22 mars 2021 1 22 /03 /mars /2021 08:51

 de Maya Da-Rin (Brésil 2019)

Avec Regis MyrupuRosa PeixotoJohnatan Sodré

présenté le 20 mars 2021,  soirée de clôture des  21èmes journées cinématographiques 

 

ce film a obtenu l’Abrazo au festival de Biarritz 2019

Regis Myrupu  a été récompensé du prix d'interprétation masculine au festival de Locarno

 

A Manaus une ville industrielle au cœur de la forêt amazonienne, Justino, un amérindien de 45 ans, est agent de sécurité dans le port de commerce. Sa fille se prépare à partir pour Brasília afin d’y suivre des études de médecine. Confronté à la solitude de sa modeste maison et persuadé d’être poursuivi par un animal sauvage, Justino est saisi d’une fièvre mystérieuse.

La fièvre

"je suis à l’affût toute la journée comme un chasseur sans proie"  (Justino à sa fille)

"ils ont de grands yeux mais ils ne voient rien. Ils ne voient même pas nos rêves" (Justino à propos des médecins qui ont prescrit des examens cliniques afin d'expliquer une fièvre soudaine)

 

Indien chez les Blancs (son collègue de travail va jusqu’à proférer sans vergogne des préjugés racistes),  Blanc  pour ses pairs (la communauté des Desana) Justino vit dans cet entre-deux, tout en assurant le lien entre le milieu portuaire où il travaille et la forêt, qui abrite son modeste  lieu d’habitation.

La dichotomie (ville/forêt, rêve/réalité, activité à  "l’occidentale" /respect des coutumes ancestrales) semble être la dynamique de ce film qui fait la part belle à la bande-son. Or la réalisatrice a voulu  -tout en préservant les contrastes- créer une forme de confusion ; ainsi même si « apparemment » les plans et angles de vue sur le trafic portuaire (arrivée, réception des conteneurs) sur ce ballet à la fois grandiose et  inhumain des engins, des élévateurs dans leur rigidité rectiligne s’opposent à la masse compacte verte d’un univers labyrinthique, les sons aigus vont progressivement définir les deux univers (une stridence commune aux bruits  métalliques et au "chant" des  insectes) tout comme Justino – suite à un état fébrile inexpliqué – sera à la fois "chasseur" et "proie" (ce qu’illustre son rêve/cauchemar),  tout comme le film est   "suspendu entre rêve et réalité".

Cela étant, avoir choisi la ville de Manaus correspondait à une volonté de mettre en exergue différents types de société (la ville béton déshumanisée et l’arrière-plan où vivent des sociétés « plus ouvertes » dans leur relation avec autrui) Un plan - à partir de la forêt- cadre précisément cette répartition dans l’espace (la compacité verte du premier plan contrastant avec la compacité verticale des immeubles à l’arrière-plan)Cloisonnement définitif ? générationnel ? La fille de Justino va partir à Brasilia 5 ans pour ses études de médecine, son fils a adopté le mode de vie des Blancs et ne saurait prendre en charge son père (prétextant l’exiguïté de sa maison) ; adaptation synonyme de trahison ? c’est un des enjeux de ce film...

 

Un film qui s’ouvre sur un long plan fixe : vu de face Justino, agent de sécurité dans le port de commerce, semble impassible comme à l’affût, mais ne serait-il pas aussi dans un "ailleurs"  insoupçonné, habité par la bande-son ? Puis ce seront les mêmes gestes toujours, toujours recommencés (travail, vestiaire, bus, habitation monacale qu’il partage avec sa fille Vanessa) avec parfois des arrêts  (église marché).

Si la forêt est le lieu de vie, de survie pour les sociétés indigènes contemporaines (dont les Desana font partie) elle est aussi cet antre où se  " réfugierait"  la bête sauvage que l’on traque….Animal ou Homme ?? 

La fièvre symptôme ou cause d’un mal ?

La fièvre comme métaphore ?

 

Écoutons cette chanson qui clôt le film (alors que défile le générique de fin)

"C’est pour cela que je suis venue vous parler/ Partez à la recherche de ce que vous désirez/ Ce monde est souillé/ Nous devons être forts comme nos ancêtres/ C’est pour cela que je suis venue vous parler"

 

Colette Lallement-Duchoze

 

PS  ne ratez pas ce film -sortie  prévue en juin 2021....

