4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 06:18

De Tommie Lee Jones

Avec lui-même dans le rôle de Briggs et Hilary Swank (Mary Bee Cuddy)

 

Synopsis: En 1854, trois femmes ayant perdu la raison sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska. Sur sa route vers l’Iowa, où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de George Briggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. Ils décident de s'associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière

 

 

 

the-homesman.jpgUne louable intention: en adaptant le roman de Glendon Swarhout, Tommie Lee Jones voulait faire la part belle aux femmes (ignorées ou souvent absentes dans les légendes sur la "conquête de l'Ouest") mais le côté lisse et sage de ce "faux western" le rend insipide. Et dans la dernière demi-heure le "cow-boy" Briggs, seul, après avoir rendu les 3 folles à Miss Carter (Meryl Streep), passe son temps à cabotiner! On s'ennuie! Dommage!

 

Elisabeth

 

 

 

 

Certes la plus longue partie de ce film peut générer l'ennui (paysages à la beauté convenue et fondus enchaînés à répétition) mais l'ensemble repose sur une dynamique, celle de la dichotomie assez intéressante dans le sens où elle déboulonne les clichés sur la conquête de l'Ouest : ici l'Ouest est sauvage et maléfique, l'Est lumineux et civilisé; profane et sacré; insane et raisonné; la femme May Bee Cuddy (courageuse autoritaire et généreuse) l'homme G Briggs le "rapatrieur" ( menteur et intéressé) etc. dichotomie jusque dans la musique de Marco Beltrami. Et ce piano "virtuel", bande de tissu brodé , sur lequel continue à s'exercer May Bee Cuddy en quête de mari??

Colette le 5/06

 

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 07:50

Documentaire réalisé par Stéphanie Valloatto présenté à Cannes (hors compétition) 

Avec Plantu (France) Pi San (Chine), Jeff Danziger (USA) Mikhail Zlatkovsky, (Russie) Nadia Khiari (Tunisie), Michel Kichka (Israël), Baha Boukhari (Palestine), Angel Boligan (Mexique), Damien Glez (Burkina Faso), Rayma Suprani (Venezuela), Baki Boukhalfa (Algérie), Kurt Westergaard (Danemark), Lassane Zohore (Côte d'Ivoire)

 

 

caricaturistes.jpg Si le documentaire affiche (dès le titre) une volonté manifeste de rendre hommage à ces dessinateurs de presse, ces "fantassins" qui "luttent" pour la liberté d'expression (souvent bafouée), force est de constater que la forme choisie est assez décevante. Hormis le générique -où se mêlent images d'actualité et dessins des caricaturistes- et les tout derniers plans -défilement rapide des différents ancrages quotidiens-, le reste au montage souffre des insuffisances typiques des docus TV: tant dans le rythme, que dans l'orchestration des commentaires; un va-et-vient répétitif et convenu: tel moment d'émotion (gros plan sur le visage tuméfié du dessinateur syrien et sur ses mains "bousillées" par les  tortionnaires de Bachar ..) sera placé avant telle séquence plus informative; d'où cette impression désagréable de "formatage" (= application de recettes prétendues efficaces)

Un dessin/caricature ne fait sens que s'il est mis en perspective. Mais dans l'effort de "recontextualisation" on devine souvent les clichés de la doxa occidentale. Le "fantassin de la démocratie" est censé combattre l'obscurantisme de "la pensée unique" et le film qui lui rend hommage tomberait dans ce piège? Il suffit d'écouter Rayma Suprani égrener tous les griefs de la presse d'opposition au Venezuela à l'encontre du "monstre" Chavez ou d'entendre les propos de Lassane Zohore sur l'élection d'Ouattara (légitime...); on peine à croire (Michel Kichka) qu'on a érigé le Mur dit de "Sécurité" sans se soucier du sort de ceux qui vivraient de "l'autre côté"...les Palestiniens!

