5 septembre 2023 2 05 /09 /septembre /2023 02:54

d'Alex van Warmerdam (2021 Pays-Bas) 

 

avec Tom Dewispeleare, Frieda Barnhard

Günter, trouvé dans les bois en Allemagne à l’âge de quatre ans, a grandi dans une famille d’accueil. Quatre décennies plus tard, il mène une vie normale : il gagne sa vie comme acteur de théâtre, passe du temps avec sa fille Lizzy, a une liaison avec une femme mariée. Lorsqu’un homme sur un pont lui chuchote un mot étrange à l’oreille, il commence à s’interroger sur ses origines

N° 10

Si vous appréciez l’absurde ou l’humour à la Bent Hamer ou Roy Andersson vous apprécierez le 10ème film d’Alex van Warmerdam, et vous laisserez embarquer en absurdie, un voyage qui flirte avec la science-fiction et qui fait la part belle à l’iconographie (ne serait-ce que par le jeu de miroirs d’écrans et au final d’œuvres picturales)

Si au contraire vous êtes allergique à l’humour froid, aux incohérences, aux invraisemblances,  si vous êtes insensible aux détournements de clichés, passez votre chemin, encore que…

Voici dès le début comme une mise en abyme de la   "création " : le réalisateur "filme"  les répétitions d’une pièce de théâtre ; le metteur en scène est exigeant, intolérant; et chaque acteur est si imprégné de son rôle qu’il confond réel et fiction. Günter, l’acteur principal, est l’amant d’Isabel la femme du metteur en scène, lequel décide ex abrupto de  "changer"  les rôles et de substituer à l’intrigue traditionnelle le procédé du "collage abstrait" ; en fait c’est une mesure punitive à l’encontre de l’acteur/amant. Toutefois le concept de "collage" reste une clé/sésame pour le spectateur : ce N° 10° ne ressemblerait-t-il pas au beau d’Isidore Ducasse  beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie Hormis qu’avec le cinéaste néerlandais rien n'est laissé au hasard tout en donnant l'impression de l'imprévu  (Chaos organisé!)

Günter, un père célibataire, auquel Lizzy sa fille demande des explications pour une anomalie héréditaire (un seul poumon !!!), Günter un acteur espionné par le mari jaloux, par sa fille qui le prend en filature, mais aussi par de bizarres intermédiaires de l’Autorité catholique (le Prélat -seconde mise en abyme- semble être l’instigateur de tout ce que nous sommes en train de voir.... Représentant de Dieu, aux pouvoirs sataniques, il est le "guide" de Günter dans la recherche de ses origines ; laquelle doit puiser (sens propre et figuré) au plus profond des abysses (premier plan déchaînement des remous de l’eau) des forces telluriques avant d’emprunter un vaisseau spatial anthracite….vers des espaces interstellaires! (une autre planète??)

On passe du vaudeville au pamphlet contre l’église, de la farce sociale à la science-fiction et comble d’ironie tout est mis en œuvre pour que le spectateur n’éprouve aucun "sentiment" (empathie ou autre) tout comme les acteurs d’ailleurs : confrontés au malheur (cf Marius), ils restent figés dans le cadre, à peine ahuris dans leur immobilisme, ce qu’accentuent l’absence de profondeur de champ et la tonalité quasi monochrome grisâtre ou brunâtre ; embarqués dans une autre dimension,  ils ne sont nullement  "surpris"  comme si l’étrange le bizarre le surréel allaient de soi

Un film borderline, un film déconcertant que je vous recommande

Mais....j’entends déjà les contempteurs !!!

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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4 septembre 2023 1 04 /09 /septembre /2023 07:08

de Tina Satter (2023 USA) 

 

avec Sydney Sweeney, Josh Hamilton, Marchant Davis

Le 3 juin 2017, Reality Winner, vingt-cinq ans, est interrogée par deux agents du FBI à son domicile. Cette conversation d’apparence banale parfois surréaliste, dont chaque dialogue est tiré de l’authentique transcription de l’interrogatoire, brosse le portrait complexe d’une milléniale américaine, vétérane de l’US Air Force, professeure de yoga, qui aime les animaux, les voyages et partager des photos sur les réseaux sociaux. Pourquoi le FBI s’intéresse-t-il à elle ? Qui est vraiment Reality ?

Reality

Une tension qui naît d’un dispositif resserré, de la menace insidieuse des deux agents du FBI (apparent paternalisme, excessive bonhomie), des plans fixes -dont certains larges -dans l’exigüité du lieu clos qu’est ce " cagibi " Un huis clos glacial;  ô combien efficace !