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 10:21


E-DIFFUSION COURTS MÉTRAGES
 

Fêtons le court métrage !
En préambule et dans le prolongement de la fête du court métrage, nous vous proposons, pendant six semaines, une sélection de films soutenus et/ou accueillis.
Nous commençons cette semaine avec une comédie sociale Martin est tombé d'un toit réalisé par Matías Ganz et produit par Les Valseurs.

Ce film sera visible gratuitement pendant 7 jours, dès aujourd'hui, sur notre site internet.


MARDI 16 MARS
 

MARTIN EST TOMBÉ D'UN TOIT
Réalisé par Matías Ganz
Produit par Les Valseurs

Synopsis : Alors qu’il travaille sur un chantier, Martin tombe d’un toit. Plâtré à la jambe et au bras, il ne peut plus travailler mais son patron refuse de l'indemniser. Sa femme, Jeanne, enceinte de huit mois, décide alors de prendre la situation en main.

 


Retrouvez toute l'actualité sur normandieimages.fr
 

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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 07:51

de Maud Alpi (2016)

avec Boston (le chien) Victor Hanrot, Dimitri Buchenet 

prix Louis Delluc 2016

 

présenté aux "journées cinématographiques" 21ème édition (à voir jusque ce soir 23h59) sur  https://www.festivalscope.com/page/les-journees-cinematographiques/

 sinon bande annonce 

https://shellacfilms.com/films/gorge-coeur-ventre

 

Les bêtes arrivent la nuit. Elles sentent. Elles résistent. Avant l’aube, un jeune homme les conduit à la mort. Son chien découvre un monde effrayant qui semble ne jamais devoir s’arrêter.

 

Gorge Cœur Ventre

Très laconique la réalisatrice en présentant son film hier (journées cinématographiques) invitait le spectateur à  "traverser un long tunnel pour attraper des miettes de lumière"

Et de fait ce premier long métrage est moins une œuvre  "militante" au service de la cause animale qu’une plongée (si douloureuse soit-elle) dans les ténèbres. La caméra (souvent à hauteur de Boston le chien) capte la palpitation de ces derniers instants de Vie, la caresse et l’exalte. Dans ces couloirs dédaléens la marche inéluctable vers une  mort annoncée n’en est que plus tragique et poignante

Nous serons la plupart du temps dans la « zone sale » aux couleurs jaunâtres , c’est un espace cloisonné allant de la plate-forme de « débarquement » jusqu’au bout du couloir (interminable …) où l’animal sera abattu et dépecé (une seule scène en profondeur de champ dans un carré de lumière artificielle en rend compte alors que les pattes sanguinolentes exécutent la danse macabre) C’est dans cet entre-deux que nous serons plongés en tant que spectateurs impuissants certes mais non voyeurs...

Voici des vaches des veaux des porcs des moutons ; il faut les guider « allez allez hop » dans l’ultime cheminement. Un œil hagard en très gros plan, des cils qui dessinent leur gracile graphie, des corps qui dans leur compacité semblent se recroqueviller dans la fraternité, des corps sculptés, la peau qui palpite, des pas récalcitrants qui refusent d’avancer … pelage museaux oreilles sabots corps qui frémissent,  tout cela sur fond de meuglements bêlements grognements, ces « paroles » agonisantes auxquelles répondent en écho les jappements du chien. Un monde « vivant » qui résiste encore aux ténèbres tout en les traversant et dont l’issue sera paradoxalement la « lumière » du « coup de grâce » Une brebis (?) égarée et comme affolée dans cet univers jaune (cf l'affiche) et très vite le jeune homme adopte le geste ancestral du berger, la prend sur ses épaules (comme au tout début il avait porté son  chien) ...avant le "sacrifice" (sans connotation religieuse). Une vache isolée, elle doit mettre bas; mais "ici aucun animal ne sort vivant" dit le maître à son chien; elle sera donc tuée puis immolée: le corps mort est devenu bûcher

 

Par trois fois nous quittons l'abattoir et accompagnons Virgile dans son quotidien qu'il partage amoureusement avec Boston et sa compagne. Repas pris en commun dans cette pièce squattée inondée de lumière, baignade dans ce plan d'eau où le corps humain délesté de sa carapace nocturne se marie à l'impétuosité des flots de la cascade. 

