17 mars 2023 5 17 /03 /mars /2023 11:39

d'Emmanuelle Nicot (2022)

 

avec Zelda Samson, Alexis Manenti, Fanta Guirassy 

 

présenté au festival de  Cannes Semaine de la Critique 2022

 

prix Fondation Louis Roederer de la révélation décerné à Zelda Samson 

Dalva a 12 ans mais s'habille, se maquille et se vit comme une femme. Un soir, elle est brusquement retirée du domicile paternel. D'abord révoltée et dans l'incompréhension totale, elle va faire la connaissance de Jayden, un éducateur, et de Samia, une adolescente au fort caractère. Une nouvelle vie semble alors s'offrir à Dalva, celle d'une jeune fille de son âge.

Dalva

NON Dalva, premier long métrage d'Emmanuelle Nicot, ne saurait être "un film convenu sur l'inceste"

 

La problématique soulevée est moins l’inceste que la   "résilience". La réalisatrice l’a dit et répété lors de la discussion qui a suivi la projection du film au festival d’Angers Premiers Plans  en janvier 2023  Mon intention était de faire un film de reconstruction, de libération, d’émancipation, montrer un cheminement vers la lumière 

Y est-elle parvenue ?

La réponse est, sans conteste,  OUI

Entre le prologue, écran noir, cris de déchirement, arrachement supposé au  "père", hors champ, et la séquence finale -salle d’audience, pour le procès "à venir" -  où la « distance » entre le père et la fille n’est pas seulement d’ordre spatial mais surtout -et définitivement- mental-,  c’est le chemin parcouru par Dalva qui « intéresse » la cinéaste.

Une quête de l’existence, plus qu’une quête de sens ,  même si les deux sont intimement liées. Une quête douloureuse en ses étapes successives (tentatives de fugue, résistances, refus, dénégations, tentatives de « séduction », violences verbales ou comportementales, etc…et première « révélation » lors du « choc de la rencontre au parloir !)

Douleur qu’accentue le format 4,3 (soit un rapport de 1,3 entre la largeur et la hauteur de l’image) celui de l’enfermement, celui de l’emprise (car Dalva avant d’être placée dans le centre de protection de l’enfance n’aura connu -cela est suggéré- que la relation au père sans référent extérieur sans la présence de la mère)

Enfermée dans le cadre, comme dans le déni.

Univers qui ira se craquelant ; fragmentaire et contradictoire, mutique et solitaire, avant de se « re »constituer » lentement,  plus sensoriel et affectif ( ce dont témoigne ce gros plan sur la main de Dalva serrant la cuisse de sa mère, mère longtemps déniée, conspuée) 

La jeune Zelda Samson (qui est quasiment de tous les plans et dont le visage de trois quarts envahit parfois l’écran) rend palpable ce huis clos intérieur tout comme elle illumine les métamorphoses ; elle a d’ailleurs gagné le prix Fondation Louis Roederer décerné à la Semaine de la Critique 2022

 

Le rôle de l’éducateur est primordial dans la « libération » et Alexis Manenti (César du meilleur espoir pour les Misérables) interprète avec beaucoup de nuances le personnage de Jayden. Ses regards ses silences comme autant de paroles apaisantes, ses réactions plus véhémentes comme autant d’armes de dissuasion, ses gestes comme autant de marques d’empathie. Non pas prodiguer un amour de "substitution"  mais être près d’elle, l’accompagner afin qu’elle soit « mieux aimée »

 

Rien de didactique ni de sentencieux donc, qui ferait de Dalva un film convenu

 

Comment « incarner » le père ? que l’on voit à deux reprises (visite au parloir de la prison, banc des accusés) comment rendre compte de la dualité Homme/Monstre, pour ne pas tomber dans les clichés ?

 

Cette question délicate épineuse n’a pu être soulevée lors de la rencontre mardi 14 mars à l’Omnia Rouen (en présence de la réalisatrice, de Zelda Samson et d'Alexis Menanti)

Car -et il faut bien l’avouer- un film est souvent prétexte à…

On a entendu des interventions très autocentrées à valeur de témoignages (fonction déterminante de la parole pour « sauver » l’enfant de l’emprise ; rôle dévolu à l’Education nationale, etc…) florilège des « moi, je… » Dommage !

 

Sortie nationale  le 22 mars 2023 

Un film à ne pas manquer! 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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16 mars 2023 4 16 /03 /mars /2023 10:24

documentaire réalisé par Laura Poitras (2022 USA) 

 

 

Lion d'Or Festival de Venise 2022

 

Festival international du film de Stockholm 2022 : meilleur film documentaire

 

 

Nan Goldin a révolutionné l'art de la photographie.

