4 mars 2024 1 04 /03 /mars /2024 07:13

De Lisandro Alonso (Argentine France Mexique 2023)

 

avec Viggo Mortensen (Murphy) Chiara Mastroianni (Maya / Colonel) Alaina Clifford (Alaina) Sadie Lapointe (Sadie) Viilbjørk Malling Agger (Molly) Adanilo (L'indigène disparu) 

 

Festival de Cannes 2023 Hors compétition 

Alaina, accablée par son travail d'officier de police dans la Réserve de Pine  Ridge, décide de ne plus répondre à sa radio. Sans nouvelles, sa nièce  part en Amérique latine pour un voyage qui s'avère mystique

Eureka

Le temps est une fiction inventée par les hommes 

 

Le film s’ouvre sur un western (une parodie ?) en noir et blanc au format 1,33, puis le cadre s’élargit en même temps que s’étrécit la série…. Télévisée… avant les infos météo ; nous sommes (second mouvement) dans la réserve de Pine Ridge (Dakota) où nous allons suivre la « ronde de nuit » d’une policière ; elle disparaît de l’écran et de la fiction et c’est avec sa nièce Sadie que nous allons effectuer un voyage dans le temps et l’espace (années 1970 jungle amazonienne). Conquête de l’Ouest, politique d’oppression de l’Amérique actuelle, et politique capitaliste au Brésil -dernier quart du XX°- telles sont les trois séquences constitutives de ce film

 

Un « motif » imagé formel semble les relier celui de l’oiseau, (le jabiru d’Amérique ?) une plume que caresse et interroge Murphy dans le saloon (western) plumes sur le canapé où s’était assise Sadie (avant le « trip » concocté par le grand-père) et voici que (faussement) majestueux l’oiseau entre dans la chambre où « repose » le transfuge après avoir été soigné par la "guérisseuse" ; l’oiseau qui surplombait de ses ailes éployées la réserve, l’oiseau qui aura permis de passer d’une contrée à une autre, d’une temporalité à une autre. Mais ce lien narratif s’enrichit d’une critique suggérée ou explicite. Le réalisateur ne se contente pas de "montrer" les indiens Natifs déshumanisés réduits à des épaves et ce, avec  réalisme,  il s’insurge contre leur anéantissement programmé et la récurrence de l’effacement -voire de l’enfouissement-, d’une séquence à l’autre le prouverait aisément : les Amérindiens sont « effacés » du western (à la fois par Murphy et la femme shérif) ; la policière et sa nièce sont vouées à « disparaître » (mort symbolique) tant elles sont mésestimées et les autochtones en III sont « dépouillés » de leurs biens par les colons rapaces…

Un film exigeant, audacieux. (quand bien même on serait insensible à  l'animisme mystique qui préside à la troisième partie) Certains plans sont d’une sidérante beauté (quand le blanc envahit tout le cadre, quand la barque motorisée semble confondre l’élément liquide et l’imaginaire du blessé, quand une contre plongée magnifie le rôle du guide ou de l’oiseau, quand la policière impose sa corpulence placide au réel) et la bande son (due au percussionniste Domingo Cura) est parfois envoûtante

Mais en optant pour la complexité (et son inévitable artificialité, transformant le réalisateur en « chamane  de la condition indigène» suppléant les trois guides de sa fiction) en recourant aux très longs plans fixes (comme dans Jauja), aux contrastes appuyés (monde des vivants et  des morts, neige et jungle, réalisme et imaginaire, vie moderne tumultueuse et vie contemplative, mutisme et paranoïa, misère et chercheurs d’or) le cinéaste a pris le risque de décevoir:  la dynamique de la rupture  ne brouille -t-elle pas l’implicite de la « théorie » ? et on est acculé  à s’interroger au lieu de se laisser (trans)porter……

Certains spectateurs risquent de rester à quai…..

 

Colette Lallement-Duchoze

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26 février 2024 1 26 /02 /février /2024 07:02

d'Okivier Py (2023)

 

avec Laurent Lafitte, Stecy Martin, Bertrand de Roffignac , Jean-Damien Barbin, Judith Magre, Jeanna Balibar, Dominique Frot, Eva Rami ....

Paris, 17 février 1673. Comme tous les soirs, Molière monte sur la scène du théâtre du Palais-Royal pour jouer Le Malade imaginaire. Ce sera sa dernière représentation.

Le Molière imaginaire

Malade imaginaire ? Plutôt imaginaire malade

Ce sera le parti pris d’Olivier Py, dramaturge, metteur en scène, ex directeur du festival d’Avignon, actuellement directeur du Châtelet.

