30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 12:38
Voyage en Chine

De Zoltan Mayer

Avec Yolande Moreau Qu Jing Jing André Wilms

Au départ un vieux couple sinistre (les couleurs des images accentuent cette impression) apprend la mort en Chine du fils qui avait depuis longtemps coupé les ponts avec ses parents. Du fait de la mésentente entre le père et le fils et aussi de la distance à l'intérieur du couple, la mère, part seule pour rapatrier le corps.

On voit Liliane (Yolande Moreau) franchir les obstacles administratifs et géographiques, seule d'abord, puis au fur et à mesure que le film avance, avec l'aide de personnages rencontrés au cours de ses pérégrinations. L'apogée est la rencontre avec les amis de son fils dont elle apprend la vie en Chine, dont elle découvre peu à peu la personnalité, auquel elle écrit les lettres qu'elle ne lui avait jamais écrites.

La fin du film est optimiste.

Les paysages et les acteurs (Yolande Moreau et aussi les Chinois) sont magnifiques. Les arrières-plans flous sont un parti pris. ils reviennent souvent mais jamais sans raison.

Un peu bisounours quand même.

C'est un bon film

Isabelle Lepicard

Alors si c'est "bisounours"....J M Denis le 30/03

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 17:47
Festival à l'Est du Nouveau du 17 au 24 avril

Un festival pour qui?

A l' Est du Nouveau, c'est pour tous les curieux d'autres regards sur le monde. Des vies qui ne sont pas les nôtres mais qui sont en même temps si semblables.
C'est fait pour ceux qui aiment les films drôles et tragiques, déjantés et profonds.
C'est fait pour ceux qui aiment se retrouver à la sortie des salles pour échanger, se dire ce qu'on a vu d'autre et qu'il ne faut pas rater.
C'est fait pour que Rouen le soir soit en effervescence, qu'on y parle tchèque et polonais aussi, qu'on s'y retrouve pour des fêtes improvisées et qu'on renoue avec l'atmosphère festivalière nordique qui nous a tant marqué et manqué.

 

Un festival pour quoi faire?

Le festival A l'Est, du Nouveau a pour objet de montrer des films issus des pays de l'est de l'Europe.

Il est aidé à ce titre par la commission européenne, les collectivités locales nous soutiennent et vous serez nombreux dans les salles.

Mais cela ne suffit pas pour l'objectif particulier que nous avons cette année :

Fêter la dixième édition du Festival!

 

Sur le site Arizuka, toutes les modalités, la description du projet, les contreparties et le processus d'inscription

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 06:22
1001 grammes

de Bent Hamer  Avec An Dahn Torp, Laurent Stocker

 

 

Le spectateur rouennais qui a suivi , fidèle,  le festival du cinéma nordique se rappellera l'humour décalé de "Eggs" (1995) ou de "Kitchen Stories" (2003),  la drôlerie poétique  de ce réalisateur norvégien Bent Hamer. Ici nous entrons dans  le monde des poids et mesures; un monde   strict rigoureux  (le dire est  un truisme), alors que la vie au quotidien est marquée, elle, par des aléas; et le réalisateur va jouer (un peu trop) sur ces oppositions, à travers le parcours de Marie -scientifique norvégienne-  qui représentera son pays à la conférence internationale du kilo organisée au pavillon Breteuil dans le parc de St Cloud. Les plateaux d'une balance peuvent illustrer ce parcours: sur l'un le poids du travail , sur l'autre celui des sentiments ; sur l'un, le poids réel du kilo, sur l'autre, celui d'une vie.... en cendres

Au départ un univers glacé où dominent le bleu et le blanc ; l'appartement de Marie ressemble lui aussi, à cause de son vide sidéral, à un laboratoire; il métaphorise le vide de son existence car en dehors de son métier de "métrologue", absence de  relations ou crépuscule d'une vie amoureuse  - à un moment, visite intempestive de l'ex venu récupérer ses biens. A  la fin, dans l'appartement de Pi (en France) domineront les couleurs chaudes comme pour "sublimer" les étreintes de l'amour

On passera ainsi progressivement du quantifiable à l'essence profonde des choses et la métamorphose de Marie n'est pas sans rappeler celle de Pi, chercheur devenu jardinier, qui sait entendre et capter le chant des oiseaux (avec leurs modulations, leurs stridences )

