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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 06:39

De Bouli Lanners

Avec Albert Dupontel, Bouli Lanners, Suzanne Clément, Michael Lonsdale, Max von Sydow

 

 

Argument: Cochise (Albert Dupontel) et Gilou (Bouli Lanners), deux inséparables chasseurs de prime doivent retrouver un téléphone au contenu sensible, égaré par son influent propriétaire. Leur recherche va les conduire dans une petite ville paumée, où ils vont croiser Esther (Aurore Broutin) et Willy (David Murgia), un jeune couple en marge du monde qui semble fuir un grand danger

Les premiers, les derniers

Le cinéaste Bouli Lanners aime filmer de grands espaces (on se souviendra d'Eldorado) et les personnages qui les arpentent en voiture ou à pied, sont souvent bourrus marginaux mais profondément humains.

Ici la vaste étendue beauceronne; là un no man's land.

Des rencontres "improbables", (un cerf, un Christ flingueur, une momie, un ex croque-mort) des figures paternelles de "sages" (bonheur de revoir Max von Sydow!) viennent peupler ce film aux allures de western

 

Mais la symbolique (mystique??) est un peu facile

 

Le titre aurait dû m'alerter ...

alors je vous mets en garde...

 

Elisabeth

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 08:00

Documentaire expérimental réalisé par Andy Guérif

Maesta, la passion du Christ

Maesta la passion du Christ, c'est la face postérieure couronnante du retable de Duccio di Buoninsegna, peintre siennois (1225- 1319), (la face antérieure couronnante étant consacrée à Maesta La Vierge en majesté, entourée d'anges et de saints). Soit 26 panneaux qui narrent en  l'illustrant, la "passion du Christ" depuis l'arrivée à Jérusalem jusqu'au chemin vers Emmaüs en passant par la Cène, la trahison de Judas, la Crucifixion etc...

Le prologue est consacré au panneau central "la crucifixion" -celui qui s'impose à qui regarde l'oeuvre dans sa globalité- (mais voir des Romains ajuster la croix dans l'espace,  bien différencier celle du Christ de celles des deux autres crucifiés, alors qu'une bande-son restitue les cris de douleur à mesure que les clous s'enfoncent dans la chair et les os, peut prêter à sourire.....)

Une heure durant, la surface du polyptyque envahit tout l'écran; les différents panneaux vides, vont s'emplir progressivement de présence humaine à l'instar de split-screen (soit plusieurs écrans sur un même écran); les acteurs et figurants parés des vêtements aux formes et couleurs du retable d'origine, entrent dans le cadre, se meuvent, se parlent (mais on n'entendra qu'un brouhaha  d'où s'échappent parfois des bribes  de conversation à l'anachronisme plaisant ); puis ils vont se figer donnant l'illusion de l'original ainsi revisité, avant de "disparaître" d'un panneau et d'emplir le suivant (deux toutefois sont habités pendant toute la durée du "film"  par des hommes qui fabriquent le tombeau)

 

À l'époque de Duccio on ne connaissait pas encore la perspective: on voyait des "images" et non des espaces; le réalisateur a tenu à respecter ces proportions différentes en "fabriquant l'espace de la peinture comme on la voit au XIV° siècle" : ainsi une table trop inclinée (La Cène) ou une entrée toute petite (premier panneau entrée à Jérusalem)

Pour réaliser ce "documentaire expérimental", Andy Guérif a "recréé" un à un chacun des panneaux dans un atelier; il a tourné séparément; chaque décor ne servant qu'une fois. Au montage final "chaque panneau fut placé l’un à côté de l’autre pour retrouver les déambulations des personnages. L’effet général donne une impression de plan séquence ou, pourrait-on dire, il s’agit de 26 petits plans séquence mis ensemble"

 

Si l'on se fie aux propos du réalisateur plasticien angevin, "Nous ne sommes pas dans une fiction de cinéma au sens classique du terme mais devant une peinture" on serait tenté de conclure que Maesta la passion du Christ serait, stricto sensu, plus destiné à une exploitation muséale

Mais un public de salles, amoureux des arts et des lettres,  n'est-il pas à même d'apprécier une telle "expérimentation"??