Immense artiste elle est aussi une activiste infatigable qui se bat contre les médicaments opiacés responsables de centaines de milliers de morts

Toute la beauté et le sang versé

Structuré en plusieurs séquences,  ce documentaire réinscrit le parcours de l’artiste et de la militante dans une trajectoire familiale. Ainsi dès le 2ème  "mouvement"   (après une ouverture sur la manifestation devant le Metropolitan Museum de New York contre la famille Sackler géant de l’industrie pharmaceutique qui s’enrichit grâce aux opiacés mais aussi grand mécène de la culture) c’est la relation entre les deux sœurs – illustrée par maintes photographies- qui est mise en valeur (Barbara, la sœur aînée, éjectée du foyer familial, Barbara une adolescente rebelle régulièrement internée et qui se "suicide"  à 18 ans)

Le documentaire obéit à une construction circulaire : la sœur revendiquant son homosexualité et prématurément disparue va irriguer la dernière séquence (cf le split screen de rails mortifères si tragique dans son élégance !) de même qu’elle aura insufflé un esprit libertaire, esprit en conformité avec les choix de l’artiste dont nous avons suivi  le parcours (archives interviews œuvres).

Plusieurs fils narratifs -comme autant de visages ou plutôt comme autant d'éléments composant une personnalité- (Nan Goldin activiste et militante, Nan Goldin artiste photographe, Nan Goldin l’amoureuse, l’amante Nan Goldin marquée à jamais par la mort  de sa sœur aînée) s’enchevêtrent ainsi  dans ce documentaire  "exemplaire"  (=à nul autre pareil!) tissant une intrigue à la chronologie éclatée et à la beauté (souvent) subversive

Voici le collectif P.A.I.N (prescription addiction intervention now) avec lequel Nan Goldin mène un combat -dont le documentaire retrace les différentes étapes. Si les stratégies rappellent celles d’Act-up, d’autres seront complètement « inédites » compte tenu de la "notoriété" de l’artiste : Nan Goldin menace en effet  de retirer ses œuvres là où les "partenaires culturels"  -musées et galeries-,  reçoivent de l’argent du  "mécène"   Sackler (odieusement impuni  !!)  

Voici, en outre, un procès en « téléjustice » : nous voyons les visages de deux ou trois membres de la famille Sackler, contraints d’entendre les cris de douleur de « patients » au seuil de la mort, suite à l’ingestion de ces médicaments opiacés (on dénombre 500 000 morts !!)

Toute la beauté et le sang versé (extrait d’une lettre de la sœur ) : un  réquisitoire qui vibre ainsi d’un souffle pamphlétaire !

C'est aussi  un "bel"  hommage à  l'artiste photographe,  qui toujours  s’est inspirée de sa propre  "vie"  (questionnement sur les « marges », sur ses addictions, sur les formes d’existence en dehors des normes sacralisées, sur la  "contre-culture" , les homosexuels, les travestis, les toxicos,  les paumés). Artiste qui était entrée dans le monde de l'art en taillant une pipe à un chauffeur de taxi qu'elle "ne pouvait pas payer, pour se rendre à la seule galerie alors prête à montrer ses photos" !!

Une artiste de renommée mondiale !! (honorée dans les musées et galeries. On  a pu la "découvrir"  à Paris au Centre Pompidou en 2001 et 2008, et en 2004 dans le cadre du Festival d’automne elle avait « installé » Chapelle Saint Louis de la Salpêtrière, Sœurs Saintes et Sibylles,)

 

Guide précieux,  toute la beauté et le sang versé est un documentaire à ne pas rater !!

 

 

Colette Lallement-Duchoze 

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16 mars 2023 4 16 /03 /mars /2023 04:50

documentaire réalisé par Xavier Gayan (2022)

 

SEANCE SPECIALE DIMANCHE 19 MARS 11H

 

OMNIA REPUBLIQUE

 

EN PRESENCE DU REALISATEUR 

 

 

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où la logique de rentabilité s’applique à tous les domaines. Les lieux dédiés aux métiers du soin, du social, de l’éducation, de la culture… sont gérés par des managers ou des experts pour qui seuls comptent les chiffres, niant les besoins humains. Le psychanalyste Roland Gori se bat depuis des années contre le délitement de notre société. Ce film est un portrait de sa pensée, de son engagement, comme "L’Appel des appels", qu’il avait coinitié avec Stefan Chedri, pour nous opposer à cette casse des métiers et à la marchandisation de l’existence. Ce film propose un portrait intime de Roland Gori, accompagné de témoignages de proches : ses éditeurs Henri Trubert et Sophie Marinopoulos (éditions Les Liens qui libèrent), la philosophe et académicienne Barbara Cassin, le médecin hospitalier et auteure Marie-José del Volgo, le directeur du théâtre Toursky (Marseille) Richard Martin.

Roland Gori, une époque sans esprit

 

"Le réalisateur amène le psychanalyste à développer des thèmes nombreux qui, en réalité, interrogent la vacuité de la modernité. Sa parole est humaniste, au sens d’une expérience de la vie dégagée du démon de l’efficience qui ramène chaque individu à son enfance, son désir, son manque et son identité multiple.