Mais si le film est proche de "Kitchen Stories" (par la rigueur esthétique et la dénonciation de l'absurde ) il n'en a pas la savoureuse drôlerie: les analogies (urne funéraire réceptacle des cendres du père et "urne" habitacle du fameux kilo norvégien; le père rêvant dans la paille avant de mourir que relaiera Marie comme pour en garder  l'empreinte ) les oppositions (des couleurs surtout) et les métaphores (ornières que l'on cherche à éviter en les contournant;  déclinaison des notions de "masse" et de "pesanteur" !!) ont un caractère trop appuyé  à l'instar de cet adage "Le fardeau le plus lourd de la vie, c’est de n’avoir rien à porter."

Reste cette musique lancinante de John Erik Kaada qui vient scander les démarches de Marie comme autant de marches vers...

Colette Lallement-Duchoze

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 17:07
Gente de Bién
Film colombien (2013) de Franco Lolli. Avec Brayan Santamaria, Carlos Fernando Perez

 

Le rêve de la mixité sociale perdu d'avance?

C'est ce que semble nous dire le film colombien "Gente de Bien" de Franco Lolli

 

Ici pas de trafic de drogue, on parle d'inégalités sociales.

Un père menuisier travaille et vend ses services tant bien que mal à une riche bourgeoise et traîne avec lui son fils. Ce dernier joue avec le fils de la propriétaire; mais au fil des jours tout s'effrite (disputes, moqueries, la domination s'installe)

 

Tout est dit par le jeu et le rôle de l'enfant de 10 ans

 

Un film pessimiste certes, mais à voir

 

Nicole Rousselet

 

 

Très beau film qui fait réfléchir, en effet, mais pas pessimiste. Des parents pas préparés à avoir un enfant (c'est hélas plus que courant). Un gamin qui n'est pas ébloui par le confort et les plaisirs de la classe bourgeoise mais voudrait simplement vivre avec ses deux parents d'origine modeste, être aimé d'eux, structuré, rassuré. Le scénario n'est pas piégé par la différence de classes pourtant omniprésente mais démontre que le développement d'un enfant ne passe pas par les biens matériels. Propos banal mais la mise en scène sans effets, le jeu d'acteurs réaliste mais réservé, apportent une douce tristesse à ce film qui force la réflexion sur l'éducation. Serge Diaz

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 12:25

de Stéphane Lafleur (Canada)

Avec Julianne Côté, Marc-Antoine Grondin, F. La Haye

Présenté à Cannes (quinzaine des réalisateurs)

 

 

tu-dors-Nicole.jpg

 

C'est l'été, un été caniculaire (on transpire on se baigne dans la piscine on actionne les ventilateurs). Nous sommes  invités à suivre le parcours de Nicole, en charge de la maison familiale en l'absence des parents: Vélo (en compagnie de son amie) mini golf, piscine, job alimentaire (trier des vêtements pour une organisation caritative); mais aussi fréquentation de personnages assez folklos ou insolites: le frère qui transforme une pièce de la maison en studio d'enregistrement; le collègue de travail assez simplet et surtout Martin un gamin chérubin de 10 ans à la voix très mâle (ah la magie du doublage); il s'exprime tel un sage en recourant à des aphorismes sur l'amour et les bienfaits de l'attente, ou sur le temps qui passe

 

Dès la première scène qui joue le rôle de prologue, le ton est donné: celui d'une indolente étrangeté: Nicole est comme "l'étranger", réfractaire à toute forme d'engagement; le choix du noir et blanc (plutôt "cotonneux") et d'une caméra fixe ou de plans fixes participe aussi à/de cette "étrangeté" Nicole entrera dans le cadre, pour bien vite le quitter et y réapparaître après un fondu au noir. Et voici une source lumineuse jaillissante qui sera un des leitmotive du film: ah! les geysers d'Islande; aller sur cette île mais pour quoi faire? rien précisément!!!

