2 septembre 2019 1 02 /09 /septembre /2019 04:55

Reza aime Fati, et ce n’est pas leur divorce qui l’en empêchera… Il attend son retour, déambulant dans Ispahan, où il se plonge tout entier dans l’écriture d’un livre sur les légendes persanes…Quant à Fati, elle revient toujours pour mieux repartir aussitôt le jour levé. Finira-t-elle par rester ? Ou Reza finira-t-il par se libérer de son ensorcellement ?

Reza
Voilà un film "déconcertant" :
il ne donne pas du tout une image de l'Iran à laquelle ses prédécesseurs nous avaient habitués mais surtout parce qu'il a un style "décalé" dans le personnages (le héros Reza, n'est pas du tout héroïque, n'est pas macho, c'est plutôt un poète) et aussi dans les dialogues piquetés d'humour.
 
Déconcertant aussi dans son déroulement inattendu . Ce divorce qui n'en est pas un entre deux êtres qui n'arrivent pas à se séparer.
 
Un aspect nouveau du cinema iranien,
 
à voir donc, avant qu'il quitte l'affiche.
 
 
Marcel Elkaim

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30 août 2019 5 30 /08 /août /2019 06:26

De  Stéphane Batut

Avec Thimotée Robart (Juste)  Judith Chemla (Agathe)  Djolof Mbengue (Alpha)

 

Présenté à l’Acid (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), Cannes 2019

Prix Jean Vigo 2019 (ce prix est décerné depuis 1951; il récompense un auteur pour "la qualité de sa réalisation et l'indépendance de son esprit")

Juste erre dans Paris à la recherche de personnes qu’il est seul à voir. Il recueille leur dernier souvenir avant de les faire passer dans l’autre monde. Un jour, une jeune femme, Agathe, le reconnaît. Elle est vivante, lui est un fantôme. Comment pourront-ils s’aimer, saisir cette deuxième chance ?

Vif-Argent

Même si ça parait fou, j’ai envie que ça continue. Apparais-moi encore, mon beau rêve  (murmure Agathe à Juste)

Un film où le Visible et l’Invisible se côtoient, fusionnent, où les vivants et les morts communiquent, où le rêve se nourrit de la présence d’un cher disparu et se délecte de sa chair apprivoisée, où la grâce est charnelle, un film qui renoue avec la mythologie d’Orphée et celle du passeur du Styx, un film où la musique de Gaspar Claus et Benoît de Villeneuve joue sur la "sensualité, les sentiments et le deuil"  et progresse vers le romantisme, tout cela n’est-il pas séduisant ?

 

Mais la coexistence naturalisme fantastique, prosaïsme et poésie peine à être fluide tant elle est alourdie de sa charge démonstrative (le vif-argent et ses connotations, la chemise noire pailletée, les propos du père,  entre autres...) et l’interprétation verse parfois dans la mièvrerie et/ou l’afféterie..

Dès lors le spectateur loin d’être habité risque de rester extérieur à une romance vivante et spectrale à la fois !

 

Deux bémols toutefois

Quand Juste (le choix du prénom n’est pas anodin) prend en charge un mort, il le prie de raconter la scène qui l’aura le plus marqué : ici raccords et fondus font astucieusement communiquer les lieux du souvenir et le présent

Quand Juste arpente, invisible pour les autres, le Paris des Buttes-Chaumont, le réalisateur semble magnifier cet arrondissement, il en fait un personnage  qui sera l’habitacle du réel et du fantasme ! De même que la Ville dans son entièreté est la Mémoire de souvenirs murmurés, feutrés, ...immarcescibles ..

 

Colette Lallement-Duchoze

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 08:39

De  Olivier DucastelJacques Martineau

Avec Manika Auxire(Veronika) Geoffrey Couët(Marius) Simon Frenay (Nathan) François Nambot (Louis) Lawrence Valin (Lawrence)

Une femme et quatre hommes qui se connaissent à peine se retrouvent dans un appartement en plein ciel au-dessus de Paris. Ils ont tous été la victime du même pervers dominateur qui est enfermé dans une pièce. Ce soir-là, ils ont décidé d’en finir. Tour à tour, ils se racontent des souvenirs qui les lient à cet homme et entrent dans la chambre pour se confronter à lui. Mais ce qui s’y passe entre le monstre et eux reste leur secret.