Roland Gori invite à l’intelligence. Du moins, son témoignage humble et mesuré est une ode à la réflexion qui remet l’individu dans sa capacité à penser son existence, au lieu de la subir.

Il produit un langage de l’amour, de la tolérance et de l’élévation intellectuelle et émotionnelle

 

 Roland Gori, une époque sans esprit s’affirme comme un film nécessaire, au cœur du rythme fou de l’existence contemporaine. Le psychanalyste emprunte un langage métaphorique, parfois poétique, parfois drôle, en tous les cas au plus près des préoccupations des spectateurs"

 

Laurent Cambon

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14 mars 2023 2 14 /03 /mars /2023 13:15

de Florian Zeller · Royaume-Uni, France  (2022) 

 

 Avec  Hugh JackmanLaura DernVanessa KirbyZen McGrathAnthony HopkinsFelix GoddardMax GoddardShin-Fei Chen

À dix-sept ans, Nicholas semble en pleine dérive, il n'est plus cet enfant lumineux qui souriait tout le temps. Que lui arrive-t-il ? Dépassée par la situation, sa mère accepte qu’il aille vivre chez son père, Peter. Remarié depuis peu et père d’un nouveau-né, il va tenter de dépasser l’incompréhension, la colère et l’impuissance dans l’espoir de retrouver son fils...

The son

Adaptant lui-même ses pièces de théâtre, Florian Zeller évite de tomber dans le piège du théâtre filmé. Pari réussi pour the father (dépassant le huis clos de l’appartement et lui superposant l’univers mental du personnage éponyme si brillamment interprété par A Hopkins cf the father - Le blog de cinexpressions). Hélas avec the son la façon de filmer, et ce dès le début (champ contre champ, arrière-plan « bouché », plans très rapprochés sur les personnages) et le fil conducteur (le divorce des parents, comme la cause du mal-être) président à une « logique » que paradoxalement il tente de dénoncer et il nous entraînerait avec lui dans son propre piège ?

 

Le cinéaste a choisi d'adopter le point de vue  des  parents (et non pas celui du "fils"), et plus particulièrement celui du père -un père, parangon d’une clinquante réussite professionnelle (illustrée par ce plan récurrent où Hugh Jackman, filmé de dos, contemple Manhattan, de l’immense baie vitrée de son cabinet d’avocats !).

Voici des parents aimants mais déboussolés face au mal-être de leur fils, des parents qui se laissent « berner » par ses mensonges sur sa prétendue « intégration sociale. » au lycée. Voici un fils dont nous ne connaîtrons rien des déambulations, des flâneries erratiques (quelles incidences auront sur la façon d’appréhender une complexité, de démêler un écheveau inextricable par nature.??? ces quelques vues en plongée sur un trottoir qu’il emprunte, avant de traverser un passage ….clouté… Lui qui sèche les cours et falsifie les documents officiels du lycée) ; nous le verrons dans une relation malaisée avec ses parents géniteurs et la nouvelle compagne du père. La demande qui se lit sur le visage (ce murmure qui s’échappe de lèvres à peine entrouvertes, ces regards sur le point d’être embués de larmes, cet effarement qui prélude à l’hébétement hagard) ne peut être « entendue » - même si à un moment le père supplie son fils de s’exprimer avec ses « propres mots » (mais comment dire l’indicible ??) et l’interprétation (excellente) de Zen McGrath accentue cet aspect foncièrement énigmatique créant le suspense - et la récurrence du plan sur le lave-linge au moment de l’essorage, alors que l’adolescent est hors champ derrière la porte de la salle de bains…est censée jouer le rôle d'illustration!!

 

Les flash-back (entente cordiale père/fils dans l’ambiance estivale, cf l'affiche,  apprentissage de la natation, croisière familiale) frappent par leur saugrenuité !!!  

Et ce n’est pas l’épisode du « lâcher prise » (quand le père et Beth improvisent une danse et invitent Nicholas à y participer) qui « rachètera » l’ensemble. Un ensemble qui ne peut se départir de dialogues plus ou moins démonstratifs 

Quant à l’avant-dernière séquence aux relents mélodramatiques (vision conservatrice de la famille et ses clichés éculés) elle frise l’indécence, et la position finale du père, l’inconsolable, recroquevillé -tel un Œdipe moderne renversé- accentue cette fâcheuse impression

Florian Zeller avoue être resté volontairement sur « le seuil » à un endroit d’incompréhension, où il y a beaucoup de questions mais pas de réponse. C’est ainsi que les problèmes de dépression, de maladie mentale, se posent à nous, comme un mystère, comme un trou noir qui peut tout dévorer. »

Et nous restons à quai !

