De Tommie Lee Jones
Avec lui-même dans le rôle de Briggs et Hilary Swank (Mary Bee Cuddy)
Synopsis: En 1854, trois femmes ayant perdu la raison sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière forte et indépendante originaire du Nebraska. Sur sa route vers l’Iowa, où ces femmes pourront trouver refuge, elle croise le chemin de George Briggs, un rustre vagabond qu’elle sauve d’une mort imminente. Ils décident de s'associer afin de faire face, ensemble, à la rudesse et aux dangers qui sévissent dans les vastes étendues de la Frontière
Une louable intention: en adaptant le roman de Glendon Swarhout, Tommie Lee Jones voulait faire la part belle aux femmes (ignorées ou souvent absentes dans les légendes sur la "conquête de l'Ouest") mais le côté lisse et sage de ce "faux western" le rend insipide. Et dans la dernière demi-heure le "cow-boy" Briggs, seul, après avoir rendu les 3 folles à Miss Carter (Meryl Streep), passe son temps à cabotiner! On s'ennuie! Dommage!
Elisabeth
Certes la plus longue partie de ce film peut générer l'ennui (paysages à la beauté convenue et fondus enchaînés à répétition) mais l'ensemble repose sur une dynamique, celle de la dichotomie assez intéressante dans le sens où elle déboulonne les clichés sur la conquête de l'Ouest : ici l'Ouest est sauvage et maléfique, l'Est lumineux et civilisé; profane et sacré; insane et raisonné; la femme May Bee Cuddy (courageuse autoritaire et généreuse) l'homme G Briggs le "rapatrieur" ( menteur et intéressé) etc. dichotomie jusque dans la musique de Marco Beltrami. Et ce piano "virtuel", bande de tissu brodé , sur lequel continue à s'exercer May Bee Cuddy en quête de mari??
Colette le 5/06
Fond bleu -ciel- émaillé d'étoiles et de figures géométriques, les génériques de début et de fin illustrent au sens littéral le titre "maps to the Stars". Starification? Le film investit un espace, celui d'en-bas, que Cronenberg peuple d'emblée de bizarreries: d'où vient cette jeune post-ado (Mia Wasikowska) qui claque 200 dollars pour se faire conduire en limousine vers la maison de...? Quelle est cette femme hystérique (Julianne Moore), "actrice sur le retour' qui cherche à "rejouer" le rôle de sa mère, star des années 60, fantôme qui la persécute? Et cet ado de 13 ans (cocooné par une mère irresponsable) qui a déjà subi des cures de désintox? Etc. La trame narrative qui s'élabore progressivement, mêle adroitement présent, passé et fantasme (au spectateur de démêler ce qui revient à l'un ou à l'autre). Quelques scènes-choc (le coach-gourou, John Cuzack, juché sa "proie" (Julianne Moore) qu'il triture , l'ado arrogant (Evan Bird) face à ses figures de "tutelle" impresario, producteur etc., la fille "revenante" ou "mutante" frappée violemment par le père) en disent long sur la famille Weiss, installée dans des décors design glacés, famille/microcosme qui renvoie, métaphoriquement, au monde d'Hollywood, la cité des stars!

Un très bon film qui rappelle le très fin film “La dentellière”.


