10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 08:11

De Laurent Cantet (2013)

 

Avec Nestor Jeminez (Amadeo) Fernando Hechavarria (Rafa) Isabel Santos(Tania) Jorge Perugorria (Eddy)Pedro Julio Diaz Ferran (Aldo)

 

En 1997, Amadeo a profité d’un voyage pour disparaître. Il n’est pas revenu pour voir sa femme, qui mourait ici d’un cancer. Pourquoi ? Pourquoi est-il parti ? Qu’a-t-il vécu en Espagne ? Pourquoi veut-il maintenant rentrer ? Autant de questions qui renvoient chacun aux siennes.

retour-a-Ithaque.jpg

 

Le dispositif d'ensemble est toujours bien rodé chez Cantet : la sphère du privé (ici un microcosme quatre amis fêtent le retour d'Amadeo cet Ulysse du XXI° après 16 ans d'exil en Espagne) sur fond historique (la révolution cubaine les attentes et les illusions perdues, la foi et la rancœur ). Or même si le monde né avec l'espoir ne semble susciter aujourd'hui que révolte et pleurs face à la fin de l'utopie, les arguments des amis pour dissuader Amadeo de rester (eux-mêmes, anciens partisans de la révolution,  ne sont plus que de pauvres hères) vont se heurter à ses "aveux" (c'est le dernier mouvement du film ou "la révélation": Amadeo dit les VRAIES raisons de son exil) aveux qui du coup jouent le rôle de catalyseurs (un passé revisité un présent désormais assumé dans sa victoire sur la PEUR; amitié (re)vivifiée;  et le dernier plan où l'on voit le peintre Rafa (Fernando Hechavarria), devant son immense tableau réalisé avant le départ d'Amadeo soit à l'époque où il était "reconnu", semble le corroborer ou du moins l'illustrer)

 

Si le film obéit dans sa construction au schéma du théâtre classique (de la scène d'exposition au dénouement; avec ses dialogues et ses unités de lieu de temps et d'action) Laurent Cantet veut éviter le piège du "théâtre filmé" en variant les cadrages et les angles de vue (au début allegro plans rapprochés sur les 5 protagonistes ou gros plans sur leurs visages radieux; on chante on danse on rit on boit; puis quand il s'agit d'épanchements plus personnels plus intimes alternance duos solos et plans d'ensemble sur le groupe; et à des moments "ciblés" le plan s'élargit aux dimensions de la capitale cubaine ou plonge dans les rues en contrebas, lieu de tensions "conjugales"...). On devine malgré tout l'artifice!!

 

Mais ce qui m'a le plus "gênée" c'est que dans la multitude des thèmes abordés (militantisme foot écrivains célèbres magie et mysticisme choix musicaux guerre en Angola problèmes très personnels et j'en passe...) les dialogues donnent souvent l'impression d'être "récités" car ils sont très bien "écrits" (alors que les protagonistes sont de plus en plus "imbibés"); en outre le catalogue/panorama de la société cubaine pendant et après la révolution castriste ne donne pas l'impression d'être "vu de l'intérieur" tant il porte l'empreinte d'un non-Cubain (même si Leonardo Padura a participé au scénario)

 

Et si c'était un film sur la "vocation de l'écrivain", son écriture et sa langue ?? Le problème qui a taraudé Amadeo en exil ressemble étrangement à celui de Guillermo Cabrera Infante dont Leonardo Prada disait en 2003 "Il a écrit deux chefs-d’œuvre qui portent la langue de La Havane. Mais, en exil, il ne l’a plus entendue, et peu à peu il a cessé d’écrire.»

 

Colette Lallement-Duchoze

 

 

 

 

 

Bien vu Colette !

