17 septembre 2024 2 17 /09 /septembre /2024 08:32

De  Boris Lojkine (France 2024)

 

avec Abou Sangare (Souleymane) Alfa Oumar Sow (Barry) Nina Meurisse (agente OFPRA) Emmanuel Yovanie (Emmanuel) Kelta Diallo (Katiadou)

 

 

Prix du Jury de la section Un certain regard (Cannes 2024)  Prix d'interprétation masculine pour Abou Sangare

Prix FIPRESCI (fédération internationale de la presse cinématographique)

Argument: Tandis qu'il pédale dans les rues de Paris pour livrer des repas, Souleymane répète son histoire. Dans deux jours, il doit passer son entretien de demande d'asile, le sésame pour obtenir des papiers. Mais Souleymane n'est pas prêt. 

L'histoire de Souleymane

Une plongée au cœur des ténèbres, un rythme trépidant (ce qui n’exclut pas des moments de pause émouvants l’ « adieu » à Katadiou la jeune femme aimée restée en Guinée par exemple ) une façon « originale » de filmer à vélo (ce qu’expliquait le réalisateur lors de la rencontre hier soir)  et voici que Boris Lojkine rend « visible » l’ubérisation de ces livreurs étrangers ivoiriens et guinéens (dont 75% de sans papiers), voici qu’il rend palpables tous les risques encourus, en immergeant le spectateur dans le vertige d’une course contre la montre quotidienne, grâce à cette caméra qui suit le.personnage de bout en bout, comme vissée à lui, collée  à sa peau – et grâce à une bande son   qui rend audible le calvaire en restituant saccades chaos et grouillements, -cliquètement entrechocs rails vrombissements- de la ville dans l'entièreté de son tissu sonore (rues, métro, dortoirs d’accueil, douches municipales, bus spéciaux) . 

Dettes à rembourser (Souleymane a loué une application téléphonique à Emmanuel) réservation au petit matin d’un endroit où « dormir » le soir, bus et métro à ne pas rater après une journée harassante de courses effrénées (rendement imposé), et à chaque étape la même angoisse, à chaque étape de ce calvaire de forçat de la rue  -on est au cœur d’une forme éhontée d’exploitation moderne- la même peur panique dans l’attente de ce « sésame » (droit d’asile, statut de réfugié politique ). Telle se donne à voir "l'histoire" de Souleymane 

Mais il est une autre « histoire » celle qu’il est contraint d’apprendre par cœur (documents précis à se procurer moyennant finances) une histoire censée faciliter l’obtention du « papier » qui légaliserait une situation, une histoire qui mêle politique engagement emprisonnement tortures dans la Guinée natale, une histoire datée avec précision, une histoire friande de détails (lieux noms des personnalités politiques ou des militants,  vérifiables) ; une histoire qui certainement correspond à une réalité mais qui n’est pas celle de Souleymane….En revanche le récit du périple (Algérie Lybie Italie) Souleymane l’a vécu dans ses horreurs accumulées (raison suffisante pour dissuader Katadiou de le rejoindre) « horreurs » que le cinéaste avait illustrées dans Hope (2015)

La dernière séquence où le face à face alterne les points de vue tout en alternant les plans sur les visages avec changement subtil d’angle de vue (et non champ contrechamp) aura son acmé dans une subjectivité retrouvée, dans et par une réappropriation sincère de soi; et même si la compassion se lit sur le visage de Nina Meurisse (elle auditionne dans le cadre de l’OFPRA -Office français de protection des réfugiés et apatrides-), et se devine dans son regard - même si la voix de Souleymane est entrecoupée de pleurs, hoquets et spasmes vont emplir un écran noir laissant au spectateur le loisir « d’imaginer la suite… » 

 

Un film aux allures de documentaire aussi vibrant que l’interprétation à fleur de peau de Sougare

Un film sur l’humain (on retiendra la séquence où à bout de souffle le livreur a monté en maugréant  les 6 étages d’un immeuble pour livrer le repas à un....vieillard impotent …à qui il va proposer spontanément son aide !;);  une humanité qui jamais ne verse dans le sentimentalisme le misérabilisme,  le manichéisme

Un film à ne pas rater lors de sa sortie le 9 octobre  

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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16 septembre 2024 1 16 /09 /septembre /2024 15:50

 

 

Le réseau des festivals de cinéma de Rouen vous invite

le lundi 30 septembre

au cinéma Omnia-République à 19h30

 

à une soirée - présentation de la saison 2024/2025 et  projection de 7  courts-métrages-

 

 

moteur.cinema.rouen

reseaumoteur@gmail.com

 

 

Soirée Moteur le 30 septembre
Soirée Moteur le 30 septembre

 Dates à retenir  

 