Sa main caresse le poil de Boston (Boston ce chien bâtard mais qui la nuit à l'abattoir rappelle de par son profil et ses yeux scrutateurs l'Anubis antique!) tout comme il avait caressé la peau des animaux encore vivants. Une anxiété se lit en filigrane sur son visage; au spectateur de sonder ce palimpseste!

Si la chanson de L Cohen "show me the place" s'inscrit dans la séquence finale où des chiens errants se sont retrouvés  dans un bâtiment en ruines mais qui est  présenté comme un paysage intérieur, ventre de la terre(?) n'éclaire-t-elle pas  rétrospectivement l'enjeu  de ce film? -dont le titre est emprunté à un poème de Pasolini 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 06:39

Tracing Addai, Allemagne. 2018 . 30 min 

Auteure & réalisatrice : Esther Niemeier // Auteures : Sarah-Christin Peter, Britta Strampe // Image : Omri Aloni // Son : Alexandra Praet, Christophe de la Chevallerie // Montage : Sarah-Christin Peter // Musique originale : Robert Pilgram // Production & diffusion : Film University Babelsberg (Filmuniversität Babelsberg), RBB (Rundfunk Berlin-Brandenburg).

"Addai est un jeune homme d’une vingtaine d’années vivant en Allemagne. Fragile psychiquement, il rejoint en 2013 un groupe salafiste en Syrie pour « servir un but supérieur » et venir en aide aux gens. À travers le récit de sa mère et d’un de ses amis rencontré en Syrie, Esther Niemeier reconstitue sa vie à travers des images d’archives redessinées. En partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur.

https://www.mediapart.fr/studio/documentaires/culture-idees/sur-les-traces-d-addai-parti-en-syrie

 

Ce documentaire est un remarquable travail de fin d’études. Esther Niemeier (qui travaille aujourd’hui entre le Royaume-Uni et l’Allemagne) a choisi la rotoscopie pour raconter la brève vie d’un homme. En mixant des images d’archives, des entretiens filmés et le jeu d’un acteur, en redessinant ensuite toutes ces images, elle réalise un documentaire animé implacable.

Tracing Addai raconte l’histoire vraie d’un jeune homme qui depuis tout petit a du mal à trouver sa place, qui adolescent a eu des crises psychotiques et qui adulte pensera trouver le sens de sa vie en allant aider des gens en Syrie. Tracing Addai raconte la souffrance de sa mère contactée un jour par Ilias, emprisonné en Allemagne depuis son retour de Syrie, qui lui parlera de sa rencontre avec son fils, leur amitié, les « bonnes intentions » qui les animaient au départ, et la prise de conscience du piège dans lequel ils étaient tombés quand il fut trop tard.

Esther Niemeier connaissait aussi Addai et, par ce procédé cinématographique, elle parvient en moins d’une demi-heure à dessiner la trajectoire d’une vie, tout en préservant les identités et l’intimité de chacun.

 PAR TËNK & MEDIAPART

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 10:08

De Shahad Ameen (Arabie Saoudite-Quatar 2019)

avec Basima Hajjar, Yagoub Alfarhan, Abdulaziz Shtian, Ibrahim Al-Hasawi

 

Titre original Sayidat Al Bahr

Autre titre la dame de la mer

Tanit de bronze des longs métrages de fiction Journées cinématographiques de Carthage (2019)  

Prix du jury des moins de 30 ans Semaine de la critique à Venise

 

à voir sur  https://www.festivalscope.com/page/les-journees-cinematographiques/

 

"Scales ou le sort d'une jeune fille que son père refuse de sacrifier à la mer selon une tradition ancestrale, et qui devient une paria en résistant aux superstitions patriarcales"

Scales

La cinéaste saoudienne a recours à une fable pour s’interroger sur la condition de la femme dans la société patriarcale, dénoncer le poids des traditions, revendiquer le droit à la vie et celui de vivre. Voici un village saoudien (comme beaucoup peut-être avant l’avènement du pétrole… ?) en bord de mer entouré de montagnes arides. Voici ses habitants : les hommes et la pêche, les femmes enfermées dans l’exiguïté des espaces clos. Tous respectent  certaines coutumes, même entachées de superstitions. Son personnage principal Hayat -dont elle adopte le point de vue- est quasiment de tous les plans, quel que soit l’angle de vue. C’est une rebelle -elle s’oppose à une tradition ancestrale : sacrifier la fille aînée aux vagues, aux  "monstres"  marins, ces créatures qui habitent les fonds abyssaux, en échange de leur clémence et de leur générosité  ! Dans le cas contraire une malédiction s’abattrait sur la population !

