Film de Antonin Peretjatko
Avec Vimala Pons (Truquette) Vincent Macaigne Grégoire Tachnakian...
J'ai pu lire, entendre "c'est n'importe quoi filmé n'importe comment"
Double reproche -et sur le fond et sur la forme- pour le moins injustifié !!!
Fond? Un road-movie burlesque. Truquette, la brunette, Hector l'amoureux fou (allusion à Nadja de Breton) Pator son pote (ex-assistant du médecin Placenta) Charlotte la copine et Berthier son frère, vont sillonner les routes d'une France en plein marasme économique. De Paris (le film s'ouvre sur la parade du 14 juillet version Sarkozy puis en accéléré version Hollande, alors que Truquette s'époumone à vendre à la criée "la commune", clin d'oeil à Jean Seberg?) jusqu'à la plage! Voyage "faussement" périlleux avec ses chemins de traverse et ses créatures incongrues qui le balisent. On peut être dérangé par le loufoque, le burlesque; doit-on pour autant incriminer le réalisateur d'un tel choix? D'autant qu'avec Peretjatko, la Poésie transfigure souvent le réel en surréel...
Construction? Se méfier des apparences. Le film donne l'impression d'un millefeuille à l'instar du folioscope que feuillette Truquette quand elle s'évade vers ces paysages enneigés où Hector lui déclare son amour. Mais cette impression a été voulue par le réalisateur. Ecoutons-le " Il est vrai que l'esthétique du film ne repose pas du tout sur le raccord. Je recherche toujours une imperfection de raccord de manière à ce que le film ne soit pas trop propre. J'ai toujours peur de trop aseptiser le film" "Mon film paraît un peu foutraque comme s'il partait dans tous les sens. Pourtant il est très écrit, très préparé, il n'y a pas d'improvisation et très peu de caméra à l'épaule. Mais il donne une impression d'improvisation. C'est ce que je voulais"
"C'est la crise, partez en vacances"!
à voir ABSOLUMENT
Colette Lallement-Duchoze


Le prologue assez long mériterait un commentaire particulier. Arrivée de la petite Emili à l'école -filmée de dos comme isolée dans le cadre. Extérieur: plan large, Emili et 4 autres fillettes jouent dans la cour; un prétendu chauffagiste réclame de l'aide et "choisit" Emili; les gamines sont filmées de face, elles voient l'homme -dont le spectateur ne peut voir que la masse énorme de son dos...Mais suite au trauma -mort de leur camarade -elles ne se rappelleront plus le visage de l'assassin...Asako, la mère de la victime, excédée par la lenteur de l'enquête et le mutisme des 4 fillettes profère ces propos comminatoires "je ne vous pardonnerai jamais. Trouvez-le ou donnez-moi une compensation. Sinon vous n'échapperez pas à la pénitence". Un prologue comme lieu et lien nodal, un prologue comme substrat organique et psychique d'une menace diffuse; un prologue qui d'un point de vue purement narratif et/formel distille peur et inquiétude.
20h (entrée 5€) en présence du réalisateur
nt filmer une pensée qui se pense? une pensée dans sa gestation, dans son expression, dans sa mise en situation? C'est Barbara Sukowa qui, dans le nouveau film de Margarethe Von Trotta, va donner corps aux concepts philosophiques élaborés par Hannah Arendt. Comment? Par ses déplacements dans l'espace (appartement, amphithéâtre...), par ses pauses (filmée tel un gisant sur un canapé, clope et cendrier à portée de main), par ses sourires et regards ironiques, par un visage en méditation (quelques gros plans), par son énergie à taper sur le clavier de sa machine à écrire (bruit souvent amplifié) et dans un environnement où s'amoncellent les dossiers (un entassement qui métaphorise l'ampleur de la tâche). Filmer la "controverse" semble plus aisé: la réalisatrice oppose des personnages (assis autour d'une table, debout en promenade, etc.) qui expriment des arguments contradictoires. Encore que!! On est loin ici des joutes oratoires (même si de leur propre aveu Kurt et Hannah sont coutumiers du fait quand cette dernière se rend en Israël); la plupart des adversaires/détracteurs" sacrifient au conformisme ambiant, alors que Hannah Arendt s'interroge sur "les mécanismes profonds du mal"! Et que lui reproche-t-on? De ne pas voir en Eichmann (elle a couvert le procès en Israël pour "The New Yorker") un "monstre" (entendons l'exceptionnelle et spectaculaire incarnation du Mal) mais un "être normal" (comme vous et moi) , un "lâche dépourvu de pensée" ; en outre, on lui fait grief de faire de certains Judenrats (conseils juifs) les complices de la déportation.../http%3A%2F%2Fcourtivore.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2011%2F12%2Faffiche-2013.jpg)

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