Regards sur la Palestine  4 au 6 octobre 2024

 

Film fantastique               8 et 9 novembre 2024

 

this is england                 16 au 24 novembre 2024

 

elles  font leur cinéma       28 février au 2 mars 2025

 

à l'Est                                14 au 16 mars 2025

 

ciné friendly                        24 au 26 avril 2025

 

courtivore                            16 mai au 14 juin 2025

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12 septembre 2024 4 12 /09 /septembre /2024 07:31

Documentaire réalisé par Mati Diop (France Bénin 2024)

 

 

Ours d'or Berlinale 2024

Argument: Novembre 2021, vingt-six trésors royaux du Dahomey s’apprêtent à quitter Paris pour être rapatriés vers leur terre d’origine, devenue le Bénin. Avec plusieurs milliers d’autres, ces œuvres furent pillées lors de l’invasion des troupes coloniales françaises en 1892. Mais comment vivre le retour de ces ancêtres dans un pays qui a dû se construire et composer avec leur absence ? Tandis que l’âme des œuvres se libère, le débat fait rage parmi les étudiants de l’université d’Abomey Calavi.

Dahomey

Les 26 œuvres élues qui retournent dans leur pays d'origine seront dans le film/documentaire de Mati Diop   "actrices et narratrices de leur épopée" . Ecoutons la voix de la statue n°26 (sculpture du roi Ghézo ) qui va parler au nom de toutes les œuvres qui resteront (encore) dans l’ombre et au nom des 26 élues. Ecoutons cette voix venue du fond des âges du fond des abysses ou des profondeurs chthoniennes…

Dans ce film à la puissance formelle novatrice audacieuse Mati Diop « restitue » les étapes d’un long voyage : en artefact le « rapatriement » (terme qu’elle préfère à « restitution ») des 26 objets royaux (raflés par le colonel Dodds en 1892, expédiés au musée du Trocadéro puis réinstallés au musée du quai Branly en 2000) depuis les coulisses du musée Chirac jusqu’au palais présidentiel de Cotonou, en passant par un empaquetage ritualisé et le transport en avion-cargo. ; simultanément la cinéaste  invite le spectateur à un voyage à travers les océans, les continents et les époques Car  elle exhume  par la fiction la mémoire de populations exilées, et cette population déportée, mise en  esclavage, colonisée, recouvre SA voix,. Un rapatriement qui va se confondre avec la restitution de soi-même, à soi-même.  

Dans un premier temps -quai Branly-, une approche très clinique mêle froideur (sous-sol aseptisé) et liturgie (délicatesse des gestes ritualisés), silence sépulcral et cliquètement de chaînes,  en une succession de plans fixes prolongés ou de "tableautins" ,- et la lente immersion dans l’intériorité des statues ira de pair avec les frôlements sur la matière que l’on caresse (le bras de l’officiant/technicien épouse parfois celui de l’exilé.e à rapatrier) avant une mise en « caisse»  telle une mise au tombeau -écran noir pour le cérémonial d’enfermement.

De retour au Bénin, l’œuvre est auscultée (d’éventuelles fissures telles des lésions sont méthodiquement consignées comme pour un diagnostic médical). La médiatisation fut telle que tout un pays en liesse fête l’événement ! Musique danses couleurs et lumière. Mais simultanément voyez ces jeunes ouvriers sur des chantiers dangereux (réfection du palais présidentiel en vue de l’expo) ou portant à bras le corps les caisses : le « rapatriement » serait un projet dont ils sont exclus ? La voix ne reconnait pas … les siens …une violence de « classes »  si patente !!!  J’ai voulu la rendre palpable tant je l’ai sentie forte au Bénin – 

En faisant se croiser des points de vue différents, la séquence où nous « entendons » les propos de jeunes étudiants met en évidence une confiscation de la mémoire. Parler de restitution n’est-ce pas parler des stigmates du colonialisme ? de mémoire et… d’amnésie , une amnésie "méthodiquement" orchestrée ?

(il y a d’autres priorités pour notre pays dit l’un, …comment être sensible à cette « histoire » alors que l’on a été nourri de Tom et Jerry…avoue un autre ; c’est un combat politique en ce qui concerne l’identité culturelle de l’Afrique ose affirmer une autre  Ce qui a été pillé est l'âme des peuples

Et  de fait  la "restitution" serait d'abord l'histoire du  "pillage" ..d'un Continent !

