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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 07:21

De Christian Carion

Avec Olivier Gourmet, August Diehl, Mathilde Seigner

 

 

 

Argument: Mai 1940. Pour fuir l'invasion allemande, les habitants d'un petit village du nord de la France partent sur les routes, comme des millions de Français. Ils emmènent avec eux dans cet exode un enfant allemand, dont le père opposant au régime nazi est emprisonné à Arras pour avoir menti sur sa nationalité. Libéré dans le chaos, celui-ci se lance à la recherche de son fils, accompagné par un soldat écossais cherchant à regagner l'Angleterre

En mai fais ce qu'il te plaît

Ce film a été assassiné par Le Monde et Télérama (qui avaient par ailleurs encensé Lobster!!)

J'ose dire qu'il m'a plu. 

Il y a certes des invraisemblances dans le scénario (je ne veux pas dévoiler la fin). 

Mais le film, émaillé de documents d'époque retrace bien ce qu'a été cet exode. (sans l'avoir vécu nous en avons entendu parler)

La musique d'Ennio Morricone, éreintée par les critiques susvisés, accompagne agréablement les images. Les acteurs sont bons

 

Bref, même si ce n'est pas un "grand " film, on passe un bon moment.

 

Isabelle Lepicard

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 16:17

De Kheiron

Avec lui-même,  Leilla Bekhti  Gérard Darmon

Nous trois ou rien

C’est vraiment un film très réussi, qui allie le politique et un humour énorme, inattendu (la lutte en Iran contre le shah, puis contre Khomeiny, et l’exil en France d’un couple avec enfant et leur intégration réussie) .

Excellent dosage de grave, -voire dramatique- et de léger, enlevé, scénario bien ficelé, rythme bien trouvé. Belles images au moment de la fuite via la Turquie.

L’installation à Stains de cette famille de réfugiés est décrite de manière dédramatisée, tonique, et ça fait du bien, (ça change !) tout en restant le fruit d’une observation très juste, réaliste.

Bref, un film original, -avec des répliques vraiment marrantes-, bien interprété par des personnages sympathiques : Kheiron, le réalisateur qui raconte sa propre histoire, Gérard Darmon, et surtout la jolie et vive Leila Beikhti.

 

A voir, à Rouen au Pathé Gaumont les docks 76.

Il y avait du monde dans la salle avec un mélange de public (cinéphiles et black beurs), bref de la diversité qui se retrouve sur un film de qualité. La VF se justifie.

A voir, surtout après ces terribles évènements du 13 novembre à Paris. 

 

Serge Diaz

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 07:25

Film roumain de Radu Muntean

Avec Teodor Corban, Iulian Postelnicu, Iona Flora

Présenté au festival de Cannes, section: Un Certain Regard

L'étage du dessous

Cinquième long métrage (on se souviendra peut-être de "Mardi après Noël") de Radu Muntean (cinéaste moins connu que Corneliu Porumboiu, Cristi Puiu, ou Cristian Mungiu) le film "l'étage du dessous" frappe d'emblée par son parti pris de ne pas donner une dimension politique à une histoire "banale".. Foin de de cette peinture "en creux" d'une Roumanie post communiste. Le sentiment de responsabilité, qui peut se muer en culpabilité, est -ici- uniquement personnel, individuel. Anti-héros malgré lui ce Patrascu? Un quinqua tranquille qui balade son chien dans un square en vue d'un "concours" et qui lui-même à force de jogging et d'eau minérale pense venir à bout d'une légère surcharge pondérale. De retour après cet exercice dans un immeuble sans ascenseur il entend des cris, prête l'oreille. Il verra sortir un "présumé meurtrier" MAIS il ne dira rien (ni à sa femme, ni au policier, ni à ses potes). Seul avec lui-même et ce "secret" qui va le ronger de l'intérieur, d'autant que Vali, le meurtrier (?) s'incruste dans sa vie professionnelle et familiale.

