5 décembre 2012 3 05 /12 /décembre /2012 19:40

Film de Marco Tullio Giordana

Avec Valerio Mastandrea, Pierfrancesco Favino, Michela  Cescon

 

 

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Un film "honnête" sur le déclenchement des "années de plomb" en Italie, en 1969. Honnête parce qu'il n'y a pas de parti pris d'apporter du nouveau sur un acte terroriste jamais élucidé ;Giordana fait apparaître à quelles extrémités peut mener la "raison d'Etat" avec une critique très forte (comme on en voit peu en France ) du système juridico-policier.

 

Certes, c'est un peu compliqué à suivre et on aurait aimé qu'il creusât un peu plus les deux personnages principaux : le "sage" anarchiste et le commissaire intègre mais prisonnier de la "machine", pour dépasser un peu le film de reconstitution, si minutieux soit-il.

Cela étant, le film nous replonge dans cette atmosphère de violence de la fin des années soixante et de la décennie d'après, à laquelle la France a largement échappé.

 

A voir donc, à l'Omnia, encore cette semaine.

 

Marcel Elkaim

 

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 12:04

Film roumain de Cristian Mungiu avec Cristina Flutur, Cosmina Stratan, Valeriu Andriuta

 

 

 

Petit billet d'humeur

 

On a reproché à ce film "d'être trop long". La critique est incluse dans l'adverbe "trop". Mais par rapport à quoi? À une limite qui serait de mise dans le traitement du sujet abordé? Par rapport à ce que "peut endurer" un spectateur? Long le film l'est, c'est une évidence: 2h30. Mais le calvaire de cette jeune "nonne" ne le fut-il pas lui aussi?? Et l'entreprise d'exorcisme menée par le seul mâle de la communauté, pope auquel les autres "nonnes" obéissent avec servilité, est de longue haleine, tant est rebelle la suppliciée, Alina, convaincue que ces "fondamentalistes orthodoxes" ont embrigadé son amie (et amante) Voichita. La scène où20243444_jpg-r_160_240-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx.jpg Alina éructe ses ressentiments frappe par sa violence et sa beauté: les "sœurs" filmées de dos en plan rapproché, dodelinent du bonnet (sens propre) tandis que leur murmure d'indignées est couvert par les imprécations.  Le réalisateur a opté (comme dans son long métrage couronné à Cannes en 2006) pour le plan-séquence, lequel peut s'étirer dans la durée pour des besoins purement esthétiques ou à des fins argumentatives; plan-séquence que salue son maître B. TavernierLe film obéit aussi à une construction rigoureuse qui correspond aux étapes (longues) censées déboucher sur  la "guérison" (tous sont persuadés que la thérapie exorcisante sera bénéfique). Enfin le cinéaste a insisté sur la "durée" en mettant en évidence le passage des saisons; (l'enneigement des collines correspondra à l'ultime étape pour la suppliciée, victime de ses convictions et nullement habitée par le diable). Comme le film s'inspire d'un fait divers survenu en 2005, et qu'un procès eut lieu à l'époque, la dernière partie  intègre les prémices de l'enquête (gendarmerie) et annonce l'audition chez le procureur.

 

À mon "humble" avis nulle "dilatation", nulle "velléité d'ampleur" pour souscrire aux critères cannois. Avis partagé  par Nicole

 

Mais quelle mouche a piqué ce spectateur à l'issue de la projection pour nous asséner ces propos "quand je vois ce genre de film je me demande pourquoi ils (= la Roumanie) font partie de l'Union européenne".... Nous  avions (poliment) tendu l'oreille croyant naïvement avoir affaire à un "cinéphile"...mal nous en a pris...Aurait-il délibérément occulté le "sens" du dernier plan? (cette giclée de neige boueuse sur le pare-brise) qui en dit long sur la critique féroce d'une société encore gangrenée par les années de la dictature....(critique à laquelle nous avait déjà habitués Mungiu)

 

Colette Lallement-Duchoze

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 13:28

Film israélien de Ami Livne. Avec Adnan Abu Wadi, Maysa Abed Alhadi

 

 

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Un film tout en finesse et en retenue sur un sujet explosif (l'attitude d'Israël au Moyen-Orient) sur la condition des Bédouins (citoyens israéliens!) dans le désert du Sinaï. Violence sous-jacente de l'Etat, difficultés de l'acculturation dune population misérable sans même le secours d'un folklore.

