15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 12:22

Documentaire de Martin Esposito

 

super-trash.jpgCitoyens vous étiez persuadés que vos déchets si minutieusement, si consciencieusement triés, seraient savamment recyclés; détrompez-vous; il n'en est rien. Car c'est en aval -et non en amont- que se situe le problème: une véritable arnaque, une catastrophe écologique! Voilà ce que dénonce avec fougue ce documentaire.

 

Martin Esposito a passé 14 mois dans une décharge au sud-est de la France, celle de Villeneuve-Loubet, lieu géré par une filiale de Véolia. Il a  écrit sans relâche dans sa cabane d'enfance reconstituée, il a  interrogé les employés, il a filmé au plus près ce monde "trash". Et  le documentaire qu'il a réalisé  nous convie à une "visite" d'un "site archéologique du présent" (trash est à prendre dans ses deux sens "corbeille" et "répugnant")

Voici des camions qui déversent des tonnes de nourriture non périmée (elle sort à peine des chambres froides et le réalisateur à plusieurs reprises s'ingénie à "manger" et "boire" quelques-uns de ces produits/ordures...); voici des flots puants d'hydrocarbures, voici des fusées de détresse, du verre, du plastique, et même des cercueils....Des monticules effrayants, aux odeurs méphitiques, où parfois s'engluent des oiseaux. Et tout cela sera "définitivement" enfoui, sous une chape de terre. Mais (et c'est l'image finale) des sacs de plastique volettent - exhumés expulsés des  profondeurs, ou rebelles à l'enfouissement?- et ils font  un pied de nez à la caméra en la "percutant"!

 

La récurrence de certaines images (dégoulinement visqueux des détritus de toutes sortes, moquettes/tapis du festival de Cannes, poupées démantibulées, commande TV, flots d'hydrocarbure avec en voix off "mais c'est de la merde") si elle correspond au ballet incessant des camions (qui se rendent plusieurs fois par jour sur la décharge) n'en reste pas moins trop répétitive. Une caméra qui virevolte jusqu'à donner le tournis, des effets d'accéléré, des commentaires incrustés, des réflexions, des interrogations avec ou sans réponses, des images d'archives (les condamnations réitérées du maire de Villeneuve–Loubet). Tout cela mieux "structuré" aurait pu être convaincant; et que dire de cette omniprésence à l'écran du réalisateur (parfois en gros plan) sinon qu'elle nuit à la "monstration/démonstration"? À moins qu'elle ne métaphorise la volonté d'ingérer son paradis perdu!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Je rappelle que Michael Moore dans son ouvrage "Mike contre-attaque; bienvenue aux Etats stupides d'Amérique" (2002) avait (déjà) consacré un chapitre "Sauve qui peut la planète" à cette catastrophe planifiée!

 

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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 06:27

de Valeria Golino avec Jasmine Trinca, Carlo Cecchi

 

 

miele.jpgVendre la mort à des personnes malades, souvent en phase terminale, tel est le boulot qu'accomplit Irène (son nom de code est Miele ).  Pourquoi avoir choisi ce "métier", pourquoi faire croire à son proche entourage qu'elle prépare une thèse? Nous ne le saurons pas; mais peu importe. Le personnage se définit précisément par ce mélange de beauté lumineuse et de sombre mystère. Irène (Miele) c'est la vélocité d'un corps qui pédale, c'est la grâce d'une sirène moderne, c'est la sensualité d'un corps habité par le plaisir, c'est la sollicitude auprès d'un père solitaire, bref c'est la Vie. Filmée en gros plans (profil) plans moyens (le buste vu de dos au sortir de l'eau) elle envahit souvent l'écran de son sourire, ou se confond avec les perles de la mer. Miele (Irène) c'est la jeune femme de blanc vêtue, gantée, qui assiste -toujours en retrait- aux derniers instants de ceux qui ont accepté ses services (la scène avec un jeune homme paralysé et quasiment muet est bouleversante d'audace assumée); Miele toujours insiste auprès de ses « patients » pour s’assurer de leur décision. L'euthanasie est un sujet tabou en Italie "bien plus qu'en France" affirme la réalisatrice qui met en évidence -mais par petites touches - tout un trafic afférent au processus d'une mort tarifée (le spectateur dès le début pouvait s'interroger sur les motivations de voyages aux USA puis au Mexique; or c'est dans ce pays que Miele se procure le produit létal...)

 

Mais quand elle découvre une supercherie: un homme a fait appel à ses services alors qu'il est en très bonne santé,  Miele (qui a des "principes", ce qu'elle revendique auprès de Rocco lequel ne s'embarrasse pas de considérations éthiques) se révolte. Et le film bascule; change de direction - l'euthanasie semble servir de prétexte à cette improbable rencontre!!- ; il se focalise sur les relations de plus en plus complexes et intimes à la fois entre Miele et M. Grimaldi;  les deux protagonistes (admirable prestation de Jasmine Trinca et de Carlo Cecchi) se réconcilient avec eux-mêmes avec la vie...