Or Hayat -c’est la scène inaugurale- n’a pas été sacrifiée ; son père écartelé entre l’amour pour son premier enfant et la stricte observance des traditions l’a sauvée, des eaux, de la mort et d’une éventuelle métamorphose en « sirène » . Il subira les affronts de ses pairs pour sa « lâcheté », sa fille mise au ban de la société, en subit l’opprobre.

Le film « raconte » l’histoire « périlleuse » d’une « survie » : seule, marginalisée, Hayat se bat pour elle, mais surtout pour s’imposer dans le "monde  masculin" en participant aux travaux de la pêche (dont le raccommodage de filets), à la découverte de ces femmes sirènes, à leur exécution. Alors que des écailles naissantes sur ses chevilles et ses pieds préfigureraient sa métamorphose (de gros plans répétés insistent -un peu trop- sur les prémices d’une transformation que l’adolescente doit maquiller dans la douleur).

 

Ce film en noir et blanc traité telle une épure (ténuité scénaristique, minimalisme des dialogues, récurrence des mêmes plans sur l’immensité de l’eau, jeux des lumières celles des torches la nuit ou du soleil qui se diffracte en éclats irisés sur les flots, personnages aux habits "à l’antique" qui, figés,  rappellent certains bas-reliefs) semble hélas s’étirer inutilement...Autant la scène inaugurale, l’offrande sacrificielle, frappait et par son rendu et par sa force suggestive - autant le "sort" de l'adolescente, celui du village peinent à s’incarner efficacement ! On a la fâcheuse impression de voir un court métrage "abusivement"  transformé en long métrage (en témoignent entre autres, ces gros et longs plans sur sa chevelure qui envahit l’écran, et ses ondulations censées rappeler le miroitement des flots…)

Mais, inviolé, demeure  l’essentiel   "susciter le dialogue sur le rôle des femmes dans la société et dans le monde arabe"

Une fable féministe 

Une allégorie sur un thème universel

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 13:00

Court métrage de Jafar Panahi (18mn)

 

proposé par l'Opéra de Paris (Opéra chez soi) 

Synopsis

Jafar Panahi part à la recherche d'une jeune femme à la voix d’or que les autorités religieuses iraniennes interdisent de chanter...
-
Découvrez gratuitement la nouvelle création du talentueux réalisateur iranien Jafar Panahi sur l'Opéra chez soi

Hidden est l’un des quatre courts métrages du film Celles qui chantent, sortis au cinéma en juillet 2020 et disponibles sur la plateforme Opéra chez soi.


 

Regarder
 

 

 

cf commentaires sur cinexpressions

"celles qui chantent" 30/07/2020

"trois visages" 10/06/2018

 

 

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 09:12

de Hubert Viel (2020)

avec Laure Calamy (la mère) Bruno Clairefond (le père) Erika Sainte (Louise ou Louloute adulte) Alice Henri (Louloute 10 ans)

 

Grand Prix international du jury : La Roche sur Yon 2020

 

Présenté le 10 mars 2020 en soirée d’ouverture aux journées cinématographiques 21ème édition (cf annonce du 5 mars sur cinexpressions) 

 

https://www.festivalscope.com/page/les-journees-cinematographiques/

 

https://vimeo.com/jcinematographiques

 

À l’occasion de la vente de la ferme familiale, Louise se replonge dans ses souvenirs d’enfance. Vingt ans plus tôt, elle était Louloute, une enfant insouciante et malicieuse. Louise se souvient de ces doux moments de bonheur, vite obscurcis par les dettes de ses parents.

Louloute

"non je n’étais pas folle mais mélancolique" (Louise à Dimitri )

Une vue en plongée sur un parc avec plan d’eau, entouré d’immeubles, alors que défile le générique ; prologue qu’accompagne la musique composée par Alvarez -dont un extrait servira de leitmotiv. Un décor urbain dans lequel évolue Louise 30 ans professeur d’histoire au collège.