Tout est dit, en demi teintes, dans l'histoire de deux frères et d'une femme expulsés de leur cabane en tôle ondulée.

 

Sur la forme de grands plans larges sur des terres ingrates dont on a du mal à comprendre qu'elles soient tant disputées.

 

C'est un premier long métrage prometteur à ne pas négliger.

 

 

Marcel Elkaim

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 07:14

ArrasFilm-Festival-2012-visuel-BD.jpgVous aurez jusqu'au dimanche 18 novembre, pour retrouver une atmosphère festivalière dans une trés belle ville.

 

Rétrospective Costa Gavras

Trés intéressante section sur les films traitant de l'Algérie

Une impayable section sur les films de science fiction avec des perles de l'époque soviétique.

Bien sûr une sélection de films en compétition dont 4 films nordiques...

Et une série de films découverte dont le trés joyeux TéléGaucho de Michel Leclerc et The Queen of Montreuil, le dernier film de Solveig Anspach.

 

A deux heures de Rouen, Arras, ça vaut plus qu'un détour.

 

(l'affiche du festival est tirée de Planète Interdite, de F. Wilcox en 1956 et l'actrice avec sa moue satisfaite c'est Anne Francis, elle se sert de Robby le robot à tout faire et d'un visiophone avant gardiste).

 

http://www.arrasfilmfestival.com

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 15:33

Film de Michael Haneke avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert, Alexandre Tharaud 

 

 

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Georges et Anne vivent depuis cinquante ans ensemble. Un jour, Anne est victime d'un accident vasculaire cérébral. Son état se dégrade. Elle ne peut ni marcher, ni manger, ni se laver seule. Bientôt, c'est à peine si elle peut parler. Elle déraisonne. Dans le huis clos de leur appartement, Georges l'accompagnera et l'aimera jusqu'à la mort.

Voilà l’histoire du dernier film de Haneke, palme d’or du  festival de Cannes 2012, dans sa version la plus nue. C’est une vision d’amour la plus crue, jamais révélée au cinéma, celle d’un vieux couple uni et complice:  deux êtres  qui vont manifester  leur amour jusqu’à leur dernier souffle.

Beaucoup de films de Michael Haneke marquent longtemps l' esprit  du spectateur par un style froid et hyperréaliste. « Amour » est de nouveau une expérience unique à vivre, et ce fut très éprouvant pour moi car j’étais happée par chaque image, des images très concrètes. Durant 2 heures, je suis restée confinée dans ce vieil appartement haussmannien qui n’a guère bougé depuis des décennies (tout comme la  solidité du  couple qui  n'a pas été ébranlée ).

Après avoir découvert la porte de leur appartement fracturée, Georges et Anne n’en sortiront plus… Le monde extérieur leur apparaitra hostile (l’hôpital, l’aide soignante inhumaine, l’apitoiement des concierges, l’inquiétude de leur fille et les musiques interprétées par Alexandre Tharaud si appréciées auparavant prendront un goût amer et de compassion humiliante). Georges tiendra sa promesse tant bien que mal envers Anne (éviter l’hôpital). Les gestes de son quotidien, la narration de scènes de sa jeunesse pour apaiser le mal, le refus des autres composent ce témoignage d’un dernier et long tête à tête et corps à corps. Les yeux de Jean-Louis Trintignant arrivent à transcrire magnifiquement l’ampleur de sa douleur, de sa honte et surtout de son attachement envers Anne interprétée avec force et courage par Emmanuelle Riva.

Béatrice Le Toulouse

 

 

 

 

 

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 11:52

Film de Sandrine Bonnaire. Avec William Hurt,  Alexandra Lamy, Augustin Legrand et Jalil Mehenni

 

 

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Pourquoi ce goût amer, cette immense déception à la sortie du film?