 

Quelques intrusions oniriques, un humour quasi omniprésent (surtout dans les réparties saugrenues proférées avec naturel) qui va tempèrer en les dédramatisant, les désillusions, nonchalance languide, et cette musique en live, tout cela (malgré quelques longueurs dans la seconde partie) fait de "tu dors Nicole" une œuvre singulière où le temps peut être suspendu!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 14:20

Premier long métrage du cinéaste estonien  Martti Helde

Avec Laura Peterson, Tarmo Song, Mitr Preegel, Ingrid Isotamm

Musique de Part Uusberg

Présenté au Festival "Premiers Plans" d'Angers (janvier 2015)

 

Des clauses secrètes du pacte germano-soviétique de "non-intervention" ont permis à la Russie d'occuper l'Estonie. Et le 14 juin 1941 sur ordre de Staline des familles chassées par milliers de leurs foyers sont envoyées dans des camps de déportation en Sibérie.

En l'absence d'archives (film ou documentaire) sur cette période, le cinéaste estonien a lu des témoignages , rencontré des "survivants" et surtout il a découvert des lettres, dont celles d'Erna! Ce sera le "matériau" de son film Crosswind

 

 

crosswind.jpgLes lettres d'Erna destinées à son mari -jamais envoyées car elle ignorait où il se trouvait- insistaient sur la notion de temps. Un temps comme aboli dans le camp de déportation (pour femmes) en Sibérie. Aussi pour en rendre compte, Martti Helde a-t-il opté pour un "dispositif" qui donne l'impression d'un temps suspendu: lents travellings latéraux, personnages comme figés dans une posture, une position  ou l'incomplétude d'un geste,  longs plans fixes et/ou "tableaux vivants", que renforcent le choix du noir et blanc et la musique de Part Uusberg. L'absence de dialogues est compensée par la voix off de l'actrice qui lit les lettres de cette épouse séparée de son mari, de cette femme  qui lutte pour "survivre", de cette mère angoissée par la santé fragile de sa petite fille.  Des lettres qui disent l'ineffable, des lettres qui modulent un tempo dans ce double exil: celui de la déportation et l'exil intérieur parsemé de réminiscences de l'intime. Elle appartient désormais à une autre époque cette robe aux motifs assortis à la vaisselle; bien loin aussi ce petit déjeuner  d'avant le basculement dans l'Horreur; horreur de la captivité dont le travail forcé, la faim, la misère et la mort sont le lot quotidien....

 

À l'instar d'Erna prisonnière dans la forêt de Sibérie le spectateur doit se sentir prisonnier de chaque plan" telle est la volonté du cinéaste. Certains spectateurs seront réfractaires dubitatifs ou dénonceront un "exercice de style superfétatoire". D'autres (dont je suis) se laisseront envoûter par la beauté tragique de la forme et habiter  par la Douleur !

Au retour des camps Erna est sans repères "que vaut la liberté si le prix à payer est la solitude"

Colette Lallement-Duchoze

 

Certes Crosswind est esthétiquement très réussi, le noir et blanc intense avec ses camaïeus de gris nous plongent dans une tristesse accablante. Mais quel ennui ! Un moyen métrage de 50 minutes (soit moitié moins) eut suffi. Car il n'est question que d'une longue litanie sur la souffrance, le malheur, l'arbitraire, sans que le film ne nous éclaire en quoi que ce soit sur les vraies raisons de cette déportation, les conditions de vie... hormis la faim. Le réalisateur accomplit un exercice de style mais pas un vrai film avec un scenario qui dépasserait l'anecdote au profit d'un témoignage sur un évènement historique cruellement mal connu. Le spectateur sort de la salle triste mais frustré, renvoyé seulement à de la compassion. Il n'est pas étonnant que Télérama, magazine à l'idéologie chrétienne très marquée ait aimé ce film.. On attend de ce très jeune (27 ans) réalisateur talentueux de sortir du diaporama la prochaine fois.              Serge Diaz   lundi  16/03/2015

 

 

 

Crosswind n'est pas un documentaire (le réalisateur  expliquait d'ailleurs à Angers pourquoi il avait choisi la fiction).  Donc  ne pas imputer à une oeuvre de  fiction d'éventuelles faiiblesses qui seraient peut-être  justifiées  pour un documentaire- Les lettres d'Erna ont valeur de témoignage; mais elles sont  si  éloquentes dans leur pudeur et si poignantes dans leur  prosaïque vérité qu'elles acquièrent une valeur universelle!  La gageure pour Martti Helde était de rendre compte du temps " pour Erna le temps s'est arrêté en Sibérie; sa seule réalité ce sont les souvenirs qu'elle a du passé"  Très bien dans ce cas je vais filmer ce qu'elle écrit, je vais figer le temps de façon à ce que le spectateur ressente exactement ce qu'elle décrit" L'enfermement du spectateur dans chaque plan est donc délibéré; certains se sentiront  asphyxiés ! d'autres seront comme aspirés!  Mais le réallisateur lui aura mené à bien son projet...                    Colette mardi 17/03

 

Je sors du cinéma. J'ai été subjuguée par ce film. je ne me suis pas ennuyée une seconde. il faut dire que pour connaitre un peu l'Estonie, j'étais peut-être plus sensible à l'histoire. je le recommande aussi pour ce choix de mise en scène et en images.

