de Lucio Castro (Argentine USA 2025)
avec Laith Khalifeh, Ezriel Kornel, Joel Isaac, Matthew Risch
Présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 du Festival de Cannes dans la section de l’ACID.
Puis sélectionné dans un grand nombre de festivals internationaux Munich, Melbourne, Palm Springs ou encore Göteborg.
Adnan, un jeune étudiant en art, arrive à New York pour y passer l’été. Il effectue un stage dans une galerie où est exposé un artiste atypique et plus âgé qu’il a croisé par le passé. Alors que des moments de son passé et de son présent s’entrelacent, une série de rencontres — à la fois artistiques et érotiques — ouvrent des brèches dans sa réalité quotidienne.
Un film singulier où s’enchevêtrent passé et présent (un chapitre sera comme le flashback du précédent) , réel et fantasme (surtout en II avec le surgissement d’un satyre hors du récit mythologique) un film sur le "double" (les mises en abyme d’un segment à l’autre comme autant d’approches à la fois narratives et érotico-sexuelles) un film où alternent les ambiances urbaines et la sérénité de la forêt (ou bien au sein même de la ville ces espaces de verdure dédiés le jour aux jeux d'enfants et la nuit aux "rencontres"; en I premier rapport sexuel Adnan/Yariel dans un parc …Et le chapitre IV – addendum ou épilogue ?- est tourné dans un parc new yorkais…. déserté par son public habituel, habité par le seul Adnan ) Le choix du format 4/3, l’absence de profondeur de champ et le jeu constant de la lumière participent de cette singularité (ou l’accentuent)
Oui ce film de l’Argentin Lucio Castro mérite plus qu’un détour.
Le peintre sur canevas (broderies érotiques, très explicites dont certaines envahiront l’écran alors que la plupart des séquences filmées en sont l'illustration) ? C’est Sal Salandra (interprété par Ezriel Kornel) Il est exposé dans la galerie new yorkaise (Brooklyn) que le temps d’une saison va garder l’étudiant stagiaire en art Adnan (Laith Khalifeh) (en I). C’est la main de cet artiste qui d’une partie à l’autre en tisse le titre annonciateur (souvent énigmatique d’ailleurs) Ainsi le "brodeur" septuagénaire (personnage principal de II) métaphorise l’ensemble (d’abord présenté comme "bricoleur/réparateur" il va initier Adnan à " écouter sans toucher " quand surgira un faune, après avoir capté dans le silence les bruissements naturels bientôt remplacés par la musique ….étrange de Robert Lombardo)
Fils brodés, fils de couleurs autant de fils conducteurs vers le passé amoureux d’Adnan (sa relation perturbée avec Iggie (Matthew Risch) ; séquence III dans un Airbnb en forêt, séquence faite d’ellipses de non-dits autant que d’explicite avec ces montées et descentes d’escaliers, ce cheminement périlleux vers les points d’eau, une eau lustrale et tempétueuse, Iggie écrivain d’autofiction?) Fils conducteurs dans ces instants de frénésie amoureuse (en I avec le livreur de -nouilles ivres (?) ce livreur Yariel (Joel Isaac), s’avérera en fait un authentique poète/conteur… en écho au final (en IV) les vers que l'on déchiffre tel un haïku
Enchevêtrement qui (paradoxalement ?) fera émerger une Vie, celle du Merveilleux où éclosent et se rencontrent tous les arts (peinture photographie roman et poésie) et où l’érotisme queer acquiert ses lettres de noblesse à la Guiraudie ??
Film que d'aucuns vont juger avec sévérité! Qu'importe !
A voir !
Colette Lallement-Duchoze
/image%2F1527451%2F20260501%2Fob_75dbf5_drunken-noodles.jpg)