21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:56

Film iranien de Jafar Panahi

Pas de liste artistique ni technique "le ministère de l'Orientation Islamique valide les génériques des films diffusables. A mon grand regret, ce film n'a pas de générique. J'exprime ma gratitude à tous ceux qui m'ont soutenu. Sans leur précieuse collaboration ce film n'aurait pas vu le jour"

Ours d'Or au festival de Berlin

 

Taxi Téhéran

"Si mes premiers films se passaient tous dans la ville, je pourrais désormais essayer de faire rentrer la ville dans mon taxi" Optant pour la caméra Black Magic (petite, souple, facile à dissimuler) le réalisateur peut ainsi contourner les diktats : il préserve la dimension documentaire en ne dévoilant pas le tournage et en préservant la sécurité de l'équipe (tout comme dans "ceci n'est pas un film" il s'était laissé filmer par un ami dans son propre appartement; on m'a interdit de filmer mais pas d'être acteur...)

Ainsi Jafar Panahi chauffeur/réalisateur transforme l'habitacle d'un taxi jaune (pourri dira la nièce) en réceptacle d'une société tout entière: défilent une institutrice, un voleur, un vendeur DVD, un blessé (sur le corps ensanglanté duquel se lamente sa jeune femme), les deux femmes et leurs deux poissons rouges (censés représenter la "bonne fortune"), un étudiant cinéphile (le neveu du réalisateur) la petite Hana (sa nièce) ainsi que l'avocate Nasrin Sotoudeh son amie (la femme aux fleurs). Leurs discours, leurs échanges, leurs préoccupations en disent long sur les lois, les interdits et les mœurs de la société iranienne, non sans humour ! Le chauffeur est à l'écoute, "bienveillant". Dans ce microcosme social, idéologique qui semble s'adapter à l'exiguïté de l'espace clos, pas de sensation d'enfermement, d'étouffement; c'est que les 3 caméras orientables alternent gros plans sur les visages et plans moyens; elles saisissent aussi le dehors en captant les mouvements de circulation, l'affairement des piétons etc. Au tout début, on a l'impression que l'on filme une rue en extérieur (plan fixe); mais  un mouvement à peine perceptible nous indique que la caméra était sur le tableau de bord d'une voiture; le réalisateur/chauffeur n'apparaît pas de suite, restant volontairement hors champ. Quand lui-même n'oriente pas la caméra, c'est Hana qui prendra le relais avec son appareil numérique, se conformant (ironiquement) à des règles, les "fameux" codes transmis par son institutrice, et qu'impose le régime, via le comité de censure, aux "films diffusables".

Au-delà de cet aspect  "documentaire" (et dont se gargarise la presse occidentale!) Taxi Téhéran c'est aussi une leçon de cinéma (comme dans "ceci n'est pas un film" 2011) et surtout, une interrogation sur fiction et réel; ou comment ce dernier est perçu dès qu'il est comme emprisonné et/ou transgressé. Car ne nous leurrons pas: il faudrait (si l'on en croit les codes énoncés par Hana) déformer le réel pour faire un film  "diffusable" Eh bien, Jafar Panahi lui, va faire du réel une "fiction impropre à la diffusion"; voici des règles pour "domestiquer" le réel mais voici précisément et simultanément leurs limites et leur absurdité!!!!

Ce que semble corroborer la pirouette finale !!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 15:04
A l'est du nouveau

En ce moment et jusqu'au 24 avril dans l'agglomération rouennaise: un festival du cinéma d'Europe centrale et orientale: l'occasion de voir des films de cinéastes engagés, de vivre des expériences cinématographiques originales et intenses avec des films encore jamais programmés en France, pour en avoir plus:

http://www.alest.org/fr/

Hier  après-midi à l'Omnia pour la projection de Sayat Nova de Paradjanov, 12 spectateurs et 3 sont partis avant la fin....(séance à 15h30)
Certes un film étrange: succession de tableautins traités telles des enluminures, frontalité, raccords bizarres, magie à la Méliès; bref loin du biopic bel hommage au poète arménien du XVIII° et ce dans une version restaurée

Colette 20/04

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19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 07:17

de Edward Berger (cinéaste germano-suisse né en 1970)

Avec Ivo Pietzcker (Jack) Luise Heyer (Sanna la mère) Georg Arms (Manuel)

Jack

Jack? C'est le personnage éponyme. Il sera de tous les plans (comme certains de ses devanciers E Berger le filme souvent de dos dans ses errances). C'est par son regard et seulement par son regard que les "autres" prennent corps (ainsi des critiques plus ou moins oiseuses sur le manque d'envergure ou de consistance des personnages secondaires tombent à faux...).