Univers mental et espace théâtral se superposent, se confondent dans cette exploration des derniers instants de l’auteur acteur artiste que fut Molière. Huis clos théâtral, huis clos mental. Fantômes fantasmes et vécu, souvenirs et moment présent sont traités dans le continuum du plan séquence (la supposée relation avec l’acteur Michel Baron, des bribes de la 4ème représentation du Malade imaginaire au Palais Royal, les intermèdes chorégraphiés, le refus de signer la « renonciation » pour avoir droit à une sépulture, le dialogue avec l’épouse Madeleine par-delà la mort, les griefs à l’encontre du pouvoir de la religion, etc..)

La caméra glisse de la scène aux coulisses, des loges latérales au sous-sol (authentique underground de toutes les permissivités) et à chaque fois nous sommes invités à être les complices/ témoins /spectateurs, en arpentant ainsi les « strates de ce qui fut toute une existence ». Et si certains spectateurs (dans le film) sont outrageusement poudrés grimés (les trois marquises par exemple) les intervenants/actants  dans l’imaginaire de Molière sont dénudés des oripeaux, des artifices, car la nudité des corps (masculins de préférence) doit illustrer la « mise à nu » d’un dérèglement des sens

 

Et voici que défilent -en accéléré ou ralenti-, travelling latéral ascendant ou descendant tous ceux qui participent à une danse de la mort (mort de l’artiste qui crache le sang, mort de l’aide si précieuse accordée par le roi,  absent, mort des illusions, mort du théâtre ?) dont l’espace clos du théâtre du Palais Royal (FabricA  Avignon) sera le réceptacle !

Un réceptacle baroque. Olivier Py emprunte au courant littéraire pictural et politique du XVII° ses singularités dont la vanité. Vanité des décors dans leur flamboiement ocre rouge (éclairage à la bougie) vanité d’un public (certains visages poudrés rappellent les vieilles de Goya les masques d’Ensor ; le prétendu vivant devenu figure morte malgré les piaillements venimeux). Vanité et exubérance, exubérance et grotesque (sens étymologique et sens élargi) Oui! on a parfois l’impression d’assister à des scènes du Satyricon -dont celle du bain- (avec l’extravagance de Petrone mais sans la transparence énigmatique dont se réclamait Fellini)

 

Des acteurs admirables, étonnants dans leur gestuelle et leur diction ; dont le duo Laurent Lafitte (Molière) Jean-Damien Barbin (Chapelle) 

 

Mais cette "chronique d’une mort annoncée" (pour plagier le titre d’un roman de Gabriel Garcia Marquez) aura ses détracteurs

On ne souscrira pas à leurs propos fielleux voire haineux

(même si le langage s'enhardit, ose  des calembours faciles ou des pseudo paillardises, même si l’on juge de « mauvais goût » l’extinction d’une bougie par des flatulences -pratique qui a longtemps survécu dans les bizutages,)  etc..

 

Vive Molière libéré de son carcan hagiographique !

Un Molière « dé-muséifié et réhumanisé (propos de Laurent Lafitte sur France Culture)

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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25 février 2024 7 25 /02 /février /2024 09:46

De Kei Ishikawa (Japon 2022)

 

avec Satoshi Tsumabuki, Sakura Ando, Masataka Kubota 

 

Japan Academy Prize 2023,  A man a obtenu les prix du meilleur film, du meilleur réalisateur pour Kei Ishikawa , du meilleur scénario pour Kôsuke Mukai, du meilleur acteur pour Satoshi Tsumabuki, des meilleurs actrices et acteurs secondaires, du meilleur montage et du meilleur son

Trentenaire endeuillée, Rie rencontre Daisuke artiste en herbe. Ils tombent amoureux et fondent une famille mais au décès de Daisuke Rie apprend qu'il avait usurpé l'identité d'un autre homme. Elle engage un avocat pour connaître la véritable identité de celui qu'elle aimait.

A Man

Adapté d’un roman éponyme, le film de Kei Ishikawa, est  " encadré"  (premier et dernier plan) par le tableau de Magritte « la reproduction interdite » (un personnage se regarde dans un miroir, or le miroir ne reflète pas son visage mais son dos !  alors qu’un livre posé sur la cheminée lui est bien reflété dans le miroir): Tableau dans le cadre du premier plan, avant qu’un zoom ne l’isole ; métaphore ou mise en abyme  de ce qui sera le questionnement  sur l’identité, l’un et le multiple (et partant sur la transmission, l’héritage) ???

