3 mai 2024 5 03 /05 /mai /2024 09:06

d'Antoine Raimbault (2024) France/Belgique

 

avec Bouli Lanners, Céleste Brunnquell, Thomas VDB

Bruxelles, 2012. Lorsque le commissaire à la santé est limogé du jour au lendemain, dans la plus grande opacité, le député européen José Bové et ses assistants parlementaires décident de mener l'enquête. Ils vont alors découvrir un véritable complot menaçant de déstabiliser les instances européennes, jusqu'à leur sommet.

Une affaire de principe

Je suis désolé, il (Barroso) doit respecter la règle, comme tout le monde

 

Ce film-dossier rappelle par moments les aventures de Tintin ou  des pieds nickelés -bien sages-, (les trois protagonistes courent s’exaltent mutuellement de leurs regards complices et des actions « illégales » (jeter par la fenêtre un dossier dont la lecture seule est soumise à des conditions drastiques par exemple) sont toujours au service de la défense de la « démocratie » « une affaire de principe »…

Un côté bon enfant aussi (cf leurs mines radieuses quand triomphe le respect de la règle) Un film au rythme soutenu, pas de temps mort et ce, malgré l'intrigue secondaire, une romance  traitée avec maladresse (à l’instar d’ailleurs du soupirant…)

Vous êtes entraînés au sein de ces édifices à la froideur marmoréenne gris métal, au parcours dédaléen, (Bâtiment Berlaymont Bruxelles) et vous allez voyager de Strasbourg à Bruxelles, de Bruxelles  à Malte (Dalli est Maltais)  Vous allez plonger dans les arcanes du « pouvoir » (attention aux acronymes qui pullulent autant que les hypocrisies et les coups tordus exercés au plus haut niveau.. ) le beau rôle étant  dévolu au Parlement européen

Le film s’ouvre sur l’assemblée des députés qui en 2014 doivent se prononcer sur la directive-tabac  (paquets de cigarettes neutres)  et par souci « pédagogique » il invite à revenir deux ans en arrière, en 2012…Comment et pourquoi le commissaire à la santé de la commission européenne John Dalli est poussé à la démission pour avoir participé à des rendez-vous secrets, notamment avec un fabricant suédois de Snus, tabac à priser, autorisé uniquement dans ce pays. Il est accusé d'avoir touché un pot-de-vin pour entraver le vote de la directive… Incompréhensible estime le député européen  José Bové (Bouli Lanners) qui, plein de « bon sens » et subodorant un « complot » va mener l’enquête (ou plutôt il contre-enquête) aidé par une stagiaire (étonnante Céleste Brunquell) et son assistant parlementaire (Thomas VDB)

 

Antoine Raimbault s’est inspiré du livre « Hold-up à Bruxelles, les lobbies au cœur de l’Europe » de José Bové, et on l’aura compris c’est plus le personnage de ce député que celui de Dalli  qui l’intéresse; le premier   œuvrant  à la réhabilitation du second question de principe. Dès lors sont exhumés  les dysfonctionnements,  au sein de la Commission européenne ; collusion entre les lobbys du tabac, l'Olaf (Office européen de lutte anti-fraude) et tant pis si le président Barosso est impliqué , une affaire de principe

 

Hélas ! ce film souffre de ces scènes explicatives à répétition,  telles des boursouflures elles plombent ce « thriller de bureau »  sans rugosité. Se limitant à des entretiens réunions dialogues (scolaires) et malgré la cinégénie     des lieux (immensité tentaculaire comme métaphore de la dépersonnalisation ? ) « une affaire de principe » présente les travers typiques de certains films dossier (ces reconstitutions qui souvent ne sont pas « œuvres cinématographiques » ; et ce n’est pas être élitiste que de le constater....)

 

Colette Lallement-Duchoze

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2 mai 2024 4 02 /05 /mai /2024 15:51

de David Schickele 1971 USA  (film en noir et blanc restauré)

 

avec Paul Eyam Nzie Okpokam, Elaine Featherstone

 

 festival international de Chicago 1971 Best first feature 

 

jamais diffusé en France 

En 1968, Martin Luther King est assassiné et la guerre du Biafra entraîne une terrible famine. Gabriel a fui le Nigéria et vit à San Francisco, au contact de la communauté afro-américaine comme des milieux bohèmes blancs. Dans ces États-Unis très agités des Sixties, sa vie d'exil est jalonnée de rencontres, d'escapades et d'errances, mais il reste habité de souvenirs et de la nostalgie du village de son enfance. Bientôt, son visa arrive à expiration.