Isabelle Lepicard lundi 30/03

 

 

 

 

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 07:12
de A Gonzales Inarritu
avec Michael Keaton Edward Norton Emma Stone
4 Oscars
 
 
birdman.jpgUne thématique par trop éculée, une facticité formelle deux raisons bien suffisantes pour être très déçu par le dernier film du Mexicain Inarritu (alors que la trilogie "Amours chiennes" "21 grammes" et "Babel" laissait assez pantois....). Une "célébrité" plus ou moins has been taraudée par les affres du "never more" et qui tente de reconquérir un nouveau public? Quoi de plus banal (et l'on songe à Sils Maria..ou Maps to the stars ) Opposer la côte Ouest (=Hollywood) à la côte Est (=Broadway) quoi de plus convenu dans le cinéma américain? La thématique du "double" et/ou le jeu d'oppositions d'antinomies que renforce la présence de miroirs (dans la loge de l'acteur ou la chambre d'hôpital) se décline ad libitum: acteur et célébrité; l'acteur et son double -ici voix caverneuse de Birdman; illusion et réalité; la scène et les coulisses; le ça et le surmoi; le fantastique (lévitation, télékinésie) et le trivial (une robe coincée dans une porte et l'acteur en slip se met à courir au vu et su de badauds interloqués sur Times Square...); la création et la critique (incarnée ici par une harpie qui se doit d'"assassiner la pièce" avec des formules convenues) etc.. Tout cela est certes délibéré: des poncifs devenus caricatures? Resterait la forme: elle impose au film une fluidité que donne l'illusion d'un seul plan-séquence . La caméra avec ses travellings arrière (ou avant) pénètre dans les coulisses du théâtre alors que l'on vient juste de quitter le plateau (et du coup se profile comme en surimpression un espace mental) ou élargit son champ de vision par une ouverture sur la rue. Des travellings ascendants et descendants sur les immeubles de Broadway font écho à l'affiche (en contre plongée le visage de l'acteur Riggan Thomson et en plongée Michael Keaton). Un changement de lumière et l'on est passé presque subrepticement de la nuit au jour! Filmer simultanément réalité et fantasme, en insérant les trucages typiques des blockbusters pour mieux les discréditer, et la caméra se met à virevolter à l'instar de l'acteur qui s'envole (car il a été Birdman) tel  le nouvel Icare des Temps Modernes.. Mais tout cela est assez "factice"
Deux bémols toutefois : l'humour (un acteur sur scène veut "faire vrai" pour preuve sa propre érection! le Birdman qui suit sa proie telle une ombre n'est plus qu'une affreuse Chimère etc.) et la musique ( entre autres les solos du batteur Antonio Sanchez et des extraits de la symphonie 9 de Mahler)
 
"Comment en est-on arrivé là?"Question liminaire. Que voit réellement Sam tout à la fin du film, alors que son père s'est "volatilisé"?


Colette Lallement-Duchoze
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 15:00

28 et 29 mars 2015 à l'Omnia

 

Edito

 

Pour la 4ème année consécutive, nous vous proposons un  week end de rencontre cinématographique sur l'engagement des femmes.

Vous découvrirez des films inédits à Rouen, hors circuits de distribution, qui portent un regard de femmes sur le monde en plein bouleversement.

De l'Afghanistan à la Syrie, à l'Espagne elles témoignent, et luttent pour leur dignité et leurs droits.

Dans cette programmation, des femmes individuellement et/ou  collectivement créent, inventent et résistent..

 

elles font leur cinéma

 

 

 

Samedi 28 Mars


14h00  Not who we are

Documentaire de Carol Mansour, Libano-Palestinienne. 2013. . Durée 1h10. VO/STF.
Ce documentaire présente le parcours de cinq femmes syriennes réfugiées au Liban, à travers le récit de leur quotidien en exil. Ces femmes luttent pour reconstruire leur  vie détruite par la guerre.