C'est cela le cinéma de Radu Muntean: banalité apparente , tension sous-jacente . La banalité? Ou les gestes répétitifs du quotidien! Récurrence de ces plans fixes sur la façade de l'immeuble, cage d'escalier, scellés sur la porte, récurrence de scènes d'intérieur (un appartement quelconque mais avec de belles profondeurs de champ) récurrence des scènes du square, etc. Tension? On doit à l'acteur Teodor Corban (déjà vu dans le picaresque et valaque Aferim de Radu Jude) -qui bien évidemment est de tous les plans-,  de rendre palpable par un tout petit rien ce qui progressivement va le laminer de l'intérieur (regard, geste) jusqu'à la "révélation" finale sous forme de cauchemar....

Plans séquences, caméra fixe (souvent), absence de musique, voilà un film qui peut "dérouter" d'autant que RIEN n'est dit explicitement ni même suggéré (hormis le parcours dédalien voire kafkaïen pour l'obtention de papiers -et Patrascu, de par son métier aide à le simplifier- parcours que l'on pourrait mutatis mutandis mettre en parallèle avec son cheminement intérieur ?)

"tu veux que j'aille te balancer" lui dira Vali "c'est ce que tu attends"?

 

Colette Lallement-Duchoze

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 19:47

de Alexandr Sokourov

avec Louis-Do de Lencquesaing, Benjamin , Vincent Nemeth , Johanna Korthals Altes

musique: Murat Kabardokov

 

Francofonia, le Louvre sous l'Occupation

Tout se mêle la tempête, les naufrages, l'Europe, Paris, le Musée dit à un moment en voix off le réalisateur alors qu'apparaît sur l'écran de son ordinateur, le visage éploré de Dick à bord de son cargo; -il transporte des "tableaux", entendons la mémoire d'une civilisation-, sur les eaux tumultueuses et périlleuses de la Baltique!

Oui tout se mêle en s'assemblant, dans ce film composite: passé et présent, film et film en train de se faire (avec des claps; clin d'œil aux limites d'un genre? Ou critique des productions lénifiantes?), images d'archives et reconstitutions aux couleurs sépias, comparaisons entre le comportement des armées allemandes à Paris "occupée" et à Stalingrad (sauvagement détruite, ses milliers de morts sans sépulture à cause du froid), des métaphores visuelles, des récurrences "ironiques" (une Marianne en chair et en os se faufilant dans les galeries du Louvre, en déclamant l'article I de la Constitution; Napoléon Bonaparte petit bedonnant prétentieux répétant "c'est moi" "c'est moi" devant entre autres la toile de David célébrant son "sacre"). Le réalisateur utilise toutes les techniques et trucages: split screen, fondus enchaînés, surimpressions, incrustations, inscription à l'écran de la piste sonore, cadre qui s'élargit ou se rétrécit, alors que sa voix commente interpelle et nous invite à déambuler dans une sorte d'espace-temps aux frontières abolies

La trame? (cf le sous-titre) c'est l'incroyable "collaboration" dans la capitale occupée, entre le directeur du Louvre Jacques Jaujard et le comte Franz Wolff Metternich, directeur de la commission pour "la protection des œuvres d'art en France" dans leur "sauvetage" des chefs-d'œuvre du Louvre. (imaginons les Rembrandt et les Véronèse dans un abri des caves d’un château ...).  Le Louvre comme emblème d'une nation (la France ne se conçoit pas sans le Louvre tout comme la Russie sans l'Ermitage" affirme A Sokourov) La déambulation "mémorielle" se double ainsi d'une réflexion ou du moins d'un questionnement: quel est le sens politique d'un "rapport à l'art" ?? la culture comme fondement d'une nation?

On sort un peu "sonné"  ballotté par ces flux et reflux,  et l'on se dit  in petto: voilà un réalisateur russe si épris de notre culture patrimoniale qu'il s'en est fait le chantre audacieux ! (voir les raccords entre les tableaux, ou les très gros plans sur les craquelures par exemple)

"Si à l’instant de ma mort je ne devais retenir que deux choses de la vie, ce seraient la lumière du matin en été et la grande culture européenne".

 

Colette Lallement-Duchoze

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 20:27

Documentaire réalisé par Patricio Guzmàn (Chili, France, Espagne)

Ours d'argent meilleur scénario Berlinale 2015

Le bouton de nacre

"Si l'eau a une mémoire elle a aussi une voix".