 

Haut perchés

Dès le prologue on devine que l’on va assister à une "expérimentation" 

Voici le huis clos d’un appartement -tel un laboratoire- de gros plans sur des objets bleus, violets translucides typiques d’une forme d’art conceptuel ...Entre en scène et successivement chacun des 5 personnages (comme sur un plateau de théâtre) alors que le personnage principal, l’auteur de tous les -leurs- maux, restera hors-champ - chacun à tour de rôle lui rendra visite mais dans le secret de leur labyrinthe amoureux. Un tel dispositif délibérément artificiel n’est qu’un prétexte à l’élaboration de "fragments de discours amoureux" (la parole y est cardinale),  à une réflexion sur la manipulation dans une relation amoureuse hétéro ou homosexuelle.

 

Récits qui se succèdent (celui de Veronika en ouverture est sans conteste le plus long) entrecoupés de commentaires alors que les acteurs/personnages/convives se sustentent (la préparation d’une tarte aux pommes vaut son pesant de pelures!)

Un film qui respecte les règles du théâtre classique : unité de temps (une nuit) de lieu (l’appartement sis au 28ème étage) d’action (une rencontre au sommet, une confession : vengeance ? pardon ? épiphanie? libération?)

 

Certes les deux réalisateurs évitent les affrontements autour d’un dîner (une tendance qui a fait son temps et son succès) mais la "mécanique" du film, bien que rodée, a tendance à tourner en rond…

Et que dire de cette Tour Eiffel que l’on voit de l’immense baie vitrée, bien vite métamorphosée en un énorme phallus lumineux ? (effet spéculaire ironique?)

 

Restera malgré tout un film inspiré (cf lumières couleurs et musique) où le hors-champ -symbolique et suggestif- acquiert ses lettres de noblesse

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 18:44

En janvier 1972, Aretha Franklin enregistre un album live dans une église intimiste du quartier de Watts à Los Angeles. Le disque de ce concert mythique, AMAZING GRACE, devient l’album de Gospel le plus vendu de tous les temps, consacrant le succès de la Reine de la Soul. Si ce concert a été totalement filmé, les images n’ont jamais été dévoilées… Jusqu’à aujourd’hui.

AMAZING GRACE    Aretha Franklin

Qu’on croie en Dieu ou pas, on sort de la salle de cinéma les yeux mouillés d’émotion et le sourire de la grâce aux lèvres.

Surprenante grâce ! comme le titre d’un des morceaux chantés.

 

1 Heure 27 de gospel  dans une église baptiste, à peine pleine, sans chichi, bercé par la voix inimitable d’Aretha Franklin, sans gestuelle. La caméra se balade sur le public à 98 % noir, qui vibre au rythme des cantiques aux allures de rock & soul. Certains pleurent, d’autres se lèvent lorsqu’elle tient la note, comme ces chanteurs du chœur (southern californian choir)  qui en arrivent à oublier de chanter, médusés, et dressent leurs bras et leurs mains vers la diva pour essayer d’attraper au sortir de sa bouche les sons magiques qui glissent comme des étoiles.

 

Documentaire très loin du show biz, filmé naturellement mais suffisamment bien pour capter les moments précieux, les à côtés...(on aperçoit Mick Jagger discret, au fond de la salle).

Le pasteur qui accueille et accompagne au piano a une voix grave, profonde, rocailleuse de chanteur professionnel, de gros nounours émotif aussi. Il ponctue les chants de quelques blagues, de gentilles paroles envers ceux et celles qui ont contribué à former Aretha, qui est là, en toute simplicité, comme venue en voisine et amie fidèle (son père était révérend baptiste aussi y va de son petit discours en plein milieu de spectacle).

 

 

Aux amateurs de bonne musique, d’authenticité (petit voyage dans une église de la communauté noire californienne), aucune hésitation : foncez voir et écouter ce film, c’est divin !

