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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 09:21

de Luc et Jean- Pierre Dardenne

Avec Adèle Haenel, Olivier Bonnaud, Jérémy Rénier

Présenté en Compétition Officielle à Cannes

La Fille inconnue
Les frères Dardenne savent se renouveler : ce thriller place au centre d’un très bon scénario une jeune femme médecin rongée par un sentiment de culpabilité.
Le personnage incarné par Adèle Haenel (digne d’un prix d’interprétation) est un témoignage par la fiction de l’héroïsme de ces médecins  des quartiers déshérités.
 
Le film ne cherche pas à nous faire pleurer sur les prostituées, les vieux malades et esseulés  ou les jeunes à problèmes, non, le film suit froidement et calmement, tout en retenue,  le cheminement d’une conscience meurtrie par la culpabilité.
La jeune médecin mène l’enquête sur les circonstances de la mort de cette jeune fille inconnue retrouvée à quelques mètres de son cabinet médical.
C’est l’occasion pour les metteurs en scène de dresser un portrait psychologique sur la jeune toubib puissamment imprégnée des valeurs déontologiques, tenace, courageuse, simplement humaine sans niaiserie.
 
En cette époque de dévalorisation de la profession de médecin, le film vient à point pour renverser cette tendance.
Le jeu d’acteurs maîtrisé , la mise en scène sans effet, efficace, l’absence de musique, les couleurs froides, tout concorde pour nous capter de bout en bout.
 
Un film à voir avec plaisir et profit.
 
Serge Diaz
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 12:42

 

Film tourné en Normandie par 4 jeunes cinéastes  L. et Z. Boukherma, M. Gautier, H.P. Thomas

 

Avec Daniel Vannet, Romain Léger

 

Sélectionné à l'ACID au Festival de Cannes 2016, il a été présenté au Festival international du film de La Rochelle

 

 

Argument: à la mort de son frère jumeau, Willy 50 ans quitte pour la première fois ses parents pour s'installer dans le village voisin. Inadapté, Willy part trouver sa place dans un monde qu'il ne connaît pas... 

Willy 1er

On rit un peu pour ne pas pleurer.

 

Le regard bienveillant mais sarcastique quand même sur le principal personnage, déficient physique et intellectuel, évoque du déjà vu. Les documentaires Strip-Tease de Bernard Olivier avaient ouvert la route dans le genre “incroyable mais vrai”, au grand public.  Bernard Dumont avait signé un film fort avec “l’Humanité”.

 

Dommage que ces jeunes réalisateurs aient copié sans gêne la scène du rodéo à cyclomoteur. Sujet facile et accrocheur; ne sont pas les frères Dardenne qui veut !

 

Et tant qu'à montrer la misère sociale et son corollaire la grande misère culturelle, il vaudrait mieux essayer d’inventer.

Espérons qu’après ce premier essai les co-auteurs de ce film moyen aux bonnes intentions sans doute, sortent des sentiers battus.

 

Je n’ai plus l’âge de rigoler sur la misère du monde, et comme Aragon “vous regarder pauvres gens m’arrache l’âme”.

Laissons aux jeunes, peut-être, le plaisir d’en rigoler...

 

Serge Diaz

 

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 14:40

Documentaire réalisé par Ruedi Gerber (Suisse) 

Anna Halprin et Rodin: voyage vers la sensualité

Le cinéaste suisse Ruedi Gerber qui suit Anna Halprin depuis une trentaine d'années, l'a filmée au cours d'une mise en scène avec sa troupe Sea Ranch Collective, sur une plage de  Californie. Cette chorégraphe née en 1920 qui certes n'a pas inventé comme Merce Cunningham ou Lucinda Childs de nouvelles formes de mouvements, fait partie de ceux qui inventèrent non pas des gestes, mais des corps : non pas une écriture, mais des réceptacles à celle-ci; d'où le choix des sculptures de Rodin chez qui elle retrouve cette "même volonté d'exprimer une vérité venant de l'intérieur"

 