Or  le combat politique reste à  "reconstruire"  et Mati Diop dédie ce film en priorité à la jeunesse africaine

 Je tenais à ce que le sujet lui soit restitué et j’espère que le film participe à cette réappropriation

Un film à ne pas rater

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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11 septembre 2024 3 11 /09 /septembre /2024 15:33

Film d'animation réalisé par Michel Hazanavicius

 

avec les voix de Jean-Louis Trintignant, Dominique Blanc, Gregory Gadebois, Denis Podalydes 

 

adapté du conte éponyme de Jean-Claude Grumberg 

 

Présenté en Compétition Officielle festival de Cannes 2024

 

Sortie prévue novembre 2024

Avant-première à l'Omnia mardi 10 septembre en présence du réalisateur

Dans un bois enneigé vivent un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne, dans la solitude, la misère et le froid. Suite à une prière près de la voix-ferrée, la bûcheronne recueille un bébé, balancé d’un train où un homme a aperçu sa silhouette. Malgré les réticences de son mari, elle ramène l’enfant au chaud dans leur maison

La plus précieuse des marchandises

 

Il était une fois, dans un grand bois, un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne”, dit la voix off (Jean -Louis Trintignant) l

Montrer l’horreur ? tendance fâcheuse au voyeurisme obscène. Ne pas la montrer ? être dans un déni injustifié voire inqualifiable… Comment trancher ? en recourant au « conte » et à l’animation. Voilà ce qu’affirmait (grosso modo ) Michel Hazanavicius hier soir lors de la rencontre après la projection de son long métrage d’animation (lequel d’ailleurs fut présenté à Cannes en compétition,) Et pourtant n’est-ce pas au même dilemme qu’ont dû être confrontés László Nemes pour le fils de Saül et plus récemment Jonathan Glazer pour La zone d’intérêt ??  Et pourtant....

En adaptant le « conte » de Grumberg Michel Hazanavicius a certes trouvé une forme d’équilibre, où la suggestion aurait le primat sur la démonstration. Même si à un moment de la narration le spectateur est « censé » voir par le regard du père biologique, rescapé au corps famélique, fantomatique, les « horreurs » des camps d’extermination (succession de dessins qui misent à la fois sur l’amoncellement et l’insoutenable (mais précisément dans le quotidien des « pauvres bûcherons polonais» cela reste hors champ…) ou encore le dessin où « découvrant » son reflet, ce père biologique « découvre» en même temps l’horreur qu’il suscite chez la gamine (sa fille !!!) Double découverte, double mise à nu… sans artifice

Suggestion au service d’une option, celle de la survie (dans le déroulé narratif) qui se confond avec celle de la Vie et de l’Amour (apologue) Et la simplicité des traits, des contours plus ou moins épais (les cernes évoqués par le cinéaste), les aplats de couleurs pour les personnages,  le blanc pour « signifier » l’irréalité des lieux -que sillonnent pourtant des trains de manière récurrente, trains de plus en plus tonitruants et rougeoyants- …le passage du figuratif à l’abstrait, les oppositions à l’intérieur d’un cadre verticalité/horizontalité,  tout cela sera gage de sobriété. Mais une sobriété qui n’exclut pas l’expressivité et les contrastes (à un moment un oiseau quittant sa branche bienfaitrice nous entraîne dans l’univers géométrique de constructions humaines où l’on devine - tas de chaussures sur lequel il vient de se poser…-- que s’accomplit « la solution finale » )

Contribution musicale d'Alexandre  Desplat ? Le cinéaste affichait sa fierté d’avoir travaillé avec lui (compositeur régulier de J Audiard Wes Anderson, ou encore Guillermo del Toro, compositeur français de cinéma renommé comme le furent en leur temps Legrand ou Delerue  …). Et pourtant ici le crissement des violons est à la fois pesant et sur-signifiant ce qui (à mon humble avis) nuit au propos (là où précisément la ténuité des dialogues et la qualité de l’image, des traits, de la composition du cadre etc… auraient suffi à rendre crédible le…cauchemar)

Un film d’animation assez « convenu » (dessins et propos)

Au final, impression mitigée….

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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10 septembre 2024 2 10 /09 /septembre /2024 09:42

de Camila Beltràn  (Colombie 2023) 

 

 Avec Stella Martinez (Mila) Hector Sanchez (David) Marcela Mar (Eva) Mallerly Aleyda Murillo Rivas (Dora)

Musique Wissam Hojeij

 

Festival Cannes 2024 ACID 

Festival Sitges (festival international fantastique de Catalogne)

Argument: Bogota 1996. Alors qu’une éclipse de lune s’apprête à toucher Bogota, les habitants redoutent l’arrivée du diable. La jeune Mila se demande, elle, si son corps ne serait pas impacté par cette terrible prophétie…