 

Dès le début le spectateur est prévenu : le film donne à voir et entendre ce qui a été réellement enregistré lors de la perquisition chez Reality Winner, cette jeune femme coupable d'avoir osé divulguer une vérité que la NSA (National Security Agency) a considérée comme une violation de document classifié, de l'espionnage (ingérences russes dans l’élection présidentielle américaine de 2016)

L’événement est reconstitué comme en temps réel -les encarts "25 minutes après le début de l’enregistrement," 105 minutes semblent le prouver-.  La caméra est peu mobile mais suffisamment pour capter regards hésitations gestes (l’actrice Sydney Sweeney, est impériale dans le rendu des  "états d’âme"  de Reality Winner -dont le portrait apparaît  à l’écran quand l'image -la représentation du réel- .vient corroborer les "faits  avoués"

Une tension habilement graduée qui fait basculer l’interrogatoire dans une sorte de thriller politique.

D’abord filmé en extérieur (Reality est interpellée au volant de son Espace) puis dans une pièce "abandonnée" de sa maison de banlieue (la chatte, elle, est tapie sous le lit de la chambre puis sera tenue en laisse, clin d’œil appuyé au statut réservé à sa maîtresse ?…) ; d’autres agents du FBI auront pour mission de tout passer au crible dans les pièces meublées et aménagées) Le trio -deux agents et Reality- (la réalisatrice varie les angles de vue, use de plans rapprochés ou plus serrés) évolue dans ce climat  " étrange" Et l’interrogatoire qui mêle questions de confort (boisson,  pauses) et questionnaire sur la maitrise des langues orientales, les accréditations, le rapport aux armes, les ambitions de carrière militaire, progressivement prend les allures d’un thriller. Un thriller inquiétant à l’instar de ces murs qui "emprisonnent"  ou qui jouent le rôle de caisse de résonance, de cette pièce vide qui par métaphore devient espace mental. Inquiétant quand l’écran se lacère, que les personnages disparaissent provisoirement  (recours à ces glitchs quand bien même ce procédé peut sembler superflu). La technique de l’encerclement,  pratique bien rodée, la reddition puis le relais par une médiatisation outrancièrement furibonde, tout cela prouverait (s’il était nécessaire) que la réalisatrice décline les différents sens du terme « reality »

 

Reality est le prénom de la jeune femme, lanceuse d’alerte condamnée sous la présidence de Trump.

C’est à un  "principe de réalité"  qu’obéirait le film dans la scrupuleuse  "transcription" de l’interrogatoire ? (qui d'ailleurs apparaît à l'écran)

Reality va découvrir au cours de cette "enquête" l’existence d’un monde où chaque pas chaque mot est enregistré (les agents se contentaient en fait  de questions oratoires, ils connaissent toutes les réponses et prennent un plaisir sadique à retarder l’issue). Et dans ce monde de surveillance généralisée, le concept de "démocratie"  varie selon les idéologies (Reality aura beau revendiquer son  "patriotisme" … motivée par le souci du  "bien commun" , elle est condamnée par ceux-là même qui le revendiquent ce "bien commun" !!!! )

Quels critères pour différencier " réel"  et "illusion,"  "juste" et  " arbitraire "????

 

Sydney Sweeney, après la fouille corporelle de rigueur, les mains entravées, salue de ses grands yeux mélancoliques son chien ….encagé lui aussi.. !!

 

 

Un film à voir de toute urgence !

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

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1 septembre 2023 5 01 /09 /septembre /2023 13:30

de Ramata-Toulaye Sy  (2023 Sénégal France)

 

avec Khady Mane, Mamadou Diallo, Binta Racine Sy 

 

Présenté en Compétition Officielle festival de Cannes 2023

Banel et Adama s’aiment. Ils vivent dans un petit village éloigné au Nord du Sénégal et du monde, ils ne connaissent que ça. Mais l’amour parfait qui les unit va être mis à rude épreuve par les conventions de la communauté. Car là où ils vivent, il n’y a pas de place pour les passions, et encore moins pour le chaos.

Banel & Adama

 

Au concert de louanges lors de la rencontre avec la réalisatrice (Omnia 31/08) osons apporter quelques bémols

 

Nul ne saurait contester la beauté travaillée de l’image, la lenteur, la langueur typiques de certains contes, le tragique d’amours contrariés ni une dynamique interne qui épouse le parcours d’une rebelle incandescente (dont la fronde serait matérialisée par le lance-pierre ?)