 

 

Serge Diaz

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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 19:26

de Icíar Bollaín. (Espagne)

Scénario : Paul Laverty .

Avec Carlos Acosta; Edilson Manuel Olbera (Carlos Acosta enfant) ; Keyvin Martinez (Carlos Acosta jeune) ; Santiago Alfonso  (Pedro père de Carlos).

 

L'incroyable destin de Carlos Acosta (né en 1973) célèbre danseur étoile, des rues de Cuba jusqu'au Royal Ballet de Londres!

Yuli

S'inspirant du texte autobiographique de Carlos Acosta "No way home"  la réalisatrice espagnole fait la part belle à la chorégraphie dans ce biopic où la danse est l'essence même du récit, où  l'action  progresse  en fonction de sa symbolique; nous  assistons  en effet au ballet d'une vie.

Alors oui le déterminisme à tout prix peut paraître artificiel avec ses jeux d'échos amplifiés; citons par exemple le ceinturon du père et la flagellation, l'oculus et son aimantation vers la lumière ou encore la course-poursuite dans le dortoir après une tentative de vol; ces épisodes traumatisants ou solaires que l'enfant a vécus, seront le substrat des créations  futures de l'artiste; bien plus  les mouvements des corps, les déplacements dans l'espace  frappent par leur mimétisme....comme si à des années de distance  "tel qu'en lui-même l'éternité le change" 

 

Le film s'ouvre sur une séquence de répétition. Carlos Acosta adulte (et il joue son propre rôle) a créé sa compagnie de danse. Sur sa table un livre il le feuillette et voici que ressuscite son passé de gamin; et plus particulièrement sa relation au père; un père autoritaire, un père fouettard mais si convaincu du talent de son fils qu'il mettra tout en oeuvre pour qu'il devienne danseur!! -et ce, malgré les réticences de l'enfant! L'ascension vertigineuse de Yuli est elle aussi vue de l'intérieur (famille scotchée devant la télévision; coupures de presse que le père collecte et lit quasi religieusement....)

 

Un biopic qui aborde, mais superficiellement,  les problèmes inhérents à l'exil, les clivages sociaux, et qui se contente (avec images d'archives ...pourtant) de signaler les ravages de la Crise qu'a connue Cuba, sans en évoquer les raisons profondes (et la fausse joute verbale qui oppose un candidat au départ vers Miami, à Carlos momentanément  de retour, le prouverait aisément!!!)

Dommage aussi que les vues aériennes sur La Havane rappellent les photos clichés des guides touristiques

 

Hommage à un garçon des rues (admirablement interprété d'ailleurs par Edilson Manuel Olbera) qui ne voulait pas danser mais qui sera le "premier Roméo Noir"? Hommage à l'école de danse de Cuba? Certes . Mais un hommage qui, pétri de bonnes intentions et d'émotions,  flirte trop souvent avec le sentimentalisme !!!!

 

Colette Lallement-Duchoze

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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 05:59

d'Alain Raoust (France Portugal)

avec Salomé Richard (Salomé) Yoann Zimmer (Clément) , Estelle Meyer (Jessica) 

 

Salomé revient dans le Sud, le village de son adolescence, pour y travailler le temps d'un été. Sous une chaleur accablante, elle se rend compte qu'elle n'aura aucun logement et décide d'établir un campement de secours dans la déchetterie où elle travaille. Elle va y croiser des êtres plus ou moins perdus, pleins de révoltes, de regrets et de rêves  (Jessica rescapée d'une télé-réalité, Clément dont le frère Mathis ex de la sœur de Salomé a été tué dans une ZAD, un cycliste dépressif ....)

Rêves de jeunesse

J’ai tenu 3/4 heure avant de quitter la salle de cinéma. Peut-on, ou a-t-on le droit de critiquer un film qu’on n’a vu qu’à la moitié ?

 

Je dirai simplement, pour ma défense,  qu’il n’est pas nécessaire de voir un film en entier pour savoir qu’il est mauvais... C’est comme un plat de cuisine puant, il ne donne pas envie de le consommer. Trop d’indices suffisent à un cinéphile moyen pour juger de la suite quand un film part si mal.