Mi Bestia

Métamorphose du corps pubère, prise de conscience douloureuse d’un phénomène traumatisant suspect et inquiétant, l’idée n’est pas originale mais la mettre en parallèle avec une prophétie -celle qui annonce avec la nouvelle lune la venue du fils du diable- et ce dans un pays où religion omniprésente se confond avec religiosité et où le regard de l’homme phallocrate abuse de ses pouvoirs maléfiques, tel sera le thème de ce premier long métrage. Lequel en outre comme dans un film expérimental teste la possibilité de juxtaposer images de teneurs et textures différentes. (rompant avec la tradition des 24 images /seconde seuil à partir duquel notre cerveau considère une succession comme fluide, Camila Beltran a travaillé en 8, 12 ou 16 images seconde accélérées ensuite en post production) d’où cette impression   de flou  de saccadé  (car il s’agissait avant tout d’exprimer par l’image ce que Mila ne peut formuler car c’est trop viscéral ; une voix off eût été incompatible cf dépliant sur le présentoir dans le hall de l'Omnia ) 

Le hic est qu’ici lourdeur et lenteur -du moins au début-  loin de surligner les effets anxiogènes,  va les étouffer et décevoir les attentes du spectateur…Coupure de courant, marécage à la flore composite par interpénétration des différents règnes,  canidés carnivores, sang qui gicle, sexe et mains ensanglanté.es, ciels tourmentés, regards affolés, lune qui rougeoie  tout cela ressemble souvent à des poncifs quand bien même on cherche à les nimber d’une aura mystique ….

Mais il y a cette jeune actrice Stella Martinez qui incarne Mila ; elle est de tous les plans (visage qui envahit le cadre au format 4,3, vue de dos comme isolée dans des rues étrangement désertes), il y a cette acuité du regard capable de tout capter en une seule et même image mêlant le réel et le fantasmé ; une mine renfrognée  qui soudain s’illumine à la vue de son copain …. Mila élevée dans une école catholique, , Mila et la « nourrice » bienveillante dépositaire de croyances, Mila et son beau-père au regard concupiscent…Mila la rebelle alors qu’à la télé on déplore la disparition de gamines de 11 13 ans (celle de Dolores Reyes par exemple) …elle boude les recommandations.(des adultes) . Et sa transformation elle va l'assumer  en passant par une métamorphose…

Le rythme ira s’accélérant jusqu’à la séquence finale et ce plan sur Bogota, vue en surplomb ; crépitante de lumières la ville brille des vives clartés de la nuit (oxymore assumé ....!)

 

Au final, impression plus que mitigée

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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9 septembre 2024 1 09 /09 /septembre /2024 08:32

De Céline Sallette (2023)

 

avec Charlotte Le Bon, (Niki) Judith Chemla (Eva Aeppli) John Robinson (Harry) Damien Bonnard (Jean Tinguely) Radu Mihaileanu (Brancusi) Jesse Guttridge (Jean-Pierre Reynaud ) Eric Pucheau (Dufrêne) Hugo Brunswick (Arman) Maxime Saint-Jean (Jean-Paul Riopelle) Romain Sandère Hugues Weiss

 

Festival de Cannes 2024 Un certain regard

 

en avant-première à l'Omnia vendredi 6 septembre  en présence de la réalisatrice 

Argument: Paris 1952, Niki s'est installée en France avec son mari et sa fille loin d'une Amérique et d'une famille étouffantes. Mais malgré la distance, Niki se voit régulièrement ébranlée par des réminiscences de son enfance qui envahissent ses pensées. Depuis l'enfer qu'elle va découvrir, Niki trouvera dans l'art une arme pour se libérer.

Niki

Un format 4,3 (enfermement), le recours aux split screen, (dissociation) le jeu sur les couleurs et les lumières, les titres à la « franc-tireuse » qui jalonnent les étapes, un tempo qui épouse tous les battements de cœur,, de la Vie de la Douleur de Niki, autant de procédés au service d’une approche à la fois frontale immersive et délicate de la plasticienne Niki de Saint-Phalle de 1952 à 1960 (une Niki admirablement interprétée par la talentueuse Charlotte Le Bon)

Un visage à la blancheur quasi spectrale enfermé dans le cadre 4,3 une voix masculine hors champ impose de légers mouvements des yeux,  c'est le plan d'ouverture. Elle c'est Niki. Mannequin, elle pose pour la revue Vogue ! Mais… Mais voici qu’une ampoule  éclate. Panne  de lumière, panique ; l’écran lumineux s’assombrit !

Un prologue qui encoderait le film ? En tout cas le « partage /dissociation» n’est -il pas le prélude au split screen, procédé assez récurrent (surtout quand ressurgit le passé, le trauma) et à la dialectique ombre et lumière, au tiraillement qui écartèle la jeune femme. Jusqu’à sa résolution; le dernier plan d'ailleurs fait écho au tout premier (à l’image lisse mais figée, s’est substitué le visage rayonnant de celle qui vient de couper ses cheveux de façon anarchique : Niki s’est libérée de ses emprises. Niki peut devenir enfin ce qu’elle est .... Grâce à l'art!! 

