Film de Cary Fukunaga.
Avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Jamie Bell, Judi Dench
Disons-le sans ambages ce film de Cary Fukunaga ne m'a pas du tout séduite; non par comparaison avec d'autres adaptations cinématographiques (celle de Stevenson avec Orson Welles ou celle de Zeffirelli avec Charlotte Gainsbourg); non par comparaison avec le texte de Charlotte Brontë (ce serait le travail d'un exégète); mais à cause de certains partis pris (trop patents): effets sonores outranciers (pour exemple le vent qui s'engouffre dans la cheminée lors du baiser...), fonction purement illustrative des jeux d'ombres et lumières (intérieurs du manoir), dilection pour les vues en plongée et/ou vues aériennes -sur la lande nimbée de brume par exemple– qui vire au systématisme, chromatisme dans le rendu des couchers de soleil ou des forêts ombrageuses. De tels partis pris, loin de servir la thématique du roman de Charlotte Brontë : entre autres la dialectique maître/servante, et celle du ça -pulsions sexuelles- et surmoi -conscience des barrières sociales – concourent à créer une mise en scène trop "léchée"; trop "académique" elle n'est pas habitée par les angoisses (celles du personnage éponyme) ou les fantômes (Rochester et le poids du passé)
Cela étant, il faut saluer le talent de Mia Wasikowska (sur son visage quand il est filmé en gros plan se dessine une belle "palette" d'émotions); en revanche la direction d'acteurs fait que Fassbender (si admirable dans Hunger et Shame) est ici un peu "falot" dans le rôle de Rochester...
Dommage!!
Colette Lallement-Duchoze
«Laurence Anyways » de Xavier Dolan est surtout une Histoire d’amour passionnée et non conventionnelle car "transgenre" entre Laurence et Fred sur 10 ans (elle commence en 1989). Les pistes identitaires et sexuelles se brouillent d’ores et déjà dans les présentations, car Laurence est l’Homme et Fred, La Femme. Ils débordent d’énergie et de passion l’un pour l’autre : l’un est un écrivain poète et farceur et l’autre une extravertie au tempérament de feu. Le hic survient à l’annonce troublante que Laurence fait à Fred : « Je vais mourir » mais c’est la mort de son corps qu’il souhaite pour rentrer dans celui d’une femme. Troublée, la réponse de Fred résume toute la situation : « tout ce que j’aime de toi, c’est ce que tu détestes de toi ».
Belle Ville, c'est le nom d'une prison (Cf. Bonne Nouvelle à Rouen !) pour jeunes délinquants dans une banlieue misérable d'une grande ville iranienne.
nya film allemand de Yasemin Samdereli
Prix spécial "Un certain regard" au festival de Cannes 2012, le dernier film du duo frapadingue n'a certes pas la veine surréaliste d'Avida (présenté à Cannes hors compétition en 2006). Mais quelques moments telles des fulgurances rappellent leur inventivité première (qu'on avait tant appréciée dans Aaltra): le pendu d'abord dépendu (son geste manquait de panache) et qui se repend ballotté ad infinitum dans la ronde des chaises d'un manège; la panne de Fenwick en pleine campagne; la scène d'immolation (Jean-Pierre le frère de Not est désespéré suite à son licenciement) à l'intérieur de Carrefour, dans l'indifférence générale; le gâteau anniversaire offert à la mère (interprétée par Brigitte Fontaine) qui chante avec un accent chinois "happy birthday" et les "bougies" soufflées avec un éventail; l'épluchage laborieux des patates (les Bonzini interprétés par Areski Belkacem et Brigitte Fontaine, tiennent un restaurant "la Pataterie" toujours désert); les leçons de "punkitude" que donne Not à son frère devenu Dead; la lecture de l'avenir que propose un Gérard Depardieu coiffé d'un bonnet péruvien; les rêves de Not en star adulée de la musique punk..