La caricature -politique- est une arme. Son humour corrosif peut "choquer" . Kurt Westergaard (Danemark) se souvient: en caricaturant le prophète Mahomet avec un bonnet en forme de bombe, il dénonçait l'intégrisme musulman; réponse? une violence inouïe à l'échelle planétaire.. Plantu a des déboires avec des intégristes cathos: une vignette représentant Benoît XVI sodomisant un gamin les a indignés; l'auteur, lui, fustigeait l'hypocrisie de l'Eglise. Angel Boligan (Mexique) sait pertinemment que certains sujets sont prohibés (l'armée par exemple) sous peine de... La "bien-pensance" ne saurait faire bon ménage avec la facétie audacieuse, la provocation et l'impertinence; Anastasie rôde encore dans les démocraties dites "confirmées" mais elle cisaille allègrement ailleurs où la presse est muselée.

 Si dans ce documentaire, Plantu est sur-représenté, c'est qu'il est plus ou moins à l'initiative du projet, en tant que fondateur et président de l'association "Cartooning for Peace"(2006) et ami du producteur Radu Mihaileanu. Il joue ainsi le rôle de "passerelle" entre les différents pays. On le voit, entre autres, avec Yasser Arafat en 1990 et Simon Peres en 1992; chacun va apposer sa signature sur le même dessin et ce, avant l'entérinement des accords d'Oslo!!!

 Pour commenter l'actualité en Tunisie, depuis le départ de Ben Ali, Nadia Khiari a créé un personnage, Willis le Chat;("Willis from Tunis") mais depuis la victoire des Islamistes, l'encre s'est empourprée de sang!

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 08:01

Film de Cronenberg en compétition à Cannes,

Avec Julianne Moore (prix d'interprétation féminine) Robert Pattinson, Mia Wasikowska (Agatha) Evan Bird (Benjie) John Cusack (le père)

 

cronenberg.jpgFond bleu -ciel- émaillé d'étoiles et de figures géométriques, les génériques de début et de fin illustrent au sens littéral le titre "maps to the Stars". Starification? Le film investit un espace, celui d'en-bas, que Cronenberg peuple d'emblée de bizarreries: d'où vient cette jeune post-ado (Mia Wasikowska) qui claque 200 dollars pour se faire conduire en limousine vers la maison de...? Quelle est cette femme hystérique (Julianne Moore), "actrice sur le retour' qui cherche à "rejouer" le rôle de sa mère, star des années 60, fantôme qui la persécute? Et cet ado de 13 ans (cocooné par une mère irresponsable) qui a déjà subi des cures de désintox? Etc. La trame narrative qui s'élabore progressivement, mêle adroitement présent, passé et fantasme (au spectateur de démêler ce qui revient à l'un ou à l'autre). Quelques scènes-choc (le coach-gourou, John Cuzack, juché sa "proie" (Julianne Moore) qu'il triture , l'ado arrogant (Evan Bird) face à ses figures de "tutelle" impresario, producteur etc., la fille "revenante" ou "mutante" frappée violemment par le père) en disent long sur la famille Weiss, installée dans des décors design glacés, famille/microcosme qui renvoie, métaphoriquement, au monde d'Hollywood, la cité des stars! Monde où vont se (re)jouer des scènes de vie familiale marquées par l'inceste, où vont surgir la pourriture (vomissements, défécation) et ses stigmates (brûlures sur le visage et les bras d'Agatha, la sœur pyromane); la pourriture comme métaphore d'un milieu abject où, tous, à tous les niveaux (producteur, star, attaché de presse, etc.) et quel que soit leur âge (surtout les plus jeunes) flagornent pour obtenir un rôle, pour être "reconnus". .Hollywood! La cité du cinéma gangrenée par le Mal.(l'égoïsme surtout). Une fresque  assez trash que scande -comme en contrepoint- le poème d'Eluard "Liberté"...

