22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 09:35

De Guillaume Nicloux

Avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner

Film présenté à Cannes (Compétition Officielle)

Valley of Love

Parce que les deux acteurs sont des "monstres" du cinéma, parce qu'ils sont "bankable", le film écoeurant de grossière niaiserie risque de donner une bien piètre image du cinéma français!

Film lourdingue comme l'est Depardieu qui, dégoulinant de sueur, peine à marcher, qui, étalant son énorme ventre, en vient à cacher parfois le décor de la Vallée de la Mort. Et le contraste avec la frêle Isabelle Huppert n'en est que plus ridicule!

L'itinéraire de ce couple, (séparé depuis quelques années, convoqué par Michael leur fils suicidé qui doit leur apparaître tel jour à tel endroit dans la Vallée de la Mort) est balisé de "signaux" aussi artificiels qu'improbables (un chien esseulé dans le désert, les stigmates -marques sur les chevilles de la mère et au final sur les mains du père- tête de chien borgne baignant dans son sang dans les toilettes, apparition d'un "fantôme" dans les jardins du Motel, etc.) même si le spectateur a l'intime conviction qu'il s'agit de fantasmes hallucinatoires. Les effets d'échos ou de parallélismes (d'abord Isabelle Huppert vue de dos, puis vers la fin Depardieu), le procédé de l'alternance ou du montage parallèle, avant la rencontre des deux "parents", les plans sur les deux acteurs de face ou de dos, sont éculés et ici trop appuyés. Et ce ne sont pas quelques réparties "j'ai les pieds comme des rumstecks", "où veux-tu que je trouve du poivre ici", etc. dites avec un semblant de "sérieux" qui vont racheter la fadeur d'un scénario où manifestement le réalisateur maquille l'inconsistance de son propos par des panoramiques sur la Vallée de la Mort

Bien sûr on pourra toujours alléguer que le rendez-vous prévu par le fils  est à la fois un rendez-vous avec eux-mêmes avec leurs propres fantômes leurs angoisses (donc interpréter le tout comme un voyage initiatique), que la Vallée de la Mort peut se métamorphoser en Vallée de l'Amour, que Guillaume Nicloux tente d'opposer "vision et croyance", que son film résonne d'indices  biographiques (Gérard Depardieu et son propre fils, Gérard et Isabelle à nouveau partenaires depuis le film de Pialat), et que... et que...

Rien n'y fait!

 

Hormis la musique de Charles Ives!

 

Colette Lallement-Duchoze

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 16:28

Documentaire réalisé par Denis Robert et Nina Robert

 

Pour rendre hommage à l'iconoclaste, le fondateur d'Hara Kiri en 1960 (hebdomadaire bête et méchant), au pourfendeur des "culs bénits", héraut de la liberté d'expression, mais aussi à l'écrivain, Denis Robert a réalisé un documentaire (au sous-titre évocateur "jusqu'à l'ultime seconde j'écrirai) où se croisent interviews, images d'archives et témoignages (Siné, Willem, Delfeil de Ton et Sylvie Caster.). Un documentaire qu'il a dû financer avec prêt participatif -aucune chaîne n'ayant consenti à l'aider financièrement!

Ironie de l'histoire: son travail commencé bien avant 2014, vient percuter sur le roc de l'immanence: la mort de Cavanna en janvier 2014 et un an après, sur l'atroce fêlure de l'Histoire: les événements tragiques de janvier 2015 (le rendez-vous prévu avec Wolinski ne put avoir lieu...). Il s'en trouve illuminé d'autres feux!

Cavanna

Cela étant, alors que dans sa déclaration d'intention Denis Robert affirme "ne pas faire oeuvre hagiographique", le choix au montage de prendre comme fil directeur les extraits d'oraisons funèbres de témoins et amis (Charb, Laclavetine, pour ne citer qu'eux) lors des funérailles de Cavanna, verse malgré tout dans la litanie spécifique de l'hagiographie. Donner à voir des paragraphes calligraphiés en exergue aux chapitres consacrés à l'oeuvre de Cavanna (Les Ritals, Les Russkoffs, Lune de miel, etc.) tourne au procédé "facile". Le recours aux très gros plans (visage de Cavanna répondant aux questions de Denis Robert, lequel reste la plupart du temps hors champ) est assez plombant (et ce, malgré une beauté inaltérée par l'âge et la maladie!). Parfois même alors que le spectateur entend en off certaines voix amies, son attention est perturbée par un défilement rapide d'images qui donnent l'impression d'une accumulation à peine maîtrisée

 

On l'aura compris: un sujet très porteur mais une mise en forme décevante

Résonne malgré tout la vibration du Vivant par-delà la Mort!