 

Or, précisément la « ligne » qui sépare  esthétique  et  esthétisant  est allègrement et constamment franchie -et ce, dès le début (très gros plans sur le visage puis sur les lèvres ; atmosphère bleutée quand Adama  "raconte"  l’histoire du pêcheur Kunda et des  sirènes). Et la constante théâtralisation (postures, déplacements très millimétrés dans l’espace paroles  "récitées" ) qui se conjugue à ces choix « esthétisants» ne fait que renforcer ce que l'on est en droit de  déplorer (cf au final l’essaim d’oiseaux maléfiques, la disparition de Banel hors du cadre et simultanément son engloutissement -ensablement contre lequel elle avait appris à lutter)

Ajoutons l’excès de symbolisme (déclinaison sur une feuille des deux prénoms tel un mantra, tueries vengeresses à la Médée, enfouissement et strates ensablées), tous les effets de clair-obscur et les allégories des couleurs dominantes (dont l’ocre mordoré)

 

Un conte d’amour tragique à portée universelle, sur fond de réchauffement climatique, de déterminisme culturel et de croyances ancestrales (Tout est lié, la sécheresse, ton amour pour Adama, ton envie de vivre dans une maison avec lui, seuls  c’est la conviction du frère jumeau) tels étaient les enjeux de ce premier long métrage !

 

Je n’irais pas jusqu’à affirmer -comme certains- qu’on « se dessèche d’ennui »

 

Mais…

 

Je vous laisse juge

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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1 septembre 2023 5 01 /09 /septembre /2023 04:51

d'Alexander Abaturov (2022)

Photographie Paul Guilhaume 

Son Myriam René, Sorin Apostol, Frédéric Buy 

Musique Benoît de Villeneuve, Benjamin Morando, Delphine Malausséna, Les Percussions de Strasbourg 

 

À l’été 2021, une vague de chaleur et une sécheresse exceptionnelle provoquent des incendies géants qui ravagent 19 millions d’hectares dans le nord-est de la Sibérie. Dans cette région, au cœur de la taïga, le village de Shologon se voile d’un épais nuage de fumée. Les cendres noires portées par le vent propagent des nouvelles alarmantes : la forêt est en feu et les flammes approchent. Abandonnés par le gouvernement, livrés à eux-mêmes, les habitants doivent s’unir pour combattre le Dragon

Paradis

Pénétrer dans les entrailles du Monstre, filmer au plus près la solidarité humaine tout en dénonçant l’incurie délibérée des pouvoirs tel est le parti pris assumé du documentariste  Alexander Abaturov (dont nous avions apprécié Le Fils Le fils - Le blog de cinexpressions)

C’est l’apocalypse zombie s’esclaffent les gamins.

Un paradis transformé en enfer ? La vie en Sibérie est peut-être plus rude qu’ailleurs, mais c’est notre paradis et nous n’en avons pas d’autre. Le paradis, c’est l’ici et le maintenant. Mais le paradis est aussi fragile et peut se transformer en enfer Dans ces zones de contrôle  (appellation ironique, cynique, qui ne résisterait pas à un examen critique et historique) l’état s’est désengagé   "légalement"  et laisse les habitants livrés à eux-mêmes au plus fort des désastres

Refus du sensationnalisme ? Or les crépitements tumultueux, les couleurs jaunes rouges ambrées des flammes qui saignent de rage et de véhémence, les visages affairés et souillés, la répartition des couleurs contrastées et celle de l’espace -forêt et immensité céleste- rappellent un embrasement apocalyptique et transforment l’écran de la salle en brasier. Comme si en  "filmant"  le feu on ne pouvait échapper à ces aspects  "spectaculaires". Et les images sur écran dé téléphone en décuplent la tragique portée. Or, dans cette contrée si lointaine de Sibérie, et plus particulièrement le village de Shologon, une  "foi"  animiste habite les villageois qui vont convoquer les « divinités » ancestrales. Le feu est perçu comme un prédateur un Dragon qui dort, menace, rugit, s’empare de la forêt ; lui faire face ensemble, parer sa menace, puis contrer  son piège dévastateur, n’est-ce pas  la force intrinsèque de Paradis, sa dynamique ?

La fumée (plus que le rouge flamboiement ou le crépitement) est assurément « la trame dramaturgique » du film (symbole de la menace qui gronde, elle aussi est mortifère) Le film semble composé de deux « parties » : la menace (attente angoissée, analyse précise de cartes, mesures préventives) et l’incendie lui-même dévastateur (lutte, mise en place d’un contre incendie).

Le son est très important  dans ce film/documentaire  J’ai décidé de ne pas utiliser de musique traditionnelle yakoute ni de chant de gorge. Notre choix s’est porté sur les tambours et les instruments à percussion. C’est un patrimoine partagé : dans le monde entier, les humains ont toujours joué des percussions. Elles existent partout, dans toutes les cultures. L’idée n’était pas de poser un regard exotique sur les personnes filmées, mais de montrer ce que nous avons en commun avec elles

Paradis: une catastrophe écologique?  Ce que confirme le carton informatif qui s’affiche à l’écran avant que ne défile le générique de fin 19 millions d’hectares consumés  en Russie pendant l’été 2021, 90 % des incendies venaient des « zones de contrôle ». Pour la première fois, on a vu des cendres voler jusqu’au pôle Nord .

