

Avec Isabel Sandoval (Olivia) Eamon Farren(Alex)  Ivory Aquino (Trixie)  Lynn Cohen (Olga)

Olivia travaille comme soignante auprès d’Olga, une grand -mère russe ashkénaze de Brighton Beach à Brooklyn. Fragilisée par sa situation d’immigrante philippine, elle paie secrètement un Américain pour organiser un mariage blanc. Alors que celui-ci se rétracte, elle rencontre Alex, le petit fils d’Olga, avec qui elle ose enfin vivre une véritable histoire d’amour  

Brooklyn secret

Cheveux blancs ébouriffés, mains noueuses, muette et pensive Qui est cette femme octogénaire assise seule dans cette minuscule cuisine ? Elle décroche le téléphone mural  "je veux rentrer chez moi"  une voix bienveillante la rassure "mais vous êtes chez vous Olga. Regardez le mur ; regardez la gazinière ..là où vous avez préparé …. "  Un passé recomposé dans l’instantanéité de l’échange. La voix  est celle d’Olivia ....qui  va entrer dans le champ de la caméra. Olivia l’aide-soignante.

 

Cette scène inaugurale (à laquelle répondra en écho la scène finale ...mais …) toute de délicatesse et d’émotion contenue, suggère en filigrane un essentiel -et ce sera la marque d’Isabel Sandoval. L’amnésie de la vieille babouchka, immigrée russe  vivant à Brighton Beach, Brooklyn,  n’est-elle pas à mettre en parallèle avec celle d’une Amérique oublieuse de sa propre histoire….de l’immigration ???

 

Quelques touches -dont certaines dupliquées par les effets de miroir (autre spécificité de ce film) – et c’est tout un pan de l’histoire personnelle d’Olivia qui s’impose. Transsexuelle -or son passeport la renvoie à son identité masculine- elle tente d’obtenir la nationalité américaine….Les appels répétés de "Ma" restée aux Philippines qui attend l’argent promis, les rencontres avec Trixie une amie d’enfance, la séquence au bureau de l’immigration, les infos -dont nous ne verrons pas les images sur l’écran de télévision- rappelant la politique de discrimination du gouvernement Trump, tout cela met en évidence les tracasseries administratives auxquelles fait face Olivia et les peurs qui l’habitent….

 

La relation amoureuse avec Alex -petit-fils d’Olga- est vécue avec une authenticité et une sensualité telles que la réalisatrice non seulement renverse un tabou mais fait de son héroïne une femme libre ...Relation qui est Le thème majeur de ce film : vivre intensément un amour que l’on croyait jusque-là impossible. Même si, tapie au profond, subsiste la double peur de l’expulsion et de la réaction de l’homme aimé quand il découvrira son "secret" …

 

Une esthétique minimaliste, des effets spéculaires, une répartition de l’espace -le quartier de Brighton Beach avec le passage récurrent du métro aérien et les structures métalliques de la station, et l’intérieur cloisonné tout comme Olivia a enfermé des « reliques »  tout comme elle croit avoir enfermé son « secret » : tout cela dans le contexte d’une politique migratoire toxique c’est Brooklyn Secret dont la réalisatrice -qui s’est inspirée de sa propre expérience- est aussi scénariste, monteuse et interprète

 

Un film que je vous recommande (L'Omnia aux Toiles)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 08:40

Anne Walberg est une célébrité dans le monde du parfum. Elle crée des fragrances et vend son incroyable talent à des sociétés en tout genre. Elle vit en diva, égoïste, au tempérament bien trempé. Guillaume est son nouveau chauffeur et le seul qui n’a pas peur de lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne le renvoie pas

Les parfums

Fragrance et anosmie !

 

Un Tandem au départ mal assorti (cette situation renvoie au duo classique maître esclave) mais l’apprivoisement (c’est le fil narratif) ira jusqu’à métamorphoser l’un et l’autre et en faire des complices

Elle, ex diva du parfum chez Dior, qui, suite à une anosmie (qui revient d’ailleurs à intervalles réguliers,  symptôme d’une crise plus profonde) doit se contenter  de créer des ambiances olfactives ( retrouver les fragrances d’origine d’une grotte pour sa duplication ; pallier l’odeur trop forte du cuir chez un maroquinier par exemple). Bourgeoise corsetée dans ses rigides principes, elle s’oppose à son chauffeur (un homme bienveillant à l’humour bon enfant) qui a accepté ce boulot assez bien rémunéré afin de louer un appartement digne de recevoir sa fille en garde alternée. Elle,  insensible aux "plaisirs"  de la vie (alcool tabac sexe),  lui d’abord insensible aux effluves artificiels mais...

La relation qui nous est contée (loin des clichés d’une romance) repose sur un constat plaisant et même assez original.  Anne a certes du "nez" mais manque de "flair" ;  c’est l’inverse pour Guillaume…Et le rapport initial maître - valet  après quelques péripéties (dont certaines forcent le rire) sera chamboulé à défaut d’être inversé...

 

L’alternance road movie -sur les routes de France-, et pauses -consacrées au "travail olfactif » (la grosse valise à manier avec délicatesse, ce laboratoire portatif si précieux que l’on dépose dans les chambres d’hôtel) -, crée le tempo de même que certains champs contre-champs épousant la frénésie de l’un (renifler à tout prix…) vont rendre palpables la volatilité et la subtilité des "parfums" ou leurs irradiations capiteuses.

 

On retiendra aussi la musique de Gaëtan Roussel qui accompagne le duo dans la voiture qui serpente dans un tapis aux couleurs automnales de l’Alsace 2018 (vues aériennes) ainsi que la présence d’un Gustave Kervern presque méconnaissable en gérant d’une société de voitures de luxe, toujours attablé au fond d’un restaurant chinois...

 

Un film qui par-delà  son titre fait la part belle au(x) regard (s)

Un film pudique ? Oui

Lumineux ? À vous de juger...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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