Documentaire réalisé par Thomas Lacoste (2025)
musique Florencia Di Concilio
Festivals
de Douarnenez , du film francophone de Tübingen & Stuttgart , du film d'environnement de Toulouse
Janvier 2021 à Notre-Dame-des-Landes un collectif se forme sous le nom de "Les soulèvements de la terre" pour défendre le bien commun face à la marchandisation et l'artificialisation du vivant...
Le collectif « soulèvements de la terre » est un « mouvement militant et citoyen formé à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) et solidifié autour de la méga-bassine de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) Il lutte contre l’accaparement des terres et de l’eau et contre les ravages industriels et la montée des totalitarismes. Thomas Lacoste en capte des voix des visages, fait de la parole militante le cœur même de son documentaire
Voici un portrait choral à 16 voix soit 16 trajectoires : des paysans, des étudiants, de jeunes militants ou des figures plus aguerries, des femmes et des hommes, filméEs dans leur environnement, assisEs et en frontal le plus souvent, seulEs ou en duos (deux générations), elleux expliquent leur démarche leurs intentions leurs luttes avec une aisance et une clarté qui forcent l’admiration. MuEs par une foi inébranlable dans le vivant (la diversité de ses règnes et de ses éléments) dans la force du collectif iels œuvrent pour « le bien commun » (rendre le monde vivable) et témoignent ainsi de leur engagement tout en explicitant leur « manière d’agir » (qu’il s’agisse d’occupation de terres (A69, Zad de Notre-Dame-des-Landes), de l’opposition à des projets de retenue d’eau (CluZAD) de la fabrication de machines agricoles, de la mobilisation contre les mégabassines (Sainte Soline) de la préparation de repas et d’infrastructures pour recevoir les manifestants etc..) Bien éloignéEs des portraits que le gouvernement Darmanin ou les médias à la solde de Bolloré avaient imposés à l’opinion !!, en les assimilant à des « terroristes » (surtout après la violente répression de mars 2023) -Ecoutez ce jeune scientifique qui sait capter et interpréter les sons gutturaux ou plus cristallins des oiseaux… ou ce père implorant, ému , le « pardon » des générations à venir , pour avoir pris conscience tardivement de l'urgence de la "lutte" !
Le passage d’une séquence à l’autre, d’un bloc de parole à un autre, est assuré par un gros plan fixe sur un animal alors que des images en noir et blanc - photos d’archives- sont comme une ponctuation mémorielle, ponctuation en surimpression bien loin du spectaculaire (pâture dont se repaissent certaines chaînes de TV) Virtuosité du montage qui enchâsse témoignages et plans sur l’environnement ! Vibration de touffes emmêlées de crin et d’herbes, d’un ciel d’avant l’orage, palpitation du souffle des animaux, œil agrandi et magnifié par un zoom, embrassement quasi "maternel" d'un petit ovin! Le noir et blanc peut s’animer, la bande son restituer la déflagration de grenades contrastant avec la quiétude ambiante, la couleur prendre le relais ! Nous sommes à l’écoute d’un Vivant, à préserver coûte que coûte
"la pensée en train de se faire" , le portrait " d’un mouvement -certes inscrit dans un hic et nunc mais exhaussé à l’universalité d’une quête, celle du "bien collectif" - tel est le pari réussi de Thomas Lacoste . Et ce n’est pas pur hasard si le documentaire s’ouvre sur le témoignage d’une femme reconvertie en fromagère puis éleveuse de bovins et se clôt tel un épilogue sur une action dans le Finistère (flottille ! ) à l’encontre de l’empire Bolloré et contre le fascisme,
Un documentaire d’utilité publique aux remarquables qualités cinématographiques
A NE PAS MANQUER
Colette Lallement-Duchoze
(Séances Samedi 14h salle 8, dimanche10h45 salle 4, mardi 20h20 salle 8)
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