Certes il y a un happy end (la pluie salvatrice puis la pêche « miraculeuse ») mais ce n’est que « provisoire » (tant que l’inconscience en haut lieu et son lot de choix capitalistes éhontés perdureront !!!)

Un film à voir de toute urgence

 

Colette Lallement-Duchoze

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26 août 2023 6 26 /08 /août /2023 05:22

De Azra Deniz Okyay (Turquie 2020)

 

avec Dilayda GüneşBeril Kayar et Nalan Kuruçim

 

 

2020 - Grand Prix de la Semaine de la critique de Venise 

2021 - Prix de la meilleure réalisatrice et meilleure actrice - Festival du film de Casablanca

 

Istanbul, dans un futur proche. Alors que la ville est en proie à des troubles politiques et sous la menace d’un black out, Dilem, une jeune danseuse activiste, croise le destin d’une mère dont le fils est en prison, d’une artiste féministe et d’un trafiquant rusé au cœur d’un réseau de trafic de drogue et d’arnaques immobilières...

 
 

Les fantômes d'Istanbul

Trop c’est trop

Caméra trop mobile, qui ne cesse de virevolter avec effets trop « racoleurs » 

Traitement simultané de trop de thèmes (place des femmes dans la société turque, gentrification, prisons, rôle abusif de la police, exploitation des réfugiés syriens,  éducation)

Musique trop illustrative et souvent hallucinée

 

Certes il s’agit de chaos. Une voix -radio-, annonce une énième coupure d’électricité et par une astuce de rupture chronologique le film dans un premier temps sera un flash-back avant que ne surgissent en capitales HAYALETLER (“fantômes” en turc), -soit 20’ avant la fin - qu’accompagne une musique fracassante ; effet de circularité puis prolongement à la fois narratif et sonore (nocturne) . 

 

Certes il s’agit d’une « fausse » dystopie  (qui a d’ailleurs reçu le Grand Prix de la Semaine critique à Venise en 2020) et on devine la recherche d’une adéquation entre « fond et forme » : une capitale au bord de l’implosion, un récit fracturé dans une nuit de tous les dangers, une nuit du désespoir absolu (dont le fil directeur est ce personnage féminin danseuse activiste croisant le destin d’une femme travaillant dans le ramassage d’ordures et dont le fils aurait été incarcéré sans raison apparente ni suffisante ainsi que celui d’un « trafiquant » de drogue qui exploite des réfugiés syriens sur fond de pseudo réhabilitation de quartiers historiques d’Istanbul)

 

Bienvenue dans cette « nouvelle Turquie » ! scande la publicité mensongère

L’ironie participe elle aussi d’une condamnation d’un état, d’un gouvernement, dont l’incurie les dysfonctionnements le musèlement de la parole ou de l’activité,  la répression tous azimuts sont ici illustré.es par le heurt de destins croisés sur les blocs d’une immanence, celle de « fantômes » bien réels et tangibles dans le Crépuscule

 

Une complexité distillée avec heurts et fracas

Une complexité qui agace autant qu’elle aurait dû plaire (à défaut de séduire)

Une convulsion de tous les instants et qui emprisonne le spectateur de/dans ses rets insidieux

 

A vous de juger

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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25 août 2023 5 25 /08 /août /2023 05:55

de  Nuri Bilge Ceylan (Turquie 1997)

 

 

avec Mehmet Emin Toprak : Saffet Havva Saglam : Hulya Cihat Butun : Ali Fatma Ceylan : la grand-mère Mehmet Emin Ceylan : le grand-père Sercihan Alioglu : le père Semra Yilmaz : la mère Latif Altintas : l'instituteur Muzaffer Özdemir : Ahmet le fou

Les années 1970 dans un petit village turc. Au fil des saisons, une fille et son frère se frottent au monde  adulte, à sa complexité, à sa cruauté, alors que le temps de l'enfance se déploie lentement 

Kasaba

Premier long métrage -jusque-là inédit en France- Kasaba  est une chronique familiale (Nuri Bilge Ceylan adapte un récit écrit par sa soeur Emine Ceylan,   inspiré des souvenirs de leur enfance commune dans une petite ville reculée d'Anatolie dans les années 1970 )

Son découpage correspond aux saisons et le point de vue adopté est celui des deux enfants.