 

Colette Lallement-Duchoze

Maesta, la passion du Christ
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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 08:58

Film canadien de François Delisle

Avec Fanny Mallette, Sébastien Ricard, Geneviève Bujold, Pierre Curzi

Chorus

Le thème est délicat: la douleur, le deuil; ou comment peut-on "survivre" à la disparition de son enfant?

Le réalisateur a opté pour un film en noir et blanc (à tel point que la ville de Montréal où demeure Irène, la mère, et les plages mexicaines où Christophe le père s'enroule nu dans les flots, semblent drapées d'un même linceul de froideur). Il a choisi la sobriété et très souvent la voix off comme monologue intérieur, voix off en harmonie avec les polyphonies médiévales qu'interprète Irène, avec sa chorale; de courtes scènes en montage parallèle suggèrent le destin de ces deux parents, qui, séparés depuis la perte de leur jeune fils Hugo, ont "vécu" le "deuil" chacun à sa manière....le Chant et l'Océan

Mais dès le début  le spectateur est pris au piège; le film s'ouvre en effet sur un long plan-séquence: un prisonnier pédophile interrogé par un inspecteur avoue avoir tué Hugo il y a 10 ans...Cette révélation qui doit rendre vraisemblable la rencontre du couple après tant d'années de séparation, montrer comment la nouvelle douleur sera assumée à deux, est donc l'angle choisi par le réalisateur; révélation  (en soi spectaculaire) comme prétexte à un "autre" film: rencontre des époux, reconstitution, crémation, et procès éventuel; cheminement à deux vers un au-delà de la Mort?

Si la pudeur semble revendiquée elle n'exclut pas certaines lourdeurs! Que dire de ce gros plan sur le préservatif rempli de sperme? De la conversation entre Christophe et Irène dans un bar, parasitée puis recouverte par les images d'horreurs en Syrie? Des mesquineries familiales? Des apparitions récurrentes et insistantes de l'enfant dans l'embrasure d'une porte, sur un lit aux draps défaits après l'amour, etc..?

La dernière séquence vers laquelle TOUT doit converger est censée être un hymne à la VIE ! Mais elle est provoquée, là encore, par un "rebondissement" : la rencontre inopinée avec un ex camarade de classe de Hugo, qui entraînera le couple à un concert de rock ...

 

Certes l'interprète Fanny Mallette est bouleversante dans ce rôle où elle  incarne une mère  habitée par une  douleur muette ou violente; mais cela n'aura pas suffi...à "convaincre"..

Un léger bémol:   intacte et inviolée la vibration des polyphonies..

 

Colette Lallement-Duchoze

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 06:57

de Benoît Forgeard

musique de Bertrand Burgalat

interprètes: Olivier Rabourdin (Michel Battement), Philippe Katerine (Jean-Michel Gambier, le Président Bird), Alka Balbir (Samira), Philippe Laudenbach (Alain Rose-Marine), Anne Steffens (Ann Holignal), Antoine Gouy (Chris), Darius (Pierre Caron), Jean-Luc Vincent (Dizier Deschamps), Elisabeth Mazev (Françoise), Myriam Studer (Nawan), Benoît Forgeard (Pithiviers)...

Gaz de France

2020. Voici Gambier, le président Bird, qui a été élu grâce à un tube sur le PIB (il est chanteur à ses heures...) mais inepte à la fonction présidentielle, il est au plus bas dans les sondages. Vite vite une cellule de crise: le conseiller Michel Battement a convoqué des "spin doctors" au profil plus qu'atypique …afin d'éviter la catastrophe....En lisant ces quelques informations on se dit "tiens une comédie politique genre guignols de l'info" ..mais...

 

L'essentiel du film  se déroule dans les entrailles de l'Elysée: niveau -1 puis niveau -2 ; ces niveaux où sont "empaillés" les oripeaux de la Vème République (non seulement les portraits des présidents successifs, mais aussi des cadeaux, des postiches dont les sourcils de ..., des dossiers archivés, tout un fatras à la connotation symbolique évidente...)