 Comme souvent chez le réalisateur des plans aux cadrages très précis renvoient par analogie à des espaces mentaux, la présence d'un seul personnage au centre d'un plan semble insister à la fois sur la solitude et l'égoïsme. Alors que des effets spéculaires -le film en train de s'élaborer et des extraits d'autres films "bad baby sitter" par exemple- vont mettre en évidence la ténuité de la frontière entre réel et fiction (le jeune acteur n'interprète-t-il pas à l'écran, le trauma qu'il a réellement subi?). Mais c'est bien Agatha la sœur, gantée de noir, pyromane, consumée elle-même de l'intérieur, qui impose les règles du jeu: son arrivée coïncide avec le début du film, son union incestueuse en position de gisant vue en plongée le clôt; c'est elle qui récite le poème d'Eluard, qui s'incruste comme assistante chez l'actrice (Julianne Moore) pour mieux la "manipuler", la posséder et la déposséder. Ne serait-ce pas là une des fonctions majeures du cinéma?  

"c'était un rêve mais c'est fou comme ça avait l'air vrai" (Benjie/Evan Bird)  

"sur les marches de la mort j'écris ton nom : liberté" (voix off de Mia Wasikowska)

 

Colette Lallement-Duchoze 

 

 

Marcel Elkaim le 30/06

Critique au vitriol (plutôt à l'hémoglobine) d'Hollywood mais d'un Hollywood phantasmé... Dès lors pourquoi tant de sang et de complicité dans l'horreur ? Trop c'est trop ! 

 

 

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 10:44

Documentaire réalisé par Yves Montmayeur (France, Autriche)

 

haneke.jpgYves Montmayeur a, depuis Code inconnu, réalisé des "making of" de tous les films de Haneke (hormis La pianiste) et dans le documentaire qu'il propose aujourd'hui il mêle des extraits de ce matériau de base (accumulé pendant plus de 15 ans) aux scènes des différents films (images d'archives), qu'il entrecoupe d'interviews d'acteurs (Jean-Louis Trintignant, Emanuelle Riva, Isabelle Huppert, Béatrice Dalle, Juliette Binoche, Susanne Lothar, etc.) et du réalisateur lui-même. Ainsi vont s'opérer des "glissements" entre les images de plateau et le film lui-même achevé, qui donnent l'impression de "prolongements" voire de "confusions" (est-on en plein tournage ou dans le film?). Et au montage, à l'instar de Haneke qui utilise souvent des transitions brutales, Yves Montmayeur a recours parfois à de brefs écrans noirs ou à des raccords "cut"(qui pourront déplaire à certains)

Le documentariste a respecté les exigences de Michael Haneke: pas de questions sur les "interprétations possibles" de ses films (certains spectateurs seront donc inévitablement déçus), et "pas d'intrusion dans la vie privée". Dès lors les critiques qui déplorent l'absence d'"autobiographie" (entendons le "vécu" la vie intime du réalisateur) tombent à faux.. C'est bien un artiste au travail, dans l'exercice de sa fonction, que le spectateur est invité à découvrir: Voici un "chef d'orchestre, exigeant", mais aussi "facétieux" (il s'esclaffe l'œil goguenard) sous ses allures d'intellectuel calviniste ou luthérien. Avant une prise il interprète souvent lui-même le geste, la pose, le déplacement dans l'espace, bref tout ce qu'il exige d'un acteur (voir la scène du cauchemar dans Amour par exemple), veille avec son chef opérateur à tous les éclairages, aux cadrages, et une fois la "bonne prise" effectuée, il congratule chaleureusement ou peut déplorer, véhément, une insuffisance patente (Code inconnu)