Sur la forme le film est très réussi. Sur le fond, c'est plus discutable. Le parti pris de montrer Cuba comme un pays proche de l'enfer est forcé. Il est question dans ce film de médicaments envoyés d'Espagne par un mari en exil pour soigner sa femme restée à Cuba, victime d'un cancer....Ce trait est faux : Cuba a le meilleur système de soins du monde. Ce petit pays internationaliste se permet d'envoyer des médecins au Libéria et en Guinée actuellement pour soigner les populations atteintes de la maladie d'Ebola. Quid des Américains et Français qui ont envoyé des militaires à la place...?

L'intérêt du film réside néanmoins sur le croisement entre responsabilités politiques et choix individuels pour réussir sa vie ou pas.

Serge Diaz  (mercredi 10 )
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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 19:31

Documentaire de Marcel Trillat l

 

des-etrangers-dans-la-ville.png

 

Marcel Trillat, documentariste de talent, sait parler de la situation des 400.000 travailleurs sans-papiers en France sans tomber dans le pathos. La démonstration est efficace : ces gens-là travaillent, paient leurs cotisations aux organismes sociaux et des impôts mais ne peuvent circuler librement. Résidents depuis des années, (certains depuis 10 ans et plus) ces hommes, femmes, et enfants risquent à tout moment d’être renvoyés dans leur pays d’origine où parfois la mort les attend, alors qu’ils sont innocents de tous délits. Curieux monde où les capitaux, les marchandises, peuvent circuler à travers le monde mais pas les individus.

Certains ne voient pas mourir leurs parents ou ne voient pas leurs enfants restés au pays grandir car partir c’est ne plus pouvoir revenir.

 

La franche haine et l'hostilité colportées par un Valls ou une Le Pen à leur égard font croire qu’immigrés = délinquants, alors que c’est faux ! La délinquance est le fait de jeunes Français, et pour ceux d’origine étrangère de la 2ème ou 3ème génération, elle n’est pas le fait de ces sans-papiers qui mènent un parcours du combattant pour pouvoir travailler et survivre.

Il y a une volonté politique dans le parti pris des gouvernements de droite ou de “gauche” de ne pas régulariser ces 400.000 immigrés : leur précarité extrême profite aux entrepreneurs sans scrupules, particulièrement dans le bâtiment et l’hôtellerie-restauration.

 

Le ton du réalisateur n’est pas celui de la stigmatisation des fonctionnaires qui appliquent une politique injuste et inhumaine, bien au contraire. Pas d’extrême compassion non plus . L’émotion surgit naturellement de l’intelligence du propos, de la raison. L’immigration rapporte davantage à notre pays qu’elle ne coûte.

 

En 1 H 09 , le réalisateur nous en apprend davantage sur notre administration que 20 ans de journaux télévisés.

Allez voir ce film déclencheur de prise de conscience (il devrait être re-programmé à l’Omnia...) ou achetez le DVD, c’est l’occasion d’affirmer ce très beau slogan inscrit sur les tee-shirts de la Cimade :il n’y a pas d’étrangers sur la terre.

 

Serge Diaz

 

 

 

 

 

 

 

Et l'on apprend que 400 000 sans papiers vivraient actuellement en France; OR CE CHIFFRE EST STABLE DEPUIS 30 ANS...

Où l'on VOIT l'incroyable patience de ces êtres humains "égarés" dans les dédales souvent loufoques des administrations qui ne font qu'appliquer l'absurdité d'un système "pas de travail sans carte de séjour, mais pas de carte de séjour sans travail"

 Colette   (dimanche 7/12)

 

 

 

 

 

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 05:56

de Michel Hazanavicius

avec Bérénice Bejo, Annette Bening, Maxime Emelianov

Film présenté à Cannes (compétition officielle)

 

 Les destins de quatre personnes concernées par la seconde guerre en Tchétchénie  en 1999 qui vont être amenés à se croiser Une représentante de l'Union européenne en charge des droits de l'Homme, un gamin qui a fui après avoir vu ses parents exécutés devant lui, sa sœur, qui le cherche parmi des milliers de déplacés, et un soldat russe à qui l'armée apprend à devenir un dur...