Voici tout d’abord une romance sentimentale. Celle qui aura uni une jeune femme Rie divorcée (épatante Sakura Andô) et Daisuke un timide dessinateur (Masataka Kubota) -(ses  dessins comme floutés seront de précieux auxiliaires lors de l'enquête)  ; romance traitée avec  une  lenteur , pudique et  calculée,  et cette audacieuse ellipse temporelle . Un plan d’ensemble sur la famille recomposée heureuse avant le tragique accident (mais quelle incongruité sidérante dans son traitement !!….).Or la photo du défunt sur l’autel de famille ne correspond pas du tout au « vrai » Daisuke Taniguchi (comme l’affirme le « vrai » frère) Rie engage un avocat (Satoshi Tsumabuki) sur les traces de … X ; le film va basculer dans cette « chasse à l’homme », la  traque des identités

De rebondissements en rebondissements, d’indices en indices plus ou moins révélateurs, de rencontres en rencontres, d’interrogatoires en interrogatoires le cinéaste brimbale son spectateur et cherche à le perdre dans une démarche qui se veut dédaléenne, en variant rythme et ambiances, en multipliant les « fausses » pistes, pour aboutir à la découverte d’un inconnu qui aura porté plusieurs noms.

Simultanément l’enquête est devenue quête de soi (et ce dès que l'avocat entre dans le cadre ,dans la fiction ne serait-ce que par  la  façon de le filmer  de dos comme les personnages magrittiens) et les « crises » (éructations gifles qui contrastent avec son apparente placidité) vont scander cette prise de conscience ; parallèlement le fils aîné de Rie est déboussolé car il est privé de patronyme : lui qui avait porté le nom de son père géniteur puis celui de sa mère divorcée puis celui du père adoptif, quelle sera sa « nouvelle » identité (état civil) ?

 

Certes ce film interroge sur ce qui fait « un homme » (l’article un  dans son acception usuelle d’indéfini et non de singularité) c’est-à-dire sur les facteurs qui conditionnent l’identité de tel ou tel, de même qu’il insiste sur la pression sociale, sur l’intégration, les faux-semblants et les secrets ; un film qui joue avec le « brouillage » (à l’instar des dessins signés Daisuke ?) ; certes les protagonistes dits « secondaires » bénéficient d'une égalité de  traitement  (du professeur de boxe au détenu pour trafic falsification de documents,  en passant par la petite amie du vrai Daisuke ). Certes le racisme japonais -à l’encontre des Coréens entre autres- est vigoureusement dénoncé (propos xénophobes du détenu, manifs et slogans nationalistes)

Mais que de surenchère complaisante !! Que d’étirements inutiles !! (pour preuve:  la (es) « découverte(s) » d’un nouvel indice, d'une preuve  est (sont) longuement illustrée(s)  – sous forme de flashback -, à  coups d’hémoglobine de gnons  et de prétendus suspenses)

Dommage !!!

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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24 février 2024 6 24 /02 /février /2024 06:09

De Wong Kar-wai (Hong-Kong 2004) 50'

 

avec Gong Li, Chen Chang, Feng Tian, Luk Auntie

 

 

Rétrospective Wong Kar-wai 

 

Hong Kong, années 60. Zhang, un timide tailleur, est fasciné par Mlle Hua, voluptueuse et froide courtisane qui le séduit pour s’assurer qu’il se souviendra d’elle lorsqu’il dessinera ses vêtements.

 

The Hand

Il lui parle ; elle restera hors champ Impuissant assiste-t-il à sa lente agonie ? Elle lui dit « vous rappelez-vous la première fois ? » (c'est la scène d'ouverture)  

Le film sera un flashback de 50 minutes. Flash back qui pour Zhang le tailleur fait revivre avec intensité la scène primitive (celle qui scellera le rapport de dépendance) mais aussi avec la mélancolie du never more.

Laissons-nous  (trans)porter dans  (et par) ce conte hypnotique "sur l’obsession, la répression et les divisions de classe, à la luxuriance romantique" . Un conte où "La sensualité et le toucher des tissus rythmeront les rencontres" 

On en sortira envoûté !

La rencontre. Zhang doit livrer une robe à une cliente. Elle, impérieuse avec ce plan en contre plongée sur un visage qui exprime la domination ; elle le somme de se dévêtir. Lenteur des gestes dans l’accomplissement d’une servitude, déshabillage; gros plan sur une cuisse dénudée ; la main de Mlle Hua (sublime Gong Li) se glisse dans l’entrecuisse (il ne doit pas oublier la sensation de vertige, cette déflagration qui se lit sur son  visage torturé déformé par la jouissance (on pense à la phrase de Duras déforme moi jusqu’à la laideur afin que nul autre après toi ne comprenne le pourquoi de tant de plaisir) Elle se gausse de l’avoir tétanisé dépucelé dépossédé  