 

L’ingénieur du son aux abonnés absents, les dialogues sont à peine audibles tant les acteurs bredouillent à toute vitesse dans un langage rudimentaire. La musique techno indispose dès le générique, et on se retrouve très vite dans une déchetterie dans une ambiance mi réaliste mi n’importe quoi, facile pour cacher les insuffisances de construction. 

 

On sent l’absence de moyens mais aussi de profondeur du sujet, le ton est donné avec une fille pétée, perdue, au milieu d’un jeu de télé-réalité, son jeu pauvre ne sert qu’à créer une tension agressive permanente pour combler le vide de psychologie du personnage.

Parler du malaise de la jeunesse mériterait mieux qu’un scénario paresseux.

 

 

Enfin las d’avoir la tête dans la poubelle, je suis sorti respirer l’air du dehors !

 

Un film à éviter absolument.

 

Serge Diaz

 

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 17:38

D'Ivan Kavanagh (Irlande) 2018

avec Emile Hirsch (Patrick Tate) John Cusack (Dutch Albert) Déborah François (Audrey Tate) 

Un charpentier et entrepreneur de pompes funèbres irlandais Patrick Tate vit avec sa jeune famille à la périphérie d’une petite ville Garlow sur la route de la Californie pendant la ruée vers l’or de 1849. La vie y est dure mais paisible jusqu’à l’arrivée de Dutch Albert et sa bande de Hors-la-loi qui va tout faire basculer et l’obliger à protéger sa famille…

 

Never Grow Old

Certes -et c’est là son originalité- le "western"  Never Grow Old, a été tourné dans le Connemara, et le personnage principal est un croque-mort d’origine irlandaise, un immigré -marié d’ailleurs à une Française- en butte à la communauté protestante que dirige d’une main de fer un pasteur intégriste et hystérique ... . Le réalisateur a situé l’action avant la guerre de Sécession et s’inspirant de photos prises dans les années 1850, il s’est interrogé sur l’expérience douloureuse des immigrés...qui ayant fui la grande famine, sont habités par les illusions du  "rêve américain"

 

Mais quelle déception !!! Dans le combat du bien contre le mal, les péripéties sont assez prévisibles (une séquence au tout début reprise vers la fin joue le rôle appuyé de prolepse). Une volonté par trop démonstrative, une tendance prononcée à la caricature (cf les acolytes de Dutch Albert dont Dumb-Dumb). Et même dans les séquences traitées telles des liturgies (enterrements, pendaison) la bande-son hyper illustrative en altère la portée dramatique. Ambiance noire (dans tous les sens du terme ; on ne peut discerner les paysages du Connemara à cause de cette lumière opaque) ; gadoue et enlisement (là encore dans tous les sens du terme)

Un bémol : la prestation de John Cusack - presque méconnaissable en homme au rictus sardonique...tout de Noir vêtu  ....!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 06:40

de Kantemir Balagov (Russie)

avec Viktoria Miroshnichenko (Iya) , Vasilisa Perelygina (Masha) , Timofey Glazkov (Pashka) Andrey Bykov (Nikolay)  Igor Shirokov (Sasha) 

 

Prix de la mise en scène festival de Cannes (Un certain Regard) 

 

 

1945. La Deuxième Guerre mondiale a ravagé Leningrad. Au sein de ces ruines, deux jeunes femmes, Iya et Masha, tentent de se reconstruire et de donner un sens à leur vie.

Une grande fille

S’il s’est inspiré du livre de Svetlana Aleksievitch (prix Nobel de littérature en 2015) "La guerre n’a pas un visage de femme" (1985)  Kantemir Balagov situe les faits rapportés dans « une grande fille » juste après 1945 dans la ville dévastée, comme le sont d’ailleurs Iya et Masha -ex soldates de l’Armée rouge. Les séquelles et la possibilité d’une reconstruction, voilà ce que privilégie le réalisateur.