Le film s’ouvre sur une scène "ordinaire":  Louise semble coutumière des retards et sujette aux endormissements ! ! Mais une remarque -qui, dans le contexte, concerne la démocratie au temps de Périclès comparée à la nôtre interroger le passé pour comprendre le présent  - préfigure le rôle des allers et retours entre Louise adulte (encore traumatisée…) dans les années 2010 et Louloute 10 ans vivant dans le cocon familial d’une ferme laitière dans les années 80 ; allers et retours dont la gestion très astucieuse scande la narration …..

 

Si l’on se réfère uniquement au titre, le film consacré au personnage éponyme est un film sur l’enfance, (rien à voir avec  "petit paysan"  ou  "au nom de la terre" ), un film initiatique (?) Certes les problèmes « typiques » de la période (et surtout le système des quotas laitiers) sont évoqués, mais ne sont pas l’objet de démonstrations. Car ils sont appréhendés par l’enfant et vécus de l’intérieur: Louloute l’intuitive, l’amie des bêtes, du monde vivant, voit le monde de son père se déliter : vendre une vache qui ne produit plus, refuser de se convertir dans l’exploitation de la viande comme le suggère le beau-père (Saladin),  crouler sous les dettes ; elle capte des bribes de conversations, assiste impuissante à la "dégradation"  physique et psychologique d’un père qu’elle adore, jusqu’à la découverte, un matin ….La tragédie restera hors champ!

 

Une séquence  "onirique" (un bouc doté de la parole, un père aux ailes déployées dont le visage va prendre les traits de la mort) une quête d’inspiration mystique (l’enfant implore la Vierge et Jésus…) une fugue, une attitude rebelle ou des propos provocateurs etc. autant d’éléments qui par touches successives de style impressionniste tissent le caractère de Louloute enfant et dessinent en creux le portrait de Louloute adulte  !

Tourné à la ferme des Caumonts à Valorbiquet dans le Calvados, le film s’inspire, pour la "reconstitution" des années 80,  de ce qu’a vu, ressenti le réalisateur  qui  fait la part belle aux ambiances (solaires ou très sombres) à certains symboles, aux accessoires typiques de l’époque (vêtements, programmes TV entre autres) 

 

Dans la séquence finale, un gros plan cadre Louloute au centre, entre ses parents qu’elle a rejoints dans leur lit, un dimanche matin. Et les trois personnages réunis à l’écran -comme ils le furent dans la vie, du moins momentanément - habités par le bonheur l'illuminent de leur sourire. Cliché ? Non car d'une part cette séquence reprend ce  qui avait été ébauché vers le milieu du film dans ses aspects négatifs et traumatisants et d'autre part elle illustre les convictions  de  Louise   "Ce qu’ils ne me voleront jamais, ce sont mes souvenirs, ceux qui n’appartiennent qu’à moi, ceux que je garde dans le cœur avec le sourire" 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 03:25


E-DIFFUSION FILM D'ATELIER
 

Nous voici arrivés à la quatrième et dernière semaine des e-diffusions de films d'atelier. Nous vous proposons Pensée magique réalisé par les résidents de l' EHPAD de l'Hôpital Pierre Hurabielle de Bourg-Achard et accompagné des intervenants artistiques Rénald Magnier et Hugues Protat.

Ce film sera visible gratuitement pendant 7 jours, dès aujourd'hui, sur notre site internet.


MARDI 9 MARS
 

PENSÉE MAGIQUE
Réalisé par Jean-Louis Garnier, Rolande Cherville, Jacqueline Coadic, Huguette Dubal, Denise Caillouel, Claude Marion, Henriette Lasor, Jeannine Emo, Germaine Manetti, Sébastien Faucon, Aurélie Eloi, Elodie Lacroix, Sarah Autonne, Mélanie Horlaville, Zoé Livesley, Régine BiehlerI

Intervenants artistiques : Rénald Magnier (réalisateur) et Hugues Protat (magicien)

Synopsis : Michèle n’arrive plus à écrire le fil de ses pensées. Irène regrette de ne plus pouvoir danser le tango. Quant à Charles, illusionniste retraité, il perd toute sa dextérité alors qu’autrefois il brillait sur les scènes du monde entier. Dans cet Ehpad où règne une morosité ambiante pourtant à l’approche de Noël, Monsieur Charles va investir malgré lui le lieu et ses résidents d’une « pensée magique ». Celle où la perte d’autonomie ou les maladies neuro-dégénératives sont transformées en phénomènes extraordinaires.