Comme scène liminaire Yves Montmayeur a choisi celle du meurtre dans Benny's Video 1992 (qui reste comme souvent d'ailleurs chez Haneke, hors champ).  C'est que tout est déjà dans cette critique de la télévision qui banalise la violence. Et surtout dans la représentation que nous avons de la réalité (nous sommes confrontés à nous-mêmes alors qu'il est si facile de nous dédouaner...). Et pour les autres films (Funny Games, 71 fragments,  Le ruban blanc, Code inconnu, La pianiste, le Temps du loup, Caché,  Amour ) les extraits choisis sont-ils judicieux? (servent-ils ou non le propos?...) Quoi qu'il en soit,  ce n'est pas pur hasard si le documentaire s'ouvre et se clôt sur Amour...Cette dernière création (2012) du réalisateur autrichien permet à Yves Montmayeur de "revisiter" comme à rebours tout son univers filmique!

 

Il se laisse guider par le mouvement d'un visage, c'est ça qui rend sa mise en scène très organique (Isabelle Huppert)

Haneke s'amuse peut-être beaucoup mais les acteurs ne s'amusent pas du tout (J-L Trintignant)



 

Colette Lallement-Duchoze

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 06:27

de Dean Wright

Avec Andy Garcia, Jorge Luis Moreno, Santiago Cabrera, Eva Longoria, Peter O'Toole

Sorti en 2012 ce film historique mexican vient seulement d'être projeté en France (Saje Distribution)

 

Synopsis: en 1926 un soulèvement populaire secoue le Mexique suite aux lois du président Callès qui interdisent toutes pratiques religieuses dans l'ensemble du pays. Des hommes et des femmes de tous horizons, les Cristeros vont alors risquer leur vie pour défendre leur liberté et lutter contre les persécutions menées par le gouvernement. Une des pages les plus sombres de l'Histoire du Mexique

cristeros.jpg

 

Film d'aventures?  A la gloire des cathos? Peut-être

En tout cas  une vulgaire "guimauve manichéenne" (X Leherpeur)

Et l'emphase de la  musique signée James Horner a de quoi faire "gerber"

Alors? ne quittez pas vos pénates

 

J-M Denis

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 19:06

Film de Lucas Belvaux

Avec Emilie Dequenne (Jennifer) Loïc Corbery (Clément)

 

 

pas-son-genre.jpgUn très bon film qui rappelle le très fin film “La dentellière”.
Un jeune philosophe parisien nommé prof à Arras rencontre une coiffeuse mère célibataire.

Peut-on s’aimer au-delà et en dépit des barrières sociales et culturelles ?...

Le sujet est filmé sans clichés, l’actrice Emilie Dequenne est d’une justesse inouïe, pleine de charme, attirante à souhait.

Sans être bavard le film traite à merveille des rapports de classe, des différences idéologiques et culturelles, de l’attirance physique, de la philosophie.

C’est très réussi, sacré voyage ! Donc à voir absolument pour le plaisir et la réflexion.

Lucas Belvaux est un réalisateur belge qui avait tourné un thriller sur le Havre ("38 Témoins" la lâcheté des voisins face à une agression rue de Paris).

 

Serge Diaz

 

 

mercredi 14/0514

Un petit "bémol"

Certes la flamboyante Emilie Dequenne illumine le film qu'elle porte de bout en bout; et Loïc Corbery pour son premier rôle au cinéma sait épouser atermoiements et ratiocinations propres à son personnage. Cela étant, le film est malgré tout empreint de "clichés": caricature du milieu germanopratin que le réalisateur oppose trop facilement à l'authenticité des "activités" provinciales...Et la relation amoureuse une fois "concrétisée" s'étire .

