De José Mari Goenaga et Aitor. Arregi (Espagne 2025)
avec José Ramon Soroiz (Vicente), Kandido Uranga (Xanti) Zorion Egileor (Ramon) Nagore Aranburu (Nerea)
José Ramón Soroiz, coquille d'argent du meilleur acteur au Festival International de Cinéma de Saint-Sébastien (2025)
13e cérémonie des prix Feroz : meilleur acteur pour José Ramón Soroiz et meilleur acteur dans un second rôle pour Kandido Uranga
Présenté en avant-première le 9 avril 2026 dans le cadre du festival Friendly à l'Omnia Rouen
Alors qu'il savoure en toute insouciance sa retraite depuis 25 ans aux îles Canaries un accident arrache Vicente à son paradis. Il est placé dans une maison de repos où ressurgissent les fantômes du passé
Deux lieux --Maspalomas Canaries, un EHPAD au pays basque- deux ambiances et modes de vie » (insouciance vs contraintes de « survie ») mais une thématique commune la sexualité au / du troisième âge et particulièrement l’homosexualité, celle que l’on a dû cacher pendant des décennies à l’ère du franquisme . Alors oui Maspalomas fut pour Vicente synonyme d’Eden…. Mais un accident…de santé au plus fort d’une jouissance partagée à 3, -- et le voici confronté de nouveau à tout ce qu’il avait fui : Or c’est précisément la résurgence de ce passé enfoui - résurgence par bribes elliptiques - qui rend profondément "humain" le personnage principal …et qui rétrospectivement va colorer "autrement" la première partie…
Le film débute dans une ambiance à la Guiraudie or ce tout début pourra agacer certains (répétition de scènes de drague dans les dunes gorgées de soleil, relations tarifées corps bedonnants de septuagénaires aimantés vers ces corps sculptés d’éphèbes apéros à profusion) Vicente encore guilleret au regard à la fois enfantin et concupiscent évolue avec aisance dans ce milieu gay (saluons ici la prestation de Ramón Soroiz) ! jusqu’au moment où…Ellipse
Le présent éternel en I- devient en EHPAD celui de tous les réapprentissages minutés ; et l’ambiance solaire s’est éclipsée, place à la grisaille délétère ; le voisinage avec lequel il faut cohabiter et donc " pactiser" est -aux antipodes de Maspalomas avec une charge assez caricaturale (cf le voisin de chambre hétéro machiste et même ce couple hétéro qui tente vainement de s’adonner aux plaisirs de la chair sans tabou) Vicente lui-même vieillard devenu, quasi impotent et muet , est tributaire de sa fille Nerea- qui veut tout régenter-, du personnel médical etc… mais suffisamment roublard pour contourner certaines règles…(ne pas spoiler)
La construction en trois mouvements sera de ce fait à la fois narrative et dialectique : après l’éden, une remise au placard, et la perspective d’un éden nouveau ?
Les deux cinéastes dont nous avions apprécié Marco, l'énigme d'une vie - Le blog de cinexpressions et Une vie secrète - Le blog de cinexpressions signent ici une ode à la liberté, vibrante d’humanité à travers les thèmes de l’identité et de l’enfermement, une ode portée par le talentueux José Ramon Soroiz
A voir !
Colette Lallement-Duchoze
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