La main et ses caresses bien sûr si vivement espérées… mais jamais… Main du tailleur qui prend les mesures sur le corps de la prostituée, main qui se glisse à l’intérieur de la robe qu’il est en train de repasser comme pour deviner par et dans le tissu, le grain le velours de la chair absente ; une robe encore vide mais habitée par la voluptueuse présence d’un corps caressé comme s’il la masturbait. Dans l’avant- dernière séquence en écho à la toute première la caméra s’approche du visage de la malade dont la main tente d’empêcher Zhang d'effleurer les lèvres Elle la prostituée ballottée entre deux amants, et délaissée par le premier (son "sugar daddy") ruinée par le second (un gigolo), contrainte de faire des passes dans un hôtel miteux, au moment de la mort tend sa main dans un geste de refus (ne pas contaminer le tailleur)  et d’attraction;  le rythme est  encore plus alangui que dans in the mood for love

Un amour vécu sur le mode de la frustration de l’attente du fantasme ; une façon de filmer qui privilégie la lenteur, les gros plans sur le visage ou une nuque. Puissance suggestive du désir, sensualité érotique du frôlement, douceur d’un drapé, souplesse du tissu, étreintes  fantasmées (cf les attentes dans l’antichambre quand parviennent aux oreilles de Zhang les soupirs de l’orgasme)  avec cette délicatesse qui avait enchanté le public de In the mood for love en 2000

La caméra sait capter aussi des ambiances (celle d’un atelier de confection dans son exiguïté et la promiscuité des ouvriers ; celle de chambres de luxe au velours subtil; cette montée des escaliers comme autant de marches vers l’élue, avant qu’un lent travelling sur les couloirs de l’hôtel ne souligne le vide mélancolique, la définitive absence) 

 

A ne pas rater (séances samedi 16h, dimanche11h, lundi 21h45)

 

Colette Lallement-Duchoze

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23 février 2024 5 23 /02 /février /2024 10:12

de Hong Sang-soo (Corée 2022)

 

avec Hae-hyonKwon, Hye-Young Lee, Song Seon-mi

Argument: Byungsoo, un réalisateur célèbre, accompagne sa fille chez une amie de longue date, propriétaire d'un immeuble à Gangnam. La visite des lieux entraîne pour lui un voyage hors du temps où se dessinent, à chaque étage, ses amours passées et à venir

Walk-up

On connaît la prédilection du cinéaste pour les " intermittences du cœur",  on connaît sa façon de filmer : dispositif resserré, peu d'acteurs, caméra souvent fixe, décors banals, importance accordée aux repas,  à la prise d'alcool et à la  "parole"  (de sujets  anodins on peut glisser subrepticement vers des interrogations plus existentielles)

 

Walk-up radicalise tout cela (au grand dam de certains spectateurs) . Et d’abord en ce qui concerne le montage ; chaque partie, - il y en a 4-- sera un plan-séquence, des ellipses temporelles sans  encart informatif (mais avec des  "repères" : un thème musical au début, puis suivant la déambulation du  locataire/créateur/rêveur "changements apparents"  de mobilier ou encore ce moment de désynchronisation : allongé Byungsoo entend sa voix et celle de sa femme en off, avant que ses lèvres n'esquissent un léger mouvement; rêve ou réel ?)  (au spectateur de « raccorder » ou non) .

Le décor ? Un seul lieu : un immeuble  ou plutôt son intérieur (un seul plan sur la façade et une vue en contre plongée sur la terrasse ; rares plans d’extérieur ; alors que la bande son insuffle la rumeur de la ville) ; un intérieur compartimenté en restaurant et appartements auxquels on accède par cet escalier en colimaçon (dont on devine  toutes les connotations).  Le locataire va passer de l’un à l’autre comme il passe allègrement d’une temporalité à l’autre, de la réalité au rêve, du rêve au fantasme, du vécu à la "création"  et ce "décor" avec ses portes ouvertes entrouvertes ou fermées se prête aux configurations mentales, au "voyage intérieur" avec ses inévitables conflits, regrets  et/ou désirs. Un immeuble ravagé, sous de trompeuses apparences,  par des nuisances matérielles (dont cette fuite d’eau jamais colmatée) Un immeuble qui métaphorise l’être dans son entièreté ? délabrement physique (les problèmes évidents de santé, tabagisme, alcoolisme et sevrage difficile) et mental (mais de quelle « maladie » souffre le personnage ?)

 

A chaque moment de la vie (re)visité(e) inventé(e)  est associée la fréquentation d’une femme (mais la propriétaire des lieux  sera omniprésente, guide intrusive, gardienne de la mémoire ??)