C'est le parcours auquel nous convie Céline Sallette dans son premier long métrage qui mêle la fureur et la douceur, le tragique (les couteaux amoncelés sous le matelas, la folie dévastatrice et ses non moins dévastatrices thérapies) et l’humour (à un amant dégoûté par ses menstrues elle répond « je croyais que tu aimais la couleur »)

S’il n’est pas un « biopic » il pèche parfois dans ses tentatives de « reconstitution » historique ou autre : on célèbre en extérieur la création du mouvement pictural les « nouveaux réalistes » (et ils sont tous présents Arman, Brancusi, JP Raynaud, Tinguely, Dufrêne…) mais que le discours d’intronisation  fleure la leçon bien apprise ! La confrontation présent/passé, à cause du format 4,3 divisé par le split screen, est traitée à la façon de vignettes (comme si on « lissait » certaines aspérités ??) Or dans le premier le père n’était-il pas censé « avaler » moins sa nourriture, que l’enfant comme l’Ugolin de Dante ou le Saturne de Goya, métaphore de l’inceste pour la réalisatrice   ???). D’autres split screen rappellent plus les écrans divisés des programmes télévisés que la « trouvaille » esthétique, narrative ou dramatique ; le jeu entre Tinguely et Niki qui se cherchent sans (encore) se trouver vire à la caricature, le passage d’une missive (capitale pour Niki qui souffre d’amnésie traumatique) grâce à ces mains qui se touchent par-delà les temporalités et les lieux différent.es, se contente de niveler les raccords et de réduire les deux temporalités à une seule   

Autant le personnage d’Eva Aeppli (Judith Chemla) est convaincant autant celui de son mari Jean Tinguely (Damien Bonnard) peine …à s’affirmer même quand il énonce le primat de la gratuité dans  l’acte créateur sur toute autre considération (à moins que ce ne  soit antiphrastique) …

Mais ce ne sont là que de légers bémols….

Un film où vous ne verrez aucune œuvre (photographie,  reproduction) Certes les ayants droit s'y sont opposés, mais comme, l’affirmait enjouée Céline Sallette lors de l’avant-première (vendredi 6 septembre) « de toute façon le sujet du film c’est comment l’art la transforme et non ce qu’elle produit »

Un film à voir !

 

Colette Lallement-Duchoze

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8 septembre 2024 7 08 /09 /septembre /2024 07:15

De Zar Amir et Guy Nattiv (USA Géorgie 2023)

 

avec Arienne Mandi (Leïla Hosseini) Zar Amir (Maryam) Jaime Ray Newman (Stracey Travis), Ash Goldeh (le mari de Leila) Mehdi Bajestani (le père)

 

 Festival de Venise  Prix Brian, (un prix qui récompense un film qui défend la liberté) 

La judokate iranienne Leila et son entraîneuse Maryam se rendent aux championnats du monde de judo avec l'intention de ramener sa première médaille d'or à l'Iran. Mais au cours de la compétition, elles reçoivent un ultimatum de la République islamique ordonnant à Leila de simuler une blessure et d'abandonner pour éviter une possible confrontation avec l'athlète israélienne.

Tatami

Première séquence :  habitacle d’un bus (une délégation iranienne se rend aux championnats du monde de judo) un travelling latéral, une vue panoramique sur la capitale géorgienne Tbilissi. Le ton est donné. Mutisme et concentration, huis clos, ce qu’accentue le choix du format et d’un noir et blanc un peu  désuet. style expressionniste(?) . En écho au final un bus, une délégation, mais avec d’autres perspectives……Entre les deux nous aurons assisté -et ce dans tous les sens du mot- à un double combat, celui sur le tatami -pour l’obtention d’une médaille d’or- et celui d’une conscience, combat intérieur douloureux (Leïla est confrontée à un dilemme, se soumettre au diktat de son « gouvernement » qui la somme d’abandonner, pour ne pas affronter une Israélienne ou poursuivre sachant que l’inévitable répression s’acharnera sur les siens (mari enfant parents …) Le film est l’histoire de cette tension