Un noir et blanc (souvent charbonneux) avec des effets de contraste surprenants (cette plume d’un blanc duveteux sur laquelle souffle un écolier dans une salle de classe « sinistre » ; ce cauchemar de l’enfant qui compare sa mère à cette tortue agonisant lentement, et qui la voit s’écrouler de sa masse noire dans l’embrasure de la fenêtre, cette silhouette du jeune oncle qui se détache sur un chemin sinueux afin de rejoindre la ville …un rêve jamais réalisé !!!).

Une  chronique qui  contient déjà des « thématiques » chères au cinéaste turc : le problème des « racines » à la fois historiques et géographiques, la guerre, la mort. Une chronique ou plutôt une évocation « nostalgique » parfois « amère » La première séquence, un hiver, une salle de classe, invite immanquablement à établir un parallèle avec le dernier film « les herbes sèches » (les rapports presque sadiques entre maître et élève ; la gamine humiliée devant  tous ses camarades : car sa gamelle, que l’instituteur a reniflée,  ne contenait que des produits périmés à l’odeur méphitique…

 

On retiendra la longue séquence du piquenique en forêt dans laquelle les « adultes » discutent (vie chère, mesquineries reproches) ou racontent (la geste d’Alexandre le Grand par exemple) alors que leurs paroles sont comme intériorisées par les deux enfants et que les reflets du feu irisent les visages  d’une pâle lueur;  mais aussi ce très gros plan sur les yeux de l’âne que des mouches s’en viennent douloureusement importuner et en contrepoint l’œil moqueur d’Ali ; ou encore ce très gros plan sur ce visage du « fou » qui a chuté sur la plaque de verglas et qui est la risée des gamins…

 

Kasaba un récit minimaliste, qui révèle déjà les exigences de son auteur (dont le sens de l'image, du cadre, et la capacité à transcender le quotidien le plus banal)

Un film à ne pas manquer !

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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23 août 2023 3 23 /08 /août /2023 08:17

de Nuri Bilge Ceylan  (Turquie 2022 3h20)

 

 avec  Deniz Celiloğlu (Samet), Merve Dizdar (Nuray), Musab Ekici (Kenan)...

 

Festival Cannes 2023 prix d’interprétation féminine (Merve Dizdar)

Samet est un jeune enseignant dans un village reculé d’Anatolie. Alors qu’il attend depuis plusieurs années sa mutation à Istanbul, une série d’événements lui fait perdre tout espoir. Jusqu’au jour où il rencontre Nuray, jeune professeure comme lui…

Les herbes sèches

Une immensité neigeuse telle un linceul envahit l’écran tout comme elle mêle en une confondante unité le ciel et la terre; un point noir, un homme, minuscule virgule sur et sous cette voûte. La caméra par un travelling avant puis arrière l’habille dans une corporéité, … si fragile, face à la splendeur muette du paysage.. C'est la scène d'ouverture

Nous sommes en Anatolie ; l’homme est ce professeur d’arts plastiques dans le collège d’un village isolé. Un bus l’a déposé. Il marche. Il est taraudé par une obsession « être muté à Istanbul » Le lieu serait-il responsable de son « mal-être » ? ce que laisse entendre une voix off, la sienne

Voix off (qui duplique le réel tout comme les photos prises par Samet s’en viennent figer momentanément la narration) voix multiples qui s’affrontent (celles de la hiérarchie lors d'une  convocation pour gestes déplacés sur des collégiennes, celles des collègues entre eux dans les évaluations personnelles, celles qui opposent deux façons d’appréhender le monde et d’agir sur lui, celles qui condamnent ou s’auto-congratulent, font le procès de la société, dénoncent ses redoutables hypocrisies, celles de voisins villageois), voix sirupeuse et manipulatrice du « maître » qui désarçonne avec cynisme l’obéissance convenue de « l’élève »: le film est traversé par des blocs de discussions dans lesquelles Samet donne une image peu sympathique de lui en tant qu’être humain et en tant qu’enseignant. Trop d’ambivalences : il méprise cet univers autant qu’il s’ingénie à attirer l’attention de tous  sur lui !!! (Nuray saura le "pousser dans ses retranchements")

L’essentiel du film oppose intérieurs (où la lumière les clairs obscurs, une caméra fixe ou des champs-contrechamps sont les témoins « chaleureux » de longues discussions philosophiques et/ou politiques) et des extérieurs (filmés de jour avec la récurrence de cette scène de la quête de l’eau comme une pause salvatrice ou filmés de nuit avec ce jeu des ombres presque maléfiques et le crissement des pas sur le tapis de neige). Et quand vers la fin le film bascule vers l’été (admirable surimpression entre les flocons de la neige hivernale et les herbes sèches de l’été) le personnage principal est censé avoir résolu sa quête (filmé de dos il gravit une colline tapissée d’herbes sèches ou surplombant un espace jusque-là enfoui sous un blanc manteau et qui soudainement se révèle dans sa palette de couleurs ocres et vertes et ses sensuelles rondeurs) .