Le choix du noir et blanc (sublime, digne d’une estampe dans after day ) semble ici homogénéiser l’aube et le crépuscule en une seule temporalité (hormis l’instant furtif où se profile l’ombre crépusculaire)

Souveraine et logorrhéique, avec ses banalités, ses boutades, ses afféteries, ses satires, ses exultations, agrémentées ou non de fous rires,  la parole pourra dérouter tant elle contraste avec les ellipses,  tant  elle est souvent avinée ;  l’alcool est -rappelons-le- devenu « motif » dans la filmographie du cinéaste- désinhibant il peut aussi combler les vides existentiels   

 

C'est la fille  qui ouvre le film, la fiction et donc la porte des réminiscences. Or différenciant l'homme et l'artiste, elle dira sans ambages à son interlocuteur(rice)  l'immaturité et les  dépendances néfastes du père! Simultanément,  après avoir  déclaré en finir avec le cinéma,  le père va trouver, au dernier étage, une forme d’apothéose (à la fois créatrice et amoureuse)

Rêve ? fantasme ? souvenir ? 

 

Avec Walk-up, Hong Sang-soo aura transformé,  une fois de plus , une évidente banalité en sublime création!  

Raison suffisante pour ne pas  rater ce film (quand bien même il  ne serait  pas  le plus convaincant)  

 

Colette Lallement-Duchoze

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22 février 2024 4 22 /02 /février /2024 06:51

Documentaire réalisé par Coline Grando (2022 Belgique France )

 

Nomination: 2024 Les Magritte du cinéma,  meilleur documentaire

Sélection 2023 Festival du cinéma social et ouvrier  Carmaux (France, département du Tarn)

Dans les années 70, les femmes de ménage de l’UCLouvain (Université Catholique de Louvain en Belgique) mettent leur patron à la porte et créent une coopérative appelée “Le Balai Libéré”. 50 ans plus tard, les travailleuses d’aujourd’hui rencontrent celles d’hier et tentent de comprendre comment cela a pu être possible et si cela sera envisageable à notre époque.

Le Balai libéré

Coline Grando -petite-fille de nettoyeuse et ancienne étudiante de l’Institut des Arts de diffusion (IAD) à Louvain-la-Neuve – a enquêté sur le mouvement d’autogestion « le balai libéré ».dont elle ignorait l'existence....

 Son documentaire met en rapport  femmes d’hier et d’aujourd’hui soit deux générations de nettoyeuses à l’UCLouvain (Louvain-la-Neuve), entre utopie autogestionnaire et tyrannie des appels d’offres; La lettre « audacieuse » adressée au patron « licencié » en 1975 sera lue deux fois d’abord par les ouvrières elles-mêmes (images d’archives) puis par Raymond Coumont, le syndicaliste de la CSC Brabant wallon qui accompagnait le mouvement il y a quarante-cinq ans et leur avait proposé l’idée d’autogestion (extraits nous découvrons que votre rôle principal a été de nous acheter notre force de travail à un prix négligeable pour la revendre à prix d’or à l’UCL….. Nous sommes au regret de vous signifier votre licenciement sur-le-champ pour motif grave contre vos ouvrières)

 

L’échange entre les travailleuses d’hier et celles d’aujourd’hui est sidérant  tant est amer le constat : les ouvrières d’hier étaient animées par la fougue exaltante mêlée à la fierté d’avoir pris en main leur outil de travail, de s’être organisées pour bénéficier de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail alors que 50 ans après s’imposent les problèmes de cadence, de « rationalisation » et de solitude (avec des conséquences désastreuses innommables et si je suis pris(e) d’un malaise ???)  Dégradation des conditions de travail et invisibilité du personnel -en 2022.....

 

Si le va-et-vient entre la réalité d’hier (l’autogestion a perduré 15 ans) et celle d’aujourd’hui (réticences dubitatives du personnel dépolitisé mais aussi du délégué syndical) assure le tempo, le documentaire fait alterner aussi les mini séquences où la caméra met l’accent sur la solitude (voyez cet homme astiquant salles, et sanitaires, cette femme harnachée de son aspirateur, cette autre préparant son matériel roulant, cette autre si minuscule dans l’immensité d’un amphi, et pendant la pause dans l’exiguïté d’un local avec une tasse pour seule compagne!)  et ces rencontres sous forme de tables rondes où chacun.e s’exprime en toute liberté tout en étant à l’écoute de l’autre.

 

Invisibles et solitaires que la chanson de Stromae va accompagner avant le générique de fin   Et si on célébrait ceux qui ne célèbrent pas Pour une fois, j'aimerais lever mon verre à ceux qui n'en ont pas/À ceux qui n'en ont pas Frotter, frotter Mieux vaut ne pas s'y Frotter, frotter Si tu n'me connais pas Brosser, brosser Tu pourras toujours te Brosser, brosser Si tu ne me respectes pas 

 

 

2022 une question brûlante « comment combattre le chacun pour soi » devenu inévitable, car il est méthodiquement organisé…Une réponse préparer " LA rencontre"

A la scène d’ouverture où chacun déclinant son identité, affirmait méconnaître la coopérative de nettoyage  « le balai libéré » répondra en écho au final cette séquence où filmées de dos ou de trois quarts les employées, dans une solidarité (re)conquise cheminent vers ….une nouvelle autogestion ??? (après tout il y a cinquante ans, les employées ne croyaient pas que virer son patron était possible, alors pourquoi pas nous ?)