 

Colette Lallement-Duchoze

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 16:18

de Stéphane Brizé

Avec Vincent Lindon (Thierry) Karine de Mirbeck (sa femme) Xavier Mathieu (délégué syndical) et des acteurs non professionnels

chef opérateur Eric Dumont

Présenté en Compétition Officielle au Festival de Cannes 2015

Prix d'nterprétation masculine décerné à Vincent Lindon

La Loi du Marché

"On ne me l’a pas dit" "On aurait dû vous le dire, je sais". C'est sur un entretien d'embauche que s'ouvre le prologue; entretien qui met en lumière les failles, les aberrations (délibérées) d'un système: car pour bénéficier de ses indemnités, le chômeur est dans l'obligation d'effectuer des stages même s'ils sont inutiles, même (et surtout) s'ils ne déboucheront pas sur un contrat d'embauche ("nous étions 15, et 13 sont dans mon cas" répète Thierry -formidable Vincent Lindon). Tout (ou partie) vient d'être évoqué, tel un message subliminal, sur "la loi du marché" , sa cruauté,  et particulièrement sur l'aspect dédalien de Pôle Emploi (n'en déplaise à l'ex présidente du Medef)

Stéphane Brizé fait alterner scènes d'entretien, séquences plus intimes en famille (Thierry sa femme et leur enfant handicapé) ou scènes de loisirs (cours de danse); dans la deuxième partie, aux séances d'entretien se substituent les séquences sur le lieu de travail : un supermarché où Thierry a accepté d'être vigile, donc être à l'affût de clients ou d'employés (les caisisères particulièrement) qui osent commettre des larcins ou autres petits arrangements... Et c'est là  qu'éclatent au grand jour les pratiques odieuses des grandes surfaces (la scène où le DRH, suite au suicide d'une employée, tient à "déculpabiliser" l'entreprise en minimisant ses torts, est le comble du cynisme; et l'enterrement celui de l'hypocrisie!)

On comprend que le film se veut être une approche quasi documentaire de la réalité, celle du monde du travail. Mais le recours à des plans séquences (en temps réel) souvent trop longs (cf la vente du mobile home), aux plans très rapprochés ou gros plans (visage, nuque, buste) censés enfermer le personnage en sa conscience, aux raccords parfois "cut", font que ce témoignage social perd quelquefois en efficacité... (et ce, même dans les  scènes où sont filmés, comme à  huis clos,  les "fauteurs" que le vigile vient "d'épingler" grâce aux écrans de surveillance !!!) Un bémol: la toute dernière scène où Thierry (devenu à son corps défendant le valet d'un capitalisme sauvage qu'il abhorre) quitte définitivement l'habit de vigile; il n'endossera plus la fonction délétère qui avait assuré momentanément sa "survie" (matérielle); rythme rapide, solitude d'un personnage réduit à une silhouette à peine floutée. Écran noir!

 

Au moins ce film -loin des querelles oiseuses à propos d'un éventuel plagiat: Brizé copiant Deboosère- a le mérite de rendre palpable la "loi du marché" : ce libéralisme dévastateur qui a contaminé notre quotidien en ses plus minuscules recoins...

