1 février 2026 7 01 /02 /février /2026 07:42

De Paolo Sorrentino (Italie 2025)

 

avec Toni Servillo (Marino De Santis) Anna Ferzetti (Dorotea) Orlando Cinque (colonel Massimo Labaro) Massimo Venturiello (Ugo Romani) Milvia Mariagliano (Coco Valon) Rufin Doh Zeyenouin (le pape) Francesco Martino (Ricardo De Santis) Alexandra Gottschlich : (L'ambassadrice lituanienne) Linda Messerklinger(Isa Rocca) Vasco Mirandola : (Cristiano Arpa)

 

Mostra de Venise (2025) Prix d’interprétation masculine  (Toni Servillo)

 

Mariano De Santis, président de la République italienne à la fin de son mandat, doit s’acquitter de deux missions projet de loi sur l’euthanasie qu’il peut signer ou laisser à son successeur, accorder la grâce à un homme et une femme condamné.es à perpétuité pour avoir tué leurs conjoints respectifs. Mais une troisième question d’ordre privé le hante.

La Grazia

Défilé des articles de la constitution italienne, ballet d’avions sillonnant le ciel des 3 couleurs, c’est bien l’ensemble des prérogatives qui incombent au président italien qui s’imposent au regard dès l’ouverture de ce film (des devoirs au service de l’unité nationale), Voici un président en fin de mandat. Mariano De Santis ou « béton armé » ce surnom insiste sur une psycho-rigidité une impavidité que Toni Servillo incarne à la perfection et qu’illustrent la mise en scène (soin extrême dans le cadrage des plans, obsession de l'équilibre dans les compositions symétriques,  trop léché diront méprisants les détracteurs) et une théâtralisation volontairement appuyée. Et la multitude des charges va contraster (quasiment tout au long du film) avec le vide la solitude. –Mariano filmé souvent seul en gros plan et son visage envahit l’écran ou alors ravalé à un animalcule quand il est filmé de loin (rarement) comme égaré.

Nous sommes immergés dans un quotidien où paroles et gestes sont ritualisé es même au plus fort de la flagornerie ;simultanément nous pénétrons une conscience avec ses dilemmes (accorder ou non la grâce, signer ou non la loi sur l’euthanasie) tout cela dominé par cette obsession : qui fut l’amant d’Aurora la femme aimée ? Question de « macho » qui taraude  torture (recours à la voix off intérieure) au point d’accuser son meilleur ami Ugo Romani, éventuel successeur Enfermé dans ses dilemmes d’homme politique Mariano ex juriste hyper catho, ose enfreindre le règlement lors de sa visite à la prison- approcher au plus près la vérité affirme-t-il,- alors que simple humain, ex mari aimant et jaloux il s’empêtre dans une fausse résolution liée à l’intime (il y a prescription dit, ironique, sa fille)

Un pape noir avec dreadlocks et scooter, un astronaute et son pleur en apesanteur, un robot animal comme guide suprême, une danse sur un rap débridé, autant d’instants de « fantaisie » censés ponctuer l’errance existentielle d’un personnage pour le moins crépusculaire… - le chant alpin explose quant à lui de solidarité renouvelée…

Et si la question oratoire formulée par sa fille Dorotea « à qui appartiennent nos jours » était in fine la seule approche -capable de transcender « failles du pouvoir » et « mélancolie »?  

Irrigué par la dialectique du faste et du vde, du politique et de l’intime, jouant sur la polysémie du mot « grâce » (lourdeur du pouvoir régalien et légèreté, état d’apesanteur) La Grazia est un film A VOIR !! Assurément !

 

Colette Lallement-Duchoze

 

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