Bushman ou 

Le périple américain de Gabriel, un immigré nigérian dans le San Francisco de la fin des années 60... jusqu'à ce que son interprète (Paul Eyam Nzie Okpokam) se retrouve lui-même renvoyé du territoire

Bushman

Voici Gabriel (interprété par Paul Eyam Nzie Okpokam) exilé en Californie professeur à l’Université (la guerre civile dans son pays est palpable et dans les propos et dans les photos d’archives de cadavres jonchant les rues) ; et d’ailleurs l’alternance Californie/Nigéria, pays « d’accueil » et « pays d’origine », avec des parallèles d’un continent à l’autre, sera comme la colonne vertébrale de ce film où les différents récits de Gabriel vont mettre comme en exergue la double thématique douleur de l’exil et illusion de l’intégration, ce que permet le croisement entre « récit oral » et «récit filmé »

 

La scène d’ouverture encode le film (comme très souvent les prologues d’ailleurs) Pieds nus sur le goudron un homme (les baskets sur la tête) avance dans l’immensité d’un paysage post industriel… ; puis il est pris en stop par un biker lequel lui pose la question « comment résister aux seins nus des filles de ton pays » (comment le cliché est préjugé racial, comment la « contre-culture » américaine est elle-même imprégnée du racisme ambiant…)

 

Nous suivons -au fil de ses récits- ses déambulations, ses errances où s’entrechoquent différentes temporalités (le flash-back est traité en simultanéité avec l’instant présent). Faisant fi des « convenances » Paul/Gabriel dit avec humour parfois (le visage envahit l’écran alors que se dessine l’ironie sur les lèvres) à la fois l’incompréhension face à ses « frères » (des Blancs… à la peau noire) et le traitement infligé par la « plus grande démocratie » du monde aux Noirs exilés L’acteur Paul Eyam Nzie Okpokam en sera lui-même la victime (dans le dernier tiers du film quand il n’apparait plus à l’écran et que son sort -accusation bidon, prison, maltraitance, expulsion - est relaté en voix off par le réalisateur Schickele  … (rappelons que ce cinéaste était alors considéré alors comme un des représentants du cinéma direct, ce courant qui entendait, dans les années 70, montrer la vérité par l’artifice, obtenir le spontané par la mise en scène, une sorte de procédé revendiqué auparavant par les tenants français de ce qui s’appelait alors le cinéma vérité dont un des grands théoriciens fut Jean Rouch)

 

Si le contenu des différents «récits » filmés est varié -réaliste, empreint d’onirisme, franchement documentaire-, la récurrence de ce plan fixe où l’acteur assis face à la caméra « raconte » … sa jeunesse au Nigeria -  crée précisément une rupture  - uniquement formelle-  avec le flux des séquences (on retiendra celle du dandy en kimono qui lui fait des « avances »-comme un écho aux « invitations » du père Salomon au Nigeria, celle de la danse au rythme de « respect » d’Aretha Franklin ou encore celle où sa partenaire blanche le félicite de ne pas avoir été perverti par la « culture américaine » ; de même on sera guidé par le regard du protagoniste fixant cette affiche publicitaire -éloge de la femme noire occidentalisée au brushing « impeccable »- dans le bar où il est avec son amie noire (cf affiche…)

 

Les Blancs considèrent cet immigré comme une « bête de cirque » -sur laquelle le cas échéant on projette ses fantasmes, l’administration comme un « être nauséabond » à éliminer, alors que la « communauté noire américaine » a une vision spécieuse et faussée du continent africain, tout cela dans un contexte de racisme mortifère (USA 1968 assassinat de Martin Luther King); et de guerres civiles en Afrique (notamment entre la province sécessionniste du Biafra et le pouvoir fédéral du Nigeria)

Gabriel/ Paul bushman pour l’éternité ?

 

Voilà ce que dénonce David Schickele (1937-1999) dans ce film tourné en 1968

 

Un film qui ne souffre nullement du mélange fiction documentaire et réalité documentée

 

Un film d’une grande liberté formelle (montage et ton) et dont le contenu résonne encore dans notre actualité

 

UN FILM A NE PAS RATER  

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

( séances Omnia jeudi 20h20 salle 8; samedi 18h15 salle 8, dimanche 11h  salle 3 et mardi 14h salle 6)

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2 mai 2024 4 02 /05 /mai /2024 03:51

d'Elise Girard (France/Japon 2023)

 

avec Isabelle Huppert Tsuyoshi Ihara August Diehl

Japon, aujourd'hui. Sidonie Perceval, écrivaine française reconnue, est en deuil. Son mari est décédé. Invitée au Japon pour la réédition de son premier livre, elle est accueillie par l'éditeur local qui l'accompagne à Kyoto, la ville des sanctuaires et des temples. Au cours de leurs voyages parmi les fleurs du printemps japonais, elle commence lentement à s'ouvrir. Mais le fantôme de son mari ne l'abandonne pas. Sidonie devra faire table rase du passé pour se laisser aimer à nouveau

Sidonie au Japon

Aura-t-on assisté à un rêve éveillé, tourné les pages d’une brochure touristique sur papier glacé? (cf la polysémie du titre …)   

Le hall de l’aéroport, ceux des hôtels, les rues, tous ces lieux que l’on imagine habituellement noirs de monde sont ici quasiment « vides », habités par la seule présence de Sidonie, de son éditeur Kenzo Mizoguchi et… du « fantôme »… du mari défunt. Est-ce pour métaphoriser la solitude, leur solitude ?