Plongée dans les coulisses et les arcanes du pouvoir? Certes le spectateur retrouve dans cette fiction tous les codes de la satire politique et surtout le pouvoir  tyrannique de l'image; des conseillers patentés bien ridicules;  le fameux storytelling et sa dénégation purement formelle; le règne de l'immédiateté, celui de l'opinion ou de l'émotion qui supplantent celui de la raison!

Mais il y a plus et c'est précisément ce "plus" qui entraînera ou non l'adhésion du spectateur. Philippe Katerine avec son flegme et son air lunaire donne consistance, en "bird" président, à ce qui est aussi volatil que le gaz; un paradoxe assez jubilatoire; la scène où les personnages portent des masques à têtes d'oiseaux,  ne serait-elle pas (aussi) un hommage "déguisé" à Judex?. Et dès lors   s'imposerait  tout un jeu sur les connotations et les allusions.??? Peut-être...

Le film, par-delà son aspect foutraque et son humour décalé (on sourit, on rit, mais jamais on ne s'esclaffe) nous entraîne dans un univers de carton pâte (aplats verts des décors; image/poster qui s'anime et s'agrandit aux dimensions d'un nouvel Eden); un univers qui s'apparente à  un huis clos (un "hic et nunc" dans le ventre élyséen, où s'agitent jusqu'à la suffocation les spin doctors; un"ici" opposé à un "là-bas" le "dehors" où crève la population...).

À la différence d'un documentaire ou d'une docu-fiction, l'univers artificiel, le décor de synthèse de "gaz de France", le mélange d'humour froid et d'artifice ( le réalisateur y joue un cyborg, un des participants à la cellule de crise...), le non-sens présenté comme sérieux ou du moins comme allant de soi, bref tout ce que, pour simplifier, on nomme "absurde" , est moins au service d'une satire -celle du pouvoir politique- que d'un questionnement sur le rôle de la fiction en politique, comme dans toute création d'ailleurs, fiction confrontée à un "supposé" réel.....

 

Françaises, Français,

« Souhaitez-vous (regard caméra) être gouverné (un temps) par l’homme ? (Un temps plus long) Ou par le costume de l’homme ? »

 

Colette Lallement-Duchoze

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 08:41

Documentaire d'Anna Roussillon

Projeté en ouverture de la sélection de l'ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion) à Cannes 2015

Je suis le peuple

Il ne vous reste que deux séances (dimanche 13h45 et lundi 17h 10) pour aller voir ce documentaire d'Anna Roussillon

 

Une autre approche de la révolution en Egypte. Nous la voyons à travers le regard de Ferraj un paysan de La Jezira à 50kms de Louksor-, qui lui-même la voit et commente par écran interposé, celui de son téléviseur, tandis que la réalisatrice jouant le rôle d'animatrice restera hors champ;  et du coup elle nous immerge dans un environnement où la lutte pour la survie est quotidienne; loin et si "proche" de la place Tahrir

 

La réalisatrice  nous propose aussi une autre approche de la démocratie; c'est moins une victoire sur la dictature (et pourtant "voir" Moubarak derrière les barreaux est "incroyable" pour les habitants de La Jezira) qu'une forme de lutte permanente; les virevoltes de Farraj le prouvent; mais aussi les menaces en haut lieu par ceux-là mêmes qui s'en réclamaient; il faut entendre Al-Sissi appeler à l'union "sacrée" avec les militaires contre le nouvel ennemi "le terrorisme"....Tout un programme... interrompu par une panne de courant....

 

Elisabeth

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 08:19
Yolande ou les blessures du silence

Elles font leur Cinéma   www.elles-font-leur-cinema.info 

 UBI et Pôle Image Normandie 

 présentent  -en avant-première-,

Yolande ou les blessures du silence

un documentaire (dont la réalisation vient juste de se terminer)  de Léandre Alain Baker

 

à l'UBI  (lieu artistique mutualisé 20 rue Alsace-Lorraine 76000 Rouen)

samedi 23 janvier - 18h30

 

 

Ce film a été soutenu par Pôle Image Normandie.

UBI l'accueille pour vous le faire découvrir.