Et si le rythme semble à certains trop lent n’épouse-t-il pas celui d’une longue et lente reconstruction ? De même que les silences ou les paralysies respiratoires sont en harmonie avec l’atmosphère asphyxiante de cette période qui a suivi le siège de Leningrad. À intervalles réguliers Iya a le souffle coupé – dès le générique la bande son alertait le spectateur- .

Et c’est presque tout au long du film que le spectateur est à la fois hébété et envoûté par un mélange de diaphanéité et de sourde opacité, de sensualité violente et de poésie éthérée, de réalisme cru et de délicatesse, par cette science du cadrage de la lumière et de la répartition des couleurs (ingénieuse étonnante Ksénia Sereda) qui rappelle la peinture mais aussi par les ellipses et les non-dits, les cris et les susurrements. 

 

Chacun des trois mouvements qui structurent le film a une tonalité particulière;  on pourra  moins apprécier le troisième (qui coïncide avec l'entrée en scène de Sasha) car il est plus conventionnel et plus démonstratif -au sens de explicite. Le premier mouvement au contraire est tout en nuances suggestives;  centré sur Iya, il joue sur les parallèles entre l’univers en ruines -tant à l’intérieur de l’hôpital qu’à l’extérieur – une dévastation amplifiée par la saison hivernale- et les psychés désaccordées ou en lambeaux (cf le tétraplégique) autant que sur les oppositions entre l’aspect quasi fantomatique de la Girafe (surnom d’Iya) et la rudesse du quotidien. Le deuxième mouvement  qui  coïncide avec la mort de l’enfant Pachka et le retour de Masha, a les allures d’un road movie à la fois féminin et féministe (dans un monde machiste s’affirme avec fierté l’amour au féminin et la GPA si problématique !!! semble résolue….) Le vert  triomphe dans  la séquence où Masha si fière de porter la robe verte  tournoie jusqu’à l’étourdissement comme pour exorciser la douleur et le mal qui l’habitent !

N'est-ce pas elle qui  incarne -par la flétrissure de ses entrailles, par sa maîtrise du langage et des situations, par son opposition aux privilégiés -le fussent-ils  de naissance ou par allégeance  servile au pouvoir- ce que fut la Vie des femmes de l'Armée rouge !!!! 

 

Un film à ne pas rater

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

Bien vu Colette ! mais à une différence près : je ne trouve pas le personnage du médecin Sasha conventionnel du tout, L'acteur extraordinaire joue un homme fracassé par la guerre et la perte de sa famille mais qui reste humaniste, courageux, énigmatique.Un personnage secondaire d'une grande richesse, tout en finesse et tristesse. La scène de l"insémination forcée" est un grand moment de cinéma. Oui, effectivement, ce film russe est puissant à plusieurs points de vue.

Serge Diaz 9/08/2019

On s'est mal compris....et/ou je me suis mal exprimée....(ai un peu modifié la phrase que d'aucuns jugeraient sibylline  !)

L'épithète "conventionnel" s'appliquait au 3ème mouvement,  à la façon dont il est traité (cinématographiquement parlant ) et non au personnage - ce mouvement coïncide avec l'entrée en scène de Sasha

Sasha est le  jeune infirmier  apparemment simplet... (clan des "privilégiés") 

Rien à voir avec Nikolay le médecin chef de l'hôpital militaire (interprété par Andrej Bykov) qui,  bien évidemment, est paré de toutes les qualités que tu évoques, celles d'un humaniste bienveillant

Colette 9/08/2019

 

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7 août 2019 3 07 /08 /août /2019 03:13

Ils se sont rencontrés à une fête et se sont aimés tout de suite. C'est une belle et grande histoire d'amour, racontée à travers les souvenirs du jeune couple - des souvenirs altérés par le temps, leurs états d'âme, leurs différents points de vue. Des souvenirs qui finiront par influer sur leur relation.

Ricordi?

Ce beau film italien nous promène dans le cheminement de pensée de deux jeunes êtres qui se rencontrent et s’aiment. Les souvenirs se mêlent au présent et se fondent si bien qu’on est entraîné imperceptiblement dans ce labyrinthe d’ images tantôt douloureuses tantôt oniriques.