Si un prologue a pour vocation d'encoder un film, ici il met en évidence en un long plan séquence l'incroyable énergie de ce gamin de 10 ans qui assume le rôle d'un adulte (père ou mère) : préparer le petit déjeuner, habiller son frère Manuel, le conduire à l'école et tout cela, sur un rythme effréné (tout au long du film nous verrons Jack courir, courir, prêt à vaincre tous les obstacles, à la recherche de.... la mère). Après le prologue, voici la scène d'ouverture: quelques mouvements de caméra et quelques propos échangés sur la pelouse de Tiergarten et l'on comprend que cette "femme/adolescente" est la mère des deux garçons; Sanna l'insouciante, l'irresponsable, l'immature??? Le réalisateur ne jugera pas; il se contente de "montrer"

Le film va suivre l'itinéraire de ce gamin:  d'abord chez lui, dans cet appartement où il assure la gestion quotidienne à défaut de ..., où il se plaît à "renvoyer" les amants de sa mère; au centre de placement où il est victime de brimades, et surtout pendant les 3 jours d'errance dans les rues de Berlin à la recherche de sa mère l'éternelle Absente! Il entraîne son frère "petit poucet rêveur" désarticulé (par trop de fatigue). Parcours marathonien: que d'espoirs caressés, vers lesquels on fonce et que de désillusions -(avec dessiné en creux le portrait du monde adulte)

Le cinéaste a d'ailleurs paré à une éventuelle objection sur l'enfance livrée à elle-même dans une capitale C’était important de tourner dans l’anonymat d’une grande ville où les gens, notamment les plus jeunes, peuvent se perdre. La métropole, c’est une jungle où tout le monde est occupé, ce qui rend la présence d’enfants quasiment invisible ».

Au  bout de ce parcours ce sera une prise de conscience terrible (pour des parents); absolue, définitive....

Et si dans sa quête Jack n'avait poursuivi qu'une chimère? ?

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 09:49

Documentaire réalisé par Emmanuel Gras et Aline Dalbis

 

 

"J’étais sans abri et vous m’avez recueilli" -cette inscription figure sous la fresque du foyer Saint-Jean-de-Dieu, centre d'hébergement de nuit, à Forbin, Marseille.

300 hommes c'est la capacité d'accueil de ce centre. 300,  pas un de plus; à un moment le gardien de nuit refusera -au nom de la sécurité- l'accès à un homme (le 301) en quête de chaleur...

Emmanuel Gras et Aline Dalbis nous immergent dans ce lieu : depuis la réception (au guichet), jusqu'aux dortoirs en passant par la cour (où avant de se coucher certains fument leur dernière clope) avec intrusion dans la chapelle (lieu de la prière et du recueillement pour les Frères ).

300 hommes

Ce travail d'immersion est celui de deux "humains" parmi des "humains hébergés". Ni empathie, ni distance critique. Les hommes ne sont pas filmés face à la caméra mais en train de discuter entre eux, ou avec un(e) responsable; et si un plan en isole un, c'est pour le montrer comme figé dans sa tourmente intérieure. Certains plans (plongée ou contre plongée ou plans d'ensemble) semblent décomposer l'ossature de ce centre -murs et fenêtres; salles, escaliers- quand l'homme est hors champ.... (et pourtant si "présent")

Si la charité est de rigueur, elle a forcément ses limites (des gardiens peuvent houspiller, rudoyer, menacer). Car la violence est quasi omniprésente (gestes paroles); une violence souvent due à l'alcool, violence qui se nourrit de la misère; les disputes éclatent et les tensions sont  bien réelles.

Toutes les générations sont confondues: un jeune de 20, 22 ans rêve de se procurer un appartement qui abriterait le "couple" à venir...; un trentenaire est persuadé qu'il sera conseiller de personnalités politiques; un homme plus âgé, alcoolique notoire, est convaincu qu'il sera le "seul survivant". Ainsi, certains "hébergés" sont comme des "morts-vivants" quand d'autres refusent ce statut,  conscients que leur  décrépitude est "passagère, mais tous -à leur façon- semblent revendiquer leur part d'humanité tapie, au profond, malgré tous les malgré... .