Tout d'abord, William Hurt m'a semblé "sur-jouer" la tristesse et l'inextinguible désolation. Présent à chaque plan (ou presque) normal puisque c'est lui qui "enrage de l'absence" de son fils mort accidentellement; mais la réalisatrice a choisi la caméra fixe pour filmer son visage (en frontal, de profil) afin de pallier l'absence de mots, et d'habiter visuellement les silences (l'émotion est intraduisible selon Sandrine Bonnaire qui a voulu s'attaquer au "viscéral de la perte"); là où l'allusion eût été discrète tout en étant porteuse de sens, la caméra s'appesantit; trop c'est trop... ajoutons cette allure faussement dégingandée!!

Et tous ces symboles si appuyés qu'ils en deviennent "lourds", voire encombrants; ils desservent une narration qui se voulait fluide et heurtée à la fois. A commencer par la réclusion dans la cave; ce lieu d'en bas, sombre et inconfortable abrite, tel un sanctuaire, le reliquaire de l'enfant disparu; il devient par métaphore le réceptacle d'une conscience refermée sur elle-même qui ressasse ad infinitum. L'opposition "facile" entre une maison cossue (lumières tamisées) mais désertée par la vie, l'amour, et un appartement quelconque (lumineux) mais qui abrite l'âme d'un "foyer familial" (entendons présence du père de la mère et d'un enfant). Jacques, architecte, est capable de créer la "maison idéale" sous forme de maquette mais incapable d'habiter une parcelle de... La gourmette offerte au jeune Paul comme lien substitutif avec l'enfant disparu. Et là on pourrait s'interroger moins sur la vraisemblance que sur la volonté de faire porter le "poids" (sens propre et figuré) du "mort" à un  "vivant" (même si l'enfant dans sa relation complice avec le "père de son petit frère" le considère comme un objet fétiche...garant de leurs secrets) 

Trop de...tue...

 

Mais heureusement le très jeune acteur Jalil Mehenni oppose au jeu convenu des adultes englués dans leur désarroi, une franche spontanéité!

Et puis il y a la musique d'Arvo Pärt!

 

Colette Lallement-Duchoze

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 07:05

Film de 2011 réalisé par Bob Goldthwait; avec Joel Murray  Tara Lynnne Barr et  présenté au festival de Deauville 

 

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Désespérément seul (sa femme l'a quitté, il vient d'être licencié et il a peut-être une tumeur au cerveau) Frank, vautré sur son canapé, zappe et il prend conscience face aux débilités que déverse l'écran, de la bêtise immonde qui envahit et gangrène son pays. Et il décide de partir en guerre contre ses responsables: producteurs et animateurs des séries de télé réalité, prédicateurs de tout poil, quand ce ne sont pas ses voisins qui gueulent le condamnant à l'insomnie... Dans cette croisade -il dispose d'armes de destruction massive- il est aidé par Roxy une jeune lycéenne - déjantée et paumée qui apprend très vite à manier les armes salvatrices voire rédemptrices .

Le spectateur assiste à une sorte de road-trip mais qui tient plus du grand guignol que du brûlot. Hormis les plans du début en macro sur l'œil de Frank, le ball-trap avec le bébé du voisin, et quelques rares répliques audacieuses, (sans oublier  Alice Cooper) le film ne trouve pas (du moins est-ce l'avis que je partage avec Nicole -et nous étions les deux seules spectatrices...) un "ton" qui lui soit propre. Ça se veut acide mais ça ne convainc pas..(du moins nous ne le fûmes pas...) 

Gore à souhait, palabres inlassablement filmées en champ contre-champ, ambiance parfois kitsch, "message" plus que léger, bref une œuvre d'aussi mauvais goût que ce qu'elle prétend condamner!!

Colette Lallement-Duchoze

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 06:26

Film de François OZON

 

 

 

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Un garçon de 16 ans s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l'enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d'événements incontrôlables.



C'est une histoire de manipulation servie par de très bons acteurs : Luchini bien sûr mais aussi le jeune Ernst Umhauer. Visage d'ange, inquiétant de bout en bout sans oublier Kristin Scott Thomas et tous les autres.

Le thème n'est pas original mais sa mise en scène l'est.