Tel un frémissement sur l’eau ou un battement d’ailes…la mise en scène aura précisément cette gracilité quasi aérienne qui contraste avec la compacité de ces buildings que découvre tout au début Sidonie Perceval. Et sur le visage de l’actrice Isabelle Huppert -sa pâleur, ses grands yeux, son sourire ou son rire- on saura lire, ce qu’elle ne dit pas explicitement…

De rencontres en rencontres (celles imposées pour la dédicace) de confidences en confidences (quand bien même au Japon la tradition bannit l’épanchement des sentiments ce que rappelle doctement l’éditeur) de découvertes en découvertes, de déambulations en déambulations (ces lieux magiques dont les somptueux paysages du Kansai, les biches du parc de Nara, les temples) d’acceptations en acceptations (un mari si proche et pourtant immatériel, fantôme impalpable, dispensateur d’une philosophie du  "consentement au bien-être, au vivre mieux" ) le voyage de Sidonie va se métamorphoser, au Japon -archipel des "fantômes et de la spiritualité"- ,  en un "voyage initiatique"  "sortir du deuil, et renaître"  Incapable d’écrire, dans la douleur de la perte, l'écrivaine était venue faire la promotion d’un bestseller réédité (l’Ombre portée : traumatisme lié à la perte des parents et du frère dans un accident de voiture) ; progressivement son être va se détacher des limbes qui le retenaient  "captif"  Quelle lenteur ! quelle douceur ! Elise Girard les filme avec élégance, une science du cadrage, des tons des couleurs, du détail infime révélateur, et la présence récurrente de certains objets ; le thème musical (Bach ?) participe lui aussi de cette élégante simplicité et du "réalisme poétique" 

Un voyage d’où n’est pas exclu le burlesque, l’humour pince sans rire -cocasserie de situations due au décalage entre les deux cultures japonaise et occidentale ou à la présence acceptée d'un fantôme au verbe et au comportement facétieux!-

Le terme "cliché" est à prendre parfois au sens propre (cf la scène d’amour traitée en une succession de "photogrammes" comme autant d’instantanés de la volupté, de réappropriations de son propre corps, comme sublimation du désir enfin  "retrouvé"…) alors que les "clichés"  traditionnels associés au Japon (gastronomie codes et rituels) dans leur collision avec l’altérité sont source d’amusement ou que le défilé de paysages "sublimes" (forcément sublimes…) en arrière fond de l’habitacle des voitures/taxis ou à travers les vitres d’un compartiment de train sont censés prolonger la délicatesse des estampes (ces oiseaux graciles filmés comme au ralenti par un travelling latéral) ..

Un film à ne pas manquer !

 

Colette Lallement-Duchoze

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1 mai 2024 3 01 /05 /mai /2024 03:06

d'Olivier Casas (2024)

 

avec Mathieu Kassovitz, Yvan Attal.

 

Informé de la soudaine disparition de son frère, avec lequel il partage un incroyable secret, un quinquagénaire part à la recherche de ce dernier.

 

Frères

La survie de jeunes gamins (au départ 5 et 7 ans) dans la forêt de Charente Maritime, vivant d’expédients,  grelottant de froid etc. et ce, pendant 7 ans…enfants qui seront soudés à jamais, en une fusion incompressible …c'est "l'histoire vraie" dont s'est inspiré Olivier Casas

 

En la portant à l'écran, le cinéaste  a fait le choix de l’alternance -allers et retours entre le présent et le passé : Michel architecte quinquagénaire, père de famille, part -en abandonnant TOUT- à la recherche de son " frère" au Québec, frère porté disparu depuis quelques jours. I Sa voix off « raconte» (redondance avec l’image à l’écran souvent), interprète la teneur du lien qui l’unit à Patrice (on vous passe les pseudo réflexions existentielles ! et les commentaires « virilistes » !) Il est donc censé se revoir enfant, et ce, à plusieurs moments de leur survie, moments annoncés à chaque fois par des encarts en bas de l’écran. Or ce choix de l'alternance, par son systématisme devient vite procédé quand il ne se double pas d’une autre confrontation (en surimpression) dans une même temporalité ; avec des raccords artificiellement surlignés (le fusil en très gros plan qu’utilise Patrice au Canada, l’œil du chasseur adulte et celui de l’enfant armé de sa fronde visant un animal, l’étreinte des corps). De plus ce sont les mêmes images qui reviennent, dont ces plans prolongés sur les enlacements, au cœur de la forêt -ennemie et tutélaire- quand elles ne sont pas nimbées d’invraisemblances (en rappelant la froidure on voit les deux gamins cou, jambes et bras dénudé.e.s et on devine l’artificialité du prétendu grelottement)