 

Ce qui frappe au final (et nous émeut tout autant) c'est  le ressassement, celui d'un parcours de "survie" toujours toujours recommencé; et surtout cette façon de filmer qui bannit  les pièges d'un documentaire par trop "voyeur"

 

 

Colette Lallement-Duchoze

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 07:41

De Eugène Green (Italie) Avec Fabrizio Rongione, Christelle Prot, Ludivico Succio

 

 

La Sapienza

 

Pour "entrer" dans ce film et se laisser "habiter" il convient d'accepter les partis pris du cinéaste concernant la langue et la façon de filmer. Si la jeune Lavinia affirme "parler français me donne des forces" en s'adressant à Alienor, c'est qu'Eugène Green amoureux des langues latines, du français donne aux dialogues les tournures de la langue écrite très châtiée (dans les choix lexicaux, les constructions syntaxiques, le refus des gallicismes et des élisions), et il impose une diction qui peut nous sembler surannée ou "pédante" (prononcer toutes les liaisons, sonoriser les "e" muets, par exemple) l'acteur étant comme "extérieur" à son discours, (on devine bien sûr le refus de toute forme de "naturalisme" ou d'exubérance qui gangrènent tant de productions). Filmer en frontal les personnages (et parfois le regard de l'acteur Fabrizio Rongione qui fixe la caméra semble vous "transpercer"), travailler comme au cordeau chaque plan (deux verres vides avec en toile de fond le lac et c'est une nature "morte" qui s'impose à notre regard) chaque cadrage (dans la reconstitution de la dernière nuit de Borrimini seuls en gros plans des mains et des objets). Telle est bien la marque du réalisateur

Tout cela au service d'un double propos: sur l'architecture et la transmission (les deux thèmes majeurs du film selon le cinéaste), l'architecture, cet art de créer des vides destinés à accueillir la lumière; la transmission " base de toute civilisation". Dans le film s'insinuent parfois des incongruités assez triviales (le touriste australien et son outrageuse prétention; certains personnages de la Villa Médicis) mais elles sont destinées moins à faire rire (trop facile) qu'à participer (comme en négatif ou en creux) de/à ce propos.

Ainsi à l'instar du terme "sapienza" qui recouvre deux acceptions (l'église construite par Borrimini reproduite sur l'affiche du film et la sapience, latinisme qui désigne la "sagesse") le film opte pour la forme duale: au décor parisien du prologue (avec les lignes horizontales du périphérique et celles verticales d'immeubles) s'opposent les rives du lac Majeur (large panoramique où se confondent le bleu et la lumière); la relation maître et élève qui s'inversera en relation élève/maître; le montage parallèle (Rome et l'architecture baroque revisitées par Alexandre et Goffrado; les bords du lac Majeur pour la convalescence de Levinia assistée par Alienor); le réel et le fantastique (Alienor et la rencontre improbable d'un Chaldéen interprété d'ailleurs par le réalisateur; Alexandre et la "reconstitution" de la dernière nuit de Borromini) etc...

La musique de Monteverdi accompagne, souveraine, cardinale, le parcours "initiatique", de ces personnages! En quête...de la lumière...

 

Colette Lallement-Duchoze

 

J'ai eu l'impression en regardant ce film que Julien Green copiait Kaurismaki, Ozou et Rohmer pour essayer de donner du fond à sa métaphysique pâteuse. Mais copier ses maîtres n'est pas gage de réussite. Quête de lumière ? ...et puis après ?...De l'esbrouffe prétentieux, beaucoup de silences accompagnent ce film que la musique au final de Monteverdi ne vient pas rattrapper. On y bâille ! On y baîlle !...

Serge Diaz 31/03/2015

Le culte de la diction baroque (sonorisation des "e" muets", prononciation de toutes les liaisons) Eugène Green le pratiquait dès la fin des années 70 (avec sa troupe "théâtre de la sapience"...ça ne s'invente pas). Quant à son film, n'est-ce pas prétentieux de la part d'un spectateur (qui s'est ennuyé) de décreter que le réalisateur n'est qu'un imitateur? Quand bien même ce dernier se "réclamerait" de x ou y, il conviendrait de chercher plutôt du côté de Bresson pour l'exigence formelle et certes du côté de Rohmer pour la légèreté apparente; mais Kaurismaki??? Ah ce besoin d'étiqueter à tout prix (besoin de se rassurer...???) 