 

15h45  No burqas behind bars

Documentaire de Maryam Ebrahimi et Nima Sarvestani. Suède,, 2012.  Durée 1h17. VO/STF. Nima Films.

Tourné intégralement dans une prison de femmes en Afghanistan,  ce documentaire donne la parole aux détenues et se fait l’écho de leurs conditions de vie et de l'arbitraire de leur détention ainsi que de leurs espoirs

 

17h45 projection de huit courts métrages (France, Allemagne, Tunisie, Suède, Iran, Irak) qui évoquent la discrimination dont sont victimes les petites filles, adolescentes ou femmes, et leurs résistances

 

21h Slameuses

Documentaire de Catherine Tissier France 2011, 1h10

Moins connues que leurs homologues masculins  ces slameuses poétesses urbaines nous entraînent sur des estrades improvisées dans des cafés de Paris et sa banlieue, dans un slam créatif et engagé

 

Un débat aura lieu à l'issue de la projection avec la réalisatrice, accompagnée de deux slameuses qui ont participé au film

 

Dimanche 29 mars 10h30

 

IVG: un droit, des combats, une loi

 

Lecture d'extraits du discours de Simone Veil du 26 novembre 1974 devant l'Assemblée Nationale

Marie-Hélène Garnier

 

Bismarck t'es foutu

docu-fiction de Carole Equer-Hany et Martine Schemana, France 2012 durée 43'

Ce film révèle l'acharnement du régime de Vichy contre une "faiseuse d'anges ses pourvoyeuses" et ses patientes

 

Yo decido, el tren de la libertad

document collectif de 80 réalisatrices espagnoles Espagne 2014 VO/ST 42'

La marche de milliers de personnes venues de toutes les régions d'Espagne jusqu'à Madrid pour manifester et exiger le maintien en vigueur de la loi sur l'avortement

 

A l'issue de ces projections, débat en présence d'anciens militants du MLAC en 1974 et du Planning Familial

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27 février 2015 5 27 /02 /février /2015 19:02

de Fred Nicolas (F Bégaudeau a participé au scénario)

avec Camélia Pand'or, Jisca Kaivanda, Adam Hegazy

 

Ce n'est pas un énième long métrage sur la précarité, la violence, les circuits de la drogue dans les quartiers dits "déshérités" ou en "déséhérence" - même si l'ancrage social est prégnant- c'est surtout un hymne à l'amitié (ici quasi fusionnelle) : un gros plan sur les deux visages de profil puis sur celui de Lenny où perlent des larmes le donnera à voir de façon expressive!

Voici deux jeunes filles. Rien ne laissait augurer de leur rencontre et surtout de leur amitié. L'une, Lenny, marginale asociale, "aide" son frère à dealer, dans les quartiers nord de Marseille; experte dans l'art de contourner à la fois les règlements de compte et les descentes de police, elle a élu domicile dans la rue (on apprend tout dans la rue répond-elle au professeur qui tente de la récupérer alors qu'elle a abandonné le lycée)  Sa VOIE ne serait-elle pas le Rap? Elle consigne dans un carnet son vécu sublimé en poésie, qu'elle cherche à mettre en musique. L'autre, Max, une Congolaise sans-papiers, "croule" sous les responsabilités -elle  doit s'occuper de ses jeunes frères, être la garde-malade de sa grand-mère tout en poursuivant ses études. Par son sourire et sa bonté -qui d'ailleurs illuminent le film- elle saura apprivoiser Lenny la rebelle et l'aidera dans sa quête (de reconnaissance). Deux trajectoires qui fusionnent en un seul chemin initiatique. Lenny parviendra à "reconquérir" sa petite fille placée en foyer. Max même arrêtée et susceptible d'être reconduite à la frontière, garde intacte, au tréfonds, l'authenticité d'une amitié que rien ne pourra profaner! Deux musiques: celle de Mozart (concerto n°23) et celle d'un rap vindicatif, se combinent en se répondant dans les entrelacs de ces parcours! 

max-et-lenny.jpg Il convient de saluer les audaces du montage: pour éviter toute longueur inutile et/ou tout basculement  facile dans le pathos, rupture brusque et passage  à la séquence suivante (les conversations avec le frère sont parfois sibyllines, les menaces de mutilation proférées par les "caïds" sont réduites à l'essentiel, la restitution de l'ambiance chez Max ne verse pas dans un misérabilisme appuyé, etc.)