Nonagénaire encore ingambe (il faut voir son corps en reptation sur le sable et ses mains qui le lacèrent à la recherche de..ou ce jeté dans l'espace) l'œil vif, la peau ridée mais non parcheminée, Anna Halprin explique commente sa démarche, suggère une piste de réflexion tout en corrigeant parfois une position du buste ou de la hanche le mouvement des bras (comme dans un masterclass): le mouvement apparemment "figé" gravé à jamais dans le marbre doit servir de modèle au danseur qui lui donnera ainsi une seconde Vie. Anna Halprin invite ses élèves/danseurs -non professionnels- à opérer d'abord un voyage intérieur avant de faire jaillir une sensualité jusque-là inconnue. Les rochers bien vite vont se muer en blocs de marbre d'où surgira la figure expressive du baiser, de la source, du penseur, de l'âge d'airain, de l'amour debout, etc. Sculptures vivantes, les danseurs évoluent seuls ou en duos, souvent nus ce dont témoigne la "représentation" (dernière partie du film) donnée en pleine forêt face à un public debout et admiratif comme médusé! Une performance (sens artistique) un art de l'éphémère au service d'une approche tout à fait singulière de la danse

 

On devine la vigilance de Ruedi Gerber quand sa caméra attend le moment de grâce enfin conquise, le capte pour l'immortaliser en plans moyens le plus souvent (tout comme Anna Halprin invitait chaque danseur à mobiliser ses forces vives jusqu'à la capture de l'INSTANT). En revanche on comprend moins qu'au montage il ait jugé pertinent de mettre systématiquement en parallèle la position d'un danseur et la sculpture de Rodin qui a servi de modèle; ce va-et-vient entre l'intérieur du Musée (Paris)  et l'extérieur d'une plage californienne, entre la figure sculptée et le danseur "vivant" momentanément figé, est par trop "didactique" et frise l'artifice

 

Colette Lallement-Duchoze

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 08:03
Moteur:  les festivals de cinéma de Rouen

Les 6 festivals se fédèrent (et d’autres nous rejoindront) pour parler d’une voix commune à nos interlocuteurs institutionnels et privés et affirmer qu’il se passe beaucoup de choses autour du cinéma d’art et d’essai à Rouen.

 

La soirée aujourd’hui est gratuite et ouverte à tous.

 

 

Moteur défend le cinéma en tant qu'art

 

Moteur  fédère 6 festivals qui dans un souci de non concurrence se concertent pour un calendrier harmonisé et partagent des informations sur les différentes programmations

 

Moteur  valorise la diversité cinématographique à Rouen et le dynamisme de ses différents acteurs locaux

 

Moteur  favorise les croisements entre ses différents publics partenaires et bénévoles afin d'élargir le rayonnement des festivals de cinéma sur le territoire

 

Moteur  aide à la visibilité, à la communication, à la diffusion des festivals de cinéma

 

Moteur  vise à créer une entraide entre les festivals adhérents, des coopérations, des partages de moyens et de compétences

 

 

 

Moteur:  les festivals de cinéma de Rouen
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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 06:59

de Todd Solondz (USA)

avec Ellen Burstyn, Kieran Culkin, Julie Delpy, Danny De Vito, Greta Gerwig, Tracy Letts, Zosia Mamet

 

Prix du  jury festival de Deauville

Le teckel

Un hymne dédié au teckel l'inscrit dans la vaste épopée des héros. Nous le voyons de profil arpenter l'écran traverser les paysages les saisons et les âges (comme s'il passait d'une vignette à l'autre sur une planche de BD) alors que retentit la "complainte" sur un air country. (cela sert de raccord entre deux sketches).

Ligne majestueuse d'un animal quasi hiératique -mais qui n'en reste pas moins une "saucisse"- ce personnage éponyme (cf le titre) sert en fait de miroir ou de contrepoint.

Lui qui est "en quête de foyer" va côtoyer un enfant rescapé d'un cancer, abîmé par la chimiothérapie (Keaton Nigel Cooke) une vétérinaire un peu nunuche éprise d'un drogué (Greta Gerwig) un prof de cinéma, scénariste "raté" qui est la risée des jeunes étudiants (Danny De Vito) et une octogénaire en phase finale (Ellen Burstyn). L'animal "adopté" est le compagnon idéal pour ces âmes solitaires ou ces désillusionnés de la vie. Et l'on devine l'empathie du réalisateur pour ces "personnages" dont il ne se moque jamais même quand leurs répliques ou leurs comportements frisent le ridicule. Mais ils évoluent dans un environnement tel que le spectateur assiste en fait à une comédie grinçante, macabre aussi (dont témoignent la "circularité" du film et la prégnance de la mort); le ton est souvent corrosif acide (tout comme les couleurs du costume de ce peintre qui rêve d'être Damien Hirst tout en le conspuant; et l'épilogue lui "donnera raison"; belle pirouette finale où le teckel réapparaît post-mortem dans une "oeuvre d'art" vivante; double ironie du réalisateur)

La caméra souvent fixe capte par petites touches une ambiance une pose une attitude; ainsi au début c'est un univers bourgeois corseté dans ses meubles comme dans son idéologie de l'exclusion; le teckel offert à l'enfant malade doit rester encagé; mais l'enfant prendra sa revanche: il saute -filmé au ralenti- sur les plumes d'oreiller; les parents suivent à la trace les plaques de diarrhée pour les nettoyer -long travelling latéral audacieux qu'accompagne la musique de Debussy- avant d'opter pour la "solution finale"... mais l'assistante du vétérinaire s'en empare  in extremis...