Clément m'a plutôt rappelé le héros rohmérien qui glose ad libitum (et pour certains spectateurs, ad nauseam)

De Lucas Belvaux ai de loin préféré la trilogie Un couple épatant, Cavale et Après la vie

Colette

 

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 10:32

Film de Emir Baigazin (Kazakhstan, Russie)

Avec Timur Aidarbekov, Aslan Anarbayev

 

Ours d’argent de la meilleure image, Berlin 2013 ; Grand Prix / Licorne d’or et Prix d’interprétation masculine, Amiens 2013 ; Mention spéciale, Tribeca 2013 ; Meilleur film, Seattle 2013 ; Grand Prix, Sao Paulo 2013 ; Prix spécial du jury, Tokyo 2013 ; Mention spéciale, Gand 2013

 

  

 lecons-d-harmonie.jpgIl est des films qui longtemps après leur projection vous habitent encore (Le cheval de Turin, Ida, Heli, etc.); ainsi du film kazakh "Leçons d'harmonie". Pourquoi? Grâce à cette adéquation presque alchimique entre  fond et forme: préparation méthodique d'une vengeance  et  froideur souvent glaciale de la mise en scène.  Voici Aslan un jeune de 13 ans, plutôt malingre, capable de maîtriser un mouton rétif puis de le dépecer méticuleusement (c'est la scène d'ouverture); le même, au collège victime d'ostracisme, relégué à une solitude fondamentale, il reste muet  (apparemment) face aux supplices infligés par le caïd Bolat, et sa bande (eux-mêmes soumis à plus forts qu'eux). Dans sa chambre monacale (Aslan vit seul avec sa grand-mère) il s'adonne tel un entomolgiste dans son laboratoire, à des "expériences" sur des insectes (gros plan sur des cafards qu'il soumet à des décharges électriques).... Visage fermé, regard absent, il fabriquera l'arme de "destruction" destinée à ceux-là mêmes qui persécutent les plus faibles; avant de subir lui-même, après son "inculpation", les tortures infligées  par les représentants de l'autorité, impavides ou sadiques. Racket, corruption à tous les étages, violence, élimination; un tel microcosme ne serait-il pas l'image de la société kazakhe dans son ensemble? (où les parents d'ailleurs ont déclaré forfait; mais surtout où le communisme a cédé la place à un ultralibéralisme forcené...)

 Comme on enseigne au collège aussi bien Gandhi, Darwin que l'art de la guerre ou l'énergie, le film se prête à différentes métaphores: d'où l'omniprésence des lézards emprisonnés dans un bocal, le très gros plan sur des fourmis dévoreuses d'un ver de terre, le jeu des cadres dans le cadre, les parallélismes entre espèce animale et humaine, ou encore les effets spéculaires (le film s'ouvre sur la scène de dépeçage d'un mouton, il se clôt sur la danse d'un mouton  vu de profil sur les eaux d'un lac, divisant ainsi l'espace entre Aslan vu de dos sur une rive et les silhouettes de ses deux "victimes" vues de face sur l'autre rive...)

 Rythme lent, longs plans d'ensemble fixes, blanc laiteux opalescent de certaines ambiances en contrepoint aux "aveugles ténèbres" de l'antre des caïds, ellipses (qui laissent toujours hors champ les exécutions), récurrence quasi obsédante de certains gestes (Aslan et sa "toilette" forcément lustrale, Aslan et ses vomissements à la simple vue d'un verre...-c'était le trauma originel), pas ou peu de musique (additionnelle)

 Et malgré quelques échappées oniriques, c'est un peu KO (ou frigorifié, c'est selon) que l'on sort de la salle, mais ô combien "ravi"!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 16:17

De Kelly Reichardt

Avec Jesse Eisenberg (Josh) Dakota Fanning (Dena) Peter Sarsgaard (Harmon)

Musique de Jeff Grace

Grand prix  festival du cinéma américain de Deauville

 