Colette Lallement-Duchoze

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13 mars 2023 1 13 /03 /mars /2023 08:39

d'Ali Cherri ·(Soudan Liban 2022)

 

avec Maher El KhairMudathir MusaSantino Aguer DingAbo Algassim Sir AlkhatimAyman SharifHassan Hamza Ali MohamadJacob Jorjia GarrangKhamees Idrees Ibrahim

 

Présenté au festival de Cannes 2022 Quinzaine des Réalisateurs

Soudan, près du barrage de Merowe. Maher travaille dans une briqueterie traditionnelle alimentée par les eaux du Nil. Chaque soir, il s’aventure en secret dans le désert, pour bâtir une mystérieuse construction faite de boue. Alors que les Soudanais se soulèvent pour réclamer leur liberté, sa création semble prendre vie...

Le barrage

Non ce film n’est pas à ranger  dans la catégorie « films qu’on peut voir à la rigueur » mais plutôt dans celle « à voir absolument »

 

Plasticien d’origine libanaise Ali Cherri s’intéresse à « la dialectique entre antiquité et monde moderne, nature et culture, catastrophe et reconstruction ». Dialectique qui préside à son long métrage « Le barrage »

Or, dès le tout début une vague indication (quelque part au nord du Soudan près du barrage Merowe) risque de bloquer les attentes d’un spectateur désireux avant tout d’analyse politique et pourtant….. Si les infos sur la situation révolutionnaire du Soudan livrées par la radio, ne semblent pas perturber le travail titanesque des ouvriers c’est parce que "les briquetiers soudanais, ne vivent pas comme des citoyens, explique le réalisateur, ils ont intériorisé un sentiment d’impuissance politique ; ont vécu toute leur vie sous un régime dictatorial ; le film rend compte de ce type de comportement". De même le personnage principal semble porter en lui et sur lui -comme un mal endémique-, toutes les douleurs secrétées par la terre et en premier lieu la guerre dévastatrice …Une seule séquence, la rétribution des travailleurs par un patron qui se soucie plus du  "facies"  que de la tâche accomplie, et c’est le racisme ambiant qui est " dénoncé"  Si les conséquences sociétales et écologiques du barrage construit par des ingénieurs chinois ne sont pas explicitement abordées, elles sont toujours au premier plan ; tout est en fait suggéré, et ce sont bien les  "traces"  de la violence au Soudan qui se lisent, quand bien même elles semblent  énigmatiques (au spectateur de se documenter !!)

 

L’essentiel il est vrai est dans les "énergies intérieures",  dans cette densité poétique où tout a une dimension métaphorique (barrage intérieur, boue glaise, golem, interpénétration ciel et désert, blessure cicatrice) et dans l’orchestration souveraine des cadres et mouvements de lumière (avec cette dominante ocre), du réel et du fantasmé comme du refoulé et du surnaturel. Et quand la somptuosité « naturelle » s’estompe ce sont des images de synthèse qui prennent  le relais (tableaux dans l'univers mental du personnage principal Maher El Khair, un ouvrier de la briqueterie qui régulièrement s’évade dans le désert ; un voyage aux confins du mystique et de l'artistique qu’illustre cette immense statue de glaise qui s’anime respire comme une divinité chthonienne et qui l’enjoint d’aller toujours plus loin dans sa quête) Dans la région où a tourné Ali Cherri on pratique l’afro-soufisme (mélange d’islam et de paganisme qui comporte beaucoup d’histoires de djinns)

 

Oui osons les épithètes les plus laudatives : graphisme splendide, forces vives -que sont le fleuve, le désert, le soleil, l’orage,- magnifiées tant dans l’intangibilité que dans l’explosion d’une puissance torrentielle, magnificence du rendu visuel et compositions savamment élaborées (voyez les courbes de ces corps, les jeux d’horizontalité et de verticalité, les longs plans fixes sur les bras travailleurs, sur les jambes dont les écailles épousent la terre/mère dans la fécondation de la boue, cette glaise créatrice et dévastatrice : boue malaxée triturée transformée, évaporée et qui s’en va mourant comme pour mieux renaître( ?)  

A cela s’ajoute une partition (musique signée ROB Robin Coudert) qui joue « avec les éléments l’eau, la terre d’argile, le feu  dans un mélange de sonorités lourdes et aériennes. Elle apparait parcimonieusement pour relater le périple du personnage dans le désert »

 

A ne pas rater!!

 

Colette Lallement-Duchoze

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11 mars 2023 6 11 /03 /mars /2023 05:38

de Sam Mendes (G-B , USA 2022)

avec Olivia Colman, Micheal Ward, Colin Firth, Toby Jones 

 

Nommé aux Oscars 2023 (cérémonie le 12 mars) pour la meilleure photographie

chef opérateur Roger Deakins 

musique Trent Reznor et Atticus Ross

Angleterre, 1980. Hilary travaille dans un cinéma : un lieu tout indiqué qui lui permet d'être en contact avec des gens et de rompre la solitude. Cette femme d'âge mûr est chargée d'apprendre les rudiments du métier à Stephen, un jeune homme noir charismatiqueEn se rapprochant l’un de l’autre, ils vont apprendre à soigner leurs blessures grâce à la musique, au cinéma et au sentiment d’appartenance à un groupe..