 

 

 the-search.jpg

 

 

Mais que diable est-il allé faire en Tchétchénie???

 

Vomir sa haine anti Poutine?

 

Flirter lâchement avec "Full metal jacket? Ou "Allemagne année zéro?

 

Confondre femme (oh ma Bérénice, ma dulcinée !!) et actrice (piètre Carole !)

 

 

The Search est un mélodrame sur fond de guerre. La crainte, c'est de tomber dans le ridicule, mais je suis conscient de flirter avec ça" avouait le réalisateur

 

 

Avouer !  mais "pardonner"?

 

J-M Denis

 

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24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 04:30

Documentaire de Wim Wemders

 

 Depuis quarante ans, le photographe Sebastião Salgado parcourt les continents sur les traces d’une humanité en pleine mutation. Alors qu’il a témoigné des événements majeurs qui ont marqué notre histoire récente : conflits internationaux, famine, exode… Il se lance à présent à la découverte de territoires vierges aux paysages grandioses, à la rencontre d’une faune et d’une flore sauvages dans un gigantesque projet photographique, hommage à la beauté de la planète.
Sa vie et son travail nous sont révélés par les regards croisés de son fils, Juliano, qui l’a accompagné dans ses derniers périples et de Wim Wenders, lui-même photographe  

le-sel-de-la-terre.jpg

 

 

 

 

Un beau portrait intime du grand Salgado,

 

De belles images bien léchées décrivant la misère du monde , la famine,  l'extrême pauvreté ou la guerre (Rwanda, Ethiopie, ex-Yougoslavie)

   

Un homme sincère

 

Mais malgré tout cela on est peu ému et un peu agacé de l'interview Wenders -Salgado

   

A voir malgré tout 

 

Nicole Rousselet

 

 

 

 

 

Dans ce documentaire, ce qui est "agaçant"  ce sont les commentaires de l'artiste lui-même, très (trop) prolixe et/ou souscrivant allègrement à la doxa (cf. propos sur l'ex Yougoslavie ou l'Irak); ces commentaires empêchent souvent le spectateur d'admirer le travail du photographe (= celui qui écrit avec la lumière).

 

En revanche la photo qui sert de générique -des hommes par milliers à la recherche d'une pépite dans une mine d'or brésilienne- et dont la caméra va grossir des détails ou sélectionner une puis des parties, joue bien son rôle de mise en abyme...

CLD

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:56

Premier long métrage de Benjamin Naishat

Avec Mirella Pascual, Tatiana Giménez, Jonathan da Rosa, Claudia Cantero, Elsa Bois

 

Dialogue (à peine imaginaire) entre deux spectatrices à l'issue de la projection :

      

histoire de la peurC: N'est-ce pas le genre de film qui inciterait presque à rester comme "extérieur" ? (en ce sens qu'on ne se sent pas "impliqué" -contrairement à ce que suggérait le titre)

 

N: Non je ne pense pas. Car la "peur" est omniprésente, elle concerne surtout la violence entre les classes sociales (pour schématiser les "riches" qui appréhendent d'éventuelles malversations  de la part des "pauvres"; attention! Propriété privée!)

 

C Ce que confirme d'ailleurs en l'illustrant la séquence d'ouverture avec ces vues aériennes qui découpent le sol en quartiers bien différenciés: un habitat assez rupin avec ses rectangles bleus -les piscines- habitat peu dense d'une part et les zones en friches d'où s'échappent des fumées (incendie?) d'autre part et ces voix qui somment les "habitants" de rester chez eux comme à l'approche d'une catastrophe (ce qu'accentue le bruit quasi insoutenable de l'hélico)

 

N Les catastrophes auxquelles on s'attend (hormis la météorite et les coupures de courant) se révèlent bien dérisoires...Mais au cours du "récit" on voit bien que certaines personnes sont forcément reliées entre elles ne serait-ce que par les liens de maîtres à valets...et tu auras remarqué que les "pauvres" ont tendance à s'effacer alors que les "riches" pérorent (la scène du repas le prouve bien)

 

C Mais dans sa volonté de juxtaposer des saynètes le film ne perd-il pas en efficacité? Car après tout ne serait-ce pas le spectateur qui est invité à combler tous les "vides", donc le seul détenteur du signifié?