 

Colette Lallement-Duchoze

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 05:56

D'Emmanuelle Bercot

Avec Rod Paradot, Catherine Deneuve, Sara Forestier, Benoît Magimel

La tête haute

Quelque chose ne tourne pas rond dans ce film qui a fait l'ouverture du festival de Cannes; et pourtant il serait, dit-on,  ovationné et plébiscité par le public et la critique

Faisons fi des invraisemblances (irruption du jeune Malony au bloc opératoire afin d'éviter une IVG, choix de Catherine Deneuve pour interpréter la juge; un procureur forcément inhumain, des éducateurs forcément dévoués) puisque nous sommes dans une fiction et non dans un documentaire. Mais la dialectique intrinsèque qui fait de Malony (et de ce qu'il est censé représenter -incarner un  déterminisme social, à Dunkerque de surcroît -) un individu partagé constamment entre deux forces contradictoires qu'un happy end va dissoudre, est assez suspecte. Si l'on ajoute l'interprétation de Sara Forestier qui en fait trop en mère ignare, fragile et pourtant aimante (pourquoi diable l'avoir en plus défigurée avec ces lamentables chicots....) Et violoncelle sur le gâteau, du Schubert....

On est trimbalé avec Malony en centres d'accueil, en CEF et jusqu'à la prison, avec visites régulières dans le bureau de la juge. (10 ans  ça crée des liens!!  ce que renforcent les clichés faciles -mère de substitution ou gros plan sur les mains qui se cherchent).  La caméra est certes souvent convulsive virevoltante à l'image de ce rebelle délinquant; et le rythme de la narration fait alterner moments de rage et d'accalmie. Mais on fait comprendre que le "dressage" est nécessaire au processus "réinsertion éducation". Le spectateur assiste à un face à face quasi permanent entre deux camps aux comportements antinomiques: réserve, empathie parfois, ténacité dans la volonté de "bien faire" d'une part, violence comportementale et verbale de l'autre . Pire, on prend soin de rappeler à cet ado combien il coûte à la "société" (200 voire 800 euros/jour)

Un manichéisme trop voyant; un hommage appuyé au système qui a su mettre en place tant de structures d'accueil de réinsertion d'éducation (dont les jeunes n'auraient que faire....) après tout "on les met sur des rails à eux de...."

Un bémol: la scène inaugurale: dans le bureau de la juge, Malony, 6, 7 ans, est abandonné par sa mère qui a pété les plombs; quelques gueulantes quelques mouvements de caméra, et le regard presque hébété de l'enfant: tout est dit!

Et une mention spéciale à Diane Rouxel (en Tess la petite amie de Malony) dont le jeu si élégant de sobriété force l'admiration (on l'on avait vue récemment dans The Smell of us )

 

Colette Lallement-Duchoze

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 06:18

De Diego Lerman Argentine, Colombie

Avec Julieta Diaz, Sebastian Molinaro

Refugiado

Pour dénoncer les violences conjugales, le réalisateur insiste sur les effets collatéraux et pervers. Tout d'abord fuir le bourreau : le mouvement de la caméra épouse ainsi les spasmes et hoquets de la peur; rythme saccadé et rapide; caméra à l'épaule aux mouvements heurtés, plans rapprochés sur le visage de la mère; on hèle un taxi, on prend le bus, le métro, et au final le bateau pour retrouver la mère dans une contrée lacustre. Laura et son fils Matias seront hébergés successivement dans un "refugiado" (refuge pour femmes battues)  dans l'appartement d'une amie, ou encore dans un hôtel de passe (cf l'affiche;  superbe plan en plongée sur un love bed de velours rouge) avant d'être accueillis par la mère. La peur, se sentir traqué, emprisonne englue l'être au profond même et surtout si l'ennemi reste invisible (à peine silhouetté au sortir de l'ascenseur; sa voix? nous l'entendrons deux fois au téléphone ainsi que son discours bien rodé de pénitent éploré). Diego Lerman avait dès le début rendu tangible cette impression d'emprisonnement avec ces grillages, cette immense "cage" de jeux pour enfants....(qui rétrospectivement acquièrent une connotation métaphorique)

L'enfant! C'est à travers son regard que nous captons la violence des adultes; et c'est précisément ce qui fait la force du film, à défaut de son originalité. À la scène d'ouverture (Matias, cape sur le dos et lunettes ventouses sur le visage sort d'un tunnel toboggan; puis seul attend vainement sa mère) répond comme en écho le début de la dernière séquence: (recroquevillé seul dans un pneu sur le bord de la rive) Entre ces deux plans que de chemin parcouru! -et ce dans tous les sens de l'expression! Le foyer pour femmes battues, à l'ambiance assez glauque, il parvient avec sa petite copine à le transformer en terrain d'expériences. Il souffre de la souffrance de sa mère; il lui emboîte le pas dans leur "traque" ; il répond à l'appel du père; il se rebiffe; mais au final alors que Laura se blottit dans les bras de sa mère et redevient enfant, lui, après avoir arpenté et défié seul les arcanes d'une nature hostile aimante et souveraine à la fois, ne se sentira plus ni réfugié ni fugitif!