En fait il prend surtout conscience de ses désillusions …Or certains « décrochages » à l’intérieur d’une séquence (dont le plus énigmatique est le changement d’axe lors du duo "amoureux" Samet/Nuray) ne nous avaient-ils pas déjà alerté? L’acteur Deniz Celiloğlu impressionne dans sa façon d’incarner un homme aux « visages » multiples,,  de mettre à nu ses ambiguïtés. Samet  ne serait-il pas comme ces herbes sèches qui hélas n’ont pas le temps de verdir ???

 

Un film à ne pas rater !!

 

Colette Lallement-Duchoze

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22 août 2023 2 22 /08 /août /2023 10:32

programme de deux courts métrages inédits La voix humaine (2020) et Strange way of life (2023) 

 

La Voix Humaine  (2020)

drame théâtral avec Tilda  Swinton

 

Depuis trois jours, une femme, recluse dans son appartement avec un chien, attend avec fébrilité l'appel de l'homme qui l'a récemment quittée. Tandis qu'elle sombre dans le désespoir, la sonnerie du téléphone retentit et la sort de sa torpeur

L'expérience Almodovar

"Mon rêve était de disparaître avec toi, n’importe où".

 

Un décor (théâtre ? cinéma ?) un plateau désert (parce que déserté par ?) une femme éblouissante dans une robe (Balenciaga ?) d’un rouge éclatant ; puis toute de noir vêtue (comme si elle changeait à la fois de peau et d’intériorité) ; seule, elle  arpente comme hébétée des lieux dont la facticité contraste avec le tourment profond (que nous devinons).

Suit un générique facétieux : des instruments des ustensiles de quincaillerie agencés en forme de lettres

Le décor -une vue aérienne prouve, si besoin était, que les "pièces"  sont agencées en enfilade pour un espace provisoire et sophistiqué – sera celui d’un appartement. - soit une « boîte » dans une plus grande ! Une hache délicieusement empaquetée, un chien en laisse, ou déboussolé, des produits de beauté de marque jouxtant des boîtes de comprimés, un costume noir épousant sur le lit le corps de l’absent !!! nous  suivons la femme  d'une pièce à l'autre dans l'attente  fébrile d'un appel téléphonique 

Almodovar va revisiter le texte de Cocteau en l’actualisant  et en l'irriguant de ses propres appétences

 Il reste fidèle  à certains extraits du monologue de 1930 - des plans rapprochés ou gros plans sur le visage de Tilda Swinton quand elle répond à l'appel tant attendu, saisissent le désarroi d'une femme abandonnée  et recluse (même si  fanfaronne elle avoue avoir "bien profité"  de la Vie!!!

Le décor devient un personnage à part entière: mobilier tableaux luminaires, bar en bois courbé, chaises Art déco à imprimé léopard, couleurs; apparemment tout cela contraste  avec les tenues si ajustées que porte Tilda Swinton -même si leurs couleurs sont éclatantes. On sait les exigences du cinéaste espagnol pour créer harmonies ou dysharmonies entre  un "environnement"  et ses personnages

La pièce de Cocteau revisitée aura une  fin  ouverte - sens propre :sur l’extérieur, après l'enfermement ; sens figuré  sur un futur désormais maîtrisé  Délaissée par l'infidèle ,  la femme  impose sa voix au chien (qui n'obéissait jusque-là qu'à son maître) et surtout change la donne,  elle sera  " maîtresse"   de son propre destin ! (ah l’impériale Tilda Swinton) . De TOUT faire table rase: en mettant le feu à l’appartement elle brûle aussi  ce qui la reliait à l’homme  (costume déjà lacéré à coups de hache, valises -qu’il était censé venir chercher-,  et surtout  illusion de l’amour….)

Un court métrage d’une puissance à la fois suggestive  et flamboyante 

Un court métrage à ne pas rater ! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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20 août 2023 7 20 /08 /août /2023 15:52

de Justine Triet (2023 France)

avec Sandra Hüller : Sandra;  Swann Arlaud : Vincent;  Milo Machado Graner : Daniel;  lAntoine Reinartz : l'avocat général ; Samuel Theis : Samuel ; Jehnny Beth : Marge; Saadia Bentaïeb : Nour;  Camille Rutherford : Zoé ; Anne Rotger : la présidente ; Sophie Fillières : Monica ; Arthur Harari : l’animateur de l’émission littéraire

 

Palme d'or festival de Cannes 2023

Festival du film de Sidney 2023 Prix du public GIO du meilleur long métrage narratif international 

Brussels International Film Festival 2023 : Prix du public de la Compétition Internationale

Sandra, Samuel et leur fils malvoyant de 11 ans, Daniel, vivent depuis un an loin de tout, à la montagne. Un jour, Samuel est retrouvé mort au pied de leur maison. Une enquête pour mort suspecte est ouverte. Sandra est bientôt inculpée malgré le doute : suicide ou homicide ? Un an plus tard, Daniel assiste au procès de sa mère, véritable dissection du couple.