Empire of light

Empire of light : un film élégant et bancal à la fois

 

Certes on appréciera le travail du chef opérateur Roger Deakins (partenaire et complice des frères Cohen, de  Villeneuve entre autres) on sera particulièrement sensible à  ces  premières images qui font du cinéma Empire un écrin de velours, à ces  lumières- bleutée à l’extérieur et mordorée à l’intérieur,- aux ambiances feutrées qui harmonisent lieux et personnages (opacité du bureau du directeur comme pour camoufler les non-dits, visage éclairé  de lumière d’Hilary en ses  périodes fastes,  etc..

De même on admirera  la prestation d’Olivia Colman en quinquagénaire aimante aimée dépressive ou rayonnante et celle de Micheal Ward. ( victime potentielle du racisme toujours aux aguets)

On sera peut-être moins sensible à cette  "ode" au cinéma (thème récurrent ces derniers temps cf Steven Spielberg, Damien Chazelle) qu’à la solitude du projectionniste (à moins que ce ne soit l’inverse)

On peut établir une liste des  "qualités"  et conclure « Empire of light est un film séduisant »

Oui mais à condition que les armes de séduction ne soient pas des pièges

Si le cinéma « Empire » sert de cadre à, s’il est le lieu qui centralise TOUTES les problématiques (et elles sont très nombreuses : dépression, racisme, politique libérale de Mme Thatcher) le récit manque d’envergure et cumule (souvent poussivement) les clichés ou des mécaniques éculées. Chaque personnage aura sa crise (avec paliers récidive ou pas) ses prises de conscience, que l’on nous enjoint de mesurer, auxquelles on est prié de compatir…La romance elle-même est traitée sur les lignes de crête ou de façon artificielle, et le racisme s’exprime dans une scène lourdingue dans sa violence même ; quant aux rapports sexuels entre le directeur et l’employée (vous en aurez compris l'opportunité !) Et même la séquence qui rappelle Cinema paradisio manque d’authenticité et semble plaquée.

Que dire de ces  "symboles" assez faciles : une salle de cinéma à la fois belle et décrépie, autrefois grandiose immense;  un étage aujourd’hui désolé (désolation à l’image d’Hilary …) refuge de pigeons (dont un blessé qui grâce aux soins du « couple » pourra voler de ses propres ailes ?...)

De ce discours presque grandiloquent du projectionniste sur le regard et sa captation défaillante  ?

De cette séquence finale où Hilary seule dans l’obscurité de la salle, (qui agit tel un baume avec son faisceau lumineux) suit le parcours de Mister Chance (Peter Sellers) jusqu’à cette « apothéose » qui le fait marcher sur les ondes (tel un Christ ) ?

 

Empire of light : un film à la pernicieuse séduction

 

Colette Lallement-Duchoze 

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10 mars 2023 5 10 /03 /mars /2023 10:13

Long métrage d'animation réalisé par José Miguel Ribeiro (Portugal 2022)

 

 

musique  signée  Alex Dibicki 

 

 

Présenté en ouverture du festival Anima Belgique 

 

Angola. Trois générations de femmes dans une guerre civile qui dure depuis 25 ans : Lelena (la grand-mère), Nayola (la fille) et Yara (la petite-fille). Le passé et le présent s’entrecroisent. Nayola part à la recherche de son mari, qui a disparu au pire moment de la guerre. Des décennies plus tard, alors que Nayola n’est toujours pas revenue, sa fille Yara est une adolescente rebelle et une chanteuse de rap très subversif. Une nuit, un intrus masqué fait irruption dans leur maison, armé d’une machette. Une rencontre qu’elles n’auraient jamais pu imaginer

 

Nayola

Nous avons tant tué, eu de tant de morts, il ne reste plus grand monde pour raconter comment cétait." Eh bien ce film d’animation -même s’il tend vers l’universel- sera le "récit" de ces folies meurtrières (exécutions sommaires bombardements qu’accentue une bande-son parfois trop illustrative) à travers le parcours de Nayola. (Parcours consigné sous forme de journal qu’est en train de lire Yara … )  alors que Yara, sa fille,  en illustrera  les traumatismes

 

Angola 1995,  Angola 2011 : seules indications précises signalées en bas de l’écran

 

Le voyage de Nayola à la recherche de son époux disparu se déploie dans de vastes contrées colorées appartenant à une nature où se mêlent l’ocre le rouge flamboyant et le vert acide en une étonnante palette (rutilante le plus souvent) alors qu’en gros plan se détache sa chevelure noire. Ce personnage traverse aussi des décombres (ici dessins d’immeubles éventrés désertés par l’humain),  renouera avec le « vivant » (personnage du garde-barrière qui, en sautillant annonce la « paix » tout en alertant sur une « fausse » destination, une impasse !). Terrorisée, épuisée par un si long périple, accompagnée d’un chacal (animal totem) dont elle empruntera le masque (masque qui protège et enferme tout à la fois), elle connaîtra aussi une forme de résilience (thérapie ancestrale : son corps relié à la Lune par une corde salvatrice va vomir tous les ingrédients de la folie meurtrière ! une purification pour un  personnage qui ne semble appartenir qu’au monde des morts !)