Colette mercredi 1/04

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 12:38
Voyage en Chine

De Zoltan Mayer

Avec Yolande Moreau Qu Jing Jing André Wilms

Au départ un vieux couple sinistre (les couleurs des images accentuent cette impression) apprend la mort en Chine du fils qui avait depuis longtemps coupé les ponts avec ses parents. Du fait de la mésentente entre le père et le fils et aussi de la distance à l'intérieur du couple, la mère, part seule pour rapatrier le corps.

On voit Liliane (Yolande Moreau) franchir les obstacles administratifs et géographiques, seule d'abord, puis au fur et à mesure que le film avance, avec l'aide de personnages rencontrés au cours de ses pérégrinations. L'apogée est la rencontre avec les amis de son fils dont elle apprend la vie en Chine, dont elle découvre peu à peu la personnalité, auquel elle écrit les lettres qu'elle ne lui avait jamais écrites.

La fin du film est optimiste.

Les paysages et les acteurs (Yolande Moreau et aussi les Chinois) sont magnifiques. Les arrières-plans flous sont un parti pris. ils reviennent souvent mais jamais sans raison.

Un peu bisounours quand même.

C'est un bon film

Isabelle Lepicard

Alors si c'est "bisounours"....J M Denis le 30/03

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 17:47
Festival à l'Est du Nouveau du 17 au 24 avril

Un festival pour qui?

A l' Est du Nouveau, c'est pour tous les curieux d'autres regards sur le monde. Des vies qui ne sont pas les nôtres mais qui sont en même temps si semblables.
C'est fait pour ceux qui aiment les films drôles et tragiques, déjantés et profonds.
C'est fait pour ceux qui aiment se retrouver à la sortie des salles pour échanger, se dire ce qu'on a vu d'autre et qu'il ne faut pas rater.
C'est fait pour que Rouen le soir soit en effervescence, qu'on y parle tchèque et polonais aussi, qu'on s'y retrouve pour des fêtes improvisées et qu'on renoue avec l'atmosphère festivalière nordique qui nous a tant marqué et manqué.

 

Un festival pour quoi faire?

Le festival A l'Est, du Nouveau a pour objet de montrer des films issus des pays de l'est de l'Europe.

Il est aidé à ce titre par la commission européenne, les collectivités locales nous soutiennent et vous serez nombreux dans les salles.

Mais cela ne suffit pas pour l'objectif particulier que nous avons cette année :

Fêter la dixième édition du Festival!

 

Sur le site Arizuka, toutes les modalités, la description du projet, les contreparties et le processus d'inscription

 

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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 06:22
1001 grammes

de Bent Hamer  Avec An Dahn Torp, Laurent Stocker

 

 

Le spectateur rouennais qui a suivi , fidèle,  le festival du cinéma nordique se rappellera l'humour décalé de "Eggs" (1995) ou de "Kitchen Stories" (2003),  la drôlerie poétique  de ce réalisateur norvégien Bent Hamer. Ici nous entrons dans  le monde des poids et mesures; un monde   strict rigoureux  (le dire est  un truisme), alors que la vie au quotidien est marquée, elle, par des aléas; et le réalisateur va jouer (un peu trop) sur ces oppositions, à travers le parcours de Marie -scientifique norvégienne-  qui représentera son pays à la conférence internationale du kilo organisée au pavillon Breteuil dans le parc de St Cloud. Les plateaux d'une balance peuvent illustrer ce parcours: sur l'un le poids du travail , sur l'autre celui des sentiments ; sur l'un, le poids réel du kilo, sur l'autre, celui d'une vie.... en cendres

Au départ un univers glacé où dominent le bleu et le blanc ; l'appartement de Marie ressemble lui aussi, à cause de son vide sidéral, à un laboratoire; il métaphorise le vide de son existence car en dehors de son métier de "métrologue", absence de  relations ou crépuscule d'une vie amoureuse  - à un moment, visite intempestive de l'ex venu récupérer ses biens. A  la fin, dans l'appartement de Pi (en France) domineront les couleurs chaudes comme pour "sublimer" les étreintes de l'amour

On passera ainsi progressivement du quantifiable à l'essence profonde des choses et la métamorphose de Marie n'est pas sans rappeler celle de Pi, chercheur devenu jardinier, qui sait entendre et capter le chant des oiseaux (avec leurs modulations, leurs stridences )