Beauté de la photographie et surtout de l’actrice qui porte bien son prénom Linda Caridi (Linda signifie jolie en espagnol)

Elle a une aptitude innée au bonheur, lui, avec un passé difficile est happé par le morbide. Leur rencontre passionnelle se heurte à son incapacité à lui de vivre au présent les plaisirs simples de l’amour, au point que Roméo finit par décolorer sur le psychisme de sa Juliette.

 

Lumières vibrantes d’été, neige en contrepoint, le montage est d’une fluidité extraordinaire. Le spectateur glisse dans ce voyage de sensualité qu’un mal de vivre irrémédiable, une obsession de nostalgie, viennent déchirer par moments.

La musique est douce et le sourire de Linda Caridi est tel que lorsqu’il disparaît de son visage, la vie s’éteint.

 

Ce long métrage aurait gagné à être un peu plus court tant le film est dense mais il nous renvoie à notre manière de vivre le présent ou pas, à notre aptitude ou pas au bonheur, à notre construction mentale forgée pendant l’enfance et si difficile à modifier au cours de notre existence.

 

Ce film d’amour original au propos intéressant est à voir.

 

Serge Diaz

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 06:14

De Youri Bykov (Russie) 

avec Denis Shvedov, Vladislav Abashin , Andrey Smolyakov

festival de Beaune 2019

Réagissant à la vente frauduleuse de leur usine, plusieurs ouvriers décident d'enlever l'oligarque propriétaire des lieux. Ils sont menés par 'Le Gris', un ancien des forces armées. L'enlèvement tourne à la prise d'otage, et, rapidement, la garde personnelle du patron encercle les lieux.

Factory

Youri Bykov (Le major, l'Idiot) vilipende avec un certain brio la corruption qui gangrène la société russe, la répartition très inégalitaire des richesses, l'engluement dans le fatalisme. Thèmes qui sont au coeur de Factory, un film qui mêle polar et drame social, avec unité de lieu de temps et d'action

 

Le lieu c'est l'usine (factory). D'abord vue de loin fantomatique dans le brouillard glacial du matin alors qu'Alexeï dit Le Gris se rend à pied seul vers ce lieu de travail (en écho dans  le dernier plan c'est le mercenaire Fog qui désabusé fera le chemin en sens inverse...). Puis avec Le Gris nous pénétrons dans le ventre de ce monstre métallique. Et le temps d'une nuit (après que la patron a décidé de la fermeture et que quelques ouvriers sous la houlette du Gris ont procédé à son enlèvement) l'usine devient le siège d'une bataille. Bataille autant idéologique qu'à balles réelles; c'est l'unité d'action: séquestration, demande de rançon, rebondissements avec changements de stratégie

 

C'est bien la rage qui habite le Gris (admirable Denis Shvedov dont nous avions apprécié le talent  dans Le Major) avec cet oeil d'acier qui fixe la machine-outil, cette force herculéenne, une maîtrise des mécanismes retors de la pensée dominante qui l'empêche de tomber dans le piège, lui, Le Borgne, le rescapé de la guerre, porte avec sincérité tout le poids du malaise social dans le face-à-face l'opposant aux adversaires de "classe" (et à certains de son clan, les traîtres en puissance ou les "lâches").

La critique virulente de Bykov épouse son scénario (ou l'inverse) : qui a l'audace de remettre en cause le statut des possédants sera pris dans un étau mortifère!!

 

Hélas des moments inspirés et haletants côtoient trop de ressassements (dans les discours entre l'ouvrier qui cogite et l'oligarque ou le patron de la milice) un sur-jeu quasi permanent, de sorte que la "maîtrise formelle" incontestable se perd dans une forme de théâtralité (à un moment qui se veut suprême le décor de l'usine constellé de coups de feu se mue en un vaste écran "d'opéra"); et le discours politique (idéologique) trop appuyé a parfois des allures de "virilisme" 

 

Cela étant, Factory n'en reste pas moins un film audacieux  que je vous recommande

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

 

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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