 

La réalisatrice opère souvent par ellipses, elle ne commente pas, elle suggère préférant l'évocation à l'analyse (au spectateur de remplir les interstices voire certaines béances et de se poser les questions d'ordre moral, politique ou religieux) "Personne ne veut mourir. Tous veulent vivre, sauf que leur vie n'est plus une vie" confiera Irène, en larmes sur l'épaule protectrice de Grimaldi 

 

Dans la mosquée Süleymaniye à Istanbul la mince feuille de papier s'est envolée, Irène enturbannée et contemplative a ainsi pu vérifier les allégations de M. Grimaldi sur la construction du dôme. Elle sourit à la Vie tandis que résonne la chanson de Brassens "les sabots d'Hélène"...

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 05:32

de Justine Triet avec Laetitia Dosch, Vincent Macaigne, Virgil Vernier, Arthur Harari

 

 

 

 

 

la bataille de

 

Le saviez-vous? en juin 1859 les troupes de Napoléon III écrasent celles de François-Joseph... (Solférino)

 

Le saviez-vous? un couple peut-être frustré quitte la salle au début de la projection...

Il n'aura pas vu le parallèle entre un couple divorcé (et ses enfants braillards) et une nation divisée (avec ses hollandais et sarkozystes hystériques) en ce 6 mai 2012 

 

 

 

Qui va gagner, puisque bataille il y a ? C'est un labrador (oh gentil chienchien olympien) c'est la musique de Dead Man's Bones (oh le son lo-fi)

 

 

 

   

 

 

J-M Denis

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 12:14

De Rebecca Zlotowski. Avec Tahar Rahim (Gary Manda), Léa Seydoux (Karole), Olivier Gourmet (Gilles), Denis Ménochet (Toni)

 

grand-central.jpg

 Imbriquer une thématique de documentaire -le dur labeur des parias du nucléaire, ceux de la maintenance formés rapidement, exposés en permanence aux radiations, malgré toutes leurs précautions-, et la passion amoureuse -avec ses moments de douce volupté et ses interdits- s'inscrit dans un champ lexical bien connu de tous: cœur, dose, danger, menace, contamination, fusion, fission, etc. La réalisatrice va jouer (ad libitum) sur les alternances contrastées: à la froideur minérale voire sépulcrale de la centrale (la paroi extérieure de Tricastin envahit plusieurs fois l'écran tel un monstre; l'intérieur labyrinthique, tel un géant prédateur, "menace" de "dévorer" les humains) s'oppose la luminosité d'une nature presque bucolique; aux corps harnachés de combinaisons, masques et gants d'un blanc livide répond la sensualité de corps à demi dénudés, allongés dans l'herbe tendre; au silence empreint de frayeur des ouvriers, au cœur du réacteur, répond leur joie de "vivre" quand ils se retrouvent "entre amis" avec leurs beuveries, leurs chansons, leurs galéjades, leur "rodéo". Et quand la Menace d'abord latente se concrétise, en écho c'est le couple adultère qui se délite...Les visages embués de pleurs ou fermés en disent long sur ce que sera inéluctablement le "futur"

 

Une dynamique certes séduisante!! D'autant que la distribution est cardinale: Olivier Gourmet (sublime) Léa Seydoux (Vénus sybarite) Tahar Rahim (naïf et tendre) Denis Ménochet (ah sa geule et son regard!). Et la musique de Rob (le martèlement du train sur les rails au tout début ...) qui imprime un rythme si particulier.!

Est-ce pour autant un "grand" film? Que n'ai-je lu ou entendu des propos dithyrambiques allant jusqu'à le comparer  à ceux d'illustres devanciers (Renoir, Becker); ce n'est pas parce qu'un des personnages se prénomme Toni qu'on fait du Renoir....

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 09:19

 Film chilien de Alejandro Jodorowski avec Brontis Jodorowski, Pamela Flores

 