 

La projection sera suivie d'une rencontre-débat (en présence d'un des producteurs du film Rufin Mbou Mikima) et d'un verre

Yolande ou les blessures du silence

Synopsis Rescapée du génocide rwandais, Yolande Mukagasana a perdu son mari et tous ses enfants. Elle se bat aujourd’hui contre le silence qui continue de peser sur ce drame et aide les habitants à parler, à dire l’indicible, à comprendre ce qui s’est passé. Elle veut rendre un visage et une identité à ceux qui ont disparu.

 

Avec le soutien du Pôle Image Haute-Normandie (fonds d'aide Région Haute-Normandie/CNC), Procirep, Angoa, CNC, le Fonds Francophone de Production Audiovisuelle du Sud, l'Organisation internationale de la Francophonie

 

 

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 15:33

Embarquez-vous pour une séance de courts métrages des pays de l' Europe Centrale et Orientale à bord de la Lutèce, Mercredi 20 janvier

Festival à l'Est du Nouveau

 

 

Le Festival A l' Est du Nouveau est trés fier de vous proposer la première séance de cinéma à bord de la Lutèce. En effet, nous avons été sollicités pour assurer la programmation de la première soirée d'une série consacrée au cinéma d' Art et d' Essai sur cette grande vedette amarrée sur le quai rive droite à Rouen.

 

La sélection de courts métrages projetée mercredi 20 janvier à bord de la Lutèce, dans le cadre de la première projection organisée à bord provient de Tchéquie, Pologne, Georgie, Roumanie, Ukraine. Cette soirée nous permettra également de vous donner des nouvelles du prochain festival qui aura lieu du 4 au 13 mars prochain.

 

Le bateau sera ouvert au public dès 19heures.

La séance commencera à 20 heures,

L'entrée est de 4€, les consommations sont en sus.

 

Comptant sur votre présence

bien cordialement

l'équipe du Festival

 

pour réserver vos places, c'est ici : alest-dunouveau@orange.fr

Festival à l'Est du Nouveau
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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 20:56

Documentaire-fiction réalisé par Alexander Nanau    Roumanie 2014

(Grand prix du festival d'Angers  "premiers plans" janvier 2015)

Toto et ses soeurs

Synopsis C'est l'histoire singulière d'une famille Rom en Roumanie d’aujourd’hui, celle de Toto (10 ans) et de ses sœurs, Ana (17 ans) et Andrea (15 ans). Pendant que leur mère est en prison, Toto apprend passionnément à lire, écrire et danser, tandis que ses sœurs essayent de maintenir l'équilibre familial dans un monde qui a oublié depuis longtemps ce que devrait être l'innocence de l'enfance.

Ce documentaire est si réussi, si émouvant qu’on croirait une fiction tout comme Hope, ce film fiction de Boris Lojkine , (sorti en 2014) sur couple de migrants africains, qui, lui, ressemblait à s’y méprendre à un documentaire. Dans les deux cas, il s'agit d'histoires renversantes, qui marquent, percutent même, nos esprits à l’abri du malheur social.

Toto est ses sœurs ne tombe pas dans le glauque bien qu’il dépeigne la grande misère des Roms en Roumanie. Le film est tonique, filmé à la fois avec bienveillance et  beaucoup de distance. Il rend hommage aux travailleurs sociaux de Roumanie; et ils ne sont  pas du tout absents du paysage, contrairement à ce qu'on  aurait pu  supposer.

Enfin, le personnage de Toto est attachant sans jouer, étonnamment;  les sœurs tour à tour évoluent et nous surprennent;  la mère qui purge une peine de prison pour drogue est omniprésente par son absence. La dernière scène où elle rentre chez elle après avoir purgé sa peine de 7 ans d’emprisonnement, accompagnée de sa fille cadette et de Toto est un morceau d’anthologie qui mérite le déplacement à lui seul.

Vite, ne ratez pas ce film !

 

Serge Diaz

Dans cette chronique "familiale" qui s'étale sur plus d'une année, le cinéaste filme au plus près les 3 enfants – les enfermant encore plus dans l'inconfort d'une pièce exiguë –; et il lui suffit de quelques travellings ascendants sur des façades délabrées ou des vues en plongée sur la chaussée pour mettre comme en exergue leur environnement sociologique minable ...