 

L’épisode canadien est censé reproduire » (dupliquer) à des décennies d’intervalle celui de l’enfance (cabane au fond des bois, muette complicité, étreinte) auquel il est nécessaire d’ajouter ce jeu d’échecs -avec sa prétendue symbolique !!! Las ! non seulement Michel ne pourra « guérir » son frère aîné de son mal-être, mais le spectateur a droit à une longue séquence souvent soporifique (qu’agrémente parfois la singularité de l'accent canadien) 

 

Malgré les ellipses temporelles, malgré l’omerta sur le brillant cursus post universitaire des deux frères, fâcheuse et désagréable impression d’étirements et de longueurs inutiles et la captation de l’émotion (genre tire-larmes) est accentuée par une musique illustrative envahissante. …

La disparité flagrante entre les deux interprétations (Mathieu Kassovitz bien plus convaincant qu’Yvan Attal) nuit au propos (d’autant que Michel/Yvan Attal est le « narrateur » exégète ! celui qui  « dévoile » le secret  ) Quant aux personnages dits secondaires, ils sont réduits à de pures figurations (la petite fille du réalisateur Jodorowsky qui interprète Murielle de Robert, la mère, semble poser pour une revue de mannequinat, les propos comminatoires de la fille de Michel « je ne te parle plus si tu n’es pas présent pour mon anniversaire » sont d’une ringardise !!!  et j’en passe….)

 

Au final le film  pèche précisément par les choix narratifs et visuels que s’est imposés Olivier Casas et par cette injonction à l’adresse du public de se sentir en empathie avec la nostalgie d’une fratrie édénique d’avant (ou hors de) la civilisation…

 

Un film  décevant (et c’est un euphémisme)

Un film que je vous déconseille

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

Ps  Au générique de fin apparaîtra le "vrai" Michel… 78 ans. De même on pourra lire des informations qui inscrivent l’histoire de Michel et Patrice dans la triste réalité des enfants abandonnés pendant la seconde guerre mondiale surtout quand ils ont été conçus hors mariage

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30 avril 2024 2 30 /04 /avril /2024 04:43

De Shane Atkinson  (USA 2023)

 

aves Kelly Reichardt, Steve Zahn, Megan Stevenson, Dylan Baker, Matthew Del Negro, Galadriel Stineman

 

Festival Deauville 2023  Grand Prix + Prix de la Critique + Prix du Public

Argument: Quand Ray découvre que sa femme le trompe, il décide de mettre fin à ses jours. Il se gare sur le parking d'un motel. Mais au moment de passer à l'acte, un inconnu fait irruption dans sa voiture, pensant avoir affaire au tueur qu'il a engagé. Décontenancé par ce quiproquo, Ray finit par accepter la mission, persuadé que les gens vont enfin le respecter. Le plan devait être simple. Or, Ray se retrouve pris dans un engrenage dont il va devoir se sortir avant qu'il ne soit trop tard.

LaRoy Texas

Si vous appréciez la mécanique « inéluctable de l’échec » les clins d’œil à Fargo (même si le cinéaste tord le cou à des évidences « attendues »), le choix de losers comme personnages principaux, les rebondissements (prévisibles ou non) qui imposent un certain tempo, l’humour (noir souvent)  alors ce film vous attend LaRoy ? ou  l’histoire d’un type lambda, trouvant sa vie minable (sa femme le trompe avec son frère, un con prétentieux avec qui il gère un magasin de bricolage) et que le désespoir et de très mauvaises décisions vont entraîner dans un engrenage meurtrier

 

Premier long métrage sous l’égide des frères Coen, ce film vous transporte dans une ville « fictive » LaRoy aux côtés de personnages assez truculents -l’atmosphère rappelle aussi celle des films noirs des années 40-, et le mélange de différentes époques (cf les accessoires inscrits dans une certaine temporalité) au sein même d’une séquence ne choque pas.