 

la-danza.jpg

Années 30. Tocopilla  petite ville portuaire au nord du Chili (où naquit Jodorowski en 1929) . Le jeune Alejandro, fils d'émigrés russes (le nom de leur boutique "Casa ukrainia" le rappelle) va découvrir la "vie", tiraillé entre un père (Jaime) ultra violent, communiste adorateur de Staline (dont le portrait trône telle une icône), et une mère (Sara) d'une douce corpulence (elle ne s'exprime qu'en chantant telle une diva). Dans cette autobiographie fantasmée (et qui serait le premier volet d'une trilogie si l'on en croit Jorodowski) aux allures de "fresque initiatique", le réalisateur a recours à tous les genres styles et tonalités (cirque, mélo, opéra, réalisme, surréalisme, fantasmagorie, ironie dérision et grandiloquence) que ne renierait pas un Fellini... Jorodowski lui-même commente en off ou assis aux côtés du jeune Alejandro (interprété d'ailleurs par son petit-fils). Danse de la réalité: c'est la valse des pièces de monnaie sur laquelle s'ouvre le film (et la voix off du cinéaste), valse des billets quand le dictateur Ibanez veut récompenser la "bonté" du père; c'est la danse sordide de la horde des estropiés (manchots, culs-de-jatte, éborgnés, tous victimes de leurs conditions de travail qui les déchiquettent); danse des opposants au régime du dictateur Ibanez martyrisés torturés; danse aux couleurs vives acidulées ou ocreuses selon le moment et le lieu; c'est la danse des réminiscences, lumineuses ou traumatiques, réelles ou inventées. Une danse dont le rythme varie selon le souffle qui anime cette "autofiction" euphorique!

 

Et pourtant! Autant le début frappe par l'époustouflante force inventive et l'humour de la dérision, autant quand le film se veut fable politique -le personnage principal, le père,  devenu héros malgré lui, dans  ses subterfuges pour tuer le dictateur,- tout semble s'affaisser: rythme personnages et situations (hormis peut-être la séquence pathétique avec la femme bossue ou le cynisme d'un prêtre qui offre une tarentule...).

 

Malgré tout, l'ensemble se voit et s'entend comme la geste frénétique ludique et baroque de l'Enfance d'une Vie; et ne serait-ce pas pour le réalisateur, cet octogénaire si alerte et facétieux, une forme de "renaissance"?

 

 "J'éprouvais le besoin vital de faire un film autobiographique. Pour mes enfants mon arbre généalogique était un mystère total. Je ne leur parlais jamais de mon enfance. Ils ont donc vu Tocopilla... J'ai voulu donner à mes parents ce qu'ils n'ont jamais pu concrétiser dans leur vie. Ma mère chantonnait tout le temps j'en ai fait une chanteuse d'opéra. Mon père rêvait d'assassiner le président du Chili, j'ai exaucé son vœu"

 

à voir absolument!

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 09:25

film de  Philippe Appietto et Nathalie Sauvegrain avec Lou Lesage, Olivier Clastre, Diana Laszlo, Kevin Diana, Théo Costa-Marini... 

 

 

Premier long métrage, cette comédie à la fois drôle et poétique a été tournée avec un petit budget, en 24 jours dans le Haut-Médoc -ce qui implique une préparation minutieuse du découpage. Voici un film décalé et qui de l'aveu même de la co-réalisatrice serait un anti "Les petits mouchoirs" :par son univers spoceane.jpgécifique, où rock et surf omniprésents côtoient en la magnifiant parfois, l'authenticité des personnages; ceux-ci sont plus ou moins déjantés, hippies d'un autre âge que les réalisateurs rendent si attachants. La scène inaugurale qui sert de prologue donne le ton et va jusqu'à "encoder" le film: dans l'habitacle d'une Volvo customisée où pendouillent des colifichets, Oliboy, ado quadra, aux ongles peints en noir, chante la bouche dégoulinant de bière et de pétard; il recueillera une ado à la moue boudeuse (sexy aussi??) qui vient de se faire larguer sur l'autoroute...Peut commencer dès lors un "voyage"; tandem improbable, qui va s'installer au camping pour deux semaines; lui, surfeur le jour, déguisé en diva le soir, c'est cet olibrius d'Oliboy (Olivier Clastre qui interprète ses propres chansons dont "je t'encule"); elle, la jeune ado fugueuse, personnage éponyme du film (mais peut-être la seule adulte dans cet univers qui se veut "libertaire"...); d'abord en retrait et "spectatrice" elle accède à la "maturité" :elle ne sera plus "victime" d'un passé douloureux qu'elle maîtrisera  en le transcendant (les réalisateurs évitent le pathos et la psychologie à la Rufo) ; son prénom lui-même, Océane, contient dans son écrin de mer et de sel, tous les possibles...

Si les réalisateurs ont été émerveillés par les paysages de cette région du Médoc, certains plans et cadrages rappellent -hélas!- le chromatisme des cartes postales! Les citations: nombreuses références à la littérature, au cinéma, semblent "plaquées" voire saugrenues (mais n'est-ce pas l'apanage de ce saltimbanque rockeur, admirablement interprété d'ailleurs?). Certains spectateurs reprocheront à ce film (certes vivifiant) les excès de trivialité, grossièreté (langage et comportements); on pourrait répondre, mutatis mutandis, à la Desproges "dire pipi, caca à la radio, c’est vulgaire ; alors on se bouche les oreilles. Ce qui revient à inverser l’ordre des choses et à proclamer que ce n’est plus la bêtise qui est vulgaire mais le verbe ».