Et pendant le générique de fin nous entendrons la voix d'une descendante des Indiens de Patagonie; (communauté exterminée par les colonisateurs); voix dont la raucité semble s'accorder avec le récitatif en kaweskar . Interviewée plusieurs fois dans le film par le réalisateur, cette  femme  nomade de l'eau  ne trouve pas l'équivalent dans sa langue aux mots "dieu" et "police" (pas besoin...) tout est dit dans cette absence. En filigrane se dessinent deux conceptions de la vie, deux cultures. Mais la plus barbare n'est-elle pas celle qui se prétend "civilisée"?.

Patagonie, Sud Chili . C'est là que nous mène un "bouton de nacre" ultime relique des prisonniers de Pinochet  jetés à la mer, morts ou vifs, attachés par des morceaux de rail! Dans "Nostalgie de la lumière" c'était  le sol craquelé du désert d'Atacama que les survivants interrogaient, à la recherche de leurs morts.

Autre "bouton de nacre"  celui que le colonisateur anglais plus d'un siècle auparavant a payé pour "civiliser" Jemmy Button (mais celui-ci à son retour d'Angleterre aura perdu son identité et la communauté colonisée, sa culture).

Morts indiens, morts de Pinochet. Leur mémoire enfouie dans les profondeurs océanes, Patricio Guzman les fait (re)vivre dans un film fluide comme l'élément liquide, riche en images d'archives, en illustrations et en témoignages, un film où se mêlent harmonieusement science, poésie,  histoire  et  politique ici la plénitude bleutée a remplacé l'aveuglante lumière du désert d'Atacama

Voici un bloc de quartz où perle une goutte  d'eau. Voici des images de la planète. Une voix off commente, tel le  sillage des eaux., elle nous transporte.  Voici  aussi des photos de visages (que le colonisateur assimilait à des monstres). Dépliées à même le sol (et filmées à la verticale) voici des "cartes imaginaires" (qu'à la fin du film on enroulera dans un coffre marqué du sceau "fragile"). Nous entendons le poète Raùl Zurita Homme à la beauté tragique, qui rappelle ce pays (propos du réalisateur) lui qui fut emprisonné au temps de la dictature évoque avec émotion l'histoire de son pays et dénonce entre autres, les fomentateurs du Mal.

Au final laissons-nous porter par ces hommes déguisés en esprits (photos impressionnantes de Martin Gusinde); Que nous chuchotent-ils? "les morts deviendront des étoiles"!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Un film bien sûr intéressant aussi bien sur la culture disparue de la Patagonie que sur les horreurs de la dictature de Pinochet mais l'ensemble du film fait un peu bric à brac et au fond un peu prétentieux en particulier sur la mémoire de l'eau..

M E  le 9/11/2015

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 07:15

de Laszlo Nemes

avec Geza Rhörig, Levente Molnar, Urs Rechn

directeur de la photographie Matyas Erdely; décors de Laszlo Rajk

Grand Prix festival de Cannes

Le fils de Saul

Saul Auslânder -juif hongrois- est membre du Sonderkommando dans le camp d'extermination d'Auschwitz. Son "travail"? À l'arrivée des convois accompagner les déportés jusqu'aux chambres à gaz; contenir le flot humain; inviter à se déshabiller et les conduire doucement --en leur promettant "une tasse de thé" - jusqu'à la Porte ….puis comme les lieux doivent être impeccables pour les exécutions suivantes, il faut récurer les sols, débarrasser les corps gazés, les transporter jusqu'au four crématoire, et disperser les cendres; et ce à un rythme infernal. Aides précieuses pour les nazis, les sonderkommandos seront eux aussi exterminés (dès que leur productivité n'est plus au rendez-vous). Tel était le "fonctionnement normal d'une usine de mort"; les SS désignaient d'ailleurs les corps par le mot "stücke" (les pièces). Laszlo Nemes dit s'être inspiré essentiellement de témoignages écrits (ceux cachés, enterrés avant la rébellion de 1944). ce qui lui a permis de "pénétrer chez les damnés du camp".