Mais si le film est proche de "Kitchen Stories" (par la rigueur esthétique et la dénonciation de l'absurde ) il n'en a pas la savoureuse drôlerie: les analogies (urne funéraire réceptacle des cendres du père et "urne" habitacle du fameux kilo norvégien; le père rêvant dans la paille avant de mourir que relaiera Marie comme pour en garder  l'empreinte ) les oppositions (des couleurs surtout) et les métaphores (ornières que l'on cherche à éviter en les contournant;  déclinaison des notions de "masse" et de "pesanteur" !!) ont un caractère trop appuyé  à l'instar de cet adage "Le fardeau le plus lourd de la vie, c’est de n’avoir rien à porter."

Reste cette musique lancinante de John Erik Kaada qui vient scander les démarches de Marie comme autant de marches vers...

Colette Lallement-Duchoze

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 17:07
Gente de Bién
Film colombien (2013) de Franco Lolli. Avec Brayan Santamaria, Carlos Fernando Perez

 

Le rêve de la mixité sociale perdu d'avance?

C'est ce que semble nous dire le film colombien "Gente de Bien" de Franco Lolli

 

Ici pas de trafic de drogue, on parle d'inégalités sociales.

Un père menuisier travaille et vend ses services tant bien que mal à une riche bourgeoise et traîne avec lui son fils. Ce dernier joue avec le fils de la propriétaire; mais au fil des jours tout s'effrite (disputes, moqueries, la domination s'installe)

 

Tout est dit par le jeu et le rôle de l'enfant de 10 ans

 

Un film pessimiste certes, mais à voir

 

Nicole Rousselet

 

 

Très beau film qui fait réfléchir, en effet, mais pas pessimiste. Des parents pas préparés à avoir un enfant (c'est hélas plus que courant). Un gamin qui n'est pas ébloui par le confort et les plaisirs de la classe bourgeoise mais voudrait simplement vivre avec ses deux parents d'origine modeste, être aimé d'eux, structuré, rassuré. Le scénario n'est pas piégé par la différence de classes pourtant omniprésente mais démontre que le développement d'un enfant ne passe pas par les biens matériels. Propos banal mais la mise en scène sans effets, le jeu d'acteurs réaliste mais réservé, apportent une douce tristesse à ce film qui force la réflexion sur l'éducation. Serge Diaz

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 12:25

de Stéphane Lafleur (Canada)

Avec Julianne Côté, Marc-Antoine Grondin, F. La Haye

Présenté à Cannes (quinzaine des réalisateurs)

 

 

tu-dors-Nicole.jpg

 

C'est l'été, un été caniculaire (on transpire on se baigne dans la piscine on actionne les ventilateurs). Nous sommes  invités à suivre le parcours de Nicole, en charge de la maison familiale en l'absence des parents: Vélo (en compagnie de son amie) mini golf, piscine, job alimentaire (trier des vêtements pour une organisation caritative); mais aussi fréquentation de personnages assez folklos ou insolites: le frère qui transforme une pièce de la maison en studio d'enregistrement; le collègue de travail assez simplet et surtout Martin un gamin chérubin de 10 ans à la voix très mâle (ah la magie du doublage); il s'exprime tel un sage en recourant à des aphorismes sur l'amour et les bienfaits de l'attente, ou sur le temps qui passe

 

Dès la première scène qui joue le rôle de prologue, le ton est donné: celui d'une indolente étrangeté: Nicole est comme "l'étranger", réfractaire à toute forme d'engagement; le choix du noir et blanc (plutôt "cotonneux") et d'une caméra fixe ou de plans fixes participe aussi à/de cette "étrangeté" Nicole entrera dans le cadre, pour bien vite le quitter et y réapparaître après un fondu au noir. Et voici une source lumineuse jaillissante qui sera un des leitmotive du film: ah! les geysers d'Islande; aller sur cette île mais pour quoi faire? rien précisément!!!

 

Quelques intrusions oniriques, un humour quasi omniprésent (surtout dans les réparties saugrenues proférées avec naturel) qui va tempèrer en les dédramatisant, les désillusions, nonchalance languide, et cette musique en live, tout cela (malgré quelques longueurs dans la seconde partie) fait de "tu dors Nicole" une œuvre singulière où le temps peut être suspendu!

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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Mode d'emploi

Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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