Anatomie d'une chute

Et quand on ne peut pas connaître la vérité, il ne nous reste qu’à faire un choix ( Marge à Daniel)

 

Une chute mortelle -et suspecte; à partir de là, observer analyser comme pour une dissection, une autopsie, d'une part les mécanismes de la justice (rôle de l’avocat général dans l’interprétation des faits dont il met en exergue les enjeux « sexués », reconstitutions méthodiques pour écarter ou valider telle « approche» telle « appréciation »)  et simultanément le délitement d’un couple (dont la chute était « inévitable »? Sandra a osé transgresser par ses choix de vie, les préceptes d’une « société » bienpensante et « machiste »…) Car bien vite on aura occulté le « mobile » éventuel pour se focaliser sur le théâtre de la « vie », celui d’un couple, d’une famille. Une plongée dans l’intimité à la limite de l’impudeur ! Un procès où nous, spectateurs,  serons les « jurés »  -ceux de la fiction étant absents ...de  l’écran !

Un compte rendu clinique à la froideur glaçante comme le suggère le titre ? Oui et non. Justine Triet module, joue avec les contrastes, transforme, sa caméra peut frémir de l’effervescence du tribunal, et des zooms (inattendus) ou des mouvements heurtés prouveraient qu’elle se démarque avec succès des « films de procès » (où dominent souvent plans fixes et lignes symétriques). De plus le « point de vue » de l’enfant sera primordial ; Daniel découvre une réalité jusque-là étrangère (tout comme Sandra est l’étrangère par sa langue, par ses convictions, par son « apparente » froideur) et ce procès qui introduit les siens dans l’arène publique va s’apparenter à un thrène des temps modernes (l’émotion culmine dans ce plan d’une pietà inversée où l’enfant caresse la douleur de sa mère, apaisée).

Et comme pour un palimpseste, on lit en filigrane la genèse , l'anatomie de la « création littéraire » en particulier (Sandra est écrivaine, le couple souffre d’une rivalité artistique et d’ailleurs leur compétition professionnelle sera utilisée comme « pièce à charge »), les rapports entre réalité et fiction, autobiographie et imagination, et peut-être aussi  "l'anatomie" de toute création artistique  (œuvre cinématographique comprise)

Un film où le son est très important (cf la musique du début, rap de 50Cent -comme élément perturbateur, ce à quoi répond apaisant le prélude de Chopin, les divers enregistrements, -que le mari a réalisés à l’insu souvent de sa femme- ,( preuves de violentes disputes et simultanément "matière"  "support" à  la "création littéraire"), la « parole » des journalistes à l’affût du « sensationnalisme », de la subreptice transformation d’un fait divers en « crime » - avec pour acmé  cette remarque sur un plateau télé d’un commentateur (Arthur Harari) à propos de  l’œuvre de Sandra, son lien avec le procès  c’est quand même plus intéressant une écrivaine qui tue son mari qu’un prof qui se suicide

 

Admirablement filmé et sans temps mort, riche et dense par les thématiques abordées, servi par des acteurs talentueux (interprétation magistrale de Sandra Hüller en particulier) jouant sans cesse avec les regards -ceux de tous les protagonistes et le nôtre ! Oui la Palme d'or  (souvent contestée) a été décernée cette année à un chef d'œuvre !!

 

Un enfant malvoyant, seul à  "deviner"  les véritables enjeux ?

Un chien au regard pathétique, seul  témoin, détenteur du   "vrai"  ?

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Anatomie d'une chute

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18 août 2023 5 18 /08 /août /2023 20:03

de Patric Chiha (France Belgique 2023)

 

avec Anaïs Demoustier, Tom Mercier, Béatrice Dalle

 

Diagonale 2023 : prix du meilleur costume pour Claire Dubien

Festival du film de Cabourg 2023 : compétition officielle

 

Pendant 25 ans, dans une immense boîte de nuit, un homme et une femme guettent ensemble un événement mystérieux. De 1979 à 2004, l’histoire du disco à la techno, l’histoire d’un amour, l’histoire d’une obsession. La " chose " finalement se manifestera, mais sous une forme autrement plus tragique que prévu

La bête dans la jungle

Au départ la nouvelle de Henry James 1903

La Bête dans la jungle « me hante depuis très longtemps ». Ainsi s’exprimait Patric Chiha lors de la rencontre débat (Omnia jeudi 17/08). Ce sentiment terrifiant de passer à côté de sa vie, justement parce qu’on espère une vie au-dessus de la vie, une vie extraordinaire

Pour l’adaptation cinématographique, il avoue avoir été fidèle au texte originel tout en s’en démarquant.