 

N Non. Il me semble que le réalisateur a bien "montré" la façon dont le sentiment d'insécurité est diffus(é) dans son pays, l'Argentine, et plus spécialement dans la capitale

 

C: Cela n'empêche que le choix d'une telle narration (avec ses ellipses ses hors-champs ses écrans noirs) fait que la "peur" (côté spectateur j'entends) ne peut être viscérale, qu'elle reste "théorique" même quand il y a suspense!

 

N Évidemment! Mais si elle ne s'impose pas vraiment elle affleure toujours car elle est suggérée...et le mélange des genres (car il y a parfois un côté farcesque) prouverait que la "peur" relève du fantasme!!!

 

 

 

Cela étant, les deux spectatrices étaient d'accord sur les audaces formelles, les astuces de cadrages, les récurrences de gros plans (les grimaces par exemple) les incongruités (cet homme nu sur l'autoroute) et sur le rôle de la police!

 

Un premier long métrage à recommander (hélas! ce film fut très peu distribué)

 

 

CLD

 

 

 

 

 

Bravo aux deux "cinéphiles"!!!

MHL (le 23/11) 

 

 

 

 

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 06:19

Documentaire russe d'Alexander Kouznetsov

Vu en avant-première à Paris le 4/11

Sortie prévue le 31/12/2014

 

 

territoire-de-la-liberte.jpgConnaissez-vous les Stolbys? (rochers d'escalade qui ressemblent à des colonnes) et par voie de conséquence le stolbysme (style populaire d'escalade qui apparaît dès la fin du XIX° ). Le film documentaire d'Alexander Kouznetsov vous invite à découvrir cet "espace de liberté" à quelques kilomètres de la ville de Krasnoïarsk (rappelons que Krasnoïarsk est la capitale de la région centrale de Sibérie, reliée à Moscou, dont elle est distante de 3300km à l'Est, par le transsibérien; longtemps lieu de relégation des exilés de l'empire russe, important centre du goulag pendant la période du stalinisme la ville est restée longtemps fermée aux étrangers à cause de son complexe militaro-industriel)

 

Pour chanter la "liberté" et faire vivre au quotidien un espace de résistance, le réalisateur procède par alternances et oppositions: la ville et la réserve. Aux scènes de rue où l'on voit une masse compacte dont le mouvement est canalisé voire jugulé par les forces de l'ordre et les représentants de la religion il oppose les scènes d'escalade, dans une nature quasi immémoriale; à l'horizontalité de la rue qu'arpentent les "processionnaires", la verticalité du mouvement ascensionnel; à l'anonymat de la foule, l'identité revendiquée de certains protagonistes (paroles des interviewés et esquisse de portraits). Le réalisme assumé illustre une profession de foi, un credo "le stolbysme est un art de vivre" (dit un personnage) et le réalisateur lui-même qui depuis 30 ans fait partie d'une isba la Goloubka, dans la réserve naturelle, a voulu donner à son film "une dimension de résistance et d'utopie, au fond universelle; une idée philosophique expérimentée concrètement" Ce qu'illustre aussi l'opposition entre les chants (l'hymne des Stolbystes entre autres, d'après une chanson de Filatov) et les prières suppliques invocations de la foule dans l'espace urbain..."chaque nuage porte une lueur d'espoir" et "sainte Marie priez pour..."