Le prologue est tout simplement époustouflant: on assiste (mouvements saccadés de la caméra à l'épaule) à une course : Lenny encapuchonnée va échapper à ses deux poursuivants "triomphants" sur leur quad. Préfiguration d'un rythme qui prévaudra presque tout au long du film: celui des fuites dans les impasses et passages tortueux où s'engouffrent les deux jeunes filles et celui d'une musique âpre dans ses hoquets mais si humaine dans ses douloureuses

revendications  !

 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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19 février 2015 4 19 /02 /février /2015 06:43

Documentaire de Göran Hugo Olsson

 

 

"Faire parler les archives c'est la spécialité de Göran Hugo Olsson documentariste suédois passé maître dans l'art d'éclairer notre présent en mixant des images et des sons du passé" peut-on lire dans la présentation ( très pertinente; une fois n'est pas coutume) de ce film

concerning violence

Le documentariste a utilisé les archives de la télé suédoise; entre autres des extraits de films (des années 60 aux années 80) réalisés par des cinéastes suédois, dans une Afrique qui luttait pour son indépendance: guérilleros Frelimo du Mozambique; MPLA en Angola; guerres d'indépendance en Tanzanie et Guinée Bissau; entretiens avec des colons en Rhodésie, avec des mineurs grévistes du Libéria. On entend le témoignage de Thomas Sankara, officier révolutionnaire du Burkina Faso, qui refuse pour son peuple la "mentalité d'assisté" (il sera assassiné lors d'un coup d'état dont la France fut complice...).Rappelons qu'à l'époque la Suède, état "neutre", était assez critique envers les puissances impérialistes. (même si elle ne fut pas exempte de reproches, elle fut moins impliquée dans l'enfer de la colonisation et de la décolonisation que la France ou la G-B)

 

Fragmenté en 9 chapitres (= 9 scènes de l'autodéfense anti-impérialiste) respectant en cela le découpage des "Damnés de la Terre" de Frantz Fanon, ce documentaire dessine une cartographie de la VIOLENCE en Afrique. Nous entendons la voix de Lauryn Hill lisant des extraits de l'ouvrage de F Fanon, tandis que ses mots envahissent l'écran...Le choix des intertitres, la décision d'incruster le texte de Fanon dans l'image, n'est pas neutre; on peut certes penser à Godard; mais surtout on devine la volonté de "frapper" le spectateur (l'image n'est pas une illustration, imprégnez-vous du texte )

 

Étonnant! Le texte de 1960 n'est pas "daté" (hormis peut-être la théorie de "l'homme nouveau"); il reste au contraire très actuel en ce sens qu'il peut aider à "comprendre" notre présent. En démontant les mécanismes du colonialisme (Le colonialisme n'est pas une machine à penser, n'est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l'état de nature et ne peut s'incliner que devant une plus grande violence ) Fanon semble annoncer cette surenchère de la violence (qui sévit au Proche-Orient par exemple ). En dénonçant l'équation qui subrepticement, insidieusement, assimile cause et conséquence et vice-versa (Aux colonies, l’infrastructure économique est également une superstructure. La cause est conséquence : on est riche parce que blanc et on est blanc parce que riche) il semble anticiper sur l'exploitation outrancière que les néo-colons ont faite du delta du Niger...(et l'on connaît aujourd'hui la suite tragique...)

 

L'ouvrage de F Fanon avait été préfacé par J-P Sartre lequel commit l'erreur d'y voir une "apologie de la violence" ce que rappelle Gayatri Chakravorty Spivak dans le prologue de ce documentaire dont la finalité avouée est bien de "Comprendre le mécanisme sous-jacent de la violence"

La première séquence est assez révélatrice car elle semble métaphoriser la violence : des soldats portugais tirent d'un hélico sur des vaches...(cette image ne nous rappelle-t-elle pas Apocalypse now?) Et que dire de celle où l'on voit une jeune femme mutilée d'un bras, allaitant un enfant lui-même amputé d'une jambe...???

 

" L’Europe est littéralement la création du tiers monde" (F Fanon)

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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