 

Un film lumineux tout simplement! 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 04:28

de Anne Gromaire et Jean-Claude Honnorat

 

 

   Hocine  Louanchi
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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 07:41

Film de Thomas Arslan (Allemagne, Canada). Avec Nina Hoss, Marko Mandic, P. Kurth

 

 

 

gold.jpg

 

Oyez cinéphiles avertis!

Surtout ne vous fiez pas au "pitch" du dépliant !

 

Ce western n'est pas "exigeant" tant il vomit des clichés faciles

 

Vous avez aimé Nina Hoss dans "Barbara" ? Alors gardez intacte cette image et ne perdez pas votre temps en la confrontant avec  celle de "Gold"....

 

A bon entendeur....

 

 

J-M Denis

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 16:44

Film de Rusudan Chkonia avec Ia Sukhitashvili, Gia Roinishvili

 

 

Un filkeep-smiling.jpgm géorgien, ce n'est pas si fréquent, dont le sujet pourrait paraître convenu: une émission de télé dite de "réalité" où dix mères de famille concourent pour gagner un appartement et une somme d'argent non négligeable. A une exception près, elles sont toutes de milieu très modeste; certaines sont des réfugiées d'Abkhasie et vont se soumettre, par nécessité, à des humiliations de la part du meneur de jeu.
 En contrepoint des séances de préparation, d'un ridicule à peine souligné, on voit  la vie quotidienne -et dramatique - de ces femmes écartelées entre le désir de gagner et la volonté de rester dignes et d'être respectées. A cela s'ajoute la toile de fond d'un régime qui marie de façon épouvantable les habitudes du passé (corruption...) et les travers d'une société de consommation.
Même si l'ensemble n'est pas, d'un point de vue cinématographique, tout à fait maîtrisé, ce film mérite le déplacement    
 
Marcel Elkaim
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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 05:51

Film italien de Rocco Papaleo. Avec Alessandro Gassman (Rocco Santamaria), Paolo Briguglia (Salvatore Chiarelli ), Max Gazzè (Franco Cardillo), Rocco Papaleo (Nicola Palmieri), Giovanna Mezzogiorno (Tropea Limongi).

 

basilicata.jpgVoici quatre musiciens, des potes de longue date, qui vont réaliser un projet "fou" -et ce sera la "chronique d'un anachronisme"- parcourir à pied, avec une carriole tractée par un cheval blanc, les cent kilomètres de cette région, la Basilicate, de la côte tyrrhénienne à la côte ionienne. Leur but? se rendre au festival de "théâtre-chanson" de Scanzano Jonico. Une journaliste interprétée par Giovanna Mezzogiorno (qu'on avait vue en maîtresse de Mussolini dans Vincere) les accompagne; ce sera le prétexte à faire un film dans le film, mais traité sur le mode de la dérision.

Le prologue -assez long- les présente dans l'exercice de leur fonction avant que ne s'élabore le projet; un professeur de mathématiques, un menuisier, un marchand de tabac et un animateur de télévision.

Comme tout "voyage" dans l'espace ou le temps correspond -et c'est un truisme- à une quête de soi, les quatre compères aux allures donquichottesques, auront compris à la fin de leur périple "ce qu'ls ne sont pas" à défaut de savoir "ce qu'ils sont'. C'est qu'en dix jours de marche des lambeaux d'un passé que l'on croyait enfouis, peuvent ressurgir; des désirs inassouvis se libérer, des rencontres jouer le rôle d'épiphanies...On rit de bon coeur avec Rocco (interprété par Alessandro Gassman, fils de Vittorio), avec Nico (interprété par le réalisateur lui-même) tiraillé entre ses rêves d'enfant, son désir d'être reconnu et ses obligations maritales. On sourit de la romance qui s'ébauche entre la journaliste et le musicien muet. Certes on pourra déplorer la ténuité de l'enjeu scénaristique, le recours (peut-être inévitable) à certains clichés et les mimiques de certains acteurs (qu'accentuent de gros plans sur leurs visages). Mais on ne sera pas insensible à la beauté -parfois austère- des paysages de cette région que le grand angle, les vues panoramiques, celles en plongée ou contre-plongée magnifient tandis que la lumière se diffracte ou s'embue d'orages naissants et que sifflent les pales des éoliennes.

Et cet hommage à Carlo Levi, interprété par Gian Maria Volonté dans l'adaptation cinématographique que fit Rosi de son roman "le Christ s'est arrêté à Eboli"; à l'instar de son devancier la caméra de Rocco Papaleo sait se faire "lyrique" :ne serait-ce que par le recours au plan subjectif pour évoquer l'éloignement par exemple.

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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