 

L'horreur, dans le film de ce jeune réalisateur hongrois (formé par Bela Tarr) n'est jamais montrée frontalement, elle n'est pas "spectaculaire" (comme dans de nombreuses productions...) elle sera hors champ ou dans le flou et ce faisant d'autant plus suggestive. Elle sera aussi audible (cf la vertigineuse bande son, tissu sonore où se croisent musique et langues diverses). Le réalisateur adopte un seul point de vue: celui de Saul. Et la caméra qui le suit de bout en bout est comme vissée à lui; le choix du format 1,33 - étouffant et pour Saul et pour le spectateur- permet d'être toujours à sa hauteur (nuque, visage de face de profil, comme en effigie parfois, en tête à tête avec d'autres; bras et mains qui brossent le sol, corps qui ploie sous le poids du cadavre de "son fils", à l'instar du Christ portant sa Croix). Geza Röhrig l'interprète-qui n'est pas acteur mais écrivain poète- Laszlo Nemes l'a choisi pour sa faculté à "être mouvant" (il est aussi beau et laid, profond et impassible, très vif et très lent); son visage souvent fermé au regard éteint ou hébété (mais les sonderkommandos n'étaient-ils pas devenus des "automates"?) s'illuminera deux fois -il sourit quand il caresse le corps mort de son "fils" et dans la dernière séquence quand- momentanément à l'abri suite à la rébellion-, son regard croise celui de l'adolescent dans la clairière.....( la suite restera hors champ)

 

Loszlo Nemes avoue et ne cesse de le répéter partout où il est invité "le film ne peut pas être beau, il ne doit pas être séduisant, surtout ne pas faire un film d’horreur". Pari certes réussi: la maîtrise technique est parfois glaçante; et l'empathie avec Saul n'est pas la finalité recherchée; mais deux bémols.

Malgré son aspect quasi "documentaire" ou du moins historique Le fils de Saul est avant tout une fiction (le titre est d'ailleurs évocateur): pour éviter à "son fils" une mort déshonorante, Saul recherche un rabbin qui dira le kaddish; quête obsessionnelle beaucoup trop longue même s'il s'agit d'illustrer une forme de résistance, encore que...- De même dans la séquence finale, la fuite de quelques membres du Sonderkommando vire très vite au "film d'action"..

C'est bien l'univers concentrationnaire qui sert de toile de fond à...une autre "démonstration" ou "parabole" c'est selon! 

Alors de grâce,  ne pas comparer avec "Nuit et brouillard" de Resnais!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Tout à fait d'accord sur toute l'analyse du film mais une réserve cependant sur le point de départ : la recherche désespérée d'un rabbin alors que Saul était tout à fait apte à dire le "kaddisch". On voit bien que c'est '"argument" du scénario ; c'est la limite d'un film par ailleurs remarquable.

 M E. (9/11/2015)

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 06:16

de Yorgos Lanthimos

avec Colin Farrell, Rachel Weisz, Jessica Barden, Olivia Colman

 

 

 

ArgumentDans un futur proche… Toute personne célibataire est arrêtée, transférée à l’Hôtel et a 45 jours pour trouver l’âme soeur. Passé ce délai, il sera transformé en l'animal de son choix. Pour échapper à ce destin, un homme s'enfuit et rejoint dans les bois un groupe de résistants ; les Solitaires.

The Lobster

Une fois de plus, hélas, le meilleur du film est dans la bande annonce.

Hélas,  parce que si le sujet est très intéressant,  son traitement  caricatural est raté.

En effet montrer par une sorte de fable comment les normes sociales peuvent être étouffantes voire assassines, est un thème qui touche quiconque est malheureux ou heureux en amour, autrement dit la quasi totalité de l’humanité.

Mais le film ne trouve pas sa place, entre quelques touches d’humour et une musique tristement pesante, des couleurs froides et un personnage falot à la fausse moustache ridicule, des dialogues qui ne se répondent pas, des incohérences de scénario, le spectateur reste à distance et pense à d’autres films comme Farenheit 451 autrement réussi sur le thème des sociétés totalitaires.