De plus le réalisateur semble mélanger plusieurs genres dont le western, (le détective en shérif ridicule mais pathétique) la satire de mœurs (les ploucs de cette petite ville américaine ciselés telles des eaux fortes pour mieux les clouer au pilori) le conte (une histoire improbable ( ?) d’amitié et de sacrifice entre Ray et Skip) le road movie (voyez défiler ces motels ces bars à filles, ces concessions automobiles ce magasin d’outillage Jepson) et toujours à côté de la « ligne scénaristique » (relation Skim/Ray) le choix de l’accumulation et des « coups de théâtre » extravagants (on ne convoque pas la  vraisemblance et c’est tant mieux) sur fond de cupidité véreuse et de « matérialisme » forcené

 

Tout cela a de quoi séduire. (surtout si l’on ajoute l’interprétation impeccable de plusieurs acteurs dont Dylan Baker/Harry qui rappelle Steve Buscemi…)

 

Et pourtant dans cette comédie qui s’ignore, dans cette histoire de chantage, de meurtre et de tromperie, dans cette histoire d’amitié (pour reprendre les propos du réalisateur), il manque ce « je ne sais quoi » susceptible d’entrainer l’adhésion

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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22 avril 2024 1 22 /04 /avril /2024 07:32

documentaire réalisé par Sonia Kronlund ((France 2023)

Il s'appelle Alexandre, Ricardo ou Daniel. Il se dit chirurgien ou ingénieur, argentin ou brésilien. Il vit avec quatre femmes en même temps, adaptant à chacune son récit, et même ses traits de caractère. Enquête à la première personne, avec l'aide d'un détective privé, sur un imposteur aux mille vies imaginaires.

L'homme aux mille visages

Sonia Kronlund a découvert l’immense imposture de l’escroc en 2017 (par le témoignage de Marianne pour l’émission « les pieds sur terre ») ; témoignage qui est entré en résonance avec son propre vécu (lequel est d’ailleurs rappelé dès le prologue « les hommes que j’ai aimés étaient souvent menteurs ») et après avoir consacré un livre à "l'homme aux mille visages"  elle va se lancer à la recherche de cet escroc ce "serial lover" , aidée par un détecteur privé …c’est le sujet de ce documentaire !

 

D’abord volontairement brouillé le visage de cet homme va se « révéler » (suite à l’entrevue avec une juriste) et au final ce sera de pied en cap qu’il apparaîtra à l’écran en une sorte d’épilogue assez savoureux ; la réalisatrice usant elle-même de subterfuges, pour le « coincer ».

Son documentaire frappe  par un montage « musclé » qui épouse le labyrinthe en forme de kaléidoscope où les multiples identités du « serial lover » la mènent en des lieux très éloignés,(Brésil Pologne France)  aux côtés de ces femmes abusées

Récit composite qui joue autant avec les temporalités qu’avec les lieux,  qui multiplie les points de vue, qui fait la part belle aux « confessions » des femmes « victimes de l’imposture » (signalons que ce sont pour la plupart des actrices qui endossent en la racontant la douloureuse réalité),

Un récit où intervient la réalisatrice: elle se filme dans le cadre aux côtés de ces femmes interviewées (que ce soit au volant d’une voiture ou à l’intérieur d’appartements) ou en frontal;  et sa voix va rejoindre  tel un écho celle de toutes ces femmes (une chorale polyphonique)

Récit aux allures de thriller parfois (la planque du détective dans l’habitacle de sa voiture dans l’attente de l'instant propice à…, les rideaux de l’appartement qui s’écartent, les voix off etc.)

Un récit qui n’a nullement la prétention de faire œuvre de psy, sur la mythomanie par exemple

Un récit à la vertu cathartique ? vengeresse (comme le dit explicitement Sonia Kronlund dans la toute dernière séquence) ?

 

Les réponses seront multiples....

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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21 avril 2024 7 21 /04 /avril /2024 09:45

Documentaire réalisé par Nicolas Philibert (2023)

 

avec Muriel Thouron, Frédéric Prieur , Patrice d'Hont, 

Wallid Benziane, Jérôme Délia, Goulven Cancouët

 

 

Dernier volet du triptyque initié avec Sur l'Adamant puis Averroès & Rosa Parks, le film poursuit sa plongée au sein du pôle psychiatrique Paris centre. Ici, le cinéaste accompagne des soignants bricoleurs au domicile de quelques patients soudain démunis face à un problème domestique, un appareil en panne, etc.