Souvent les "couleurs" choisies sont en contradiction flagrante avec les propos: le pastel flatteur du début est celui des cages de la SPA; les couleurs vives de la maison ou de la voiture (épisode I) maquillent la noirceur des propos de la mère (Julie Delpy) qu'elle profère avec naturel Ou tout au contraire elles accentuent certains traits de caractère ou certains travers ainsi les converses jaunes et les lunettes à monture verte de la vétérinaire (sketch II)

Avec un "humour frontal" qui lui est propre, Todd Solondz signe là une fable/comédie singulière à ne pas rater!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Le teckel
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 09:20

Documentaire de Bertrand Tavernier

 

Présenté à Cannes dans la sélection Cannes Classic (évoluant comme chaque année en dehors de toute actualité et esprit de compétition)

Voyage à travers le cinéma français
Un régal !!!
 
Merci Bertrand Tavernier d’avoir mis tout votre talent de cinéaste et d’érudit du cinéma, à nous offrir ce travail si distrayant, si finement pédagogique, si captivant, comme un grand chef nous présenterait le nec plus de sa cuisine sous forme de petits mezzés dont on savoure chaque plat.
 
Les nombreuses anecdotes, le ton léger et bienveillant plein d’humour aussi de Tavernier, nous font passer avec bonheur, sans ennui aucun, ces 3 h15 qu’on appréhendait pour leur durée 
Les extraits  et le commentaire qui les accompagne sont une synthèse de ce cinéma français des années 30 à 70 qu’on adore et c’est une chance de voir défiler avec intelligence ces images sublimes, ces dialogues immortels, qui nous ont fait rire, pleurer et rêver.
D’ autres qu’on découvre avec un tel plaisir !
 
En somme, ce documentaire est un magnifique hommage au cinéma pour les cinéphiles et bien au-delà.
Il nous donne envie de voir et re-voir dans les salles obscures tous ces chefs-d’œuvre du cinéma français, amours partagés, passion récompensée
 
Serge Diaz

 

Oui une invitation au voyage 
Cette remontée dans le temps est avant tout remontée dans la mémoire du réalisateur 
c'est pourquoi certaines questions lors de la rencontre lundi 17/10 étaient malvenues; on a déploré que... 
Sachons gré à Bertrand Tavernier d'avoir été notre guide dans ce déroulé qui est aussi un phrasé, d'avoir rendu hommage à tous ceux qui restaient dans l'ombre (compositeurs monteurs par exemple) même si et surtout si nous ne partageons pas les mêmes amours

Colette 21/10/2016

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 15:45

De Paul Vecchiali 

 

Avec le réalisateur et Pascal Cervo, Annie Cordy, Françoise Lebrun, Françoise Arnoul, Edith Scob, Mariane Basler, Catherine Deneuve Mathieu Amalric

 

Présenté à Cannes Hors Compétition

Argument:  Laurent cherche sa voie, ayant vécu son enfance et son adolescence dans la paresse. Il traverse des moments conflictuels avec Rodolphe, son père : l'un et l'autre sont trop émotifs pour s'exprimer leur tendresse. Rodolphe, autour duquel gravitent les femmes de sa vie, n'a qu'une obsession : retrouver Marguerite, son premier amour..

Le Cancre

 

2 heures d’ennui mortel à devoir supporter l’égocentrisme pathétique d’un vieux réalisateur de 86 ans qui n’a pas compris que faire le film de trop en fin de carrière pouvait briser son image de marque.

Aucun intérêt à regarder mal jouer Paul Vecchiali omniprésent sur des images sans qualité. Quelques tentatives d’humour qui tombent à plat au milieu d’un océan de triste monotonie sans poésie aucune.

S’entourer de bons acteurs ne suffit pas, il arrive même à faire mal jouer des acteurs de renommée comme Edith Scob, tant sa direction d’acteurs est empesée, sans originalité, avec des dialogues auxquels personne n’accroche, pas plus les acteurs que le spectateur.

Et pourtant le sujet était attirant !

 

Vite allez voir le film d’à côté.