 

 

Un documentaire qui exhume un épisode singulier -et méconnu- de l’histoire sociale belge !

Un documentaire « indispensable »

Un documentaire à ne pas rater ! (séances Omnia vendredi 18h15, dimanche 16h30, mardi 11h)

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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20 février 2024 2 20 /02 /février /2024 06:37

de Milena Aboyan (Allemagne 2023)

 

avec Bayan Layla, Derya Dilber, Derya Durmaz

 

Festival Premiers Plans Angers 2024 

Elaha, une jeune femme d’origine kurde de 22 ans, s'apprête à se marier. Elle cherche par tous les moyens à faire reconstruire son hymen pensant ainsi rétablir son innocence.  Malgré sa détermination, des doutes s'immiscent en elle. Pourquoi doit-elle paraître vierge, et pour qui ?


 

Elaha

Voici une jeune femme tiraillée entre le respect des traditions kurdes, l’amour pour sa famille et la soif d’indépendance, qui passera par la libre appropriation de son corps, ce dont témoigne la séquence inaugurale. Elaha danse. Son corps est comme en lévitation, il chorégraphie l’espace sans entrave, au grand dam de sa mère qui lui enjoint de se modérer   et de s’asseoir….

 

Etre écartelé entre deux forces contradictoires inconciliables : c’est le propre du dilemme.

 

La réalisatrice, dont c’est le premier long métrage,  va le traiter sans manichéisme. Les forces conservatrices (concernant le  contrôle du corps de la femme) sont incarnées au sein de la famille par la mère (le père est souvent mutique) une mère qui épie, soucieuse avant tout de l'honneur des siens . Incarnées plus largement et idéologiquement par la gent masculine si fière de l’apanage que lui réserve son « sexe » (l’avenir que propose Nassim à sa fiancée Elaha est sidérant de traditionalisme) Les forces émancipatrices ? les « copines » ? certes;  mais surtout la professeure qui lors d’un tête à tête explique avec calme que l’essentiel est de « se poser la bonne question », ne pas se barricader derrière des faux semblants.(elle participera d’ailleurs au bon déroulement d’une hyménoplastie gratuite); autre personnage féminin compréhensif et bienveillant,  la chirurgienne

 

A travers le personnage d’Elaha (interprétation souveraine de Baya Layla, allemande d’origine syrienne), la réalisatrice propose une radiographie sociale de la communauté kurde en Allemagne, -ses pratiques culinaires, ses soirées festives, le conflit que mènent certains contre la vie moderne alors que d'autres s'émancipent du "joug" familial . Avec Elaha on sera sensible à toutes les contraintes d'une hyménoplastie (dont le coût exorbitant pour des jeunes impécunieux) à ces escroqueries vendues en pharmacie,, capsules de faux sang et leur kit spécial « nuit de noces », on appréciera cette vidéo sur la reconstruction d’un hymen

 

Si le choix de la réalisatrice est éminemment politique -dénonciation non pas d’une culture mais du patriarcat (anachronisme du concept de   "virginité" entre autres et surtout nécessité de l’émancipation féminine) force est de reconnaître que la mise en scène est  assez classique,  conventionnelle (alternance scènes familiales dans l’intimité d’un appartement et extérieurs, contraintes et libérations, circulation de regards quand la parole est abolie, -immersion dans une complexité suggérée ? ) et l’on pourra même déplorer des effets d’insistance alors que le contexte est suffisamment éloquent jusque dans ses non-dits 

 

A voir ! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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19 février 2024 1 19 /02 /février /2024 08:10

d'Adrew Haigh (G-B  USA 2023) 

 

avec Andrew Scott Paul Mescal, Jamie Bell, Claire Foy

 

 

librement inspiré du roman  Strangers de Taichi Yamada

À Londres, Adam vit dans une tour où la plupart des appartements sont inoccupés. Une nuit, la monotonie de son quotidien est interrompue par sa rencontre avec un mystérieux voisin, Harry. Alors que les deux hommes se rapprochent, Adam est assailli par des souvenirs de son passé et retourne dans la ville de banlieue où il a grandi.