Tension qui culmine (au mitan) dans ce montage parallèle au rythme haletant (Leïla et son adversaire sur le tatami, en Iran mari et enfant dans leur course contre la montre pour échapper à…) Tension qui oppose les séquences de liesse (famille amis face au petit écran exultant à chaque victoire de Laïla ; flash-back exaltant l’amour d’une femme d’une mère dans un Iran décomplexé) et celles douloureuses des pressions exercées à l’intérieur de l’arène.-dont la progression suit celle des victoires remportées… Opposition entre la verticalité des tribunes (mais comme désertées.) avec ces jeux de travellings ascendants ou de contre-plongée, et l’horizontalité de la scène (avec parfois un plan fixe prolongé sur le(s) corps terrassé(s). Opposition entre les gros plans sur le visage de Leïla (dont les stigmates de la peur seront de plus en plus lisibles jusqu’à l’automutilation, sur celui de son entraineuse (avec des fluctuations en harmonie d’ailleurs avec « ses » choix !!) et ces plans d’ensemble (sur les autres membres de la délégation comme figée , entre le silence si éloquent de la judokate, un bloc de concentration, et le commentaire en voix off analysant les « combats ». Ces commentaires (loin d’être fastidieux) vont permettre d’établir des parallèles entre certaines règles du judo (forcer à l’abandon en imposant un étranglement, une clé de bras) et les pressions que subit la judokate iranienne. L’évolution de la relation avec son entraîneuse plaide pour ce parallèle, - car cette autre dynamique interne illustre précisément la dialectique du corps à corps et du rejet…

Ce film co réalisé par un Israélien résidant aux États-Unis, et une Iranienne réfugiée en France prouve la singularité d’une collaboration inédite ( ?). Il est censé dénoncer toute forme de radicalisme, mais  c’est un film à charge  contre le régime iranien des mollahs…  et dans le contexte actuel il résonnera de façon assez trouble (ou troublante c’est selon !)

Il souffre en outre d’une répétitivité trop appuyée, de symbolismes complaisants (les connotations du miroir brisé ou celles du « carcan » par exemple)

Cela étant Tatami n’en reste pas moins un film que je vous recommande (construction, prestation d’Arienne Mandi, musique de Dascha Dauenhauer)

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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5 septembre 2024 4 05 /09 /septembre /2024 13:39

de Laetitia Dosch (2024  France Suisse)

 

avec Laetitia Dosch, François Damiens,  Anne Dorval,  Jean-Pascal Zadi , Pierre Deladonchamps Mathieu Demy,  Kodi le chien

 

Festival de Cannes 2024  Un certain regard

Palm Dog pour Kodi

 

 

Présenté en avant-première hier à l'Omnia en présence de Laetitia Dosch 

 

Sortie le 11 septembre 

Argument: Avril, avocate abonnée aux causes perdues, s’est fait une promesse : sa prochaine affaire, elle la gagne ! Mais lorsque Dariuch, client aussi désespéré que sa cause, lui demande de défendre son fidèle compagnon Cosmos, les convictions d’Avril reprennent le dessus. Commence alors un procès aussi inattendu qu’agité : le procès du chien.

Le procès du chien

 

D’emblée -dès le générique-  la voix off de Laetitia Dosch introduit le spectateur dans une "histoire" dans son univers mental -bilan   d’une carrière bien modeste - mais aussi dans un monde où s’opposent le burlesque et le sérieux, le dominé et le dominant-; -ce dont témoignent le face à face humiliant avec son "supérieur " mâle, le vocabulaire trivial,  l’hébétude qui se lit sur le visage de l’avocate quand se présentent le malvoyant et Cosmos, son chien accusé de …morsures sur des …femmes. La voix off par la suite tout en alertant  le spectateur, permet à l'avocate de s’interroger comme en se dédoublant, de commenter, distribuer des satisfecit ou des blâmes  et au final -en écho au prologue-  elle sert d'épilogue au ....procès du chien....

 L’incongruité de certains épisodes et le grossissement – jusqu’à la caricature cf le personage de l’avocate de la partie civile politicienne aux dents longues - loin de desservir le propos l’inscrivent au contraire dans le genre de la comédie. Une comédie en ses diverses nuances,  burlesque, grotesque, humour, légèreté. Comique de situation (et F Damiens d’entrée de jeu qui est aussi une entrée en scène avant d’être entrée dans le prétoire, fait un numéro de malvoyant hilarant ;  la façon de faire entrer dans le cadre le chien, impérial, au regard implorant ou aux aboiements inattendus );  comique de mots (les questionnements ad libitum sur les notions de « bien meuble »  « chose » « animal machine » bref sur le statut à donner à un chien « accusé » de surcroît de misogynie);  l’écart entre la légèreté formelle assumée et le sérieux des problèmes abordés (altérité antispécisme violences domestiques) Il y a des « numéros irrésistibles » -celui du comportementaliste qui pour être pédagogue n’en est pas moins délirant en imitant par des circonvolutions, et des circonlocutions celles supposées du cerveau mammifère ;  la réunion d’un comité d’éthique où siègent imperturbables, les représentants de différentes religions et philosophies ou encore cette séquence où l’on a imaginé un immense buzzer horizontal à l’adresse du chien sommé de répondre en appuyant de sa patte sur tel ou tel bouton…   Seule l’avocate souffrirait de ne pas trouver le « ton juste » celui qui dévoilerait son être profond ? (Quand est-ce que j’arriverai à parler comme je suis bordel de merde confie-t-elle à son jeune voisin alors qu’ils visionnent les infos sur le petit écran) et d’ailleurs sa plaidoirie finale semble récitée avec difficulté… au moins est-elle sincère loin des éructations dignes de CNews qu'incarne Anne Dorval