 

La machine à écrire et autres sources de tracas

Ça frappe la tête, le silence. Quand tu es seule, tu penses à la mort. À la mort noire, pas à la blanche » (Muriel)

Ce troisième volet de la trilogie consacrée à la psychiatrie plonge le spectateur dans l’intimité de quatre patients. Nous pénétrons dans leur lieu d’habitation en dehors des structures hospitalières, dans ces résidences dites « inclusives » ou ces espaces minuscules et serons à leurs côtés le temps d’une « réparation » En effet suite à un dysfonctionnement technique (Patrice et le ruban défectueux de sa machine à écrire, panne de lecteur CD pour Muriel, défectuosité de l’imprimante pour les colocataires Yvan et Gad) ces êtres sont affolés ; démunis ils ne peuvent plus donner libre cours à leur créativité (poésie musique) ou bien  ils sont confrontés au vide abyssal du silence (Muriel). Yeux souvent hagards (témoins de la prise de médicaments ?) mais sourires enfantins. Et voici le duo de « réparateurs » ces « bricoleurs » qui après tâtonnements, analyse, questionnements vont redonner vie à ces objets momentanément hors d’usage et simultanément -et ce n’est pas simple métaphore- ils auront « réparé » angoisses et comblé la solitude quand ils ne contribuent pas à « déblayer » l’encombrement asphyxiant où est censé « vivre » Frédéric Prieur ce spécialiste de cinéma et de littérature, collectionneur compulsif.

D’ailleurs Walid Goulven, ou Jérôme sont des …..soignants…(membres de l’Orchestre en plus de leurs tâches médico psy ils aident à régler les problèmes matériels de patients) et ils savent que la souffrance mentale s’incarne dans ces objets

Nicolas Philibert hors champ est bien évidemment très présent (Muriel l’interpelle lui propose du café…) Il sait dans un espace très étroit varier plans et angles de vue (privilégiant solos duos ou trios au gré des interventions des uns et des autres) Donner à voir au spectateur l’âme spécifique du lieu en tant que reflet de celui qui l’habite ; aller à l’essentiel de ce que recouvre la maladie psychiatrique, « entre handicap invisible, désarroi, perte de repères et faillite pour une insertion professionnelle durable ».

Ce troisième regard porté sur la psychiatrie humaine, qui repose en grande partie encore, sur la parole" et "qui considère que les médicaments, ça ne suffit pas" est une leçon de Vie

Une leçon de cinéma aussi

Un documentaire que je vous recommande (quand bien même vous n’auriez pas vu les deux premiers volets du triptyque Sur l’Adamant et Averroès & Rosa Parks) 

 

Colette Lallement-Duchoze

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20 avril 2024 6 20 /04 /avril /2024 11:24

De Jalone Camborda (Espagne 2023)

 

avec Janet NovásSiobhan FernándesCarla RivasDaniela Hernán MarchaánMaría LadoJulia GómezJosé NavarroNuria LestegásDiego Anido

 

 

Coquille d'or au Festival de San Sebastián.

1971, Espagne franquiste. Dans la campagne galicienne, María assiste les femmes qui accouchent et plus occasionnellement celles qui ne veulent pas avoir d'enfant. Après avoir tenté d'aider une jeune femme, elle est contrainte de fuir le pays en laissant tout derrière elle. Au cours de son périlleux voyage au Portugal, María rencontre la solidarité féminine et se rend compte qu'elle n'est pas seule et qu'elle pourrait enfin retrouver sa liberté.

O Corno, une histoire de femmes

O Corno L’ergot de seigle en galicien, champignon vénéneux pour la céréale. Il favorise aussi les contractions lors d’accouchement et d’avortements, Et par deux fois dans le film nous verrons les doigts délicats de Maria l’extraire, avant concoction  « Une histoire de femmes » : la réalisatrice va mettre en scène tout un réseau féminin de solidarité (une voisine prévient Maria de quitter au plus vite l’île suite à un tragique avortement, Mebel l’héberge au poste frontière, la « prostituée » lui accordera  une aide précieuse  O corno est aussi un plaidoyer pour que les femmes puissent disposer d'elles-mêmes, de  leur corps - et si les faits sont censés se dérouler en 1971 -soit sous l’ère franquiste- il interroge aussi notre présent où l’avortement est remis en cause…

Le film s’ouvre sur le corps d’une parturiente : convulsions, spasmes, sueur, cris, visage taraudé par la douleur. Gros plans et plans serrés sur ce corps allongé debout assis accroupi ; et dans les ultimes contractions voici deux corps soudés : celui de Maria (aux mains agiles, à la voix de plus en plus ferme) enlaçant le corps de celle qui va accoucher …

En écho à cette séquence liminaire répondra la scène finale (bande-son coupée … ne pas spoiler !) et en écho inversé la scène de l’avortement…mais l’apparente discordance ou défiguration s’inscrit avec force dans ce poème toujours recommencé qui célèbre le(s) pouvoir(s) de la femme. A l’instar de cette barque qui glisse sur les interdits de la contrebande, de ces regards complices qui bravent les lois, de ces lumières qui clignotent, comme autant d’appels au secours pour « libérer » la voie qui rendra la vie sauve