La " gardienne"  la physionomiste  (Béatrice Dalle) - Parque des temps modernes ?  allégorie de la mort? du temps?-, va  "raconter, commenter"  l’histoire de May et John à travers les différentes mutations de l’époque choisie 1979 / 2004 et par-delà des événements majeurs ( Mitterrand, sida, chute du mur, world trade center). Or certaines incursions dans le "réel" (quand le hors champ s'invite)  se muent en  intrusions trop appuyées et  font redondance avec les "incidences" évidentes de ces événements sur les personnages . Il en va de même de ce   point de vue "omniscient" trop  répétitif de La physionomiste

En revanche, le choix d’une boîte de nuit, en tant que huis clos, épouse l’enfermement des deux protagonistes dans leur "quête d’absolu"; l’omniprésence de la musique (disco puis techno) s’impose telle une sensuelle transcendance, l’importance des personnages dits secondaires (l’homme pipi la femme vestiaire le mari) et du groupe des danseurs -acteurs à part entière : leur corporéité leurs murmures leurs gestes leurs sourires, chorégraphient un espace saturé de volutes, dans leur "manière d'être au monde"  tout en enserrant le duo dans sa quête d’un sens dont le mystère est précisément de ne pas advenir ; le choix de phrasés particuliers dont celui de Tom Mercier (théâtraliser le texte? Imposer une distanciation voire une artificialité?), des clins d’œil à Cocteau (la belle et la bête les enfants terribles) mais en l’absence de l’onirisme fantastique, un clin d’œil plus évident à Lynch (quand Anaïs Demoustier pénètre dans le temple de la musique qui est aussi celui du Temps, suspendu). Tout cela n’entache en rien l’essentiel  de la nouvelle de H James : faire vibrer deux êtres dans l’intensité d’une attente … dans l’inassouvissement perpétuel (jusqu’à en « mourir ») (Anaïs Demoustier resplendissante d’énergie solaire, Tom  Mercier comme figé dans son être-là d’un bloc d’absence,  donnent « corps » à cette « douloureuse attente »). Peu importe que les acteurs ne « soient pas grimés » quand ils passent le cap des 30, 40 ans (c’est précisément la force de cette attente intérieure, leur présent immobile dans la fixité de l’éternel  ; tout peut changer (la mode vestimentaire, la musique) tout peut s’effondrer, eux ne changent pas  (surtout John ) et dès lors la question « pourquoi ne pas les avoir vieillis eux qui traversent 25 ans  d’une vie» peut paraître saugrenue (il faut reconnaître que Patric Chiha l’a contournée -habilement-, tel un casuiste, pour revendiquer sa spécificité par rapport à d’autres réalisateurs…)

De l’alchimie -travail très solidaire avec toute l’équipe technique, affirmait-il,  naît une œuvre singulière, hypnotique -parfois- où, en dehors de la musique, le regard est souverain pour la « narration » (c’est du moins mon impression). Jeu de miroirs (réels ou symboliques)  qui renvoient l’image du couple (comme pour le décupler ad libitum) Regard qui épie l’autre, (cf la variété des angles de vue) le saisit dans les moments où il se livre par le Verbe MAIS en ne percevant de lui que de furtives « présences » comme si un « faisceau de réciprocités » habitait chacun et que le corps électrisé par la musique aurait dû mais n’a pu, faire advenir. Et l’état de catalepsie dans lequel est plongé John l’empêche de voir que May serait précisément la solution…(il ne se souvient  pas avoir dévoilé son « secret » lors de leur première rencontre « Vous m’avez dit que depuis votre plus tendre enfance, vous aviez, au plus profond de vous, la conviction d'être réservé à un sort rare et mystérieux », ils étaient ados (cf le plan d’ouverture d’abord délibérément flou , auquel répond en écho le dernier dans une circularité à valeur "universelle" ? ) 

 Si je le pouvais je vivrais encore pour vous, mais je ne le peux plus

Quand John COMPREND…. il est trop tard !

Et la métaphore de la montre – un cadeau de May-, qui se brise sur la pierre tombale, n’en sera que plus éloquente !

Une proposition ambitieuse, un traitement  audacieux et curieux  certes, mais dont les  afféteries et les redondances sont susceptibles de gêner  la "perception" du regardeur !!!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

ps: La Bête, adaptation de la nouvelle par Bonello, sortira dans les salles en février 2024 

 

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