17 décembre 2012
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Film de Miguel Gomes (Portugal, Brésil). Avec Teresa Madruga (Pilar), Laura Soveral (Aurora âgée), Ana Moreira (Aurora jeune), Henrique Espinito Santo (Ventura âgé), Carloto Cotta (Ventura jeune) Isabel Cardoso (Santa)
Une demoiselle confite en dévotion, partage un étage de son immeuble avec une dame âgée et sa bonne africaine. Cette dame divague de temps en temps, elle raconte des rêves étranges; elle accuse sa dame de compagnie de la tenir sous sa domination grâce au vaudou. C'est la première partie du film.
Juste avant de mourir elle demande à sa voisine d'aller lui chercher un homme qui habite dans le voisinage. C'est la seconde partie où l'on apprendra ce qu'ont été la vie de la défunte et les raisons de ses divagations.
Dès le début j'ai été impressionnée par la beauté de l'image, la bizarrerie des personnages, l'atmosphère délétère, accentuée par le noir et blanc.
La seconde partie est relativement plus classique.
Il paraît que le cinéaste s'est inspiré d'un film de Murnau (dixit le masque et la plume); je ne sais pas; mais allez-y.
Isabelle Lepicard
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17 décembre 2012
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Film de Benh Zeitlin (USA) avec Quvenzhané Wallis, Dwight Henry, Levy Easterly
Je recommande vivement ce film
où se déploie toute l'énergie d'un enfant (la petite Hushpuppy)
où le monde est vu à travers ses yeux, dans un milieu hostile
où se mêlent rêve et réalité
Nicole Rousselet
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5 décembre 2012
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Film de Marco Tullio Giordana
Avec Valerio Mastandrea, Pierfrancesco Favino, Michela Cescon
Un film "honnête" sur le déclenchement des "années de plomb" en Italie, en 1969. Honnête parce qu'il n'y a pas de parti pris d'apporter du nouveau sur un acte terroriste jamais élucidé ;Giordana fait apparaître à quelles extrémités peut mener la "raison d'Etat" avec une critique très forte (comme on en voit peu en France ) du système juridico-policier.
Certes, c'est un peu compliqué à suivre et on aurait aimé qu'il creusât un peu plus les deux personnages principaux : le "sage" anarchiste et le commissaire intègre mais prisonnier de la "machine", pour dépasser un peu le film de reconstitution, si minutieux soit-il.
Cela étant, le film nous replonge dans cette atmosphère de violence de la fin des années soixante et de la décennie d'après, à laquelle la France a largement échappé.
A voir donc, à l'Omnia, encore cette semaine.
Marcel Elkaim
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4 décembre 2012
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Film roumain de Cristian Mungiu avec Cristina Flutur, Cosmina Stratan, Valeriu Andriuta
Petit billet d'humeur
On a reproché à ce film "d'être trop long". La critique est incluse dans l'adverbe "trop". Mais par rapport à quoi? À une limite qui serait de mise dans le traitement du sujet abordé? Par rapport à ce que "peut endurer" un spectateur? Long le film l'est, c'est une évidence: 2h30. Mais le calvaire de cette jeune "nonne" ne le fut-il pas lui aussi?? Et l'entreprise d'exorcisme menée par le seul mâle de la communauté, pope auquel les autres "nonnes" obéissent avec servilité, est de longue haleine, tant est rebelle la suppliciée, Alina, convaincue que ces "fondamentalistes orthodoxes" ont embrigadé son amie (et amante) Voichita. La scène où
Alina éructe ses ressentiments frappe par sa violence et sa beauté: les "sœurs" filmées de dos en plan rapproché, dodelinent du bonnet (sens propre) tandis que leur murmure d'indignées est couvert par les imprécations. Le réalisateur a opté (comme dans son long métrage couronné à Cannes en 2006) pour le plan-séquence, lequel peut s'étirer dans la durée pour des besoins purement esthétiques ou à des fins argumentatives; plan-séquence que salue son maître B. Tavernier. Le film obéit aussi à une construction rigoureuse qui correspond aux étapes (longues) censées déboucher sur la "guérison" (tous sont persuadés que la thérapie exorcisante sera bénéfique). Enfin le cinéaste a insisté sur la "durée" en mettant en évidence le passage des saisons; (l'enneigement des collines correspondra à l'ultime étape pour la suppliciée, victime de ses convictions et nullement habitée par le diable). Comme le film s'inspire d'un fait divers survenu en 2005, et qu'un procès eut lieu à l'époque, la dernière partie intègre les prémices de l'enquête (gendarmerie) et annonce l'audition chez le procureur.