 

Je suis parti 30 minutes avant la fin en me disant que ça ne servait à rien de me punir davantage.

 

Serge Diaz

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 15:57

d'Alejandro Jodorowsky (France- Chili- Japon)

avec  Alexandro Jodorowsky, Adan Jodorowsky, Brontis Jodorowsky, Pamela Flores, Leandro Taub, Jeremias Herskowitz, Carolyn Carlson

 

Présenté à Cannes (Quinzaine des Réalisateurs)

Poesia sin fin

Deuxième volet d'une autobiographie "fantasmatique" Poesia sin fin nous transporte à Santiago dans le quartier où a vécu l'auteur, un quartier "reconstitué" comme le montrent dès le début ces photos géantes d'époque (1940/50) qui vont recouvrir les façades des maisons...

En sciant l'arbre (cordon ombilical?) l'adolescent rompt avec sa famille (il ne sera pas médecin comme le désirait son père tyrannique) Il va mener une vie de bohème, -errances nécessaires pour qui veut satisfaire cette unique et profonde aspiration, être poète. À la fin il embarque pour la France (rejoindre André Breton et faire revivre le courant surréaliste; annonce du troisième opus d'une trilogie?)

Premiers émois amoureux, premiers élans artistiques, rencontres avec le poète Nicanor Parra, avec la Muse Stella Diaz, plus qu'excentrique, avec des "monstres" des nains, la faune underground, les habitués de 'l'Iris bar" (où des serveurs octogénaires déambulent telles des mécaniques), c'est bien à un voyage "mental", une folie, un dévergondage qui sollicitent tous nos sens que nous convie le réalisateur. Amour, sexe, religion, famille, créativité, tout est dit montré illustré mais avec cette force explosive et jubilatoire qui en décuple la teneur.

Une séquence à peine terminée et nous voilà embarqués sans transition dans un autre "univers": celui du tarot divinatoire (avec Carolyn Carlson) ou le défilé de diables rouges et de squelettes ou encore cette idylle avec une naine... 

Et toute la pléthore d'épithètes: surréaliste onirique baroque fantastique déjanté farfelu fantaisiste peut qualifier ce film et prouver (s'il en était besoin) l'inventivité d'Alejandro Jodorowsky 87 ans, (il intervient plusieurs fois à l'écran pour "guider" conseiller le jeune Jodo - Adan, son plus jeune fils interprète son rôle et Brontis, son fils aîné joue celui de son père)

En fait ne se parle-t-il pas à lui-même? Et par-delà la mort à son propre père?

 

Le sens de la vie n'existe pas. Il faut juste la vivre

 

 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

je n'ai pas pu "supporter" l'outrance -tout en sachant qu'il ne faut pas prendre au premier degré...

Ismael 14/10/2016

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 15:06

Documentaire réalisé par Gianfranco Rosi (Italie)

 

 

Le cinéaste a passé plus d'un an sur l'île de Lampedusa pour faire son film. Il y raconte le parcours de ces milliers de migrants qui arrivent par bateau dans des conditions catastrophiques sur ce petit morceau de terre de 20 kilomètres carrés situé entre Malte et la Tunisie

 

Autre synopsis: Samuele a 12 ans et vit sur une île au milieu de la mer. Il va à l'école, adore tirer et chasser avec sa fronde. Il aime les jeux terrestres même si tout autour de lui parle de la mer et des hommes, des femmes, des enfants qui tentent de la traverser pour rejoindre son île. Car il n'est pas sur une île comme les autres. C'est Lampedusa;  une frontière hautement symbolique de l'Europe, traversée ces 20 dernières années par des milliers de migrants en quête de liberté

 

Ours d'Or Berlin 2016

Proposé  pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère

Fuocoammare, par-delà Lampedusa

On reste sans voix plus qu'ébranlés par ce documentaire hors norme

inutile de "raconter"....

Je me contenterai de citer le réalisateur lui-même

Je pense que nous sommes tous responsables de cette tragédie, peut-être la plus grande que nous ayons vue en Europe depuis l'Holocauste","Nous sommes complices si nous ne faisons rien"

 

Alors Que faire?

 

Elisabeth

Réponse à Elisabeth
1- Si on n'est pas pressé, changer de gouvernement : ni Hollande ni Jupé encore moins Le Pen...mais à gauche toute !!!
2- Si on veut agir tout de suite : Association Welcome Rouen Métropole : on donne des sous et ça paie un logement pour des réfugiés en famille ou mineurs isolés. contact@welcomerouen.org Trésorier : Sylvain Legay 200 rue des Haies 76160 Saint Martin du Vivier
Salut & Fraternité !