 

night moves

Interrogation sur une forme de militantisme écologique, "l'éco-terrorisme"? Sur son efficacité, sa légitimité (en clair peut-on prétendre défendre l'environnement, en faisant sauter un barrage hydroélectrique parce qu'il nuit à l'écosystème?). La réalisatrice ne répond pas, ne juge pas (même si tout en fustigeant  le radicalisme, sa sympathie irait plutôt vers les trois activistes après tout moins condamnables que la firme BP quasiment impunie pour avoir pollué l'Océan, cf interview accordée à Médiapart). Elle se contente de "montrer" tout en "suggérant".  Et d'abord ces paysages de l'Oregon, paysages somptueux avec leurs forêts et leurs lacs, que l'on souhaiterait inviolés. En s'immergeant dans le quotidien d'une ferme bio, par exemple, elle suggère l'authenticité d'une démarche (celle de Josh...). Dans la première partie, se met en place par touches successives  un "rituel": de la préparation jusqu'à l'explosion (laquelle restera hors champ); de son regard "clinique" Kelly Reichardt observe au plus près les visages, décompose avec minutie les gestes; tout est "ciselé" disséqué dans une apparente "froideur"; peu de paroles mais des regards complices; appréhension, attente, et velléité de renoncement face à un contretemps. Les trois militants Josh, Dena, Harmon sont unis par l'exigence d'une mission à accomplir. Alors que dans la seconde partie, ils vont être renvoyés à leur "conscience individuelle" (suite à la mort d'un campeur). Dena culpabilise, et non seulement elle "somatise" (cf son urticaire) mais veut "se confier" (fatale décision!). Josh mutique accomplit parfois hagard les ordres de Harmon (dont on n'entendra plus que la voix au téléphone; sur l'affiche du film celui-ci n'apparaît même pas...). Traqués tels des animaux, ne seraient-ils pas pris à leur propre "piège" ?

Le film frappe par son mélange d'étrangeté et de réalisme: voici le corps d'une biche écrasée qui palpite encore de la promesse d'une vie; voici des corps de femmes nues qui émergent d'un bain de vapeur; gros plans sur des légumes ainsi magnifiés; et ces baguettes de sourcier pour sonder Josh? Dans la nuit sombre (comme le souligne le titre) voici que se diffractent des halos lumineux sur les visages enténébrés par la peur!     

 

CLD

 

Extrait d'interview (Mediapart)

realisatrice.jpgSur la côte Est, les gens se demandent pour quelle raison on pourrait vouloir faire sauter un barrage. Sur la côte Ouest au contraire, les journaux parlent tous les jours des barrages. Des gens les ont occupés, ont dessiné d’incroyables graffitis qui tracent des pointillés tout le long, avec le dessin d’une paire de ciseaux. Pendant le mouvement Occupy, des gens se sont enchaînés aux barrages. La réorientation de l’eau, les saumons, l’énergie en Californie et dans l’Oregon sont un problème important… Vous allez vers l’ouest du pays, et d’un coup les arbres sont là, face à vous. C’est la différence avec New York. La nature est autour de vous, impossible à ignorer

 

 

 

 

 

J'aurais voulu être aussi enthousiaste sur ce film que beaucoup de commentateurs. Son sujet est important :écologie, responsabilité individuelle...Mais je ferai deux reproches : le manque de crédibilité des personnages et puis l'ensemble m'a paru un peu laborieux dans le tempo du film et la mise en scène.

Marcel Elkaim le 30/04  

 

 

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 14:36

Film canadien de Xavier Dolan (à la fois scénariste, réalisateur, monteur, acteur) d'après la pièce de Michel Marc Bouchard . Avec Xavier Dolan (Tom) Lise Roy (Agathe, la mère) Pierre-Yves Cardinal (Francis) Evelyne Brochu (Sarah). Musique de Gabriel Yared

 

 

tom à la ferme De grâce, laissons les références au vestiaire. Xavier Dolan  avoue lui-même qu'il ne connaît de Hitchcock que Vertigo, mais on s'obstine à voir dans la séquence de la douche une réminiscence de Psychose et dans le rôle de la mère, plus qu'un clin d'oeil à Pas de printemps pour Marnie, etc. Tom à la ferme illustre, selon les propos du réalisateur, "le rat des villes et le rat des champs" "Deux animaux blessés qui s'apprivoisent, et le film montre la manière dont ce rat des villes et ce rat des champs, deux étrangers en deuil, trouvent des façons, aussi violentes soient-elles, de colmater leurs brèches communes".