Un conte de Noël où les handicaps liés au vieillissement sont revisités dans une tonalité de comédie fantastique.

 


Retrouvez toute l'actualité sur normandieimages.fr
 

 

 


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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 07:18

Face à un contexte sanitaire incertain, les 21es Journées cinématographiques s'adaptent et proposent une édition numérique du 10 au 30 mars 2021, avec différentes expériences à vivre en ligne :
 
du mercredi 10 au samedi 20 mars, deux rendez-vous quotidiens via la plate-forme Internet Festival Scope, gratuitement sur inscription. Vingt films inédits, rares ou en avant-première pour faire vivre la thématique de cette édition et explorer ce qui relie l'humain aux animaux, ou à l’animalité, à travers des rencontres avec les cinéastes et les penseurs invités ;
 
du 10 au 30 mars, une offre VOD éditorialisée aux couleurs de notre thématique, publique et à un tarif préférentiel, en partenariat avec Universciné - plateforme VOD dédiée au cinéma indépendant ;
 
des conférences & rencontres filmées et diffusées en ligne ;
 
des évènements à suivre avec nos partenaires : La Cinémathèque française, le Théâtre Gérard Philipe (Centre Dramatique National) et la librairie Folies d'Encre (Saint Denis).

 

page facebook  https://www.facebook.com/Journeescinematographiques/

 

 

bande annonce 

https://youtu.be/JhxxyE92fOA


 

Les journées cinématographiques 21°édition du 10 au 30 mars 2021

La Part animale en ligne
Dans un contexte écologique brûlant, la coexistence entre l’humain et les différentes espèces est une problématique d'actualité et un enjeu d’avenir. Que dit le cinéma de notre rapport aux animaux sauvages ou domestiqués ? Quel regard porte-t-il sur eux et dans quelles conditions capture-t-il leur image ? Ces questions traversent la 21e édition des Journées cinématographiques, festival qui s’attache à interroger différentes problématiques contemporaines de notre société en puisant dans les classiques ou inédits de l’histoire du cinéma, tout en restant à l’affût des films les plus récents et emblématiques, avec une dimension critique et politique.

 

Les journées cinématographiques 21°édition du 10 au 30 mars 2021

                     Louloute de Hubert Viel  en avant-première mercredi 10 mars 20h 

Les journées cinématographiques 21°édition du 10 au 30 mars 2021

                               Kala Azar de Janis Rafa (Pays Bas 2020)  vendredi 19 mars 20h

Les journées cinématographiques 21°édition du 10 au 30 mars 2021

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1 mars 2021 1 01 /03 /mars /2021 10:08

 

 

Malgré la fermeture des salles de cinéma, l’Académie des César est heureuse de présenter 3 des 4 courts métrages nommés au César du Meilleur film d’Animation et les 5 courts métrages nommés au César du Meilleur Film de Court Métrage, diffusés en accès libre sur le site de l’Académie du 1er au 8 mars

 

 

https://www.academie-cinema.org/evenements/les-courts-metrages-2021/

 

www.academie-cinema.org

 

 

Courts métrages César en accès libre du 1 au 8  mars

la cérémonie sera diffusée le 12 mars en direct et en clair sur Canal+

MEILLEUR FILM DE COURT MÉTRAGE  

  1. L’aventure atomique

  2. Baltringue

  3. Je serai parmi les amandiers

  4. Qu’importe si les bêtes meurent

  5. Un Adieu

Courts métrages César en accès libre du 1 au 8  mars

MEILLEUR FILM D’ANIMATION

 Pour le court métrage

  1. Bach-Hông

  2. L’heure de l’Ours

  3. L’odyssée de Choum

  4. La tête dans les orties

Courts métrages César en accès libre du 1 au 8  mars

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

Envoyez vos articles ou vos réactions à: artessai-rouen@orange.fr.

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