 

Et pourtant quelque chose ne "fonctionne" pas bien dans ce film.... Faux thriller? Dans la course-poursuite... Scènes entre adultes? Par trop explicatives démonstratives... Maturation de l'enfant de 7 ans? Je ne sais....

Reste prégnante cette musique assez envoûtante de violon et violoncelle..

 

Colette Lallement-Duchoze

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 06:32

de Israël Horovitz

Avec Maggie Smith (Mathilde) Kevin Kline (Mathias) Kristin Scott Thomas (Chloé)

My old Lady

Israël Horovitz est un dramaturge bien connu de certains spectateurs rouennais (en effet il a accompagné la Comédie errante depuis sa création; en 1995 il assistait à deux de ses pièces présentées par la compagnie; et surtout il lui a offert de créer en France plusieurs de ses textes...). Avec My old Lady il signe son premier film en adaptant pour l'écran sa pièce "Très chère Mathilde". Afin d'éviter le piège du "théâtre filmé" il promène sa caméra au gré de l'itinéraire de son personnage principal: Mathias (Kevin Kline) qui vient prendre possession d'un appartement légué par le père défunt. Ainsi quand il n'est pas à l'intérieur de l'hôtel particulier, il déambule dans le Marais, sur les quais, sur les bords de Seine, il découvre des "jardins secrets" etc. Paris, la ville où ont vécu les auteurs que le réalisateur vénère Ionesco, Beckett et auxquels il rend hommage dans le générique de fin. Mais cette immersion dans le "charme de la capitale" ne résiste pas aux pièges du dépliant touristique (un panoramique saisit Notre Dame drapée de lumière, un travelling suit le flux ondulant de la Seine, et que dire de ces gros plans isolant des panneaux?) C'est à mon humble avis la partie faible de ce film...

Reste la comédie, soit l'essentiel; et comme souvent chez l'auteur la légèreté n'est qu'apparente. Le viager -pratique bien française mais saugrenue pour un étranger, un Américain à Paris de surcroît - va être le prétexte à des élucubrations, à des jeux de mots (comique de situation, comique de langage). Mais bien vite les "maux" qui ressurgissent tels des fantômes -et dont les trophées ne seraient que la piètre caricature – loin de solder définitivement le passé, le réhabilitent en un jeu de miroirs grâce à une série de légers rebondissements, pour mieux l'assumer!!! Dans cet intérieur où s'entassent meubles et objets poussiéreux, où certaines pièces ne sont même plus "habitées", où les photos de famille sont lovées dans des tiroirs, Mathias guidé par Mathilde la nonagénaire et sa fille Chloé, entraînera le spectateur dans son voyage intérieur, la quête de soi!

Si le contraste entre le jeu (exubérant) de Kevin Kline et celui (plus en retenue) des deux actrices Maggie Smith et Kristin Scott Thomas participe du ressort de la comédie; le décalage entre Mathilde la nonagénaire qui impose désormais ses horaires fixes, et la jeune femme au tempérament volcanique qu'elle a été, en dit long sur la dégradation de la vie....Ne serait-ce pas, au final, la thématique essentielle de ce film?