Ainsi Le procès du chien serait (aussi)  une sorte de parcours initiatique dont les étapes seraient scandées par ces gros plans sur le visage de l'avocate -dont un cadré à la Brancusi ; et l’ovalité trouve une sorte d’irénisme dans ce cadre où l’avocate et le chien reposent dans une forme ellipsoïdale faisant corps avec une nature protectrice et nourricière…Et au final après le verdict (ne pas spoiler) l'avocate  filmée de dos, ne s'est -elle pas  "libérée" " de certaines emprises ....

Accélérer, ralentir,  couper le son autant de procédés qui participent aussi d’un même choix. La rigidité de la salle d’audience (où tout est codifié avec ses bancs ses alignements sa répartition de l’espace sa cohorte d’experts et cette immense toile de fond qui représente un paysage suisse) contraste avec les intérieurs d’appartements ou les extérieurs mais surtout avec des instantanéités incontrôlées.

Ce premier film de l’actrice est une fable fantaisiste, hilarante parfois, où se télescopent des profils et des idéologies si bien ancrées dans notre quotidien…

Un film que je vous recommande

 

Colette Lallement-Duchoze

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2 septembre 2024 1 02 /09 /septembre /2024 04:54

de Jonas Trueba (Espagne 2024)

 

avec Itsaso Arana, Vito Ganz Fernando Trueba

Argument: Après 14 ans de vie commune, Ale et Alex ont une idée un peu folle: faire une fête pour célébrer leur séparation...Si cette  annonce laisse leurs proches perplexes  le couple semble certain de sa décision

Septembre sans attendre

Nous avions suivi Eva en août dans la torpeur madrilène (Eva en août (la virgen de agosto) - Le blog de cinexpressions) ; nous avons vu entendu de micro événements à la Rohmer (Venez voir - Le blog de cinexpressions) et nous voici à nouveau sollicité(s) pour une urgence :  célébrer la séparation entre Ale et Alex après 14 ans de vie commune…. On retrouve dans ce long métrage la même dilection pour les dialogues- qui enchevêtrent références philosophiques, quotidienneté, contemporanéité, commentaires de films-, le même goût prononcé pour les plans séquences et plans fixes. En outre et compte tenu des métiers exercés par Ale (réalisatrice) et Alex-(acteur)  voici enchâssé un film dans le film et débutera la  "valse des hésitations "  tant pour les personnages de la -(des deux)- fiction(s) que pour le spectateur …A celles formulées par Ale sur le choix du générique de fin pour le film qu’elle est en train de « monter » , voici en écho celles du spectateur (superposition de deux films ? dont l’un serait la mise en abyme de l’autre ? et où l’acteur Alex qui joue dans les deux prolongerait un "rôle" dans une vidéo, devenue « archive » ? ou s’agit-il plutôt d’un seul et même film que l’on pourra embobiner réembobiner à des vitesses différentes, un film où l’on peut couper au montage, tout comme Ale se plaît à faire des arrêts sur images, à accélérer, à retourner en arrière…illustrant en cela les propos du cinéaste « la vie est un film mal monté » D’emblée la séquence d’ouverture était sujette à caution (discussion sur l’oreiller : un rêve un cauchemar ou la réalité ?) Et la division en chapitres dont les titres empruntent au processus de création renforce cette impression

Ale et Alex vont annoncer à leurs amis leur  "séparation consentie"  et les convier à une fête célébrant cette rupture ; ce sera le 22 septembre soit la fin de l’été (une date géniale pour un nouveau départ ; un clin d’œil à la chanson de Brassens ?) Telle est l’intrigue…qui une fois de plus frappe par sa ténuité ! Qu'importe! 