 

Le principe de l'alternance prévaut aussi pour les scènes de la réserve; scènes d'intérieur dans les isbas (aux ambiances chaudes où agapes musique chants célèbrent la joie partagée) et scènes d'extérieur où l'homme en affrontant les éléments naturels conquiert sa liberté et vainc sa peur! Alternance entre vues d'ensemble, panoramiques, vues en plongée et contre-plongée (mettre l'homme au centre ou la nature mais sans écraser le premier); des gros plans sur les pieds ou les mains de la gamine aux prises avec la roche, disent l'effort, d'autres sur tel ou tel visage à l'intérieur d'une isba magnifient la convivialité...

 

Vers la fin du documentaire une séquence de nuit: les personnages munis de leurs lampes vont peindre à la chaux sur le minéral et en très gros caractères le mot LIBERTE . Le "pouvoir" les efface régulièrement, les hommes "libres" les inscriront régulièrement!



Un documentaire à ne pas rater!

 

Colette Lallement-Duchoze 

 

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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 10:20

Film américain de Ira Sachs

Avec Alfred Molina, John Lithgow, Cheyenne Jackson

 

Après 39 ans de vie commune, George et Ben décident de se marier. Mais, au retour de leur voyage de noces, George se fait subitement licencier. Du jour au lendemain, le couple n'est plus en mesure de rembourser le prêt de son appartement new yorkais. Contraints de vendre et déménager, ils vont devoir compter sur l'aide de leur famille et de leurs amis. Une nouvelle vie les éloignant l'un de l'autre, s'impose alors dans leur quotidien.

 

 

love-is-strange.jpg

 

Beaucoup de films sur l'homosexualité surfent sur la connotation sulfureuse de ce thème héritée du passé.

 

Love is strange non.

 

Tout en délicatesse, il remet l'homosexualité dans la normalité quotidienne : emploi, logement...

 

A voir et à soutenir !

 

M. E.


 

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 08:10
De Xavier Dolan
Prix du jury à Cannes
Avec Anne Dorval Suzanne Clément et Antoine-Olivier Pilon
 
Une  veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent   TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l'aide inattendue de l'énigmatique voisine d'en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d'équilibre et, bientôt, d'espoir.
 
Acteurs d'exception, mise en scène originale, rythme euphorique, noirceur et lumière (dans la thématique abordée), le corps dans tous ses états (gestes et paroles d'une violence inouïe ou d'une incommensurable tendresse): Xavier Dolan conscient de ses "prouesses" briguait à Cannes la palme d'Or! Mais remporter à 25 ans le prix du jury (ex-aequo avec Godard) n'est-ce pas une récompense suprême? 
      .
 Prouesses! mommy   Le réalisateur a choisi le format carré: c'est celui des pochettes de disque (et le film est d'ailleurs traversé de nombreuses chansons/hommages); c'est aussi celui du portrait (éliminant toute fioriture, il permet de se concentrer sur un visage et il se prête aux gros plans); mais c'est surtout celui de l'enfermement (un tel cadre emprisonne les trois personnages dans un engluement phobique, une forme de triolisme à la libido délibérément  non assouvie; trois personnages fusionnant en un seul mais chacun se démenant avec des problèmes spécifiques dont la pathologie est connue de tous!); et quand suite à une révélation à valeur d'épiphanie le cadre va s'élargir c'est le personnage qui de ses bras l'agrandit aux dimensions d'un bonheur édénique ou d'une joie reconquise.
A certains moments de la narration les acteurs sont filmés au ralenti: la joie exulte explose dans une bande son volontairement muette, tout comme la vision du futur (un avenir somme toute banal qu'imagine la mère : son fils  mature heureux en ménage et père comblé) est restituée en images floutées (usage de filtres?) et sans bande son; or c'est précisèment après cette intrusion onirique que la mère va "livrer" son fils au Corps Médical!
Les alternances entre gueulantes et rires, entre fusion et rejet scandent la narration et lui imposent un rythme d'une époustouflante énergie...Et là il faut rendre hommage aux trois acteurs (ils auraient mérité une récompense!!!) 
Et pourtant, malgré tout cela, subsiste une impression désagréable de "complaisance" (à la fois dans la façon de filmer et dans la direction d'acteurs); impression qui altère -sans vraiment le saper- le pur plaisir de Voir! 