Le casting international à consonance marketing et le tournage dans des endroits qui sont de partout et nulle part n’ancrent pas le film dans une histoire crédible (même pour une fable) qui nous permettrait de nous identifier. Le metteur en scène nous laisse en route parce que pas assez fou ni poétique, ni drôle ou même tragique. On ressort du cinéma en se disant que finalement la présentation binaire du sujet “être ou ne pas être en couple” est une manière un peu simple et frustrante de poser la problématique.

 

Serge Diaz

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 22:10

de Oliver Hirschbiegel

avec Christian Friedel, Katharina Schüttler, Burghat Klausner

 

 

 

Argument : Allemagne, 8 Novembre 1939. Adolf Hitler prononce une allocution devant les dirigeants du parti nazi dans la brasserie Bürgerbräu à Munich. Une bombe explose, mais Hitler ainsi que Joseph Goebbels, Heinrich Himmler, Martin Bormann et d’autres ont quitté les lieux quelques minutes plus tôt. L’attentat est un échec. Rattrapé à la frontière suisse alors qu’il tentait de s’enfuir, Georg Elser est arrêté puis transféré à Munich pour être interrogé. Pour les Nazis, il s’agit d’un complot et on le soupçonne d’être un pion entre les mains d’une puissance étrangère. Rien ne prédestinait Georg Elser, modeste menuisier, à commettre cet acte insensé ; mais son indignation face à la brutalité croissante du régime aura réveillé en lui un héros ordinaire…

Elser, un héros ordinaire

Un grand film que ce film du réalisateur de La chute sur un héros allemand ordinaire.

 

Hormis la qualité de la réalisation sur le jeu des acteurs, les flash-back qui sont des pauses bienvenues entre les séances d’interrogatoire et de torture, la reconstitution historique de l’Allemagne profonde des années 30, les couleurs et la musique qui ne forcent pas le trait de cette sinistre époque, ce film de Oliver Hirschbiegel nous fait profondément réfléchir et nous renvoie à note situation actuelle.

En effet, alors que la force écrasante et féroce du nazisme bat son plein, il est toujours possible de combattre, de refuser la fatalité. Cet homme ordinaire qui aime la vie, incarné si bien par Christian Friedel, nous le prouve.

Autre leçon : quand le peuple choisit par ignorance et bêtise la voie fasciste en politique il le paie très cher au final. Les Français qui se laissent aller à soutenir le FN aujourd’hui ne connaissent pas l’histoire européenne des années 30 à 40 ? Le FN n’est autre que l’héritier de ce fascisme barbare, et son maquillage de dédiabolisation actuel n’y changera rien. L’acte de mémoire utile que nous sert ce film est renforcé par cette information au générique signalant qu’il a fallu des décennies pour reconnaître Georg ELSER comme résistant.

L’Histoire bégaie...mais heureusement il y aura toujours des héros ordanaires qui à 13 minutes près pourraient changer le cours de l’Histoire.

Souhaitons à chacun d’entre nous d’avoir la lucididté et le courage de cet homme ordinaire !

Un film à voir et faire voir.

 

Serge Diaz

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 14:59

Film norvégien de Ole Glaever

Avec Ole Glaever, Marte Mgnusdotter Solem, Per Kjerstad

Natür Therapy

Pour échapper le temps d'un week-end à la morosité de son existence, (ah cette morne lassitude!) Martin (interprété par le réalisateur lui-même) part seul. Avec son sac à dos et affublé d'un bonnet, il marche, il court, il se repose au bord de l'eau ou sur un rocher. Nous le suivons qui arpente les paysages (non pas grandioses comme l'affirme le pitch mais aussi lisses que ceux d'un dépliant touristique; lacs tourbières landes rivières). Nous le suivons surtout dans ses pensées: sa voix intérieure (en off bien évidemment) que nous entendons tout au long du film illustre sa vulnérabilité, ses remises en question "suis-je un bon père", ses fantasmes (quand il se masturbe près d'un arbre cul nu, on voit une femme lui faire une fellation, bientôt relayée par un homme) ses "faux"remords (j'aurais dû rester célibataire ne connaître que la magie des rencontres) etc. etc. quoi de plus banal que cette fameuse "crise de la quarantaine"? Un souvenir toutefois le ramène à sa propre enfance dans sa difficile relation au père