 

Maria (interprétée par la danseuse Janet Novàs) est cette femme généreuse, Maria à la cicatrice au ventre que remarque l’enfant, Maria et ses secrets enfouis, Maria qui confrontée aux propos comminatoires de la jeune femme « si tu ne veux pas m’avorter je le ferai moi-même » sera expulsée de son pays (après le drame) Maria exilée survivant au Portugal entourée d’autres femmes. Maria allégorie de toutes ces femmes qui bravent ce qui entrave leurs libertés !!!. Le film semble structuré en deux mouvements distincts ?  aux scènes de la vie villageoise succéderait la fuite, la longue errance (avec ses embûches, ses pauses) jusqu’à la brisure définitive des chaînes. En fait l’enjeu de la première partie est de révéler le malaise social qui restreint les choix de vie de ces femmes, coupées en deux pour le spectacle d’hommes qui ne sont ni des génies ni des magiciens…

 

L’attention accordée aux détails aux atmosphères sera une constante dans le film , constante renforcée par la lenteur du rythme. Voici un gros plan sur l’ergot, sur les mains qui cueillent délicatement l’eau, sur les pieds meurtris par tant d’errances ; voici des ambiances feutrées, celles de la taverne aux couleurs ocres mordorées aux jeux de clair-obscur sur des visages avinés  et en vaste panoramique c’est la majesté stupéfiante des paysages de Galice, la blancheur moite ou opalescente des champs de blé.

Tout cela participe de(et à) de la même célébration d’une histoire de femmes

 

A ne pas rater !!!

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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18 avril 2024 4 18 /04 /avril /2024 11:14

Documentaire réalisé par Karim AÏnouz (2021 Brésil/France/Argentine) 

// Image : Juan Sarmiento G. // Son : Björn Wiese, Laure Arto // Montage : Ricardo Saraiva // Musique originale : Benedikt Schiefer

 

  • 2021 Festival de  Cannes  Sélection officielle - Séances spéciales
  • 2021 FIFAM festival international du film d'Amiens Grand prix catégorie long métrage documentaire & prix étudiant 

Janvier 2019. Le cinéaste Karim Aïnouz décide d'entreprendre son tout premier voyage en Algérie. Accompagné de sa caméra et du souvenir de sa mère Iracema, il livre ici un récit détaillé du voyage vers la terre natale de son père ; de la traversée de la mer à son arrivée dans les montagnes de l'Atlas en Kabylie jusqu'à son retour, entremêlant présent, passé et futur.

Marin des montagnes

La mer s’agite, un nouveau départ. Je voyage pour toi, je voyage pour finir ce que tu as commencé. Je pars aussi pour trouver enfin mon Ithaque, mes origines, un sens à mon existence. Pour trouver ce que tu n’as jamais pu avoir. La mer m’emporte, presque malgré moi.

 

Cartographie du souvenir, lettre d’amour à la mère Iracema Brésilienne qui aura élevé seule son fils, (récit intime à la première personne, en voix off, qui poursuit autant l’être aimé par-delà la mort que le spectateur et que l’auteur lui-même) interrogations sur l’identité (qu’illustre l’apparent oxymore du titre) mais aussi questionnement(s) sur deux cultures dont l’Histoire souvent chaotique a bafoué saccagé les règles de la démocratie

Oui Marin des montagnes (sorte de « retour aux sources ») est tout cela à la fois

Et d’un point de vue purement formel le cinéaste multiplie en les exploitant les spécificités du 7ème art : ralentis ou accélérés, enchâssement de récits ou légendes, insertion d’extraits de films ou de photos, vibrations colorées, incrustations, changements de perspective, profondeur de champ et arrêts sur images, surimpressions,

 

Déconstruction et reconstruction, deux forces animent ce « voyage » (le premier qu’il effectue en Algérie), un voyage essentiellement « poétique » : avoir préféré le bateau à l’avion c’est prendre le temps de construire les « ponts » entre les deux cultures, s’adresser à la mère défunte comme à l’aimée c’est entreprendre pour elle, avec elle, dans le sillage de son ombre tutélaire, un voyage qu’elle aurait dû( ?) ou pu ( ?) faire avec le fils

 

Rappelons que Brésilien par sa mère et Kabyle par son père Karim Aïnouz (dont nous avions tant apprécié La vie invisible d’Euridice Gusmao mais aussi plus récemment le (très) controversé Jeu de la reine) aura su mêler (souvent habilement) intimité et Histoire. Creuser les origines de deux cultures, n’est-ce pas creuser les siennes ?