Colette  Lallement-Duchoze
 
 
 
 
 
 
Tout à fait d'accord avec le dernier paragraphe....
Mais pour le reste non: trop c'est trop!
Cadrage rythme musique  sans compter l'intervention un peu incongrue de la voisine d'en face.
Le problème reste le concert de louanges de la plupart des critiques.
 
Marcel Elkaim 8/11
  
    
.


 
 

 
 
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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 18:26

Drame allemand de Christian Schwochow

Avec Jördis Triebel, Tristan Göbel, Alexander Scheel

 

 

 

Fin des années 70, quelques années après la mort de son fiancé, Nelly décide de fuir la RDA avec son fils afin de laisser ses souvenirs derrière elle. La jeune femme croit à un nouveau départ de l’autre côté du mur, mais en Occident où elle n’a aucune attache, son passé va la rattraper…
La jeune femme va-t-elle enfin réussir à trouver la liberté ? de-l-autre-cote-du-mur.jpg 

 

 

 

Il y a eu un certain nombre de films sur la vie en RDA (La vie des autres, Barbara, Good Bye Lenine) mais jamais aucun sur les transfuges et l'accueil qui leur était réservé.
En cela, le film est intéressant. Croyant trouver la liberté, Nelly se retrouve dans un camp de transit, en butte aux soupçons des Allemands de l'ouest et du FBI en raison de sa profession (chercheur en chimie) et surtout de son fiancé disparu.
Les humiliations (déshabillage) et interrogatoires n'ont rien à envier à ce qu'elle a vécu en RDA. La vie dans ce camp de transit et les relations bonnes ou exécrables qui s'y nouent sont bien montrées. Quelques personnalités du camp sont attachantes et désespérées.
Les acteurs sont très bons en particulier l’héroïne qui a eu un prix pour son interprétation.
Il manque pourtant je ne sais quoi pour en faire un grand film -comme par exemple Barbara-. peut-être quelques longueurs.....
Le film mérite pourtant d'être vu

Allez-y pour vous faire une opinion.

 

 

Isabelle Lepicard

 

 

 

Très juste

Il faut y aller

Marcel Elkaim  (8/11)

 

 

 

 

 

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 07:16

de Dietrich Brüggemann

Avec Lea Van Acken, Franziska Weisz

Ours d'argent du meilleur scénario (Festival de Berlin)

 

 

"Maria est une adolescente de 14 ans qui se prépare à faire sa Confirmation. Très pieuse, elle est élevée dans une famille catholique fondamentaliste. Ce qui ne manque pas d'intriguer un camarade d'école. Alors qu'elle se prépare activement à la cérémonie religieuse, elle s'investit de plus en plus dans la foi, se pose des questions sur le sens de son existence et ses défauts comme l'arrogance. De plus en plus mystique, elle ambitionne d'être une sainte. Sa mère a du mal à comprendre ses tourments...

 

 

chemin-de-croix.jpg

 

 

 

 

Vous avez dit :

 

"eau bénite" je réponds puanteur maléfique;

 

"chemin de croix"? Dispensez-vous des 14 stations (filmées en plans fixes comme des tableaux)

 

Miracle ? Un abominable troc " je me donne à Jésus, et mon petit frère muet sera guéri"

 

 "Coups de pied au culte qui se perdent'  (écrit joliment Alain Spira)

 

J-M Denis

 

 

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Ce blog est destiné à collecter nos ressentis de spectateurs, à partager nos impressions sur les films (surtout ceux classés Art et Essai).

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