Le cinéaste use -sans abuser- du comique de répétition : des propos identiques suivis du constat « nous allons bien » réitérés ad libitum mais  jamais ad nauseam –  souvent proférés avec une forme de moquerie celle de l’auto dérision-. Tout est dans la façon d’appréhender et de filmer l’annonce (diversité des réactions jusqu’à l‘aveu hypocrite du père… interprété par Fernando Trueba, le père du réalisateur…) et dans cette façon de rompre les questions des préparatifs (nombre d’invités lieu musique traiteur) par des commentaires plus techniques (sur le film en train de se faire et partant sur le septième art) plus philosophiques (sur l’amour la vie la mort) par ces « décloisonnements » (intérieur de l’appartement, la ville filmée en plans larges ou plus rapprochés, jusqu’aux travellings latéraux sur les visages en liesse des participants et ce kaléidoscope un peu kitsch sert de ….générique de fin !!! Il fallait l’oser !!

On a empaqueté livres bibelots disques cd avant le grand déménagement, tout comme on empaquette ses souvenirs. Un adieu ou un au revoir ?

Un film porté par la talentueuse actrice Itsaso Arana (compagne du cinéaste) et le non moins performant Vito Sanz

Ce film est un geste rebelle, provocant, on part d'une plaisanterie, pour faire une comédie romantique, universelle, entre un homme et une femme

A voir! 

 

Colette Lallement-Duchoze

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1 septembre 2024 7 01 /09 /septembre /2024 07:26

d'Astrid Rondero et Fernanda Valadez (Mexique, 2023)

 

avec  Juan Jesús Varela, Yadira Pérez, Karla Garrido Sandra Lorenzano

 

Prix Sundance 2024

Argument: Josué, sicario – tueur à gages – d’une petite ville mexicaine, est assassiné, payant ainsi de sa vie une dette contractée envers le cartel local. Son fils de quatre ans, Sujo – nommé ainsi en référence à un cheval – se retrouve orphelin et en péril. Contrainte de le recueillir, sa tante décide de l’élever à la campagne, à l’écart des dangers de la ville. Mais à chaque étape de sa vie, Sujo semble poursuivi par l'ombre de la violence, comme si le destin de son père devait se confondre avec le sien...

Hijo de Sicario

Le Mexique, ses cartels ses caïds la corruption la mort, un « contexte » qui s’apparenterait à celui d’Emilia Perez MAIS avec des dissemblances si évidentes qu’il y a comme un abyme entre les "fantasmes suscités par le narcotrafic"  et l’approche sociale et politique des deux femmes Astrid Rondero et Fernanda Valadez qui s’interrogent sur les victimes collatérales et particulièrement les enfants de sicaire…(homme de main chargé de tuer pour les cartels de la drogue) . A  travers le « portrait » de Sujo c’est celui de milliers d’enfants qui au Mexique perdent leurs parents à cause de la violence des cartels de la drogue

Structuré en 4 chapitres à l’instar des romans d’apprentissage le film nous invite à adopter le point de vue de Sujo depuis cet instant (il a 4 ans) où tapi dans la voiture il appelle en vain son père, un sicaire, tué par un gang jusque sur les bancs de l’Université de Mexico où sous l’égide de sa professeure il parviendra à se débarrasser ‘définitivement ( ?) d’un lourd héritage. Car il s’agit bien d’un questionnement sur le déterminisme, sur l’atavisme -si l’on se réfère au titre ; lui Sujo fils de Josué serait-il  " condamné"  à perpétuer la sauvagerie des sicaires ?

Ecartelé entre des forces contradictoires, victime  -malgré lui-  de résurgences du passé, Sujo part à la conquête de soi. Deux figures tutélaires féminines la tante Nemesia (Yadira Pérez) et la professeure d’université Susan (Sandra Lorenzano) vont l’aider dans son "apprentissage" cette "quête de soi"  …L’orphelin (mère morte en couches père tué) aura trouvé en elles des figures de substitution protectrices mais aussi une réponse à son tiraillement intérieur

Chaque étape (à l’instar des saisons) est illustrée par des changements d’atmosphère de lumière ; même si les réalisatrices privilégient les brumes et les ambiances nocturnes, qu’elles mêlent quelques éléments plus oniriques (récurrence de la figure du cheval) ou insistent par de gros plans (insectes araignées) sur l’opposition entre un tiraillement intérieur et la quiétude ou sur la notion de « captivité », que démultiplie le zoom.

Mutisme et provocations, vie et mort ! Ombre(s) et Lumière !

Il y a certes quelques longueurs (surtout dans la première partie qui se veut plus contemplative) quelques symboles trop appuyés (le redémarrage de la voiture jusque-là camouflée dans les broussailles par exemple) une légère tendance au didactisme démonstratif (cf le cours de Susan portant sur le conflit entre libre-arbitre et déterminisme),

Cela étant Hijo de sicario en évoluant de bout en bout comme sur un fil, en reléguant hors champ la crudité et l'âpreté de la violence  (ce qui la rend d’ailleurs plus suggestive), en renversant le « cliché» habituel de « la tension brutale » n’en reste pas moins un film essentiel à ne pas rater !

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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