Sans jamais nous connaître

Ouvrir ou ne pas ouvrir sa porte, celle d’un appartement à l’intérieur d’un immeuble géant mais déserté par l’humain (prodigieuse façade dont un plan prolongé envahit tout l’écran) ; une porte et ses connotations (ouverture sur un monde, autre car singulier, sur le passé revisité, sur les possibles peuplés de fantômes souvenirs ); faire coïncider les affres de la création (angoisse de la « page blanche ») et la recherche d’un passé dont on porte toujours les stigmates ; assumer son homosexualité ; caresser le grain d’une peau humer l’odeur tracer l’effilé du regard ou le contour d’un sourire capté dans l’intimité à la fois sensuelle et pudique  -Eros-; parler avec ses parents miraculeusement ressuscités -Thanatos- . Oui il y a tout cela dans le film d’Andrew Haigh où le personnage principal est de tous les plans (subtile tromperie du tout début où Adam est comme "vautré" dans sa solitude; mais il aura suffi  d'une alerte incendie, d'une rencontre inopinée pour que tout bascule   );  où les atmosphères (très travaillées) aux tonalités pastel le plus souvent ont ce quelque chose de cotonneux ou d’embué bleuâtre qui épouse la descente (ou remontée c’est selon) vers le souvenir l’orgasme la création ; où abondent les effets spéculaires; où la douloureuse impossibilité de faire le deuil ira s’amenuisant au fur et à mesure que se libère la parole (celle qu’on aurait aimé entendre, celle d’un père entre autres celle d’une mère encore plus corsetée dans ses clichés réducteurs sur les enfants « queer »  !)

Le tempo est assuré par ces allers et retours en train (de l’appartement à la maison de l’enfance) par l’alternance entre scènes familiales (avec la prégnance du réel même si Adam est plus âgé que ses géniteurs, il les « retrouve » le temps de ses visites tels qu’il les avait enserrés dans l’écrin mémoriel des années 70 80) et séquences dans l’appartement (où Adam vivait seul…) ,par le jeu sur les temporalités (présent et passé, présent et imparfait, passé et futur antérieur), par l’irruption du cauchemar (cris et images déformées de celui qui souffre d’un trauma originel, de ses démons intérieurs) qui contraste avec l’apparente quiétude (cf le sourire de l’acteur  Adam Scott ou les rires de Paul Mescal)  

On sera sensible (forcément tant le film nous y oblige) à la porosité de la frontière entre rêve et réalité (le fantôme est là palpable dans la contingence devenue nécessité) à toutes les thématiques abordées et incarnées par 4 personnages (deuil famille solitude orientations sexuelles)

Cela étant l'impression désagréable de l’artificialité  aura gâché  le simple « plaisir » de « regarder » ; (moins celui d’écouter « the power of love ou Always On My Mind )

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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15 février 2024 4 15 /02 /février /2024 11:30

De  Bertrand Bonello  (2023) France Canada

 

Musique Bertrand Bonello, Anna Bonello

 

Acteurs Léa Seydoux  (Gabrielle) George MacKay  (Louis) Marta Hoskins,  Guslagie Malanda (Poupée Kelly)

 

libre adaptation de la nouvelle d'Henry James "La bête dans la jungle" 

 

Film dédié à Gaspard Ulliel 

Dans un futur proche guidé par l’intelligence artificielle, les émotions sont devenues une menace. Pour s’en débarrasser, Gabrielle doit purifier son ADN et pour cela, replonger dans ses vies antérieures…Elle y retrouve Louis, son grand amour. Mais une peur l'envahit, le pressentiment qu'une catastrophe se prépare.

La Bête

Comme la plupart des films de Bonello (Tiresia, L'Apollonide Nocturama) La bête est d’une beauté rare (vision frontale ou parcellaire ; vision globale ou fragmentée et fragmentaire; déformations; vues en contre-plongée et surtout tout dans le film est travaillé comme au cordeau -cadres plans mouvements jeux de travellings choix des couleurs scènes cauchemardesques, etc. ) Mais Bonello rappelons-le a ses détracteurs (lesquels l’accusent de formalisme outrancier, confondant choix esthétiques et parti pris esthétisants)

 

Séquence d’ouverture : fond vert, Léa Seydoux guidée par la voix du réalisateur doit faire un pas de côté s’approcher d’une table prendre le couteau et attaquer la…Bête (? ) UN CRI  primal sort de sa bouche distordue. Le fond comme écran sur lequel projeter les images de la peur ? pour Gabrielle ce sera l’amour contrarié avec Louis ; une histoire d’amour revisitée, à différentes époques et l’on passera de l’une à l’autre (1910 2044 2014 ) avec ces images qui se déforment en anamorphoses mais aussi avec changements de costumes et de décors alors que Gabrielle (ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, artiste ou  mannequin, aspirante actrice ou femme seule aspirant à l’amour) aura accepté la purification (bain noir, énorme aiguille -celle du temps ? celle d’une inoculation -thérapie prophylaxie catharsis ? En acceptant (en 2044) de se débarrasser de ses affects, purgeant son ADN, elle « revivra » ses amours ses peines ; simultanément ce sera la garantie de ne plus jamais souffrir ? Même quand t'es amoureuse et que ça se passe bien, t'es toujours dans l'angoisse de la perte à venir. Alors autant ne plus vivre ça.» lui souffle l’amie…

 

1910 Pianiste mariée à un fabricant de poupées, Gabrielle lors d’une soirée ultra-mondaine (on donne à voir des peintures tourmentées à la Egon Schiele) « rencontre » Louis de passage à Paris. Une démarche languide dans les pièces de la vaste demeure bourgeoise Une peur une certitude celle d’une catastrophe imminente. Louis le sait. Elle le lui avait dit, (rappelez-vous) avec ce phrasé, cette lenteur calculée  très durassienne. Oui la catastrophe surviendra...