Si la dernière séquence comme l'écrit Serge est un "morceau d'anthologie" elle ne prend sens que comparée à une autre séquence à laquelle elle fait écho; dans l'une, les enfants allaient au-devant de la mère en lui rendant visite à la prison et ils scellaient une union "sacrée" (blottis dans le sein d'une mère aimée); dans la séquence finale, plus d'une année s'est écoulée, chemin inverse: la mère revient au logis mais elle est désacralisée, déchue; les rôles sont inversés: Andrea qui a su protéger son petit frère en l'absence de la mère peut tancer cette dernière et ne tolérer aucune excuse...dans le train elle joue le rôle de procureur, Toto est recroquevillé dans son sommeil alors que la mère peine à plaider non coupable

Comme l'auteur procède par ellipses (une constante dans ce film) tout en ne masquant rien d'ailleurs (c'est une des forces de son film) c'est au spectateur de questionner et de combler, éventuellement, les interstices...

Il conviendrait d'ajouter la "force" de ces scènes où Andrea se filme avec son petit frère, relayant ainsi le "rôle" du cinéaste...

CLD (le 11/01/2016)

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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 14:44

De Quentin Tarantino

Avec Samuel Jackson (Le chasseur de primes marquis Warren) Kurt Russell (le bourreau John Ruth) Jason Leigh (la prisonnière Daisy Domergue) , Demian Bichir (le mexicain Bob),Tim Roth (le court-sur-pattes Mobray) , etc.

Les 8 Salopards

Prologue. Un calvaire dans une immensité blanche; un Christ que la caméra approche progressivement avant un zoom sur le visage; (la symbolique inversée se dévoilera au cours du récit); chevaux et "diligence" paraissent de minuscules stries noires... Nous sommes dans le Wyoming quelques années après la Guerre de Sécession

Le "western" va se déployer en plusieurs chapitres annoncés par des encarts; l'ordre chronologique est une seule fois perturbé par un retour en arrière et un commentaire (la voix du réalisateur en off) explicite le titre du chapitre "le secret de Daisy Domergue" au cas où le spectateur n'aurait pas été suffisamment attentif...le réalisateur reprend les mêmes plans qui étaient hors champ...  à la fin du chapitre précédent. Et quand Warren raconte au général Sanford Smithers le supplice qu'il a infligé à son fils, des images viennent illustrer ses propos (homme nu entravé, traîné dans la neige jusqu'à épuisement; l'horizontalité du supplicié  contraste avec la verticalité du Christ du prologue) . Voilà pour des "astuces" formelles (mais elles n'ont rien d'original... )

Après les séquences dans les paysages enneigés  (certains plans et cadrages sont d'une beauté stupéfiante) l'essentiel se passera à huis clos dans la mercerie de Minnie, un relais sur la route de Red Stock, où la cohabitation "forcée" (car les 4 de la diligence étaient "attendus" par 4 autres) se vit d'abord sur le mode oral (les commentaires perspicaces de Warren) puis donne lieu aux "règlements de compte" en un véritable jeu de massacre...

Que dire sinon que l'on retrouve tous les ingrédients qui font le "charme" ou provoquent la détestation des films de Tarantino: violence et outrance; dialogues ou récits "interminables" et ralentis assez spectaculaires;  musique expressive (ici Morricone) , bande-son tonitruante dans les scènes gore (sang et cervelle qui giclent..); atmosphère grand-guignolesque parfois; très gros plans (visages, bouches, pieds, mouvements des têtes ou pattes des chevaux); plans appuyés sur le visage déformé et maculé de sang de Daisy.

Warren est le seul Noir. Daisy est le seul personnage féminin -ses propos racistes et ses mensonges sont éhontés, sa vulgarité est surprenante ; mais c'est une instrumentiste douée; elle  résiste assez longtemps (parfois on se demande comment) aux pires brimades (verbales et physiques). Ambiguïté recherchée? Ou misogynie latente? La lettre que le président Lincoln aurait écrite à Warren (et dont on apprendra assez vite que c'est un faux), provoque in fine l'émotion de Mannix, celui qui aurait dû être le nouveau shérif de Red Stock. C'est qu'il est question de Mary Todd, l'épouse d'Abraham Lincoln....

