de Jérémy Comte (Canada Ghana 2025)
avec Daniel Atsu Hukporti, Joey Boivin-Desmeules, Evelyne de la Chamelière, Benjamin Kwao Delali, Joseph Aman-Ashitey, Emile Prénoveau
Présenté au Festival de Berlin Section Panorama
Au Ghana, Kojo, adolescent marqué par la disparition de son père en mer, se rapproche des gangs de rue sans parvenir à combler le vide qu'il ressent. Pendant ce temps, au Québec, Tony, en quête de repères, s'interroge sur l'homme dont sa mère est amoureuse et qui pourrait être le père qu'il n'a jamais connu. Entre la lente déchéance de l'un et la recherche d'identité de l'autre, un lien insoupçonné se tisse, unissant les destins croisés de ces deux jeunes hommes que tout semble séparer
Dans ce premier long métrage (un voyage émotionnel affirme Jérémy Comte) structuré en trois parties se profilent deux microsociétés (un groupe mafieux dans un village côtier au Ghana, un groupe de skateurs au Québec). Deux adolescents. Deux vies croisées. Mais c’est bien la recherche du père qui sert de viatique dans la quête de ces deux jeunes : Kojo en Afrique de l’Ouest (dont le père pêcheur a été englouti par une tempête) et Tony qui n’a pas connu son père géniteur et dont la mère s’éprend d’un capitaine de navire (…et si c'était son père ?) Et progressivement ce qui était disjoint va s’entremêler…(grâce à un faisceau de "connexions" ) Une voix off assure le passage (qui se voudrait discret) entre le réel et le souvenir, entre le vécu et le fantasmé.
Certes la métaphore de l’eau et du feu (navire en flamme, sauvetage du capitaine) présente d’une partie à l’autre ne saurait nuire au scénario (même si parfois elle donne l'impression d'être "plaquée" )- C'est bien ce lien qui unit les deux jeunes – et peu importe que cette métaphore soit fantasme, flash-back, ou prémonition Quant à l’arnaque via internet (ce fameux chantage aux sentiments cette "fraude sentimentale") dont la mère est victime (et le fils par voie de conséquence …) elle reste bien le fil narratif (justifiant entre autres le départ de Tony bien décidé à en découdre et à dénoncer in situ la manœuvre frauduleuse)
Certes les ruptures de ton (ambiance environnement genre) grâce au montage alterné sont traitées sous forme de contrastes saisissants - Contrastes entre le duo (mère /fils) et le groupe (Kojo, son frère et tout son réseau « mafieux ») ou entre deux univers (celui bétonné d’une ville québécoise vs l’ambiance grouillante pétaradante de la capitale ghanéenne et ses couleurs ocres). Contrastes sans arrière-pensée manichéenne (même si le discours du frère sur des siècles de "colonisation " et du "juste retour de bâton" est plus que tendancieux …)
Mais force est de reconnaître que le film peine à entraîner le spectateur dans son sillage et qu’au fur et à mesure les dialogues répétitifs souvent, tout en étant minimalistes, tout comme l’action comme capillotractée dans la partie 3 altèrent jusqu’à dénaturer tout ce qui a précédé (en I et II) (la course poursuite et l’effondrement trop "prévisibles" n’auront pas la force suggestive souhaitée)
Dommage
Colette Lallement-Duchoze
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