 

Aux déflagrations du passé meurtrier correspondent en écho les perquisitions nocturnes du présent celui que vit sa fille Yara - qu’elle a délaissée et dont elle a confié la garde et l’éducation à Lelena, -cette grand-mère,  au visage à la Gromaire, un bloc orangé qui crève l’écran, et qui contraste avec l’aspect filiforme de sa petite fille Yara. Yara, qui à la barbe des policiers tente de diffuser son album de rap « nouveau pays »  et revendique une liberté d'expression "je n’accepte pas de vivre dans un pays qui au lieu de nous protéger nous opprime. Qui pense autrement n’a pas le droit à la liberté d’expression ? Et mes droits ? Je chante la réalité donc je mérite d’être punie ?"

 

Deux temporalités donc mais qui s'entrelacent se superposent, parfois s'enchevêtrent, deux univers (nature et ville le plus souvent), deux traitements de l’animation (2 D et 3 D),  reliés -dans le sommeil ou les rêves( ?) - par des images oniriques (dessins à peine esquissés en bleu où se profile la vision d’une famille réunie, dessins aux pointillés furtifs qui iront s’effaçant), avant de se "rejoindre" dans une séquence telle une Cène des temps modernes

 

Nayola est un vibrant hommage à la femme, à travers le parcours des trois personnages féminins que la guerre aura traumatisés, trois femmes fortes, indépendantes. Il faut voir Nayola lutter contre les hyènes, terrasser animaux et humains, quand il s’agit d’aider les plus faibles ; affronter -seule dans un premier temps- la faim, la soif, la chaleur, tout entière chevillée à son désir de retrouver l’époux combattant (et peut-être déjà disparu). Sa fille ne craint pas les représailles ni les coups de matraque, elle crée des textes subversifs irrévérencieux à l’encontre du gouvernement en place ; quant à Lelena elle incarne cette force tranquille qui sait résister et au besoin « mentir » pour sauver les « siens »

 

En entrelaçant deux époques, en rendant hommage aux femmes, en exploitant toutes les ressources de l'animation  et celles d’une palette, rutilante ou sombre, solaire ou ténébreuse,  ce film  ne peut qu’entraîner l’adhésion du public. Rien d’étonnant à ce qu’il ait ouvert le festival Anima en Belgique  " Spectacle de couleurs, de coups de fusil, de bombes, de répression ..Nayola  un florilège d’émotions"

 

Un film à ne pas rater! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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9 mars 2023 4 09 /03 /mars /2023 06:53

d'Elena Lopez Riera  (Espagne 2022)

avec Luna Pamies, Barbara Lennie, Nieve de Medina 

 

musique Mandine Knoepfel

 

Présenté au festival de Cannes 2022 Quinzaine des Réalisateurs

C'est l'été dans un petit village du sud-est espagnol. Une tempête menace de faire déborder à nouveau la rivière qui le traverse. Une ancienne croyance populaire assure que certaines femmes sont prédestinées à disparaître à chaque nouvelle inondation, car elles ont « l'eau en elles ». Une bande de jeunes essaie de survivre à la lassitude de l’été, ils fument, dansent, se désirent. Dans cette atmosphère électrique, Ana et José vivent une histoire d'amour, jusqu'à ce que la tempête éclate...

El agua

 

Qu’un fleuve tombe amoureux d’une femme et l’emporte avec lui dans l’impétuosité de ses flots c’est ce que viennent confirmer face à l’écran ces femmes à intervalles réguliers : plan fixe, elles disent -et miment de leurs gestes- cette fougue dévastatrice et « amoureuse » ; une légende incarnée et comme ancrée dans le réel? paroles de femmes et images d’archives télévisuelles (l’inondation de1987) comme si le réel (nous sommes à Orihuela province de Murcie), allait à la rencontre d’un récit et simultanément comme si ce récit fictionnel devait être documenté.

 

Ana va incarner cette Eve nouvelle et qui sait ? se laisser dompter par le fleuve ou lui résister ? Fleuve Segura dont les colmatages de fortune (la préparation du plâtre par Jose et son père scelle aussi leur réconciliation) ne résistent pas à sa puissance destructrice (cf la dernière séquence)

 

El agua, l’eau, cet élément liquide dont on connaît toutes les connotations liées à la femme (légendes peuplées de sirènes de nymphes ; liquide amniotique;  l’eau à la fois purificatrice source de vie guérisseuse protectrice et destructrice, etc…). Entourée de sa mère et de sa grand-mère, donc comme en symbiose avec la tradition, le corps embrasé par la fougue amoureuse, Ana incarnerait les deux éléments eau et feu, tout en vénérant certaines idoles religieuses (Sainte Rita au grand dam de Jose son amoureux). Comme la plupart de ses amis (on rit on boit on fume on danse) elle désire « partir ». Partir serait aussi s’émanciper !