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 10:25

De Giulio Ricciarelli (Allemagne)

Avec Alexander Fehling, Friederike Becht

Le Labyrinthe du Silence
J’encourage à aller voir Le Labyrinthe du silence, film allemand de Giulio Ricciarelli, tous ceux qui comme moi se disaient, au vu de la bande annonce, bof... encore un film tourné à l’américaine sur les nazis.
Eh bien, non, heureuse surprise ! Le film est de facture classique, certes, image et montage très soignés, avec un scénario solide, une décoration qui nous plonge dans le Francfort de la fin des années 50, une succession de tableaux de couleurs froides, acteurs bien présents, le procureur bien aryen ! tout indique un pays qui se reconstruit sans vouloir se retourner en arrière. Plongée dans une Allemagne d’après guerre, donc, dont on a peu parlé et qui ressurgit avec un questionnement universel. En dehors des 150 grands criminels de guerre jugés à Nuremberg par un tribunal des forces alliées (toutes ?) que sont devenus tous ces nazis qui ont participé à l’horreur ?...
Le personnage qui mène l’enquête est jeune, on ne peut plus lambda, bien joué au demeurant, et l’histoire d’amour qu’il noue avec une charmante jeune femme réussit à prendre sa place dans cette histoire toute braquée sur le devoir de justice.
On ne peut en sortant du cinéma que se demander : mais nous, les Français ? N’avons nous pas aussi refoulé notre passé criminel ? Combien de collabos pétainistes ont continué de vivre et même pour certains, comme Papon ou Bosquet à devenir ministre, haut fonctionnaire ?! Avons nous jugé les militaires qui ont torturé pendant la guerre d’Indochine, la guerre d’Algérie, à commencer par Le Pen ? Pourquoi les peuples ensevelissent si vite leur histoire lorsqu’ils sont coupables, complices d’actes de barbarie ?...
 
Comme ce jeune juge, par nos racines individuelles ou collectives nous ne sommes pas totalement vierges en ce domaine, reste le courage de certains individus de tenir au dessus de l’eau l’idée que justice doit toujours être faite. La justice est un combat et c’est avec intelligence ce que nous rappelle ce bon film inédit.
 
Serge Diaz
 
 
 
 
D'accord sur l'ensemble de la critique mais on peut regretter le côté un peu trop "lisse" du film. On aurait aimé plus de mordant et d'implication de la part du cinéaste. Bien sûr à voir quand même !
Marcel Elkaim le 28/05/2015
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 05:55

Documentaire autrichien de Johannes Holzhausen

 

 A l'occasion de la rénovation d'une aile du Musée de l'Histoire de l'Art à Vienne, le film nous plonge au coeur de cette institution colossale, et nous fait partager l'intimité de ses employés. Directeur général, conservateurs, équipes de nettoyage, manutentionnaires, historiens de l'art... nous entraînent dans leur quotidien, au service des oeuvres...

Le Grand Musée
Ceux qui ont aimé le documentaire sur le Grand Louvre de Philibert seront déçus par ce documentaire sur le musée des beaux arts de Vienne. Aucune cocasserie ni humour, aucune émotion sur l’art, de la méthode saxonne omniprésente, du cirage de pompe pour le président autrichien et sa ministre de la culture, on est en plein film de commande.
Les dirigeants de ce musée ont choisi de mettre l’accent sur la collection d’objets et costumes ayant appartenu à François Joseph et la nostalgie pour le grand empire rivalise avec l’absence de pédagogie autour des tableaux.
C’est froid, tout avait été dit, en mieux dans le documentaire français sur les coulisses d’un musée de cet acabit, et ça ne donne pas envie de visiter particulièrement ce musée aux frais immenses pourtant engagés : un comble ! La seule séquence intéressante est celle où une gardienne exprime en réunion avec le Directeur, sa frustration de n’avoir jamais été présentée aux autres services depuis 10 ans qu’elle y travaille. Gageons que ce n’est toujours pas fait. Les Autrichiens ne sont pas connus pour leur humanisme....
 
Serge Diaz
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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 05:32
Festival Courtivore 15ème édition

L’association rouennaise Courtivore vous invite à venir déguster sa sélection annuelle de courts-métrages. Mélange gourmand de tous genres cinématographiques - du film d’animation au thriller en passant par la comédie-  le Courtivore donne encore cette année la priorité à la découverte, à la qualité et à la créativité des réalisations   - chacune d’elles n’éxcèdant pas les 20 minutes. 

L’explosion du nombre des candidatures reçues cette année (plus de 1100 courts-métrages ! ), a rendu la préselection d’autant plus ardue pour les jurés de l’association. 