À mon "humble" avis nulle "dilatation", nulle "velléité d'ampleur" pour souscrire aux critères cannois. Avis partagé par Nicole
Mais quelle mouche a piqué ce spectateur à l'issue de la projection pour nous asséner ces propos "quand je vois ce genre de film je me demande pourquoi ils (= la Roumanie) font partie de l'Union européenne".... Nous avions (poliment) tendu l'oreille croyant naïvement avoir affaire à un "cinéphile"...mal nous en a pris...Aurait-il délibérément occulté le "sens" du dernier plan? (cette giclée de neige boueuse sur le pare-brise) qui en dit long sur la critique féroce d'une société encore gangrenée par les années de la dictature....(critique à laquelle nous avait déjà habitués Mungiu)
Colette Lallement-Duchoze
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13 novembre 2012
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Film israélien de Ami Livne. Avec Adnan Abu Wadi, Maysa Abed Alhadi
Un film tout en finesse et en retenue sur un sujet explosif (l'attitude d'Israël au Moyen-Orient) sur la condition des Bédouins (citoyens israéliens!) dans le désert du Sinaï. Violence sous-jacente de l'Etat, difficultés de l'acculturation dune population misérable sans même le secours d'un folklore.
Tout est dit, en demi teintes, dans l'histoire de deux frères et d'une femme expulsés de leur cabane en tôle ondulée.
Sur la forme de grands plans larges sur des terres ingrates dont on a du mal à comprendre qu'elles soient tant disputées.
C'est un premier long métrage prometteur à ne pas négliger.
Marcel Elkaim
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13 novembre 2012
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Vous aurez jusqu'au dimanche 18 novembre, pour retrouver une atmosphère festivalière dans une trés belle ville.
Rétrospective Costa Gavras
Trés intéressante section sur les films traitant de l'Algérie
Une impayable section sur les films de science fiction avec des perles de l'époque soviétique.
Bien sûr une sélection de films en compétition dont 4 films nordiques...
Et une série de films découverte dont le trés joyeux TéléGaucho de Michel Leclerc et The Queen of Montreuil, le dernier film de Solveig Anspach.
A deux heures de Rouen, Arras, ça vaut plus qu'un détour.
(l'affiche du festival est tirée de Planète Interdite, de F. Wilcox en 1956 et l'actrice avec sa moue satisfaite c'est Anne Francis, elle se sert de Robby le robot à tout faire et d'un visiophone avant gardiste).
http://www.arrasfilmfestival.com
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12 novembre 2012
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15:33
Film de Michael Haneke avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert, Alexandre Tharaud
Georges et Anne vivent depuis cinquante ans ensemble. Un jour, Anne est victime d'un accident vasculaire cérébral. Son état se dégrade. Elle ne peut ni marcher, ni manger, ni se laver seule. Bientôt, c'est à peine si elle peut parler. Elle déraisonne. Dans le huis clos de leur appartement, Georges l'accompagnera et l'aimera jusqu'à la mort.
Voilà l’histoire du dernier film de Haneke, palme d’or du festival de Cannes 2012, dans sa version la plus nue. C’est une vision d’amour la plus crue, jamais révélée au cinéma, celle d’un vieux couple uni et complice: deux êtres qui vont manifester leur amour jusqu’à leur dernier souffle.
Beaucoup de films de Michael Haneke marquent longtemps l' esprit du spectateur par un style froid et hyperréaliste. « Amour » est de nouveau une expérience unique à vivre, et ce fut très éprouvant pour moi car j’étais happée par chaque image, des images très concrètes. Durant 2 heures, je suis restée confinée dans ce vieil appartement haussmannien qui n’a guère bougé depuis des décennies (tout comme la solidité du couple qui n'a pas été ébranlée ).
Après avoir découvert la porte de leur appartement fracturée, Georges et Anne n’en sortiront plus… Le monde extérieur leur apparaitra hostile (l’hôpital, l’aide soignante inhumaine, l’apitoiement des concierges, l’inquiétude de leur fille et les musiques interprétées par Alexandre Tharaud si appréciées auparavant prendront un goût amer et de compassion humiliante). Georges tiendra sa promesse tant bien que mal envers Anne (éviter l’hôpital). Les gestes de son quotidien, la narration de scènes de sa jeunesse pour apaiser le mal, le refus des autres composent ce témoignage d’un dernier et long tête à tête et corps à corps. Les yeux de Jean-Louis Trintignant arrivent à transcrire magnifiquement l’ampleur de sa douleur, de sa honte et surtout de son attachement envers Anne interprétée avec force et courage par Emmanuelle Riva.
Béatrice Le Toulouse
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2 novembre 2012
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Film de Sandrine Bonnaire. Avec William Hurt, Alexandra Lamy, Augustin Legrand et Jalil Mehenni
Pourquoi ce goût amer, cette immense déception à la sortie du film?