Et loin de certains clichés -sur Alger la blanche par exemple- peut s’imposer le rouge de l’embrasement…

 

Ecoutons Karim Aïnouz

Pour Marin des Montagnes, j’ai voulu prendre les risques que la maturité et l’expérience m’autorisent - avant tout un risque artistique en me distançant de ce que je connais, en ouvrant le projet à l’inattendu, en laissant le hasard, qui est après tout mon droit de naissance, m’amener à découvrir des choses que je n’aurais pas pu savoir au début de mon voyage. Ce film nous invite à tendre la main, à croire en l’inattendu, à nous souvenir d’avoir l’espoir et la foi en nos compatriotes qui vivent sur la planète. Peu importe la distance ou la différence que nous pensons avoir, nous sommes tous, en fait, intimement liés.

 

A ne pas rater!

(attention horaires Omnia Rouen jeudi  18h10, vendredi 20h20, samedi 16h, dimanche 14h,  lundi 18h10, et  mardi   11h )

 

Colette Lallement-Duchoze

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17 avril 2024 3 17 /04 /avril /2024 07:14

De Ryüsuke  Hamaguchi  (Japon 2023)

 

Musique d'Eiko Ishibashi

avec Hitoshi Omika, Ryo Nishikawa, Ryüji Kosaka

 

 

Lion d'Argent Grand Prix du Jury Mostra de Venise 2023

 

 

Takumi et sa fille Hana vivent dans le village de Mizubiki, près de Tokyo. Comme leurs aînés avant eux, ils mènent une vie modeste en harmonie avec leur environnement. Le projet de construction d’un « camping glamour » dans le parc naturel voisin, offrant aux citadins une échappatoire tout confort vers la nature, va mettre en danger l’équilibre écologique du site et affecter profondément la vie de Takumi et des villageois…

 

Le mal n'existe pas

" Ne lâche pas la bûche des yeux"

 

Après les mégapoles, toiles de fond des précédents films de Ryusuke Hamaguchi, voici le village de Mizubiki perdu dans les montagnes de Nagano, et une immense forêt où l’on s’égare en même temps que l’intrigue gagne en consistance…; là où vivent Takumi, bûcheron père célibataire et homme à tout faire,  sa fille Hana ; là où une réunion oppose les « locaux » les villageois aux représentants de Playmode défendant le projet de « glamping » (glamour + camping). (Longue séquence traitée comme un film dans le film)

Non pas un film écologique (c’est ce qu’affirme le réalisateur) quand bien même le titre serait une antiphrase, quand bien même la récurrence de ce plan sur la carcasse d’un faon, la stridence de coups de feu et certaines scènes plus champêtres (couper le bois, s’approvisionner en eau) nous inciteraient à comparer ce film -aux allures de conte - à une « fable écologique »- Fable où la musique envoûtante d’Eiko Ishibashi -qui a préexisté - la fixité de certains plans, la lenteur de gestes presque séculaires célèbrent la connivence entre Takumi et une nature qu’il «vénère » apprivoise dans sa flore et  sa faune, tout en accomplissant les gestes de destruction -dont l'abattage d'arbres-,  mais une nature dont il a appris les « lois » fussent elles les plus mortifères, (l’épisode de la cognée, le discours sur les cerfs, la battue et la scène finale font de Takumi le dépositaire d’un savoir et d’une philosophie : accepter les équilibres entre les forces en présence  )

 

Tout ne serait-il pas « dit » ou du moins « encodé » dès le début ? Voici un très long et très lent travelling ascendant vers le gris du ciel, ciel que l’on devine à travers les branchages et les feuilles, feuilles de moins en moins drues branchages devenus stigmates de la mort, alors qu’un ample mouvement musical, épousant la majesté de la tristesse, accompagne cette contreplongée… Dès le plan suivant, l’œil de la gamine, Hana, s’est substitué à celui de la caméra. La musique s’est tue mais Hana est à l’écoute d’autres musiques celles que dispense cette forêt ….où elle va se perdre !

 

Le film est parcouru de « signaux » comme autant d’alertes, de balises traitées souvent avec la grâce de la pudeur ou de la poésie (ce que renforce le choix de plans-séquence qui étirent le temps); tout comme le réalisateur se plaît à multiplier les regards et les perspectives et en leur absence il fait la part belle à ce mariage entre bande-son et image dans la captation du vivant « l’eau coule toujours vers le bas » (dit le maire lors de la réunion) …Tout en nous incitant (sans injonction morale) à ne pas rompre  l'équilibre entre les forces (dont celles des humains) entre les "ordres" 

 

Un film qui se regarde comme on écoute de la musique. C’est-à-dire, plus que pour son sens, pour les remous qu’il produit à la surface de notre conscience. (tel est le vœu du cinéaste)

 

Un film à ne pas rater!

 

Colette Lallement-Duchoze

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