 

El Agua : une romance, le temps d’un été dans un village qui suinte l’ennui

 

El agua: une légende « charriée par un fleuve qui devient la métaphore d’une jeunesse en plein désarroi » interprétée par des acteurs pour la plupart non professionnels.

 

Hélas ce premier film n’est pas à la hauteur de ses ambitions : trop de thématiques abordées, ce qui surcharge le scénario   et/ou  accentue son  "manque de relance" ; et le mélange fiction, histoire sentimentale, réel revisité, légende, qui impose aussi de mixer différentes tonalités -réalisme naturalisme et fantastique amplifié par la bande-son-  fait que la mise en scène manque (trop) souvent d'originalité ! 

 

Dommage !

 

Colette Lallement-Duchoze

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3 mars 2023 5 03 /03 /mars /2023 13:32

de Gustav Machaty (1929 Tchécoslovaquie )

 

avec  Karel Schleichert : Le cheminot Ita Rina : Andrea Olaf Fjord : George Sydney Theodor Pištěk : Hilbert Charlotte Susa : Gilda

 

Présenté en soirée d'ouverture au festival à L'Est (17ème édition) avec accompagnement musical en live

Groupe In Fine (  duo instrumental, avec entre autres  trompette, flûte à bec,  bugle)

Andrea, la fille d'un garde-barrière est séduite par un étranger. Mais l'homme l'abandonne en la laissant enceinte. Elle épousera alors un homme rencontré au cours d'une nuit dramatique. Plus tard, elle retrouvera son séducteur...

 

Erotikon

Erotikon. C’est la marque du parfum que le voyageur séducteur offre à la fille du garde-barrière- lequel venait d’accepter du whisky et un briquet !! Un parfum aux subtiles fragrances, qui agirait tel un élixir? à la limite peu importe ! Le titre met en exergue le triomphe de la séduction, du désir, par-delà les convenances morales !! Erotisme ou la concupiscence filmée dans l’audace de la suggestion : voici Andrea seule allongée sur son lit ; elle se pâme, son corps vibre de l’attente amoureuse…Et pour la « scène d’amour » voici des plans fragmentés, des chevelures que les mains triturent, un fondu enchaîné des deux visages, un regard dilaté, une caméra qui épouse le mouvement du corps, et après un fondu au noir, voici les deux amants se prélassant avec une cigarette. Désir palpable à fleur de peau, à fleur d’extase ! Une aimantation illustrée (redondance métaphorique ? peut-être) par le gros plan sur ces deux gouttes d’eau allant à la rencontre l’une de l’autre sur la vitre  (à moins que l’élément liquide ne s’inscrive dans une autre suggestion !)

Tout cela concerne surtout la première partie. Andrea sera délaissée par l’amant volage -qui croit se « dédommager » en donnant de l’argent (à noter que la missive est apportée par un facteur dont on ne voit que l’ombre …) Elle devra tout assumer, seule. Figure de la transgression? Mariée, elle rencontrera à nouveau l’amant et usera de subterfuges pour forcer une rencontre ! Andrea la jeune femme abusée, Andrea la  séductrice !

Après plusieurs ellipses temporelles (avec fondu au noir) lors d’une soirée dansante elle délaisse son époux : les touches du piano et du saxo se meuvent agiles et muettes , et les corps des ex amants dans une langoureuse étreinte ressuscitent pour l’assouvir le désir -au grand dam de la maîtresse (le comique de situation ne minimise pas pour autant la force de l’excitation sexuelle)

Le corps contre la raison. Corps que la caméra se plaît à capter, suave, dans ses fragments d’attentes fébriles (visage genoux main regards) Erotikon

 

Le train qui revient à intervalles réguliers dit à la fois la prégnance de la machine dans l’univers cinématographique des années 1920 et la symbolique d’une marche inéluctable vers ??? Ici, en outre, il permet de relier – tout en les opposant- la stagnation d’un monde de labeur et l’effervescence du milieu urbain (hôtels, salles de jeux, salons de coiffure, tailleur).

Une main tendue qui dit adieu alors que les lignes aériennes et les rails (voies ferrées qui se croisent) dessinent leur implacable linéarité ; une main qui se tord de douleur (lors de l’accouchement) ; la même main s’était tordue de plaisir – et en surimpression tel un flashback revient l’image du baiser.

Le film est ainsi traversé d’effets spéculaires que renforcent les éléments dits naturels (dont la pluie dévastatrice ou annonciatrice de ?  et l’orage) 

Une « fin » « ouverte » , une fin qui  se prête à un « nouveau » départ, 

La morale serait-elle sauve ?  Que nenni !!!