Voici Tom, publicitaire à Montréal, qui se rend aux obsèques de son ami/amant Guillaume, à la campagne. Voici Francis le frère de Guillaume, un fruste homophobe, qui "sent l'étable"; tyrannique, il va imposer à Tom (afin de préserver Agathe, la mère éplorée, qui ignorait l'homosexualité de son fils décédé) de jouer ce qu'il n'est pas (ce que révélait plus ou moins dès le premier plan, l'emploi du verbe "remplacer" dans le billet d'amour et d'adieu qu'écrit Tom sur un mouchoir).

Le spectateur assiste à un drame: celui des faux-semblants, de la violence (contenue ou explosive) que sous-tend la dynamique Eros/Thanatos - le point d'orgue étant la scène de tango dans une grange immense où Francis guide, domine, rejette pour mieux l'enlacer Tom, son partenaire.... Le premier face-à-face entre les deux hommes est filmé dans le noir; l'ombre menaçante de Francis vient percuter le corps de Tom et cherche à l'étouffer...Ce sera aussi une course-poursuite dans les champs de maïs, aiguisés comme des "couteaux"...Unis dans le mensonge, et progressivement par une relation sado-masochiste qui ne dit pas son nom, les "frères ennemis" cohabitent dans l'atmosphère assez oppressante d'un huis clos: chaque lieu de cette ferme isolée -cuisine, chambre, étable, garage - suinte d'angoisse et dénonce le piège...(effets de clair-obscur, de profondeurs de champ, de changements d'échelle)

Ce qui m'a gênée toutefois, c'est la complaisance du réalisateur à se filmer. Pour preuves: après une vue aérienne sur la voiture qui sillonne la morne immensité de la campagne, voici un gros plan sur le visage de Tom au volant; à son arrivée à la ferme, long travelling sur le personnage et sa valise; dans la scène du bar (les explications/révélations du barman sur le passé de Francis m'ont paru "artificielles") Tom est assis au zinc: gros plan sur ses grimaces/tics et sa façon de siroter sa bière; idem pour le flash back du karaoké; pas un plan (ou presque) où n'apparaisse, effarouché, moqueur, humilié, balafré, le visage (ou une partie du corps) de Tom!

Cela étant, le jeune réalisateur de 25 ans qui signe là son quatrième film, n'en est pas moins talentueux. Et puis il y a la musique de Gabriel Yared

 

 

Colette Lallement-Duchoze

 

PS: Les spectateurs qui ont quitté la salle dès le début du générique de fin, n'auront pas vu les "images" d'un décor urbain suggéré (retour de Tom à Montréal ) contrastant avec cette  parenthèse "champêtre" qui n'eut rien de "bucolique".... 

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 13:09
Dans le cadre du festival "A l'est du nouveau" ( plein de bonnes surprises et de belles rencontres....quel dommage qu'il n'y ait pas plus de monde!):
A ne pas manquer ce soir à l'Omnia à 18h "Papusza":
  
Film polonais de Joanna Kos, Krysztof Krauze, sur les Roms de Pologne et Papusza poétesse rejetée par sa communauté (car apprendre à lire et à écrire est interdit, porte malheur...)
affiche-papusza-306x432.jpg

En noir et blanc, entre 1920 et notre époque, la guerre, la vie en roulotte, la sédentarisation... Il est dit dans le film: "Si les tziganes avaient de la mémoire, ils mourraient de chagrin"
Nombreux plans larges magnifiques (la photo entre autres a été primée à Valladolid en 2013). Seuls trois acteurs sont professionnels les autres sont des Roms. La musique est remarquable (la musique tzigane bien sûr mais aussi un opéra contemporain composé à partir de ses textes).
 
lien bande annonce:

à propos de Papusza:
 
 
Jacqueline Marro
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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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