Le scénario est bien mené. On se demande "comment cela va se terminer" (phrase clé du film)

C'est fascinant, à la limite du malsain...

Allez y !

Isabelle Lepicard

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 06:28

 Film d'Agnieszka Holland avec Robert Wieckiewicz, B Fürmann, Marie Schrader

 

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Nous voici dans le monde des ténèbres; ce monde des remugles et de la promiscuité; ce monde de l'Ombre en quête d'une improbable lumière. La réalisatrice qui a travaillé dans l'obscurité quasi totale, avec des torches, filme au plus près des visages crasseux, aux regards hébétés par la peur; elle peut isoler aussi une partie de ces corps: c'est un bras une main comme détachés extirpés arrachés et pourtant signes/métonymies de la Vie, du Vivre-là. La scène d'accouchement et celle du Déluge sont des moments forts de cette palpitation souterraine. Une palpitation qui vibre d'accents cultuels (parmi les huit personnes de la micro communauté, il y a un religieux), de désirs charnels (voir les deux scènes de rapports sexuels) ou qui s'apparente tout simplement à un hymne à la vie (voir le rôle des deux enfants). Palpitation comme instinct de survie dans ces égouts aux pourritures méphitiques. 

Parfois un travelling ascendant permet de quitter l'ombre pour la lumière. Mais dans cette "partie du monde" (nous sommes à Lvov Pologne 1944) c'est le règne de la violence inhumaine qu'illustre la scène d'ouverture (des femmes nues courent affolées, poursuivies par des nazis; plan suivant vue en plongée sur leurs corps exécutés; la rapidité de ces deux plans en décuple la force suggestive). Pendant les 13/14 mois qu'aura duré la captivité quasi chtonienne des survivants de la mort dans les égouts, la ville aura arboré trois drapeaux... ;elle aura vécu la délation, la peur, la suspicion, les mensonges, les exécutions sommaires (celles de victimes expiatoires) jusqu'à la libération par les Russes...Pour la restitution de toutes ces scènes la réalisatrice semble sacrifier à des clichés; en tout cas elle est moins convaincante que pour  les séquences  "sous la ville"...

D'un point de vue purement narratif et thématique le film s'attache au personnage de Socha l'égoutier. Un voleur débrouillard hypocrite et cupide; 'ses' juifs au départ sont sa "pompe à finances" (les "sauver" rapporte plus que les dénoncer); mais à la cupidité va se substituer une forme d'empathie ('ses' juifs seront 'ses' frères compagnons de vie; les sauver-sans rémunération-  primera sur toutes les autres formes d'obligation, fussent-elles familiales...

 

Au-delà de l'ancrage historique (la réalisatrice s'inspire d'un épisode authentique du ghetto) et grâce au refus du manichéisme, le film acquiert ainsi une portée universelle dont Socha serait le passeur...

 

Colette Lallement-Duchoze

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 11:33

20087447-r 160 240-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-20120420 055436Quelle perfection dans le dernier film d’Alain Resnais !

 

Le film est très construit dans ses espaces et sa temporalité sur la notion de « passage ».

 

Les lieux sont des lieux de passages : la gare, l’hôtel.

 

Le décor est numérique .à la fois riche et impersonnel

 

La temporalité est celle du théâtre  puisque construite sur celle de la pièce qui sous-tend film.

Il y rassemble « ses » acteurs dont les jeux se croisent. Ils ont en commun d’avoir, à un moment de leur vie joué dans l’Eurydice d’Anouilh  et visionnent une captation de la même pièce jouée par une troupe de jeunes comédiens.

 

Le temps est aboli : Sabine Azéma et Anne Consigny jouent par bribes (en superposant leur jeu à celui du film dans le film) la jeune Eurydice, qu’elles ont joué autrefois avec Pierre Arditi et Lambert Wilson (Orphée), Mathieu Amalric est le gardien des enfers.

 

Que d’émotion dans ce texte croisé, parfois repris, joué par ces merveilleux acteurs filmés avec cette subtilité.

 

J’ai eu le sentiment qu’Alain Resnais nous proposait là un film - testament.

 

Jacqueline Marro

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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