 

« je voulais mettre ensemble la peur et l’amour » affirme le cinéaste qui pour ce « voyage dans le temps » convoque « 3 formes filmiques de la peur » : dont le pseudo film d’horreur (2014) avec un Louis en tueur psychopathe, avec des clins d’œil plus ou moins appuyés à Lynch et la dystopie  de 2044, son « idéal » aseptisé, son IA (voix de Dolan)

Mais se priver de ses émotions n’est-ce pas perdre son humanité ? dès lors s’obstiner à sauvegarder cette parcelle d’humanité serait-ce entrer en résistance ? la réponse est dans ce film à nul autre pareil

 

On retiendra la beauté sidérante de l’atelier de poupées, (prolongement ou préfiguration de cette figure artificielle qui accompagne Gabrielle?) l’embrasement où le feu s’allie à l’eau,  (et où Gabrielle est devenue l'Ophélie ) et toutes ces ambiances musicales (des anachronismes recherchés : dans un club du futur danser sur de la musique soul de 1970)

 

 

Un film à ne pas rater 

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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13 février 2024 2 13 /02 /février /2024 13:21

d'Ilya Povolotsky (Russie 2021)

 

avec Maria Lukyanova Gela Chitava

 

Quinzaine des cinéastes Cannes 2023

 

Un père et sa fille adolescente sillonnent la Russie à bord d'un van qui contient tous leurs biens et le matériel d'un cinéma itinérant. Ils organisent des projections en plein air dans les villages reculés. Lors de leur périple, de brèves rencontres ponctuent leur solitude. Mais leur vie va basculer sur les rives de la mer de Barents.

La Grâce

Aussi aphasique et mélancolique que les films du Lituanien Sharunas Bartas, La Grâce du jeune réalisateur russe est un road movie étonnant où la tache rouge du van (celui où vivent le père et sa fille) devient dans l’immensité, la rugosité, la désolation des paysages traversés,  la luminescence dans les ténèbres ; et la dernière partie rappelle -tant les similitudes s’imposent- le film d’Andreï Zviaguintsev le léviathan (les rives de la mer des Barents, le décor post apocalyptique, la peste des poissons). 

 

Le film s’ouvre sur le plan d’une jeune fille accroupie ; elle vient d’uriner près d’une rivière, son corps a saigné ! Elle rejoint le van après sa corvée d’eau, un van conduit par le père, un père qui délaisse la femme de passage (elle-même va s’évanouir dans les méandres d’une route improbable) femme à laquelle l’ado demande une serviette…pour éponger ses menstrues…

Mais qui sont ces deux personnages ? où vont-ils ? à plusieurs reprises l’adolescente évoque la possibilité de la mer…A l’intérieur du van, la présence d’une urne, matérialisation d’un passé qui n’est pas encore enfoui. Le chemin sera long lent jusqu’à l’émancipation. La Grâce ou le récit de cette émancipation. (l’élément liquide y acquiert la grâce de La (re)naissance)

 

Gros plans sur les visages à l’intérieur de l’habitacle, larges panoramiques pour les extérieurs, et/ou plans majestueux où respirerait la matière d’un vivant déjà mort, avec vues en plongée ou contre plongée, alternance lumière et obscurité, scènes en miroir (rapport père/maîtresse de passage par exemple) des paysages désolés, (et même cet immense centre commercial a des couleurs défraîchies) des ruines, et ce long travelling latéral sur une façade abandonnée avant que n’apparaisse assise une femme muette elle aussi ou du moins peu loquace, le travail exigeant sur les lumières les cadres, tout cela témoigne de la puissance suggestive du film, et de la maîtrise de son réalisateur ! d’une vibration  personnelle pour communiquer cette impression (insoutenable pour certains spectateurs) d’une existence fantomatique (pour ne pas dire sépulcrale).

 

ô  visage d’adolescente à la grâce des peintures de la Renaissance !

ô mutiques adultes,! ô jeunesse désenchantée ! de quelle grâce êtes-vous le « non » (ou le nom)

 

Et si nous avions traversé avec vous un espace mental ?   

Un film à ne pas rater

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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