 

Colette Lallement-Duchoze

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2 mars 2023 4 02 /03 /mars /2023 09:00

de Li Ruijun (Chine 2022)

avec Wu Renlin et Hai-Qing

Dans la campagne chinoise, province  de Gansu. C'est l'histoire d’un mariage arrangé, entre deux êtres méprisés par leurs familles. Entre eux, la timidité fait place à l’affection. Autour d’eux, la vie rurale se désagrège…

Le retour des hirondelles

Quelle grâce dans la disgrâce ! Quel émerveillement dans la réappropriation de soi par soi ! Quelle humanité dans cet univers rural que des potentats locaux tentent de désagréger au profit de … ! Oui le retour des hirondelles (le titre français est plus poétique que la simple traduction du titre anglais  Retour à la poussière) ne peut que séduire. Le réalisateur ne verse jamais dans le misérabilisme (et pourtant, la rusticité d’un autre âge, la rudesse du labeur avec des moyens rudimentaires, s’y prêtaient) ni la violence (et pourtant elle est bien prégnante dans l’exploitation des faibles, dans leur vampirisation dont le « don du sang » serait la « métonymie », elle est tangible dans le comportement des propriétaires usuriers, dans les dépossessions successives auxquelles est soumis le couple !!)

 

Nous assistons au triomphe de l’humain -par-delà l’injustice liminaire et les tourmentes, avant que les dunes de sable n’enfouissent l’âpreté du réel dans leur tombeau. Un film irrigué par des forces contradictoires, et par une tendresse qui n’exclut pas l’indignation, car le réalisateur propose -pour ne pas dire  "impose "- une vision très inquiète -pour ne pas dire "désespérée"  du monde paysan (on comprend pourquoi le film a été « censuré », tant il va à l’encontre du discours politique qui prône la « fin de la pauvreté absolue »,  mais aussi parce qu’il démontre qu’un « damné » de la terre préfère le contact avec la nature  au  croupissement dans les « clapiers » modernes de la ville)

 

Voici un couple d’éclopés, de « parias ». Un mariage « arrangé ». Lui c’est Ma Youtie (Wu Renlin ) surnommé frère Quatre par les villageois moqueurs de la province de Gansu. « Vieux célibataire », il est contraint d’épouser Cao Guiying (Hai -Qing), une femme handicapée et incontinente, suite aux maltraitances infligées par sa famille! . Qu’à cela ne tienne ! le couple va se  "construire" tout comme se "construit" leur  maison, alors que démolitions et déconstructions sont programmées. La caméra les suit dans leur quotidien. Dans leur intimité -pudeur tendresse en lieu et place de contact charnel ; l’œil de l’objectif est devenu caresse, une caresse comparable à celle que prodigue le couple sur l’encolure de l’âne. En extérieur surtout, dans tous les travaux  " agricoles" - retourner la terre, semer, récolter, etc. Rudesse du labeur dans des espaces arides sublimés grâce à la composition des plans (d’abord cadres dans les cadres puis élargissement en harmonie avec l'indéniable somptuosité de l'environnement) , le choix des couleurs (avec la dominante verte et ocre, ocre qui s’en vient contaminer la carnation des visages) et les effets de lumière (selon les moments de la journée ou les saisons).

 

Le réalisateur originaire de la région de Gansu (au sud de la Mongolie) aura assisté (et il nous aura entraîné dans son sillage) à une douloureuse destruction de la culture ancestrale, de cette osmose entre paysans et nature -incarnée par un couple de « parias » humble et aimant, déroutant de beauté fruste,  un couple bouleversant, tout simplement

 

Colette Lallement-Duchoze

Extraits du dépliant   "ARP et GNCR présentent" (ARP= auteurs réalisateurs producteurs; GNCR = groupement national des cinémas de recherche)

"Le titre chinois du film signifie "caché dans le pays des cendres et de la fumée". Cela signifie que les époques passées les vies passées n'ont pas disparu. Elles sont tout simplement enfouies dans les cendres. Ce que nous ne voyons plus ne cesse pas pour autant d'exister"  

Je retourne toujours filmer la terre où je suis né. Les deux héros de mon film viennent d'une campagne que les habitants ont désertée. Ils ont tous pris le train pour la ville. Mes deux protagonistes ont raté ce train"

"nous avons tourné le film au rythme des saisons, en suivant le cycle des cultures et des migrations d'oiseaux. Avec l'aide de l'acteur principal Wu Renlin, qui est mon oncle, de son fils qui joue le second neveu, ainsi que de mon frère et de mon père, nous avons construit la ferme et fait pousser les cultures jusqu'à leur moisson. Nous avons travaillé comme des paysans et consacré notre temps à la terre comme les héros du film. Nous avons tourné durant 85 jours de mars à octobre 2020. La pandémie a mis à mal notre production...

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