 

Le ton était donné dès les premières séquences en ville: sa voix off s'interrogeant sur le chemin tout tracé d'un employé vu à travers une vitre, les propos triviaux d'un couple ami (hors champ), la gêne de retrouver sa femme (et le saumon? Tu ne vas pas le manger toute seule) le rapport sexuel vite fait debout dans la cuisine, tout cela traité comme une succession rapide de tableautins (auxquels Martin est comme étranger), précédant la décision et le départ.

 

Le seul intérêt du film résiderait dans le contraste entre cette banalité (situation et propos) et l'immensité d'une nature immuable (Martin est à la fois confronté à lui-même -grossissement de ses problèmes pseudo existentiels- et à l'immensité de la nature norvégienne, – qui le réduit à un homoncule-; nature si vivifiante que le personnage en vient à  s'allonger pour la nuit sous un lit de lichen; mais une nature qui n'exclut pas l'usage du smartphone (car il convient de communiquer avec l'épouse, ou de se masturber, en visionnant un porno !!)

 

Alors tout ça pour ça??? Une "thérapie" qui passe par l'enlisement à l'image de Martin malencontreusement embourbé? Par la fausse régression :Martin s'est "oublié" dans le sac de couchage?

 

Colette Lallement-Duchoze

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 20:09

De Denis Villeneuve

avec Emily Blunt, Benicio Del Toro, Josh Brolin

présenté en compétition officielle au festival de Cannes

Argument: La zone frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique est devenue un territoire de non-droit. Kate, une jeune recrue idéaliste du FBI, y est enrôlée pour aider un groupe d’intervention d’élite dirigé par un agent du gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogues. Menée par un consultant énigmatique, l'équipe se lance dans un périple clandestin, obligeant Kate à remettre en question ses convictions pour pouvoir survivre.

Sicario

La fascination pour le sordide était déjà bien tangible dans Prisoners; elle semble inchangée dans cette peinture de la guerre -rondement menée -contre la drogue. (Peinture qui visuellement fascine grâce au  travail du chef opérateur Roger Deakins, le  même que pour Prisoners) .

Voici par exemple des cadavres momifiés dans les entrailles d'une maison, la caméra les montre en gros plans et le spectateur les "voit" par le regard de Kate (jeune recrue du FBI) et comme elle, il est pris de nausée. Voici des visages tuméfiés des corps sanguinolents, et les tortures les plus atroces hors champ n'en sont que plus suggestives. L'aspect "politique" de cette "guerre" est bien patent lui aussi: complicités souvent douteuses entre CIA et police mexicaine et barons de la drogue; en fait, on exécute plus qu'on ne sécurise ou protège les civils. À l'instar de cette région frontalière de "non-droit", les frontières entre légalité et illégalité, entre compromis et compromissions sont bien poreuses, au grand dam de Kate...qui progressivement découvre cette double horreur!

Mais comme dans "Prisoners" l'argument mis en exergue sert en fait de prétexte. Ce qui intéresse le cinéaste c'est l'interrogation sur le mal qui est tapi en chacun de nous, un mal "originel" dont témoignent dans Sicario, l'obsédante couleur noire, (jusque dans cette vue aérienne sur les berlines des forces de police) et la fonction métaphorique des tunnels et des abymes ; et ce malgré la récurrence de plans sur des paysages de montagnes. (ne seraient-ils pas aussi des paysages intérieurs, des états d'âme? )

 

On pourrait affirmer sans faire de déduction hâtive que Sicario - film linéaire qui rompt avec la chronologie éclatée d'Incendies- est le "voyage initiatique" de Kate. En  proie à un dilemme, va-t-elle basculer elle aussi???

 

Sicaire, dit le prologue, désignait dans l'antiquité hébraïque, les activistes juifs, les zélotes opposés aux Romains; au Mexique sicario signifie tueur à gages !

 

Colette Lallement-Duchoze

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