Tout d'abord, William Hurt m'a semblé "sur-jouer" la tristesse et l'inextinguible désolation. Présent à chaque plan (ou presque) normal puisque c'est lui qui "enrage de l'absence" de son fils mort accidentellement; mais la réalisatrice a choisi la caméra fixe pour filmer son visage (en frontal, de profil) afin de pallier l'absence de mots, et d'habiter visuellement les silences (l'émotion est intraduisible selon Sandrine Bonnaire qui a voulu s'attaquer au "viscéral de la perte"); là où l'allusion eût été discrète tout en étant porteuse de sens, la caméra s'appesantit; trop c'est trop... ajoutons cette allure faussement dégingandée!!
Et tous ces symboles si appuyés qu'ils en deviennent "lourds", voire encombrants; ils desservent une narration qui se voulait fluide et heurtée à la fois. A commencer par la réclusion dans la cave; ce lieu d'en bas, sombre et inconfortable abrite, tel un sanctuaire, le reliquaire de l'enfant disparu; il devient par métaphore le réceptacle d'une conscience refermée sur elle-même qui ressasse ad infinitum. L'opposition "facile" entre une maison cossue (lumières tamisées) mais désertée par la vie, l'amour, et un appartement quelconque (lumineux) mais qui abrite l'âme d'un "foyer familial" (entendons présence du père de la mère et d'un enfant). Jacques, architecte, est capable de créer la "maison idéale" sous forme de maquette mais incapable d'habiter une parcelle de... La gourmette offerte au jeune Paul comme lien substitutif avec l'enfant disparu. Et là on pourrait s'interroger moins sur la vraisemblance que sur la volonté de faire porter le "poids" (sens propre et figuré) du "mort" à un "vivant" (même si l'enfant dans sa relation complice avec le "père de son petit frère" le considère comme un objet fétiche...garant de leurs secrets)
Trop de...tue...
Mais heureusement le très jeune acteur Jalil Mehenni oppose au jeu convenu des adultes englués dans leur désarroi, une franche spontanéité!
Et puis il y a la musique d'Arvo Pärt!
Colette Lallement-Duchoze
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23 octobre 2012
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Film de 2011 réalisé par Bob Goldthwait; avec Joel Murray Tara Lynnne Barr et présenté au festival de Deauville
Désespérément seul (sa femme l'a quitté, il vient d'être licencié et il a peut-être une tumeur au cerveau) Frank, vautré sur son canapé, zappe et il prend conscience face aux débilités que déverse l'écran, de la bêtise immonde qui envahit et gangrène son pays. Et il décide de partir en guerre contre ses responsables: producteurs et animateurs des séries de télé réalité, prédicateurs de tout poil, quand ce ne sont pas ses voisins qui gueulent le condamnant à l'insomnie... Dans cette croisade -il dispose d'armes de destruction massive- il est aidé par Roxy une jeune lycéenne - déjantée et paumée qui apprend très vite à manier les armes salvatrices voire rédemptrices .
Le spectateur assiste à une sorte de road-trip mais qui tient plus du grand guignol que du brûlot. Hormis les plans du début en macro sur l'œil de Frank, le ball-trap avec le bébé du voisin, et quelques rares répliques audacieuses, (sans oublier Alice Cooper) le film ne trouve pas (du moins est-ce l'avis que je partage avec Nicole -et nous étions les deux seules spectatrices...) un "ton" qui lui soit propre. Ça se veut acide mais ça ne convainc pas..(du moins nous ne le fûmes pas...)
Gore à souhait, palabres inlassablement filmées en champ contre-champ, ambiance parfois kitsch, "message" plus que léger, bref une œuvre d'aussi mauvais goût que ce qu'elle prétend condamner!!
Colette Lallement-Duchoze
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20 octobre 2012
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Film de François OZON
Un garçon de 16 ans s'immisce dans la maison d'un élève de sa classe, et en fait le récit dans ses rédactions à son professeur de français. Ce dernier, face à cet élève doué et différent, reprend goût à l'enseignement, mais cette intrusion va déclencher une série d'événements incontrôlables.
C'est une histoire de manipulation servie par de très bons acteurs : Luchini bien sûr mais aussi le jeune Ernst Umhauer. Visage d'ange, inquiétant de bout en bout sans oublier Kristin Scott Thomas et tous les autres.
Le thème n'est pas original mais sa mise en scène l'est.
Le scénario est bien mené. On se demande "comment cela va se terminer" (phrase clé du film)
C'est fascinant, à la limite du malsain...
Allez y !
Isabelle Lepicard
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