Les films  seront présentés au public lors des trois actes, qui auront lieu les 13, 20 ET 27 MAI 2015 au cinéma Ariel de Mont-Saint-Aignan. Chaque séance proposera 9 courts-métrages aux spectateurs, cette organisation leur permettra de savourer trois programmations différentes, aussi riches les unes que les autres.  Au terme de chaque acte, les spectateurs voteront pour le film qu’ils souhaitent retrouver en finale.

 Les trois films ayant reçu le plus de voix seront sélectionnés pour la clôture du festival, le 3 JUIN 2015 au cinéma Omnia République, dans le centre-ville de Rouen.


 

Cinéma Ariel Place Colbert 76130 Mont-Saint-Aignan Bus : 4 8 40 43 Teor 1 > Station Place Colbert Les mercredis 13 - 20 - 27 mai 2015

Cinéma Omnia République 28, rue de la République 76000 Rouen Bus : 6 7 Toutes lignes Teor > Station République  La Finale du mercredi 3 juin 2015

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 07:30

De Roy Andersson (Suède)

Avec Holger Anfersson (Jonathan), Nils Westblom (Sam) Charlotta Larsson (Lotta la boiteuse) Viktor Gyllenberg (le roi Charles XII) Lotti Törnros (le professeur de flamenco) Jonas Gerholm (le colonel solitaire) Ola Stensson (le capitaine/barbier) Roger Olsen Likvern (le gardien)

Musique: traditionnelle

Lion d'Or festival de Venise 2014

 

Voici le troisième volet de "la trilogie des vivants"; 39 tableaux, 39 plans-séquences et cette façon de filmer si caractéristique de ce cinéaste suédois: caméra et plans fixes, importance des premiers et arrière-plans (quelque chose se joue ou se noue dans la profondeur de champ)  choix de personnages en déshérence -pantins mutilés par la  vie-, choix de couleurs ternes délavées, mélange de réalisme et d'onirisme. Mais si dans "Chansons du deuxième étage" (découvert à Rouen grâce au festival du cinéma nordique 2000/2001) les emprunts à Otto Dix et le thème de la culpabilité collective dominaient, ici "tout serait onirique mais sans explication" . Et de fait nous pouvons voir un homme brusquement s'effondrer alors qu'il tentait d'ouvrir une bouteille de vin, une patronne de bar (Lotta la boiteuse) offrir une coupe en échange de baisers, mais aussi le roi Charles XII demander dans un bar où sont les toilettes, les veuves éplorées suite à la bataille de Patlova (ah ce fourbe de Russe!) et surtout vers la fin un énorme cylindre en cuivre mis au point par les colonialistes pour broyer des esclaves...

Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence

Le cinéaste alterne scènes d'intérieur (appartement, bar, salle de gym, couloir et chambre d'un asile, etc.) et extérieurs (des décors bien évidemment avec des fenêtres aux improbables reflets et cette ambiance de désolation!). Sam et Jonathan à la mine terreuse et triste sont vendeurs de "farces et attrapes" (dents de vampire, masques et coussins péteurs) et ce duo sert de fil conducteur à la thématique de la joie de vivre (lebenslust) même si leur sort est peu enviable (hébergement dans un asile de nuit à l'atmosphère sordide, glauque). Mais au-delà du décalage entre leur fonction et leur apparence, ils rappellent le couple Laurel et Hardy dans la relation dominant dominé....Et Roy Andersson qui déteste l'humiliation est toujours parti en guerre contre cette forme d'aliénation qu'il a dénoncée dans des séquences mémorables et inimitables depuis "Chansons du deuxième étage"

Ainsi la joie de vivre c'est la panoplie des deux vendeurs (à plusieurs reprises on entendra des personnages dire au téléphone "je suis content(e) de savoir que vous allez bien"  même si...) Roy Andersson, lui, a cherché à créer une tension entre le comique et le tragique, entre le banal et l'essentiel"  Pari réussi!

 

En tout cas, on devine son bonheur de filmer dans le sillage de ce tandem -et surtout dans la veine des peintres Otto Dix, Georg Scholz - et de signer ainsi une oeuvre/fable où dominent "humour et horreur" ; n'en déplaise à tous ses contempteurs, et ils sont nombreux !

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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