 

Au final ne pourrait-on pas affirmer que le huis clos de la mercerie où s'affrontent les 8 salopards est comme le microcosme de la société américaine qui n'a pas encore "digéré" sa guerre de Sécession; une société où perdurent "relents d'injustices, ressentiments militaires et tensions raciales"? Mais ce n'est qu'une hypothèse...

 

Colette Lallement-Duchoze

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 19:33

Premier long métrage de Pengfei Song (2014)

Avec Ying Ze, Luo Wenjie, Zhao Fuyu, Lin Xiaochu

Prix Fedeora meilleur film à la Mostra de Venise

Argument: Beijing. (Pékin) 23 millions d’habitants et une croissance urbaine démesurée. Sans cesse des quartiers sont détruits et reconstruits pour la nouvelle classe moyenne. Pour gagner sa vie, Yong Le récupère des meubles usagés dans les maisons abandonnées. Xiao Yun, elle, danse dans un bar. Tous deux habitent la « ville souterraine » et rêvent d’en sortir. Jin, lui, a sa maison. Il rêve pourtant d’ailleurs. Son quartier va être détruit. Il a accepté de partir mais il doit d’abord vendre sa maison à un prix décent. Trois rêves, trois destins, trois histoires de la ville. De la Chine d’aujourd’hui.”

Beijing Stories

Ne pas trop se fier au pitch ...

Certes Jin   rêve de vivre dans une résidence de luxe (des extraits d'un film publicitaire sur grand écran  en proposent une vision idyllique), lui et sa femme   attendent depuis plus de 8 ans de vendre à un prix  honorable leurs biens, et ils seront les victimes -naïves?- des magouilles immobilières. Certes l'omniprésence de grues et de gravats sur les lieux où Yong récupère du mobilier usagé, montre efficacement les chantiers incessants de destruction / reconstruction ainsi que le rôle d'investisseurs corrompus. Certes, 3 destins vont s'entrecroiser, se croiser (c'est Yong qui nous conduit auprès de Jin, c'est Jin qui remplace Yong au volant de sa camionnette;  Yong et Xiao Yun se côtoient se cherchent dans  les entrailles labyrinthiques de la Ville). Et ces trois personnages sont habités par le rêve d'un ailleurs!

Mais le film nous  plonge surtout dans les bas-fonds;  ces ex abris anti-nucléaires construits à l'époque de Mao; nous pénétrons  dans les entrailles de la méga(lo)pole où "survivent" les laissés-pour-compte du fameux "miracle chinois"; et plus particuliérement Yong Le et Xiao Yun 

Il faut sans cesse marcher tête baissée, se recroqueviller, pour arpenter ces ruelles glauques afin de retrouver un semblant de "chez-soi" minuscule, il faut affronter la promiscuité (sanitaires communs), devenir  malgré soi un "muridé "; une séquence toutefois illumine de joie ces ténèbres quand plusieurs "locataires " partagent des agapes!

 

Instantanés, caméra fixe souvent, maîtrise des cadrages, dialogues minimalistes, va-et-vient entre les abîmes souterrains et un  extérieur saturé de gravats, ou un extérieur qu'emplit une foule compacte,  ramassée en un grand corps indifférencié; un va-et-vient qui se double d'un "mouvement" dialectique le bas et "l'en-haut", le noir et la lumière, la dure survie souterraine et le rêve d'un "ailleurs": tel est le choix de Pengfei Song, ce jeune réalisateur né en 1982 aussi doué que certains  de ses devanciers!

 

Douloureuse solitude que nous découvrons  par petites touches, Beijing Stories se donne à voir comme un  film  "d'atmosphère" ... à la fois réaliste et humain (malgré l'individualisme forcené dont rend  bien compte la scène d'inondation obligeant les "locataires" à quitter provisoirement les lieux...)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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