Serge 8/10/2016

Sans "raconter" on peut toutefois mettre en évidence les qualités indéniables de ce film (sa construction qui juxtapose trois histoires et qui met tout en oeuvre pour converger vers la séquence "terrible"; les aspects métaphoriques -cet oeil "paresseux" de Samuele; l'art des cadrages et le travail sur la lumière; l'absence de dialogues quand la mer agitée se gonfle de vagues ou quand le ciel est envahi de lambeaux gris foncé; etc...)

Il me semble que le réalisateur se démarquant des images auxquelles la télé nous habitue en période de crise cherche moins à "faire passer un message" qu'à rendre le public "curieux, intrigué" et le "laisser imaginer et ressentir" (cf dépliant AFCAE: les "données" dont nous disposons écrasent notre perception du réel; faire en sorte  que le public puisse interpréter les images et pas seulement les regarder) 

Colette 

Désolé Elisabeth mais vous êtes à côté de "la plaque" car le réalisateur s'éloigne de toutes ces images "à chaud" que nous livre la TV
et vous réagissez comme si c'était un doc télé .
Ismaël 19/10/2016
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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 05:13

De Xavier Dolan (Canada, France)

Avec Gaspard Ulliel (Louis) Nathalie Baye (Martine la mère) Vincent Cassel (Antoine le frère) Léa Seydoux (Suzanne la soeur) Marion Cotillard (Catherine la femme d'Antoine)

 

Grand Prix festival de Cannes 2016

Juste la fin du monde

Le visage d'un homme les yeux masqués par les mains d'un gamin; c'est ce que donne à voir l'affiche du film. Lui c'est Louis (Gaspard Ulliel); il est dans l'avion; il doit rendre visite à sa famille qu'il n'a pas vue depuis 12 ans et lui annoncer sa mort prochaine .

Les yeux bandés ou la cécité  terrifiante ? C'est comme la nuit en pleine journée on ne voit rien j'écoute je suis perdu et je ne retrouve personne" (se lamentait Louis dans la pièce de Jean-Luc Lagarce dont s'est inspiré Xavier Dolan en  situant  l'action "quelque part il y a quelque temps" )

Après l'enfermement dans cet habitacle, Louis pendant quelques heures (et le gros plan sur la pendule à coucou les annonce dans cet ultime cheminement vers une mort annoncée.) va vivre un "cauchemar" face à l'incompréhension ou du moins l'absence de "communication" des membres de sa famille- les phrases les questions ont un double sens pour le spectateur complice... Lui tout en intériorité ne pourra jamais avouer les raisons de son retour. Serait-il déjà ombre ou fantôme? Et Xavier Dolan capte souvent sur son visage une expression en légère contre plongée.. comme s'il était déjà "détaché".  La famille? Hormis quelques plans d'ensemble le réalisateur la filme dans son morcellement (gros plans successifs sur les visages de la mère de la sœur du frère et de la belle-sœur Catherine; duos mère/fils; Louis/Antoine) et dans un décor aux tonalités feutrées avec des jeux de clair-obscur et d'audacieuses profondeurs de champ. Le choix systématique de gros plans fixes prolongés ou de plans rapprochés serrés, accentue le caractère oppressant de ce huis clos familial; mais chaque personnage n'est-il pas enfermé sur lui-même ? (paroles reproches invectives insultes, ces  mercuriales qui dessinent en creux leur enfermement...)

Le passé pour Louis ? La caresse sur le matelas à la recherche d'une odeur ne délivrera que poussière....Son futur proche? C'est son "rendez-vous" avec la Mort!

Bouleversant ce film l'est assurément mais beaucoup moins que la pièce de Jean-Luc Lagarce (il est vrai aussi que l'absence de didascalies laisse totale liberté à celui qui s'empare du texte .) 

Des musiques "racoleuses" pour CE genre de film; l'étirement inutile de la séquence qui oppose les deux frères (Antoine qui fustige le langage son inanité est soudain emporté par une logorrhée), outrance jusqu'à l'hystérie dans le jeu de certains acteurs  (certes elle est imposée par Xavier Dolan); la danse sur un air moldave qui aurait dû émouvoir frise le ridicule (maladresse des mouvements dans la fixité du plan); la symbolique un peu trop appuyée de l'oiseau qui sort de la pendule, son vol erratique le mène au trépas dans l'ultime pulsation d'un cœur qui bat....

 

Colette Lallement-Duchoze

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