Long métrage d’animation de Marco Nguyen et Nicolas Athané (2025)
coscénariste Simon Balteaux
avec les voix d’Alex Ramires (Jim), Jérémy Gillet (Lucien), Shirley Souagnon (Nina) François Sagat (Pavel) Christine Bayer (Elisabeth Wiener) Robear (Alex Brik) et Glamydia (Harald Marlot) Philippe Katerine ( prostate)
Porté par le studio Bobbypills
Présenté en sélection officielle en séance de minuit au Festival de Cannes
Avant-première à l'Omnia Rouen le 12 juin en partenariat avec Ciné Friendly by Pix’M, Fiertés colorées et le Milk Bar
Jim Parfait icône sexy de la scène gay parisienne voit sa vie basculer lorsqu'il contracte l'Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l'exception d'un admirateur Lucien un jeune homme d'une vingtaine d'années, timide et homosexuel refoulé, Ensemble ils vont chercher le remède à cette maladie.....
"bears ”, gym queen ”, kiffers ”. Nicolas Athané n’y comprenait "tellement rien" qu’il a demandé à Marco de lui "parler de la vraie vie ” et ce dernier de répondre : “ Mais c’est ça, ma vraie vie. ”(extrait de l’interview accordée à Baz’art)
Partir du réel : : la gym queen ses codes, les autres communautés qu’elle fréquente, celles qu’elle déteste celles qu’elle adore, comment elle est perçue… y ajouter l’humour et l’enjeu de l’hétérose, faire un film drôle, mais avec des côtés sérieux. On tourne en dérision tout le monde, notamment les hétérosexuels pour dénoncer l’hétéronormativité Tel était l’enjeu. Pari réussi ? La réaction de la salle, lors de l’avant-première vendredi 12 juin, fut éloquente...
Traits ciselés, couleurs flashy (Chupa Chups de la gay pride ? ) aplats agressifs caricatures et contrastes, allusions à l’actualité (homophobie; sida, et thérapie; Dr Ragout) musique rythme et tempo, tout dans ce film d’animation (jusqu’à la panoplie de la sexualité gay des clubs, ....tournée en dérision) aspire le spectateur dans une bouffée parfois délirante qui se moque de tout (quand bien même il y aurait pléthore de références, de codes et de symboles ….) : l'obsession des hommes gays pour leur physique est clouée au pilori tout comme celle des hommes hétéros pour le sport, il en va de même des clichés hétéros ou homos (surtout dans la hiérarchisation qui va de pair avec l’exclusion, ah le rôle de gaystapo ) il convient d’ajouter les ruptures de ton qui d’ailleurs en épousant différents genres (dont la comédie musicale et le buddy movie ) illustrent et scandent les moments/étapes de la "trame" narrative -de l’exhibition mise en exergue, à la chute ; de la chute à la reconquête; de la difficulté de Lucien à faire voler en éclats la puissance castratrice de la mère à son émancipation et simultanément métamorphoser l’idolâtrie et ses pièges. Oui ce film est traversé de bout en bout par une irrévérence salutaire où le principe de l'inversion fonctionne tel un bolide dévastateur
Les thérapies de "conversion" ? Un cercueil à clous et symboles gay. La manif pour tous et l’extrême droite passées au moulinet corrosif, Le pullulement de vannes (qui n’ont plus rien de potache) les parodies de slogans publicitaires, les jeux de mots, les gags …tout cela exploité -au mieux ?..- afin de dénoncer le caractère discriminatoire, et dégradant, dont sont victimes tous(tes) ceux(elles) qui refusent l'hétéronormativité
Et si au final le personnage de Nina l’amie de Jim était porteuse du "message" ? Elle qui sait apprécier Jim en dehors de son corps athlétique, de ses abdominaux (marques de son identité queer avant la chute spectaculaire) est convaincue que le désir peut exister hors des grammaires imposées, hors des économies du désirable
Jim Queen? Une fabrication collective, une écriture polyphonique, une direction artistique indépendante au service d’une odyssée fantastique, à ne pas rater
Colette Lallement-Duchoze
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